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lundi 26 avril 2021

Il y a fontaines… et fontaines…

 

Consigne 77 du lundi

Pivoine m’a suggéré cette image.
Elle l’a aimée.
Je vous la soumets.
Comme nombre d’entre nous, elle aime les aquarelles de John Salminen.
J’espère qu’après avoir suggéré celle-ci, elle se donnera la peine de nous soumettre à son tour le fruit de ses pensées.
Je vous ai quelquefois parlé de cette fontaine.
Elle a retenu l’attention de John Salminen, de Pivoine et de votre serviteur qui a déjà tartiné sur le sujet.
Mais à vous, que dit-elle ?
Quels souvenirs vous rappelle-t-elle ?
Racontez à votre tour vos pérégrinations dans le dédale de votre mémoires.

-o0o-

Il y a fontaines… et fontaines…


Cette fontaine de la Concorde, et d'autres du genre, kitschissimes à souhait, ce n'est pas ma tasse d'eau fraîche. Il paraît que celle-là symbolise « le génie naval de la France », le Commerce et même l'Astronomie !

On n'avait pas peur du ridicule en ce temps-là…


Non, moi ce que je préfère, ce sont les petites fontaines des toutes petites villes et villages, celles qui ont une utilité effective, qui ne sont pas là pour parader et glorifier les sommités du Ridicule et de l'Esbroufe. Ceux qui les ont imaginées sont comme tout le monde, des imbéciles heureux qui  sont morts quelque part. 


Mon affection va aux petites fontaines captant une source profonde, unique, délicieuse et préservée. Et non pas à ces grands jets de flotte de la place de la Concorde alimentés avec la bonne eau captée à des centaines de kilomètres asséchant les nappes phréatiques lointaines. Ça n'a pas d'importance, voyons, puisqu'on pique l'eau bienfaisante aux paysans incultes des campagnes. Ces bouseux qui ne connaissent rien à l'immense culture livresque du Citadin esthète.  Vive le Guide érudit qui enseigne au touriste américain (s'il revient un jour) les bienfaits de la civilisation supérieure du vieux continent, la meilleure du monde, c'est une évidence première.


Et bien entendu, je demeure amoureux de la fontaine du Petit prince et son passage chez le marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif définitivement. C'est une grande économie dit le marchand, selon les experts, si on ne doit plus boire, on gagne 53 minutes par semaine pour faire ce que l'on veut.

« Moi se dit le petit prince, si j'avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine… »


Fontaine de la Concorde : je ne boirai pas de ton eau, je ne veux pas mourir empoisonné tout de suite. Ni d'ailleurs asphyxié par les gaz d'échappement des bagnoles parisiennes.


Je retournerai là-bas,  au pays de Champsaur ( les champs blonds en occitan). La Fare, La Motte, St Bonnet, St Eusèbe et autre Julien. Au pays des fontaines joyeuses, chantantes, pures. Auprès d'elles on peut s'abreuver et rire.


mardi 20 avril 2021

Écriture, chère écriture !

Faut-il écrire les choses pour les ressentir ?

Faut-il ressentir les choses pour les écrire ?

Oui je sais, les deux mon capitaine !

Disons que chacune interpénètre l'autre, vice versa et réciproquement.

N'empêche !

Je parle de mon addiction à l'écriture. Bon OK, le mot est un peu fort. Il reste que l'écriture a toujours été fondamentale pour mon équilibre. J'ai le sentiment d'avoir toujours écrit. Et dans ma scolarité navrante, l'apprentissage de l'écriture reste une époque de grand soleil.

Lorsque je ressens quelque chose d'intense mes sensations sont encore plus grandes lorsque je peux les mettre par écrit, soit immédiatement, soit le plus rapidement possible. Je me suis souvent déplacé avec papier crayon sur moi. Plus tard ce fut avec un petit dictaphone portable qui me permettait cet ersatz de l'écrit. À présent l'enregistreur du téléphone portable est bienvenu.


Photo du Net

Lorsque je retrouve le souvenir du ressenti et qu'il se réactualise, je vais beaucoup plus loin dans l'exploration et la mise en mots ce qui peut surgir de façon parfois surprenante. Explorer les ressentis fait découvrir de l'inconnu de soi-même. Un peu ce que l'on peut appeler la lecture du livre qui est en soi. Si ce n'est que c'est une lecture qui succède immédiatement à l'écriture elle-même de l'ouvrage.


