mardi 9 décembre 2014

Saison froide et cruelle ....


Ah la cruauté du froid…. Je la connais que trop…. les jambes glacées par l’attaque sournoise de cet ennemi qui me plante ses flèches douloureuses et dévastatrices. Et puis le danger survient, l’anesthésie sournoise qui vous bleuit les sangs au risque de vous faire terminer aux urgences. Rentré chez soi on pose les pieds nus sur le carrelage et là on fait cette expérience du carrelage bien plus chaud que les pieds.
Voila ce que c’est de n’avoir pas de muscles, lesquels se sont faits bouffer par les virus.
Mais pas grave, les jambes se réchaufferont…. Comptez 6 heures environ…. Et faites pas la connerie des conneries de les mettre dans de l’eau chaude ou contre des trouillottes !! 5 mn après c’est à hurler de « brulure froide »
Et, dehors, se réchauffer en remuant le doigt sur la télécommande du fauteuil électrique … quel merveilleux exercice pour éviter de devenir bonhomme de neige figé… mais à roulettes….

J’adore le froid …. un avant gout de cadavre sur le corps…. C’est jouissif en diable ! (que je rejoindrai… le feu éternel plutôt que les froids cantiques soporifiques du paradis !!)
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C'est la reprise d'un commentaire laissé chez une chère blogueuse....

vendredi 5 décembre 2014

Saison des rencontres.


Non, il ne s'agit pas des rencontres sur les sites de "mes tics", "adopteunplouc" et autres "Attrapemouche World". Je ne connais que ces trois-là grâce aux pubs qui, des fois, m'aident à comprendre le merveilleux monde de Walt Disney où le chat n'arrive pas à niquer la souris.

Je parle de ces alchimies impalpables qui génèrent des rencontres venues d'horizons divers, dans un laps de temps relativement court (quelques mois, quelques semaines) ; et tout à coup vous prenez conscience que, dans l'ombre, des fils peu visibles relient ces personnes à vous-même, sans qu'elles ne le sachent, pour vous faire avancer vers un but entrevu et toutefois inconnu encore. Et d'ailleurs vous n'en direz rien. Ça ne concerne que vous. C'est votre lecture. Toute subjective. 

Alors ces alchimies impalpables influent sur votre devenir, à condition qu'avec ces fils ténus, vous tissez votre propre étoffe qui viendra vous couvrir, réchauffer votre âme et vous engager peut-être. 
Parce que vous avez déjà vécu, parce que vous avez déjà compris ce qu'il en était des relations qui construisent, vous remercierez la vie par avance de ce qu'une fois encore elle vous donne au moment juste. Au juste moment où cela vous est nécessaire. Il suffisait de faire confiance. Il suffisait d'être attentif à ce tremblement intérieur, qui n'est pas la peur, mais ressemble à la douce fébrilité de l'amant/e avide de donner et recevoir.

Alors, de nouvelles étincelles jailliront parce que vous avez appris comment il convenait de souffler sur ces braises relationnelles pour alimenter votre feu.
Ce feu que vous transmettrez vous-mêmes, parce qu'il vous consume comme le "buisson ardent", s'alimente sans cesse au mystère de votre condition. Alors, de nouveaux brasiers pourront flamber, éclairer, réchauffer.
Vous n'aurez pas attendu de je ne sais quel « homme providentiel » un mieux-être qu'il vous promet, sans être capable de vous l'offrir.

Délicieuse alchimie, je ne cesserai jamais d'observer ton oeuvre aux profondeurs de moi.


lundi 1 décembre 2014

Saison du grand retour


Le lecteur est prié de lire ce qui suit avec l'accent du sud, tendance voix rauque (mais si, même dans sa tête on peut prendre l'accent…)
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Oh petit ! Tu connais la nouvelle ?
Il est revenu pour présider le "Grand conseil" (1).
Le Parrain est de retour, pour mettre de l'ordre : Don Sarkozini (que les plus familiers appellent affectueusement Papy la Talonnette) revient.
Les "affaires" reprennent, il était temps.
Le «  pizzo », qui consiste à collecter des fonds auprès des blaireaux,  afin de financer nos activités, va pouvoir reprendre.
Les baltringues ont qu'à bien se tenir.
Les vieux ploucs imbéciles aveugles,  qui l'ont acclamé par internet, sont désormais priés de se la fermer.
Le pizzu (le racket) auprès des gros bonnets du CAC 40 peut reprendre. Trente ans qu'ils croient à nos promesses et crachent au bassinet... On peut encore leur en vendre pendant quelques années...

Mamma mia, Sangu Chiama Sangu, (le sang appelle le sang), ça va couler ! Les traitres et les repentis ont du souci à se faire : Les Don Fillioni, Don Juppeto,  et Don Sindaco (le maire), je donne pas cher de leur peau ! Ces petits capos, ces seconds couteaux, pourraient s'en retrouver un planté dans le dos.
On ne défie pas Don Sarkozini ! 

Il n'y a que Don Coppéti qui s'est montré digne de l'estime de la  Commissione. Lui seul siégera à la droite du Capo dei tutti capi (Le boss des boss). 

