J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
*

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, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


mercredi 26 juin 2019

Le lundi chez Lakevio... c'est mercredi...

La consigne du lundi chez Lakevio (qui chez moi devient un mercredi)

La toile du jour et les dix mots choisis à introduire dans votre histoire :



cheval
cinglant
stigmate
outrage
porcelet
caravane
pouf
parfum
digérer
limitrophe





Comme je suis en retard, j'ai fait le choix de traiter la consigne dans un texte le plus court possible.

Cela fait un moment que je le surveille, ce porcelet qui m'a pris à cheval dans la caravane. Je garde les stigmates de ce cinglant outrage que je n'ai pas digéré. il  m'a pris pour une pouf.  Je respire le parfum de la vengeance jusu’au delà de ma zone limitrophe.

dimanche 23 juin 2019

Combat ?


Histoire de commencer la semaine....
H
PP

Photo AlainX-  clic/photo = + grand
Impression d'un combat entre  deux "choses bizarres "




vendredi 21 juin 2019

Graphorter en vacances

En voyant apparaître à l'écran mon calendrier électronique du jour, je lis : « départ vacances ». Il y a huit jours encore j'aurais eu peine à lire cela. Mais, comme je le disais sur le billet précédent, c'est passé. Nous sommes dans l'organisation du temps à venir. Faire en sorte que la quinzaine qui vient soit aussi agréable à vivre dans Les Hauts De France, qu'elle devait l'être en Bretagne. Question d'état d'esprit, finalement. Le lieu et le temps qu'il fait dehors, pour important qu'ils soient, ne sont pas déterminants.

Je ne vais pas tarder à passer ce blog en « mode estival ». J'ignore si je viendrai écrire souvent, mais ce sera probablement plus primesautier que réflexion profonde sur pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien…

En ce sens je vous retranscris mon texte de la dernière consigne de Kaléïdoplumes  (fondé avec Cassy en 2007 [je crois]). Il s'agissait d'inventer un mot, d'en donner la définition du dictionnaire et d'écrire un petit texte en l'utilisant évidemment.

Cela m'a rappelé le « dico de la rentrée » qui date de Mathusalem et que j'avais republié en 2014. - Ça ne nous rajeunit pas !

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Graphorter : verbe trans. Premier groupe (Se conjugue comme chanter)
— Personne qui a une compétence particulière dans le graphortage.
Cette activité peu connue est exercée par des graveurs-graphorteurs, généralement secrètement, avec contrat comportant une clause de confidentialité. Il s'agit de concevoir et réaliser la graphie authentique de la signature des grands de ce monde ou de personnalités remarquables, lorsqu'elles sont incapables de s'inventer une signature digne de passer à la postérité.
au fig. : Se dit d'un écrivain dont l'écriture est sans talent « les ouvrages d'Honoré de Balzeuk sont tous graphortés n'importe comment » (Alexandre Dumasnoir, in, la revue des trois mondes – 1892, N° 4 p. 26).
argot :  « il graphortait dur pour obtenir les faveurs d'une rombière richissime qui n'avait toujours pas signé le contrat de mariage » ( in « il y a du graphortage dans le potage » (San Antonionio - éditions de minuit dix - 1977, p. 87) 
mus. :  par extension se dit d'un compositeur de musique de peu de talent mais convaincu de compter parmi les meilleurs : « lorsque Camille  Cinqsens présenta ses partitions au chef d'orchestre de l'opéra  Castille, celui-ci les trouva horriblement graphortées et indigne d'un opéra parisien ». ( in« Mémoires d'un copiste » – Wolfgang Amandéhoust -   éditions le dièse volant-  1903 p. 527)

-o0o-



Roberto Signard était un modeste graveur dont l'atelier se situait au fond d'une impasse parisienne. Il fallait vraiment connaître pour s'y rendre. Il travaillait essentiellement à la restauration d'objets précieux du patrimoine national qui, pour la plupart, ornaient les palais de la République. Ce travail lui permettait de vivre sans ostentation. La République aime le beau travail, mais le rémunère particulièrement mal.

