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lundi 26 septembre 2022

Les quatre moustachus

 138ème Devoir de Lakevio du Goût



Cette toile d’Émile Friant m’a frappé car elle me dit quelque chose.
Mais quoi ?
La discussion semble animée autour de ce pichet de vin.
Sur quoi peut-elle bien porter ?
À lundi…







Les quatre moustachus


Et voilà, c'est l'heure de l'apéro où ils reprennent leurs discussions sans fin sur cette histoire d'héritage, de spoliation (paraît-il), de mauvais partage, de notaires complices, de vengeances anciennes et « qu'on allait voir ce qu'on allait voir ».

C'est reparti comme en 14, mais nous sommes dans les années 2000.


Robert, le maire, avec ses manches retroussées, tente d'expliquer pour la énième fois, qu'il n'y est pour rien et qu'il s'agit de sa belle-famille et pas de la sienne. Gaspard préfère tourner la tête et regarder en direction des fameux champs litigieux. Ses poings serrés démontrent qu'il n'est pas là d'en démordre.


Moi j'observe la scène depuis la table d'à côté. J'ai décidé de prendre ma retraite « à la campagne » et je me demande si je vais pas commencer à le regretter. Je rêve toujours de journées bucoliques, de chants d'oiseaux. Mais là je me demande si ce n'est pas plutôt des noms d'oiseaux que je vais pas tarder à entendre. Paraît que l'autre jour ils ne furent pas loin de s'empoigner. Je pose le regard sur Robert  et ses gestes de patron de la commune en disent long sur sa bonne volonté d'apaisement. On voit bien que tout ça ça commence à le lasser, mais il espère toujours amener son ami d'enfance qui lui fait face à meilleure raison. En réalité il devrait comprendre que tout s'est fait correctement. L'emportement de Gaspard cache certainement d'autres choses beaucoup plus troubles et qui remontent à loin. Où est passé le temps où Gaspard et lui, dans la fougue de leur jeune amitié,rêvaient de faire du village un havre de paix et de bonne entente. Bah, ça en prend pas le chemin !


Ernest se tient la tête, les yeux fixés sur le maire. Ernest, personne ne sait vraiment ce qu'il pense de tout cela. C'est le taiseux. Il regarde mais ne dira rien. Sauf à moi. Ernest s'est confié un jour. Il regrette de ne pas avoir pu poursuivre des études à la ville. Il aurait largué les quelques hectares qui ne lui permettent que de survivre à peine. Pharmacien : voilà ce qu'il aurait aimé être. Ou herboriste. Ou directeur de banque. Et donc, Ernest ne sait toujours pas ce qu'il va faire de sa vie. 


Le quatrième larron, Gustave, tient l'épicerie, la seule du patelin. Enfin, soyons sérieux quand même, c'est surtout sa femme qu'il fait bosser à l'épicerie. Lui ses journées il les passent au grand air, à la chasse, à moins qu'on le rencontre ici à la terrasse du « Café des gentils » dont il  est un fidèle pilier. J'aime son regard malicieux sur le maire qui en dit long sur son dédain distancié concernant son égocentrisme sur le reste du monde en général et notre village, Vergougneux-les-Piconelles (*), en particulier.


Ce petit monde du genre Clochemerle je ne l'avais pas envisagé de cette manière. Mais il faudra bien que je m'y fasse.

 Ah, je crois que je ne vous ai pas dit : je m'appelle Jean. À mes heures perdues j'écris des chansonnettes. Les quatre moustachus m'ont inspiré celle-ci :





(*) Mes lecteurs de très longue date (une minorité aujourd'hui) se souviendront peut-être de ma série d'aventures dans ce village imaginaire…



vendredi 23 septembre 2022

En direct des archives.


Quelques petites choses exhumées de mes archives.

En les retrouvant je me dis que je suis toujours aussi capable de n'importe quoi !

Je n'ai rien de mieux en magasin en ce moment !


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*


Vivre des grands moments

dans une petite vie

voilà une noble aspiration

à pratiquer avant l'expiration


*


Le grand soir arrivera-t-il

 par un petit matin

sombre


*


Faut-il attendre d'en avoir plein le dos

pour prendre les choses en main

et libérer les épaules.


*


J'ai vu passer un alambic

tourmenté comme un lombric

ses circonvolutions excentriques

distillent des pensées lubriques.


