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lundi 12 octobre 2026

Hier, mort d'une amie.

 Alors certes je savais que cette saloperie de crabe poursuivait son œuvre depuis longtemps. Elle allait de rémissions espérées en rechutes subies. Mais voilà, elle vient de mourir. Je l'apprends par son mari hier. Nous nous sommes connus jeunes mariés, eux et nous. Nos enfants respectifs (que des filles) s'entendaient bien et aimaient se retrouver pour de mémorables « soirées pyjamas ». Ça fait si longtemps, tant d'années où nous avons vécu de belles aventures ensemble, dans le cadre d'engagements au service des personnes dans la difficulté, l'épreuve, la souffrance et/ou la désespérance. Les engagements communs, cela soude, même s'il y a eu des périodes de désaccord, mais pas de rupture sur le fond.
Ils avaient pris leur retraite dans le sud et bien sûr on se voyait beaucoup moins.

C'est un peu l'hécatombe ces derniers temps. Avec mon épouse on se disait que notre tour viendra, mais qui sera le premier. Je réponds toujours que ce sera moi. Et si c'est elle, je la suivrai rapidement, soit la souffrance intérieure m'emportera rapidement, soit par choix de l'euthanasie. C'est clair pour moi. Je me suis déjà renseigné sur l'option Belgique. Pour les ch'tis, c'est la porte à côté. Mon épouse dit qu'elle ne me survivrait pas bien longtemps.
Pour ma part je lui trouve une vitalité hors du commun depuis toujours. Ça ne pourrait pas finir « comme ça ».

Ce billet semblera peut-être négatif à celui/celle qui le lit. Il n'en est rien dans mon esprit. La mort est naturelle. Comme je l'ai fréquentée de près à deux reprises, je sais qu'elle s'y prend avec douceur. J'ai écrit à ce sujet dans le passé.

Assez jeune j'ai assisté à la « douce mort » d'une de mes tantes et je sais comment se déroule ce qu'on appelle « le dernier soupir ». C'était chez elle, dans sa maison, son mari n'arrivait pas à rester près d'elle, il se déplaçait dans la maison et tous les sens, fébrile, répétant sans cesse « ça va vite, ça va vite… »

Les ancêtres  accompagnaient les derniers instants et savaient ce qu'il en est. Maintenant la plupart du temps la mort fait son œuvre dans la solitude, une nuit à l'hôpital. 
(près de 60 % des décès). Rapidement on emmène le défunt à la morgue. 

Paraît que c'est cela la mort moderne.

 

fête des morts au Mexique


 

dimanche 4 octobre 2026

Au désert



Parcourant les blogs que je fréquente habituellement, mais aussi cherchant quelques pépites dans une blogosphère vieillissante, une sorte de vague à l'âme me gagne.
Un peu comme un mal du pays, celui qu'on a connu durant des années et qui désormais se dilue, s'assèche tellement que même les larmes ne viennent plus aux paupières. 

  

Dans la mystique le désert est une puissance. Et cependant il est souvent considéré comme une catastrophe écologique ou un paysage touristique pour les passionnés du dépouillement nécessaire à l'expérience spirituelle. (Ce qui est bien souvent une vue de l'esprit).

Faut-il aller là où il y a beaucoup de sable, de dunes et de vent, pour ressentir la solitude bienfaisante et féconde, au sens de la terre où l'on plante ce qu'on espère voir germer, pour recueillir l'inattendu de ce qui est appelé à pousser au fond de nous-mêmes qui plus est sans que nous le décidions.

L'expérience du désert n'est pas réservée aux grandes figures bibliques, ni aux athées de tous bords. Elle se cueille plus qu'elle ne se choisit. C'est alors qu'elle peut être féconde. 

Mon être le plus profond, ma terre intérieure que je chéris, comporte une zone de désert. Et c'est tant mieux. Ça évite de se croire comblé et autosuffisant. Si tout était occupé chez moi, il n'y aurait plus de place pour rien ni personne d'autre que moi-même.

Me rendre désert intérieur et ne rien faire d'autre qu'attendre. C'est difficile. Mais par nature la vie est difficile comme disait Scott Peck, aux premières lignes de son célèbre livre « Le chemin le moins fréquenté ». (Sans doute le premier livre qui dans les années 70 marqua durablement mon regard sur moi-même, la vie et le monde.)

Alors voilà, je suis dans cette zone de moi, et je regarde au loiN quel ennemi  viendra,  comme Zangra dans la chanson de Brel. Car il y a toujours un ennemi qui ne supporte pas le bonheur intérieur que lui-même n'a pas. Mais Zangra se trompe en rêvant de devenir héros. Le héros n'est que solitude.

Le véritable ennemi est un « autre moi » que j'endosse  parfois pour des raisons de circonstance,  une sorte d'  être social  » qu prend  le dessus, autrement dit trop d'adaptation et pas assez d'authenticité.

jeudi 24 septembre 2026

Chat va !


J'ai fait une série d'examens médicaux ces derniers temps. Globalement chat va pas trop mal pour mon âge avancé…
Je suis du genre chat peux encore fonctionner quelques temps…
alors chat me réjouit avec Dire Srays !

