J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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vendredi 10 juillet 2020

Robot pour fin heureuse





Une fin heureuse avec Votre Robot.



Maintenant que vous êtes vieux, vraiment vieux, optez pour un Robot de compagnie orienté senior, comme celui présenté.

Équipé de capteurs de mouvements, il vous suivra en toutes circonstances où que vous alliez. Il pourra vous surveiller à chaque minute qui passe. Votre Robot bien-aimé détecte votre chaleur corporelle, mesure votre activité cardiaque, vous rappelle les horaires des prises de médicaments et prend rendez-vous avec votre médecin automatiquement quand nécessaire.

Tout comme vous avez besoin de manger, votre Robot a besoin de se recharger les batteries pour être en pleine forme. C'est lui qui en décidera quand bon lui semblera.


Vous trouverez peut-être qu'il n'a pas une tête particulièrement sympathique. C'est normal. C'est voulu. S'il était d'allure trop sympathique, vous n'auriez pas peur de lui, et donc vous risqueriez de ne pas lui obéir dans tout ce qu'il vous ordonne de faire. Comme il est programmé afin que ce soit « pour votre bien » vous n'avez rien à craindre.… tant qu'il ne se dérègle pas. Mais rassurez-vous cela arrive assez rarement et dans ce cas vous n'avez qu'à crier très fort. (Si votre état physique vous permet encore de crier évidemment). Nous sommes  presque certains que quelqu'un finira bien par venir avant que le Robot n'ait à votre égard des attitudes inappropriées.


Votre Robot n'a pas véritablement forme humaine. C'est aussi voulu. Ceci de manière à ce que vous ne confondiez pas avec un véritable humain, surtout lorsque vous souffrirez de déficience mentale et de débilité affolante. Votre Robot est programmé pour vous empêcher de faire des conneries en toutes circonstances. Donc n'hésitez pas à devenir complètement folle/fou. Quand cela ne manquera pas d'advenir, votre Robot s'occupera de tout, y compris d'appeler les infirmiers psychiatriques.


Vous voyez, avec votre Robot, la vie va redevenir belle, car vous vous habituerez assez vite d'accepter d'être totalement dépendant d'une machine. D'autant plus que vos enfants, neveux et nièces, auront d'autres chats à fouetter que s'occuper de votre phase de vie terminale.

Côtoyer votre Robot vous permettra de découvrir progressivement votre dépendance pour tous les actes de la vie courante, jusqu'à ce que mort s'en suive. Comme vous le savez, il y a de moins en moins de personnel dans les mouroirs modernes, suite aux diverses crises à partir des années 2020 (covid 19, covid 20, covid 21 et covid 22).


Vous pourrez ainsi prendre tout le temps qu'il vous faudra pour mourir tranquille, loin de tout humain qui risquerait de vous troubler en vous racontant des choses qui ne sont pas exactes. Le robot n'est pas programmé pour mentir.

Jusqu'à votre dernier souffle il vous répétera :

 — « Jusqu'ici tout va bien ne vous inquiétez pas ! »


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Un certain nombre des fonctions et aptitudes mentionnées existent  déjà bel et bien dans les actuels robots de compagnie que l'on peut acquérir sur le marché, dès aujourd'hui.



29 commentaires:

  1. Pôvres de nous, Alain, malheureusement on y arrive, doucement, doucement.... mais je ne veux l'admettre, je crois que nous avons encor' notre mot à dire, et de cette fin robotisée voulue, je n'en veux point. Mi sourire qui ouvre le regard - mi tristesse à t'élire qui transforme l'ombre.... comme souvent entre tes paroles, entre tes lettres, tes tirades !
    merci pour ton originalité des maux des traits échoués !

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    1. Aura-t-on le choix d'une fin NON robotisée ?
      Ceux qui sont passés par la réanimation, ou les soins intensifs, (moi par exemple) ont pu se rendre compte que tout était dirigé par des robots qui bien sûr sont encore pour l'instant des machines sans visage ... il suffit de trois aides-soignants pour surveiller les écrans de 15 box, où sont allongés des corps humains bourrés de capteurs et de perfusions.
      Pour peu que tu soies dans le coma, quel mot as-tu encore à dire ?