*


Rien n'est plus beau pour le crapaud

que sa crapaude

rien n'est plus beau pour pour la Margot

que sont Jean-Claude

rien n'est plus idiot que tous ces mots.


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lundi 19 septembre 2022

Vie nouvelle

 



137ème devoir de Lakevio du Goût.


Ce monsieur, peint par Jackie Knott semble…
Semble quoi ?
Il est d’un sérieux papal, soit.
Mais encore ?
J’espère qu’on en saura plus lundi, grâce à nos efforts communs pour lire sa pensée.



Vie nouvelle


Nous avons fini par le retrouver assis dans le jardin de l'établissement. C'est tout juste si on l'a reconnu. Certes, ça faisait longtemps, mais on n'avait pas totalement oublié et même il arrivait qu'on se souvienne du temps de sa splendeur du temps où il faisait la une des journaux people et même de certains hebdomadaires politiques. Incroyable ! Ainsi la rumeur était vraie : l'épuration n'était pas encore terminée. Des parasites sociaux de l'ancien monde étaient encore en rééducation dans ce genre d'établissement.


On s'est dit qu'au fond, quelles que soient les personnes, ça faisait toujours des dégâts ce système nouveau.

— Quand je pense que c'est lui qui avait lancé une campagne de prévention comme quoi il fallait se méfier de ce qui allait nous arriver.

— C'est fou quand même ! Ai-je dit à mon ancienne secrétaire ma compagne dans le « Nouvel Ordre ». Elle a haussé les épaules. J'ai bien compris qu'elle s'en tapait comme de sa première dose de morphine.


J'ai ajouté :

— Tiens, et si on tentait de lui parler, les gardes ont l'air absent ! T'en penses quoi ?

Elle pensait de moins en moins. Réfléchir demandait trop d'efforts d'autant qu'il y avait maintenant les Nouvelles Sommités qui le faisaient à notre place dans tous les domaines. Disons-le clairement, ça repose de ne pas avoir à penser. Toutefois, obsédé par l'allure de ce type qui ressemblait de plus en plus à une sorte de mannequin déglingué qu'on aurait abandonné en espérant le passage des encombrants, j'ai cru utile d'ajouter :

— Est-ce que tu crois qu'il est encore capable, à l'occasion bien sûr, d'élaborer une idée personnelle dans sa tête et ensuite de l'exprimer avec des mots ?

Elle haussa de nouveau les épaules et  lacha :

— « Tu sais bien que ça ne sert plus à rien, puisque désormais on pense pour nous et que tout va bien. » Décidément elle aussi elle devait à présent être reprogrammée à plus de 85 %. Grave !


Je me suis dit qu'il faudrait de toute urgence que je trouve un miroir. Que je puisse me regarder dans son reflet. Je sais que c'était désormais interdit d'en posséder un et que les brigades XWK avaient ratissé toutes les villes et brisé tous les miroirs. Mais je voulais voir si je commençais à ressembler à ce type que j'admirais en son temps. On  disait qu'au MS (Marché Souterrain), on pouvait encore en trouver mais bien évidemment il fallait payer le prix fort. J'avais bien essayé de me regarder dans une cuillère, mais c'est tellement déformant que j'ai renoncé à persévérer.


Je me suis approché de la vieille célébrité sur le banc, avant que les Gardes de la pensée ne viennent le chercher. Il n'a pas bougé. Il gardait les yeux fixés sur la feuille cartonnée qu'il tenait en mains. J'ai contourné le banc pour voir ce qu'il lisait. Il y avait un titre : « Mode d'Emploi De Votre Nouvelle Vie Heureuse » puis suivait une série d'items :


N°1 : Répétez constamment dans votre esprit, le mantra : « ici je suis bien, ici je suis heureux »

N°2 : À chaque surgissement d'une pensée personnelle non encore éradiquée, prenez le pilulier dans la poche droite de votre uniforme noir. Choisissez un comprimé rose et laissez-le fondre sous la langue.

N°3 : Imprégnez-vous de la réalité nouvelle : Avant n'existe pas. Aujourd'hui vous êtes heureux grâce à nous. Demain ne sera pas là. »

N°4 :...........


