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lundi 30 janvier 2023

Les chaises des humains

 


151ème Devoir de Lakevio du Goût



Cette toile d’Adela Burdujanu montre l’allée d’un parc un jour de printemps.
Ce doit être l’approche du printemps qui me dit que cette toile ferait un chouette « Devoir de Lakevio du Goût ».
C’est du moins ce qui m’a poussé à vous le proposer.
Nous avons tous, j’en suis sûr, quelque chose à dire sur la fin de l’hiver ou les premiers soleils « efficaces ».
Nous avons tous un jardin ou un parc préféré, celui qui nous a vus, assis si ce n’est « avachis » sur une chaise.
Nous avons alors, soit un livre sur les cuisses, soit, comme disait Lakevio « L’œil balayant ».
Le regard attaché à un texte ou à l’affût d’un spectacle intéressant ou attendrissant.
Je le sais, vous avez toutes et tous quelque chose à dire sur une allée de parc à l’orée du printemps.
Alors à lundi, lectrices chéries et trop rares lecteurs chéris…



Les chaises des humains


Sidonie est revenue dans ce jardin public. Elle le fréquente depuis déjà pas mal d'années.

Elle s'assoit en retrait de l'autre côté de l'allée, à l'ombre, sur un banc et sous les arbres. Un peu comme par effraction, elle préfère se dissimuler le plus possible. Quelle faute aurait-elle donc commise ?


Sidonie a plus d'un amant, c'est une chose bien connue. Elle en attrape avec les dents, comme disait son amie Brigitte B. Du moins c'est ce qu'elle espère encore, même si les ans ont traversé ses ciels de lit et si les baldaquins sont défraîchis.


C'est dans ce jardin que tout a commencé, et c'est le même où tout finira par se terminer. Le premier amant fut blond comme cet homme en chaussures Adidas, le pull sur les épaules. Bien que le sien fut en ce temps-là non dégarni comme ce futur vieillard devant elle.


Mais ce n'est pas tellement lui qui fait ressurgir les souvenirs. C'est la chaise vide à ses côtés et qui lui tourne le dos. Un mauvais signe. D'ailleurs, déjà à l'époque, ce premier était indifférent quasiment à tout, sauf à Sidonie, ses yeux bleu lessive, ses joues trop maquillées, sa poitrine haute gentiment arrogante, et sa main qu'elle sait imperceptiblement glisser sur la cuisse des hommes.


Sidonie n'a jamais vraiment aimé. C'est une consommatrice, elle s'attache pour un temps. Puis elle quitte, se croyant libre. Cette chaise vide devant elle la trouble. Peut-être qu'elle lui ressemble. N'est-elle pas vide elle aussi, tournée vers nulle part. Elle aimerait être comme les autres là-bas plus loin, la femme en rouge qui parle avec l'homme, sûrement de leur amour invente-t-elle. Et d'autres encore qui devisent agréablement sous le soleil printanier.


Pourquoi le premier amant, rencontré ici, n'a pas su être l'unique, le comblant, le héros de sa vie, pourquoi ne lui fit-il pas quatre ou cinq enfants. Et même plus comme dans les contes de fées. N'est-ce pas cela qui fait dire au conteur « ils furent heureux » ?


Mais voilà, son destin était autre. Le blond s'en alla, les autres succédèrent. Jamais plus d'un à la fois. De la joie souvent, du bonheur rarement. Il faut savoir ne pas être trop exigeant.

Sidonie vit seule désormais, elle vient encore dans le jardin, marchant difficilement avec sa canne. Elle a perdu des cheveux et le cancer emporta ses seins. Ah la santé ! Il n'empêche, à l'EHPAD tout proche où elle réside, des résidents la regardent encore et elle sait bien qu'elle ne dira pas non.