— Tu es bien mon fils lui dira Don Sarkozini, tu as su magouiller les comptes, mentir à tous, sortir les millions, arroser à la ronde, me lécher les talonnettes, détourner le flouze comme on te l'avait demandé. Mais ces indignes t'ont rejeté en mon absence.
Moi qui leur faisait confiance, tandis que je rackettais les grands de ce monde pendant deux ans, avec mes discours et conférences vides et sans idées. (D'ailleurs je n'en ai jamais eu, à cause de mes deux seuls neurones, qu'en plus j'ai prêtés à un journaleux). 
 Tous ces traitres bénéficieront de l'Incaprettamento (2).
Tu es digne de moi ! Tu es le seul !
Tu as suivi mon exemple !

Baise ma Rolex fidèle lieutenant !

Je ne t'étranglerai de mes mains que plus tard.


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(1) : réunion entre les chefs d'une famille, ou bien les chefs de plusieurs familles
(2) :  : Technique d'étranglement, la victime a les poignets et les pieds attachés au dos et une corde relie le tout autour du cou donc la victime s'étrangle d'elle même.

lundi 24 novembre 2014

Saison cossue




Ce matin j'ai quitté l'espace sommeil (taupe) pour me rendre à l'espace collation matinale (gris souris), en passant par l'espace de circulation (vert lézard). J'ai levé les volets électriques Somfy (position hiver lamelles semi-dégagées), découvrant avec délectation mon espace privatif naturel engazonné (vert anglais), élégamment arboré, offrant les subtilités automnales (pourpre éclatant) qui favorise la zénitude, seyante au repos de l'âme dès potron-minet.

Je me suis sustanté (et non pas j'ai tenté de me sucer) de brioches et de croissants de mon pâtissier attitré, agrémentant ce délice d'un thé vert indo-chino-japonais à la bergamote et à la papaye citronnée, tout en méditant sur l'effrayante avancée perpétuelle du temps et sur l'immensité galactique, dont il est à se demander qui en est l'origine, pour aller où, faire quoi, revenir comment, dans quel sens et avec qui. J'ai alors ressenti au fond de mon ventre les douleurs existentielles que peut provoquer cette affolante occupation de l'esprit, juste avant de réaliser qu'il s'agissait de gargouillis significatifs me montrant qu'il était temps de me rendre à l'EEDDHN (Espace d'Evacuation Des Déchets Naturels Humains), que le bas peuple appelle les chiottes. (pouah !).

Après cette activité soulageante, mes pas se sont dirigés vers l'espace sanito-cosmétique, bio-opérationnel. Là, j'ai profité du jet multidirectionnel, à bulles de jojoba, que je me suis fait installer sur les conseils de ma relaxologue personnelle.

Ainsi requinqué, il était temps de passer à l'espace travail (jaune courge) dizagné par  Philippe Starck : fauteuil framboise bien mure, étagères en bois des Iles-Luzions, table flamants roses, lampe à pétrole à gaz.

Devant mon ordinateur Macintosh customisé par Ernest Dupneu (dont l'oeuvre visionnaire est encore inconnue du grand public), j'ai pu composer une ode au service public de la télévision française, toujours prête à instruire le bon peuple, en présentant dans son émission « la maison de France 5 », les immenses baraques froides à frémir des gens pétés de thunes, pour l'édification et l'acquisition du bon goût de ceux qui vivent en HLM ou dans une caravane.

Merci encore pour toutes ces merveilleuses idées dont nous pourrons bientôt équiper nos 150 m² de pièce à vivre.


mercredi 12 novembre 2014

Saison du péché


Saison du péché

— Mon père, voulez-vous m'entendre en confession ?
Je vous écoute mon fils, parlez sans crainte, Dieu est miséricordieux…
— Mon père, j'ai succombé à la tentation.
Cela arrive mon fils, l'homme est pécheur dans l'âme, nous le savons tous, parlez sans crainte…
— Voilà, je l'ai trompée. En plus, elle était très malade, en soins palliatifs, à cause de son cerveau où passaient mal  les influx nerveux électriques et spasmodiques. Dès lors elle s'affaiblissait de plus en plus. Je sais, c'est lâche, mais comme vous dites nous sommes pécheurs, et puis l'autre, était si attirante, elle me faisait des promesses merveilleuses. Beaucoup, d'ailleurs, ne cessaient de me la conseiller, me disant que je ne serai pas déçu.
Le seigneur pourra comprendre, vous fûtes fidèle pendant des années, et lorsque la fin s'en vient, est-ce vraiment tromper ?
— Oui, mais je m'étais promis de résister jusqu'au bout. Vous savez comme moi que nul ne sait ni le jour ni l'heure ! Elle avait encore des éclairs de vie. Alors, forcément, j'ai des scrupules…
Ne vous tourmentez pas plus longtemps, mon fils, je vais à présent vous donner l'absolution. Mettez-vous à genoux.
Au nom de Bouygues, de SFR, et d'Orange, je vous pardonne d'avoir lâchement abandonné votre  bonne vieille et fidèle téléphonie Nokia, sous prétexte de batterie quasi-naze, mais qui électrifiait encore. Je vous pardonne d'avoir cédé à la tentation du Smartphone, d'avoir abusé jusqu'à l'iPhone6, sous prétexte que vous êtes maqué avec Mac.
Pour votre pénitence, vous enverrez 227 SMS à la personne que vous détestez le plus, et en disant uniquement du bien de celle-ci…
— Amen ! Merci mon père !

lundi 10 novembre 2014

Saison des ventes


Saison des ventes

*

Dans ma boite mail, ça :


L'éclair c'est un truc pour vous aveugler
Vous faire croire que, dès le 8 novembre,
c'est Noël tous les jours.