C'est alors que j'ai vu à l'autre bout du parc arriver les gardiens.  Plus le temps de lire la suite. Nous nous sommes enfuis à toutes jambes. Ils ont crié de nous arrêter. Évidemment, nous avons continué à courir sans nous retourner. 




vendredi 16 septembre 2022

Retour à l'ordinaire passionnant.


Mes chroniques estivales sont terminées (ah bon ? Vous aviez remarqué ?). Voici le retour à la réalité de l'ordinaire passionnant. Oui, car il faut dire que la parenthèse estivale ne comptera pas parmi les meilleures, loin de là. Je ne reviendrai pas sur la canicule et autre joyeusetés qui m'apportèrent plus de désagréments que de réjouissances. Mais, « faute de grives, on mange des merles » comme disait Tintin dans je ne sais plus quel album. Cette phrase, dans ma tête de gosse, j'ai mis des années à ne pas en comprendre le sens ce qui m'a valu des nuits blanches interminables comme des banquets d'anciens combattants. D'autant que je n'ai jamais mangé ni grives, ni merles. C'est dire si je suis un ignare dans l'ordre de la papille vibrante.


Bref, revenons au réel qui m'attend.

Je vais de nouveau me gigoter les neurones intelligemment (si, si !). Je sais bien qu'ils se comptent sur les doigts des petits lépreux de Jakarta, chers à Anémone dans le célèbre Père Noël, mais qu'importe, ils risquent de s'user si on ne sent sert pas.


Nous allons reprendre les travaux de groupe dans l'édition. Je me réjouis de retrouver les membres du comité auquel je collabore. Des têtes bien faites, à l'intelligence intuitive. Qui évitent les baratins inutiles de l'égocentrisme. C'est précieux. On ne perd pas son temps. En revanche la densité des propos demande le temps d'assimilation. C'est l'objet de nos pauses. Dans le passé les réunions étaient « en présentiel » comme on dit maintenant. On se voyait à Paris, pour 48 ou 72 heures. L'hôtel était confortable, la salle de réunion aussi, et on avait nos habitudes dans un restaurant proche. Nos débats étaient constructifs et animés, entre consensus et coups de gueule. À présent c'est par écrans interposés, chacun chez soi. Les séquences sont plus fréquentes mais plus courtes. Il manque quand même la proximité physique, qui rend palpable la chaleur humaine, physiquement réchauffante, que l'écran ne permet pas. N'empêche, on a tous pris de l'âge, de l'expérience sans doute, une forme de sagesse peut-être. Je crois que nous perdons moins de temps en circonvolutions inutiles.


Je me réjouis de ne plus être en « âge de travailler », parce que le télétravail je me dis que ça va user bien des gens qui vont franchir le seuil du burnout plus tôt que prévu. L'observation montre qu'il faut des années pour s'en sortir, quand on en sort , quoi qu'il en soit, ce n'est jamais sans séquelles.


Il y a aussi d'autres engagements tout aussi importants à mes yeux mais que je ne développe pas ici. Rien de secret, mais je réalise l'attachement que j'ai à ces contacts fécondants ma terre intérieure, vitalisant mon être. Cerner ce que je pense important d'essayer d'accomplir avant que la Camarde ne vienne me dire que maintenant ça suffit ! J'aimerais bien quand même partir en paix autant qu'il se pourra. Rien n'est sûr, d'autant qu'on ne résorbe pas les errances d'une vie d'un coup de baguette magique de la fée Clochette. De toute façon je ne laisserai que les traces de l'oubli.

Enfin, en parlant d'oubli, je ne perds pas de vue ce projet d'un nouveau bouquin.… qui sera le dernier !



Ce sera tout pour aujourd'hui.


lundi 12 septembre 2022

Démêler ? Mais comment ?




136ème devoir de Lakevio du Goût



Cette toile de Gustave Courbet dite « Jo la belle Irlandaise » me dit quelque chose.
Pas seulement parce que « Jo, la belle Irlandaise » a permis à Gustave Courbet quelques privautés.
Mais vous, qu’en avez-vous à dire ?
J’aimerais que cette note commençât par « À quoi Bon ? Enfin… Vous ne supposez pas que ce n’était pas en apparence ? »
Aussi qu’elle finît par « J’ai bien été le premier à vérifier l’exactitude de la chose, quand j’étais votre amour… en apparence. »
J’espère que vous aurez une histoire à raconter à partir de ces deux phrases tirées des « Contes d'amour, de folie et de mort » d’Horacio Quinoga.
À lundi…

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Démêler ? Mais comment ?