Aussi jusqu'а ce qu'on la cloue 

Au sapin de l'enterrement 

Qu'on le lui reproche ou l'en loue 

Sidonie aura plus d'un amant


… c'est d'ailleurs ce que Brigitte disait déjà (ICI) de Sidonie il y a un certain temps…


vendredi 27 janvier 2023

L'écriture et moi


Un texte écrit dans le cadre d'un atelier d'écriture. Trois phrases imposées (écrites en gras) . L'une au début, l'autre dans le cours du texte, la troisième à la fin.

Ça a donné ceci :



L'écriture et moi



Si je ne les écris pas, les choses ne sont pas allées jusqu’à leur terme, elles ont été seulement vécues, humainement vécues je précise. Le terme c'est lorsqu'elles ont pris sens dans  ma trajectoire de vie. À défaut elles sont inachevées,  comme en suspens. C'est comme un joli meuble qu'on aurait terminé, mais dont le bois resterait brut, sans le vernis ou le polissage qui le rend complet. 


Y a-t-il meilleure manière de cueillir le sens que dans l'écriture qui mène au terme ? Alors bien sûr il y a la verbalisation, mais elle risque de n'avoir que la valeur du verbiage. Seul l'écrit parachève. C'est pourquoi je ne cesse d'écrire depuis l'âge de 13 ans. Depuis que j'ai compris que ce qui m'arrivait devait être confié sur une page blanche pour prendre véritablement sens dans ma vie.


Souvent on pense que  tout est temporaire dans l'existence, les sentiments,  les émotions,  toutes ces pensées bonnes ou mauvaises. Ce n'est pas faux. Il n'empêche qu'au-delà du temporaire  il y a une permanence intérieure dans les profondeurs de l'être. Une zone stable comme les rochers solides qui résistent aux tempêtes et aux marées. Une zone de personnalité partiellement enfouie,  qui émerge au long de notre vie…  à condition qu'on s'y intéresse, qu'on la regarde surgir. Alors ce qu'on croit temporaire s'inscrit dans une continuité de vie. Et c'est bien souvent cette aventure extraordinaire de l'intériorité  qui s'écrit dans mes carnets secrets ou partiellement dévoilés ici ou ailleurs. 


 Ainsi se déroule ma vie, qu'avec recul je constate axée, au jour le jour, page après page, clavier ou stylo en action. C'est en cela que je rejoins ce qu'a pu  dire Stendhal (même si cet auteur n'est pas ma tasse de thé) parce que ses propos confluent, au moins partiellement, avec mes convictions les plus profondes. :"Je crois, malgré les occasions ratées, à la multitude des possibles".


lundi 23 janvier 2023

L'innovation.

 



150 éme Devoir de Lakevio du Goût.



Le musée des Beaux-Arts de Nancy expose cette toile d’Émile Friant.
Cette interprétation domestique de « La naissance de Vénus » semble dévolue, au premier abord, à la stimulation d’un amant peu assidu.
Seulement voilà, j’ai vu quelque chose dans cette toile qui m’a amené à me poser des questions.
De moi, je suppose que ça ne vous étonne pas…
Encore que non, n’allez pas penser à des histoires de galipettes, non, pas du tout.
Mais vous ?
Qu’y voyez-vous ?





Voilà, c'est fini. Quel soulagement ! L'équipe vient de terminer le flaconnage. Très bien. Très sobre. Tout à fait ce que voulait le Grand patron.

De mon côté j'en ai terminé avec tout ce qui concernera les visuels et messages radio. Je ne suis pas mécontente de l'affiche. Pour les messages radio c'est encore à améliorer.


Je ne me suis pas présentée : Marie-Madeleine de Lentour-du-Pot, directrice de l'entité Réclame. Oui, les temps changent, j'ai été formée chez Marcel Blumstein Blanchet qui vient de fonder Régie-presse pour faire de la réclame sur des produits dont on veut la réussite. Je sais pas si ça va marcher, mais moi ça me plaît bien. Depuis le Grand patron de l'Oréole nous serine à tout bout de champ : « Faut faire de la réclame, faut faire de la réclame ! »


Pour l'affiche on a trouvé une jeune mannequin désœuvrée qui avait tout à fait l'allure et le corps qui convenait. Après des hésitations elle a quand même accepté qu'on la rase partout (pas les cheveux évidemment). On a quand même évité d'utiliser notre nouveau produit car on ne sait pas les effets à long terme sur la peau. Et on veut pas d'ennuis avec la justice. Elle a signé tous les papiers qui convenaient.