Je connais des personnes qui ont une puissance de pensée qui ne nécessite pas ce recours à l'écriture. Comme on dit « ils parlent à livre ouvert ». Pour une part j'admire. Je ne jalouse pas pour autant. En réalité je n'aimerais pas. J'aime savourer le plaisir sensuel de l'écriture qui parfois est comme un cérémonial. Je devrais dire « était », car avec l'ordinateur, les logiciels de dictée, c'est différent. En même temps je découvre peu à peu une autre forme de sensualité dans ce rapport voix/micro/apparition instantanée sur l'écran.

Il n'empêche au temps de l'écriture manuscrite, je m'environnais de conditions favorables. Choix du lieu, (si c'est possible), de la qualité du papier, du format, feuille ou type de cahier, du stylo plume (j'en ai plusieurs), etc.

Finalement, tout cela est probablement excessivement narcissique. Mais j'assume.


Quoiqu'il en soit je constate que lorsque je suis « en manque d'écriture personnelle » je risque de me déliter quelque peu. C'est pourquoi j'ai utilisé plus haut le mot addiction. J'aimerais en trouver un autre qui n'évoque pas le côté dépendance néfaste ou maladive. Et peut-être qu'il n'y en a pas. Qu'il me faut accepter cette névrose. Une de plus.


lundi 19 avril 2021

Rencontre éphémère

 



La consigne du lundi chez "Le Goût"

Elle fait une drôle de tête...
Est-elle indécise face au menu ?
Est-elle indécise sur la conduite à tenir ?
Est-elle triste ou en colère ?
J’espère en savoir plus lundi.
À vous de jouer !
Bon, à moi aussi...

..o0o..



Rencontre éphémère.


Je ne suis pas certain que ce soit elle.

Quoique… la ressemblance est forte.

Je réfléchis un instant, ce n'est pas possible, il s'est passé 20 ans !

Pourquoi veux-tu qu'elle ait encore ses longs cheveux roux de post adolescente, que je me dis.

Et si c'était sa fille ? C'est plausible. 20 ans en arrière, elle lui ressemble.


À moins que je ne sois  passé dans une autre vie, une autre dimension. Ça arrive paraît-il. Un type un soir dans un café enfumé m'a raconté cela.  Qu'il avait profité d'une faille temporelle pour s'y glisser l'espace d'une nuit. Et c'est là qu'il avait rencontré son ex. Ils auraient  passé une nuit torride comme jamais il n'en avait vécue dans son existence et comme jamais plus ça ne se reproduirait. Ce type m'avait-il raconté des carabistouilles ? comme on dit chez les Belges.

J'y repense et je me dis : il avait tout simplement rêvé, le pauvre.


Plus je la regarde, plus je pense que c'est elle. Aussi je me dirige vers la table et, sans autre façon, je m'assieds en face, tout en disant :

— Vous permettez ? Sans attendre la réponse. 


Elle me regarde interloquée mais pas vraiment surprise. Elle répond :

— Si ça vous chante ! De toute façon je vais partir, il n'y a que des saloperies à bouffer sur cette carte ! D'ailleurs c'est dégueulasse ici. Vous avez vu les murs ? Et la poubelle derrière moi ? Et ces chaises merdiques ? Je me demande bien pourquoi je me suis assise. Salut mec !

En même temps elle se lève.  Et je me lève aussi.


— Je connais un bien meilleur endroit. Si cela vous dit nous pouvons y aller ensemble. Vous verrez là-bas la carte est sublime.

Elle fait la moue. L'amour, ce serait un autre chemin. Tout à coup je pense : Non, vraiment, décidément, ce n'est pas elle. Ou alors elle a bien changé ! Ou alors l'autre imbécile avait raison avec son histoire de faille temporelle. Je suis ailleurs sans bien le réaliser, tout en m'en rendant un peu compte. Cette histoire me poursuit. 