— « À quoi Bon ? Enfin… Vous ne supposez pas que ce n’était pas en apparence ? »
 Et après il s'est tu. Comme d'habitude  il faut qu'il sorte une phrase de genre qui sonne faux, en se levant, juste après l'amour matinal, tandis qu'il se dirige vers la salle de bains pour des ablutions post-coït.


Alors je sors du lit encore trop chaude de ses assauts intempestifs qui commencent à m'exténuer. Lorsque je sens que la plaisanterie a assez duré, et que la matinée avance, je pousse mes fameux petits cris significatifs donnant l'apparence orgasmique. Immanquablement ils déclenchent l'ultime coup de rein du mâle qui se soulage. Et hop ! Terminée l'apparence !


Me voici devant mon face-à-main, face à moi-même. Il m'a encore décoiffée cet imbécile. Il faut toujours qu'il entortille mes cheveux dans ses doigts quand il m'investit par l'arrière. Après je perds un temps fou à tout remettre en place.


Il fut un temps où j'ai cru faire cela par amour. Lui aussi probablement. Nous étions jeunes. Trop sans doute. Depuis tout s'est envolé à mesure que le visage se défraîchit, que l'ombre des rides manifeste sa présence, et que l'habitude a pris le relais du plaisir de désirer. La routine érode, la fadeur rôde. Le répétitif n'est pas lascif. L'étonnement fait place au tourment . L'amour s'est suicidé. À moins que nous n'en soyons les assassins.

Je sais, ce ne sont pas des pensées pour une femme qui vaudrait encore être l'amoureuse intempestive qu'elle rêvait d'être. Mais voilà j'ai lu les « Contes d'amour, de folie et de mort » et je m'y suis reconnue en chair et en os. En chair vivante comme je le fus, en os desséchés comme je le deviens.


L'autre jour, nous sommes assis et ne parlons pas. J'écarte ma main de mon visage et le fixe d'un regard douloureux et angoissé.

— C'est évident…, que je murmure.

— Quoi ? Demanda-t-il froidement.

La tranquillité de son regard me fit plus de mal que sa voix et mon visage devint pâle :

— Que tu ne m'aimes plus ! Ai-je répondu d'une voix altérée avec une oscillation lente et désespérée de la tête. (*)


Pourquoi ne sommes-nous pas encore séparés ? Pourquoi je demeure et me retrouve toujours dans ce lit ? Il y aurait tant à vivre ! Je suis pourtant habitée de désirs tapis au fond de moi. Et même plus encore. Loin de m'éteindre, les années qui passent m'animent encore de palpitations au creux de mes entrailles secrètes. Pourquoi je reste alors que l'ailleurs m'appelle ?


Miroir me diras-tu, toi qui viens de l'au-delà de moi-même, m'expliqueras tu ?

Et lui, pourquoi est-il encore là ? Il sait très bien ce qu'il en est. Il y a déjà quelques temps qu'il a mis au jour la vérité qui nous concerne. D'ailleurs il y a quelques jours il l'a de nouveau répétée en revenant fringant de la salle de bains. Mais il faut croire que nous sommes enchaînés à jamais, emprisonnés par choix subi :

—« J’ai bien été le premier à vérifier l’exactitude de la chose, quand j’étais votre amour… en apparence. »

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(*) : paragraphe inspiré de la nouvelle « La mort d'Isolde » d’Horacio Quinoga.




samedi 10 septembre 2022

À l'enterrement d'une liseuse m'en fut allé…

J'avais une liseuse Kindle qui me fut offerte à Noël il y a plus de dix ans. Elle m'a accompagnée un peu partout, remplaçant largement une énorme valise de bouquins qu'elle portait en elle allègrement pour ensuite s'offrir à mes yeux délicieusement. Une histoire d'amour vous dis-je !


Et puis hélas, en fin d'été, Monsieur Am@zon m'informa qu'il la suicidait par étouffement. Plus question de télécharger des livres en quelques secondes. Ma belle liseuse était emprisonnée dans les griffes capitalistes !