Aussi, et par l'intermédiaire de hauts fonctionnaires, il découvrit l'existence du graphortage. Mais chut ! Il convenait de n'en parler à personne. C'est ainsi qu'il fut contacté par un Ministre à l'écriture de mouche et qui se voyait déjà présider la France. Roberto lui graphorta quelques projets de signature grandiloquente qui ravirent le ministre, en sorte qu'il en parla autour de lui. Mais chut !

Si je vous disais le nombre incalculable de personnalités, de chanteurs, d'artistes, d'acteurs de cinémas internationaux, de PDG, de dirigeants de multinationales, qui eurent recours à ses services, vous seriez ébahis. La plupart sont incapables de s'inventer une signature à la hauteur de leur succès ou de leur destin présupposé.

Roberto Signard proposait d'ailleurs des variantes et des évolutions au fil des années. En 20 ans  graphorter fit sa fortune.
Depuis qu'il a prit sa retraite. Il vit en Patagonie où il a acheté une propriété de 300 ha, pas très loin de l'endroit où résida Florent Pagny… qui, comme d'autres, a su le remercier financièrement très dignement.


jeudi 20 juin 2019

Mieux !

Bon, cela va mieux pour moi. Merci !
Rien n'est véritablement résolu de mes problèmes techniques et je suis toujours quelque peu assigné à résidence. Mais je n'ai pas de pouvoir direct sur cela.

En revanche, mon modeste pouvoir c'est mon état intérieur sur lequel j'ai quand même une marge de manœuvre. J'ai donc fait ce qu'il fallait pour retrouver la sérénité nécessaire à une existence satisfaisante !

Finalement je suis quand même content de ces petites forces intérieures qui me sont données quand c'est nécessaire. Certes, j'ai quelque peu appris où il fallait aller les chercher, mais cela prend quand même parfois un peu de temps…

À ceux et celles qui s'intéressent à ma petite vie, je livre cela.
Ci-après une photo provenant de mon jardin il y a quelques semaines

J'ai un peu trouvé qu'elle évoquait mon état intérieur…




samedi 8 juin 2019

Ah ! La belle saison !


Au cours de l'automne et de l'hiver, souvent il m'arrive de pester à propos de ce que j'appelle mon « assignation à résidence » en raison du froid et du mauvais temps. Aussi, lorsque les beaux jours sont censés arriver, je me réjouis de pouvoir sortir plus facilement et aussi à la perspective vacancière qui me permettra de visiter le beau pays de France !
Cette année c'est mal barré !
Il fait froid, c'est la tempête, je me gèle, et, cerise sur le gâteau, je suis toujours « assigné à résidence ».
Mon billet de mi-mai : « trop c'est beaucoup »  demeure d'actualité. Je croyais en avoir terminé avec mes emmerdements mécaniques. Mais non.
Je viens donc d'annuler mes vacances bretonnes.
Vous me direz qu'il y a pire dans la vie. Vous aurez parfaitement raison. J'ai encore quelques ressources intérieures pour réaménager mon été de la moins mauvaise manière qu'il se pourra.
Mais ce que je vis assez difficilement, c'est que je ne pourrais rendre visite à l'un de mes amis les plus chers, vivant en Bretagne, qui lutte contre le cancer, et la lutte est inégale… on devait se rencontrer chez lui fin juin (il est en chimio depuis plusieurs mois et c'est une troisième récidive). Il m'étonne par sa force intérieure. Plutôt non. Je la connaissais. Mais là je la vois en action. Il force mon admiration et augmente mon affection pour lui et son épouse.
Je l'ai déçu de devoir lui annoncer cela. Déçu moi-même de l'adversité. On a reporté cela fin août-début septembre. Mais qu'en sera-t-il alors de sa santé ?

*

Dans ce contexte, j'ai écrit sur la consigne des impromptus littéraires de cette semaine. ( incipit : C'était donc huit heures du matin au début du mois de juin) Comme d'habitude je me suis laissé aller au gré de l'inspiration du moment. Cela a donné le texte qui suit. C'est amusant, parce que ce n'est pas sans lien avec mon vécu du moment. Normal d'ailleurs. J'aime assez comment notre état intérieur peut rejaillir dans l'imaginaire.

