Pages

samedi 29 avril 2023

Un souvenir se délite

 

Bien sûr on déclare que jamais on n'oubliera. Ce fut tellement heureux, ce fut tellement important, en quelque sorte inoubliable. Bien sûr.

Et puis cette fin brutale à laquelle personne ne s'attendait, surtout pas soi. Et voilà c'est terminé. Elle part. Plus aucun demain ne brillera comme auparavant. Enfin c'est ce que l'on affirme. Non on n'oubliera pas, on y pensera chaque jour du reste de sa vie. Il ne peut en être autrement. C'est d'ailleurs ce qu'on a fait chaque jour qui naquit par la suite. Certaines fois l'histoire terminée occupait une grande partie de la journée.


Ensuite…. Ensuite il arriva ce qui devait arriver. Les années se sont succédées les unes après les autres. C'est comme ça la vie. On le sait, le temps passe.

Il est des matins où le souvenir s'absenta. C'est normal, d'autres choses occupent. Et puis ce furent des semaines, et puis des mois. Ça revenait de temps à autre, mais l'émotionnel s'endormait jusqu'à ce que le souvenir s'assèche des larmes qui parfois montaient encore, mais qu'on avait appris à refouler d'un geste du doigt sur l'œil.



Le chagrin finit par ne plus avoir de chagrin. 

Si bien que désormais on pouvait en parler sans affect de ce souvenir désormais lointain. Et même, était-ce exactement comme cela que tout s'était passé ? Est-ce qu'on ne s'était pas mis à réécrire bien des choses plus ou moins inconsciemment ?. L'endroit était-il bien celui-là ? Les baisers furent-ils aussi intenses ? Les gestes aussi chargés de l'amour que l'on croyait ?


La fin ne fut pas si tragique au final. C'est ce qu'on finit par penser, ce ne fut que le simple aboutissement de ce qui se préparait et auquel on ne voulait pas croire. Et d'ailleurs, la « vraie rencontre », celle de l'autre plus tard, ne se serait jamais produite si on avait continué comme l'imaginaire le prévoyait en développant sa chimère, nous enfermant en elle.


Alors le souvenir achève de se déliter et on se met à penser que c'est bien ainsi. Même que c'est mieux, finit-on par oser se dire. Et donc, la dernière photo qu'on avait d'elle, si jeune, alors que désormais elle n'est plus sur terre, emportée par l'âge et la maladie, on la remet dans cette enveloppe jaunie. Puis elle retournera dans cette boîte archive. 

Définitivement.




mardi 25 avril 2023

L'attente

 

Dans l'attente du retour des « devoirs du lundi », voici un exercice d'écriture proposée par Kaléïdoplumes :



Commencer par : "Si je ferme les yeux je me souviens des vôtres" - L. Aragon -


Terminé par : "La tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres"  - Romain Gary -



L'attente


Si je ferme les yeux, je me souviens des vôtres, et je me demande si je dois me réjouir ou en être attristé. Les années ont passé, aujourd'hui ne redeviendra jamais semblable à hier. On n'arrête pas le temps comme on appuie sur le déclencheur du Smartphone pour figer sur écran ce qui fut.  Votre regard demeure en moi comme une lumière qui a illuminé ma vie, comme un fanal au bout de la route, un guide sur le chemin. Comme un phare lointain que cependant on croit si proche mais il s'éloigne à mesure qu'on avance vers lui.


Vous étiez mon espérance, lueur dans la nuit, moi qui désespérais du vain retour de l'aube enfuie à jamais. Avez-vous vraiment réalisé ce que vous étiez pour moi ? J'ai eu parfois ce sentiment semblable à la chanson de Trenet « Vous qui passez sans me voir », et moi en ces beaux matins d'avril je désirais tellement vous dire que je vous aime. Bien sûr la chanson repasse dans nos pas, mais c'était sincère cet amour nécessaire.


Longtemps j'ai erré de ville en ville, espérant vous croiser au carrefour des Désirs, rue de la Gaieté ou au rond-point des Chants Éternels. Mais vous n'êtes pas revenue et j'espère toujours. L'espoir fait-il vivre ou seulement survivre ? J’attendrai demain une improbable réponse et d'ici là j'irai battre la campagne.


Il n'empêche que quelque part au fond de moi la réjouissance d'avoir croisé vos yeux, cet instant où vous les avez mis dans les miens, avec ce sourire fugace auquel je me raccroche, tout cela demeure comme la plante étiolée dont on espère que quelques gouttes salvatrices d'une eau pure fera rejaillir la fleur d'un printemps renaissant. Je sais, je fais encore des phrases longues que vous trouviez ennuyeuses.


