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mardi 29 mars 2022

La mésange

 La mésange de ma fenêtre


… Enfin… je devrais dire la mésange qui est posée sur l'arbuste de mon voisin et que je vois de ma fenêtre.

Et même je devrais ajouter que  je voyais  de ma fenêtre, puisque, lorsque j'ai voulu la prendre en photo, elle s'est envolée.

Évidemment, ça m'a agacé quand j'ai appuyé sur le téléphone.

Non, bien entendu, je n'avais pas l'intention d'appeler la mésange au téléphone, je ne suis pas idiot à ce point là ! Je sais très bien qu'elle ne comprendra rien à ce que je pourrais lui dire au bigophone, vu que je parle pas le mésangeais. 


Donc j'appuyais sur le déclencheur de l'appareil photo incorporé à mon téléphone portable, qu'habituellement on appelle Smartphone, et cependant cela n'a rien de particulièrement intelligent ce genre d'engins. Mais passons…

 J'appuyais disais-je, et juste à ce moment-là la mésange n'y était plus.

 Je lui avais pourtant dit :

 Souris ! C'est pour mon blog !


Conclusion, j'ai raté la photo. Non seulement la photo en tant que telle, puisqu'elle est floue, mais aussi la photo en tant que témoignage d'une mésange posée sur l'arbuste de mon voisin et que je vois de ma fenêtre.


Que cela ne tienne, je me suis dit : Tu n'es pas plus bête que tes lecteurs (oui je sais je suis un optimiste…) tu n'as qu'à rajouter une mésange, toi qui bidouille avec un talent indéniable que seuls ignorent ceux qui ne connaissent pas ton œuvre.

Voici le résultat.



Si, si, on voit la mésange ! 


Comme quoi, avec un peu de pratique, on peut montrer n'importe quoi à n'importe qui et lui faire croire tout autre chose que la réalité. Ça fait le bonheur des gogos des rézossocios, et la fortune de ceux qui en sont propriétaires.


C'est comme ça que je suis en mesure de vous démontrer que je dispose d'un élevage de mésanges apprivoisées, dont je vous montre tout de suite maintenant, là, juste en dessous, ce dont elles sont capables, à savoir : une parade sur les branches tous les soirs vers 16 heures, qu'elles accompagnent d'un chant mélodieux



Oui, oui, elles sont 7 ! Tout un symbole !


*



Je vous montre également la foule qui vient regarder le spectacle et en profiter.





lundi 28 mars 2022

La jeune fille et le rêve

 

118ème Devoir de Lakevio du Goût

Je suis parti à rêvasser en regardant cette toile de Caillebotte.
Non, il n’est pas à Paris, pas sur le Pont de l’Europe.
Il n’est pas non plus en train de regarder des raboteurs de parquet au boulot.
Non, il regarde un couple qui part en direction d’un petit bois, sur « Un chemin montant. » 
Je vous dirai lundi ce que j’en pense.
J’espère surtout lire ce que vous en pensez…





La jeune fille et le rêve


Longtemps j'ai mal rêvé.

J'ai cru à l'amour comme chemin lumineux, bordé d'herbe tendre, de pâquerettes jaunes comme l'or sertit les diamants des sentiments précieux.

J'étais jeune et folle sous mon ombrelle rouge tandis que j'allais rejoindre maman dans sa grande demeure campagnarde qui sentait l'encaustique.


Longtemps j'ai trop rêvé.

Je ressentais à mes côtés une présence à la fois invisible et palpable. Les femmes comprendront ce que j'évoque. C'était forcément un bel homme et je ne pouvais m'empêcher de l'envisager avec une sorte de chapeau de paille, mais qui ne serait pas un de ces couvre-chefs de paysans aux mains calleuses et au dos déjà voûté par le poids des travaux.

