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samedi 29 février 2020

Le bonheur au cœur du malheur.


Le couple bonheur/malheur fait-il forcément mauvais ménage ?
La vie n'est jamais tout l'un ou tout l'autre. Ni horreur absolue, ni félicité éternelle. Ce couple existe immanquablement en nous. Il ne peut ni être définitivement séparé, ni se vivre dans un état fusionnel et confus.

Autre couple : corps/esprit. Un classique !
On peut être obsédé par son corps. Soit pour l'améliorer sans cesse dans son apparence et/ou ses performances ; soit l'obsession se focalise sur sa souffrance, la douleur, la maladie a en devenir hypocondriaque etc.
 À l'inverse on peut être obsédé par l'esprit qui doit tout dominer, le corps compris. Vivre  « dans sa tête » sans véritablement de corps, consciemment.  alors le registre des ressentis est bien faiblard… on a certes quelques sensations cérébrales comme la griserie intellectuelle ou le jeu d'esprit. Mais dans le corps ? On ne ressent rien, parfois pas même la douleur. J'ai accompagné quelqu'un qui n'avait jamais ressenti les rages de dents qui auraient dû le faire atrocement souffrir selon son dentiste.
Pourtant l'esprit n'est pas ailleurs que dans le corps. Même pour ceux qui pensent qu'après la mort « il s'envole » vers je ne sais quel ailleurs inconnu… 

 De fait nous ne faisons qu'un, tel un couple se compose d'une seule unité, et cependant dans un couple on est deux.
Je semble dire des choses qui peuvent paraître assez banales.
Pas tant que cela. Souvent, sous prétexte d'analyse, on aime séparer, cloisonner, mettre dans des cases, enfermer la liberté de l'être.

C'est en lisant les propos du Dr Christoph André sur la méditation(*) lorsqu'elle se fonde sur la douleur et la souffrance que sont remontés en moi des souvenirs anciens, dans les premiers temps de l'attaque de polio qui me paralysait tout en me donnant de grandes souffrances corporelles. Je fus qualifié de « polio souffrante » ce qui paraît-il été plutôt exceptionnel. À l'époque évidemment j'ignorais tout de ce que l'on appelle aujourd'hui « la méditation de pleine conscience » (pleine conscience pouvant être pleine conscience de sa douleur). Je l'ignorais, mais j'ai vécu quelque chose qui y ressemblait.

Brièvement : les circonstances. Revenu chez moi après la période d'isolement à l'hôpital, et dans l'attente de l'admission en centre de rééducation, je vivais dans ma chambre d'enfant, alité ne pouvant guère bouger, douloureux, (on me « faisait de la morphine »). On me soulevait le tronc avec des oreillers, devant moi une sorte de table médicale inclinée. On y posait une bande dessinée : « Quatre aventures de Spirou et Fantasio ». Je lisais deux pages et j'attendais que quelqu'un vienne tourner pour la page suivante. En lisant je pensais moins à ma douleur. Elle revenait fortement durant l'attente. Par moment j'étais content de l'évasion que cela me procurait. À d'autres je me disais que je ne pourrais plus courir comme Spirou et j'en ressentais l'angoissant avenir. À d'autres moments encore je me persuadais que cela reviendrait, qu'à nouveau je ferai du vélo.

Je naviguais sans cesse entre mon corps et mon esprit. Et puis, quelques jours plus tard l'usage de ma main droite est revenu. Pas le bras. On a bricolé je ne sais quoi pour que je puisse avoir la main sur la tablette inclinée. « En pianotant » avec les doigts, j'arrivais à tourner la page. Quel bonheur ! Quel grand bonheur ! J'avais le corps paralysé mais je tournais les pages pour que mon esprit vagabonde. Plus tard encore j'ai demandé du papier pour écrire. Mon papa m'a prêté un de ses stylos-plume que j'enviais. Le savait-il ? S'en doutait-il ?. Comme mon bras gauche était valide, mais pas la main gauche, refermée sur elle-même,  je pouvais pousser mon bras droit sur la feuille pour accompagner l'écriture. C'était pas facile, mais j'y parvenais. Oui, j'y parvenais !  Il se fait que je me suis mis à rédiger des ordonnances dans un charabia que j'inventais, par mimétisme avec le médecin comme je le voyais faire avec son beau stylo plume… 

Quel bonheur ! Quel grand bonheur !
Tout allait sûrement s'arranger.
Il pouvait donc y avoir du bonheur au cœur du malheur.

