J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
*

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mardi 26 février 2019

la nuit...




la nuit tous les chats sont moches
les gris, et les autres.
la nuit porte les soucis
les alourdit, les rend zombies…
Photo AlainX
La nuit ne dort jamais.
La nuit, le noir envahit et la faiblesse s'installe.
Nul n'y peut rien.
Pourquoi des nuits si longues ?
Si longues.

La nuit, les ombres du passé surgissent d'en bas.
Se glissent entre les os
le corps tremble, transi, glacial.

Nuit, pensées nuisibles.
Nuit funeste, fétide
nuit encre noire de Chine
nuit pesticide.

La nuit le borgne dort des deux yeux
l'aveugle se croit en plein jour
La nuit les ombres sont allongées, pour bronzer.
La nuit tout devient bizarre
quand elle entre en gare.

Le sorgueur, voleur de nuit, viendra-t-il ?
Dérobera-t-il la nuit, définitivement ?

Restituer le jour raisonnable
Céder la place au soleil
qui lui en connaît un rayon.


lundi 25 février 2019

Une histoire de famille

A vos plumes !




Une histoire de famille

Mathurine Borniche avait pondu deux filles, Euphrasie et Théoxane, aussi exécrables qu'elle. C'est dire si les occasions de s'ébaudir étaient aussi rares  dans la famille qu'une dent de poulet élevé aux graines de lin.

Elles formaient une triplette inséparable, depuis le brusque décès du père Éléazar Borniche, mort d'un coup de pistolet de cavalerie modèle 1763 de la manufacture de Maubeuge, qu'il tenait de son aïeul, qui lui-même le tenait à la main lorsqu'il menaça sa belle-mère pour une bête question de partage des louis d'or d'un héritage.

La police accorda immédiatement du crédit à la thèse selon laquelle la mort d'Éléazar Borniche résultait d'un accident bête, lorsqu'il s'était astreint au nettoyage annuel de l'arme. Le coup était parti tout seul. C'était d'ailleurs la même explication que Borniche avait donnée lorsque sa femme s'était retrouvée enceinte deux fois.
C'est dire si les Borniche avaient le sens des relations nécessaires.

Les filles Borniche étaient désormais  à la tête d'une petite fortune (la fameuse transmission des louis d'or de l'héritage). En conséquence leur mère veillait sur elles comme un banquier veille sur son coffre-fort.

Tandis que le chauffeur de la Renault AH-1905  les conduisait au cimetière comme chaque semaine,  leur mère enjoignit à ses filles de porter la main à l'épaule et selon le rituel, de jurer fidélité à leur virginité, jusqu'à ce que Mathurine Borniche en décide autrement. C'est-à-dire jusqu'à ce qu'elle ait trouvé pour chacune d'elles un parti digne d'intérêt, ce qui voulait dire suffisamment fortuné, en sorte que ne soient pas dilapidés les louis d'or familiaux.

C'était sans compter avec le fils du baron de Tourne-Moinfaure, qui lui aussi venait faire semblant de pleurer son aïeul dans ledit cimetière, et dont Euphrasie et Théoxane tombèrent simultanément amoureuses dès qu'elles virent la profondeur de ses yeux bleus et la hauteur de son chapeau haut-de-forme. Mathurine Borniche, à qui on ne la fait pas, comprit aussitôt que le malheur était proche. Il était de notoriété publique que la lignée Tourne-Moinfaure était désargentée depuis trois générations.

Chacun sait que l'amour est aveugle, et que quand il y en a pour deux il y en a pour trois… chacun le sait, sauf Mathurine Borniche qui en connaît autant sur l'amour que tout ce qui concerne la réparation du moteur d'une Renault AH – 1905.

Un an plus tard, lorsque baron de Tourne-Moinfaure épousa Euphrasie, et ne tarda pas à faire de Théoxane sa maîtresse, Mathurine Borniche vit son visage se couvrir de rides en quelques semaines, devenir émacié et sa chevelure rougeoyante blanchit. Elle dépérit de jour en jour pour finir par s'éteindre.