Enfin… surtout pour eux !
En un éclair ils remplissent leurs tiroirs-caisses
En un éclair ils vous font les poches
En un éclair ils vident votre crédit bancaire.

Rassurez-moi !
Vous allez résister ?
Au moins jusqu'au 13 novembre j'espère !

Moi j'ai cliqué….
…. sur…. "spam"


samedi 8 novembre 2014

Nouvelles saisons...


« Tout est changement, 
non pour ne plus être 
mais pour devenir ce qui n'est pas encore.  »
( Epictète)





mercredi 5 novembre 2014

Changement de cap ?


Dans la ligne de flottaison de la Route du Rhum …






On m'a demandé d'écrire un article pour commenter cette phrase qui se trouve dans le récit de vie que j'ai publié : « Un jour, tu diras que la poliomyélite a été ta chance. ». Ce que j'ai écrit, — je m'en suis aperçu après — , et une sorte de synthèse de l'essentiel de mon existence personnelle. Pour être complet il aurait sans doute fallu aborder deux autres dimensions, à mes yeux importantes : la dimension affective ; la dimension spirituelle. Mais ce n'était pas l'objet de la commande qui m'était faite. Elle était plus axée sur l'aspect « handicap ».

Par ailleurs, j'ai écrit un texte qui devait constituer un billet pour ce blog, et dont le titre était : « Rupture avec le passé et identité personnelle ». En le relisant, je me suis rendu compte que je ne faisais que reprendre des éléments développés plus d'une fois sur ce blog. C'est donc inutile d'en rajouter une couche !

J'avais déjà un fond de réflexion quant à mon écriture sur ce blog. Ne suis-je pas arrivé au bout de l'écriture intime et personnelle ? Il me semble bien que oui !

Ces derniers mois, peu de textes relèvent de l'intime. C'est un signe.
C'est bête à dire, mais je ne m'étais pas beaucoup aperçu de ce changement. Il y a beaucoup moins d'introspection dans mes billets. Certes, j'ai tendance à regarder les choses de la vie avec les yeux de l'intérieur. Mais c'est autre chose que parler de soi et de son histoire.
Alors bien sûr, j'écris ici ce que je veux, sans thématique, librement : des choses sérieuses, des conneries, des coups de gueule, des états d'âme ou des âmes dans tous leurs états, n'utilisant qu'une classification qu'on retrouve en marge, et qui n'est guère rigoureuse.

Je manque de rigueur. Et je ne vis pas cela comme foncièrement « bon pour moi ». Ma bonne santé mentale suppose une certaine rigueur de pensée : c'est le minimum ; d'action : c'est une nécessité vitale. Je n'ai plus d'obligation à la rigueur, comme au temps de la vie professionnelle. Le risque du laisser-aller, de la glandouille (et Dieu sait si on peut glandouiller sur le net…), d'une infiltration de la paresse intellectuelle, et même la paresse spirituelle, tout cela est aux aguets…

Heureusement, j'ai encore certains engagements et certains travaux que l'on me demande. Je fais cela à mon rythme. Et c'est tant mieux.
Pour ce qui est de ce blog, il me semble peu valable pour moi de poursuivre un peu n'importe comment… C'est juste un pressentiment. J'aime écrire. Un peu de déconne ne fait pas de mal ! Mais il faut que cela reste « un peu ». (je parle de l'écriture, pas des bringues avec mes ami(e)s, où je ne suis pas le dernier à dégeler les coincés !).

Bref, chers lectrices et lecteurs, je vous préviens, je vais faire chiant !… (Comme le demandait Beuve-Méry aux journalistes du Monde à l'époque… : « Messieurs ! Faites chiant ! »).

(Qui vient de dire là-bas dans le fond : ben ça va pas changer alors ?!….)

*
PS : (Petit Supplément et non pas Parti Socialiste qui n'existe plus, comme on le constate chaque jour...)
Le Voyageur de l'Aube, continue son périple, évidemment....

mardi 4 novembre 2014

donne du rhum à ton homme ...(air connu)




La Route du Rhum c'est parti !

Surtout qu'il se fait que j'aime les voiliers…
Ceux qui me connaissent depuis lurette savent que le voilier 
est une de mes métaphores préférée

*

—  croire en son bateau (la confiance en soi)
— se laisser porter par les vents ( savoir se risquer dans la vie)
— être bon barreur (guider sa vie)
— ne pas craindre les flots (signe de solidité personnelle vis à vis des autres et des évènements) 
— traverser les tempêtes (les épreuves inévitables)
— subir le "calme plat" ( la patience des traversées désertiques, des aridités relationnelles, des stagnations de cheminement)
 — vivre éveillé ! (parce que la vie est courte….)

vendredi 31 octobre 2014

Mourir pour l'arrosage des champs de maïs ...

En hommage à  Rémi Fraisse, un manifestant de 21 ans, pacifiste, écolo,  qui protestait contre le barrage de Sivens, tué dimanche par un gendarme lui lançant une grenade offensive....

Il n'y a pas eu de bavure" déclare sans vergogne, sans pudeur, et sans même présenter les condoléances de l'État à la famille, le Ministre qui a donné les ordres au Préfet, lequel a donné les ordres aux gendarmes de balancer la purée. (comme ils disent....)

Ça s'appelle : la gauche au pouvoir....



Et avec une pensée pour MF (tard le soir)


Source "Libération"


lundi 27 octobre 2014

Les miens.


