J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


jeudi 16 janvier 2020

Un jour pas comme avant-hier.


À la suite de mon billet précédent, certains commentaires évoquent les manquements d'attention aux patients, voir certaines incompétences. Ce n'est pas cela que je déplore en ce qui me concerne. Les deux orthopédistes qui « se penchent sur mon cas » sont compétents dans leur métier,. même s'ils sont jeunes. Et c'est tant mieux que le métier suscite encore quelques vocations…
 Mais c'est comme ma comparaison avec la machine à vapeur ! On n'a plus besoin de machine à vapeur… on ne forme donc plus personne à les fabriquer.
Mais il reste en France 50 000 polios,  la plupart des vieux, forcément, dont un certain nombre ont besoin de machines à vapeur !  Moi par exemple  !

Les choses ont pu fonctionner tant qu'il y avait encore des orthopédistes capables de fabriquer le type d'orthèses que je  porte depuis 60 ans. En outre, la plupart travaillaient comme des artisans.  Ils s'associaient à  deux ou trois et  disposaient de quelques ouvriers spécialisés. Tout se faisait sur place par les mêmes personnes. Tout cela c'est fini. Le système économique est tel que tous ces artisans ont disparu au profit  de grosses entreprises d'appareillage capitalistiques. Ma société d'appareillage emploie 300 personnes ! Mais  elle est située à 500 km de chez moi. pour ce qui est de l'exécution concrète. Sur le terrain, dans chaque grande ville, il y a un petit local pour recevoir le patient et prendre des mesures. Alors, dès qu'il y a le moindre problème ou un renouvellement, ça prend des semaines, voire des mois.
il existe encore quelques artisans « à l'ancienne » mais près de chez moi on ne fabrique plus d'orthèses comme les miennes. Mon ancien appareilleur a fermé boutique il y a environ 18 mois pour cause de retraite.

Il y a encore quelques années lorsque j'avais un réparation à faire pour cause d'usure ou autre, mon appareilleur faisait cela dans les 48 heures ! Il habitait à 20 minutes de chez moi… j'avais avec lui une relation forte depuis longtemps. On s'appréciait.
Aujourd'hui s'il y a quelque chose à réparer on envoie le matos à 500 km et « je prendrai rang » dans la file d'attente. La réparation sera faite dans… trois semaines ? Un mois ? Deux mois ?… On ne sait pas, ça va dépendre de la vitesse du vent dans le brouillard…

En attendant cher patient, tu sais à quel point tu portes bien ton nom… il faudra patienter !

C'est donc un système économique quasiment mondialisé qui est en cause. Pas les personnes de bonne volonté sur le terrain.

Dans l'ancien système artisanal, l'appareilleur faisait tout de  A à Z, avec talent, expérience et compétence. Il avait des sous-traitants spécialisés pour des invariants, comme les verrous de genou par exemple.
 Aujourd'hui l'orthèses est fabriquée à partir d'une multitude de pièces toutes faites, probablement venant de Chine ou de je ne sais où, et les ouvriers de ces entreprises sont des assembleurs. C'est un peu comme un « prêt-à-porter » avec des retouches personnalisées.
On parle toujours d' « appareil sur-mesure »… mais cela l'est de moins en moins dans la réalité. Les techniques actuelles sont donc assez standardisées et ne correspondent absolument pas à mes besoins. Il y a eu des tentatives avec échec total ! Et je ne suis pas le seul vieux polio dans ce cas là…

C'est ainsi. Il n'y aura pas de retour arrière. La concentration capitalistique et le souci de rentabilité priment désormais.
Ce qui est déplorable toutefois, sur cet aspect financier, c'est que les artisans appareilleurs d'antan gagnaient très très bien leur vie. Ils ne s'en cachaient pas d'ailleurs.
Et tout en gagnant bien leur vie ils étaient efficaces et rapides.

Un renouvellement d'orthèses se faisait en trois mois. Le renouvellement sur lequel je suis actuellement a commencé il y a 11 mois… et ce ce n'est toujours pas au point, le dernier essayage a démontré encore bien des faiblesses.

C'est compréhensible, mon vieil orthopédiste précédent disait qu'il lui fallait environ 10 ans pour former un bon ouvrier. Aujourd'hui, dans la profession il n'y a quasiment plus d'apprentis. Quoi qu'on en dise, et d'une manière générale l'apprentissage est catastrophique en France…

Mais mes deux orthopédistes sont optimistes. — « On va y arriver je vous le promets ! » Heureusement que mes vieilles orthèses tiennent encore le coup…



Parce que le prochain rendez-vous sera probablement en février… si tout va bien ! s'il n'y a plus les grèves de transport ! Si le colis contenant mes orthèses n'est pas égaré par un transporteur ! Oui je sais on pourrait ajouter s'il n'y a pas la fin du monde d'ici là…
ce qui est tout à fait une hypothèse réaliste !
;-)


Courage, patience et persévérance… !
Mais ne vous inquiétez pas trop pour moi ! Je reste et demeure un battant.
Ils ne m'auront pas !… Pas encore…

mardi 14 janvier 2020

Un jour comme… pas les autres.


