Pages

Affichage des articles dont le libellé est vous avez dit bonheur ?. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vous avez dit bonheur ?. Afficher tous les articles

lundi 15 décembre 2025

Noël ? Pour vivre quoi ?



« Les fêtes de fin d'année » voilà l'expression ce que l'on entend désormais le plus souvent. Dans mon enfance on fêtait « la naissance de l'enfant Jésus », dont le sommet était la participation à la « messe de minuit », durant laquelle montait mon impatience, car je savais qu'à ce moment-là « le petit Jésus » viendrait déposer mes cadeaux au pied de la cheminée. On y laissait une carotte et un navet pour son âne. (Celui qui l'avait amené jusqu'à Jérusalem). Au retour chacun déballait son cadeau, un et un seul, puis on mangeait le « pain gâteau » confectionné par mon frère avec mon aide modeste. La seule nuit où on avait le droit de se coucher très tard.

Bien sûr la magie de tout cela a disparu l'année où on se moqua de moi à l'école parce que « je croyais encore au Père Noël ». Ma mère  m'expliqua le pourquoi du comment, que j'étais devenu « un grand garçon ». C'était très bien. De ma déception naquit une fierté.

Me voilà septuagénaire, le souvenir de cette époque apparaît comme une bienfaisance de l'enfance. Quel terrible contraste face au spectacle affligeant de la consommation effrénée qui ne cesse de gonfler et finira un jour dans une explosion dévastatrice.

Noël, littéralement, signifie la naissance [dies natalis : jour de naissance]
25 décembre : fin de la nuit la plus longue. Retour progressif de la lumière.
Célébration de la naissance du Christ pour les chrétiens — célébration du retour de la lumière pour certains et fête de la grande bouffe pour d'autres. Bien souvent, l'alcool aidant,on s'engueule pour tout et pour rien, pour la poularde trop cuite, pour la politique en France, forcément déplorable,  et vivement l'extrême droite au pouvoir. Faut bien essayer la dictature, pour voir ce que c'est ! Ou alors, vive la liberté de faire n'importe quoi et d'emmerder son voisin. Supprimons la police mais gardons la cocaïne. Enfin bref, on finira de toute façon par se quitter fâchés… et rendez-vous à Noël prochain !

Dans mon cabinet de consultation, en janvier je ramassais à la petite cuillère les dégâts des [soi-disant] fêtes qui avaient viré au cauchemar, et on ne savait même plus comment vraiment c'était arrivé, ni qui avait commencé… heureusement j'avais fait le renouvellement des boîtes de mouchoirs en papier !

Et pour moi ?
Ce sera exactement le renouvellement du sens premier : fêter le jour de naissance.
— La mienne d'abord, puisque je suis né un soir de 24 décembre ! Plus tard, après mes 12 ans, fêter le commencement d'une renaissance. Et là s'imposent des pensées pour celles et ceux qui y ont contribué. J'ai eu souvent l'occasion de les évoquer.

— Ensuite,  la naissance de l'amour pour celle qui est devenue mon épouse pour toujours. Aujourd'hui nous pensons l'un et l'autre qu'une lumière nous fut donnée et qu'elle est comme celle de la flamme d'une bougie que l'on transmet à d'autres pour constituer une chaîne lumineuse dans la toute petite humanité où nous sommes en transit.

— Et encore le jour de naissance de chacun de nos enfants, reçus comme des promesses d'accomplissement.  Maintenant qu'elles approchent de la cinquantaine, je me réjouis de la chaîne de transmission positive que je vois vivre à l'échelon de mes petits-enfants. Suis-je justifié de m'en réjouir ? En tout cas j'admire ce que ma descendance accomplit. 

— Le cadeau de pouvoir nous réunir en famille plusieurs jours pour vivre et partager la joie d'être ensemble, car, ainsi en est-il de la génération d'aujourd'hui, chacun s'éparpille sur la planète. Certains feront plusieurs heures d'avion, de train ou de voiture pour être là.
J'en espère des jours lumineux. Que chacun apporte sa lumière intérieure, la laisse vivre. Le temps s'écoulera dans la joie simple, comme nous l'avons déjà vécu  de précédentes années.

Enfin , je me tourne vers toutes celles et ceux, connus et inconnus, qui traversent des épreuves, des ténèbres personnels, et j'en connais dans mon entourage proche.
 Les victimes de toutes sortes, des guerres, des violences physiques, les femmes particulièrement. Et puis toutes les autres crapuleries à travers le monde en particulier celles de l'ombre que l'on crée ou entretient, parce que c'est là, à l'abri des regards, que l'on peut agir impunément.

Mais  la lumière rejaillira toujours jusqu'à ce que vienne « le jour de clarté »
celui que chantait Graeme Allwright en 1968



lundi 7 octobre 2024

La fin d'une histoire.

 194ème Devoir de Lakevio du Goût



De fait, quel sens donner à cette toile ?
Qui part ? Elle  ? Lui ? Eux ?
Revient-elle ? Part-elle ?
Qui est la silhouette derrière la fenêtre ?
Celle qui fait partir ou celle qui fait revenir ?
Et qui doit partir ou revenir ?

-------------------------------
Liminaire personnel :
Richard Tuschman, auteur de l'œuvre, est un artiste intéressant, photographe s'inspirant de grandes œuvres de la peinture, qui maîtrise son immense travail de prise de vue et d'éclairage sophistiqués, associé à un grand art de l'utilisation de Photoshop, pour raconter une histoire ou pour nous inviter à en inventer une.
Alors… essayons d'inventer… tout en restant dans la dynamique de l'œuvre qui, d'après l'auteur,  met en scène une séparation…


--------------------



Depuis la fenêtre, Jacqueline regarde Mélanie partir, valise à la main, avec son éternel imperméable qui lui donne des allures masculines malgré une chevelure abondante qu'elle ramène sur le cou. Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'elle en a parlé à Gérard, qu'elle a attiré son attention que ce n'était plus « comme avant » et que ça finirait un jour comme ça.

