Accueil

lundi 11 décembre 2017

Compression du temps (consigne de Lakevio)





La consigne du Lundi chez Lakevio




Jeu - devoir à consigne N°5 - Témoignages croisés. 
Sur ce tableau à trois personnages, donnez la version de chacun sur la scène.










Compression du temps


Gloria (à droite - jeune) — Jamais, non, je crois que jamais je ne me suis sentie aussi bien. Être contre lui, ma tête dans son cou, me laisser aller. Et son bras si fort, si puissant, si protecteur et qui m'entoure. Je suis à lui. Définitivement. Il fera de moi ce qu'il voudra. Les mauvais jours sont terminés. Je savais bien que je me sortirai des griffes de l'autre. Je savais qu'un jour il viendrait : mon sauveur, mon ange gardien pour toujours. Quand il a planté ses yeux dans les miens, mon âme s'est mise à chanter une mélodie douce qui a vibré dans mon ventre. Ma poitrine s'est emplie d'un air frais, printanier, comme une brise douce qui va dissiper tous mes nuages. Il était là, enfin, ce bonheur dont j'avais presque désespéré, le voici. Pour toujours. Avec lui.


Douglas (en chemise crème) — Bon sang, cette môme, c'est vraiment inespéré ! Si j'avais raconté ça à Erwan il m’aurait ri au nez, ce con. Et pourtant, mon pote, elle est dans mes bras. Hein ! Qu'est-ce que t'en dis ? Tu n'en dis rien, parce que tu ne sauras jamais. J'suis accroc. Total. Elle me rend dingue.  On va se tirer. Loin, très loin, très très loin. On tourne la page. Et même, bien mieux que cela, on brûle le livre. On repart. Même pas à zéro, on repart à  moins cent. Elle et moi, on est à l'origine du monde. Fini les plans foireux, les flics à mes trousses, les maisons de correction et tout le bordel de cette société pourrie. On se tire ! On aura quatre enfants, ou cinq. Et pourquoi pas six ! Ils seront éduqués hyper correctement. Je braquerai des banques s’il le faut pour leur assurer des études dans les meilleures écoles, les plus chères. Ah non, Putain ! J'ai décidé de me ranger des voitures de me refaire une conscience. J'allais presque l'oublier.


Gloria (à gauche - vieille) — Et dire que c'est ici qu'on avait tout décidé ! Il y a si longtemps maintenant… il me reste mes yeux pour pleurer, la bouteille de pinard et le verre ballon pour essayer d'oublier. J'y avais cru, naïve et bête que j'étais. La bonne étoile, les faveurs du ciel : foutaise ! Ma mère avait raison : « ma fille, on est là pour souffrir et crever tout seul ». Douglas, mon Douglas, où es-tu mon amour ? Je reviens ici chaque semaine. J'espère encore te voir entrer, j'espère encore te voir planter tes yeux dans les miens, j'espère encore que l'on pourrait tout recommencer. Tu sais ? Comme tu me l'avais promis ? Mais si, souviens-toi. Tu avais dit qu'on serait seuls au monde, rien que nous deux.

Seule, je le suis ce soir, mais sans toi. Douglas, mon Douglas, même si je suis devenue vieille et laide,  je t'en prie ouvre la porte de ce bistrot. Viens, que je puisse me blottir dans ton cou.

vendredi 8 décembre 2017

ombres nitescentes (1)

— « Comme cela j'aurai mon copain, moi aussi ! »
Il n'avait pas dit mon ami. 
Moi je dis mon ami.
Plus qu'un copain, je suis.
 Il le sait. 
Mais c'est un mot qu’il ne prononce pas, lui. 
Du moment que j'ai compris.

Évidemment, c'est un homme. Avec une façade d'homme. Un comportement d'homme.
Enfin, l'idée qu'il s'en fait, en tout cas.

50 ans que je le connais ainsi.
Il y a longtemps que j'ai appris à le regarder au-delà. En cet endroit où il m’émeut par sa profonde sensibilité, son affection indéfectible.