Me voilà installé dans l'attente paresseuse, l'assoupissement cotonneux, la douceur du cœur, l'attente du retour de la passion assoupie. Le temps s'étire comme une guimauve infinie, un doudou sans fin. Il reste un peu de rêverie à portée de caresse et l'on se dit que la tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres.





jeudi 20 avril 2023

Et le prix de la meilleure photo est attribué à…

 


Au photographe allemand Boris  Eldagsen. Il a remporté le prestigieux prix international du « Sony World Photography Award 2023 » avec la photo suivante intitulée   «Pseudomnesia: The Electrician » ("Pseudomnésie : l'électricienne) 





Toutefois, il a refusé le prix en indiquant que la photo n'était pas de lui, mais résultait d'une fabrication par une intelligence artificielle. Ce sont deux femmes de générations différentes, sans doute la mère et la fille, qui a priori ont une trouille monstre.


. Dans la réalité, je veux dire dans la vie réelle, ces deux femmes n'ont aucune existence, elles ne sont jamais nées, et a fortiori n'ont pas pu mourir. Elles sont juste le produit d'un assemblage d'octets puisés dans des milliers d'autres photos réelles ou déjà artificielles, on ne sait pas.


Aucun membre du jury n'a remarqué que la fausse vieille à gauche, artificiellement fabriquée, avait l'auriculaire particulièrement long… trop long…


Pour ma part j'ai ma petite idée : ce sont deux personnes que nous avons croisés à la télévision il y a pas mal d'années dans « Les envahisseurs » avec le célèbre David Vincent qui les avait vus débarquer une nuit, avec leurs drôles de petits doigts !

 Hé bien, ils sont toujours là ! En voici la preuve !


Nous allons vivre l'aventure extraordinaire de l'envahissement du tout artificiel toujours et partout. C'est génial !





lundi 17 avril 2023

Le voyage déforme la jeunesse.

 

160ème Devoir de Lakevio du Goût

La dame que vous voyez sur la photo est retournée « ad patres » hier, dans un silence quasi général.
Celle qui remplit, involontairement j’en suis sûr, les rêves de tous les ados des années soixante a tiré sa révérence.
Si vous vous racontiez ce que vous auriez dit de cette dame lors de la dernière cérémonie à laquelle est assistera…

( je précise : il s'agit de la papesse de la minijupe, Mary Quant)





Puisque c'est le dernier devoir proposé par « Le Goût »,

 puisque la photo choisie est celle de la papesse de la minijupe qui est partie montrer ses gambettes au paradis des créateurs, 

puisque j'ai pu dégager un petit temps d'écriture en cette fin d'après-midi, 


alors je ne vous parlerai pas d'une fin, mais d'une première, 

celle où pour la première fois j'ai vu deux « The nanas » marchant côte à côte en minijupes.

 Elles avaient exactement ce que chante Léo ferré, dans la voix et dans le geste :


 « Quant à la jupe à ras l' bonbon 

La "the nana" 

C'est pas qu' c'est gagné... mais c'est bon... ».


Nous sommes en Angleterre en 1968, bien avant mai. Les vacances du printemps, une escapade de quelques jours, objectif Londres, pour voir d'autres lunes. Nous sommes deux potes en terminales (non pas de la vie), alors le bac c'est pour bientôt et tout prétexte est bon pour aller « parfaire son anglais » sur place.

À nous les petites anglaises ! Enfin, c'est ce qu'on espère. Mais on verra plutôt Big Ben, Buckingham Palace, Tower bridge, et autres incontournables Trafalgar square, sans oublier le quartier Soho, ou paraît-il on allait voir ce qu'on allait voir des mystères des profondeurs de Londres et quelques dames.