Gérard est descendu avec Mélanie jusque dans la rue. Il y a toujours un ultime espoir. Il faut y croire, se plaît-t-il à répéter souvent. L'optimisme désespérant de Gérard ! À trop vouloir croire au « tout va bien », on finit par ne plus percevoir la réalité telle qu'elle est.

Cela fait deux ans. Deux ans de vie commune à trois. Deux ans d'utopie à espérer qu'advienne ce partage total, cette symbiose magique à laquelle ils croyaient parvenir. Le doux pays des rêves. Mais dans leur for intérieur aucun des trois ne se leurrait, sauf Gérard peut-être.

Les débuts furent merveilleux, bien entendu. Tout leur entourage les enviait, surtout qu'ils avaient l'art d'improviser en public leur magie fantasmée et de transformer les plus belles banalités en expériences grandioses dans tous les domaines. Et puis l'effroyable routine a fini par venir les visiter, les envahir, squatter toutes les pièces et surtout la chambre à coucher commune et ce grand lit pour trio. Après les extases merveilleuses, la fusion des corps, le sublime apparent, le poison de l'habitude a fini par s'installer. Les mêmes scénarios, l'ennui qu'on garde pour soi, et puis le silence, l'absence de mots, la réduction aux gestes et la tristesse qui poisse.

Jacqueline voit Mélanie se retourner vers Gérard. Une vague lueur d'espérance passe devant les yeux de Jacqueline. Et si jamais… Malheureusement Gérard reste immobile, main dans les poches. Le réalisme vient-il de le figer sur place ? Redescend-t-il sur terre ? La Réalité aurait-elle pris place dans son cerveau ?

Jacqueline quitte la fenêtre. Elle s'assied sur le bord du canapé, coudes sur les genoux serrés, la tête dans les mains. Elle pleure.

jeudi 15 août 2024

Un monde apaisant

Un rêve dans lequel  je me laissais emporter cette nuit alors que la chaleur ne quittait pas la chambre, et ce corps qui ne sait plus ce qui lui convient. Lourd un corps comme le mien lorsque la chaleur le rend si peu mobile. Il démissionne face à l'effort.
L'esprit vagabonde, s'en va visiter des ailleurs qui ne sont pas. Et pourquoi pas envisager un monde apaisé un monde qui a enfin trouvé son aspiration la plus centrale : la paix. Pas l'absence de guerres et de conflits, ça ce sont toujours des armistices, du provisoire pour préparer la revanche. Chaque traité de paix signé comporte les ingrédients de la prochaine guerre. L'attente se nourrit de  l'heure de  l'ultime vengeance. Ce mythe de la « lutte finale » et demain un autre genre humain… mais demain sera un autre jour aussi belliqueux qu'avant-hier, puisque de tout temps on n'a jamais cessé de  fabriquer des armes. « Si vis pacem, para bellum » (si tu veux la paix passe par un bel homme parodiait un de mes amis…)…  Bah voyons ! D'ailleurs ce mécanisme bien rodé est la base économique du capitalisme mondial : la WorldCompagnie se doit d'abord  de tuer la concurrence.

 Même les J.O. sont contaminés. J'entends encore les tribunes en délire pour la gagne « aller les Bleus ! »… La France doit vaincre les adversaires de tous les autres pays. Mais on a beaucoup perdu ! (Ça, la télé d'État ne le dit pas). Cependant, déclare un nageur olympique  : « On travaille pendant quatre ans et puis en 30 secondes, c'est terminé. On a perdu, on ne sait plus où aller, et même qui on est. ». Va leur falloir un suivi psychologique, comme ceux qui reviennent de guerre… Pauvres enfants de la patrie ! Le jour de gloire a foutu le camp !
J'ai fait partie du délire général. J'ai vibré devant le jeune français  à lunettes qui a niqué les Chinois au ping-pong. Et autres compétiteurs étrangers qu'on a délicatement invités à aller se faire voir… chez les Grecs !  Fermez le ban. Aller : la suite !

Un monde apaisant pour moi c'est tout autre chose. C'est d'abord un apaisement venant de l'intérieur comme un don qui est fait. Un don d'origine, un don de relations que possède déjà l'embryon, comme le démontrent aujourd'hui les neurosciences. Un don qui donne le sentiment d'une paix accessible, malgré un état de fragilité comportant des risques. Un monde apaisant se nourrit de contemplation et de manne spirituelle.

Et peut-être plus sobrement et simplement de simplicité, d'abandon et de confiance.
Cette paix n'a jamais été et ne sera jamais imposée par la violence, la domination. Elle ne peut pas être une paix armée comme nous le croyons en adoptant « l'arme de dissuasion ». Les armes sont une offense à la réalité humaine comportant le potentiel d'une naissance de paix offerte et qui réside en nous comme « l'origine et l'aboutissement ».

Malgré les avancées en humanisation, fruit du combat (un combat n'est pas la guerre) pour des droits humains, des forces contraires s'efforcent par tous les moyens de nous faire oublier nos origines ontologiques, et de nous convaincre que l'aboutissement serait le  triomphe par la Domination, comme absolu ultime.

Mais pour cela il faut opter pour « un autre monde ». Il y a très longtemps, un homme de Galilée disait : «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s'alarme point » . Mais, cet homme, comment la laisse-t-il entre nos mains cette paix ?
C'est passionnant de chercher ce qu'elle EST. Il n'impose rien et nous laisse découvrir. C'est quand même plus stimulant que les réponses toutes faites des « yaka-focon » de service.









dimanche 26 mai 2024

Des Humains


Je dédie cette chanson à quelques personnes de mon entourage, (hommes et femmes), qui méritent bien de s'y reconnaître quelque peu.
Dans cette chanson, le mot « homme » signifie pour moi être humain, homme ou femme.