**
*


Ah, la belle saison !

C'était donc huit heures du matin au début du mois de juin qu'il avait commencé à neiger. Beaucoup de gens s'en étonnaient encore. Pensez donc, neiger en juin sous ces latitudes, on ne s'y faisait guère. Maryse leva les yeux au ciel : 
—  À notre époque, il ne faut plus s'étonner de rien !

En levant les yeux, elle découvrit cette énorme masse noire qui assombrissait l'horizon et se dirigeait vers elle lentement. C'est absurde, mais elle pensa à cette saga qui eut son succès fin du XXème et début du XXIème. Son père lui en avait parlé : « la guerre des étoiles » où il était question d'une étoile noire. Paraît que les récits d'anticipation finissent par se réaliser.

D'habitude, il ne neige pas avant la mi-juillet. Mais enfin, peut-on encore vraiment parler d'habitude. La neige tombait drue, les flocons s'épaississaient de minute en minute. La couche au sol atteignait déjà quelques centimètres et cela ne faisait qu'à peine un quart d'heure qu'il neigeait. Maryse pensa : 
— Il ne pourra certainement pas rentrer cette nuit. Par ce sale temps les navettes ne seront pas autorisées à voler.

Parfois Maryse  rêvait aux journées ensoleillées qu'elle avait connues enfant, aux petites fleurs rouges des champs. À quoi bon se montrer nostalgique. Les temps changent : tout le monde le disait.

Elle ouvrit son placard alimentaire. Il ne lui restait que trois paquets de nourritures synthétiques. De quoi tenir trois jours, donc. Cela devrait aller puisque le camion auto-livreur était prévu pour demain. Elle tenta de chantonner dans sa tête pour calmer son angoisse. En effet le DFQ (diffuseur musical de quartier) avait cessé de fonctionner vers minuit. Ce système automatisé tombait le plus souvent en panne au mauvais moment. La dernière fois il avait fallu plus de 15 jours pour le chef de district trouve un dépanneur qui sache encore comment fonctionnait ce genre d'engin.

La neige tombait compacte à présent. Bientôt ce serait sous forme de picots pointus de glace, comme l'an dernier. Elle se souvint même que c'était arrivé le 15 août vers 17 heures. Heureusement, plus personne ne sortait dans les rues. Il y avait eu trop de blessés les années précédentes.

-o0o-

lundi 3 juin 2019

Edmonde & Irénée

ROMANCE
Frais ombrages, amers ou doux secrets
On se découvre, on se frôle, 
les baisers se donnent ou se volent.
En route pour l'été
Ou pour l'éternité...
A vous de composer.

PS : Phrase à inclure dans votre récit : 
"Une absence totale d'humour rend la vie impossible."
(tirée de Chambre d'hôtel de Gabrielle Sidonie Colette.)





Edmonde de Lentournette était promise en mariage à Irénée de Courtevue. Certes, dans ce mariage il n'était nullement question de sentiments amoureux, mais, comme il se doit, d'un mariage de rapprochement de patrimoines dont chacune des familles tirerait de grands profits.

Néanmoins, les parents n'étant pas absolument dénués de tout sentiment, ont permis aux futurs époux de se promener sur le chemin de sous-bois, suivi à bonne distance par les deux familles, qui auraient sans doute aimé à tout le moins qu'ils se tiennent par la main, pour montrer un minimum « d'amitié respectueuse », avant le mariage et avant qu'Edmonde de Lentournette « ne passe à la casserole », selon l'expression de sa vénérée mère. Malheureusement il n'en était rien. Edmonde restait droite et guindée dans son corset, Irénée serré contre lui les ustensiles à pique-nique dont il avait la garde, en tant que futur chef de famille.
Tout cela ne présageait rien de bon !