Un ami Zhandi me fait parvenir une longue vidéo réalisée pour relater 50 ans de vie du Centre de rééducation où j'ai vécu 3 années de la mienne au début de la décennie 1960. J'y retrouve évidemment des souvenirs dans les photos filmées de ce temps-là, puis des films tournés fin60/début70 (d'après mes déductions). Et aussi les évolutions, agrandissements divers, extensions importantes, constructions nouvelles etc. jusqu'aux années actuelles. Beaucoup d'interviews de soignants de personnels divers, beaucoup de vécu des enfants aux multiples handicaps. 

Sur les années des débuts, en voix off, le Directeur de l'époque (lui-même Zhandi), qui marqua  profondément ma vie (et celle de bien des gens…) et dont je parle dans le livre publié, expose ses convictions, l'engagement de toute sa vie, les conditions d'une remise en vie, la nécessité de se réinsérer dans le monde tel qu'il est, etc.

L'émotion ne fait que grandir à mesure que je regarde le film.
Tant de souvenirs ressurgissent en voyant les "vieux endroits" de ce temps-là. Les immenses progrès aussi dans les dispositifs de soins, les assistances techniques, le matériel, les spécialités, etc.

Des sentiments mêlés sortent tous en même temps. Des larmes sans douleur jaillissent, comme d'ancienne libérations. Et cette intense gratitude,  comme si je n'en finirai jamais de remercier et remercier encore tous ceux et celles sans qui je serais demeuré "le petit allongé définitif" comme dira quelqu'un…
Alors bien sûr il y a ma part, toute ma part, mais aussi toute la leur, celle de ces pionniers (le centre venait d'ouvrir) qui devaient tout inventer en matière de rééducation pour les "cas" comme moi/nous. La passion qui animait certains/nes. Comme s'il fallait vaincre à tout prix le fléau qui s'était abattu en ces années-là où le poliovirus faisait des ravages.

Tous ces gens étaient "les miens", compagnons inséparables d'infortune, combattants incessants, reconstructeurs inlassables de ce que le virus avait détruit,  galériens des salles de rééducation, prisonniers de corps défaillants, en attente de libération espérée, improbable pour certains, garantie pour d'autres, aléatoire pour moi. Chaque matin nous repartions au combat, gagnant les batailles de quelques minutes d'un plus d'endurance à la position debout, triomphant des impossibles proférés, mais aussi dépités, déçus, déposant les armes les soirs des défaites, parce que tel muscle avait de nouveau lâché de trop d'efforts et qu'il faudrait repartir à zéro. Une fois de plus.
Tous cela revenait. 

"Les miens". Ceux de mon état, de notre état, car personne n'en est sorti indemne, personne ne redevint comme avant, jamais. Tous nous avons reçus, tous nous avons remporté des trophées éternels. Mais tous nous sommes restés des Zhandis.

Et puis, chacun s'en est allé ailleurs, on a échangé des adresses, on allait faire un club des anciens, on allait……
Mais non, on est tous partis là où sa vie nous mena. On garda quelques contacts, on se revit quand l'association organisa des trucs. Au final chacun est passé ailleurs, dans l'age adulte. On garda les souvenirs, comme on se souvient des colonies de vacances, sauf que là ça durait des mois et des années et que c'était pas vraiment des vacances…

Et cependant … il y a comme une alchimie singulière qui finit par se faire. Parce que, (et chacun de nous l'a souvent entendu) : 
—  Vous les polios vous êtes à part, vous avez une énergie spécifique rare, qu'on ne rencontre pas forcément dans d'autres formes de handicap.

Je n'y croyais nullement. Jusqu'à ce que je découvre, il y a 5 ans environ, cette Assos. des vieux tordus que nous sommes, qui nous rassemble de toute la France dans des actions singulières pour nos problèmes spécifiques liés au poliovirus à long terme. (et dieu sait s'il y en a….). Les rares,très rares équipes médicales qui s'intéressent encore à nous en France (elles se comptent sur une seule main d'un amputé des doigts), nous le redisent, lors des Congrès médicaux spéciaux que nous organisons.  J'ignore la dose de flatteries qui est mise là, mais je vois surtout chez "les miens" tous âgés forcément, cette énergie-là, qui nous rassemble et se communique, comme il y a plus de 50 ans….
Et puis se sentiment (trompeur sans doute) de tous se comprendre, de se rejoindre à cause de je ne sais quelle appartenance mystérieuse qui nous relie à défaut de nous unir. 

Bien sur je n'ignore pas que dans l'adversité, les épreuves communes, les solidarités humaines agissent comme "par nature" (les victimes de catastrophes naturelles en font l'expérience). On les retrouve chez "les miens" quant il faut s'organiser face à un corps médical qui n'en a plus rien à foutre de nous qui sommes une race en voie d'extinction et aucun médecin actuel ne sait ce qu'est la polio. On n'en parle plus dans les facs depuis lurette. Or, nous et "les miens" savons biens ce qui est incompatible avec nos états, tant sur le plan médecine générale que certaines chirurgies… Parce qu'on a mis au point un centre de ressources international regroupant tout ce qu'on trouve sur les problématiques post-polio à long terme. Nous savons qu'il faut "enseigner" nos jeunes médecins, dialoguer sur les traitements, les choix thérapeutiques.
J'en sais quelque chose personnellement. La réduction de ma très mauvaise fracture du fémur il y a + de 10 ans a été faite dans "les règles de l'art" par un jeune chirurgien des urgences. Rien à dire.  enfin si…. J'ai appris ensuite que vue la forme de mon handicap, il aurait fallu utiliser le protocole MachinChose spécifique, ce qui m'aurait évité 6 mois de centre de rééduc  (2 à 3 mois auraient probablement suffit).
Le chirurgien aurait du contacter l'hôpital Untel à Paris spécialisé dans ce type de réduction. Par tél on lui aurait dit comme faire… 
Bref j'aurais du me casser la patte à Paris…..
Mais pour ce genre de cas, aucune coordination n'existe. Nous avons proposé de faire quelque chose, de réfléchir ensemble, mais…. on nous a fait comprendre que les priorités étaient ailleurs…. On a bien compris le message : — disparaissez rapidement et qu'on ne parle plus jamais de la polio….



