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lundi 30 mai 2022

Révérence posthume

 

125ème Devoir de Lakevio du Goût






Miss Tic, que vous connaissez sûrement, est morte il y a quelques jours.
J’ai vu pour la première fois ses traces sur les murs de mon quartier il y a près de quarante ans.
J’avais été frappé par ce pochoir.
Et vous ? 
Ce qui serait gentil, ce serait que vous y mettiez les mots suivants : 

Mathématique - Papillon - Coquelicot -Terre - Soleil - Branche - Équation - Somme - Produit - Égal


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Révérence posthume



Et voilà, on ne la verra plus du côté de la Butte aux Cailles. Peut-être venait-elle étancher sa soif d'inspiration dans l'eau de la claire fontaine qui coule là-bas. Qui ne connaissait pas la jeune femme brune au pochoir dans les rues de Paris et ailleurs ? Chacun pouvait apprécier la qualité de ses productions qui n'avait d'égale que l'humour qu'elle déployait avec un esprit papillon. Elle voletait loin de la mathématique froide que des esprits chagrins et lourds comme des bêtes de somme ne pouvaient comprendre.


Nul ne connaît le nombre exact de tout ce que tu as produit tout au long de ta vie d'artiste. Tel un oiseau perché sur la branche, tu cherchais à recevoir et donner de l'amour, fut-il coquelicot ou durable.

Femme affamée cherchant l'équation impossible entre l'éphémère et l'éternel, te voilà retournée à la terre nourricière où tu finiras par trouver d'autres éclosions invisibles peut-être aux yeux aveuglés par le soleil de Mouchette. Tu vivras alors le slogan que tu as fait figurer sur l'un de tes pochoirs : « Gagnez un échantillon d'éternité ».







lundi 23 mai 2022

Rencontre nocturne.

 


124 ème Devoir de Lakevio du Goût


C’est une toile de Mr Bernard Beauvais, elle m’a amusé quand je cherchais un tableau qui pourrait vous inspirer.
Elle a attiré mon attention car elle s’appelle « Rue Blondel ».
Je ne vous demande pas ce que le Monsieur veut de la dame.
Je ne vous demande pas ce qu’elle demande pour le lui donner.
Laissez courir votre imagination.
J’espère que nous en cueillerons tous les fruits lundi…






Rencontre nocturne.


En ce temps-là, c'était un autre temps. Peut-être l'avez-vous connu, je ne sais. En tout cas, pour nous, rien n'était favorable. Il fallait vivre dans l'ombre. Et même dans l'obscurité. Ne rien montrer, être comme la muraille, le plus invisible possible, ne rien laissait transparaître.


Certes pour l'ordinaire des jours, le quotidien, il était largement possible de ressembler à quiconque, se montrer une personne parmi d'autres, insipide et sans saveur. Mais c'est quand le soir venait que le désir de la singularité se faisait ressentir avec force et parfois celle-ci était irrépressible, en sorte qu'il fallait mettre en œuvre le scénario, se permettre d'être enfin soi-même en ne le paraissant plus.


C'est alors que tout commençait. Dans le secret de ma chambre, face au miroir, je laissais tomber sur le sol tous mes vêtements de femme les uns après les autres. Nue comme une souris verte, je revêtais peu à peu les attributs masculins des pieds à la tête. Puis, assise à ma coiffeuse, je me fabriquais une tête d'homme avec fausse moustache et lunettes noires. Il restait à revêtir l'affreux imperméable vert et le chapeau gris et je transformais la femme en homme, prête pour la nuit que j'espérais délicieuse.


Arrivée dans le quartier des rencontres je déambulais les rues jusqu'à trouver ce que je cherchais. Une femme ambiguë. De celles faisant semblant d'être attirées par les hommes, mais dont le regard ne trompe pas. Aguichant les mâles, elles tentent ainsi de trahir leur corps qui lui recherche un corps de femme similaire au leur. Femmes qui souhaitent une femme mais font tout ce qu'elles peuvent pour dissimuler cela au sein d'une société qui les rejette, comme elle condamne l'homosexualité en général. Mais être lesbienne, c'est pire.


Voilà pourquoi, face à ce stratagème, déguisée en homme, je déjoue l'interdit et me libère. Cependant je laisse le plus possible apparaître ma nature derrière l'imperméable entrouvert se remarque ma poitrine généreuse qui n'attend que la main féminine et caressante. Un signe plutôt discret mais concret de reconnaissance. Mais un signe efficace.