Sans répondre à ma proposition, elle se retourne, marche vers la sortie d'un pas assuré, prend à droite en sortant, adopte une marche vive. Je la suis. Elle accélère le pas. Elle ne court pas,  mais c'est tout comme. Je reste quelque peu à distance sans la quitter des yeux. Elle m'intrigue. Arrivée au carrefour avec la rue du Chat qui Fume, elle bifurque à gauche. Je ne la vois plus. J'accélère mon allure. 

 À hauteur du carrefour il n'y a plus personne. Volatilisée la rousse aux cheveux longs.

Je repense à ce type du café enfumé et sa faille temporelle.

Tout à coup un puissant mal de tête. Et puis plus rien.


 Pourquoi est-ce que je vous raconte cet épisode ? Vous allez penser que je suis fou. Et je le suis peut-être. Pourtant, Mademoiselle, tout cela est parfaitement exact. C'est vous cette personne. Personne d'autre. D'ailleurs vous avez les cheveux roux et longs ! J'ignore comment vous avez fait pour revenir de l'espace. Peu importe d'ailleurs. La réalité c'est votre présence là, devant moi. Notez-le dans votre rapport si vous en avez le courage. N'oubliez pas, Mademoiselle, que vous n'êtes encore que stagiaire dans cet hôpital !


jeudi 15 avril 2021

Amoures tropicales



Il y a peu, une consigne de Kaléïdoplumes proposait un texte de notre choix à partir de cette photo et l'obligation d'insérer « sous le (un) même toit » qui doit obligatoirement être introduit au début d'une phrase.



Voici le texte écrit, à défaut d'autres billets pour le moment.






Amoures tropicales


Ce jour là, j'arrive au sommet des montagnes. Devant moi une chaîne de vie infinie. Sur le côté une simple porte. Il suffit de  la franchir pour se retrouver définitivement ailleurs. Ne plus jamais repartir. Voici le récit.


*


— Sous le même toit ! Voilà ! J'aimerais vivre sous le même toit du monde que toi !

Elle prononce cette phrase dans un murmure, comme si elle parlait pour elle-même. La volonté que j'entende y est cependant manifeste. Du moins c'est ce que je crois.


Comme tous les jours de toute l'année, la nuit est tombée rapidement aux alentours de 18 heures sur la plage de Saint-Gilles. Au cœur de la nuit il n'y a plus grand monde. Nous regardons les étoiles. Le temps peut s'arrêter. L'éternité est installée.

Elle est belle. Trop peut-être. Trop pour moi sûrement. Cependant ce qui m'attire le plus ce sont ces phrases singulières un peu énigmatiques qu'elle prononce souvent. Qu'est-ce que ça veut dire « le même toit du monde que moi » ? Ne sommes-nous pas tous sous ce même toit, cette voûte céleste mystérieuse et sans fin que nous contemplons les yeux au ciel. Alors je me lance, forçant sur l'interrogatif :

— Le toit du monde ? ?

— Oui ! Mais surtout vivre !

— C'est toi, la vie. Tu es la vie. Pour moi tu es la vie.

Et puis j'ajoute, dans un murmure… « et je t'aime… »


Elle réagit dans un soupir dont j'ignore ce qu'il faut en comprendre. Elle est nue. Pudique, elle a revêtu la nuit. La nature l'enveloppe de sa manière élégante. Son corps cuivré brille comme les reflets de la Lune sur la mer.

Je m'aventure :

— Tu veux qu'on vive ensemble ?

— Mais non voyons, je te parle d'être sous le toit du monde !

— Tu parles de l'Everest ?

— pas « sur » mais « sous » !

Elle part d'un grand rire cristallin, pas vraiment moqueur, mais il m'atteint comme une lame au creux du cœur. Serais-je à ce point amoureux ? Elle ajoute tendrement en tournant vers moi un visage juvénile :

— T'es bête !

Et en même temps elle dépose un baiser sur mon front. Comme on le ferait sur celui d'un enfant.


Voilà peut-être qui nous sommes. Des enfants, avec des allures de grands. C'est ici l'île au trésor de Stevenson. La fabuleuse carte est celle du chemin de son cœur. Là réside le plus beau des trésors.

Sous le même toit de l'amour  immense et universel, c'est peut-être cela le grand secret qu'elle me fait découvrir à l'instant. Nigaud que je suis je tarde à comprendre.