      Si mon texte est quelque peu pamphlétaire, il est surtout hyper réaliste.
      Mais nous préférons fermer les yeux sur ces perspectives… même si nous les avons entrouverts à propos des réanimations des intubés du covid 19. J'en connais qui vont survivre avec de graves séquelles durables.
      Mais chuuut !… faut pas en parler, pour l'instant c'est encore trop tôt politiquement et médiatiquement … faut d'abord faire redémarrer l'économie et la consommation avant le « covid 19 : saison 2 ».

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    2. Quand j'ai lu ton texte Alain, je n'ai à aucun moment pensé au Covid 19, franchement, et pourtant il continue d'être très présent dans nos vies ou autour de nous... nous n'étions pas sur la même longueur d'onde.. j'ai eu la chance de ne pas passer par la réanimation, en ces temps compliqués, en application continue, ou si c'était le cas en février 2019 lors de mon opération - grave - les choses n'étaient pas telles que tu les décris - pas dans les mêmes conditions surdimensionnées, par chance, et le réveil même en salle de soins intensifs n'a pas été ressenti comme tu l'exprimes, ou alors j'étais bien shootée.. peut-être, mais pas avec cette conscience-là, de fin à venir, cette inquiétude... plus tard, peut-être, mais avec le moral toujours, la confiance.... je ne peux rien rajouter de plus, je te comprends et j'imagine les tuyaux, les capteurs, et tout le reste.. je ne ferme nullement mes yeux "réalistes". Je sais cette souffrance, mais personnellement j'ai eu beaucoup de chance !

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  2. Tiens, ta conclusion ma rappelle l'histoire du mec qui tombait d'un gratte-ciel et qui à chaque étage disais "Jusqu'ici, ça va !"

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    1. Oui ! Exactement !
      Et puis, la fin de vie, c'est encore la vie…
      ensuite c'est « l'avis » mais de décès…

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  3. Quel avenir bien sombre !Heureusement que j'ai le moral!!

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    1. On est deux alors !
      Moi aussi j'ai le moral !

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  4. Peut-être faudrait-il commencer par avoir moins peur de la mort... de la regarder en face... de l'accepter comme condition humaine inéluctable (pas qu'humaine, hein, tout ce qui vit meurt un jour, par définition)...

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    1. La mort ? Je l'ai approchée d'assez près à plusieurs reprises
      — la première fois à l'âge de 12 ans lors d'un coma dont j'ai de vagues souvenirs.
      — aux approches de la trentaine, lorsqu'une de mes tantes est morte dans mes bras. J'étais seul avec elle et j'ai vécu concrètement ce qu'on appelle « le dernier soupir ». Elle était comme une deuxième mère, et ce fut extrêmement paisible.
      — une troisième fois en 2006 suite à un notable « accident cardiaque ». Cette fois-là très lucidement j'en ai fait un récit que tu peux lire en cliquant sur l'onglet provisoire en tête du blog : « récit Nov 2006 »
      Aller faire à la mort quelques pieds de nez permet de voir à quoi elle peut bien ressembler… : Vaut le voyage, mais quant à présent je ne suis pas pressé d'y retourner…

      En attendant, laissons les derniers mots à Brassens :

      le grand pan

      (...) Et quand fatale sonnait l'heure
      De prendre un linceul pour costume
      Un tas de génies l'oeil en pleurs
      Vous offraient les honneurs posthumes.
      Pour aller au céleste empire,
      Dans leur barque ils venaient vous prendre.
      C'était presque un plaisir de rendre
      Le dernier soupir.
      La plus humble dépouille était alors bénie,
      Embarquée par Charon, Pluton et compagnie.
      Au pire des minus, l'âme était accordée,
      Et le moindre mortel avait l'éternité

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    2. Je sais ton parcours, mais j'ai dû mal m'exprimer : c'était une réflexion qui ratissait large, et ne s'adressait pas à toi en particulier. Je note juste qu'aujourd'hui la mort semble faire peur, on la cache, on la maquille, on arrive à des extrémités impensables pour l'éviter, ce qui n'est pas forcément étonnant à une époque où la vieillesse semble apparentée à une maladie... Du coup, les robots se fondent dans le décor d'une mort "déshumanisée".