La vie s'épelle en peu de pages qu'il faut tourner
Y a comme dans mon corps une alarme, comme des tambours damnés
Et leur musique, leur vacarme me fait chanter





lundi 1 avril 2024

Passion

Aucune description de photo disponible.


 Dévorez les fruits de vos passions
Ceux que vous avez cueillis avec raison
Procurent d’intenses sensations

 

vendredi 15 mars 2024

Le monde, c'est fort en chocolat !


« Être le plus fort ! », c'est une option

Lorsqu'on s'habille de cette chimère on se met aussitôt en état de faiblesse, puisse  que c'est inatteignable et que si on arrive à s'en approcher, ce n'est que provisoire car un autre« plus fort » guette toujours dans l'ombre.


Et pourtant, être ou devenir le plus fort, c'est ce qu'on n'arrête pas de nous vendre de jour comme de nuit. À l'école être le premier demandent les parents, au sport être le champion réclame l'entraîneur, en entreprise être le plus performant, au-dessus de la mêlée, exige le patron, au lit être sexuellement endurant, (les dames aussi). Quant à l'amour il ne peut qu'être grand et fort, and so on…


« Être soi, pleinement soi, rien que soi », c'est une autre option

 Devenir soi, une proposition dès l'origine, mais en quelque sorte c'est livré en kit. Tout est là, mais tout est à faire. L'aventure d'une vie en quelque sorte, toutefois  sans garantie d'y parvenir totalement, car nous sommes constitués vulnérables, ontologiquement. Et ça c'est assez difficile à accepter. Enfin moi  ça m'a pris du temps.

Beaucoup de gens pensent que pour réussir il faut être le plus fort, si possible invincible, indéboulonnable. Sur la plus haute marche , là où personne ne pourra vous abattre.

Nous croyons que nous pouvons tout. Même si on prétend souvent le contraire. On en fait même les slogans du genre « c'était impossible c'est pourquoi ils l'ont fait ». Ce mode de pensée se rencontre à tous les niveaux, depuis l'enfance jusque tard dans la vie, du boulot jusqu'a la maison de retraite, des campagnes de pub jusqu'aux campagnes électorales. Et de plus et en général c'est souvent un mode normal de tromperie que là serait la normalité commune. 


La puissance de vie qui réside en nous,  nous ne l'avons pas fabriquée dans nos usines. Elle est tout simplement donnée par la Générosité de La Vie. Chacun peut la personnaliser, la personnifier, s'il le souhaite. Lui donner « un nom ». Fabriquer une divinité est le fonds de commerce des religions. Autrement dit la Vie on la  reçoit d'ailleurs que de nous-mêmes. Fort heureusement, car si c'était en notre pouvoir de la fabriquer, très vite on ne ferait que des horreurs déshumanisantes. Il n'y a qu'à voir tout le baratin délirant du « transhumanisme » supprimant le vieillissement et la mort. On nous promet le pouvoir de s'emmerder éternellement sur terre : quel merveilleux programme ! De la Vie généreuse nous recevons tout. Nos forces et nos possibles réels mais limités. Il nous faudra bien réaliser que la vulnérabilité est une caractéristique de notre condition humaine. Nous sommes tributaires de phénomènes qui nous échappent et à commencer par notre venue au monde. Ajoutons les événements, les autres, notre inconscient, les environnements non maîtrisables etc. etc.

On pourrait résumer :. Fort et vulnérable voilà notre condition. On peut aussi affirmer qu'on dispose de « la force des vulnérables ». 


Cette puissance de la vie qui nous habite et nous fait entreprendre, ça fonctionne. Nous traversons les épreuves, on se remet debout, on poursuit la route. Cependant on peut être rattrapé par les illusions que ça va durer, qu'on s'en sortira en toutes circonstances, parce que la toute-puissance est un fantasme auquel on aime s'accrocher.

Sauf que c'est une bouée crevée.

Ma kiné me raconte que sa fille revient des sports d'hiver avec un genou en compote suite à une chute. Elle en aura pour plusieurs mois à s’en remettre. Elle dit à sa mère : — « Je comprends pas, je suis hyper performante en ski, donc je ne devais pas chuter ! »

Voilà, elle aussi se croit invulnérable…


Pour accueillir ce réel de notre vulnérabilité il faut tout autant accueillir et cultiver la force de vie qu'accepter de s'ouvrir à cette autre réalité : la vulnérabilité. Solide et vulnérable à la fois ça nous rend beaucoup plus humain. Empathiques envers les autres, vivants à leur égard plus de gratitude que de griefs et ressentiments. Parce que eux aussi sont semblables à nous-mêmes. Avec comme nous leurs possibles et leurs limites. Et la bonne intelligence relationnelle consiste à opter pour la complémentarité solidaire. Sinon on continuera à se faire la guerre à tous les niveaux pour vouloir être toujours les plus gagnants et les plus invincibles face à la toute-puissance de l'autre qu'il faut abattre.

En continuant ainsi, on finira forcément par disparaître tous !


—————



Document pédagogique dans une école

C'est moi le plus fort : Un loup évidemment !





Côté Version féminine

«Le plus fort c'est mon boss »…

... Bien entendu !


mercredi 15 novembre 2023

Réconciliations


Parfois je me demande si ce n'est pas là un essentiel dans la vie : aller de réconciliations en réconciliations, comme une sorte de petit secret de bonheur.

— Réconciliations avec soi-même et son histoire
— Réconciliations avec son environnement humain d'hier et d'aujourd'hui
et de fait les deux se mêlent et s'entrecroisent.