C'est alors qu'Ernestine, la mère d'Edmonde, lança à  la cantonade, et bien fort pour que tout le monde entende :
— Une absence totale d'humour rend la vie impossible, puis elle ajouta dans un long soupir,… j'en sais quelque chose !
— Est-ce que par hasard tu dis cela pour moi ? Sembla s'étonner Albert, le mari et  père d'Edmonde, en arborant un sourire qui ressemblait largement à une grimace.
— Pas du tout, mon ami, répliqua Ernestine, je pensais simplement à notre futur gendre Irénée de Courtevue.
— Quoi ? S'étrangla le père d'Irénée, vous osez prétendre que mon fils n'a aucun humour !
Tout le monde s'arrêta de marcher pour se toiser et s'interpeller. L'heure des premières embrouilles avaient sonné dans les futures familles alliées. Une explication s'imposait sur le champ. Ils restèrent ainsi immobiles pendant de longues minutes afin que chacun s'explique sur ces propos déplacés. 

Pendant ce temps les futurs époux continuèrent la marche sur le chemin, gardant leurs distances apparentes en tant que fils et fille de la bonne société. Mais Irénée se retourna. 
— On n'aperçoit plus nos parents respectifs ! Ils semblent loin derrière !
— Vite ! Profitons-en gloussa Edmonde !
Aussitôt Irénée lacha les ustensiles du pique-nique, Edmonde poussa son futur époux sur le bas-côté et vint sur lui à califourchon en retroussant sa robe.
— Vite ! Vite ! Irénée, ouvre ta braguette !

*

Les familles finirent par se réconcilier et le mariage ne tarda pas.
Tout le monde fit semblant de rien, lorsque la jeune mariée mit au monde un fils… quatre mois plus tard…



samedi 25 mai 2019

Corps d'humanité


Il y a ces êtres de pureté, pleins de défauts ; ces cœurs aimants, pleins de défaillance ; ces femmes de lumière, avec leurs ombres ; celles et ceux dont j'étais des leurs, que je rejoignais, sous une même bannière, autour d'une mission.

J'étais des leurs parce que je suis pureté, cœur vibrant, lumière avec en plus mes défauts, défaillances et ombres. Je suis leur semblable leur égal (pas égalitaire) au même niveau, dans la même humanité ni en dessous d'eux, ni au-dessus.

Et cependant combien de fois suis-je passé à côté de moi, en raison d'une enfance où je fus laissé de côté. Fruit d'un plaisir ou d'une nécessité ET d'un certain désir d'un « autre enfant ».
On me voulait comme on commande un livre qui manque  sur un rayonnage, comme un tiroir absent dans une commode. Une famille doit avoir plus d'un enfant, et même trois à cinq en ce temps-là.

Rechercher l'amour dans le tiroir qui manque comme on y chercherait un doudou maternel. C'est tout un art de chercher les choses là où elles ne sont pas.
Un art consommé où on se consume.

« Dis-moi que tu m'aimes » mais le dire n'est pas le montrer, encore moins le démontrer.
Chérir n'est pas serrer. Les bras sont là pour offrir pas pour enserrer. On n'aime pas les bras croisés, mais les bras ouverts.
« Prends-moi dans tes bras » n'est pas ma demande, mais « ouvre les-moi  » pourrait l'être, surtout si je ne suis pas obligé d'y venir.

La Grande Foule -Axelle Bosler



Je suis un corps d'humanité, prévu pour l'être et missionné pour l'accomplir. J'ose croire que mes semblables sont issus de ce même corps d'humanité, par création en quelque sorte. Cet acte créatif s'appelle la Vie et son histoire d'apparition sur des millions d'années avec sa part de mystère, ses réussites, ses errances et ses imperfections. Je suis cela, et chaque être humain l'est également.
Chacun partage individuellement et collectivement ce patrimoine commun d'une existence dépendante de celle d'autrui pour sa réussite.
De même que chaque grain de raisin n'existe qu'au sein d'une grappe et d'un pied de vigne qui tire sa propre existence de la Vie sur Terre.





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Je republie ce texte en  supprimant la fin. Mes lectrices et lecteurs intelligent(e)s comprendront qu'à mon âge m'énerver dans la zone de commentaires n'est pas bon pour ma santé.

lundi 20 mai 2019

J'embauche chez Lakevio





La consigne du lundi (Lakevio



Les mots de la mémoire 
ou de l'avenir



je vous propose d'écrire à propos d'un des jeunes hommes peints par Michael Carson.