Ce sera une journée presque ordinaire. Une journée semblable à toutes celles où il y a un enjeu à la fois important et dérisoire. Une journée où l'on ressent cette fébrilité, ce mélange entre le « ça va bien se passer », « ça va encore être difficile », et le « y en a marre des difficultés qui n'en finissent pas ».

Une journée avec un rendez-vous important. Mais avant celui-ci, il faudra déjouer ce fonctionnement imaginaire incapable d'autre chose que d'envisager le pire. Et le pire est redoutable.

Une journée où il faut s'ancrer dans la confiance inébranlable dans la vie qui réussit.

Une journée où cette dernière affirmation finira par s'imposer, parce qu'elle est constitutive du réel. Je parle du réel intérieur. Le mien. Pas des réalités du monde, insaisissables en tant que telles dans leur globalité et dont les tenants et aboutissants nous échappent à 99,9999 %… alors que nous avons tendance à penser être des humanoïdes supérieurs à tout, toujours et partout.

Une journée où je devrai distinguer, lors de cette rencontre, d'une part : la confiance que je fais à la jeune femme orthopédiste qui s'occupe de « mon cas »,  dont dépend en partie mon autonomie,  parce que je reconnais ses compétences  ; d'autre part, le système organisationnel dans lequel elle se trouve et qui aboutit aux errances de fabrication qui durent depuis des mois et des mois. (10 mois pour être exact).
Confiance que je fais également dans le personnel exécutant, situé à 500 km;(bonjour les organisations modernes…) dont je vois à la fois la compétence ; et le ratage managérial par ailleurs…

 Mais ça, c'est la rentabilité capitaliste qui préside, et par ailleurs, le désintérêt total des systèmes sociaux (sécurité sociale) quant au sort des « vieux polios » dont on espère qu'ils crèvent le plus vite possible… ils nous ont déjà coûté assez cher…

Pour les chiens, c'est OK...
Ah ! Si j'avais pu servir de cobaye pour des prothèses électroniques qui coûtent une fortune, mais que l'on finance allègrement ! Mais voilà, je n'ai pas la chance d'être paraplégique, ou  sportif de haut niveau en fauteuil roulant ! Sinon j'aurais bénéficié de toutes ces expériences pour robotiser le corps. (recherche médicale qui intéresse au premier chef l'armée française… et que nous finançons indirectement par nos cotisations sociales, ). Le soldat bionique, ça ne sera pas que dans les films…

Dans le marasme des handicaps il y a aussi une hiérarchie. Quand vous atteignez un âge de vieillard, vous n'intéressez plus personne. J'en ai fait l'expérience. La polio à 12 ans : j'ai eu des articles dans les journaux et ma photo en plus ! Je l'ai eu mon premier quart d'heure de célébrité ! Maintenant, à mon âge, si on pouvait se débarrasser de moi/nous… ça leur ferait des  économies !

Je ne me plains pas. C'est juste que ça a tendance à m'énerver.
 J'ai trouvé mon bonheur ailleurs. Il n'empêche, ma fébrilité à quelques justifications, car je suis proprement « à la merci » d'un système médical dont dépend intégralement mon autonomie physique. Et le péril n'est pas des moindres.

J'ai cependant, (je ne sais trop pourquoi enfin si, un petit peu), cette chance d'une force intérieure, plus forte que moi-même et qui ne m'a jamais abandonnée.
Mais la force doit s'accompagner de lucidité. S'en est d'ailleurs une composante.
Je crois plus en elle qu'en la technique qui de toute façon, en ce qui me concerne, est devenue défaillante…
Techniquement, « mon cas », c'est un peu comme si on demandait aujourd'hui aux ingénieurs de la SNCF de fabriquer une locomotive à vapeur…
Je porte des orthèses vieilles de plus de 10 ans. Elles vont finir par tomber en ruine…
les nouvelles qu'on tente de me fabriquer à l'identique, c'est comme si je réclamais une locomotive à vapeur.
Humainement chacun est de bonne volonté, techniquement chacun est très limité.

Et, à ce jour, à quelques heures de mon énième rendez-vous, le résultat n'est toujours pas là.

lundi 13 janvier 2020

La beauté brune.

La consigne du lundi chez « le goût »



Je sais bien pourquoi je suis là, au bord de cette route et ce qui m’y a amené mais vous ?
Qu’est-ce qui a fait que vous y êtes ?
Dites-le, avec ou sans fleurs mais dites-le…










Combien de fois était-il revenu marcher le long de cette route ?
Beaucoup trop, certainement. Comme un assassin revient sur les lieux d'un crime d'amour.
Car c'était presque de cela qu'il s'agissait. Une malchance.