Elle s'est endormie, habillée de rêves. J'effleure le dessus de sa main. Ses doigts frémissent imperceptiblement. Sa respiration est douce et régulière.

Je ne bougerai pas de toute la nuit.

lundi 12 avril 2021

Pour l'anniversaire du poète

 La consigne du lundi et la mémoire de Baudelaire


Lectrices chéries, vous rappelez vous qu’aujourd’hui, ça fait deux cents ans que Baudelaire est mort ?
Il est parti se coucher au cimetière Montparnasse, squatter la tombe d’un beau-père détesté.
Il n’a pas eu le loisir d’y faire apposer l’épitaphe qui lui allait si bien :

« Ci-git qui pour avoir par trop aimé les gaupes
Descendit jeune encore au royaume des taupes »

(...)
Il habita cet hôtel sur l’île Saint-Louis. Ce lieu me rappelle évidemment quelque chose. Mais à vous ?
Beaucoup d’entre vous ont vu un jour Notre Dame ou l’île Saint Louis.
Avez-vous erré dans les rues qui l’entourent ?
Qu’y avez-vous vu, qu’est-ce qui vous frappé, une des « petites choses de peu » qui vous frappent et vous émeuvent pour des raisons qui vous échappent jusqu’au moment où vous découvrez pourquoi elles ont remué votre âme. (...)




Pour l'anniversaire du poète



J'ai bien connu Baudelaire, au temps de ma jeunesse.

À Paris,  le rencontrer était jour de liesse.

Il logeait rue Vercingétorix au temps de sa détresse.

Sur des chaises bancales s'invitaient nos ivresses 



Tout là-bas au fond des Pyrénées

le hasard nous fit se rencontrer

je ne puis oublier toutes ces années.

50 ans, si j'ai bien compté.


À chaque visite il m'apprenait Paris.

Il en avait fait sa patrie

de sa province il n'avait nulle nostalgie

à la capitale il bâtissait sa vie.


Ce jour-là il me mena dans l'île Saint-Louis

y avait-il là-bas une nouvelle boîte de nuit ?

Irions-nous boire un coup

quelque part sur le quai d'Anjou ?


Le 15 de la rue fut la destination

un hôtel particulier plein de prétentions

« je voulais que tu vois

ce fut ici chez moi »


L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient (*)

Mais ce jour-là je n'ai rien pressenti

j'ignorais que bientôt, loin, il serait parti.

On croit tellement être de tout garanti.


Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! (*)

Bien souvent tu es mon visiteur du soir

ma vie a basculé dans le provisoire.


C'est moi qui parfois t'appelais Baudelaire

parce que vraiment certains jours tu en avais bien l'air

des traits de ressemblance manifestes

pas besoin de faire le modeste


J'aimerais redevenir de ton cœur le cambrioleur

d'une vie nouvelle je serais le bailleur

Quand partons-nous pour le bonheur ? (*)


*



(*) Vers tirés de l'œuvre de Baudelaire.



Ce texte est évidemment une fiction. Mais je me suis inspiré d'un ami de jeunesse avec lequel je suis toujours en relation, et qui avait quelques traits de ressemblance avec Baudelaire, tel qu'il figure sur la célèbre photo d'Étienne Carjat.


lundi 5 avril 2021

Diverses Interprétations d'une photographie.

La consigne du lundi de Pâques « chez le goût » et au jardin des Tuileries.


Vous ne connaissez peut-être pas le jardin des Tuileries.
Il n’a pas changé depuis les années soixante et je le reconnaîtrais entre mille.
Nous n’étions pas encore des mamies et des papys.
Mais je suis sûr que nos âmes sont mieux préservées que nos corps.
Que vous dit cette photo des années soixante ?
Elle me dit, comme le chantait François Hardy « Tant de belles choses » ...
À lundi, vous avez sûrement quelque belle histoire à dire.





Diverses Interprétations d'une photographie.


Scénario 1 — Je l'ai tout de suite repérée, avec sa robe vichy à col Claudine. Je vois  qu'elle a des trop gros mollets. Est-ce que cela pourra s'arranger ? Rien n'est sûr en ce domaine.

À sa droite, sa copine avec son air niais. Elle clope déjà. Bientôt elle aura les dents jaunies.

