jeudi 11 octobre 2018

Nocturne sans chaud pain.



Parfois, la nuit, j'écris.
photo du net
Dans ma tête.
Uniquement dans ma tête.


J'élabore des textes sans faute d'orthographe, ni erreur de ponctuation.
La plupart du temps c'est à l'encre violette.
Réminiscence d'enfance, probablement.





Dans ma tête, l'encre violette a parfum de bleuet. Il arrive que ça me trouble.
Alors je perds le fil du neurone qui devait me conduire à la phrase suivante.

À l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, des souvenirs d'Hugo Harfleur à ma mémoire. 
Mais je ne vais pas jusqu'à la tombe.
J'y suis déjà.

À l'aube, le réveil sonne et ma tête se vide.
Les textes de la nuit repartent d'où ils sont venus.
 Sans doute du fond de mon âge
 et qu'au bout de celui-ci je trouverais le village
où j'ai mal rêvé.
Et cela ne me Ferrat rien.



Parfois la nuit, je dors.
Dans ma tête, aussi.
J'élabore des rêves bourrés d'erreurs. Tout se mêle, le temps a des accents graves.
Souvent mes rêves sont en noir. C'est mauvais signe de ponctuation de mon existence.
Il arrive  qu'ils soient blancs, comme une plume d'oie. 
Ces nuits-là je me noie dans un nuage de lait. Surtout les thés.

À l'aube, à l'heure où bleuit la forêt, je pense à Marie, mais tout le monde a oublié ses bleus à lames.
Le couteau tranche dans le vif, puis on oublie.
Pourtant je l'aimais bien, Marie, lorsque qu'elle se promenait dans Laforêt, avec Anton, Yvan, Boris et moi.

Longtemps je me suis couché tard.
Et je m'endors aussi tôt.
Juste après un Proust.

Quand cela m'arrive,
parfois, la nuit, j'écris.
Dans ma tête.
Uniquement dans ma tête.


jeudi 4 octobre 2018

Les enfants des croquis


J'ai redécouvert ce site : Générateur de manière aléatoire d'une couverture de livre et d'un titre, il faut écrire la quatrième de couverture.
J'avais fait ça dans le passé dans un atelier d'écriture.
J'ai eu envie de renouer avec le truc :


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Les enfants des croquis

Ce n'est pas sans impatience que nous attendions le troisième volet de la saga d'Euphrasie de Maliroye, consacré aux enfants d'artistes et aux délicats problèmes qu'ils rencontrent au sein de leurs familles.

… Après « les enfants de l'aquarelle » qui évoquait leur vie dans un milieu malsain et humide. Décrivait  leur allure de papier mâché et délavé, leur teint pâle et la coulure colorée dans le regard, qui ont tiré des larmes aux lecteurs ;

… Après « les enfants de l'huile », mettant magnifiquement en scène les victimes innocentes du White Spirit et de l'essence de térébenthine qui fit des ravages durant des générations, en raison des mutations génétiques que les vapeurs de ces produits provoquèrent ;

… Voici le dernier opus : « les enfants des croquis ».

Cette fois, ce sont des vies d'enfants bâclées, éduqués à l'emporte-pièce, victimes de coups de crayon envoyés n'importe comment et à tout propos qui nous sont présentés. Des enfants aux tristes destins, errant dans les rues et que les gens surnommaient « les crobards », mot dérivé du terme clochard.

Cependant, pour terminer cette trilogie par une note d'espoir, l'auteure s'attardera à Sidonie Ladidule dont l'histoire poignante et néanmoins haletante a conduit du milieu des crobards à la haute aristocratie, au terme d'un parcours qui vous laisse pantelant, tant il est singulier et inattendu.

Alors vous découvrez le récit d'une véritable promotion sociale miraculeuse qui va permettre à l'héroïne de rejoindre le clan très fermé des « enfants de l'huile ». Une Rastignac au féminin.
Cependant dans un ultime rebondissement totalement inattendu vous apparaîtra une Sidonie sous un jour que vous ne pouviez imaginer.