Dans le réel on fut d'une sagesse exemplaire, comme je l'ai dit on était pas encore en mai ! Et donc pas libérés sexuellement… regagnant sagement la chambre de notre hôtel que le premier soir on eut bien du mal à retrouver parce qu'on avait perdu l'adresse exacte. Faut bien que jeunesse et bêtises se passent…


Je raconte ça parce qu'il y a quelques mois j'ai retrouvé les diapositives de cette époque, et en particulier les deux charmantes petites anglaises photographiées dans la rue tout habillées de vert des pieds à la tête. Interrogeant alors ma mémoire pleine de trous je lui demandais : mais qu'est-ce qu'on a pu faire avec ces deux filles ? Est-ce que ce fut aussi indicible qu'inavouable ? Le souvenir finit par sortir de sa cachette. Le déclic surgit :

— Bon sang mais c'est bien sûr ! J'avais pris cette photo « à la volée » dans la rue, parce que ces jeunes demoiselles étaient en minijupes façon Léo Ferré ci-dessus. C'était la première fois de notre vie que mon pote et moi on voyait cela : des cuisses dénudées. Hé ben si Papa voyait ça !


Alors oui, vous pouvez rigoler. Moi aussi. Reste que rétrospectivement je me dis : que de fulgurantes évolutions des mœurs depuis ce temps-là ! Et comme dira ma mère plus tard, en parlant des Beatles, « Et dire que cette musique de sauvage est venue par des Anglais ! »



jeudi 13 avril 2023

Ces dessins me parlent

 




Le mistral s'était levé tôt ce jour-là.

Elle aussi.

En robe bleue et ombrelle rouge,

 elle avait rendez-vous

avec l'imaginaire qui soufflait dans sa tête.

Elle se laissa emporter.


*




Changer d'environnement, c'était l'objectif.

Et aussi prendre de la hauteur.

Mais pas de clinquant.

Elle opta pour une maison cubique, sympathique,

sur pilotis, c'était pile son choix.

Elle l'installa juste sous un arbre qui aurait souffert

comme elle

d'une amputation.


*




Tu rêves trop petit, pensa-t-elle,

où donc est passée ton ambition de vivre.

Il faut rêver grand, surtout par grand vent.

Il convient de changer de rêve et d'environnement.

Elle agrandit la bâtisse, une élévation sympathique,

écologique toutefois,

avec un grand réservoir aquatique

plus d'arbres et de verdure

un truc qui dure


*





*






















Deux autres arbres elle ajouta

l'un triple et l'autre double

tout vert et traces de rouge 

et puis du jaune pourquoi pas

dans la tête on ne compte pas.

De la tête tout entière 

s'empare l'imaginaire

de la première pensée jusqu'à la dernière


*




Le vent s'en est allé.

Le réel est resté.

Il a fallu rentrer.

Rejoindre le futur où l'on est désormais.


*


Les dessins sont de l'artiste peintre autodidacte marseillais : GIER

« Dès sa plus tendre enfance que Gier est attiré irrésistiblement par les arts graphiques, les crayons, les couleurs et le trait. »

Je fréquente cet artiste depuis un certain temps. En particulier :

— Son blog que l'on trouve ici

— Son site généraliste sur son œuvre, ses exploits etc. que l'on trouve ici

— les dessins que j'ai retenus sont tous dans une série « Paysages en vrac » ICI


J'ai fait également l'acquisition de certaines de ses œuvres.




lundi 10 avril 2023

Le poisson du devoir du lundi de Pâques

 158ème devoir de Lakevio du Goût


J’ignorais totalement l’existence de Jean Despujols jusqu’à ce que j’apprenne qu’il avait peint en 1925 cinq fresques pour décorer un restaurant d’une rue voisine.
Le sujet du devoir m’ayant tracassé jusqu’à ce matin, je suis allé chercher quelque chose qui rappelle les poissons.
Je vous rappelle que Pâques ouvrait, avec l’histoire d’une résurrection, l’ère des Poissons.
Or, chez moi, « poissons » est intimement lié à « Partie de pêche ».
Ce qui serait chouette, c’est que le devoir commençât par ce « Noli me tangere » qui me fait rire depuis que j’ai appris de quoi il s’agissait et plus encore depuis que j’ai fait du latin…
Je dis ça parce que me revient à l’instant la « Madeleine pénitente » du Titien à qui pas un homme sensé, fût il vêtu d’un linceul, n’aurait dit « Noli me tangere ».
Quant à finir ce devoir, il serait parfait s’il était clos par « J’aimerais être à qui le destin réserve vos secrets. »
Pour les participants qui ont échappé au « Morisset et Thévenot », « Noli me tangere »  signifie « Ne me touche pas » et la dernière phrase est de Mr Mallarmé dont j’aime beaucoup les poèmes.
Alors, « à lundi, si le cœur vous en dit » comme se clôt une émission célèbre depuis 1958.