(À suivre… peut-être)




(*): Le temps de méditer. Ed. L'iconoclaste/France Inter

lundi 24 février 2020

Brève rencontre


Le devoir du lundi (Le Goût)

Si vous commenciez votre devoir par : 
« Distendu, ralenti, comme dans un rêve, c’était la musique d’Avril au Portugal. »
Le terminiez par :
« Et de nouveau son regard s’attardait sur mes mains. »
Tout ça en brodant pour lundi une histoire autour de cette aquarelle de John Salminen.
Ça vous dit ?





Brève rencontre

 Distendu, ralenti, comme dans un rêve, c’était la musique d’Avril au Portugal.
 — Vous vous souvenez de cette chanson ?
— Pas du tout ! Je pense que c'est la première fois que je l'entends, que je lui ai répondu.
C'était ce genre de femme pas vraiment belle, mais avec quelque chose qui attirait le regard sans que l'on sache véritablement pourquoi. Et justement moi j'aime bien trouver les réponses aux pourquoi. 

Il y a à peine une heure je marchais le long du boulevard qui sentait l'automne après la pluie. Je traversais une époque de célibat après ma rupture avec Mélanie, qui avait quand même été assez sanglante et mon cœur saignait encore. Comme souvent je marchais sans but. Devant moi une femme ordinaire presque quelconque. Où allait-t-elle ? Pourquoi était-elle devant moi ? Toujours mes pourquoi idiots ! Bientôt elle rentrera dans un grand magasin et je poursuivrai mon chemin d'errance.

Brusquement elle se retourna.
— Qu'est-ce que vous me voulez à la fin !
— Mais rien ! Je marche derrière vous. C'est interdit ? Vous voulez que je change de trottoir ?
— Non, bien sûr, excusez-moi j'ai cru que vous me suiviez et que vous…
— Moi vous suivre ? Et pourquoi donc ?
— Vous savez, à Paris, les hommes parfois… excusez-moi !
 Elle me tourna le dos et reprit sa marche mais cette fois d'un pas un peu plus rapide.
J'ai accéléré à mon tour. Cette fois l'envie de la suivre me prenait. Très vite elle s'en aperçut et se retourna à nouveau.
— Vous voyez bien que vous me suivez ! Vous n'êtes pas correct !
— Et si je marche à vos côtés, ce ne sera pas vous suivre. On peut échanger quelques mots, comme ça, simplement. 
Elle ébaucha un sourire. Un pâle sourire.
— Vous êtes un homme bizarre, vous ! Mais bon, je vous préviens, je suis mariée.
Elle aurait pu me dire : vous savez j'ai une ceinture de chasteté, c'eut été pareil ! Comme si les hommes ne pensaient qu'à ça. Bon d'accord, ils y pensent. Mais pas forcément H24 ! Si ?

On a fini par prendre un verre à « l'oursin à pédale ». Un truc à la mode où il y avait foule. Et en même temps c'était assez discret grâce à l'agencement. Ils avaient ressorti des banquettes à l'ancienne avec un petit juke-box individuel comme on n'en faisait plus depuis des lustres. Un truc à pièces : elle en a mis une et a lancé « Avril au Portugal ». Ça disait : je vais te raconter ce qui m'est arrivé sous un ciel ou l'été s'attarde. Et elle a commencé à me raconter sa vie. Elle n'était pas mariée. Exit la ceinture de chasteté. Disponible ? Peut m'importait. Je pensais encore trop à Mélanie.