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  5. Ah, merci de me rassurer.
    Ma marche vers la fin en sera plus tranquille.
    J'avoue que ce "jusqu'ici tout va bien ne vous inquiétez pas !" m'inquiète déjà, mais bon, je dois être folle ;)

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    1. Tu as raison, il faudrait modifier la programmation de la phrase ultime.
      Par exemple :
      « Tu vas bien, tout va bien ! » (En payant des droits d'auteur à Dany Boon pour cette parodie)
      ou encore :
      « no problemo, hasta la vista baby » (façon Terminator2)

      comme quoi tout n'est pas encore vraiment au point…

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  6. Je me suis enfin libérée du joug parental, je maîtrise du mieux possible celui de la société, des conventions, alors, je n'ai aucune envie d'être surveillée à chaque minute qui passe. De plus, j'ai envie de faire des bêtises, certes, sans porter atteinte à autrui, de m'amuser et cela permettra autres de dire "faut l'excuser, elle perd la tête....à son âge c'est normal " !!!

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    1. Comme je l'ai dit à gballand ci-dessus, va vraiment falloir retravailler la phrase ultime à emporter dans la tombe !
      En réalité il faudra s'inspirer de Brassens, qui du côté de la mort, nous a quand même balancé des trucs sympas !

      comme l'Ancetre par exemple :
      https://www.youtube.com/watch?v=tS2kpqPlGEo

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  7. Charlotte11/7/20

    C'est un cauchemar ce que tu décris. Au secours je ne veux pas de tout çà.Je veux près de moi ceux que j'aime... Je veux une belle mort dans les bras de ... Jésus si c'est possible ! Mais je rêve sans doute j'aime rêver au meilleur.
    En attendant j'aime vivre auprès de mon aimé .

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    1. Dans les bras de Jésus ?
      Alors là, franchement, Madame fait dans le haut de gamme !
      ;-)
      Je te signale qu'alors ça ne va pas être pour tout de suite, parce que pour ces bras-là, il y a une longue liste d'attente…

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  8. J'ai lu ton texte en mode élargi, sans penser spécifiquement à l'accompagnement dans le domaine de la santé. Je suis stupéfaite par tout ce que nous déléguons aux machines (et il est de bon ton de relever les progrès admirables que la technologie nous permet de réaliser...). Exemples : les GPS qui nous disent exactement par où passer pour arriver d'un point A à un point B. Ce faisant, nous leur déléguons notre capacité à nous orienter, à nous tromper, à rebrousser chemin, à demander aux gens du coin, à communiquer, à user de notre intelligence, à connaître les territoires par nos propres moyens. Tout cela au nom de l'efficacité. Autre exemple : Google se croit autorisé de nous indiquer à la fin de chaque mois combien de trajets nous avons effectués, combien de villes, de monuments, comme si nous étions trop bêtes pour le savoir par nous-mêmes. Nous sommes pistés, nous n'avons rien demandé. Encore un exemple : nous ne sommes plus tenus d'attendre notre tour aux caisses des supermarchés. Nous scannons, nous payons, nous partons, sans avoir croisé un regard, ni parlé à un humain. Et ainsi de suite. Notre humanité, nos failles, nos besoins, sont en train de nous échapper, si nous n'y prenons pas garde.
    Face à cela, je crois que nous avons le choix et nous pouvons dire : non. Quitte à passer pour qqn qui n'est pas "dans le coup", qui ne marche pas avec son temps, qui est carrément grognon. Non. Simplement :non. Je crois que nous nous comportons trop souvent comme des moutons. Exprimer qu'on a bien pensé à la question, que tout bien considéré, pour nous, ce sera "non".
    J'en viens au commentaire de Baladine, je la rejoins tout à fait. Nous tendons beaucoup trop à vouloir escamoter la mort, au lieu de la regarder en face (nous : il ne s'agit ni de toi, ni de moi, mais de l'humanité en général, et spécifiquement notre monde occidental, "développé"). Il n'y a qu'à voir comme le terme "anti-âge" est accepté et valorisé, entré par la grande porte dans le langage courant. Délirant! Nous acceptant comme humains, mortels, aptes à réfléchir à notre existence, nous avons encore ce pouvoir : dire oui, dire non, dire pas question.
    Cela dit, te souhaite un merveilleux, un lumineux dimanche!