Sana scriptura in corpore sine tactu (*)


(*) : Une écriture saine dans un corps sans le toucher 


— « Noli me tangere », que j'ai dit à Marie-Madeleine. Une fois de plus elle voulait me tripoter là où j'aime pas trop.

C'est pour te ressusciter l'anguille, qu'elle m'a répondu.

Des fois elle prenait un langage de poissonnière, surtout lorsqu'on était dans ce restaurant à poiscaille avec cette fresque des années 20


Elle m'émoustille au plus haut point à cause de la gaule dressée, qu'elle ajoute.

Des fois, Marie-Madeleine n'a pas des pensées très catholiques. Enfin bref, nous ne sommes pas là pour parler de nos petites affaires intimes.


Arrête arrête de me touche pas, éructe Patricia Carli dans sa chanson qui passe en boucle dans le resto , puisque demain tu te maries c'est pas maintenant qu'on va baiser alors moi je te dis non, non ! NON !

Ça y est vous-vous souvenez ? Vous l'avez dans la tête ? Hé, hé,elle va vous empoisonner la journée… c'est sûr que si c'était écrit arrête, arrête, noli me tangere, ça aurait pas pu le faire. Comme quoi, des fois, on y perd son latin.


Remarquez, je la comprends Marie-Madeleine, cette fresque où on saisit la gaule pour attraper le produit qui arrive par où on sait bien la saisir, c'est quand même une allégorie des nourritures aphrodisiaques. Mais, je m'égare comme on dit à Lyon ou dans l'Est. N'empêche qu'on nous montre quand même deux mecs et deux nanas et que là c'est plutôt arrête pas, arrête pas ! (arête de poisson bien entendu). 


Tout à coup, une pensée subreptice m'envahit : mais qu'est-ce que Mallarmé aurait bien pensé de tout cela ? L'était-il, bien armé ou mal armé, pour cette partie de pêche ? — « N'allais-tu pas me toucher ? » qu'il fait dire à son héroïne, Hérodiade, dont on se demande si elle ne se droguait pas avec un nom pareil. Tout porte à croire qu'il faut pratiquer la fumette pour écrire ça :

(...)

Quant à toi, femme née en des siècles malins 

Pour la méchanceté des antres sibyllins, 

Qui parles d'un mortel ! selon qui, des calices 

De mes robes, arôme aux farouches délices, 

Sortirait le frisson blanc de ma nudité,  (**)

(...)


En raison de tous ces constats, il y a longtemps que je m'interroge : plus d'une fois j'ai demandé au destin entre quatre yeux, qu'est-ce qui pourrait être le mieux pour moi ? Aujourd'hui, la réponse s'est imposée à mon réveil : j'aimerais être à qui le destin réserve vos secrets. (C'est aussi lui qui l'a dit. Mallarmé et désarmé).



(**) :  L’Hérodiade de Mallarmé


vendredi 7 avril 2023

Texte à ne pas lire entre quatre yeux


Le ciel est gris. Donc on ne peut pas dire que le soleil vient de se lever et que bientôt l'ami Ri*co*ré va se pointer. D'ailleurs il a pas intérêt, surtout depuis qu'il a changé la composition de son mélange sans m'en parler. Mais bon je suis pas là pour faire de la pub pour les produits qui pourraient bien à l'avenir flanquer des maladies. Faudra voir.

Enfin bref il fait gris. Genre gris-souris. Je ne sais pas pourquoi on le qualifie ainsi, vu qu'il ne sourit jamais et qu'il est aussi morose que la banlieue des Inconnus. Mais venons-en à ce que je voulais dire et dont je ne me souviens plus. C'est dommage, parce que je crois que cela pouvait être intéressant.


Voilà comment on peut commencer un billet de blog quand on a envie d'écrire pour ne rien dire. C'est toujours une expérience intéressante de ne rien dire et cependant de le signifier par écrit avec des lettres, des mots et même des phrases. Voyez en cet instant comment je fais. Ce n'est pas très compliqué au demeurant. Il y en a qui disent que ça s'appelle l'écriture automatique comme la fermeture automatique des portes qui auraient dû ouvrir sur le bonheur. 


À propos de cette félicité sans fin, la presse s'interroge : « Il est où le bonheur, il est où ? » titrait encore il y a peu ce grand quotidien du soir. Il est vrai que depuis quelque temps il télétravaille dans le fond des campagnes, se dissimulant ainsi à la vue du citadin qui défile.