Nous avons fait appel à un peintre recommandé par le Grand patron. (Un dénommé Trident ou Fridan, un truc comme ça… je connais pas). Paraît que c'est un type qui va avoir du succès. Franchement pour ce qui me concerne, je l'ai trouvé vraiment beau gosse et je demande si… mais bon, ça c'est privé !…


Aller ! Vous êtes toutes et tous prêts ?

Tagada : je vous dévoile le truc.







jeudi 19 janvier 2023

Ça va ? Et toi ça va ?

L'ombre d'un arbre voisin sur ma pelouse, par un soleil hivernal. OK, j'ai un peu bricolé la photo (une mauvaise habitude probablement). J'ai pensé : c'est l'ombre de moi-même. Un portrait en quelque sorte pour celles et ceux qui ne connaissent pas ma bouille, soit 99,9 % de mon lectorat passé présent et à venir.

C'est dire si je suis en pleine forme.


Il n'y a pas bien longtemps j'ai pris une année de plus. Mine de rien ça commence à peser, surtout quand on se dit qu'on n'en a rien à foutre des réformes en cours que cela concerne les Vieux ou les jeunes.

J'ai fait mon temps ! Effet montant terminé !

Ça tombe bien, j'ai évoqué récemment sur un blog aussi célèbre que féminin, « la croissance par diminution ».


Aparté : celle qui est d'accord pour partager le reste de ma vie est toute contente. Elle vient d'appeler son dentiste : c'est fou, elle aura un rendez-vous en 2023 ! Vers la fin mai. Grâce à notre merveilleux système médical français. Merci à tous les politiques des 40 dernières années et même plus !


Bah voilà, je diminue. Je me rabougris comme cet arbre déjà bien vieux, et qui n'a pas vraiment réussi son développement. Peut-être que si le voisin l'avait moins taillé ?… 

Et moi, qui m'a taillé comme je suis ?


Bon, changeons le regard, il y a quand même pas mal de vert dans la photo. Sa surface est grande, et quelques feuilles mortes auxquelles j'ai tenté de redonner un peu de vie en les boostant, vont ensoleiller mon horizon cérébral.

J'ai la tête aussi lourde que des pensées lourdes que je trimbale lourdement.


S'il n'y avait pas le gai soleil de cette photo prise hier, il n'y aurait pas d'ombre à se mettre sous la plume. Ça doit être cela la pensée positive : Se mettre au soleil, à l'ombre d'un doute.


Est-ce que ça me fait du bien d'écrire ces mots ? (Oui, parce que globalement je tiens ce blog plutôt pour me faire du bien plutôt que du mal). Ça soulage sans doute. Ça fait mettre hors de soi un peu des morceaux des fardeaux à porter et supporter.


Mais c'est quoi ces fardeaux ? J'entends certaines le penser et l'envisager en commentaire.

Bah c'est des trucs pénibles, pas vraiment marrants, pas des tonnes non plus, mais pas des plumes cependant. Tiens j'y pense, pour certains trucs, faudrait quand même que je vole dans les plumes à des Trouduluc qui le mérite amplement. Je vais faire la liste.


Les douleurs ? Merci, ça va pas trop mal de ce côté-là… encore que…

Dès qu'on est entré dans le club des Tamalou, on est obligé de payer la cotisation mensuelle pour avoir le droit de se plaindre sans rien dire.

En conséquence, je crois que je vais payer de ma personne.


