La sortie de la bulle familiale de bonheur se fait progressivement.
Ce fut une semaine autarcique en même temps qu'ouverte.
Elle et moi : parents et grands-parents
eux : nos enfants, leurs conjoints et leurs familles.
Nous tous : rassemblés pour la première fois depuis plus d'un an.
Une bulle de bonheur durant une semaine.
Une bulle multicolore avec des arcs-en-ciel, comme ces bulles de savon de l'enfance qui brillaient magiquement dans le soleil. Nous avons tout vécu, des délires avec éclats de rire, des jeux, des cadeaux, des fêtes d'anniversaire, de réussites aux examens des jeunes, des émerveillements de projets prometteurs, de nouvelles dynamiques professionnelles malgré covid, des échanges nocturnes en profondeur tandis que les petits-enfants s'occupaient entre eux loin des vieux.
J'en ressors avec un sentiment de gratitude et de fierté. La gratitude pour la générosité de la vie, la joie et les élans de vie de ces jeunes qui ont confiance dans leur avenir. Ils préparent des choix novateurs qui n'ont plus rien à voir avec ma génération de soixantehuitards. Plus matures, plus sérieux, et en même temps une joie d'être et une vitalité débordante. Nous voilà loin des actualités médiatiques et mortifères dont on nous rebat les oreilles pour mieux placer les publicités vendant un bonheur aussi factice que mensonger.
Le vrai bonheur je l'ai vécu, et je le vis encore.
Prophètes de malheur : vous n'aurez pas ma peau !
Un sentiment de fierté m'habite également. Pour la première fois peut-être je regarde ma descendance avec « des yeux d'ancêtre » !…
Et oui ! Je suis maintenant le plus vieux ! Mes propres « anciens » sont tous partis six pieds sous terre, définitivement. Reste bien entendu leur mémoire, la reconnaissance que j'ai à leur égard et la transmission à poursuivre.
Il n'empêche : c'est désormais mézigue l'ancêtre !
D'ailleurs on me le dit, me le fait savoir, tantôt avec malice, tantôt avec ce désir de recueillir une parole. Et là je mesure une forme de responsabilité simple et naturelle, celle d'une transmission orale nécessaire juste et vrai des éléments de l'histoire dont ils ont à connaître pour leur propre construction personnelle et la bonne santé de leur vie et de sa structuration. Car on ne se construit pas à partir de rien, mais on bâtit son originalité unique intégralement dans le cadre de la lignée à laquelle on appartient, qu'on le veuille ou non, laquelle fut ce qu'elle a été, qu'on le veuille ou non.
Et c'est fondamental de la connaître avec justesse par ceux qui ont encore une voix vivante qui parle, explique, et espère porter du fruit.
Ma responsabilité est dans « la justesse du propos » qui bien entendu ne peut être que celle que je perçois de ma fenêtre. Mais j'ai des petits-enfants suffisamment capables de faire la part des choses. J'en ai eu la démonstration par la pertinence de leurs questions.
La sortie de la bulle de bonheur nécessite un temps de décompression, de repos physique, (elle sait prendre votre énergie, cette jeunesse !). Et donc aussi de détente.
Une de mes manières de me détendre consiste à bidouiller sur PhotoShop, en écoutant de la musique que j'aime. Cette fois-ci ce fut un enchaînement de concert de « jazz classique ». L'ensemble me lave la tête.
Il en est notamment résulté la bidouille que je publie ici. Pour ma part, assez étonnamment, j'y ai vu quelque chose qui évoquait cette fameuse semaine, alors que je me laissais aller avec les possibilités du logiciel au gré d'une inventivité jaillissante et désordonnée.
J'ai eu le sentiment que ça donnait un résultat assez gai ! D'où le titre « l'Aventure en chantant »… l'aventure de la vie qui se poursuit, se transmet, ne cessera jamais de réjouir, pour peu qu'on appelle à sortir du fond de soi la joie d'être…