 


 

 

lundi 21 septembre 2026

La télévision d'immersion

  Hier, en errant sur ma télé, jouant de la zapette (un mot qui ne se dit plus…), je cherchais une chaîne qui attirerait mes yeux et mes oreilles, tandis que le sang pulsait dans mes veines au rythme de ces épines que l'on enfonce dans mes pieds.
Je cherchais un divertissement récréatif, une attraction, un intermède, un spectacle qui mettrait fin au ballet infernal des pulsions peu sympathiques.

La fibre donne accès à des centaines de chaînes. À laquelle allais–je m'enchaîner ?
Je passais de l'une à l'autre jusqu'à ce que je découvre IMEARTH. Je voyais des images de torrents, agrémentés de chants d'oiseaux, de nature encore apparemment immaculée. Pas de commentaires et de baratineurs. Que les images et leurs sons en continu.

 

J'ai savouré des instants dont je ne me souviens plus combien ils ont duré. J'ai même augmenté le son pour qu'il m'enveloppe délicieusement. Petit à petit l'effet placebo a fait son œuvre. 
Il y eut des cascades. De l'eau qui courait vers son destin.
J'ai accepté que je ne verrai jamais plus ce genre de paysages « en vrai ». Je n'ai ressenti aucun regret, ni jalousie de malchance d'en être là à ce stade de ma vie. Je connais des gens que la douleur martyrise, notamment une amie qui a épuisé tout le spectre des tranquillisants, sans apaisement véritable.

Des souvenirs sont remontés de ce temps que je nomme à présent « où j'étais valide ». Je veux dire par là lorsque j'étais autonome quasiment pour tout. Pas de regrets, même si quelques larmes à peine naissantes ont brouillé un instant ma vue de l'écran.

Mieux vaut penser qu'il me reste encore « cela » et que si je n'ai plus beaucoup de liberté physique personnelle, ma liberté intérieure est intacte. Comme en filigrane j'ai revu la tapisserie de la chambre que j'occupais au centre de rééducation. J'étais tenu d'y faire la sieste, et parfois, « on m'y oubliait ». Alors je partais très loin dans mes rêves, très très loin. Certes ce centre était pionnier et venait d'ouvrir, mais toute l'organisation n'avait pas encore trouvé son rythme de croisière… le secteur de rééducation était à la pointe, le secteur hébergement et activité des jeunes que nous étions… était en organisation et développement… on était parfois un peu livré à nous-mêmes, à notre grande joie entre enfance et adolescence. Je veux dire qu'on savait parfaitement s'organiser… pour faire des bêtises.

Revenons aux images vidéo, désormais je ne voyage plus que par procuration. Certains dans ma famille le savent bien et me font la joie et le bonheur de m'envoyer parfois des vidéos régulièrement. Notamment un de mes neveux qui m'adresse des reportages commentés de ses balades à vélo. Il est des personnes qui savent les initiatives qui comblent.

J'ai pour elles une reconnaissance infinie.
 

lundi 14 septembre 2026

La montée de l'aube.

 C'est une petite phrase de Christiane Singer, extraite d'une conférence que j'ai écoutée récemment : « L'irrésistible montée de l'aube ».

C'est le mot « irrésistible » auquel je m'arrête. On ne peut pas résister à la montée de la lumière, celle de l'aube bien entendue, mais aussi au surgissement qui tout à coup vient nous éclairer et souvent nous déranger.

L'irrésistible montée. Ce à quoi rien ne peut résister et qui surgit tout à coup..
Et pourtant, parfois, on voudrait ne pas voir. Se boucher la vue. La crainte de l'aveuglement. Ces « trops » qui risquent de nous éblouir ou nous aveugler et nous font fermer les yeux ou détourner le regard.

A-t-on raison ? Parfois la nécessité commande : c'est presque contre notre gré. Mais peut-on longtemps ne pas regarder l'aube qui est là, à présent. ? Quand bien même la lumière nous donne à voir du « pas joli-joli ».

Mon autre blog (actuellement en stand-by ») s'intitule : le voyageur de l'aube. Et j'ai même eu l'audace de mettre des majuscules. Je cherchais à parvenir avant que celle-ci ne vienne inonder de sa lumière. Voilà plus d'un an que je n'ai pas écrit là-bas. Je mettais en exergue que les aurores nous tirent de nos nuits. J'ai longtemps fait le récit de mes nuits, et puis comment les lumières me sont venues. Est-ce qu'il n'y en aurait plus dans ma vie depuis lors ?

Que je le veuille ou non, l'aube est irrésistible, mais est-ce que je l'accueille, cette aube qui fait chaque journée nouvelle. Ou est-ce que je m'installe dans une sorte de paresse confortable, parce qu'à mon âge, avec mes temps grises, les dizaines d'années de mes expériences bien évidemment nombreuses et enrichissantes, font que désormais il me reste à être blasé du reste.

Je force le trait. Et cependant. Ne suis-je pas dans ce statut du vieux singe à qui on ne peut apprendre à faire des grimaces nouvelles.

Il faudrait que j'aille renouer avec la « jeunesse de l'aube ».