Hier, nous avons visité l'exposition Modigliani au musée d'Art moderne de mon coin. Rien à dire sur la qualité de l'exposition elle-même, son agencement et son organisation. La rétrospective consacrée à son œuvre est bien faite et bien documentée.
J'ai cependant quitté l'expo relativement déçu. Certes, je ne suis pas un fanatique de Modigliani, mais j'apprécie cependant certaines de ses œuvres.
J'espérais que mon plaisir grandirait en voyant les toiles en vrai .
Mais là, toutes ces tableaux m'ont donné le sentiment d'une intense tristesse qui ressortait de ces visages et de ces corps. Et puis le côté quasi systématique de ce fameux œil intérieur (les orbites vides sur quasiment toutes les toiles), non seulement cela semble répétitif, mais à force perdre de son sens, au point que l'on se demande si l’artiste était incapable de peindre des yeux expressifs ou s'il s'agissait d'un procédé repris à l'envie.
J'ai longuement « respiré » sur le tableau d'un jeune garçon à l'œil vif (pour une fois…), au visage souriant et ouvert qui donnait une impression positive.
Alors certes, on peut dire qu'il a peint des gens ordinaires de son entourage et de ses amis, sans recourir à des modèles professionnels, hormis pour quelques nus (qui firent d'ailleurs scandale… à la vitrine du galeriste !…) et qui étaient des œuvres de commande pour lui faire gagner un peu d'argent.
Digression :
Côté argent, on peut voir une facture de la galerie à un collectionneur et mécène de Modigliani : 1250 Fr. l'œuvre en 1923 (ou 25?), soit environ 1000 € d'aujourd'hui. Bon sang, pourquoi mes parents (ou grands-parents) n’ont pas acheté un Modigliani ! Aujourd'hui le portrait dudit mécène s'est vendu 6,4 millions d'euros…
Redevenons sérieux :
une fois de plus j'ai pu observer qu’entre la vue d'une reproduction, fût-elle de qualité, et le contact avec une œuvre originale, ce n'est vraiment pas la même chose. Pas le même émotionnel. J'en fais à chaque fois le constat. Il émane de l'œuvre réelle une puissance qu'aucune reproduction ne peut transmettre. À ce sujet, je suis toujours surpris des gens qui passent 4,5 secondes devant une toile, puis devant la suivante, puis devant la troisième.
Ils pourront dire « qu'ils ont fait l'exposition ». Sûrement qu'ils passeront plus de temps à la boutique pour acheter le gros bouquin qui reprend les oeuvres de l'expo. Comme ça ils pourront le ranger sagement sur le troisième rayonnage à gauche de la bibliothèque à droite dans le salon.
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En sortant de l'expo proprement dit je suis allé dans la salle dite de « l'art brut », et là, je peux dire que je me suis régalé… avec ces gens « ordinairement spéciaux » de ma région ou d'ailleurs : comme, Émile Ratier, Jean Lefèvre, ou Corinne et Alfred (sous le nom de A.C.M.) qui ont composé des villes imaginaires ou des fantasmagories à partir de toutes sortes d'objets ou de bricoles récupérées ça et là…
Artiste illuminés, mythiques, internés en psychiatrie, être terrifiés par les bombardements de 40, ou simplement retraités maniaques…..
Pour le coup je fus impressionné !
J'ai pensé, non sans une certaine tendresse, à François Pignon dans le dîner de cons, et ses tours Eiffel en allumettes…
Tenez, je vous montre :
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| André Robillard (en psychiatrie) |
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Jean Lefèvre
Montage complexe pour signifier la modernité de l'électricité partout
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| A.C.M (Alfred et Corine)
composition assez immense.... 5 ou 6 M2 plus peut-être.... Une sorte de ville imaginaire....
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| A.C.M (Alfred et Corine) |