On raconte que les soirs où la lune est argentée, une ombre fantomatique traverse le cimetière du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest ; et qu'il arrive parfois que l'on retrouve des louis d'or sur quelques tombes ; et que le gardien  du cimetière s'empresserait de les faire disparaître au fond de ses poches..
On raconte tant de choses…

(Merci d'avoir lu jusqu'au bout… ce n'était pas très inspirant !…)


jeudi 14 février 2019

Leçon d'un petit bâton


Il y a trois ans, peut-être quatre, une plante du petit parterre devant la maison donnait des signes de faiblesse qui lui faisait courber l'échine.
Un fin bout de bois, tout droit, ramassé dans le jardin, servit de tuteur pour aider la petite plante à croire en elle au point d'aller puiser un peu de vie avec ses petites racines.

La petite plante n'avait sans doute pas envie de vivre bien longtemps dans l'univers végétal, elle continua à courber la tête et finit par rendre l'âme. Si tant est que les petites plantes aient une âme. Mais pourquoi pas. Seul le petit tuteur, conscient de son rôle et de sa responsabilité, demeura bien droit et bien planté dans le sol.

Voici la photo de ce petit tuteur qui ne dépassait guère 30 à 40 cm … avant qu'il ne prenne racine. C'était une petite branche du forsythia du voisin.
Il a pris de l'ampleur. Et encore, si vous l'aviez vu avant qu'il soit rabattu à l'automne, il menait des branches à plus de 2 m de hauteur.




Probablement que voyant qu'il n'avait pas réussi à bien aider la petite plante, il s'est décidé à devenir utile lui-même, d'autant qu'il avait certainement lu dans mon cerveau (vous pensez que ce n'est pas possible ? Mais qu'est-ce que vous en savez !) que j'enviais quelque peu le forsythia du voisin qui était si magnifique au printemps. Ce qui était d'ailleurs idiot, puisque je profitais de sa vue.

Le bâton de forsythia m'a donné des leçons :

—  Lorsqu'on fait confiance et que l'on donne une petite mission ou responsabilité, cela réjouit celui ou celle à qui on la confie.
En échange, et sans qu'on le veuille, une récompense apparaît au moment où on ne l'attend pas.

— La vie a quand même une puissance extraordinaire, et qui, fort heureusement, n'a strictement pas besoin de nous pour se tenir à disposition.

—  C'est nous qui, comme des cons, parfois l'exterminons avec nos engins de destruction sophistiquée dans les forêts et ailleurs… à moins que ce soit des engins électroniques tout aussi sophistiqués, qui permettent de  pourrir la vie, de détruire psychiquement, et en quelque sorte massacrer l'autre, parfois choisi au hasard, à l'aide de messages électroniques et cerise sur le gâteau, dans le parfait anonymat et l'impunité.

— Enfin comment se fait-il que l'on côtoye tant de gens qui désespèrent de l'existence et de la vie en eux, alors qu'elle ne fait que proposer sans cesse un déploiement qu'il suffirait d'accueillir avec confiance. Et je dirais même : avec foi.
La foi en soi, la foi dans les tuteurs.


lundi 11 février 2019

C'est bizarre, non ?

À toute serrure une clé


Mots à placer :
Tardivement 
Symphonie 
Eclat 
Bordure 
Ergot 
Influence 
Grenat 
Correct 
Fracasser  
Parloir 





C'est bizarre, non ?

Il existe des personnes bizarres, n'est-il pas ?
Lorsque j'habitais à Paillasson-sur-Palier, dans le Finistère–Est, j'aimais me promener en bordure de la Palier — oui, ne pas confondre avec LE Palier qui est un fleuve de l'Afrique de l'Ouest, donc rien à voir avec LA Palier qui est une modeste rivière qui prend sa source quelque part plus haut —… me promener disais-je, pour écouter les oiseaux chanter une véritable symphonie en hommage à la nature.

Mais je m'éloigne de ce que je voulais vous dire à propos des personnes bizarres. Il faut savoir que j'ai eu le cerveau quelque peu fracassé, par la porte grenat de mon voisin de palier que j'ai prise  en pleine figure, alors que je m'apprêtais à pénétrer chez lui sous l'influence de je ne sais plus quelle drogue. Je veux bien admettre que cela n'était pas très correct.

Ce n'est pas une raison pour que mon imbécile de voisin — une de ces personnes bizarres que j'évoquais — ait obtenu l'autorisation du syndic de l'immeuble de clouer de vieilles clefs sur ladite porte, de sorte que la violence du courant d'air en la claquant  me défonça littéralement la tête au niveau de la tempe. Le chirurgien me confirma qu'un éclat de cervelle avait été à l'air libre. J'en ressens encore les séquelles cérébrales.