Malheureusement souvent on est dans l'affrontement et la bagarre. Et parfois la guerre. On m'a souvent répété dans mes jeunes années : « Dans la vie il faut se battre ». Mais contre quoi exactement ?
Je crois que beaucoup de choses se mettent à changer quand on dépose les armes. C'est ce qui m'est arrivé au temps des tempes blanches.

Quand je balaye un peu mon parcours personnel sous cet angle, je m'aperçois que c'est l'une des attitudes qui m'a apporté des satisfactions et du bonheur : la recherche de pacification. Même si j'ai mené des combats dans plusieurs domaines.

On en sort vainqueur si on est à même de laisser s'installer en contrepartie la paix intérieure en ce lieu de repos que j'appelle (avec quelques-uns) : le Royaume intérieur. Celui dont un autre parle à sa manière, bien plus puissante que la mienne. Vous avez dû en entendre parler : c'est Jésus de Nazareth. Ce fut un combattant pour l'amour et la vie. Ce type que l'église chrétienne, qui prospèrent par l'exploitation du fonds de commerce de la trouille généralisée à coups de terreurs, et d'horreurs, a choisi de nous le présenter faussement depuis des siècles comme le fils d'un dieu sanguinaire et vengeur qui plutôt que de nous aimer voudrait, paraît-il notre peau comme s'il était un tueur d'ours.

Ça vaut la peine d'aller « connaître en direct » ce pacificateur qui vivait y a plus de 2000 ans.
Les quelques-uns d'entre vous qui connaissent mon autre blog savent la manière dont j'en parle.
Et tout dernièrement justement, à propos de réconciliations.

C'EST ICI (CLIC)

mardi 29 août 2023

37°2 à l'est


Alors donc si vous voulez quelques éléments du contenu de mon bonheur,  en voici un  :


Un temps de silence auquel je laisse la place, fauteuilroulanté (*) le matin sur ma terrasse face à la pelouse qui ressemble de plus en plus à une prairie. Et puis quand je suis bien rempli de celui-ci, durant une vingtaine de minutes j'en goûte la saveur, puis le laisse s'en aller. Et parfois j'écris quelques mots :

En voici, sans correction, dans le mystère de leur banalité.




Toute la lumière du monde dans une perle de rosée

Dans ses yeux toute la clarté  de l’amour

Dans son cœur toute la tendresse de l’univers

Sur le grain de sa peau la douceur de l’intemporel

Dans le ciel bleu quelques nuages blancs s’amusent à dessiner le bonheur

À défaut d’abeilles au loin la ville bourdonne

Une pie voleuse prend la clé des champs

Passent des cigognes en clappant leurs au-revoir

L’été fait de même

Et à l’année prochaine


------------------




(*) fauteuilroulanté : confortablement installé dans mon fauteuil roulant électrique, position grand confort.



jeudi 20 avril 2023

Et le prix de la meilleure photo est attribué à…

 


Au photographe allemand Boris  Eldagsen. Il a remporté le prestigieux prix international du « Sony World Photography Award 2023 » avec la photo suivante intitulée   «Pseudomnesia: The Electrician » ("Pseudomnésie : l'électricienne) 





Toutefois, il a refusé le prix en indiquant que la photo n'était pas de lui, mais résultait d'une fabrication par une intelligence artificielle. Ce sont deux femmes de générations différentes, sans doute la mère et la fille, qui a priori ont une trouille monstre.


. Dans la réalité, je veux dire dans la vie réelle, ces deux femmes n'ont aucune existence, elles ne sont jamais nées, et a fortiori n'ont pas pu mourir. Elles sont juste le produit d'un assemblage d'octets puisés dans des milliers d'autres photos réelles ou déjà artificielles, on ne sait pas.


Aucun membre du jury n'a remarqué que la fausse vieille à gauche, artificiellement fabriquée, avait l'auriculaire particulièrement long… trop long…


Pour ma part j'ai ma petite idée : ce sont deux personnes que nous avons croisés à la télévision il y a pas mal d'années dans « Les envahisseurs » avec le célèbre David Vincent qui les avait vus débarquer une nuit, avec leurs drôles de petits doigts !

 Hé bien, ils sont toujours là ! En voici la preuve !


Nous allons vivre l'aventure extraordinaire de l'envahissement du tout artificiel toujours et partout. C'est génial !





mercredi 13 juillet 2022

Les deux sapins (2)


 

Des  signes de l'incessante fécondité



Il y a à l’intérieur des deux sapins, des branches mortes parce qu’elles ont rempli leur rôle, et il convient de voir les traces du passé qui leur ont permis de croître.

On voit les branches qui ont terminé leur mission et que l’on dit morte. Mais le sont t’elles ?

 Les supprimer serait une faute. Elles sont indispensables à l’ensemble. Elles ont concouru à la réussite de l’aventure du développement.


Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie. L'intérieur des arbres est un abri accueillant.

Il y a des nid d’oiseau, des insectes, tout un petit univers grouillant.

Ce qui est mort devient nourriture pour de nouvelles vies.


Plus les années passent plus la nature m'enseigne sur qui nous sommes en son sein. L'homme s'est toujours pensé comme le centre de tout. Tout devait graviter autour de lui. Une petite planète comme la nôtre centre de tout l'univers…


Malgré tous les progrès de la science et les connaissances nouvelles, nous continuons à nous espérer le centre et en tout cas, au quotidien, nous ne cessons de nous comporter comme s'il en était ainsi effectivement.



C'est tellement plus simple quand on s'abandonne en confiance à l'immensité et que l'on consent en être une parcelle infime et vivante d'éternité. Une parcelle du bonheur éternel en quelque sorte. 

Le reste est prise de tête !


jeudi 7 juillet 2022

Bonheur ?


De convention expresse, il est précisé que les chroniques estivales sont en roue libre. Aucune dérogation à ce principe ne sera tolérée.

