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lundi 29 mai 2023

Il est des nuits qui claquent

163 ème devoir de Lakevio du Goût






Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer cette toile de Matteo Massagrande.
J’aime ce peintre que j’aime à voir comme « le peintre de l’abandon ».
Cette toile évoque-t-elle quelque chose pour vous ?
Suscite-t-elle quelque envie de voyage ?
Quelque souvenir ?
On devrait grâce à vous, en savoir plus lundi…






Matteo « le peintre de l'abandon » pourquoi pas. J'y verrais plutôt le peintre de la ruine quand je jette un œil à son œuvre. Ici c'est une ruine de mer, il y en a d'autres du même acabit. Alors qu'est-ce que ça pourrait bien m'évoquer ? Peut-être ma génitrice : « une ruine de mère ». Mais je vais pas m'embarquer de ce côté un week-end ou paraît-il la lumière de l'eurêka évangélique illuminant une douzaine de types va révolutionner la planète. On attend toujours.


Mais s'il faut évoquer un souvenir avec vue sur mer,  ce pourrait être un souvenir de jeunesse. Une vieille bâtisse, genre ancien hôtel délabré, sans doute en attendant sa rénovation, avait été provisoirement squatté par une sorte d'auberge de jeunesse où j'ai passé une nuit agitée durant des vacances de Pâques. (De printemps, comme on dit aujourd'hui en société laïque).


En ce temps-là, (comme aurait dit un évangéliste pentecôtiste), le soleil brillait de tous ses feux et la température était agréable malgré une petite brise marine qui avait le mérite d'être douce. Je pérégrinais avec un pote le long d'une côte bretonne pour photographier des autochtones forcément bretonnes et autres curiosités locales. Nous allions d'auberge en auberge, et non pas de port en port avec des espérances libidineuses. C'est ainsi que nous passâmes cette nuit dans ces ruines. Peut-être que le guide des auberges de jeunesse de ce temps-là vantait le charme des vieilles pierres et WC à la turque. Qu'importe nous étions à l'âge de l'aventure.


En ce temps-là, (même référence que ci-dessus), je n'avais pas encore l'imagination suffisamment développée pour imaginer un truc hanté par des fantômes celtiques, gaéliques et autres manxois. Je n'ai donc pas angoissé lorsqu'au milieu de la nuit on entendit de multiples claquements de portes et de volets qui auraient pu faire passer à l'attaque en règle du gang des galettes bretonnes. Non, c'était seulement le vent insomniaque qui lui aussi s'était levé pour s'installer dans cette construction qui aurait pu porter valablement le nom de « Hôtel des courants d'air ».


Nous ne furent pas les seuls à être réveillés par ce boucan et certains (certaines sans doute ?) se permirent des cris d'orfraie et autres hululements effrayants. C'était vraiment pas chouette. Les plus entreprenants parcoururent les chambres et autres couloirs pensant sans doute créer des déplacements d'air contraire au vent dominant afin de désorienter les volets bruyants et récalcitrants qui  n'auraient plus su à quelle paroi sans prendre pour claquer de plus belle. Ce fut inutile, car tout s'arrêta lorsque le coup de vent s'en alla ailleurs voir où il pourrait bien à présent emmerder le monde. La jeunesse à cet avantage que chacun se rendormit rapidement, sauf quelques couple éphémères qui en profitèrent pour une visite plus approfondie des anatomies.


Voilà un petit souvenir de ce mémorable voyage photographique. J'en ai d'autres évidemment qui ne seront pas évoquées ici, en particulier des rencontres avec des demoiselles bretonnes qui excellaient dans bien d'autres domaines que les danses rituelles avec claquements de sabots. À ce propos j'aurais pu évoquer quelques claquements de langues fort instructifs, mais je ne suis pas là pour vous donner des cours sur ces sujets.


lundi 22 mai 2023

Les dessous de la marine

 


162ème Devoir de Lakevio du Goût.




Cette toile de Caillebotte me surprend toujours.
Je la vois rarement mais chaque fois elle me surprend.
Comment pouvait-on se baigner dans un tel accoutrement ?
J’ai bien une voire quelques idées sur la question…
Mais vous ?
En saura-t-on plus lundi ?
En direz-vous plus lundi ?