Je ne suis pas d'humeur à pleurer sur le passé. Et je me suis dit courons vers de nouvelles amoures. Quand la belle Kindle se met à répondre au joli nom de Paperwhite et offre un habit de pourpre derrière lequel elle offre ses trésors littéraires cachés, l'ardent désir de la posséder se fit intense. Alors je suis passé à l'acte, et en moins de quarante-huit heures elle fut à moi, se glissant par la boîte aux lettres.


Elle m'offrit en outre un petit livret sur papier, que je me suis mis à potasser aussitôt pour découvrir tous les secrets qu'elle contenait pour mon plus grand plaisir.

Hélas, le livret était surtout consacré aux risques encourus si je me comportais avec elle de manière inappropriée. Cela m'a attristé car je n'avais nulle intention en ce sens. Bien au contraire.

De toute façon, je ne veux nullement qu'il m'arrive quelque chose concernant la longue liste de mes potentielles malversations.

Je m'engage à ménager ses touches et ne pas la brusquer de manière répétitive.

Je ne ferai pas ce qu'elle évoque, et dont voici un extrait parmi tant d'autres…





NB : je m'interroge encore : quelles sont les « autres parties du corps » évoquées dans cet extrait… et dans ce cas à quel spécialiste de médecine dois-je signaler la chose.


mercredi 7 septembre 2022

Sortir de la zone !

 On me dit qu'il est désormais indispensable de « sortir de sa zone de confort ».

À mon âge avancé, je suis prêt à toutes les expériences.

Je me suis donc mis en quête de rechercher où était  la porte de sortie de ma zone. Bien entendu je pensais qu'en allant tout droit  j’allais immanquablement la trouver. Il n'en fut rien. Où est cette porte ? Si je ne mets pas la main dessus, il y a quelque chose qui clanche. 


La décision est prise : je pars visiter toute ma zone de confort. Découverte incroyable ! Est-ce qu'on m'aurait trompé ? Dans ma zone il n'y avait pas que du confort. Impensable, me suis-je dit. Faute de la clenche j'au vu des choses qui clochent ! 

Légitimement, j'ai alors pensé qu'il convenait de commencer par rendre absolument confortable l'intégralité de ma zone. Question de logique. 

Après avoir fait l'inventaire des manquements, je me suis dit qu'il y avait du taf ! J'en avais au moins pour une bien longue période avant d'envisager en sortir. Par où commencer ? La réponse fut claire : aller chercher du courage. Mais, où fallait-il se rendre pour acquérir du courage à confort pas trop  cher ? Je cherche et dans le même temps mobilise mes neurones disponibles et me questionne.


Quand j'aurai trouvé du courage, probablement à la période des soldes, et que ma zone personnelle sera nickel côté confort, qu'est-ce qu'on peut bien découvrir quand on sort de sa zone de confort ? 


— Sortir de sa zone de confort, mais où aller et pour faire quoi ?

— De quel matos faut-il s'équiper ?

— Comment se prémunir des dangers que l'on va probablement rencontrer ?

— Est-ce qu'on a l'autorisation d'entrer dans la zone de confort d'un autre et de le perturber sur son terrain ?

— Est-ce que la zone de confort de l’autre est  confortable pour nous ?

— Dans l'hypothèse d'un inconfort, est-il un organisme de gestion des conflits entre zones de confort ?


Malgré toutes ces questions et de bien d'autres encore, par un effort dont je ne me croyais pas capable et ayant enfin trouvé la porte : je sortis.



M'aventurant hors de ma zone, j'ai frappé à la porte de la zone de confort de mon épouse. J'ai constaté que personne ne venait ouvrir ! 

Ça  m'a posé question. Est-ce que nous vivons séparément dans nos zones respectives sans jamais nous rencontrer de manière pertinente et efficace ?


Et qu'en est-il de mes amis ? Avons-nous un jour essayé de croiser nos zones de confort  mutuelles et les examiner de manière à les questionner en vue de les améliorer pour qu’elles  deviennent encore plus confortable ? Ou faut-il se résoudre à vivre dans le bordel ambiant, dont on veut nous faire croire que ce serait bien  suffisant comme ça. 


C’est que la planète va de plus en plus mal, et que nous devons faire en sorte d'aller mal aussi par solidarité avec la Terre entière. Il paraît que Gaya nous le rendra au centuple.

« Et mon cul, c'est du poulet ? » Me suis-je permis de penser maladroitement.