-----------------------------

vous avez dit bonheur ? Demanda Rosa.


(On remarquera un titre dans le pur style « le goût des autres ».)



Estival et bonheur, ça devrait aller ensemble.

Estival et lecture, il convient qu'il en soit de même.


Cédant à la pression de ces principes je me suis mis en quête de retrouver le bouquin de Alain (pas moi) : « Propos sur le bonheur ». Je pensais l'avoir égaré, non pas le bonheur, mais le livre d'Émile Chartier. Les seuls tout un chacun qui me suivent avec une régularité de coucou suisse, savent parfaitement que dans le nom de plume de cet homme s'origine mon pseudo. Cherchez par vous-même et vous trouverez l'endroit où j'explique la chose en large et surtout en travers.



V'là-t-y pas que j'retrouva l'objet livresque avec joie, telle que j'en ai fait l'acquisition en 1962, comme un bon adolescent qui cherche sa route vers icelui. À cet âge là on croit encore que tout se trouve au bout du chemin. Bonheur d'un livre qui sent la bonne moisissure ! Surprise pour moi qui n'est pas le fétichisme des bouquins.

(Les historiens de la graphie livresque ne manqueront pas de souligner que le titre est tout en minuscules : c'était la grande mode à l'époque)


Je feuillette par le début et  m'arrête page 13, où j'ai souligné :

« (…) il y a plus de volonté qu'on ne croit dans le bonheur ».

Et voilà !

C'est l'ado déglingué que j'étais qui a souligné ça il y a 60 ans. Ça fait 60 ans que je déroule cette phrase sans en avoir conscience.


La couverture dans l'édition de 1962 explose de rouge.

Ma vie est un jaillissement rouge.

On n'y trouve toutes les symboliques de cette couleur. La vie et le sang. La souffrance et la vie renaissant. Le bonheur blanc coloré.

Le bonheur comme le fruit de la volonté d'exister pleinement.

C'est encore plus simple que je ne le pensais.

Un jour à savourer.


-----------

«On dit communément que tous les hommes poursuivent le bonheur. Je dirais plutôt qu'ils le désirent. Car le bonheur n'est pas quelque chose que l'on poursuit, mais quelque chose que l' on a. Hors de cette possession il n'est qu'un mot. » (Émile Chartier dit Alain)


jeudi 21 avril 2022

Résistance



Autour de moi, que ce soit mon entourage de chair et d'os ou ce monde tout aussi réel  derrière mon écran, je perçois parfois comme une sorte de dessaisissement de soi-même, un relâchement, parfois une résignation, un détachement, une sorte « d'à quoi bon puisque… » et on n'est pas loin d'ajouter : «… puisque rien ne vaut ».


Il est probable que je sois sensible à cette perception, puisque moi-même je me sens par moment effleuré par un dessaisissement, qui, si je n'y prends garde finirait par la terrible tentation de jeter l'éponge et cesser le combat.

Quel combat ?


Le combat d'aimer, d'aimer la vie,  la désirer avec obstination, persévérance et foi en sa victoire permanente et ses reconquêtes sur l'adversité, le malheur, et le pire que l'on croit devenir définitif pour nous.  Et cependant nous avons bien souvent tout autant l'expérience que quoi qu'il arrive, la vie triomphe à la fin, à chaque fois.


Comment oublier ce qu'il en est de la mienne.

« Victorieux de l'impossible », mes lectrices et lecteurs fidèles de mes livres ou de mes écrits savent à quel point ce blason est gravé dans ma chair, pour des raisons que j'ai longuement explicitées dans le passé. J'ai planté cette maxime comme un étendard sur mes terres intérieures, représentatif de mon parcours de vie. Témoignage d'une existence qui n'a rien inventé. Reçue  de l'expérience où il arriva que, d'une infinie détresse désespérante, finit par rejaillir une force non pas invincible, bien au contraire, mais parce qu'elle est tressée avec ma vulnérabilité, elle me permet de traverser les périls de ma petite existence.


Alors il faut que je sois attentif, prudent et aux aguets, si ce n'est méfiant, face à ce terrible envahissement environnemental d'une forme de nihilisme destructeur, bien plus dangereux que le réchauffement climatique, dont on voudrait nous faire croire que la seule issue consiste à ouvrir la porte  à la destruction finale, qui adviendra par le désenchantement généralisé. 


Anne Deval - Antigone (terre cuite)


Face à cela il me faut redoubler d'attention, car la contamination est sournoise, organisée, programmée et nous en serons victime si on n'entre pas en résistance contre cette aberration dévastatrice et destructrice de l'humanité en son essence originelle.


Il s'agit d'une résistance par l'intérieur de soi-même en développant les antidotes qui sont là, tels que : la confiance, la foi en  l'être réactif et résiliant que nous sommes chacun. La foi en soi-même  et en ses possibles, rejoindre une zone de  solidarité active, en s'associant  avec les audacieux du bonheur pour construire tout autrement que les ersatz de pseudo-bonheur consumériste vendu en magasin à prix d'or. L'objectif étant de nous piller notre identité profonde et libre et nous enchaîner à leur système.



Si on ne fait rien ils y arriveront très bientôt.

Résistance et mise en œuvre de moyens neufs porteurs d'avenir et d'espérance.

À chacun de s'y engager. Rien ne viendra « d'ailleurs » que de nous-mêmes. 


mardi 1 mars 2022

Mais qui donc sommes-nous ?

En ces temps troublés par une pandémie mondiale et une guerre en Europe, nous ne pouvons que nous poser des questions centrales sur l'identité profonde d'une humanité face à des périls qui ne sont pas de la rêverie ou de la simple spéculation, puisque les voilà installés dans nos vies.