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Cela fait déjà pas mal de temps que je suis chargé de recruter le personnel masculin pour l'usine de fabrication de machine à laver les lessiveuses, qui est en pleine expansion depuis le boom économique de la libération de la femme.

Ce sont des travaux répétitifs et fastidieux sur les chaînes de montage. Pour autant une « formation maison » est absolument indispensable. Le patron ne veut pas investir cette formation sur du personnel qui se montrerait versatile, et profiterait de la moindre occasion pour aller gagner plus ailleurs.

Au début, lorsque je les recevais, ils se montraient sous leur plus belle apparence, polis et souriants, enfin bref, toutes les bonnes attitudes pour pouvoir se faire embaucher et être bien payés. Malheureusement, une fois formés et dans la place, chez certains, le naturel revenait au galop. Ils n'étaient pas vraiment à la hauteur et le patron exigeait qu'ils soient virés. Et moi je me faisais engueuler.

C'est pour cela que j'ai fait installer dans la salle d'attente attenante à mon bureau un petit œilleton dans le mur, quasiment invisible car bien dissimulé dans la tapisserie, qui me permet d'examiner le gars et ses attitudes avant de le faire entrer dans mon bureau. Je me fais ainsi une pré-opinion.

Me voici donc en train de reluquer le dénommé Raoul Dupignon. Il est assis sur la chaise, bras croisés, jambes écartées. Il a mit ses habits du dimanche, pantalon sombre et veste claire, chemise blanche à cravate noire. Jusque-là c'est correct. Quoique, les jambes écartées c'est pas bon signe. Le genre de mec qui veut montrer « qu'il en a » et qu'avec lui on va voir ce qu'on va voir. Il suffit de regarder son visage pour confirmer l'impression. Ce type ne me plaît pas du tout. Il arbore la tête du mec qui va chercher les embrouilles,  attirer des ennuis. Le genre qui ne supporte pas l'autorité et encore moins les remontrances. Je l'imagine déjà en train de monter le personnel de l'atelier contre la direction et pourquoi pas de fonder une section syndicale.
Mon petit gars, ça va être vite réglé : dans un quart d'heure le dossier est classé !

Lorsque je le fais entrer dans mon bureau, il exhibe un sourire éclatant sur des dents d'une blancheur étincelante. Il se montre affable, presque obséquieux et pose beaucoup de questions sur l'organisation de l'usine. Je lui réponds de manière très générale, mais il insiste. Il finit par obtenir des réponses que je n'avais nullement l'intention de lui donner au départ.
Véritablement un drôle de type. Mais à peine est-il sorti de mon bureau que je déchire le dossier. Direction la corbeille à papiers.

*

48 heures plus tard le Grand patron me convoque.
— Alors ? Que pensez-vous de Raoul Dupignon  ?
— Qui ça ?
— Raoul Dupignon  ! Le jeune homme que vous avez reçu il y a deux jours. Vous n'avez quand même pas oublié !
— C'est-à-dire que je reçois beaucoup de candidats à l'embauche, et ceux qui ne sont pas retenus, je les oublie assez vite… sinon ma mémoire serait saturée !
Et à la fin de ma réponse je le gratifie d'un grand sourire.

— Comment ça un candidat à l'embauche ? Raoul Dupignon  est le fils aîné du géant de l'automobile. Notre futur associé qui nous apporte des capitaux conséquents pour le développement de l'usine ! Il est venu vous voir à ma demande pour que vous répondiez à toutes les questions qu'il vous posera. Vous vous souvenez quand même ? Ou alors, mon cher Leglouton, vous commencez sérieusement à sucrer les fraises !

*

Je dois dire que mon travail me plaisait énormément, et que me retrouver du jour au lendemain au chômage m'est plutôt difficile à supporter. Un collègue m'a dit ce midi que Raoul Dupignon  me considérait comme un chef du personnel  incompétent et qu'en plus j'avais une tête qui ne lui revenait pas.
C'est un peu dur à avaler.


vendredi 17 mai 2019

Trop, c'est beaucoup…


Il faut savoir modération garder.
Depuis un mois, et même plus, Destinée me cherche des ennuis. Je ne sais pas ce qui lui a pris. Peut-être qu'elle s'ennuyait dans son coin ? Mais bon, pourquoi moi ? La même question que se pose l'adolescent boutonneux, lorsqu'il se croit seul à avoir de l'acné.