Ce sera tout pour aujourd'hui !


lundi 16 janvier 2023

Anastasia

 


149ème Devoir de Lakevio du Goût


Cette toile de Marc Chalme me dit quelque chose.
Elle me rappelle une histoire, triviale certes mais une histoire.
Et à vous ?
J’aimerais que cette histoire commençât par « Mais qu'allait-elle faire là-bas ? ».
J’aimerais aussi qu’elle se terminât aussi par « J’en retirai le soulagement espéré… »
Ne cherchez pas dans votre bibliothèque ou sur Internet, ces deux phrases plates mais courantes sont de votre serviteur.
À lundi j’espère.




Anastasia


Mais qu'allait – elle faire là-bas ? Et pieds nus en plus !

Chaque jour je me demandais un peu plus pourquoi je restais là attendant son retour après chaque escapade. Bien sûr « on est responsable de ce qu'on a apprivoisé » comme disait l'autre, mais quand même il y a des limites.

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La dernière fois j'avais dû lui retirer deux échardes du pied et malgré ça un début d'infection avait amené à ce qu'on se retrouve chez le pharmacien qui a délivré une crème de perlimpinpin qui a fonctionné, mais je soupçonne un effet purement placebo. Ça marche avec elle. Ultrasensible, voilà comment elle est.


Aujourd'hui j'avais décidé de continuer tranquillement à écrire mon roman. L'ordinateur de poche ouvert je m'étais préparé un thé, et je sentais bien que l'inspiration montait de minute en minute. Il  me fallait tapoter du clavier. Or c'est à cet instant là qu'elle est arrivée, venant de la chambre. Elle a regardé au loin et m'a déclaré :

— Faut que j'y retourne. Il faut absolument que j'y retourne.


Et elle s'est mise à courir vers le petit bois puis à disparaître de ma vue. Alors, forcément, mon inspiration est retombée comme un soufflé qui n'a plus aucune allure. oui mais voilà, lundi mon éditeur me rappelle pour me demander où j'en suis. Il s'impatiente et je le comprends, ça fait trois mois je ne lui ai rien envoyé. Je fais un métier d'inventeur de tragédie complètement absurde. Absurde mon métier ? Ou absurde la tragédie ? Je n'arrive pas à trancher.


Au début, je croyais avoir trouvé ma muse, mon inspiratrice de la modernité. Certes, j'étais vieux, mais une nouvelle jeunesse montait du fond de moi rien qu'en la voyant. Anastasia été roumaine, sans papier, mais belle comme le jour, aux vêtements élimés, mais au regard éclatant de nouveauté. Immédiatement j'avais hébergé ses 28 ans sous mon toit. Mais surtout dans mon lit. Une grande aventure sentimentale venait de naître. Elle serait l'héroïne du roman.


C'était il y a six mois ! Aujourd'hui, une fois de plus elle s'enfuit je ne sais où. On avait quand même de la difficulté à se comprendre vu le peu d'efforts qu'elle faisait pour apprendre le français. Les gestes c'est bien, surtout dans l'intimité, mais dans le quotidien, ça complique de ne pas avoir les mots. Elle m'expliquait avec force gestes, qu'elle ne pouvait faire autrement que ces allers-retours trop fréquents qui commençaient à m'inquiéter, d'autant que j'avais un peu le sentiment que des objets précieux s'étaient égarés dans le manoir du XVIIIe siècle où j'habitais seul jusque-là. Ce ne pouvait être elle, bien évidemment, puisque je la comblais dans tous les domaines sentimentaux mais aussi matériels. Je lui offrais tout ce qu'elle demandait.


Maintenant, il faut que je vous dise : l'objectif prévu, qu'elle soit mon inspiratrice pour ce roman, partait en quenouille. Ses escapades tarissaient mon imaginaire. Ça ne pouvait plus durer. Alors donc, celle-ci serait la dernière. Après tout, une sans papier ça ne laisse pas beaucoup de traces où ça passe.