Et puis, aujourd'hui, un vieux plouc comme moi, qu'est même pas médecin, qu'est-ce qu'il peut bien dire au PROFESSSEUR JESAISTOU, Chirurgien réputé qui colloque (du verbe colloquer) dans les Congrès Zinternationnaux …
— Ce petit vieux con de polio va quand même pas m'apprendre mon métier !! 




Bon je m'égare : billet trop long.

Je conclus :
Ma vie progresse vers sa fin. Je me réjouis TRÈS profondément de voir dans ce film combien les fondamentaux humains, humanistes, prenant la personne en compte vraiment,  l'enfant dans SA GLOBALITÉ, combien ils demeurent fidèles aux origines dans l'équipe qui s'exprime, dans les propos du Directeur actuel, et de quelques responsables. On sent que ce ne sont pas que des mots langue de pute devant la caméra. D'ailleurs la vidéo étant "interne", ils ne peuvent pas se la jouer. Sauf a perdre toute crédibilité.

Cela nourrit mon espérance et la place totalement dans le réalisme.

Tant qu'il restera des personnes à visage humain et engagées envers ces enfants et jeunes, dont la face est déformée, qui boitent, bavent, crient et ânonnent à défaut de maitrise du langage, cassent tout est font tout tomber parce leurs mains se défilent, se marrent dans des rictus involontairement clownesques, découvrant leur bouche édentée, faute de pouvoir soigner la dentition tant ils remuent la tête sporadiquement et sans maitrise des leurs mouvements … ; plutôt que de rêver d'être tradeurs, banquiers internationaux, starts-up à développement de l'inutile et du futile, marchands d'armes, fabricants de mines antipersonnelle qui arrachent les jambes des gosses des dizaines d'années après la fin des hostilités… (je vous en supplie, faites des dons à Handicap International), producteurs de tabac qui tue, etc… ;   
alors, oui, le monde pourra espérer et espérer encore, et pour se faire je continuerai à donner ma vie, dans les petites engagements que je peux encore assumer.

samedi 25 octobre 2014

Dieu est un chat.


Tout d'abord, autant le dire clairement, j'ai mal dormi. Des douleurs dans le dos. Non, ne me dites pas que probablement « j'en ai plein le dos », épargnez-moi la psychologie à 1,25 €. Ce sont des douleurs mécaniques, liées au système musculaire complexe de l'échine, trop défaillant pour soutenir correctement la colonne vertébrale. Les années de rééducation, de kiné, d'exercices divers ont atteint leur limite. Je conseille à tous les vieux polios comme moi de… ne pas vieillir…
Ce matin, au réveil, j'ai découvert la véritable raison de mon insomnie. Il y avait en moi une question récurrente que je ne m'avouais pas jusque-là. Fort heureusement, mon canard local, en première page, en très gros titre, photo à l'appui, m'a apporté la révélation qui a miné ma nuit, c'est-à-dire cette terrible question :
— Qui sera Miss Nord-Pas-de-Calais ?
En pages intérieures, je découvre la vingtaine de candidates, et là, le grand dilemme, les vieux fonctionnements d'indécision reviennent : 
— Laquelle choisir ? 
Déjà, ce n'est pas facile dans les concours agricoles de choisir la meilleure vache laitière. Là, il s'agit quand même de la race humaine et les critères sont plus nombreux que le volume du pis.

J'ai compris que le choix était difficile, à cause de cette terrible phrase :
— « Le mystère des animaux nous renvoie notre ignorance » prononcée doctement par Alice Ferney sur le plateau de « la grande librairie » (France 5).
Hé oui, nous ne savons rien. Seul l'animal détient la connaissance qui nous est inaccessible.
Alors, j'ai réalisé l'intense admiration qu'il convenait d'avoir pour la gent animale, et, dans la foulée de la pensée profonde de Brigitte Bardot, Matthieu Ricard, ce richissime moine bouddhiste, qui joue au pauvre en s'habillant de chiffons rouges et jaunes, l'a confirmé sur le même plateau, en déclarant :
La baleine à des qualités uniques, l'homme a des qualités uniques. Mais il y a une différence de culture.
Et ça, je l'avoue ça nous emmène très loin dans la profondeur de la réflexion.


Comme ma compagne était présente, nous avons immédiatement pris la position du lotus, pas celle du yoga, celle du Kama-sutra, ce qui nous a permis de pénétrer plus profondément la question.

C'est alors que l'illumination s'est présentée à moi de manière inattendue, aux alentours de 23 h et au bord de l'orgasme :
J'ai dit à ma compagne : — je t'aime, ma petite chatte… 
— Oh, mon Dieu ! Toi mon chat ! 
m'a-t-elle répondu dans une extase intense…





J'ai compris : Dieu est un chat.
— Les Egyptiens avaient raison à propos des chats divinisés.

