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mardi 26 décembre 2023

Clef, rossignol, ouvre-boîte et autre passe-partout.


De temps à autre je jette un œil sur le bas de la page d'accueil de Firefox où il y a des recommandations d'articles et entre autres ce fut aujourd'hui parce que j'avais décidé d'une fin d'après-midi cool, vu que de bonnes nouvelles téléphoniques étaient parvenues à mes esgourdes concernant un truc qui me fait ch..r depuis un bout de temps, et que quand tu n'en vois pas le bout, ça finit par te foutre le moral en berne comme un drapeau des JO 2024 après le constat que la France a très beaucoup peu de médailles.
(Waouh je progresse en longueur de phrases proustiennes…)


Alors donc disais-je, l'article dont c'est celui que je parle au premier paragraphe, proposait cinq clés du bonheur. Je me suis dit que parmi les cinq, il y aurait bien une clé qui ouvrirait ma propre porte de mon propre bonheur à moi que je cherche depuis des lustres.
Je clique donc avec le désespoir du candidat au suicide qui réalise qu'il n'y a pas de paradis après la mort, ni 72 jeunes escort-girls accortes offerte par une autre religion que maman m'interdit de nommer ici.

Eh bien, contre toute attente (expression qu'on trouve dans tout bon roman policier), je ne tombe pas sur cinq conneries ni sur Sean Connery.
Alors je vous les offre en cette période de fin d'année et pour patienter jusqu'à l'arrivée d'icelle en son dernier jour, qu'après minuit ce sera trop tard.

— Prendre conscience de ses valeurs et de ses priorités
— Savoir que nous ne disons pas forcément « non » à la personne, mais à ce qu'elle nous propose.
— Il n'y a pas de mal à passer à côté de quelque chose.
— Accepter la vulnérabilité.
— Nous ne devons pas toujours nous excuser.

C'est pas si mal que ça, ça fait gagner de notre temps toujours si précieux, d'autant que c'est de l'argent, et ça évite d'aller passer un an dans un ashram pour méditer en solitaire, afin d'enfin découvrir pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien, et de revenir bredouille.

Sur ce, je me demande si je ne vais pas me rouler un joint dans la farine.
À bientôt pour de nouvelles aventures…


lundi 18 décembre 2023

Il arrive que penser nécessite de panser

 

181ème Devoir de Lakevio du Goût.


Tandis que je cherchais une image parmi les peintres du XIXème siècle, cette toile de Jacques-Joseph Tissot qui, par anglophilie du moment se fit appeler James, peinte en 1873 m’a frappé.
Ce peintre aimait les femmes.
Il devint en son temps un «spécialiste de la peinture féminine ».
Ami de Degas, il fut apprécié de Théophile Gautier au point que, connaissant Théophile Gautier et son goût marqué pour la gent féminine, je me demande si James Tissot n’a pas cédé aux mêmes tentations…
Mais vous, à regarder cette toile, qu’en pensez-vous ?
On verra bien lundi puisque le Web est revenu.




À quoi puis-je bien penser en regardant cette toile ?, me demande-t-on.
Assez spontanément je répondrais : à rien du tout !
Maintenant s'il le faut absolument, je peux dire que le peintre réussit quand même à bien peinturlurer les robes de ces dames quand il rend visible leur arrière train.

Pour ce qui est des dames elles-mêmes, j'aurais plutôt des questions que je ne poserai pas, compte tenu du fait que je ne voudrais pas perturber la bonne morale victorienne, puisque manifestement nous sommes en Angleterre. Probablement sur la Tamise (l'eau est sale). On s'y livre à du cabotage avec cabotinage et papotage,  plutôt que du canotage,  tandis que sur le pont un marin gradé se livre au racolage après catalogage  lui permettant de choisir sa proie. Le voilà parti à l'abordage, espérant un rapide accrochage à force de rabâchage de mots, car le pelotage n'est pas  encore permis en ce siècle pudibond. Ce genre de déconnage frisant trop le fricotage  ne faciliterait pas le décollage ni le pilotage de l'assaut. On risquerait le carambolage. Mieux vaut dans ce cas le boycottage avant que cela ne fasse du tapage.
 Mais peut-être que je me méprise. Avec toutes ces finales de mots répétitives on doit plutôt être sur le Tage. Un tout autre échantillonnage. Bon sang quel bricolage !