Celle qui m'intrigue ne cesse pas de me regarder avec une mine tantôt « moi je t'aurais », tantôt « cours toujours, tu ne me rattraperas pas ».

La dernière, du genre nunuche, bouche ouverte, s'étonne de tout et n'importe quoi. Elle montre le bassin du doigt : « regardez ! Il y a de l'eau ! ».


Quatre zoulous arrivent d'un pas conquérant. Ces demoiselles ne vont pas terminer la journée comme elle a commencé. Quelquefois on ne réalise pas que l'on peut perdre ce que normalement une mère considère comme devant être préservé jusqu'au mariage.


*


Scénario 2 — Je crois deviner le genre d'études poursuivies par la jeune fille en robe vichy à col Claudine, réalisée par ses soins à partir d'un patron du « Petit écho de la mode ». Elle porte sur son corps son récent diplôme obtenu à l'école de couture. Visiblement elle n'est pas sortie major. En conséquence, à défaut de haute couture, elle va pouvoir postuler à « La Lainière » à Roubaix et piquer à la machine jusqu'à sa retraite.


Sa copine de droite est probablement l'intello du quatuor. Elle fume. Voilà bien une preuve de son émancipation. Elle poursuit « son droit » à la Sorbonne pour préparer son virage à gauche et oser dire « crotte » à son papa, chef de cabinet ministériel. Un jour, peut-être.


Celle de gauche est la sagesse même. Trop sage. Difficile à approcher. Ça se voit à sa manière de se tenir les genoux avec les bras et les doigts entrecroisés. Le message est clair : « chuttt ! Pas touche ! »

Les travaux d'approche risquent de durer un certain temps, pour ne pas dire un temps certain.


La dernière, c'est le genre « rapporteuse ». Ça se voit à la manière de pointer du doigt : « m'dame, je l'ai vue… c'est elle qui a piqué le truc ! ». Le genre de nana détestée de toute la classe. Elle tente de se faire une place dans ce petit groupe, mais en vain. D'ailleurs on l'a toujours rejetée, mais vers l'extérieur. Là elle tente d'attirer l'attention en pointant je ne sais quoi, mais tout le monde s'en fout !


Des mecs arrivent par derrière, allure décidée, on devine qu'ils bossent dans la police, probablement dans « la mondaine ». Ils ont un jour de congé. C'est l'occasion de tenter leur chance dans ce parc. Je prends le pari qu'ils vont être vachement déçus.


*


Scénario 3 — C'est leurs derniers jours de liberté. Elles le savent. Bientôt, rien ne sera plus comme avant. Elles ont longuement mûri leur décision. Fini le temps joyeux où l'on partageait quasiment tout. Les petits et les grands secrets. Les histoires avec les garçons, les embrouilles avec les parents, et tout ce qui peut constituer l'insouciance d'une jeunesse est en train de s'enfuir.


Elles ont toutes fait le même constat quant à l'immense surprise de l'entourage en apprenant leurs décisions. Parents, amis, et même quelques professeurs, sauf, paraît-il Sœur Marie-Madeleine de la Sagesse, qui leur enseignait le français et le latin. Elle aurait, dit-on, parfaitement vu ce qu'il en serait.


Prochainement toutes quatre entreront comme novices au Carmel de Caen. Quand ? Probablement à Pâques ou à la Trinité. Si toutefois Malbrough est revenu de guerre.


À moins que tout cela ne change, à cause des quatre séminaristes qui viennent de franchir la grille du parc.

« Dieu a un plan que même les religions ne connaissent pas » déclare Sévag Torosssian, auteur de la prophétie d'Ararat. Peut-être encore faut-il leur faire connaître l'autre prophétie de Boris Vian, et ce risque de « tomber dans un couloir obscur qui sent la religion » (l'écume des jours).



samedi 3 avril 2021

A Pâques, tout est possible...




Bonnes fêtes
et bon Week-end
à tous et à toutes





Cet hiver  près de chez moi

 dans un buisson

un petit nid déserté


Lorsque j'y suis retourné en ce printemps naissant

voilà ce que j'ai découvert

la nature est curieuse en ces temps troublés !





 

jeudi 1 avril 2021

Plan sur la Comète de Allez !




Plan sur la Comète de Allez !



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Mille pardons à Jean-Baptiste MAUZAISSE 


 
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