Alors j'ai repensé à la parole prophétique de Matthieu Ricard (un volume de yoga, 5 volumes d'eau), dans cette même émission :
—  Étendre la bienveillance  aux animaux, c'est mieux aimer les hommes

Personne n'avait encore eu une pensée aussi profonde…

Dieu est aussi dans le Ricard.

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EDIT, Lundi 27 matin :
L'horrible suspens de la Miss Nd-P-de-C a pris fin : la (mal)heureuse élue à la froide beauté des visages insipides et des corps stéréotypés.
Geneviève  de Fond-de-Teint à des rides à se faire...


jeudi 23 octobre 2014

Dialogue amoureux



— Pourquoi n'es-tu pas exactement comme je je te l'ai demandé ?
— Pourquoi tu ne me dis pas les mots que j'attends ?
— Pourquoi tu ne mets pas le pull à col roulé que je préfère ?
— Pourquoi tu ne m'as pas offert le bijou que j'espérais à mon anniversaire ?
— Pourquoi tu ne m'invites pas plus souvent au restaurant ?
— Pourquoi tu vas encore au foot avec tes copains ?
— Pourquoi tu ne me dis pas « je t'aime » aussi souvent que j'ai envie de l'entendre ?
— Pourquoi tu ne rebouches jamais le tube de dentifrice ?
— Pourquoi tu m'obliges à être jaloux de ta secrétaire ?
— Pourquoi trouves-tu toujours les autres femmes plus belles que moi ?


— Parce que tu me fais ch… !

jeudi 16 octobre 2014

Born to be …. exploited


Il fut un temps où c'était du jour au lendemain qu'on retrouvait ses énergies. Même par temps de courte nuit.
Au début, on ne repère pas l'accumulation des toxines. Et puis, le corps est fabriqué pour suivre fidèlement. On le croit invincible, malgré les signaux d'alerte qu'il envoie. Une tasse de café fort, puis deux, puis trois. Un petit verre de whisky, puis deux, puis trois, puis la bouteille. Quelques cachetons, quelques compléments zalimentaires, quelques conseils d'ami(e)s en matière de détox, intox, flytox, et hop !!
Et puis quoi, on n'a qu'une vie après tout ! Mieux vaut brûler à fond que se consumer lentement.
Puis les autres nous soutiennent : 
— Allez  ! Donne-toi à fond pour La Boite !  Le Boss sait se montrer généreux avec ceux qui en veulent vraiment !

Et donc : un rail, un seul. On sniffe seulement le week-end, pour oublier la fatigue de la semaine en faisant la teuf dans la carré VIP jusqu'au bout de la nuit. Faut dire que maintenant on est libre. C'est vrai que le juge a pas mal chargé pour la pension alimentaire, mais au moins les gosses ne font plus chier. Et puis de toute façon on est bien blindé coté tunes. No soussailles !
On fait partie des meilleurs. Ceux qui atteignent leurs objectifs ! 

Mais le bruit court que le N+2 aurait remonté les bretelles du N+1, le vénéré chef direct. 
 — Dis donc, t'as vu tes résultats ? Tu ne vas quand même pas devenir mou du genou ?

Parait qu'on serait pas assez au-delà des objectifs fixés. Pourtant, on les a atteints les objectifs. Oui mais, désormais, le bon collaborateur dépasse les objectifs. C'est la règle. Question de se donner un chalenge  personnel et le respecter. Un peu d'ambition que diable ! 

— Ressaisis-toi, merde ! dit le N+1,  c'est moi qui prends l'engueulade. Tu crois que ça m'amuse de me faire engueuler à ta place ? Putain, t'as plus les couilles ou quoi ? Tu me déçois tu sais ! Beaucoup ! Je te croyais meilleur que ça !

On croyait que c'était un vrai pote le N+1. On aurait fait n'importe quoi pour lui. Il savait tellement motiver et promettre. Et là, c'est comme si votre meilleur ami vous plantait un couteau dans la poitrine. Mais bon, on comprend. On est tellement con qu'on comprend qu'il faut redoubler les efforts. On va y arriver. Il n'est pas question de perdre l'estime de ses chefs. C'est capital. Vital. Et puis quoi, il nous l'a toujours dit, on fait partie des meilleurs…

*

On n'a rien vu venir.
C'est arrivé un dimanche matin, au réveil, vers 13 heures.
Impossible de se lever. Trop bu ! C'est ça, on a trop bu, trop fumé, trop sniffé.
Ça va passer.
Ça passe pas. Tétanisé. Quasi paralysé !

*

Il y a plus d'un an maintenant qu'on est en "arrêt pour longue maladie".
Le psychiatrie est sympa et compréhensif. 
On n'a jamais revu le N+1, encore moins le N+2.
Tout est passé par les avocats. Le chèque fut conséquent.
Retrouvera-t-on du travail ?
Il faudra être patient dit-on. Encore quelques mois de traitement.
Mais, c'est sûr, le marché du travail est très encombré en ce moment.
Faudra être patient.
Ça va surement finir par s'arranger.

*

Inspiré de faits réels dans mon entourage.



mardi 7 octobre 2014

187.