Que peut-on bien écrire d'intéressant à partir de cette toile ?

Est-il possible d'y trouver une source d'inspiration ?

Il y en a qui ont des idées sur la question. Moi pas. Ou alors on peut tenter quelque chose dans le genre humour des années 1900 :


 — Bouge pas ! Je plonge voir si ça mord et je reviens te dire s'il faut aller chercher les cannes à pêche.


Mais après ça, qu'est-ce que je raconte ?


Autre chose : c'est le premier communiant à droite qui prévient :

`

— Je vais te dénoncer à maman. On attend trois heures avant d'aller à l'eau pour être sûr que la digestion est terminée, sinon c'est dangereux. Or tu as mangé une ostie à la messe il y a moins d'une heure !


Bon, ça ferait humour pas très catholique et les âmes bien-pensantes qui peuvent encore circuler sur ce blog n'apprécieraient pas.


Autre chose : c'est le type qui veut plonger habillé en bagnard genre frères Dalton qui cause :


— ils n'avaient qu'à pas m'appeler Narcisse, maintenant chaque fois que je veux voir ma tronche faut que j'aille consulter mon reflet dans l'eau.


Alors là, c'est pour les culturés ayant un diplôme mythologie grec, et là c'est pas tout le monde non plus.


J'essaie encore un truc :

 Imaginez, nous sommes dans une histoire  étalée dans le temps. Le jeune garçon du tableau,  lorsqu'il deviendra adulte sera "l'égérie au masculin" de Jean-Paul Gaultier avec sa marinière déclinée en de multiples formes. Mieux  encore, Caillebotte avait manifestement des dons divinatoires. Il a prédit dans cette toile l'arrivée du célèbre couturier, parfumeur, frimeur et friqué. 

Incroyable !


Bon bah voilà !

Je n'ai rien d'autre  en magasin pour cette fois.





lundi 15 mai 2023

Ils sont de retour

 161ème Devoir de Lakevio du Goût




J’ai quelquefois proposé une toile de Marc Chalme à votre inspiration.

En voici une autre, habillée d’une obsession du peintre.
Cette bille monstrueuse qui flotte sur nombre de ses toiles.
Qu’auriez vous dit de cette toile ?
De cette obsession ?
Ici, c’est une autre obsession qui l’accompagne.
Ce crépuscule qui est si souvent présent dans ses toiles.
Alors ?
À lundi ?





David Vincent(*), nous avait alertés il y a bien des années déjà, que les envahisseurs étaient parmi nous désormais. Il faut reconnaître que bien peu de gens à l'époque y ont cru. Bien au contraire, il fut fustigé de toutes parts. Et pourtant il avait apporté un faisceau d'indices graves et concordants, comme on dit dans les prétoires. Ceux-ci auraient dû convaincre les autorités de déclencher une vaste opération internationale visant à éradiquer cette invasion aussi sournoise que souterraine. Et puis, comme toujours, on a oublié…


Cependant, l'autre jour, en descendant promener mon chien en peluche comme je le fais chaque soir à la nuit tombée sans se faire mal, par un ciel favorable, et à la lueur des lampadaires alignés comme de braves petits soldats de plomb dont on fait les mines, j'aperçus dans le ciel les traces d'une nouvelle présence extraterrestre, sous forme d'une série de soucoupes très sombres qui se déplaçaient dans le ciel, très lentement, pour ne pas se faire repérer.


Qui plus est, à quelques centimètres du sol flottait une sphère métallique qui se déplaçait par oscillations comme celles d'un pendule tenu par une main invisible et non moins agissante d'un être surnaturel que j'ai cru apercevoir entre les branches des arbres avoisinants. La sphère produisit sur ma personne un effet hypnotique. Fort heureusement j'ai pu garder mon calme, me sentant sous la protection indéfectible de mon chien pelucheux, à qui j'ai adressé ces mots : — « Melchior, voici d'étranges choses ! Faisons silence ». Obéissant, Melchior n'aboya pas.