Une surprise pour son épouse, pour son anniversaire et le franchissement d'une dizaine.
D'ailleurs il a employé la même expression :
— « j'ai invité ses trois copines et leurs maris »
Il n'a pas dit ses trois amies. Pourtant c'est ce qu'elles sont. J'en connais deux depuis bien longtemps.
Et là, au téléphone il espère que je pourrai venir avec ma compagne de vie. Et puis,  cette petite phrase dans un grand éclat de rire, un éclat pudique :
— « Comme cela j'aurai mon copain, moi aussi ! »


Peut-être que je l'aime pour cela. Pour cet homme derrière une façade qui n'en est pas véritablement une. Pour sa vraie pudeur sous son allure bourrue. Pour son regard bleu dans lequel je vois sa profonde bonté  depuis si longtemps. Pour ces nuits de confidences quand il y eut de lourdes épreuves.   Pour nos rivalités, de jeunes cons. Pour nos déconnades grandioses d'hier et même encore d'aujourd'hui, sauf qu’elles sont désormais plus modestes. 

… Et pour la certitude de l'eau limpide qui nous a abreuvée dans les jours sombres et qui nous a maintenu en vie.


mercredi 6 décembre 2017

En ce temps-là, Johnny…



Vers 17 heures s'ouvrait le bar.
Enfin, ce que nous appelions le bar. Dans le vaste hall au bas de la grande pente, celle qui menait en trois zigzags du « château » à la grande salle commune pour les activités diverses, et au couloir des chambres.

Monsieur Morin, adjoint à l'éducateur chef, ouvrait le bar. C'était simplement un comptoir en bois, enfin nous disions que c'était un comptoir. Derrière on y rangeait toutes sortes de choses dans des placards fermés à clé. Mais il y avait « le placard du bar » que Monsieur Morin ouvrait. C'était l'heure où l'on pouvait « commander » une boisson, et payer par chèque. Oui, nous avions des chèques, et un compte en banque, tenu par Monsieur Morin en personne, malgré nos 12,13 ou 14 ans.

« Le bar et le chéquier s'inscrivent dans le processus éducatif », avait expliqué le Directeur à  mes parents. Le compte en banque était alimenté par des points gagnés en rééducation, et attribués par les kinés, en fonction de nos efforts. Pour trois points, on pouvait avoir un verre d'eau avec dedans un sirop au goût indéfinissable. Pour 10 points, on accédait à un véritable jus de fruits, en tout cas quelque chose qui avait un goût véritablement sympathique de raisin. Et comme cela avait la couleur du vin, certains s'imaginaient que s’en était et donc qu'ils étaient devenus « des grands ». Pour 25 points il était possible de choisir une « bricole » venue d'on ne sait où. Pour 500 points on nous promettait un cadeau surprise extraordinaire ! Seulement voilà, pour autant que je me souvienne, personne n'avait la patience économe d'attendre de disposer d'un tel magot.

Un jour Monsieur Morin laissa la responsabilité du bar Monsieur Claude. C'est alors que celui-ci arriva, ouvrit le bar comme chaque jour, et posa sur le comptoir « un poste à transistors » qui fonctionnait avec une très grosse pile. Il appuya sur un interrupteur doré et l'on entendit  ce que par la suite on appela un jingle : 

« S.L.C…. Salut les coooopaaaaains ! »

Rapidement on fit connaissance avec Daniel Filipacchi et Frank Ténot


Et puis arriva Johnny….. 


Et chaque jour, grâce à Monsieur Claude, nous étions tous comme des fous, dans nos chariots plats, nos fauteuils roulants à 3 roues, nos orthèses ou nos plâtres de contention…
 autour du « poste à transistors » qui fonctionnait avec une grosse pile… !
à écouter Johnny, Sylvie, Vince Taylor, les chaussettes noires,  Lucky Blondo, du rock et du twist et bien d'autres…

Tout cela m'est revenu tout à l'heure, apprenant le décès de Johnny Hallyday. 
Souvenirs souvenirs du début des années 1960. 