En sortant de ma zone de confort  je réalise que je vais devoir me confronter avec  bien des zones de Cons Forts.  À mesure que  je progresse prudemment hors zone, je  constate qu'il y en a énormément,  pour ne pas dire des multitudes.

 Est-ce qu'il y a un risque de contamination ? 


La solution  m'apparaît alors en pleine lumière  : sortir de sa zone de confort avec un masque.

Si un jour  j'arrive à regagner mon douillet, je vous raconterai la suite…


lundi 5 septembre 2022

La promesse vaut-elle ?

 

135ème devoir de Lakevio du Goût



Cette toile de Nicole Bellocq ma rappelle quelque chose.
Mais à vous ?
Inspire-t-elle une histoire quelconque ?
Si oui, j’aimerais qu’elle fût close par « Alors, tu as honte de a vieille mère ? »
J’aimerais vous lire lundi, même si « la rentrée » c’était hier…







La journée semblait annoncer un avenir radieux. Les vapeurs de la nuit se dissipaient. La promesse de l'aube se faisait possible. Au moins probable. J'avais une certitude, la nuit allait s'enfuir. Souvent je me demandais où. Que faisait donc la nuit lorsque le jour s'en venait, allait-elle se cacher au fond des bois ? La question m'envahissait l'esprit de jour en jour. Comme une obsession. Il me fallait une distraction. 


Je décidai de me rendre au marché. C'était le jour. On dit cela en général : « c'est jour de marché ». Pas une seule fois je n'avais entendu « c'est nuit de marché » et pourtant il en existait de nocturnes. C'est le moment de marcher pour m'y rendre. Ce que je fis dès que le soleil monta l'escalier des heures.


Apparemment c'était un marché aux fleurs et aux tomates. Dans mon ignorance des choses de la nature je me posais aussi cette question qui me taraudait les neurones depuis bien des lurettes : à quoi pouvait bien ressembler une fleur de tomate et surtout, était-elle rouge ? Même si on m'avait prétendu qu'il existait des tomates de toutes les couleurs de l'arc que tenaient au ciel certains nuages aidés par la pluie.


Face aux cageots de tomates, il y avait une nana qui n'en était pas un. Bien au contraire,  elle était accorte en même temps que derrière son étal., Une robe bleue comme le ciel et un corsage blanc comme la sainte vierge qu'elle n'était peut-être pas.

— Vous désirez ? Me lança-t-elle.

— Oui, je désire.

— J'ai de belles tomates.

— Je ne les ai pas encore vues, mais si vous le dîtes, je ne peux que vous croire.

— Je les tiens de ma mère qui sait cultiver, précisa-t-elle.

— La mienne n'est pas à la hauteur qui conviendrait à ma stature.


J'aurais aimé lui raconter ma vie triste comme les blés dans la sécheresse du cœur. Ou bien raconter une histoire quelconque comme il est demandé. Mais peut-être que ce serait une fois de plus agir par devoir. Cependant, je me suis permis de dire :

— Vous terminez à quelle heure le marché ? Voulez-vous devenir mon amie ?


C'était il y a quelques jours. Depuis nous passons  nos nuits à « L'Hôtel du Marché ». C'est bon, c'est doux, elle comprend. On s'est tutoyé juste après son premier orgasme. C'était plus intime. 


Dans la journée, toujours après la fameuse promesse de l'aube, je lui raconte tout sur ma mère. Du début à la fin. Depuis le :« pas si mal que ça »  des premiers temps, jusqu'à l'horrible qui s'en est suivi. Elle boit mes paroles avec des HO ! des  HA ! des Mon Dieu !  m'apportant la preuve de sa compréhension profonde des événements qui se sont succédés. Ma confession me fait du bien, à mesure que mes propos clarifient toute une histoire jusqu'à finir par trouver une forme de rédemption et de réhabilitation de ma mère, somme toute femme admirable elle-même parce que tout vient d'évènements premiers déplorables dont elle fut aussi victime. Devant tant de compréhension de cette maraichère, je m'apprêtais à la demander en mariage, lorsqu'un nouveau désastre arriva, terrassant tous mes projets. Tandis qu'elle s'abandonnait dans mes bras, elle osa proclamer sous forme de questions ce qui était en réalité un jugement définitif : « Alors tu as honte de ta vieille mère ! ? ».