Force est de constater qu' Être c'est appartenir ontologiquement à toute la collectivité humaine, ou choisir de résider dans le Rien.

En quelque sorte « être ou ne pas être ».


On ne peut pas être sans appartenir. Les humains se sont toujours rassemblés autour de la perspective d'un destin commun, estimé meilleur demain qu'aujourd'hui. Y a-t-il quelque part une définition du « meilleur pour tous » ? Cela fait pas mal de siècles qu'on cherche désespérément en  s'entre-déchirant pour savoir quel  est le « meilleur parmi les meilleurs dans le but forcément altruiste de l'imposer aux autre. Toutes les tentatives hégémoniques ont échoué. Mais on préfère occulter ce réel et continuer à s'étriper  pour s'imposer.

 Des individualités ne cessent d'affirmer : « le meilleur pour tous, c'est moi ». Un russe  fait la vedette à ce sujet actuellement.


Un type d'une autre trempe a proposé il y a plus de 2000 ans un programme pratique pour découvrir le chemin d'un Ailleurs-Autre, qui commence par une révolution intérieure personnelle. On découvre alors un Ailleurs--Présent immédiatement si on le choisit. Pas besoin d'attendre que demain on rase gratis. C'est là, au fond du cœur de l'homme, une Présence permanente, qui existe à travers les âges. Elle  réside en moi, à l'instant où j'écris, comme elle peut l'être en quiconque. Je la ressens à la fois vivante et silencieusement parlante.


Cette Présence est une puissance transformatrice et bénéfique, en même temps que vulnérable, mais la vulnérabilité est aussi sa force. 

Ce programme pratique est universel et de nombreuses personnes — souvent dans l'ombre —  ne cessent de s'en inspirer de mille et une manières.


 Il est vrai qu'à l'inverse des démolisseurs sont toujours à l'œuvre. Faudra-t-il les laisser nous proposer de mourir dans leurs décombres ? Ou les inviter à la table de négociations pour traiter d'une mutation bien plus intéressante et féconde, que sans cesse guerroyer ?

Seulement voilà : vont-ils s'y présenter ? Entêtés qu'ils sont dans leur errance ! 


samedi 5 février 2022

Le futur au présent.

  

Parfois je me demande pourquoi je continue à lire des choses qui ne m'intéressent guère. Pourquoi j'alimente certains débats dont je n'ai pas grand-chose à faire. (Pour ne pas dire dont je n'ai rien à foutre…). Pourquoi je perds mon temps que j'estime désormais si précieux, vu mon espérance de vie qui s'amenuise de mois en mois, à m'éparpiller loin de l'essentiel avec le risque de me dissoudre.


J'en suis encore à confondre la valeur de ma volonté, cette amie qui m'accompagne depuis l'épreuve qui me fit sortir prématurément  de mon enfance pour être adulte avant l'heure, et l'entêtement inutile dont je sais encore faire preuve. Comme si j'avais encore ce besoin ridicule pour subsister. À mes heures je  suis encore l'idiot qui s'en va camper dans le triste pays d'Absurdie.



Le temps s'en vient d'un sérieux retour au lieu intérieur du profond de moi qui s'ouvre sur l'immensité du Royaume Peut-être ai-je enfin atteint la maturité pour en ressentir toute la douceur infinie de l'éternelle Présence. Cet « au-delà » est en réalité un « en-dedans », accessible à ceux qui en connaissent le chemin.

Certains parlent de métapsychologie, de la réalité de « l'au-delà du moi » qui amène plus loin que la conscience habituelle connue, vers une dimension de soi-même présente mais simplement endormie. Probablement parce que la plupart du temps nous nous désintéressons d'elle. Il y a tellement du clinquant et des miroirs aux alouettes à l'extérieur.  Et pourtant nous disposons de la libre possibilité de franchir la porte qui permet d'entrer dans « l'autre monde en soi » Et dès lors, toucher au bonheur d'être accueilli dans ce Royaume. Peut-être que la difficulté c'est d'oser franchir la porte parce qu'au fond on n'arrive pas y croire aux extraordinaires découvertes  qui nous sont réservées. Or, il faut y être pour en faire l'expérience. Un figure célèbre mondialement qui avait cette expérience disait simplement : « Venez et voyez ! ». Mais la plupart des gens ont préféré ne pas venir… soyons prudents… on va peut-être être nous rouler dans la farine ! Dommage, le doute règne en maître…


 Ce chemin est le mien et j'y retourne rencontrer celles et ceux qui y ont également résidence.

Oh joie !


vendredi 31 décembre 2021

Sans plus attendre

 366 réels à prise rapide

Aujourd'hui ce qui demeure immobile


Ce sera le dernier petit exercice de l'année. C'est peut-être elle qui aura été immobile durant 365 jours. Une année d'immobilisme. En attente. De quoi ? De la disparition d'un virus ? Une sorte de vie  « en attendant le remède miracle » comme on attend toujours Godot.


VLADIMIR : Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

ESTRAGON : On attend.

VLADIMIR : Oui, mais en attendant ?

En attendant Godot  - S. Beckett


En attendant on discutaille, vaccin pas vaccin, masque pas masque, fermeture ou ouverture, debout ou assis, pass sanitaire ou pas pass sanitaire pour une passe à 100 €. Passe-moi le sel ou passe-moi la main dans le dos, moi je passe mon tour.

Gauche ou droite ? Monter ou descendre ? Laisser passer ou laisser tomber.


Polémiquer avec Paul et Mickey :

VLADIMIR. – Ça a fait passer le temps.

ESTRAGON. – Il serait passé sans ça.

VLADIMIR. – Oui. Mais moins vite.


ESTRAGON. – On trouve toujours quelque chose, hein, Didi, pour nous donner l’impression d’exister ?