*
Elle était entrée dans le café « Au Bon Coin ». Celui de la place du village en face de la Mairie. Une beauté brune comme il n'en avait jamais vu d'aussi belle. Certes il ne sortait pas souvent, trop occupé à la ferme. Mais ce jour-là il était bien habillé. Juliette et Pierre-Marie se mariaient. Il avait ressorti son costume bleu marine, sa chemise blanche, et sa cravate jaune. Peut-être qu'il aurait dû acheter une nouvelle cravate.

La femme le regarda en premier, il en était sûr. Elle s'était perdue dans cette campagne pauvre en panneaux indicateurs. Elle demanda le hameau de « pause grenouille ». C'était un nom étrange en effet. Trois ou quatre maisons au bord d'un ruisseau. Qu'est-ce qu'elle allait donc faire là-bas ?
Une brune aux yeux bleus délavés. C'était pas courant.

« Ce sera pas facile à trouver ma p'tit’ dame, mais je peux vous y conduire avec ma 2 CV » Contre toute attente elle avait accepté. Il allait manquer l'arrivée des mariés, qu'importe il verrait tout le monde à la fête.

*
Il préférait ne plus évoquer ce qui s'était passé dans la 2 CV. C'est pas que ce fut sordide, mais ce ne fut pas comme il l'espérait. D'ailleurs au départ il ne pensait à rien d'autre que profiter d'une beauté à ses côtés. Rien d'autre. Non, il pouvait l'affirmer, rien d'autre. C'est quand même elle qui s'était tournée vers lui, avec ce sourire à damner un curé. Sa jupe s'était relevée légèrement dans ce mouvement, découvrant un peu ses cuisses. Et puis elle n'avait pas réagi aussitôt quand il avait posé sa main sur un genou. C'était un signe quand même !

*
Lui, était sorti indemne de l'accident. Dérapage, sortie de route, et un arbre qui aurait mieux fait d'être ailleurs. Tout cela parce qu'elle l'avait repoussé violemment. Il avait perdu le contrôle, alors qu'il n'avait pas de mauvaises intentions. Juste un peu d'affection. Juste cela. C'est si dur d'être célibataire à la campagne.

Elle, il avait fallu l'emmener à l'hôpital. Par précaution qu'on lui a dit. C'est vrai qu'elle avait l'air un peu dans les vapes. Il paraît qu'après elle alla mieux. C'est alors qu'elle a raconté à une infirmière les circonstances de l'accident, juste avant de sombrer dans le coma et de décéder d'une hémorragie interne qu'on n'avait pas décelée. L'infirmière a tout dit à la police. Elle en a même rajouté un peu, parlant de tentative de viol.

Le Parquet classa l'affaire sans suite. Trop d'incertitudes, pas de preuves, victime potentielle décédée. Un accident banal comme tant d'autres. Il y avait d'autres criminels à fouetter ! Des vrais ! On en resterait à un banal accident de la route, à régler entre assurances.

*
Une fois encore le voilà marchant le long de cette route, menant au hameau de « pause grenouille ». Les gens le croisent, il marmonne dans ses dents. Il fait des gestes d'étonnement ou de désespoir. Parfois il semble interroger le ciel. Parfois il marmonne mais pourquoi, mais pourquoi !

dimanche 12 janvier 2020

Projet 52 photos : semaine 2


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 Le thème de la semaine : bateaux !








Thonon


La comptine disait :

« Maman les petits bateaux
qui vont sur l'eau
ont-ils des jambes ?

Mais non mon gros bêta
s'ils en avaient
ils marcheraient »


Eh bien voici la démonstration
que le petit garçon
n'était pas un gros bêta !

mardi 7 janvier 2020

Projet 52 photos

 
 Par hasard
 je découvre l'existence du 


 




 
Une photo par semaine. Est-ce que je tiendrai toute l'année ? On verra. Mais pourquoi pas un petit challenge. Vu mon stock de photos, je trouverais bien de quoi répondre aux sujets qui seront proposés chaque semaine.

Voici donc la première contribution de l'année « c'est rond ». La photo n'est pas terrible, j'ai bidouillé avec Photoshop mais c'est pas mieux… qu'importe ! 

C'est quand même une photo de neige, chez moi, en 2011. Elle deviendra surement une photo historique ! Peut-être qu'il ne neigera plus jamais ! Que dans mes vieux jours (mais vraiment très vieux) il fera au minimum 25° l'hiver dans les Hauts de France ! Et pas loin de 40° en été ! Chouette : on aura plus besoin de chauffage !

En attendant ces jours délicieusement horribles... voilà le résultat.