Une fois encore Euphrasie de Maliroye porte bien son nom de « reine du suspense ».



lundi 1 octobre 2018

Gaïa parle aux humains -(2 et fin)-


… suite…


 (...) Quand on est propriétaire, y compris par usurpation, on se comporte en maître absolu. ils inventèrent même des religions pour justifier leur infamie. Tous ceux qui ne sont pas d'accord on les élimine. Ainsi petit à petit ils ont réussi à massacrer un grand nombre d'espèces du vivants pour des raisons strictement mercantiles.
En général, j'ai pu constater que chez les humains, pour du pognon ils sont prêts à tout, parfois du meilleur mais souvent du pire.

Les espèces précédentes se chassaient les unes les autres par nécessité vitale, — Je n'y peux rien, moi je suis inerte, la vie s'est organisée comme ça selon la loi du plus fort qui mange le plus petit et ainsi de suite — mais pas entre congénères et au final ça donnait un joyeux équilibre. Et comme personne ne pensait à mal (il n'y a pas de mal à vouloir se nourrir), globalement c'était pas un mauvais système.

Mais quand les humanoïdes se sont mis à penser bêtement avec intelligence, ils ont trouvé avantageux de se tuer entre eux, non pas par nécessité de pérenniser la race, mais uniquement pour se dominer les uns par rapport aux autres. Les mâles ayant des gros bras musclés prirent le dessus sur les femelles.

Jusque-là je disais trop rien. Après tout je n'avais qu'un rôle d'observatrice, je n'étais pas à l'origine de leurs combats. Seulement voilà, ils n'ont pas tardé à s'en prendre à moi. Ils ont décidé de me défigurer, me saloper de partout. Ils ont allègrement creusé des trous dans mon corps de Gaïa, fourragé en profondeur pour aller rechercher des morceaux de moi, afin de parfaire leur domination, satisfaire leur boulimie de destruction. Et comble de l'horreur ils ont commencé à me recouvrir partout de béton, de bitume, de goudron.
J'étouffais !

Je suis bonne mère, mais quand même il y a des limites. Je ne peux pas tout laisser faire. La race humaine se comporte comme la pire des connes en s'en prenant à moi. Fini le temps où ils m'appelaient « Terre Nourricière » et même me vouaient un culte. Désormais, pour eux, je ne suis plus que « matières premières » !

Ça ne pouvait plus durer, et pour préserver mon intégrité je décidai d'agir. J'envoyais quelques calamités génératrices de famine, de maladies inguérissables. J'ai même dû inventer le cancer et le sida. Pour le sida ils ont réussi à me contrer. Mais pour le cancer c'est loin d'être gagné.
Fort heureusement, ils ont quand même continué à s'autodétruire, grâce aux guerres fratricides, à pourrir les terres, à augmenter la pollution, générant ainsi de nouvelles maladies à des mutations génétiques (j'avoue que j'y ai ajouté un petit coup de pouce…).

Il y a quelques dizaines d'années, lorsqu'ils ont inventé la bombe atomique, je me suis frotté les mains de mes bras de mer en me disant que cette fois ils allaient s'éliminer définitivement. Mais non… ça tarde, ça tarde…
J'ai pu quand même assister à de magnifiques génocides. Mais il faut reconnaître que ce n'est pas grand-chose question destruction du vivant au regard d'une guerre atomique mondiale.

Donc voilà où nous en sommes. Ma décision est prise. Fini l'expérience de la race humaine. J'ai décidé de me révolter. J'ai commencé par me réchauffer en faisant en sorte que ce qu'ils appellent les gaz à effet de serre ne s'échappent plus dans l'atmosphère lointaine. Puis j'ai bombé le torse et clairement décidé de leur envoyer toutes les catastrophes que je pourrai susciter. Ouragans, tornades, éruptions volcaniques, explosions de leurs centrales nucléaires par tsunamis, assèchement des rivières, gigantesques incendies non maîtrisables, et autres petites choses amusantes
.
Je pense aussi que je vais secouer mon épine dorsale du côté de l'Amérique du Sud, histoire d'accélérer les tremblements de terre que j'avais prévu dans la durée. Dans pas bien longtemps, ça devrait bien fonctionner !