Je ne comprends pas pourquoi la police ne s'est pas intéressée plus avant à cette gravissime affaire. Mon voisin de palier aurait dû être inquiété. À quoi cela rime-t-il de clouer des clés sur sa porte d'entrée ? À narguer le représentant de serrures en tout genre, lors de ses démarchages hebdomadaires dans le quartier ?

Franchement la société va de plus en plus mal. Personnellement je l'avoue, les injustices flagrantes me font monter sur mes ergots.
 Il semble que la planète entière se désintéresse des clés clouées sur les portes. J'ai eu beau prendre en photo ces clés et les diffuser sur Facebook, personne n'a proposé de lancer une pétition sur Change.org !
La prochaine fois que le malheur se reproduira, les médias diront une fois de plus que tout le monde a réagi trop tardivement.

J'aurais pu encore vous dire bien des choses à propos des personnes bizarres, malheureusement je dois vous laisser pour l'instant, on m'annonce une visite au parloir de la clinique psychiatrique.

vendredi 8 février 2019

Photographies

L'opération : « trions - élagueons - supprimons - brulons - gardons précieusement » se poursuit. Elle s'inscrit finalement dans la durée.

Que les forces bénéfiques me prêtent vie pour mener la tâche à son terme.

J'en suis au tri des milliers de photos qui séjournent dans les archives à octets que sont les disques durs de mes ordinateurs, les disques externes et une flopée de DVD qui seront bientôt obsolètes. Il n'y a même plus de lecteur sur mon dernier Mac.

Il faut du recul pour apprécier. Enfin, en ce qui me concerne. D'ailleurs si on reste le nez sur un tableau impressionniste, on ne voit que des coups de pinceau désordonnés qui ne ressemblent à rien…
le recul des années me fait dire que j'ai quand même un certain nombre de photos qui mériteraient de ne pas passer d'un clic dans la « corbeille ».

J'ai donc décidé de faire un nouvel investissement sur mon blog photos, certes ancien, mais qui frisait depuis longtemps le dépôt de bilan. Je vais y injecter des capitaux photographiques qui ont failli disparaître.
Je le fais d'abord pour mon propre plaisir (ego es-tu là ?) parce qu'il n'y a que du bien à se faire du bien, et accessoirement pour le vague intérêt que quelques-uns d'entre vous pourront accorder à ce petit blog généralement en déshérence.

L'exhibition de photos plus ou moins anciennes, plus ou moins récentes, s'accompagne de l'élaboration de petits textes qui constituent mon deuxième plaisir narcissique.

Si vous avez du temps à perdre, rien ne vous empêche de vous abonner à ce blog.
Je m'engage (avez-vous remarqué que dans le dos je croise le majeur sur l'index de la main gauche ?) à publier régulièrement sur ledit endroit.

Photographiquement vôtre,

Alain Xtographe



lundi 4 février 2019

Lettre à Sarah




Mais qu'a donc bien pu écrire Saul Smitger à Miss Sarah
pour que celle-ci soit si en colère ?...









Eh bien voici la lettre :




Sarah,

Comme vous le savez, je me suis efforcé de prendre soin de vous depuis le décès de votre chère maman, qui vous a laissé sans famille aucune.
Je l'avais promis à la défunte sur son lit de souffrance, avant qu'elle ne trépasse.
Je cherche à m'acquitter au mieux de ma tâche dans un contexte difficile, il faut bien le dire. D'ailleurs un de vos cousins qui est parti vivre sous les tropiques et avec qui je garde une bonne relation, me l'a confirmé. Vous n'avez pas un caractère facile, facile.

Pour ne rien vous cacher, je m'attendais de votre part à un peu plus de coopération voire de compréhension puisque je vous ai désormais entièrement à ma charge. 

Je m'aperçois que vous avez de nouveau effectué des achats inconsidérés, pour ne pas dire inutiles. Vous vous comportez comme si tout demeurait comme avant. Or il n'en est rien.

Récemment, vous avez prétendu que vous me rembourseriez toutes les avances que je vous ai faites, sur l'héritage de votre mère, dès que vous entrerez en sa possession.