Bon, d'accord je n'en suis pas à ma troisième récidive de cancer qui ne s'est pas encore déclenché, mais ça ne saurait tarder.
Bon d'accord, il y a pire, parce qu'il y a toujours pire. Le seul problème étant qu'aussi il y a mieux. Tout du moins, c'est ce que l'on croit.

Ma mère disait : il faut prendre son mal en patience.
Admettons ! Et après ? Qu'est-ce que j'en fais ? Je le dépose où, je le refile à qui ? A priori personne n'en veut.
Ça me rappelle une chanson à la fois idiote et à succès : « Je vais prendre ta douleur ». Cause toujours, ma belle. Tu sais bien que tu n'en feras rien, ou alors comme disent les gosses « du semblant ». J'appelle cela de la contrefaçon de compassion et en plus, fourguée en solde.

Bon je ne vous dirai pas en détail la hausse vertigineusement intéressante de mon coefficient personnel d'emmerdements maximum, mais il avoisine le pourcentage de destruction de la forêt amazonienne. (Ou d'une autre forêt, faites votre choix). Et tous sont liés à la préservation de mon autonomie physique. C'est dire si c'est sympathique.
Et tous s'originent dans des négligences humaines venant de gens qui ne s'en fichent pas du tout, mais seulement un peu.
Un peu + un peu +  un peu + un peu =  beaucoup trop.

Le problème c'est que plus ça dure dans le temps, plus j'accumule des entraves techniques, plus la perte d'autonomie s'accélère. C'est pas comme les antibiotiques. Là, c'est automatique. 


Hier en discutant avec une amie dont la fille vit au Portugal, j'apprenais comment fonctionne là-bas le « système de santé ». Je me disais que j'étais vraiment un super veinard d'être français et de vivre en France. Portugais, il y a belle lurette que je serai grabataire. (ou espagnol, ou québécois, ou anglais, 3 autres pays où j'ai des exemples précis. Ou  marocain... mais là c'est l'Afrique, donc c'est normal que ce soit pas terrible, me rétorque-t-on).

Vive la France !
Ceci est mon ultime consolation républicaine…

Donc en fait, je vais très bien, j'avais failli l'oublier !


lundi 13 mai 2019

Lundi, c'est ... Lundi !



La poésie du losange 



Un
chat noir
fatigué
se reposait
sur un doux coussin
quand la souris
chatouilla
son nez
fin.
(Pauline, CE1)






Sur ce modèle, créez un poème en losange
en vous inspirant du tableau proposé.




Une
femme
rouge vêtue
genre chaperon
Telle une souris verte
au milieu des vieux arbres
cherche à voir le loup dans sa vie.
Mais comme il ne sort qu'à la nuit tombée
La belle devra patienter
le temps  que le soleil
achevant sa course
ne soit là-bas
sur la ligne 
d'horizon 
qu'un seul 
point.


Comme le résultat de cette consigne est un texte court,
je vous invite à faire connaissance d'un dahlia et à lire son histoire sur mon blog photo









lundi 6 mai 2019

Une nuit chez Lakevio





1) Commencez votre texte par les vers suivants :
"Les lampes s'éteignaient derrière les rideaux
Il ne faut pas aller trop vite
Crainte de tout casser en faisant trop de bruit."
C'est Pierre qui le dit, Sur la pointe des pieds, aux Sources du vent...
 2) Terminez par ce vers de Guillaume :
"Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire"
Expérience menée lors d'une Nuit rhénane noyée dans les Alcools...
"Les lampes s'éteignaient derrière les rideaux
Il ne faut pas aller trop vite
Crainte de tout casser en faisant trop de bruit."


"Les lampes s'éteignaient derrière les rideaux. Il ne faut pas aller trop vite
Crainte de tout casser en faisant trop de bruit."

