Alors certes je savais que cette saloperie de crabe poursuivait son œuvre depuis longtemps. Elle allait de rémissions espérées en rechutes subies. Mais voilà, elle vient de mourir. Je l'apprends par son mari hier. Nous nous sommes connus jeunes mariés, eux et nous. Nos enfants respectifs (que des filles) s'entendaient bien et aimaient se retrouver pour de mémorables « soirées pyjamas ». Ça fait si longtemps, tant d'années où nous avons vécu de belles aventures ensemble, dans le cadre d'engagements au service des personnes dans la difficulté, l'épreuve, la souffrance et/ou la désespérance. Les engagements communs, cela soude, même s'il y a eu des périodes de désaccord, mais pas de rupture sur le fond.
Ils avaient pris leur retraite dans le sud et bien sûr on se voyait beaucoup moins.
C'est un peu l'hécatombe ces derniers temps. Avec mon épouse on se disait que notre tour viendra, mais qui sera le premier. Je réponds toujours que ce sera moi. Et si c'est elle, je la suivrai rapidement, soit la souffrance intérieure m'emportera rapidement, soit par choix de l'euthanasie. C'est clair pour moi. Je me suis déjà renseigné sur l'option Belgique. Pour les ch'tis, c'est la porte à côté. Mon épouse dit qu'elle ne me survivrait pas bien longtemps.
Pour ma part je lui trouve une vitalité hors du commun depuis toujours. Ça ne pourrait pas finir « comme ça ».
Ce billet semblera peut-être négatif à celui/celle qui le lit. Il n'en est rien dans mon esprit. La mort est naturelle. Comme je l'ai fréquentée de près à deux reprises, je sais qu'elle s'y prend avec douceur. J'ai écrit à ce sujet dans le passé.
Assez jeune j'ai assisté à la « douce mort » d'une de mes tantes et je sais comment se déroule ce qu'on appelle « le dernier soupir ». C'était chez elle, dans sa maison, son mari n'arrivait pas à rester près d'elle, il se déplaçait dans la maison et tous les sens, fébrile, répétant sans cesse « ça va vite, ça va vite… »
Les ancêtres accompagnaient les derniers instants et savaient ce qu'il en est. Maintenant la plupart du temps la mort fait son œuvre dans la solitude, une nuit à l'hôpital. (près de 60 % des décès). Rapidement on emmène le défunt à la morgue.
Paraît que c'est cela la mort moderne.
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| fête des morts au Mexique |