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  9. Déjà que je déteste les automates, alors un robot de compagnie h24, non merci ! Ou alors, juste pour le plaisir de l'écrabouiller, façon terminateur 1.
    Sarah Connor, sort de ce corps ! :)

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  10. C'est étrange de constater que plus il y a d'humains sur Terre, plus on est seul...

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  11. Nous ne pouvons lutter contre ces robots dans le domaine médical et heureusement qu'ils sont là pour sauver beaucoup plus de vie que par le passé.J'ai un ami qui utilise un robot en chirurgie et cela l'émerveille et moi aussi lorsqu'il m'explique la précision et le plus que cela apporte dans le service.
    Par contre, nous pouvons refuser certaines actions robotisées qui nous sont "proposées si aimablement"… mais même ceux qui ne veulent pas de ce monde robotisé, sont souvent les premiers à refuser d'attendre aux caisses et utiliser le scan automatique, utiliser le rappel d'anniversaire ou autres dates avec envoi de cartes virtuelles (souvent elles ont même les phrases déjà inscrites !!!!), achètent sur Amazone ou autre de leur fauteuil, bientôt livraison par drone… allez plus vite, toujours plus vite quitte à tout déléguer … alors si ils peuvent déléguer leurs "vieux" à des robots, quelle joie !! Ils auront tellement plus de temps à utiliser leurs jeux et distribuer des clic avec des coeurs à des inconnus qui méritent le titre d'amis car ils ont mis un coeur sous la photo de leur dernier repas ou de leur chien, chat…
    Certains passent des heures à faire des vidéos sur leur animal de compagnie et d'autres en font autant en les regardant… mais pas le temps de voir leurs proches !!
    Alors, peut-être que nous apprécierons notre robot de fin de vie qui lui n'aura pas d'émotions mais sur qui nous pourrons compter… arriver à apprécier un robot pour ne pas être seul !
    La vie à de belles promesses !!!!

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  12. Je n'ai vraiment pas envie d'un robot comme compagnon de fin de vie, c'est de la maltraitance

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  13. Je n'ai vraiment pas envie d'un robot comme compagnon de fin de vie, c'est de la maltraitance

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  14. C'est terrifiant...

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  15. Hélas, cette robotisation est aussi celle des esprits que l'on mécanise à grand renfort de précautions, d'anticipations, depuis une culture de la peur sans objet.
    Bien à toi Alain et bonnes vacances.
    Alban

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  16. Eh ! Vas-tu bien ?
    Tu n'écris rien depuis dix jours !

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    1. Alain écrit sur son autre blog https://alainx5.blogspot.com/ ;-)

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  17. Ce robot paraît aussi froid et déshumanisé qu'un technocrate parisien ou bruxellois décidant dans son bureau de l'avenir de millions de gens ! Mais alors que l'inhumanité est consubstantielle du robot, ce qui nous porte au pardon, le technocrate susmentionné est toujours humain. En théorie du moins...

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  18. Oui, aujourd'hui nous sommes devenus familiers des robots... Au point que lorsque nous les perdons nous sommes perdus aussi ! Ce'est ce qu'il m'arrive ces jours-ci ... Plus d'ordinateur depuis 8 jours ! Plus d'internet depuis 15 jours ! Enfin, bon, ça va revenir... La preuve... Par contre une fois morte, "ça" ne reviendra plus ; et bizarrement je méditais là-dessus quand tous ces robots ont décidé de m'abandonner !

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  19. Merci à celles et ceux qui ont commenté et auxquels je n'ai pas répondu.
    Quelques événements m'ont personnellement tenu éloigné de la blogosphère.
    Avec toutes mes excuses !
    Je vous ai cependant lu avec grand intérêt.

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