C'est le nombre de billets de blogs non-lus qui figure dans ma liste de flux RSS. C'est dire si je m'éloigne de plus en plus de la blogosphère… C'est un constat. Ce n'est pas le résultat d'une décision.
De ce fait, j'ai été jeter un coup d'oeil du côté de mes statistiques. Sur quatre ans  la fréquentation de ce bloc est relativement stable, avec une légère érosion.  Sur les six derniers mois c'est un peu pareil. Une légère érosion.
Le taux de fidélité à ce blog est de 65 %.
Cela dit, je n'ai jamais compris grand-chose à ce qui était comptabilisé… Je me contente d'observer si je n'écris pas trop dans le vide. Mon sentiment personnel est qu'il y a de moins en moins de lecteurs.

Si j'écris tout cela c'est sans doute que ça me préoccupe. Et en fait, je n'en sais trop rien ! Pourquoi je continue à écrire sur ce bloc-ci ?
— Par plaisir ? — Oui, certainement. Mais le principe de plaisir doit-il régenter ma vie ? Il y a plus intense et plus intéressant que le plaisir. La plénitude d'être par exemple.

— Parce que j'ai des choses à dire ? — Le temps passant, l'attirance pour le silence se fait plus forte.

Voilà un billet totalement inutile, qui véhicule les états d'âme d'un blogueur au long cours. Un billet comme j'en ai lu 50 et plus par d'autres que moi, qui se tirlopotent le cervelet pour savoir si c'est la poule ou l'oeuf qui arrêtera d'écrire en premier…
Cherchant une illustration pour ce billet, j'apprends que 187 est un terme argotique américain pour signifier le meurtre !
Dois-je y voir un signe ?

dimanche 5 octobre 2014

Savoir donner !


Dans la série fossiles… Un texte de consigne d'écriture de 2008 que je retrouve…
C'était peut être chez Coumarine "paroles plurielles" ??
J'avais complètement oublié avoir écrit ce truc .... !
consigne :
Sur la place, une statue qui pointe le doigt : Je vous demande d'imaginer la leçon de morale totalement absurde qu'il est en train de proférer.
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Savoir donner !

- Oh-là ! Vous !
- ???
- Oui, vous madame ! Arrêtez-vous un instant.
- Qu'est-ce que vous voulez ? Je suis pressée!
- Pressée ! Pressée ! Voilà comment vous êtes, vous, les femmes belles et dynamiques, vous qui respirez la jeunesse et la santé ! Prenez quand même le temps de réfléchir à des choses essentielles !
- Je suis pressée vous dis-je ! J'ai d'autres choses à faire que vous écouter...
- Juste quelques questions... Tiens ! Etes-vous heureuse ? Ne répondez pas, je le sens, c'est une affirmation : vous êtes heureuse !
- Oui... Enfin, Je ne suis pas malheureuse en tout cas.
- C'est bien ce qu'il me semblait. Amoureuse ?
- Ecoutez monsieur, ma vie privée ne vous regarde pas !
- Amoureuse ! J'en étais certain. Cela se voit dans votre regard. Et même dans votre corps, svelte, sensuel. Je vous ai vu arriver, vous avez la démarche ondulante des femmes amoureuses.
- Franchement, s'il s'agit d'un plan drague, vous êtes lourd et nul !
- Absolument pas ! J'attire votre attention sur la chance que vous avez d'être belle, sensuelle, désirée, et je suis même sûr que dans l'intimité... Vous êtes une amante ardente !
- Ah ! Ça suffit maintenant ! Je m'en vais. Vous êtes un goujat !
- Attendez ! C'est important ! Avez-vous pensé, une fois au moins, à toutes ces autres femmes qui n'ont pas votre chance ? Celles qui sont tristes et malheureuses, et s'ennuient désespérément au lit... ? Y avez-vous pensé !?
- Ecoutez, il y a toujours eu des gens malheureux, je ne vais pas gâcher ma vie pour autant ! Et puis, que voulez-vous que j'y fasse ?...
- Mais justement ! Vous pouvez beaucoup ! Je suis sûr que vous êtes une femme généreuse, prête à donner pour une grande cause.
- Oui, ... enfin je suis comme tout le monde, je donne au Téléthon...
- Certes, mais il n'y a pas que le Téléthon. Savez-vous que vous pouvez rendre d'immenses services aux femmes qui n'ont pas votre chance, qui n'accèdent pas au bonheur corporel qui est le vôtre ?
- Ah oui ! Et comment ?
- Avez-vous déjà pensé à faire un don d'orgasme ?
- Un quoi ?
- Un don d'orgasme. C'est très facile, il suffit d'avoir sur vous une carte de donneur. Tenez, comme celle-ci par exemple. Vous nous laissez vos coordonnées et en cas de besoin, lorsqu'une femme, un couple, n'arrive pas par ses propres moyens à la satisfaction suprême, on vous appelle et vous faites un don d'orgasme. Vous voyez c'est simple. Et c'est une question de civisme, de morale sexuelle bien comprise. Un geste citoyen en quelque sorte. Et puis, c'est aussi une indispensable question de solidarité entre femmes. De plus, c'est sans risque contaminant, l'opération est placée sous le haut patronage de la délégation gouvernementale à la condition orgasmique. Vous n'avez pas vu le spot télévisé ? et le slogan ? : "le plaisir sexuel ne vaut que s'il est partagé partagé par tous ! Faites un don dès mantenant !"
- Je n'ai pas la télévision. Je suis désolée.
- Dans ce cas, je comprends. Excusez-moi de vous avoir importuné. Mais n'oubliez pas... Renvoyer la carte ! Et vous verrez, au verso, j'ai écrit mon numéro de téléphone personnel.

vendredi 26 septembre 2014

Tous barbares ?