Et alors, mes yeux se sont mouillés…

lundi 4 décembre 2017

La Marquise (les lundis de Lakevio)





*


"La marquise sortit à cinq heures"...

Il s'agit d'étoffer cette simple phrase pour en faire... toute une histoire !

****
***
**
*






Le Marquis de Castaguène, qui administrait la Province du même nom, située au centre du Royaume  de Dichérifémenplus, du bon Roi Léocafé Premier, ne cessait de déplorer l'attitude de sa femme, que chacun appelait LA Marquise en insistant lourdement sur le LA.

Il faut dire que LA Marquise valait son pesant d’écus d'or. C'était la fille du Chevalier Adadasisi qui s'était couvert de gloire lors de la bataille de Monprécis. Lorsque celle-ci fut présenté au Roi en présence du Marquis, ce dernier tomba follement amoureux de Mademoiselle Adadasisi, qui allait sur ses 14 ans. Le Chevalier qui rêvait d'accéder au titre de Comte et d'obtenir des territoires afférents, sachant l'influence du Marquis de Castaguène auprès du Roi, donna bien évidemment son accord et céda sa fille qui devint Marquise.
On fit moulte ripaille pour célébrer cette union que Mgr l’Évêque bénit devant l’Éternel.

Tout cela aurait pu baigner dans la graisse de bœuf, le suif et la félicité, si LA Marquise s'était montrée capable d'assurer son rang. Certes sa gouvernante et ses précepteurs tentèrent assidûment de lui inculquer les bonnes manières. Certes Monsieur le Marquis ne lésina pas sur la garde-robe pléthorique qui convenait à une marquise du territoire de Castaguène. Il n’en demeura pas moins que Mademoiselle Adadasisi devenu Marquise de Castaguène, avait des comportements de roturière, au mieux d'écuyère mal dégrossie. Il n'y a qu'au lit qu'elle savait satisfaire Monsieur le Marquis plus qu'il n'espérait, par la fougue de sa jeunesse.

Or, il advint que le Légat du Pape se pointa à l'horizon, venu spécialement remettre de l'ordre dans le royaume du bon Roi Léocafé Premier, parce que Sa Sainteté Pie-Pie en avait raz les burettes du relâchement généralisé. 
On avait averti le Marquis de Castaguène qu'il avait intérêt à faire fissa pour apprêter sa Marquise qui, selon la coutume, serait mise à disposition du légat papal dans les appartements privés, afin de faire valoir les charmants arguments de la Couronne et de mettre à nu tous les éléments litigieux. La rencontre devait se dérouler juste avant « vêpres », soit vers la cinquième plombe  de l'aprèm.

Cependant, Madame la Marquise ne l'entendit pas de cette oreille, et pas non plus d'un autre organe, il faut bien le dire. Elle refusa tout de go. Et lorsque le go tique, le courroux du marquis se manifeste. Monsieur le Marquis, qui avait la main leste, dû malheureusement recourir à des arguments frappants. Si bien que lorsque LA Marquise se présenta devant le Légat du Pape, et malgré moulte farine sur le minois, on vit dégouliner un filet de sang au coin de sa lèvre fendue.

— Miracle ! S'écria le Légat. Miracle ! Vite une coupe consacrée que je recueille ce sang divin !

C'est ainsi que la Marquise de Castaguène laissa son nom dans l'histoire à tout jamais. Grâce à elle, et l'assistance efficace de son mari de marquis (ou de son marquis de mari, comme il vous  siéra), le rapport du Légat du Pape au Pape Pie-Pie, fut un éloge à la glorieuse piété de ce Royaume, qui n'avait d'égale que la sainteté et la  virginale beauté sanguinaire de ladite Marquise.


******

Bon d'accord, ce texte est un peu du n'importe quoi !
 Soyez indulgents !
Faut croire que j'avais besoin de me défouler !…

*

mercredi 29 novembre 2017

Une écriture utile ??