Ce jour-là, c'est rue Blondel que le miracle opéra une fois encore.

— Vous avez du feu ? me demanda-t-elle.

Elle avait ce regard de braise reflétant clairement le désir spécifique qui ne trompe pas  celles qui savent se reconnaître entre elles.


Je n'ai jamais oublié les heures qui suivirent, où le plaisir le plus intense envahit jusqu'au fond des corps, jusqu'à rejoindre l'infini qui transporte dans l'ailleurs, l'espace d'une nuit.


samedi 21 mai 2022

Seringat


Il est des mots qui tout à coup viennent nous percuter, comme ça, sans prévenir, au détour d'une phrase écrite, une parole prononcée. Tout cela le plus souvent dans un contexte anodin. Et nous voilà en arrêt intérieur.


« Seringat ». Il est question de plantes et de fleurs. C'est le printemps, une époque pour en parler. C'est la fête des voisins, on bavarde, on rit, on boit un coup, on partage quelques plats préparés. Il fait beau après l'orage. Et nos jardins dont il faut s'occuper : On énonce des préférences, ce qu'on aime, ce qu'on plante, ce qu'il faut veiller à arroser, bref de la conversation ordinaire dans une ambiance très sympathique.



« Seringat » le mot est prononcé par quelqu'un et tout à coup apparaît le visage de ma mère. Est-ce qu'il y en avait dans le jardin ? Je ne sais même plus très bien à quoi ça ressemble. Je vérifie sur Internet. Ah oui ! Ça devait être ça. Mais pourquoi avait-elle ce nom à la bouche, comme si elle le prononçait souvent. J'ignore. Peut-être pas. Peut-être que c'était un mot comme ça au passage qui m'a frappé dans l'oreille il y a très longtemps, va savoir ce qui vous frappe !


La voilà tout à coup avec son visage apaisé, celui des beaux jours, si rares que ça ne s'oublie pas. Alors je la vois autrement. D'ailleurs ça fait maintenant un long temps que je la vois autrement… depuis que je ne la vois plus… depuis qu'elle est morte et enterrée il y a plus de 30 ans, sur une terre où je ne vais jamais. Il n'y a plus rien là-bas. Ce qui demeure c'est la terre intérieure où tout repousse… autrement…


Peut-être faudrait-il que je plante du Seringat dans le jardin. Avec une majuscule. La majuscule d'un nom qui fut le sien. Ce serait bien. J'en suis sûr désormais.

 


jeudi 19 mai 2022

Le voyage ultime

 


En vous inspirant de cette image, écrire un texte avec comme incipit cette phrase d'Audrey Hepburn:



Il y a des voyages qui se font avec un seul bagage : le cœur avait-elle dit le regard dans le lointain, par-dessus les toits, par-delà l'éclaircie qui se décidait à arriver en ce soir d'été dans la douceur moite d'une nuit qui prenait son temps avant de venir. Nous étions installés sur le toit terrasse de l'immeuble, le seul  ersatz de luxe dans ce quartier qui avait depuis longtemps perdu son âme d'antan. Ce temps-là où tout semblait paisible et heureux, annonciateur de temps nouveaux, d'un printemps qui n'est jamais venu.


Je la regardais de profil, telle une déesse égyptienne. Elle était à  l'instant la symbolique d'une civilisation disparue. La mienne peut-être. La nôtre. Plus personne ne voyageait avec le cœur. Mieux valait une carte bancaire, visiter la planète l'œil rivé sur son Smartphone à la recherche d'une piscine en plein désert aride, d'une crème bretonne au cœur d'Harlem, ou d'un sentiment humain chez Vladimir.


J'observais ses mains fines, précieuses, son index de la vérité, la paume offerte à qui voudrait l'aimer. Elle était belle et désirable comme le blé mûr qui avait désormais disparu de nos cultures.


— Accepterais-tu de partir en voyage avec moi ?

La question percuta mon âme avant d'envahir ma cervelle en panique. Ainsi donc elle ne renonçait à rien. Ses rêves demeuraient une quête permanente et vaine. La Chimère n'avait pas dit son dernier mot en elle.  Comme hier, comme il y a longtemps, comme avant que tout foute le camp.