J'ai tout de suite pensé au vieux puits à l'arrière du jardin. Personne n'irait fouiller là-dedans. Curieusement, une fois la décision prise, mon inspiration m'est revenue et je me suis remis au clavier tapant et tapant encore à m'en faire mal aux doigts.


À la tombée du jour je l'ai vue  réintégrer le manoir, toujours aussi gracieuse, roulant des hanches comme c'est pas possible. Quelle petite garce finalement ! Cette pensée aussitôt m'a confirmé dans mes intentions. On allait en finir, et ce, dès cette nuit. À cette perspective J’en retirai le soulagement espéré.


lundi 9 janvier 2023

Des rituels ordinaires

 

148ème Devoir de Lakevio du Goût.



Auriez-vous une idée de ce qui peut donner à cette jeune fille un air aussi niais ?
J’ai regardé attentivement la toile de Monsieur Pierre-Auguste Renoir.
Une idée m’est venue.
Et si vous disiez lundi laquelle vous est venue.




Des rituels ordinaires


— Et voilà ! Encore le même scénario ! Ça fait des semaines qu'on vient ici sous la ramure au fond du jardin. Il m'oblige à m'asseoir dans l'herbe et ma robe, que maman a payé très cher, va encore une fois être toute souillée. Je ne sais plus quoi lui raconter. Je ne peux quand même pas dire à ma mère ce qu'il m'a fait. Parce que là aussi c'est toujours le même scénario, il vient près de moi et pose sa bouche au-dessus de mon sein et il mordille le tissu de la robe, tout en murmurant des mots que je ne comprends même pas. Est-ce que ça va bientôt cesser cette comédie ? J'ai cru comprendre qu'il souhaitait des choses, mais je ne sais pas si c'est vraiment ce dont il s'agit. Aussi j'ai décidé de faire un test.


J'ai commencé à déboutonner son gilet pour voir ce qui se passerait. Je l'ai soulagé d'un bouton, puis deux, puis trois, mais il ne bouge pas et continue à marmonner dans sa barbe contre mon sein. Je voulais voir si c'était comme Monsieur le curé quand je déboutonne sa soutane du haut en bas tandis qu'il me confesse dans la sacristie. Je dois ensuite toucher son ventre d'ecclésiastique et descendre quelque peu plus bas. C'est à cette condition qu'il commence à me donner l'absolution. Ensuite vient le temps de ma pénitence à exécuter sur place.


Mais, ici, ce n'est pas pareil qu'à confesse. C'est la conclusion que j'en ai tirée. Combien de temps ça va encore durer ce petit manège. Certainement que je devrais réagir, mais comment ? Maman ne m'a rien appris à ce sujet. Elle me répète seulement : « ma fille, fais attention aux hommes ! » Et bien c'est ce que je fais. Je fais attention à ne pas le déranger dans l'expression que je crois être son intérêt pour moi. Mais quand même, j'ai le corset qui commence à me serrer un peu trop. À force qu'il appuie sur mon sein il y a une baleine qui commence à me faire mal. Et maman ne m'a pas dit qu'il fallait qu'en plus je souffre pour satisfaire les messieurs.


Certes, je ne peux pas dire que je suis insensible à Gustave, ce vieux garçon sympathique à la timidité bienséante appartient à une famille dont la réputation est excellente. Mais enfin, s'il ne se déclare pas, on ne va pas avancer.


Je tente de forcer les choses en progressant du côté des boutons du gilet. J'en suis quasiment au dernier. Dois-je faire de même avec la chemise, et, comme avec Monsieur le curé, aller jusqu'à son ventre ? Je ne sais… je craindrais en agissant ainsi de sombrer dans le péché. Dès lors il me faudrait avouer la chose à confesse et je crains dans ce cas une pénitence poussée beaucoup plus loin.


Fort heureusement, Gustave se redresse, se reboutonne et me déclare sur un ton dont je ne sais s'il est grivois ou courroucé : « Mademoiselle Berthe, nous n'en sommes pas encore là ! Une étape à la fois ! ».


Et c'est ainsi que nous rentrons.