Mais, revenons à notre trio à six chaises. Observons que : soit il manque trois personnes soit il y a trois chaises en trop. Nous voilà donc à présent plongé dans une énigme à la Agatha Christie. Pourquoi ont-ils fait disparaître les trois autres personnes assises sur les chaises ? Dans quel but ? À qui profitent  les crimes ? Était-ce avec le chandelier sur le pont supérieur, le poignard dans la cabine, ou la clé anglaise dans la salle des machines ?

On se perd en conjectures, et lorsqu'on se perd dans un environnement de conjectures sachez que c'est grave. On risque de se paumer complètement dans les méandres des cervelles nébuleuses qui construisent et déconstruisent intellectuellement ce qu'elles n'ont même pas encore réussi à élaborer. Un peu comme il en est des énarques, par exemple. C'est dire si le péril est grand !

À quoi puis-je bien penser en regardant cette toile ? , me demandait-t-on.
Eh bien voilà il est temps que je cesse de penser et d'ailleurs cueillir des pensées n'est pas de saison.
En conséquence, je m'arrête là avant que la faculté ne soit obligée de me panser le cerveau.


 

lundi 11 décembre 2023

Le rouge ne lui allait pas si bien.

 
180ème devoir de Lakevio du Goût



Cette énième vue de Paris m’amène à me poser une question.
Ce n’est pas la première fois que je vous soumets une vue de Paris.
Parfois au soleil mais souvent il est vrai sous un éclairage moins vif, voire sous la pluie.
Mais ce qui m’amène à me poser des questions, ce ne sont pas les endroits décrits, non.
C’est la fréquente présence de cette femme qui semble ne sortir que par temps de pluie.
Histoire de sortir ce parapluie rouge qu’on lui voit chaque fois.
Sa mise change mais elle semble n’avoir que ce parapluie rouge.
Auriez vous une idée de ce qui la meut en ces jours tristes ?
J’attends de savoir ce que vous en pensez.
À lundi, donc…


Ce jour-là encore Carmen sort en arborant son éternel parapluie rouge qui en aucun cas ne peut la quitter. Qu'il pleuve ou fasse soleil, qu'il bruine ou verse à torrent, que ce soit en ville ou sur la plage, Carmen est revêtue d'un parapluie rouge.

Lorsqu'elle vient aux séances individuelles ou collectives il n'est pas toujours facile qu'elle finisse par accepter de refermer son pépin. Justement parce qu'elle ne veut pas en avoir, des pépins dans sa vie. Alors elle se fait violence et je remarque qu'elle lève les yeux au plafond avant de s'asseoir sur la chaise baquet grenat. La séance peut alors commencer.

Il y a quelque temps, mon associé et moi, décidons de faire des travaux de rafraîchissement de nos bureaux. C'est l'occasion de peindre le plafond rouge en espérant un effet thérapeutique sur Carmen. Je me demande encore si nous avons eu raison.

Chacun sait que le rouge représente la passion que ce soit sous forme de violence ou d'amour. Carmen est une passionnée exacerbée à la sensualité tendrement violente. Bien des hommes en ont fait l'expérience dans ses bras, rarement de manière heureuse. Carmen mène une vie interlope. Tout chez elle semble équivoque. Elle a même un temps milité à la Fédération Parapluie Rouge et donc côtoyé des travailleuses du sexe. Elle tenta un temps ce métier  risqué, faisant confiance à son parapluie rouge. En effet sa spiritualité explique et démontre la capacité du parapluie rouge à vous protéger des « attaques symboliques d'en haut ». Elle se croit ainsi protégée de toutes les forces malignes qui se déplacent sans cesse à mesure que les couleurs changent autour d'elle. Ainsi Carmen se persuade d'aller mieux. Elle reconnaît qu'il lui reste une névrose : la peur de rêver de parapluies qui ne soient pas d'un rouge vif.

J'avoue que mon associé et moi aurions dû avoir meilleure conscience du danger le jour où Carmen arriva avec une robe rouge et des chaussures rouges. D'autant qu'elle avait les pommettes rouge vif à raison d'un maquillage outrancier. J'avoue que nous aurions dû être inquiets de ne pas la revoir pendant les mois qui suivirent. Mais enfin, rien ne prouve que ce soit elle qui se jeta sous les roues du métro, même si la photo du journal met en évidence un parapluie rouge à moitié cassé qui a comme rebondi sur le quai.

