J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


lundi 12 août 2019

Bouche bée


On sait que « le goût des autres » a eu la bonne idée de poursuivre les « lundis de Lakevio. »
Voici donc ma production de cette semaine. À partir de la photo qu'il propose.


-o0o-


— « Ferme ta bouche ! On voit ton slip !… » Lui avait dit son frère aîné en ricanant, alors qu'il était béat d'admiration devant le spectacle qui s'offrait à lui.
C'était en effet la première fois que dans la vitrine du magasin, il apercevait des images animées sortants d'une grosse boîte, qui paraît-il s'appelait « une télévision ».
Jean-Pierre devait avoir sept ou huit ans. En ce temps-là les enfants croyaient toute parole qu'un grand prononçait, même si c'était n'importe quoi. 

Le soir il se regarda dans le miroir de la salle de bains, bouche grande  ouverte, pour vérifier. Seulement voilà c'était un miroir très abîmé, de plus la lumière était mauvaise et il ne distinguait pas grand-chose.
Le lendemain Jean-Pierre demanda à ses petits camarades de jeter le regard jusqu'au fond de sa gorge et de lui dire ce qu'ils voyaient.
Le copain Jules glissa deux doigts pour appuyer sur la mâchoire inférieure afin de lui ouvrir la bouche au maximum. Un autre scruta à l'intérieur d'un air malicieux. 

— Tu vois quelque chose ? Marmonna tant bien que mal Jean-Pierre, bouche ouverte.
— Oui, affirma Jules péremptoirement.
— Qu'est-ce que tu vois ? bava Jean-Pierre.
Jules pousse un grand cri avant de répondre :
— Je vois une énorme araignée ! 
Et il éclata d'un rire sardonique.

Jean-Pierre paniqua, toussa, s'étrangla, émit des borborygmes. 

La maîtresse d'école releva la tête. Elle aperçut Jules qui enfonçait ses doigts dans la bouche de Jean-Pierre.

Jules se demande encore aujourd'hui pourquoi il a reçu une punition sévère, et une raclée par son père, lorsque ce dernier apprit par la Directrice de l'école que son fils était exclu trois jours pour avoir tenté d'étrangler son camarade en enfonçant ses doigts dans la gorge de l'élève dénommé Jean-Pierre.




samedi 10 août 2019

Un peu d'exercice…



Je dispose de trois petits cygnes en laiton. Je serais bien incapable de vous dire d'où ils proviennent. Ils ont le mérite d'être d'excellents presse-papiers lorsque j'écris ou lis sur ma terrasse et qu'il y a du vent !

Un autre de leur mérite aura été de m'inspirer une petite histoire sans prétention dans le cadre mes « exercices gymniques d'écriture ».


Si vous n'avez rien d'autre à faire : c'est ici que je dépose mes bêtises.  


mardi 30 juillet 2019

Jardins





“Notre monde est un jardin bienfaisant et un immense champ de bataille.”

SHAFIQUE KESHAVJEE

Ecrivain kenyan






Lui


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Je


Le jardin de la Paix -  Mais 2015 - Extrait

Je vis au jardin de la Paix. Ce jardin de notre maison.
« C’est calme ici » disent souvent les gens venant pour la première fois. Sans doute sont-ils frappés de ce havre à quelques centaines de mètres de l'agitation ordinaire.
La paix à portée de main, celle qui apaise le tumulte intérieur.
Ce jardin cherche à être beau, à l'image de la beauté humaine si souvent bafouée et défigurée. Depuis deux ans nous en prenons un soin plus particulier. — Un jardin de paix au cœur du tumulte ambiant. — Le temps de se retirer du monde pour y être plus présent.

(...)
Ici, un jardin de Paix, pour ne pas désespérer, un parmi les autres, où on vient se reposer, reprendre Force et retourner au combat d'humanité. Ce combat où l'on arrive les mains vides, le cœur offert, parce qu’elle est ainsi la force du vulnérable.
On n’apporte pas la Paix les armes à la main. — Peut-être faut- il parfois venir armé pour faire cesser le combat. — Mais on n'apporte pas la Paix si on ne se présente pas nu et sans défense.
C'est peut-être comme cela qu’un jour on devient vraiment humain.

Un jour... oui, un jour ....

(...)

Alain Rohand "120 pensées plongeantes" 

-o0o-

l'Autre








jeudi 25 juillet 2019

Reprise d'écriture




Sur son blog « le_goût_des_autres » semble bien désireux de reprendre les « devoirs de Lakevio » qui étaient   proposé chaque lundi.
Allons-y donc pour ce tableau de Renoir !

Et puisque c'est la canicule, on fera de circonstances…







On croit se connaître, et puis non. Je suis pourtant une jeune fille bien rangée, bien propre sur moi, élégante dans ma robe évanescente, presque transparente (heureusement qu'on ne voit pas le bas…). J'ai une hygiène parfaite et couvre mon corps de parfums subtils.

Et voilà que j'ai été attirée par cet homme mal soigné, aux cheveux gras peignés avec une fourchette à huîtres, à la dentition jaunie par la nicotine, à la veste qui manifestement ne sort pas de chez le teinturier. Mais le pire, c'est ce trouble intense qui a pénétré ma narine, est descendu jusque dans mon ventre, lorsque j'ai humé l'odeur âcre de sa transpiration des aisselles.

C'est fou ! Je fonds ! Et pas seulement parce qu'il fait une chaleur étouffante dans cette salle de bal. J'imagine son torse poilu, perlant de sueur, que mes lèvres recueillent. Et je ne vous parlerai pas du reste de son corps à ce sujet.

Jamais je n'oserai confesser  cela à Monsieur le curé. Il me refusera l'absolution et si ma mère ne me voit pas avancer vers le banc de communion dimanche, ce sera la catastrophe. Elle croira que j'ai perdu ma virginité. Ce qui je dois le dire, pourrait bien arriver avant longtemps s'il continue ainsi à transpirer des aisselles, car je suis proche de la pâmoison.

Il me serre fort par la taille et je sens que sa main n'a qu'un désir : descendre plus bas.
Je me frotte à lui. Je crois qu'il a compris, si j'en crois sa virilité montante.


Ma fille, ce n'est pas sérieux, que je me dis tout à coup. Arrête de rêver !

C'est comme d'habitude : dans la salle de bal, tu fais tapisserie assise sur ta chaise !

lundi 15 juillet 2019

Séquence souvenir.


L'autre jour, je ne sais comment cela est venu, mais on a évoqué « l'autre Grand Jacques ».
Cela vous dit quelque chose ?
Peut-être… peut-être pas…
Qui donc se souvient aujourd'hui de Jacques Debronckart ?
Sa lucidité dans les années 70 sur ce que nous allions devenir…
J'ai toujours ses vieux vinyles avant qu'une « longue maladie », comme on dit, ne l'emporte en mars 1983.

Il excellait dans bien des registres.




De 10 ans mon aîné, cette chanson marqua et ému ma jeunesse et encore aujourd'hui.




Et dans un tout autre genre son extraordinaire causticité à propos des mœurs du temps. Ce temps qui dure et perdure… quelle actualité !



Si vous aviez envie de réécouter ou de le découvrir, vous n'aurez aucune difficulté à le retrouver sur YouTube ou ailleurs. malheureusement on ne trouve que quelques-unes de ses chansons, pas forcément les meilleures d'ailleurs.


Puisque je vous disais que nos mémoires sont courtes !