Ils m'ont amusé tout un temps avec leur slogan « Sauvons la planète » mais bon sang, bande de zoulous, pour me sauver, moi la planète, c'est moi qui dois me débarrasser de vous ! 
Je me porterai beaucoup mieux quand vous ne serez plus là pour me casser la croûte terrestre, soyez en certain ! C'est vous qui avez tout salopé pendant des siècles et des siècles. Ma patience millénaire à des limites.

Il vous reste à tenter d'apaiser mon courroux. Mais je pense que vous êtes tellement avides de richesses et de pillages que c'est pas demain la veille que vous modifierez fondamentalement vos manières égoïstes et orgueilleuses de vous comporter.

Bon, je vous laisse, je m'en vais organiser quelques-unes de ces pandémies planétaires dont vous me direz des nouvelles. J'ai encore quelques virus virulents, contre lesquels il n'y a ni remèdes ni vaccins, que j'avais envisagé en cas de péril imminent. Jusque-là, je les gardais inoffensifs, au froid dans les calottes glaciaires. Mais comme vous réussissez à les faire fondre, je n'ai même pas à agir, rien qu'à attendre qu'ils fassent leur travail mortel, résultat de vos incuries. Et nous y sommes. 
J'en attends une hécatombe si possible de 4 ou 5 milliards de parasites humains. Enfin, pour commencer…


Vous qui êtes avides de connaître l'avenir (ce qui ne sert pas à grand-chose puisque vous allez disparaître) je vous fais part toutefois de mes prévisions : j'ai décidé d'épouser le Soleil dans une feria d'enfer. Ce sera dans un amour ardent, fusionnel et nucléaire. L'univers entier se transformera en une immense explosion de joie !

samedi 29 septembre 2018

Gaïa parle aux humains -(1)-


Cela fait quand même pas mal de millions d'années — et oui on ne rajeunit pas — que j'observe ma propre évolution et mon développement.


Je ne cacherai pas que ce fut réjouissant pendant très longtemps. D'autant que j'ai pour une grande partie, concouru moi-même à faire sortir de mes profondeurs un sacré paquet d'existences diversifiées. Ceci malgré tout ce qui gravite dans l'univers qui m'entoure et qui n'a pas fait que m'aider, loin de là.

Je suis née d'un gaz. Un pet de la nébuleuse solaire. On ne peut pas dire que je fus gâtée par la nature. Ce n'est pas comme d'autres systèmes qui se sont retrouvés le cul bordé de nouilles. Mais bon, avec mes petits bras musclés, j'ai réussi à rassembler pas mal de bricoles qui gravitaient autour. J'ai fini par compresser le tout sur moi-même en une sorte de boule, vu que des sculptures plus sophistiquées je ne savais pas faire en ce temps-là.

Comme j'avais rassemblé un peu tout et n'importe quoi, pas mal de trucs se sont bagarrés entre–eux, et je vous assure que ça a chauffé. J'ai mis du temps à refroidir l'atmosphère et apaiser les esprits. Mais bon, c'était il y a environ 4 milliards d'années. Péché de jeunesse !

Lorsqu'il y eut suffisamment de calme, on y vit plus clair. Alors apparurent des trucs bizarres dans la flotte qui  captaient l'énergie venue du soleil. Curieuse de nature, j'ai plongé un de mes bras de mer au fond des eaux et j'ai ramené des machins assez curieux qui ont commencé à respirer.

Franchement, si j'avais su, je serais peut-être restée peinarde et tranquille dans mon coin plutôt que remuer tout ça. Parce qu'alors, les ennuis ont commencé. Ces espèces de trucs ont tout colonisé, sont sortis de la flotte, pour voir si sur la terre ferme j'y étais. Et j'y étais.