L'instant a la magie fugace des battements d'ailes de papillons bleus. Ceux qui ne vivent que l'espace nécessaire à la confidence du mystère. Trop souvent j'avais voulu briser le silence que je croyais inutile, alors qu'il est le souffle impalpable d'un essentiel qui ne se dit pas mais se devine.


Elle est belle dans sa retenue qui traduit l'inquiétude du risque de plaire. Les jambes croisées elle s'accroche à son verre et une cigarette qu'elle a allumée sans jamais la porter à ses lèvres. Elle est comme toutes les autres ! Je suis comme tous les autres ! Des noctambules qui espèrent terminer la nuit de manière agréable.

Le bar de nuit est un lieu de méprise. On y cherche l'attachement provisoire pour mieux se déprendre d'une vie sans but véritable. On y vient prendre un verre, prendre une femme, prendre la vie, mais on ne prend rien du tout, sauf peut-être, parfois, une gifle.

Suis-je vraiment de ces hommes-là ? Je croyais ne jamais le devenir. On ne cesse de se tromper sur soi-même.
Ce soir je ne désire rien d'autre qu'un peu de vérité. Rien qu'un peu. Une nuit authentique avant que ne meure le papillon bleu.
Soudain s'impose que tout va dépendre de la minute suivante. Tout l'avenir. Une fulgurance me traverse le cerveau. Ce sera pile ou face. Jour ou nuit. Ivresse ou détresse. Toujours ou jamais.
Pensée idiote.

Alors elle lève les yeux vers moi. Les plante dans les miens. Je vois dans son regard de la détresse et de la haine. L'espace d'un instant j'ai le désir de l'aimer. Alors ses lèvres s'entrouvent, dans un souffle  elle murmure :
— C'est 300 €. Je préviens, je suis un travesti.

Alors ma main s'ouvre. En tombant, mon verre s'est brisé comme un éclat de rire.


dimanche 5 mai 2019

Nuit du 4 au 5 mai 2019

J'ai fait un rêve marquant. On était un groupe. Nous échangions d'une manière forte, passionnée et j'en ressentais tout le bonheur. La plupart des présents étaient des inconnus. On se connaissait toutefois depuis bien des années, tout en demeurant jeunes. La seule personne de ma vraie vie était un homme. Une pierre blanche de mon existence. Je lui dois de m'avoir permis un virage fondamental qui a contribué à mon accomplissement.
Curiosité : dans le rêve  il apparaissait comme quelqu'un que je n'avais rencontré que récemment, et pourtant nous étions en grande osmose.

Le moment était important. Se préparait un tournant de vie individuelle et collective.
Il était question de « tout changer ».
Sauf qu'on ne refaisait pas le monde pour la n'énième fois. 
Cela ressemblait à ces temps des * Paroles–engagement*. Rien à voir avec les promesses et vaines espérances des nuits de délire dans la bière et les mégots au temps de nos jeunesses…

Cela avait un goût de libération effective. Au sens d'un « déjà-là »
On cessait d'être en attente et en dépendance « des autres/autorités/pouvoir politique/etc.… ». On allait se prendre en main. Il y avait un goût fort de nos destins par nous-mêmes. Une dynamique, de nouveautés, de libération et de respiration.
« Tout changer » cela voulait dire une révolution personnelle, une volte. Un collectif contrecarrant l'échec de l'individualisme.
Une porte s'ouvrait sur le grand large, les grands espaces, la montagne, l'air pur,…

Je me suis réveillé heureux.

Il n'y eut pas de  pénible retombée sur terre, lorsque s'enfuient les lambeaux des rêves et que la réalité se fait de nouveau présente.
 Non.
Le signe intérieur était là. Je l'attendais, il se manifestait.

J'ai dit à ma compagne de vie :
— j'ai fait un rêve prémonitoire !
— Décidément, tu m'étonneras toujours… répondit-elle.



 Je finissais par oublier un essentiel :
L'intériorité est ma boussole. 
L'intériorité m'indique la route.

 À moi de la prendre ou non.
 C'est l'enjeu de ma liberté.

Mais en aucun cas le « je » ne pourra posséder l'aptitude à être la boussole. Le « je », d'une manière dite un peu abrupte, n'est capable que de se comporter : soit serviteur heureux de servir, soit tyran faisant mon malheur.