Ainsi donc ils étaient revenus, une fois encore.
Pires qu'avant.
Ils étaient pires qu'avant.
Des barbares, des assassins, des égorgeurs.
Des bêtes.
Ils étaient devenus animaux dégénérés
Pire que les loups
les loups ne se mangent pas entre-eux
Là si, ils tuaient leurs semblables
comme ça, pour tuer,
pour le buzz

oui, le pire du pire
tuer pour le buzz
Et le buzz a fonctionné

parce que l'avidité de l'horrible est tapie dans l'ombre
on en redemanderait presque
on veut voir !
Frissonner, 
mieux que les films d'horreur sanglants
Là c'est du "vrai" de "l'authentique" décapitation.
Un régal pour la part obscure de nous-même !

Ainsi donc nous avons décidé de répondre à l'horreur 
par l'horreur
L'horreur façon jeux vidéos.
Ça on peut montrer. 
Tout le monde a vu comment on fait la guerre façon jeux-vidéos
Depuis la Guerre du Golfe on connait.
Pif-Paf les missiles tirés de très haut
ou depuis des dromes télécommandés depuis le sol paisible, 
au milieu de nulle part à la compagne 
et, par la fenêtre, le soldat exterminateur entend les oiseux gazouiller.
Pif-Paf, un clic sur le joystick , et hop il détruit un max.

Exactement comme la console de jeux
qu'il retrouvera ce soir

Jaillissement d'explosions ! Encore et encore !
Oh les beaux missiles !
On dirait le Trocadéro le soir du 14 juillet.
Tout ça a l'heure de l'apéro.
À la santé de nos armées délicieuses.
Ils sont pas magnifiques nos avions-à-tuer ?
Nos armes efficaces, nous, l'Occident civilisé,
 on les vend à tout le monde !

Est-ce qu'on a tué au passage des innocents,
aussi innocents que notre alpiniste français ?
On sait pas, on veut pas savoir
de toutes façons personne n'ira voir sur place.


Ainsi donc le monde sombre dans la peur, 
Chacun l'alimente selon son intérêt
La peur justifie tout
Faut nous comprendre ! 
C'est comme ça quand on a la trouille.

Non
Il n'y a rien à comprendre à tout ça
On réfléchira plus tard, on a des années pour ça. Pour plus tard.
Pour trop tard.
Comme les autres fois.

Pour aujourd'hui,
Faut juste tirer le premier.
Tuer l'autre avant qu'il ne nous tue
Puis viendra le troisième qui nous tuera à son tour.

C'est comma ça.
Il n'y a rien à comprendre à tout ça

Faut juste tirer le premier.

dimanche 21 septembre 2014

Le retour du jet d'ail !

Tu sais quoi Biloute ?

Lundi, (ou mardi, ou mercredi, cha va dépendre d'la météo) ché ichi qui vient l'Sarko pour commincher s'campagne pour être le Sauveur que le Monde attend !
Chez les Ch'ti !
Pour précher l'Evangile à ses nouvelles ouailles que c'est nous qu'on l'est, à ce qui parait !
Vindédiou !
Vas-t'y zaller din ché Corons des mines ?
À Roubaix dans la France  cosmopolite ? (chi t'sais pas l'sens du mot va raviser din tin dico !)
Ben non mes geins !
Y va chez les bourges !!!
Pour sa nouvelle politique que tous que c'est que les français vous suiv' !!
Tous des bourges !! V'la l'solution à tout !

Ché ichi qui va : Lambersart:

Ravise les baraques d'la ville !
L'foto parle d'elle-même !
Ça ressemble à la taule des français moyens !
Po b'soin de bavasser plus que cha !!



jeudi 11 septembre 2014

Manque


Et tout à coup, il y eut ce sentiment que quelque chose manquait.
Mais quoi ?
C'est tellement difficile de savoir ce qui manque, parce que le manque est justement une sorte d'espace vide, parfois de gouffre, de néant.
Il avait le sentiment de ressentir ce vide, comme une sorte de « rien » et qui pourtant serait capable de creuser un trou profond comme par aspiration.

photo du net
Était-ce d'ailleurs quelque chose ? Était-ce quelqu'un ? Une présence ?
Rien qu'une présence qui viendrait combler.
Ce sentiment imbécile qu'un insecte pourrait y tenir lieu.
La présence d'une bestiole, même un cafard, du moment que ce serait vivant.

Cela n'en disait-il pas long sur ce qu'il était devenu ?
Et que faisait-il là au milieu de tous les autres indifférents. Il s'était assis sur un banc, penché, les coudes sur les genoux.

*

C'était il y a des années, m'a-t-il dit.
C'est ce soir-là que je tentais de me suicider.
Même ça, j'ai raté.
Il me regardait. Mais en fait, non. Il ne regardait rien, ni personne.
Il avait ce regard dans le vague absolu, si caractéristique des désespérés.

Il est venu trois ou quatre fois, les épaules lourdes, se laissant tomber dans le fauteuil comme si plus rien ne pouvait le porter. 
Il a téléphoné : je ne pense pas que ça serve à quelque chose que je revienne.

Combien sont-ils comme ça que l'on a croisé sans rien pouvoir.
Pouvoir ? Est-ce que c'est une affaire de pouvoir ?