Je vous souhaite de commencer l'année 2022 sans plus attendre quoi que ce soit. Il suffit de prendre la décision d'embrasser pleinement le jour qui brille et qui vous ouvre les bras.


lundi 27 décembre 2021

L'idéal c'est de ne pas en avoir

 366 réels à prise rapide


Aujourd'hui un idéal de traverse



L'idéal de traverse serait l'abandon de celui-ci. Bien sûr une théorie de la perfection voilà l'idéal. Et d'ailleurs on ne cesse de nous la proposer puisque nous la réclamons en permanence. Un monde parfait, une société idéale. Bref, le commencement de la félicité éternelle. Rendez-vous compte : disposer du parfait, maîtriser le sublime, être le transcendant impeccable, le chimérique accompli, l'utopie à portée de main. Il n'y a pas à hésiter, d'ailleurs c'est en permanence la promesse du publicitaire d'une part, du politique d'autre part, qui ont bien compris que nous y aspirons « en vrai ». Toujours savoir promettre une solution à tout, surtout quand on n'en a aucune. Cela fait oublier que l'idéal n'est jamais qu'un concept vaporeux inventé pour faire patienter jusqu'à la mort.


Je préfère le concret, le prosaïque, relativement imparfait, relativement positif, infernal ou angélique à ses heures, divinement pénible, épouvantablement passionnant.

La vie en quelque sorte…


mercredi 27 octobre 2021

vendredi 6 août 2021

Faire lien avec le monde.

« Qui nous a offert la possibilité de faire lien avec le monde ? »

Question qui pourrait paraître anodine, sans intérêt ou superfétatoire, destinée à ceux qui aime se tamponner le coquillard. Et bien il faut croire que j'en fais partie et donc, en période de réflexion estivale, je vais m'y arrêter.

Phrase prononcée par Cynthia Fleury  sur France Inter au détour d'un échange dans l'excellente émission d'été du philosophe Charles Pépin. Il y a des phrases comme ça qui, sans crier gare ou autre chose, vous mettent en arrêt intérieur.


J'ai bien souvent évoqué ma solitude d'enfance. J'ai vécu chez moi, coupé du monde jusqu'à l'âge de six ans. Pas d'école, pas de camarades de jeu du même âge, pas de cousins cousines de mon âge. Restait le monde de l'imaginaire qu'alors j'ai largement investi.


 Je rêvais que mon entrée à l'école obligatoire après six ans serait merveilleuse. Ce fut une catastrophe. Je  ne connaissais strictement rien aux codes sociaux en vigueur. Rapidement je me suis trouvé marginalisé et désorienté. Dans le genre lien avec le monde, c'était l'échec. Je me suis isolé encore plus. Le monde ne pouvait-t-il être qu'hostile ? J'ai quand même survécu. C'est peut-être moi-même qui ai imaginé l'hostilité, masquant le réel.

Des années plus tard, retrouvant  mes bulletins scolaires de l'époque, force est de constater que je n'avais pas que de très mauvaises notes. J'en avais même d'excellentes en français, en rédaction et choses du genre. En revanche l'orthographe et d'autres matières, c'était lamentable. Mais je n'avais gardé que les engueulades et punitions pour les mauvaises notes. Pas un seul souvenir d'un compliment pour des bonnes notes.


Les grandes vacances qui précédèrent mon entrée en sixième,  je me souviens avoir pris la décision de changer et, comme on me disait, « rattraper mon retard scolaire ». La perspective d'une nouvelle matière : l'anglais, serait un bon terrain d'essai puisque c'était une matière nouvelle pour tous.

Hélas la rentrée scolaire ne tarda pas à être une catastrophe, y compris en anglais !  Ma mère, pourtant ancienne institutrice, ne savait que répéter : « Va dans ta chambre apprendre tes  leçons et faire tes devoirs. » Une présence ? Une aide ? L'enseignement d'une méthode ? Pas question ! Elle avait « trop de travail avec ton père »…

je n'ai pas tardé à commencer à ressentir un désespoir profond dans lequel j'ai fini par sombrer. Je coulais jour après jour, ma vie prenait l'eau de toutes parts…


C'est alors que  le virus de la polio passa par là moins de trois mois après la rentrée en sixième. J'ai profité de l'opportunité. Dans mon entourage, personne n'accréditera jamais ma thèse selon laquelle il s'est agi d'une somatisation bienvenue pour « partir définitivement ailleurs ». Les années précédentes, j'avais bien tenté toutes les maladies possibles et imaginables, réelles ou inventées pour ne pas aller à l'école et rester chez moi le plus longtemps possible.  Ça fonctionnait plus ou moins, sauf un truc qui ne marche pas du tout : bouffer du savon et en plus c'est dégueulasse…


Mais là, la polio, fut un choix très fort et parfaitement réussi ! D'autant que la  paralysie était quasi complète et très douloureuse. On me qualifia de « polio souffrante » en disant à mes parents que malheureusement c'était rare mais ça existait.  J'ai aussi poussé le bouchon un peu plus loin, avec une méningite poliomyélitique du plus bel effet qui me conduisit au coma et jusqu'aux portes de la mort. (« Madame, si vous voulez le voir encore vivant, il faut venir tout de suite »)

J'ai développé ce bref résumé dans un livre : « Le passage se crée »  (voir en marge).


Tout cela pour en revenir à la phrase : « Qui m'a offert la possibilité de faire lien avec le monde ? »

Car au fond la véritable première possibilité de faire lien avec le monde, ce fut l'hôpital, le centre de rééducation, l'environnement humain global et varié dont j'ai bénéficié. Ce lien qui donne conscience qu'on existe avec une place spécifique et qu'il faut aller l'occuper pour donner un sens à sa vie. Et la première perception était simple : pour parvenir à ce sens, il fallait sortir de la paralysie autant que faire se pourrait  et retrouver une autonomie suffisante. Je formulais cela très simplement à l'époque : « je veux remarcher ! » et j'étais prêt à tout faire pour y parvenir.  J'ai eu la polio un 11 novembre, jolie date. On fêtait l'armistice. Moi j'entrais dans ma guerre de tranchées ! Je suis devenu alors « un garçon courageux ». Mon entourage parental abandonnant l'idée du « sale gosse paresseux ».

