Depuis quelques mois je n'écris quasiment plus de texte… disons… plutôt personnels.
Enfin, je n'en écris plus… sur ce blog.
Je suis devenu moins prolixe de l'intime de moi. Je ne vis pas cela comme un repli, encore moins comme une stratégie, encore que…
C'est un repli comme on se retire au désert, pour y recevoir la bienfaisance de l'aride solitude nécessaire à toute maturation intérieure.
C'est curieux comment fonctionne l'intériorité. Il faut parfois une terre aux apparences desséchées pour que se préparent les germinations futures. Cette sorte d'aridité n'est pas la sécheresse, bien au contraire. Dans le désert lorsqu'on creuse un puits on arrive toujours à la nappe aquifère.
Il arrive que je sois un puits méditatif en cours de creusement !
Je sais que viendra l'eau qui irrigue la terre et produit la nouvelle germination inconnue jusqu'alors.
Je le pressens, comme on sent monter la sève nouvelle dont les effets ne sont pas encore visibles.
Il faut creuser, et puis se reposer. Creuser, et puis se reposer.
Comme une ascèse.
Comme je regardais mon oncle bêcher son jardin. La terre n'était pas bien bonne ni bien riche. Mais il avait la foi. La foi que ces plans de patates qu'il allait planter donneraient de la nourriture pour toute la saison d'hiver.
Je l'ai longuement observé dans cette lenteur active : Bêcher et se reposer. Bêcher et se reposer. Victime de guerre, il était de santé précaire. Trop jeune pour le réaliser, j'observais toutefois son labeur patient, non sans une certaine admiration.
Enseignement par observation. Il instillait en moi ce que j'ignorais alors.
Je ne pensais pas évoquer cet oncle à cet instant, même si j'ai déjà parlé de lui par ailleurs. Ouvrier d'usine, faisant « les trois huit » et jardinier par nécessité économique. Un « maître à vivre » par l'exemplarité d'une vie. Il m'aimait. Je l'aimais.
Il me semble avoir fait une sorte d'unité entre l'homme d'action et le méditatif. C'est curieux, j'entrevois que cette unité s'est faite très tôt, sans que j'en ai nulle conscience, avant… disons vers 35/40 ans.
Dans mon enfance, le petit garçon contemplatif était considéré comme un paresseux. Dans le meilleur des cas un rêveur.
Après mon accident de santé, je suis devenu un petit garçon courageux. Changement de paradigme. C'est vrai que je me suis découvert volontaire et actif pour « m'en sortir », ayant foi en mon devenir. Ça a fonctionné.
Mon relatif immobilisme physique, eut pour conséquence que l'on m'a donné « la permission » d'être contemplatif et rêveur, du moment que je réussissais à l'école.
Renversement d'échelle de valeurs.
Je m'égare… comme on dit à la SNCF.
Je retourne à mon silence.
Comme la lumière est nécessaire à la plante, le silence est nécessairement à mon intériorité.
Enfin, disons un certain silence.
On peut parler, chanter, dire des bêtises, sans perturber pour autant ce silence tout au fond.
Cela ne m'empêchera pas probablement d'écrire sur la consigne de Laquevio durant ce week-end…