163 ème devoir de Lakevio du Goût
Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer cette toile de Matteo Massagrande.
J’aime ce peintre que j’aime à voir comme « le peintre de l’abandon ».
Cette toile évoque-t-elle quelque chose pour vous ?
Suscite-t-elle quelque envie de voyage ?
Quelque souvenir ?
On devrait grâce à vous, en savoir plus lundi…
Matteo « le peintre de l'abandon » pourquoi pas. J'y verrais plutôt le peintre de la ruine quand je jette un œil à son œuvre. Ici c'est une ruine de mer, il y en a d'autres du même acabit. Alors qu'est-ce que ça pourrait bien m'évoquer ? Peut-être ma génitrice : « une ruine de mère ». Mais je vais pas m'embarquer de ce côté un week-end ou paraît-il la lumière de l'eurêka évangélique illuminant une douzaine de types va révolutionner la planète. On attend toujours.
Mais s'il faut évoquer un souvenir avec vue sur mer, ce pourrait être un souvenir de jeunesse. Une vieille bâtisse, genre ancien hôtel délabré, sans doute en attendant sa rénovation, avait été provisoirement squatté par une sorte d'auberge de jeunesse où j'ai passé une nuit agitée durant des vacances de Pâques. (De printemps, comme on dit aujourd'hui en société laïque).
En ce temps-là, (comme aurait dit un évangéliste pentecôtiste), le soleil brillait de tous ses feux et la température était agréable malgré une petite brise marine qui avait le mérite d'être douce. Je pérégrinais avec un pote le long d'une côte bretonne pour photographier des autochtones forcément bretonnes et autres curiosités locales. Nous allions d'auberge en auberge, et non pas de port en port avec des espérances libidineuses. C'est ainsi que nous passâmes cette nuit dans ces ruines. Peut-être que le guide des auberges de jeunesse de ce temps-là vantait le charme des vieilles pierres et WC à la turque. Qu'importe nous étions à l'âge de l'aventure.
En ce temps-là, (même référence que ci-dessus), je n'avais pas encore l'imagination suffisamment développée pour imaginer un truc hanté par des fantômes celtiques, gaéliques et autres manxois. Je n'ai donc pas angoissé lorsqu'au milieu de la nuit on entendit de multiples claquements de portes et de volets qui auraient pu faire passer à l'attaque en règle du gang des galettes bretonnes. Non, c'était seulement le vent insomniaque qui lui aussi s'était levé pour s'installer dans cette construction qui aurait pu porter valablement le nom de « Hôtel des courants d'air ».
Nous ne furent pas les seuls à être réveillés par ce boucan et certains (certaines sans doute ?) se permirent des cris d'orfraie et autres hululements effrayants. C'était vraiment pas chouette. Les plus entreprenants parcoururent les chambres et autres couloirs pensant sans doute créer des déplacements d'air contraire au vent dominant afin de désorienter les volets bruyants et récalcitrants qui n'auraient plus su à quelle paroi sans prendre pour claquer de plus belle. Ce fut inutile, car tout s'arrêta lorsque le coup de vent s'en alla ailleurs voir où il pourrait bien à présent emmerder le monde. La jeunesse à cet avantage que chacun se rendormit rapidement, sauf quelques couple éphémères qui en profitèrent pour une visite plus approfondie des anatomies.
Voilà un petit souvenir de ce mémorable voyage photographique. J'en ai d'autres évidemment qui ne seront pas évoquées ici, en particulier des rencontres avec des demoiselles bretonnes qui excellaient dans bien d'autres domaines que les danses rituelles avec claquements de sabots. À ce propos j'aurais pu évoquer quelques claquements de langues fort instructifs, mais je ne suis pas là pour vous donner des cours sur ces sujets.