Une question me taraudait : fallait-il rentrer chez moi sans rien dire à quiconque, ou avertir le voisin d'en face du danger d'autant que je voyais de la lumière à l'étage. Il ne fut pas possible de tergiverser davantage, le ciel s'assombrit totalement et une pluie acide se mit à se déverser abondamment. On aurait dit des sagaies qui cherchaient à se ficher dans le sol. Je n'avais rien pour me protéger et un trait transperça Melchior. J'ai alors lancé à mon tour un terrible cri de désespoir avant de sombrer.


Des gens ont dû me ramener dans ma chambre. J'émerge d'un sommeil lourd. L'infirmier psychiatrique est entré. Il a déclaré qu'il fallait augmenter les doses, vu mon état d'agitation. Je n'ai désormais plus aucun doute à son sujet. C'est bel et bien un envahisseur.


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(*) pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas le célèbre David Vincent, vous pouvez visiter ou revisiter mon billet du 20 avril dernier (clic).



jeudi 11 mai 2023

Parfois ce qui pousse est vert et qui poussait vers.

 

La petite haie, genre taxus, qui sépare le jardin d'un de mes voisins du mien, fait apparaître ses petites pousses vert tendre, bien décidées à en découdre pour prendre la place du vert foncé des vieilles branchettes. Place aux jeunes en quelque sorte. Paraît que c'est la loi de la nature, exit les vieux, vive les jeunes pousses.

Par ailleurs, on me dit que c'est la mode du vintage, question habillement et mobilier en particulier. Exit IK*EA, vive les vieilleries !


C'est sympa l'origine de vintage, ça vient de vigneron. Il n'y a pas si longtemps ça désignait un millésime remarquable, un pinard de derrière les fagots. Aujourd'hui ça concerne une robe de derrière la vieille penderie, ou le fauteuil délabré en osier du grand-père, qui sent encore l'odeur acide de l'urine du vieillard. Mais ça se vend bien cher sur Internet et les sites spécialisés. On peut aisément acheter aujourd'hui ce qui demain ne vaudra plus rien, parce que demain sera revenu le temps de la robe en plastique. C'est ça désormais la modernité écologique.


En écrivant cela je me dis : enfin, me voilà vieux ! Chouette me voilà à la mode. Je suis un humain vintage. La valeur de ma vie grimpe dans mes bourses. Ça me redonne du peps dans le pantalon. Ma dulcinée me dit que je n'ai pas besoin de ça, ça fait lurette que je satisfais ses désirs subtils.



Comme ça bruissait autour de moi à propos d'une émission télé de l'après-midi sur le Sévisse Public « Affaire conclue » je suis allé mirer la chose sur mon téléviseur, rien que pour vous. Des Commissaires-Briseurs des espérances des vendeurs de vieilles choses, évaluent la valeur des découvertes faites dans des poubelles, le garage de grand-père, ou vide-cave-au-grenier. La belle Sophie Davant, qui en l'espèce porte bien son nom, présente à l'évaluation des objets d'avant, pour qu'ils aient une vie d'après.  Dans la salle d'à côté des acheteurs ou brocanteurs avides à dollars s'en emparent et nourrissent l'espoir de les revendre à un plouc friqué en faisant la culbute. On voit passer des objets transmis de génération en génération, mais la jeunesse insensible à autre chose que le pognon, se débarrasse de la vieillerie en espérant quelques euros pour aller faire un gueuleton en ville ou un petit week-end… et de tout cela il ne restera strictement rien…

Le parfait reflet de notre époque robotiquement consommatrice, où les sentiments et ce qu'on appelait parfois « l'esprit de famille » n'ont plus cours. Ils sont enterrés à jamais. Désormais, leur tête est semblable à un vide grenier.


Voilà, je vous laisse en pâture mes propos joyeusement d'actualité dérisoirement printanière, pour me rendre dans ma pièce à méditations transversales, afin d'écouter ma barbe pousser. 


samedi 6 mai 2023

Un petit délire pour un long week-end

 

Dans un monde où les flibustiers de toutes obédiences cherchent à nous envahir la cervelle

la chasse à cette engeance  s'accélère

 (… enfin va s'accélérer … bientôt ?… Peut-être ?… Sûrement… ! ... si, si ...)



Délire : AlainX 

[- La frégate L'Hermione à Rochefort pour entretien -]