— Tu sais, bien au-delà de ce que nous voyons ici, il n'y a plus rien,  ai-je répliqué

— Détrompe-toi, mon ami, j'ai vu L'autre Côté qui nous attend. Il suffit de croire à son Désir et de quitter l'endroit actuel. Alors tout peut s'accomplir.


Je n'ai pas oublié ce soir-là. Je dois même dire que j'y pense chaque nuit. Quand je remonte sur la terrasse en me traînant péniblement à cause de mes douleurs auxquelles je n'arrive pas à m'habituer, je crois l'apercevoir, ma déesse égyptienne. Si je me concentre je sens son souffle comme une brise légère qui à la fois m'appelle encore et me désespère de ne savoir y répondre.


Je ne sais quand exactement elle s'est mise en route. Cela a dû être au petit jour qui suivit cette fameuse nuit. J'aurais dû faire preuve d'un peu d'audace. Mais voilà il fallait avoir le cœur à partir et le courage du Voyageur.


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Sur une proposition de Kaléïdoplumes.


mardi 17 mai 2022

Une information sur certaines publications



À propos de ma trilogie « La toile mystérieuse », j'ai rassemblé le troisième texte « Arthur et Amélie »,  précédemment publiée par épisode.


De même je reprends l'intégralité de la deuxième nouvelle « Jade et Camille »     à la demande de quelques-uns qui ne l'avaient pas lue lorsqu'elle fut publiée elle aussi par épisode.


Quant au premier texte « Portrait de femme à l'arbre » il figure dans mon recueil de nouvelles 

« À vélo vers l'Éternité » publiées il y a quelques années.


Voilà pour la petite info !



lundi 16 mai 2022

José le perplexe

 

123ème devoir de Lakevio du Goût



À quoi pense donc ce jeune homme si bien cerné par Aldo Balding ?
J’espère en savoir plus lundi…


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José le perplexe


José est sorti de chez lui. Bien que ce soit le week-end consacré à la détente, il s'est habillé comme d'habitude en noir et blanc, peigné correctement et rasé faussement de près. En toutes circonstances il désire paraître le gentleman qu'il n'est pas vraiment.


José est allé jusqu'à la fontaine de la place, en face du café où il a ses habitudes et qui n'ouvrira que vers 11 heures. Hier soir vendredi, ce fut la fiesta traditionnelle jusqu'à pas d'heure. Il n'y était pas allé cette fois-ci.


José est pensif. Ou plutôt il réfléchit, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Comment va-t-il s'y prendre ? Quelle sera la meilleure manière de faire ? Est-ce qu'il doit aborder la question d'une manière générale pour arriver au plus particulier, ou l'inverse ? Est-ce qu'il entrera immédiatement dans le vif du sujet ou commencera par quelques détours préalables, pour construire l'ambiance qui convient ? Autant d'interrogations sans réponse qui tournent dans sa tête.


José sait bien que lundi matin tout sera joué. Plus question de revenir en arrière. Les dés seront jetés comme on dit. En l'espèce le texte est envoyé dès qu'on clique sur la touche de l'ordinateur. Ça part dans les réseaux et on ne peut revenir en arrière. C'est comme une lettre à la poste. On ne peut pas demander au facteur de nous la rendre par ce qu'on regrette de l'avoir postée. Si vraiment on a un grand remord il faut fracturer la boîte aux lettres et ce n'est pas évident sans un matériel de chantier.


José demeure perplexe. Il a lu la consigne publiée. En quelque sorte le thème c'est : « À quoi je pense ». Ça peut paraître simple, mais le fait est qu'il ne sait même pas lui-même à quoi il pense. Ou à quoi il faudrait penser. Ou quelle pensée pourrait plaire aux lecteurs. Comment le savoir d'ailleurs, ils sont tellement diversifiés les lecteurs qui iront là-bas voir ce qu'il en est.


José n'a rien à dire. Il pense qu'il ne pense plus. Il pense qu'il n'a pas pansé ses plaies suffisamment. Il est là, penché sur lui-même, avec tous les regrets de sa vie, les errances, les ratés, les attentes interminables, assis le cul sur la margelle. La fontaine n'est pas plus pensante que le roseau.