Je me suis renseigné auprès du notaire. Il se fait que votre mère laisse uniquement un bon paquet de dettes, ayant mené grand train.

J'avoue que moi-même j'ignorais ce qu'il en était. Sinon, vous pensez bien que je n'aurais pas été le dernier amant de votre mère, si j'avais su que là rombière était ruinée. Quelle garce !
Oui, je suis un gigolo, et cette fois je me suis fait bien berner. Je croyais toucher le pactole, et bernique !

Dans ces nouvelles circonstances vous comprendrez aisément qu'il n'est désormais plus question que vous puissiez compter sur moi pour quoi que ce soit, et certainement pas pour me soutirer le moindre Louis d'or.
En outre, à l'avenir, il est hors de question que je fréquente votre lit.

Adieu ! Vous êtes finalement pire que votre mère !
Sous vos airs de sainte-nitouche se cache une fieffée gourgandine doublée d'une harpie.

Bien évidemment je ne vous exprime pas les sentiments qui sont les miens à votre égard, vous tomberiez en syncope.


Saul Smitger 

vendredi 1 février 2019

Le point. Sans être final.


Depuis quelques mois je n'écris quasiment plus de texte… disons… plutôt personnels.
Enfin, je n'en écris plus… sur ce blog.
Je suis devenu moins prolixe de l'intime de moi. Je ne vis pas cela comme un repli, encore moins comme une stratégie, encore que… 

C'est un repli comme on se retire au désert, pour y recevoir la bienfaisance de l'aride solitude nécessaire à toute maturation intérieure. 
C'est curieux comment fonctionne l'intériorité. Il faut parfois une terre aux apparences desséchées pour que se préparent les germinations futures. Cette sorte d'aridité n'est pas la sécheresse, bien au contraire. Dans le désert lorsqu'on creuse un puits on arrive toujours à la nappe aquifère.

Il arrive que je sois un puits méditatif en cours de creusement !
Je sais que viendra l'eau qui irrigue la terre et produit la nouvelle germination inconnue jusqu'alors.
Je le pressens, comme on sent monter la sève nouvelle dont les effets ne sont pas encore visibles.
Il faut creuser, et puis se reposer. Creuser, et puis se reposer.
Comme une ascèse.
Comme je regardais mon oncle bêcher son jardin. La terre n'était pas bien bonne ni bien riche. Mais il avait la foi. La foi que ces plans de patates qu'il allait planter donneraient de la nourriture pour toute la saison d'hiver.
Je l'ai longuement observé dans cette lenteur active : Bêcher et se reposer. Bêcher et se reposer. Victime de guerre, il était de santé précaire. Trop jeune pour le réaliser, j'observais toutefois son labeur patient, non sans une certaine admiration.
Enseignement par observation. Il instillait en moi ce que j'ignorais alors.

Je ne pensais pas évoquer cet oncle à cet instant, même si j'ai déjà parlé de lui par ailleurs. Ouvrier d'usine, faisant « les trois huit » et jardinier par nécessité économique. Un « maître à vivre » par l'exemplarité d'une vie. Il m'aimait. Je l'aimais.

Il me semble avoir fait une sorte d'unité entre l'homme d'action et le méditatif. C'est curieux, j'entrevois que cette unité s'est faite très tôt, sans que j'en ai nulle conscience, avant… disons vers 35/40 ans.
Dans mon enfance, le petit garçon contemplatif était considéré comme un paresseux. Dans le meilleur des cas un rêveur.
Après mon accident de santé, je suis devenu un petit garçon courageux. Changement de paradigme. C'est vrai que je me suis découvert volontaire et actif pour « m'en sortir », ayant foi en mon devenir.  Ça a fonctionné.
Mon relatif immobilisme physique, eut pour conséquence que l'on m'a donné « la permission » d'être contemplatif et rêveur, du moment que je réussissais à l'école.
Renversement d'échelle de valeurs.

Je m'égare… comme on dit à la SNCF.
Je retourne à mon silence.
Comme la lumière est nécessaire à la plante, le silence est nécessairement à mon intériorité.
Enfin, disons un certain silence.

On peut parler, chanter, dire des bêtises, sans perturber pour autant ce silence tout au fond.
Cela ne m'empêchera pas probablement d'écrire sur la consigne de Laquevio durant ce week-end…