Reprise d'un texte déposé sur l'atelier d'écriture « Kaléïdoplumes »
thème : Paroles d'enseignant
Écrire un texte inspiré de cette photo avec comme EXCIPIT la phrase suivante :
Je vous laisse, j’ai des enfants à faire rêver.
-o0o-
Pour vivre et vivre encore
Qui donc m'enseigna le plus la vie ?
La question est simple et difficile et sans doute le « Qui » doit-il être pluriel.
Alors qu'elles sont les paroles qui m'ont le mieux enseigné, parce qu'elles sortaient de bouches de confiance. Car tout est là, la confiance en qui parle. Et ils ne sont pas légion celles et ceux en qui j'ai eu une parfaite confiance. Cette dernière n'est parfaite que parce que l'on ressent dans son corps et sa chair que les propos sont fondateurs. De quoi ? On ne sait pas, mais on ressent l'atteinte au fond de soi-même une atteinte positive, joyeuse, espérante, qui donne une certaine vision d'un possible. De celui-ci on ignore ce qu'il sera, mais nous habite la certitude qu'il adviendra d'une manière ou d'une autre, un jour ou l'autre, parce que notre destin contient cet élément peu encore identifié et pourtant présent.
Alors les enseignements par une parole ce furent :
— « Je suis certain que tu iras loin, plus loin que tu ne le crois ».
— « Si tu veux servir et changer quelque chose dans le monde, alors vise le plus haut possible »
— « Il y en toi plus que toi-même, c'est cela que tu dois apprendre. Ce sera ton guide »
— « Pourquoi ne vois-tu pas combien [un nom] t'aime et désire ton bien ? »
Bien entendu de tels propos peuvent sembler banals, comme des maximes, des inventions pour « faire bien », des sentences à un euro, du baratin dans la vapeur.
Mais je ne les ai pas reçus comme ça au détour d'un chemin de hasard, dans la confidence d'une nuit sans lune, ou comme l'aboutissement de je ne sais quel travail en vue de je ne sais quel examen.
Les quatre personnes dont il s'agit (homme ou femme) font parti de ceux que j'appelle « mes maîtres à vivre » (je ne sais me résoudre à dire mes maîtresses quand il s'agit d'une femme…) ces quatre personnes ne sont plus de ce monde visible. Une parcelle de leur âme a fait racine en moi. Ainsi ont poussé sur ma terre intérieure des essences rares dont je ne me croyais pas dépositaire des graines.
Dès lors ma reconnaissance ne peut qu'être immense et intense.
Sans fécondation il n'y a pas pas de fécondité. Sans parole fécondante il n'y a pas de germination.
Alors, malgré le chemin dégradé et la route ensoleillée, les embûches et les obstacles franchis, les emmerdements et les grandes joies, les laideurs et les beautés, les déceptions et les allégresses, je suis et demeure comme l'homme en bleu, infiniment offert au ciel et à la vie, vivant et exultant, avec pour tout bagage un petit sac lui-même rempli de graines offertes à qui passe et se sert. La vie et bien d'autres aventures m'attendent encore. Je vous laisse, j'ai des enfants à faire rêver.