A-t-on échangé des choses intéressantes ? Pas vraiment. On a parlé un peu de tout. Surtout de rien. Enfin, rien de vraiment intéressant à mes yeux. Pourquoi avais-je proposé de prendre un verre ? Pourquoi avait-elle accepté ? Toujours des pourquoi sans réponse ? Pourquoi Mélanie était-elle partie ? Ça c'était un pourquoi important. Sans réponse ma vie s'était arrêtée. Ce n'était ni cette femme, ni personne qui pouvait me la donner. Pourquoi j'attendais qu'elle vienne d'ailleurs cette maudite explication ?

Je regardais ses yeux avec ce sentiment qu'elle n'habitait pas son regard. Elle était ailleurs. Comme moi. Deux ailleurs qui n'avaient rien à se dire vraiment. Elle regarde mes mains. C'est vrai que j'avais des belles mains. Enfin Mélanie trouvait que j'avais des belles mains. Moi je ne savais pas.. J'ai proposé de reprendre un verre, elle a dit non merci faut que j'y aille. J'ai failli répondre : et vous allez où ? Mais je me suis retenu. Elle a proposé de partager l'addition. J'ai acquiescé. Des fois qu'elle aurait encore cru que c'était un plan drague.

On s'est levé, dirigé vers la sortie. Quelle banalité. Quelle journée de perdue. Une tristesse infinie me montait jusqu'aux joues. Sur le pas de la porte j'ai un peu tendu la tête comme une tentative de lui faire la bise. Elle a reculé la sienne. J'ai dit :
— Bon alors au revoir, on se croisera peut-être une autre fois sur ce boulevard ?
— Qui sait ? A-t-elle répondu, sans conviction.
Et de nouveau son regard s’attardait sur mes mains.


dimanche 23 février 2020

Photo pour "les Bottes Rouges"



Le thème de la semaine







Esnandes - Charente-Maritime - Eglise fortifiée

... ou église proverbiale  ...

 mettre le cimetière avec l'église
boutonner le samedi avec le dimanche 
Attacher Pierre avec Paul

Si, si, au fond à gauche c'est une église… qui a pris du fortifiant !
Voici la façade





samedi 22 février 2020

ascèse printanière




Lorsque le temps le permet, en fin de matinée, je prends le thé sur ma terrasse abritée des vents. 

Juste en limite de celle-ci il y a un forsythia. Chaque jour je l'observe. Ses branches dénudées et quelques centaines de petites pointes d'avenir qui chaque jour font leur chemin vers le printemps.

Mon forsythia m'apprend la vertu de la patience qui espère. 

Son ascèse aussi, car la présence à cet immobilisme naturel est totalement nécessaire pour comprendre l'intensité de vie dissimulée.

(À l'origine, ce texte est un commentaire sur le blog de Magari!)


mercredi 19 février 2020

La lumière se fait belle le soir

Il  sort le soir. Laisse son corps le guider, il avance vers plus loin. Ses pas le mène vers la colline. Peu à peu il laisse derrière lui le boucan que les yeux ne cessent d'entendre, rivés sur les Smartphones qui véhiculent la fureur du monde et les violences ordinaires.

La sirène-média déclenchée à chaque seconde pour faire peur, s'éloigne de lui, finit par ne plus être audible. Le bien précieux du silence s'approche. C'est une possession encore convoitée par quelques-uns qui n'ont pas oublié son existence. Ils sont de moins en moins nombreux mais ils reviendront.
 Il croit qu'ils reviendront. 

La colline n'est pas bien haute. Le chemin sur l'ubac qui mène au sommet est sinueux, comme les routes en lacets de haute montagne. Un choix  pour pouvoir prendre son temps, même si ce versant est exposé à l'ombre. Marcher tranquillement au rythme de la respiration sur une pente douce qui après chaque virage à 180° offre à découvrir un peu plus la promesse.

Une enfance lui remonte, au temps où il regardait  au-delà de l'horizon, juché  au sommet de l'escabeau, bravant l'ordre paternel : « Surtout ne t'avise jamais d'y grimper, tu serais sévèrement puni ».