*


La fédération Parapluie Rouge existe, de même que la signification spirituelle de l'engin à baleines de ladite couleur.


mercredi 6 décembre 2023

Écriture et aventure




Dans son billet du 5 décembre « Le goût des autres », évoquant Amélie Nothomb parlant de sa discipline d'écriture, notre ami bloggeur écrivait : « (…) écrire une page chaque jour, histoire de réviser son français et tenter de maintenir à flot une cervelle qui tourne petit à petit en sauce blanche. Ça paraît simple mais ça ne l’est pas tant que ça. » J'ai commenté ceci : «Je sais ce qu'il en est de cette petite discipline que j'ai apprise de Coumarine, [hélas décédée depuis] à la fois l'écriture quotidienne et le travail sur le texte quand c'est en vue de publication. C'était une de mes raisons d'admirer cette femme. »
Depuis trop de temps je me suis donné des largesses avec cette discipline. Me restreignant quasiment à des « exercices d'écriture sur consignes », ce qui a toujours représenté pour moi une distraction jubilatoire.
Il est temps de revenir à une meilleure exigence,  celle de la fidélité aux exercices quels qu'ils soient. C'est peu à peu qu'on s'éloigne alors que l'on connaît les bienfaits  de l'obéissance choisie en fidélité à soi-même. Finalement c'est après mes 12 ans que j'ai compris peu à peu ce qu'il en était du « le bon pour soi-même est bon pour l'autre ».
Par rapport aux années précédentes, 2023 qui se termine comptera parmi  celles où j'ai le moins publié et bon nombre de billets furent des devoirs sur consigne. C'est-à-dire du divertissement qui ne donne pas un comblement profond. Je ne nourris pas assez mon intériorité. On ne s'en rend compte que  petit à petit  Une sorte de fadeur qui s'installe et qui finirait par avoir un mauvais goût  dans l'arrière bouche.


-o0o-


Puisqu'il est question d'espace d'écriture, voilà 16 ans que je participais à Kaléïdoplumes que j'avais contribué à fonder dans la suite du propre site que j'animais «  Les marathons d'écriture ». Or  Kaléïdoplumes va fermer à la fin d'année. Une importante page de ma vie de blogueur s'achèvera. Le choix de fermer  que fait  la fondatrice se justifie pleinement. Les participants s'amenuisaient au fil du temps et nous n'étions plus qu'une poignée.  Actuellement les échanges en interne se font sur une éventuelle suite ou non. Évidemment la plupart souhaitent qu'on n'en reste pas là. Mais qui va se lancer pour proposer autre chose et le faire vivre ? Moi-même je ne sais pas. Et pourtant des relations se sont tissées durablement, mais essentiellement à l'intérieur du groupe rassembleur. On ne mesure sans doute pas suffisamment l'importance du ou des rassembleurs. J'ai vécu la même chose à propos de mon atelier d'écriture « en live » qui a duré une bonne douzaine d'années et puis il y eut le covid, une grave maladie de l'animatrice, et au final il n'y a plus rien.
Je constate souvent le même phénomène dans d'autres réalités. Quand l'élément fédérateur s'en va, disparaît, prend de la distance, les choses finissent par s'éteindre. Cela me rappelle les vacances quand mes filles étaient jeunes. Il y avait un âtre. On y faisait du feu. J'expliquais à mes jeunes progénitures que pour que le feu soit vivant, les bûches devaient être rassemblées, se toucher, échanger la flamme qui réchauffait tout le monde. Il fallait que quelqu'un entretienne l'âtre.
Le feu de Kaléïdoplumes va-t-il s'éteindre ou aller se raviver ailleurs ? Et si possible avec d'autres.
Petite aventure humaine à suivre. À poursuivre ? Je ne vois pas bien encore quelle doit être ma part active.

lundi 4 décembre 2023

Flottement

 

Depuis plusieurs semaines mon environnement cérébral et intérieur ressemblait un peu à cette image :


Ce n'était pas un naufrage dangereux, mais une surcharge trop forte qui fait que l'on finit par avoir la tentation de bazarder pas mal de choses par-dessus bord. Malheureusement l'image s'arrête là, car passer par-dessus bord et une vue de l'esprit sous forme d'un souhait irréaliste.