José reviendra-t-il vendredi prochain consulter l'ordinateur du café de la place pour s'enquérir de la nouvelle consigne, du nouveau devoir à déposer avant lundi matin ? Certainement se dit-il en lui-même parce qu'il ne peut faire autrement, parce que c'est sa came. Parce qu'il est addict.


jeudi 12 mai 2022

Pour vivre et vivre encore

 




Reprise d'un texte déposé sur l'atelier d'écriture « Kaléïdoplumes »


thème : Paroles d'enseignant


Écrire un texte inspiré de cette photo avec comme  EXCIPIT  la phrase suivante :


Je vous laisse, j’ai des enfants à faire rêver.


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Pour vivre et vivre encore


Qui donc m'enseigna le plus la vie ?

La question est simple et difficile et sans doute le « Qui » doit-il être pluriel.

Alors qu'elles sont les paroles qui m'ont le mieux enseigné, parce qu'elles sortaient de bouches de confiance. Car tout est là, la confiance en qui parle. Et ils ne sont pas légion celles et ceux en qui j'ai eu une parfaite confiance. Cette dernière n'est parfaite que parce que l'on ressent dans son corps et sa chair que les propos sont fondateurs. De quoi ? On ne sait pas, mais on ressent l'atteinte au fond de soi-même une atteinte positive, joyeuse, espérante, qui donne une certaine vision d'un possible. De celui-ci on ignore ce qu'il sera, mais nous habite la certitude qu'il adviendra d'une manière ou d'une autre, un jour ou l'autre, parce que notre destin contient cet élément peu encore identifié et pourtant présent.


Alors les enseignements par une parole ce furent :


— « Je suis certain que tu iras loin, plus loin que tu ne le crois ».


— « Si tu veux servir et changer quelque chose dans le monde, alors vise le plus haut possible »


— « Il y en toi plus que toi-même, c'est cela que tu dois apprendre. Ce sera ton guide »


— « Pourquoi ne vois-tu pas combien [un nom] t'aime et désire ton bien ? »


Bien entendu de tels propos peuvent sembler banals, comme des maximes, des inventions pour « faire bien », des sentences à un euro, du baratin dans la vapeur.


Mais je ne les ai pas reçus comme ça au détour d'un chemin de hasard, dans la confidence d'une nuit sans lune, ou comme l'aboutissement de je ne sais quel travail en vue de je ne sais quel examen.


Les quatre personnes dont il s'agit (homme ou femme) font parti de ceux que j'appelle « mes maîtres à vivre » (je ne sais me résoudre à dire mes maîtresses quand il s'agit d'une femme…) ces quatre personnes ne sont plus de ce monde visible. Une parcelle de leur âme a fait racine en moi. Ainsi ont poussé sur ma terre intérieure des essences rares dont je ne me croyais pas dépositaire des graines.

Dès lors ma reconnaissance ne peut qu'être immense et intense.

 Sans fécondation il n'y a pas pas de fécondité. Sans parole fécondante il n'y a pas de germination.


Alors, malgré le chemin dégradé et la route ensoleillée, les embûches et les obstacles franchis, les emmerdements et les grandes joies, les laideurs et les beautés, les déceptions et les allégresses, je suis et demeure comme l'homme en bleu, infiniment offert au ciel et à la vie, vivant et exultant, avec pour tout bagage un petit sac lui-même rempli de graines offertes à qui passe et se sert. La vie et bien d'autres aventures m'attendent encore. Je vous laisse, j'ai des enfants à faire rêver. 


lundi 9 mai 2022

L'homme de l'escalier.

 

122ème Devoir de Lakevio du Goût



Vous est-il arrivé d’emprunter une rue aussi courte que la « Rue des Degrés » ?
J’espère que vous avez une histoire pas trop brève à raconter sur une rue brève.
J’aimerais aussi que cette histoire commençât par :
« Hier, il ramassait les miettes de pain tombées sur son pantalon, par terre, en faisant des efforts énormes. »

Et qu’elle finît par :
« Nous étions debout sous la pluie, parmi les provisions de bouche. »
À lundi donc, si vous voulez…






L'homme de l'escalier.


Hier, il ramassait les miettes de pain tombées sur son pantalon, par terre, en faisant des efforts énormes. Peut-être aurait-il mieux fait de laisser les choses se faire plutôt que de dépenser inutilement de l'énergie. La nature est maîtresse de toute vie. Les oiseaux du ciel seraient descendus jusqu'à lui pour s'en nourrir. Il aurait vécu le bonheur de participer ainsi au cycle de la vie. Tel François d'Assise, prêchant aux oiseaux. Lui-même se devrait de sermonner les humains passant par cet escalier de rue qu'on appelait « le gagne temps », parce qu'il offrait un raccourci pour grimper plus haut sur ce flan de ville en colline.