La promesse suppose une croyance. Autre chose que celles du monde ordinaire, lesquelles apparaissent toutes frelatées. Ces croyances qui sentent le rance et l'arnaque des compagnies d'assurances du bonheur à prime réduite. Insatisfait ou pas remboursé.

Il a pris le temps de savourer l'effort nécessaire.  Le chemin sort de l'ombre. Le sommet s'offre. La nature chaude et aimante s'est donnée  le temps de se préparer pour la rencontre, comme une amante en désir.

La lumière se fait belle ce soir. C'est son cadeau. 
« Rien que pour moi » songe-t-il.
Rien que pour lui ce serait étriqué, pas assez à la mesure de l'offre.
Chacun peut venir la contempler dans sa beauté.
Mais le plus souvent, il n'y a personne…

Ils restent en bas, préfèrent cliquer sur Instagram à la recherche de petites photos dans leur rectangle pixélisé. Avec le pouce ils en défilent des centaines. Jamais satisfaits par cette nature sur catalogue.  Ils ont l'aptitude du défilement pendant des heures.


Lui, là-haut, ne redescendra qu'à l'aube.

lundi 17 février 2020

Ça tombe mal !





-o0o-

Ça tombe mal !


J'ai toujours détesté les violettes.
Ça me donne la Nozière.
Ajoutons à cela mon aversion pour les natures mortes et ce sera le bouquet.

Sauf que là, j'ai dégotté dans un broc, aux puces de Saint-Ouen, cet horrible machin, sûrement peint par un de ces barbouilleurs du dimanche sur le retour.
Le retour de quoi d'ailleurs ? À mon avis c'était du cimetière.

C'est ça qui m'a donné l'idée de l'acquérir. Le cimetière. Comme je me débrouille pas mal en négociation, je l'ai eu pour moins de 20 sous. Pour un rentier à l'aise comme moi c'était pas grand-chose.
J'ai voulu la démarche solennelle. J'ai donc revêtu de ma plus belle redingote et mon vieux chapeau claque. Même le gardien du cimetière me salua avec tous les égards dus à mon rang supposé. J'ai cru un moment qu'il allait se mettre au garde-à-vous.

Arrivé devant la tombe de ma belle-mère, que j'ai aidée à mourir rapidement tant je la détestais, j'ai fait comme à mon habitude : je lui ai tiré la langue. Puis j'ai déballé la nature morte, et bien morte, et je l'ai déposé délicatement sur le marbre noir.
J'aurais bien souillé un peu plus la tombe, mais je me suis retenu, à cause d'une rombière qui se dirigeait vers un caveau tout proche, la voilette sur le nez et le mouchoir à chagrin dans la main. Décidément il y a toujours des entraves lorsque l'on veut exprimer sa détestation.

J'ai pensé : « voilà vieille bique, j'ai l'honneur de déposer cette horreur sur votre décomposition. Des fleurs plus mortes que vous, vous les avez bien méritées en signe de mon mépris ».

Je suis reparti tout guilleret en espérant que ma femme, dont je suis définitivement séparé, viendra bientôt sur la tombe chialer son désespoir hypocrite. Elle seule comprendra. Peut-être aura-t-elle à mon égard une pensée complaisante, puisque c'est sa mère qui a fait foirer notre couple.

Avant de rentrer, j'ai bu une bière (cela s'imposait) « Au Joyeux Cadavre » un bistro surréaliste situé juste en face du cimetière, dont la façade est d'un morbide du plus grand chic.
Il paraît qu'André Breton l'aurait fréquenté lorsqu'il tentait d'organiser un « Congrès international pour la détermination des directives et la défense de l’esprit moderne »
Ma belle-mère n'était pas moderne. Ce n'est pas bien grave puisqu'elle n'avait pas d'esprit.