Au début j'ai trouvé ça marrant, tant ils avaient de l'imagination pour inventer du vivant de toutes formes, de toutes tailles, qui gambadaient, volaient, plongeaient dans l'eau, en ressortaient, ça se chamaillait pas mal entre espèces, ça s'entretuait dans la joie et la bonne humeur.
Enfin bref, cela remuait de partout. J'ai été au spectacle pendant pas mal de millions d'années.

Quand sont apparus les primates, j'ai pressenti que ça n'allait pas être simple. C'est pas qu'ils se montraient foncièrement belliqueux, (pas les pires en tout cas, pas comme les dinosaures), mais ils avaient quelque chose de pas clair dans le regard. Ça sentait l'embrouille. Un côté sournois. Je me suis dit que ça passerait comme les autres espèces. Mais non. Ils se sont mis à évoluer. En pire. Les primates ont rallongé leurs jambes, raccourci leurs bras et se sont mis debout. Ils se mirent à penser, ce qui n'était pas prévu, et ont décidé de s'appeler : les humains !

C'est la première fois que je voyais une race de vivants aussi déterminée à dominer tout et  tous, à me dominer moi-même qui étais à l'origine de leur existence.
 Au début, c'était gérable, ils n'étaient pas trop nombreux. Ils avaient du mal à survivre, attaqués par des bestioles plus grosses qu'eux.
 Par la suite j'ai découvert que dans cette race nouvelle, les mâles comme les femelles avaient quelque chose que les autres n'avaient pas : l'intelligence. Au début j'ai trouvé ça intéressant à observer. Puis je me suis aperçu que c'était la pire des choses qui pouvait arriver. 

Avec l'intelligence, certes ils progressaient. Ils ont inventé les outils, puis le langage, l'écriture, la médecine (ça c'était pas mal) et d'autres choses pas si mauvaises il faut bien le reconnaître.

Mais surtout avec leur intelligence ils se sont mis à tout inventorier, tout transformer,  fabricant des trucs de plus en plus compliqués. Surtout des engins de domination. Ils ont appelé ça « les armes ». Dès lors, un jour, ils ont décrété que la planète appartenait  aux hommes. En conséquence, les autres espèces vivantes devaient se soumettre à l'homme en toutes circonstances.

Et c'est là que ça a commencé à dégénérer… enfin pour moi…


(À suivre)

mardi 25 septembre 2018

Cesser d'y croire

Mon cœur se balade désormais en plein courant d’air depuis que tu es partie là-bas,
si loin que tu n'en reviendras pas. 
Je voyageais le long de ton corps, comme un pèlerin recherche la félicité définitive
Tu avais dit c'est pour toujours et il fallait te croire.

J'avais la foi en ce temps-là. 


Mon cœur se balade désormais dans l'errance grise sous la froide pluie de larmes qui ne cessera plus. 
Tu avais dit c'est beau la vie et il fallait te croire. C'est vrai qu'elle était belle. En apparence. 

J'avais la joie en ce temps-là.

Mon cœur se balade désormais une valise à la main le long des souvenirs qui envahissent le lit
où coula la rivière de nos amoures folles.
Tu avais dit c'est très beau nos corps emmêlés dans la chaleur de la nuit, et il fallait te croire.

J'avais tout toi en ce temps-là.

Mon cœur se balade désormais avec la cicatrice de ton absence au côté droit
tu avais dit je ferai de nous l'unique certitude qui apaisera ton âme à jamais, et il fallait te croire

J'avais l'émoi en ce temps-là.

Mon cœur se balade désormais sur le viaduc des regrets et je regarde le vide qui bientôt me prendra.
Vivre est une erreur.
Tu avais dit l'amour vaux tous les royaumes, et il fallait te croire.

J'étais ton roi en ce temps-là

Mon cœur se balade désormais entre ciel et terre. Il plane dans le vent. Son voyage n'aura pas de fin.
Tu avais dit… non, tu n'avais plus rien dit. Il ne fallait plus croire.

J'étais ta proie en ce temps-là.


*


Pour une consigne du site d'écriture Kaléïdoplumes