Mais il se croyait probablement le Maître de tout, des horloges et de lui-même. Il était devenu en réalité un quidam banal. Certes il avait roulé sa bosse et même roulé carrosse, ainsi que bien des gens, avant de faire faillite sur faillite. C'est bien difficile de réussir dans les affaires quand on est encore plus orgueilleux que malhonnête. C'est ainsi qu'il était devenu « homme de rue ».


« Clochard », disaient les mauvaises langues, celles qui avaient une pièce d'or dans la bouche et passaient devant lui sans desserrer les lèvres, de peur qu'elle ne tombe au sol. Il aurait fallu se baisser et faire étalage de leurs mépris des mendiants en ramassant la pièce pour aussitôt la dissimuler au fond d'une poche.


Aujourd'hui, il n'a rien à ramasser, puisqu'il n'a rien à manger, pas de miettes à récupérer. Pas de secours de la nature généreuse. Pas de François d'Assise à l'horizon. Même les oiseaux du ciel ont déserté.


Du haut des marches nous regardons, puisque chaque jour nous passons par là et nous arrêtons quelques instants. Il est là. On le voit de dos, appuyé de guingois contre le mur, cherchant une position moins inconfortable pour attendre patiemment que rien ne se passe. On vient de courir les magasins. C'est samedi. Nos cabas sont pleins pour se régaler richement toute la semaine. Tout à coup je pense que le monde est injuste. Le pauvre homme donne bien l'impression d'avoir le ventre vide. Mais la vie est ainsi, que voulez-vous. Et puis nous sommes pressés en pensant aux invités et il est indispensable que nous les choyions. Il convient de partir sans s'apitoyer sur le pauvre monde. Que pouvons-nous face à la misère. J'ai quand même une hésitation, un élan de compassion, mais la pluie se met à tomber abondamment. Pas question de rester plus longtemps puisque nous  étions debout sous la pluie, parmi les provisions de bouche. 


samedi 7 mai 2022

La NUPES

 

La NUPES est née ! (Prononcer la nupesse, comme herpès)

Non, ça n'a rien à voir avec Valérie Pécresse.

C'est plutôt du genre : vous allez l'avoir dans les fesses !

C'est une maladie populaire qu'on attrape à gauche.



C'est le nouveau sigle (très provisoire) de la gauche française : la Nouvelle Utopie Pour Espérer S'aimer ( le temps d'un scrutin et après basta, chacun pour soi comme dab' ) !

Au repas des urnes sera servi une plantureuse tambouille électorale bien épicée et, immangeable tellement, les ingrédients sont frelatés avant même d'atteindre la date de péremption.

L'électeur aura du mal à digérer !

 Évidemment cela suppose qu'il puisse choisir sans la nausée dans une bouillie de promesses intenables et contradictoires entre-elles… dont on ne parlera plus dans six mois.


Méluche Premier, septuagénaire révolutionnaire s'y voit. Il jubile déjà !

Beaucoup de Français  normaux et de bon sens, eux, pleurent déjà. !


Il s'agit de celles et ceux, de bonne volonté et qui aimeraient une vraie politique sociale    et novatrice,  et non pas la course à l'échalote de tous ces vieillards et jeunes arrivistes,  dont l'ambition personnelle est un fauteuil confortable à l'Assemblée nationale avec les rémunérations et avantages afférents, ou un portefeuille ministériel qui offre des bureaux aux ors de la république.

Évidemment, comme à l'habitude, à l'horizon, rien de vraiment pertinent ni de convaincant au profit du peuple. Le peuple ? C'est quoi ça déjà ?


Quant à Jupiter 2 (JipiTwo pour les intimes) il a cinq ans pour préparer tranquillou sa reconversion dans ce Monde Merveilleux qui attend son carnet d'adresses, les bras remplis de dollars pour le payer.


Et moi, pour la première fois de ma vie de citoyen, je me demande si je ne vais pas  me faire un petit sevrage du bulletin de vote en juin prochain ! 

Je vais puiser de nouvelles forces et inspirations dans la Méditation de Thaïs. 

Après tout le divin est attirant…