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Il fallait vraiment  que cette fade peinturette soit insupportable pour produire un tel texte…
je dois reconnaître que ce n'est pas très gentil pour feu ma belle-mère, que j'adorais ! Paix à son âme !
 Sidonie* je vous aimais beaucoup et vous aime toujours !
(*) Prénom changé


photo pour "Bottes Rouges"



lundi 10 février 2020

La Toile bleue - (pour les rouge bottes)











" La Toile bleue"  attention : 5 m x 2 m =   10 M2   ! - Victor Simon — peintre du Nord.
Photo panoramique prise au musée La Piscine à Roubaix.


***

Victor Simon est entré à la mine en 1915, à l'âge de 12 ans.
Il est sorti de la mine pour entrer dans la guerre et être prisonnier en 1940
puis il est sorti libéré en 1941
Devenu peintre, il entre dans une démarche de spiritisme
"une voix" le lui ordonne..

il sort de la vie pour entrer dans la mort le 31 décembre 1976.

Voici un exemple de ses œuvres,  si vous voulez entrer dans son univers.


samedi 8 février 2020

façon d'accompagner


Une personne m'écrit, à propos du marathon d'écriture :
« On dirait que c'est dans tes gênes, cette façon d'accompagner, de trouver les mots pour commenter en ouvrant des petites portes de réflexion. J'apprends beaucoup. ».

Dans mes gènes ? Une base d'hérédité en quelque sorte.
Est-ce que c'est une aptitude naturelle que d'essayer de comprendre l'autre ? De désirer qu'il accède à « son bien propre » ?
« Choisir le dire (le disant) » qui permettra à l'autre de porter son attention là où il n'a pas encore regardé. Et penser que l'exprimer pourrait lui être bénéfique. N'avoir aucune réponse à sa place sur quoi que ce soit. (Sauf urgence s'il y a péril…) Cela ne fait pas le tour de l'aide, loin de là, mais c'est peut-être une de mes caractéristiques. Longtemps j'ai pensé qu'elle était commune à tous, puis ma formation, mes expériences, la vie quoi, m'a fait comprendre que non. On a toujours tendance à penser que l'autre est un peu « comme nous », alors qu'il ne fait qu'avoir quelques ressemblances ça et là.
Ceux et celles qui ont la solution pour l'autre sont quand même assez nombreux…
et à mes heures j'en fais partie.

Revenons à la génétique et l'hérédité.
Mes parents avaient une faculté d'écoute assez forte, voire efficace. Mon père a été professionnellement « un homme de conseil ».
Ma mère, quand elle n'était pas en crise démentielle, avait une finesse et une acuité psychologique indéniable. 

Dès l'enfance…
J'ai toujours reçu des confidences, même avant mon accident de santé. Pas des drames ou des problèmes de conscience d'adultes, mais des états d'âme, dont je me demandais bien pourquoi on me disait tout ça…

Jeune adulte…
Combien sont venus raconter leurs misères à  ce « jeune paralysé » (on employait beaucoup moins le terme handicap) qui a tellement souffert qu'il peut me comprendre !
Et cette amie chère à mon cœur qui considèrait cette « chance de m'avoir », parce que je savais tellement écouter et comprendre…
J'étais déçu de ne pas avoir les contreparties que j'espérais. Demeurait la résignation : je ne pouvait être que l'ami confident, avec lequel aucune jeune fille ne ferait sa vie. On n'épouse pas un paralysé ! Cela n'a pas empêché quelques aventures amoureuses. D'autant que la libération sexuelle venait de passer par là.
Certaines  voulaient savoir si, malgré ma paralysie, je pouvais… Suffisait de se renseigner : le poliovirus s'attaque aux muscles… et « ça » c'est pas un muscle !… Mais comme rien ne vaut l'expérience, je servais de cobaye à ces demoiselles. Peut-être envisageait-t-elle médecine ? Je ne m'en plains pas a posteriori : elles savaient payer de leurs personnes !