J'avais quand même remporté une première bataille !


Bien plus qu'une rééducation fonctionnelle, ce fut une « éducation à la vie », celle que je n'avais pas encore reçue jusque-là.

Voila comment un virus peut nous changer fondamentalement dans une existence.


Le lien avec le monde amène à la fois confrontations,  échanges et donc fondamentalement altérité et ouverture. Mais quoi qu'il en soit au final ce sont des bénéfices. Il n'y a pas d'autre chemin que cette dynamique et c'est pourquoi la question est si importante. « Qui nous a offert ? » Qui nous a fait ce cadeau ce don généreux. On ne peut pas se le faire à soi-même. On ne se gère pas uniquement seul sans interactions humaines. Les reliances sont vitales, la solidarité nécessaire, la fraternité espérée. L'égocentrisme et les individualismes sont porteurs de l'échec dans le monde… nous en avons la permanente démonstration sous nos yeux.


Peut-être que c'est cela le plus important dans cette phrase, « qui nous a offert » 

mais bien entendu le « qui » est multiple, car il y a des générosités qui ont croisé notre existence. On parle parfois d'opportunités, mais le mot est ambigu.

La vie qui habite le monde est emplie de générosités sous employées.

Si on n'accueille pas ce réel dynamique on n'accueille pas la possibilité de s'ouvrir à faire lien avec le monde, on en souffre, on est malheureux.

Le chemin du bonheur s'accomplit toujours avec d'autres sur la route.


mercredi 28 juillet 2021

L'aventure en chantant


La sortie de la bulle familiale de bonheur se fait progressivement.

Ce fut une semaine autarcique en même temps qu'ouverte.

Elle et moi : parents et grands-parents

eux : nos enfants, leurs conjoints et leurs familles.

Nous tous : rassemblés pour la première fois depuis plus d'un an.

Une bulle de bonheur durant une semaine.


Une bulle multicolore avec des arcs-en-ciel, comme ces bulles de savon de l'enfance qui brillaient magiquement dans le soleil. Nous avons tout vécu, des délires avec éclats de rire, des jeux, des cadeaux, des fêtes d'anniversaire, de réussites aux examens des jeunes, des émerveillements de projets prometteurs, de nouvelles dynamiques professionnelles malgré covid, des échanges nocturnes en profondeur tandis que les petits-enfants s'occupaient entre eux loin des vieux. 


J'en ressors avec un sentiment de gratitude et de fierté. La gratitude pour la générosité de la vie, la joie et les élans de vie de ces jeunes qui ont confiance dans leur avenir. Ils préparent des choix novateurs qui n'ont plus rien à voir avec ma génération de soixantehuitards. Plus matures, plus sérieux, et en même temps une joie d'être et une vitalité débordante. Nous voilà loin des actualités médiatiques et mortifères dont on nous rebat les oreilles pour mieux placer les publicités vendant un bonheur aussi factice que mensonger.

Le vrai bonheur je l'ai vécu, et je le vis encore.

Prophètes de malheur : vous n'aurez pas ma peau !


Un sentiment de fierté m'habite également. Pour la première fois peut-être je regarde ma descendance avec « des yeux d'ancêtre » !…

Et oui ! Je suis maintenant le plus vieux ! Mes propres « anciens » sont tous partis six pieds sous terre, définitivement. Reste bien entendu leur mémoire, la reconnaissance que j'ai à leur égard et la transmission à poursuivre.

Il n'empêche : c'est désormais mézigue l'ancêtre !


D'ailleurs on me le dit, me le fait savoir, tantôt avec malice, tantôt avec ce désir de recueillir une parole. Et là je mesure une forme de responsabilité simple et naturelle, celle d'une transmission orale nécessaire juste et vrai des éléments de l'histoire dont ils ont à connaître pour leur propre construction personnelle et la bonne santé de leur vie et de sa structuration. Car on ne se construit pas à partir de rien, mais on bâtit son originalité unique intégralement dans le cadre de la lignée à laquelle on appartient, qu'on le veuille ou non, laquelle fut ce qu'elle a été, qu'on le veuille ou non.


Et c'est fondamental de la connaître avec justesse par ceux qui ont encore une voix vivante qui parle, explique, et espère porter du fruit.

Ma responsabilité est dans « la justesse du propos » qui bien entendu ne peut être que celle que je perçois de ma fenêtre. Mais j'ai des petits-enfants suffisamment capables de faire la part des choses. J'en ai eu la démonstration par la pertinence de leurs questions.


La sortie de la bulle de bonheur nécessite un temps de décompression, de repos physique, (elle  sait prendre votre énergie, cette jeunesse !). Et donc aussi de détente.

Une de mes manières de me détendre consiste à bidouiller sur PhotoShop, en écoutant de la musique que j'aime. Cette fois-ci ce fut un enchaînement de concert de « jazz classique ». L'ensemble me lave la tête.


Il en est notamment résulté la bidouille que je publie ici. Pour ma part, assez étonnamment, j'y ai vu quelque chose qui évoquait cette fameuse semaine, alors que je me laissais aller avec les possibilités du logiciel au gré d'une inventivité jaillissante et désordonnée.

J'ai eu le sentiment que ça donnait un résultat assez gai ! D'où le titre « l'Aventure en chantant »… l'aventure de la vie qui se poursuit, se transmet, ne cessera jamais de réjouir, pour peu qu'on appelle à sortir du fond de soi la joie d'être…