Depuis de longues années, ce blog a hébergé des centaines de billets, la plupart relatifs à mon expérience d'intériorité et au chemin que cela me fit faire. J'ai aimé laisser venir tout ce qui m'était donné d'écrire sur cette thématique. Parfois je me suis surpris moi-même de ce qui me venait sous la plume. J'ose penser que cela a pu être profitable à certains/es.

 Mais depuis quelques temps, (hormis quelques textes littéraires et autres choses du genre), j'ai le sentiment que je ne puis faire autre chose que me répéter. Comme j'ai pu le constater sur certains blogs « anciens » il arrive un moment où une certaine boucle est bouclée. Il faut alors envisager de passer à autre chose. On finit, je crois, par ennuyer le lecteur. Il faut alors passer son chemin.

Autre chose ? Mais quoi ?
En février, j'avais mis mon blog en pause pour cette raison.
Ce que j'ai pu écrire depuis ne présente à mes yeux qu'un intérêt très relatif au regard de ce qui peut concerner l'expression de ma pensée personnelle.

Je n'ai plus écrit sur l'actualité. Il est vrai que je m'éloigne d'elle, par désintérêt, autant que par choix. Peut-être ai-je peu à peu pris conscience « qu’on me prenait en otage » avec la marche du monde, quand on ne cherchait pas à me culpabiliser (en vain…) en prétendant que moi, vous, et les autres de ma génération, sommes responsables de tous les malheurs de la planète qui, paraît-il, court à sa perte…
En ce qui me concerne, je ne cours pas avec elle.

À se lamenter sur les malheurs du monde, on finit par se lamenter sur soi-même, hurler avec les loups, et s'indigner de ce sur quoi on renonce à s'engager pour que ça change. Alors, on signe des pétitions sur Internet, on enrichit les propriétaires  de change.org, et on a le sentiment du devoir accompli, alors qu'on n’est bêtement que la mouche du coche.
Cela m'effleure trop souvent, et même parfois m'atteint.

Aussi le choix qui s'impose est celui de revenir à mes engagements collectifs auxquels je collabore encore. Il m'arrive d'écrire à l’un ou l'autre de mes compagnons de route pour lui demander où il en est, comment il vit sa part dans l'œuvre commune que nous cherchons à construire. J'agis ainsi parce que je ressens le besoin d'être re-vitalisé. Parfois, sans le vouloir, j'apporte un bénéfice secondaire, parce que l'autre est quelque peu « en panne », et mon mail génère un échange pour remettre le travail en route.

Ceux qui me sont chers, ceux et celles envers qui je m'engage concrètement, les quelques services que je peux encore rendre, mon zeste de compétence encore existant, c'est là que se limite ma petite sphère d'humanité à laquelle je crois profondément. Là, je m'efforce de donner ma mesure, mon temps, et je retrouve l'essentiel de moi pour poursuivre dans la ligne de ma foi dans l’être humain et l'avancée d'une humanité dont je ne cesse de voir les prémices d’un nouvel à-venir. 

Toute pensée personnelle  qui ne se traduit pas en action concrète, est vaine. Seule la pensée-action (ou l'action-pensée) se révèle proactive.
Ainsi en fut-il de celle de mes Maîtres.

Sans doute y a-t-il encore des êtres qui émergent dans l'immensité du bavardage ambiant des rezosocios. Ceux pour qui l'action concrète est la nourriture d'une pensée. À l'image d'un Pierre Rabhi, qui me fait penser à l'un de mes maîtres : Marcel Legault (1900-1990- normalien, agrégé de mathématiques, professeur d'université) qui, après la guerre, devint agriculteur et berger dans la Drôme et que j'ai eu l'occasion de rencontrer. Sa recherche spirituelle, sa parole totalement novatrice pour l'époque parce que rendant compte d'une expérience personnelle, marquèrent le jeune adulte que j'étais de manière durable. Son livre « l'homme à la recherche de son humanité »(1970) et quelques autres, furent pour moi une nourriture marquante, enclenchant cette sorte de révolution spirituelle qui continue à me remuer au plus profond quand bien même s'avance ma vieillesse.