Changement professionnel…
Ça commence avec pas loin de 20 ans au service de la Justice,  parallèlement j'entreprenais une thérapie, et me formais dans l'aide à la personne, et aux organisations. J'ai quitté la fonction publique. Je me suis installé en libéral. Je n'ai jamais manqué de travail. Je me suis donné pleinement. Trop sans doute. Et puis le syndrome postpolio m'a rattrapé. J'ai du lever le pied, ce qui pour un paralysé n'est pas facile !


J'en reviens à la citation du début. Alors oui j'avais sans doute des aptitudes qui se sont manifestées très vite. Une certaine hérédité ?. Mais surtout, il a fallu beaucoup de travail à la fois sur moi-même, et pour acquérir un niveau de compétence d'aide suffisant pour proposer quelque chose qui soit de qualité et profite à la personne.



Mon accompagnement se fonde  sur une anthropologie de l'homme partagée par d'autres, qui croient que le fond de l'homme est habité de ressources positives insoupçonnées et qui n'attendent qu'à se mettre en œuvre. Il suffit d'une pédagogie du surgissement et de croire aux possibles, parce qu'on les voit apparaître vraiment.
Ce n'est pas miraculeux, ça ne marche pas à tous les coups et ça ne résout pas tous les problèmes. C'est une question de regard et de foi. Et ce réalisme, par la conscience que ce qui est donné, sans qu'on ait rien demandé… existe. Il y a là l'humble grandeur de l'homme dans l'homme. Ce qui n'est pas réaliste c'est le rejet de cet humanisme.

Çà et là je continue dans l'ordinaire des jours. Je ne sais pas faire grand-chose d'autre.


lundi 3 février 2020

Une jolie rousse.




consigne du lundi




Cette femme devant sa psyché, se prépare-t-elle à partir ou revient-elle ?
Et s’il y avait quelqu’un derrière elle ?
Dites en quelque chose lundi.
Que vous soyez à la place de l’une, de l’autre, des deux.
À vous de jouer.







Avec l'âge, Sir Wayland Willem, a pris du poids et se découvre tout à coup  un penchant exclusif pour les anglaises, rousses de préférence, ce qui démontre leur appartenance au Royaume-Uni depuis plusieurs générations.

Cependant, durant plus de 40 ans il a fréquenté assidûment  de jeunes françaises blondes ou brunes, faisant commerce avec elles, il ne cessait de leur brosser la Manche, et le reste…

Que cela ne tienne, exit les petites françaises. Sir Willem décide de changer sa politique sentimentale pour élire définitivement dans son cœur des petites anglaises frêles et innocentes, à la nuque attirante et qui auront suffisamment bon dos pour supporter le poids de son corps social.

D'ailleurs, celle qu'il regarde à l'instant à une nuque merveilleuse et un dos prometteur. Quelle fête ce sera lorsqu'il aura fait connaissance de sa chute de rein digne de la chute de la bourse de Londres. Dans sa tête Il imagine déjà ce dos délicieux tatoué de l'union Jack,  avec ses rayons rouges sang, directement gravés par les griffes acérées de Sir Wayland Willem  L'appendice de son bas-ventre, qu'il appelle Big Ben dans l'intimité, en frémit déjà.
Mais il est temps de cesser de fantasmer.

Notre héros aimerait cependant poursuivre quelques relations avec les belles françaises et d'autres européennes, parce qu'il faut bien le reconnaître, les anglaises toutes magnifiques qu'elles soient, n'en sont pas moins largement inférieures en nombre, et Sir Wayland à l'appétit sensuel dévorateur. Bien entendu, par unique intérêt sentimental, c'est lui, et lui seul, qui indiquera les positions à tenir dans tous les cas.

Les devins et cartomanciennes de tous poils ne prédisent pas à Sir Wayland Willem un avenir durable. Trop d'appétit, trop de boulimie, trop d'abus des bonnes et mauvaises choses. C'est bien connu : « qui trop embrasse, mal étreint » et non pas, comme parodient les mauvaises langues : « qui trop embrasse, mal au train ».

Bien souvent, l'avenir est un long passé…