La boussole intérieure est le seul guide sûr. Le seul.
Mais ce guide ne dispose d'aucun pouvoir. Aucun.
C'est sa chance, et sa limite. Tant mieux !
Le choix est offert à chaque instant.
C'est ma liberté et ma responsabilité.

Demain est un autre jour si j'en prends la responsabilité.
Quand bien même aurait-il les apparences de ressembler à hier.
L'apparence cache toujours le vrai.





vendredi 26 avril 2019

… Cinq minutes avec toi.

Je complète le titre d'un billet de Pastelle « A m'asseoir sur un banc… » (qui évoque une chanson de Renaud), parce que ses photos ont eu sur moi un pouvoir évocateur auquel je ne m'attendais pas.

Tout à coup surgit l'importance que les bancs publics ont eu dans ma vie.  Le lointain débute avec la chanson de Brassens (les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics,... bancs publics…)  entendue dans mon enfance et qui me semblait à la fois extraordinairement transgressive et incroyablement affectueuse.
Puis, le banc du square sur lequel ma mère s'asseyait pour me regarder et me surveiller  jouant dans le bac à sable public, où le solitaire apprenait maladroitement à jouer quelque peu avec d'autres enfants que déjà il ne comprenait guère.

Les bancs de l'école ne me laissèrent que des mauvais souvenirs. Frayeurs du paresseux congénital (selon l'expression d'un instituteur) qui attendait,  figé,  la sanction–punition qui n'allait pas tarder à tomber. Et elle tombait.

Et puis il y eut ce jour où tout a basculé.
Aucune autorisation de s'asseoir sur aucune chaise, aucun banc. Allongé et sanglé sur le ventre, telle fut ma position durant deux ans. Sauf exceptions, comme l'histoire du verre d'eau (pour ceux qui ont lu « Le passage se crée »).

Lorsque j'ai retrouvé ma (partielle) liberté physique, que le canard est redevenu plus agile, qu'il se lançait des défis, comme prendre le tramway seul, et revenir à pied avec ses cannes. Il repérait les bancs publics sur le trajet (il y en avait encore beaucoup en ville), là où il pourrait faire une pause sur le chemin-défi du retour .C'était son trek à lui. il l'avait inventé alors que le mot n'existait pas encore… Cela lui demandait un effort conséquent. J'ose dire méritoire. Mais il n'y avait pas encore des Smartphones pour le filmer et le diffuser sur les réseaux de l'orgueil social.
J'ose cependant en garder une certaine fierté personnelle.

Par la suite, durant des années, je ne le réalise qu'à l'instant, (ça devait être tellement intégré en moi), j'étais sans cesse à la recherche des bancs publics qui m'offriraient une pause salutaire et nécessaire pour reprendre force. Combien de temps suis-je resté sur certains à contempler ce qui se passait autour de moi. Oui, contempler, pas seulement regarder passer le temps et les gens.

Dans un certain endroit du Poitou que je fréquentais plusieurs fois dans l'année, j'avais repéré un banc sous un arbre au milieu de nulle part et je m'y rendais comme on va auprès d'une source. Un banc de ressourcement.

Enfin je citerai quelques « bancs de liberté ». Ceux sur lesquels je me suis assis et qui m'ont fait le cadeau d'un agrandissement de mon espace de liberté intérieure. Le banc du Poitou que je viens de citer, un banc sur l'esplanade de Lourdes, un banc dans une petite chapelle romane.

Cela paraîtra peut-être surprenant, mais tout cela a resurgi un peu en vrac en regardant les photos de ce billet. Je viens de tenter de séparer quelques strates brutes de cette vision d'un instant.

Aujourd'hui, la plupart des bancs publics se meurent. Les nouveaux arrivés ont des dispositifs « anti SDF ». Comme cela les Zhandis se sentent moins seuls d'être des rejetés sociaux…

Je termine avec un photomontage réalisé il y a plusieurs années et qui dormait dans mon ordinateur.

Je comprends à  l'instant, peut-être un peu, pourquoi je l'ai faite…

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