Alors, j'ai fait comme d'habitude : faire face le mieux possible en me disant que « ça ira mieux demain ». Sauf que le lendemain ça n'allait pas mieux et même un nouveau ballot bien trop lourd tombait dans ma frêle embarcation pour l'alourdir au risque de chavirer.

. Alors j'ai repensé qu'au fond j'avais toujours été un frêle esquif depuis bien longtemps et qui cependant avait su assumer des tempêtes parfois bien plus terribles.

. Alors j'ai aussi repensé que c'était il y a des années et que j'étais plus jeune en ce temps-là.
. Alors j'ai enfin repensé à ce concept que je voudrais abolir et que je commence à voir inscrit un peu partout :  « la fragilité de la personne âgée ».


J'essaie de me défendre : — « hé oh ! Y'a pas que le vieux qui soit fragile ! ». Je connais des perdreaux de l'année qui le sont déjà. OK, c'est une défense archinulle, mais quand même, on se raccroche à ce qu'on peut et on peut peu dans ces moments-là.
Il n'empêche, au fil des jours le gros temps des nuages noirs s'éloigna quelque peu. Il y eut même quelques trouées bleutées et je crois avoir aperçu un ou deux rayons de soleil.
Qu'est-ce que je pourrais vous en dire sur le détail de ce qui s'est passé. Bah rien ! Ou alors il faudrait que vous soyez prêts à deux bonnes heures de lecture sans interruption d'un côté, et d'un autre côté il faudrait que j'ai le courage de vous écrire tout ça, et je ne l'ai pas. Alors je vais faire mon petit philosophe alacon pour 0,50 centime d'anciens francs.

C'est rapport à la notion de flottement justement. Tant qu'on flotte, on ne coule pas. C'est con hein ! Mais c'est vrai. Et donc il faut faire confiance à ce constat : on flotte, on en est capable. D'ailleurs c'est ce qu'on dit en cas de risque de noyade : ne pas se débattre et se laisser flotter. Ça semble passif mais c'est au contraire très actif.

J'arrête ma comparaison aquatique. Je remplace par l'équilibre. Lorsque j'ai appris à remarcher, et aujourd'hui encore, ça fonctionne uniquement lorsque j'ai confiance que je ne vais pas perdre l'équilibre et marcher sans risque majeur. À  la suite de mon Covid récent la perte importante de mes forces physiques fut telle que j'ai perdu totalement la possibilité de marcher. (Il a même fallu faire appel aux pompiers) Et en même temps, malgré mes persuasions volontaires, j'avais perdu toute confiance en ma capacité d'un corps qui tienne debout avec tout l'attirail de prothèses nécessaires. Il me fallut six semaines à raison de plusieurs séances de kiné par jour pour retrouver des forces qui sont revenues peu à peu, mais bien plus encore pour retrouver cette sensation de confiance en ce corps qui une fois encore semblait m'abandonner et cette fois avoir jeté l'éponge définitivement.

Il existe une sorte de négociation subtile entre lui et moi. Ça me fait penser à ces longues tractations qui n'en finissent pas pour mettre au point un accord d'importance vitale. Négociations silencieuses en apparence, mais il y a une foule de ressentis qui veulent s'exprimer tour à tour et tous ont  de bonnes raisons à faire valoir.
Et puis cela finit par se faire au moment où on ne s'y attend plus.

Ce fut au cours d'une nouvelle séance d'équilibre avec les cannes, où ma kiné me provoqua doucement mais fermement pour tester mon équilibre. Un peu du genre « je veux que tu tombes mais je te retiendrai » et ça réveille des souvenirs vieux de plus de 60 ans… mes premiers vertiges à me remettre debout.
J'ai alors prononcé ces mots que mon corps a imposés : « Bon, ça suffit, je me lance ». Et tout fut rétabli. J'ai fait plusieurs allers-retours dans le couloir sans assistance. J'ai retrouvé cette fameuse confiance en lui, mon corps, qui il faut bien le dire, n'avait jamais cessé de désirer me servir autant qu'il pouvait, malgré la défaillance de 70 % de muscles ayant déserté depuis si longtemps.