Cela pourrait être grave de ne plus le voir, même très grave car le bonheur est indispensable au malheur. Par contraste. Or, nous avons pour habitude de voir le malheur partout et même tout partout. Donc, si le bonheur continue à se planquer, à quoi va-t-on accrocher son malheur pour essayer d'en sortir ? Dilemme ! Nœud gordien, chat qui se mord la queue, quadrature du cercle, grattage de tête du professeur Nimbus, problème insoluble : qui ? L'œuf ou la poule ? 



En parlant d'œuf, je me suis réfugié sur le service public France Inter. C'est là que des conseils pertinents sont proférés par l'influenceur Jeff de Bruges qui propose de me personnaliser l'Œuf en gravant dessus mon prénom pour l'éternité. Seulement pour une douzaine d'euros. C'est donné !  Et j'espère que ça ne fait pas mal ! Comme c'est l'œuf Pascal, si c'est aussi mon prénom, j'ai une réduction. Hélas ce n'est pas le cas. 

Décidément le bonheur ne semble pas non plus dans le poulailler. 


lundi 3 avril 2023

La décadence du triomphe

 



158ème Devoir de Lakevio du Goût


Chaque fois que je passe sur la place de l’Étoile, je regarde l’Arc de Triomphe.
Chaque fois je me perds en conjectures devant les bas-reliefs qui en ornent les quatre piliers.
Mais vous ?
Qu’y voyez-vous ?
À quoi songez-vous ?
Pensez-vous à la bataille d’Austerlitz ou à « la pelle du 18 juin » que « le Petit Tondu » ramassa en 1815 ?
J’espère en savoir plus lundi…





Lorsque j'ai vu la proposition proposée pour le « devoir du lundi », j'ai commencé par me dire que je n'avais jamais pensé grand-chose de l'Arc de Triomphe en tant que tel. Je veux dire que je me suis dit que ça pourrait être aussi bien une autre tour Eiffel, un obélisque, ou un monument genre gros gâteau à la crème de Montmartre. Enfin bref, ce qui fait la réputation de Paris et son genre diversifié, éclectique, sérieux et rigolo.

Et puis je me suis arrêté à l'expression « Arc de Triomphe ». Triomphe de quoi ? Et c'est là que ça a commencé à me triturer les neurones. Et puis aussi : Triomphe de qui ?

« Victoire éclatante de quelqu'un ou d'un groupe » me raconte mon dico ! Bédidon ! L'orgueil est décidément partout.

Alors donc, place de l'Étoile, on triomphe de qui, de quoi, de quand et d'où ?


J'ai pensé tout naturellement que l'édification s'est certainement faite pour commémorer ma première entrée triomphale dans la capitale de la France. D'après les éléments historiques dont je dispose je devais avoir deux ou trois ans ou peut-être quatre ou cinq. J'avais déjà un énorme désir de conquête planétaire. Les documents historiques sont flous, mais cependant la tradition orale a pleinement établi que je suis allé à Paris dans ma prime enfance en compagnie de papa, maman, la bonne et moi. À moi les prémices du Triomphe.

Ça méritait en effet un arc majestueux. On a tenté bien plus tard de me faire comprendre que j'étais mégalo. Point du tout. Simple réalisme, à la fois réel et historique. Tout le monde le sait.


Tout cela pour tenter de dire sérieusement qu'un arc de triomphe, c'est complètement con ! Il s'agit de glorifier les milliers de morts qu'on a envoyés à l'abattoir et comme chair à canon sur des champs de bataille, pour la gloriole de  rois , empereurs, dictateurs, conquérants de tous poils, marchant triomphalement sur des cadavres. Bien entendu les conquérants sont toujours restés « à l'arrière » pour se protéger comme des lâches. Pas cons les mecs. Je sais pas vous, mais moi je trouve que ça pue ! « Quelle connerie la guerre ! » déclara un célèbre Jacques. Oui, rappelle-toi Barbara, quelle connerie ! Que ce soit à Brest ou ailleurs.


 L'empire romain comptait plus de 50 Arcs de Triomphe. Ça a commencé plus de 300 ans avant notre ère. Et on a continué depuis à fabriquer des atrocités, des armes hyper sophistiquées pour tout détruire et célébrer par la suite la victoire totale… jusqu'à la prochaine fois. Jusqu'à ce qu'on recommence comme on est en train de le refaire actuellement

C'est ça qu'on appelle Triomphe ?

 Mieux vaudrait appeler ces machins des Arcs de la Déchéance de l'Humanité.