Il me semble que toute écriture qui ne s'enracine pas dans l'expérienciel analysé est de moindre portée. Finalement, « le penseur en chambre » caractéristique bon nombre de contemporains, m’intéresse de moins en moins…


lundi 27 novembre 2017

Le Destin d’Albertine (La consigne du lundi chez Lakevio)





A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les dix mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte.
soierie - excellent - éliminer - explication - tranchant - éclaireur - douçâtre - dominer - effet - hostile

Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes.

———————

Le Destin d’Albertine.


Albertine de Longue-Épée était issue d'une famille qui travaillait dans la soierie depuis au moins huit générations. Elle avait dû dans l'urgence prendre la tête de l'entreprise familiale suite au brusque décès de son père.  Ses concurrents voraces  et cupides se coalisèrent pour tenter de l'éliminer.

Gaétan de Rouge-Macaque, qui fut pourtant un ami du père d'Albertine, fut envoyé en éclaireur pour tenter de s'accaparer l'entreprise à moindre frais. Étant donné qu'il considérait Albertine comme une oie blanche quelque peu douçâtre, il n’aurait donc aucune difficulté à lui faire gober des arguments fallacieux et à user de ses habituels procédés déloyaux, qu'il considérait comme parfaitement justifiés, pour une saine élimination de la concurrence inutile. 
Il avait promis à ses associés : — « Je vais la dominer sans difficulté ».

En effet, Albertine de Longue-Épée ne connaissait rien à la gestion d'une entreprise, et préférait contempler les mûriers, s'imaginant être descendante  la dynastie chinoise des Han, qui se mit à privilégier la soie deux siècles avant notre ère. D'ailleurs n'avait-elle pas les yeux quelque peu bridés ?  Aussi refusa-t-elle toutes les propositions de Gaétan de Rouge-Macaque, et eut même à son égard un comportement hostile.

Il est très difficile de continuer à rendre pérenne une entreprise de soierie avec seulement de la rêverie et la contemplation des mûriers. Aussi l'entreprise ne tarda pas à faire faillite,

 La reconversion d’Albertine de Longue-Épée dans la carotte fut assez difficile pour ne pas dire douloureuse. Elle qui aimait la bave abondante du  Bombyx du mûrier et dérouler les 1500 m de fil de son excellent cocon. En conséquence elle se voyait difficilement opter pour l'élevage de lapins et la culture de la carotte afférente. Elle avait beau tenter de se convaincre et chercher une explication rationnelle à sa situation, elle n'y parvenait pas. 

Albertine décida donc de changer d'orientation et ouvrit un petit restaurant de cuisine coréenne où elle servait principalement des  beondegi, c'est-à-dire des chrysalides de vers à soie préparées à la vapeur parfumée, qu'elle servait à l'aide d'un couteau à double tranchant.

Ainsi s’éteignit la Dynastie de Longue-Épée….



vendredi 24 novembre 2017

Sornettes et calembredaines - 4 (pour le WE)

***
**
*

--  - — Amour ferroviaire — -- - 

Oh mon amour!
Tu vas et tu viens
entre deux trains
et je te rejoins

du plaisir de te voir
je crie gare
je snife un rail
mon ballast
défaille
 chaque fois que
Tu vas et tu viens
entre deux trains
et que je te rejoins

notre amour composte 
un billet d’éternité
quand 
tu vas et tu viens
entre deux trains
et que je te rejoins

Quand l’aiguille 
frôle ta caténaire
le courant passe
moi non plus


j’effleure ton Corail
et le fret qu’il contient
lorsque
Tu vas et tu viens
entre deux trains
et que je te rejoins

Oh mon amour
entre deux trains
tu me retiens
moi non plus


(pardon Serge….)