À chaque promenade imaginée avec lui je me décalai toujours sur la droite de l'allée, à la bordure de l'herbe, comme pour lui laisser la place et peu à peu, au long de la promenade, il se rapprochait jusqu'à oser frôler mon bras. Alors il ferait semblant de dire « Oh ! Pardon ! ». Il entendrait alors ma voix suave répondre « Je vous en prie… ». Et  sûrement qu'il comprendrait le ton que j'avais glissé. Immanquablement il aurait perçu l'invitation à peine déguisée qui signifiait :

  « Viens ! Prends-moi ! Urgemment ! » Cependant nous aurions continué à bavarder sagement à distance de bienséance.


Longtemps j'ai trop espéré.

Devait s'en venir la pureté de l'amour fort engendré par cette relation  intense, subtile, joyeuse et pénétrante, feutrée et excitante, qui allait nous unir d'un instant à l'autre. Nous serions sans nuage, parce que le Destin en avait décidé ainsi et qu'il convient d'accepter ce choix imposé et de le suivre avec la confiance de l'enfant nouveau-né. Alors lui et moi nous aurions traversé l'existence. Son bonheur aurait été le mien.


Et voilà qu'arrive cet après-midi.

Nous flânons sur ce chemin pour la énième fois, plus une. Et le week-end prochain sera identique. Il est dans ses pensées. Je suis dans les miennes. Le soleil brille encore dans un ciel bleu agrémenté de petits nuages blancs. En 30 ans de vie commune nous ne nous sommes pas disputés une seule fois. Même pas une ombre qui ressemblerait à celles que projettent les arbres de l'allée sur le sol.


J'avais envisagé le bonheur tout autrement.

Aujourd'hui, à l'instant même, je comprends que la tranquillité paisible est le meilleur ersatz qui soit.


Mais pourquoi cette petite voix imbécile dans ma tête qui répète : 

— « Mais bordel ! Fous-lui donc un coup d'ombrelle sur sa tronche de cake ! »


mardi 22 mars 2022

Arthur et Amélie - LA FIN

 





La FIN de l'histoire d'Arthur et Amélie

 vient d'être publiée


C'est ici


Bonne lecture !


Merci à celles et ceux qui se sont intéressées 

à cette petite histoire !






lundi 21 mars 2022

Isabelle à la passerelle







117ème devoir de Lakevio du Goût




Où mène cette passerelle peinte par Toutounov ?
Que traverse-t-elle ?
Le savez-vous ?
Si vous le savez, dites-le !
Si vous ne le savez pas, inventez-le !
J’essaierai de trouver où mène cette passerelle.
À lundi…






Isabelle à la passerelle




Voilà bien longtemps qu'Isabelle bat la campagne sans bien savoir ce qu'il en est du destin. Elle rêve encore de cet homme idéal, toujours espéré sans véritablement le trouver, si ce n'est des parcelles éparses, çà et là, des frémissements, des vibrations, des espoirs, des trop longues nuits sans le vrai plaisir, des petits matins fades où on voudrait qu'il parte aussitôt. Rien de complet en quelque sorte, aucun être qui fut le « tout en un »  à qui on se donne sans réserve.


Ce n'est pas d'aujourd'hui que Maximilien ne croit plus aux lendemains qui chantent ce qu'encore la veille on entonnait à tue-tête la poitrine bombée, la main sur le cœur. La déception a pris la place de l'ardeur brûlante. À quoi cela sert de s'engager s'il n’y a plus de cause défendable ? Tout lasse, tout glace, tout s'efface. Il paraît que c'est la vie. « Une vallée de larmes », comme dit sa mère. Pouvait-il encore croire au petit chemin qui sent la lavande ? Au petit pont de bois de la chanson ? Celui qui ne tenait que par un grand mystère. Désormais la verdure odorante sent le cloaque, la petite rivière est morte et on l'enterre demain.


Là-haut, assis sur le trône de son mari absent, la femme de Dieu regarde perplexe ce qui se déroule sous son œil céleste. Elle entend distinctement les pensées humaines, parce que son mec, lui a refilé ce pouvoir à force d'en avoir marre d'entendre tant de bêtises dans les cerveaux humains. — « C'est un truc de bonne femme d'écouter les bavardages, vous devriez vous couper les oreilles » lui avait soufflé un collectif de neurones à ailes blanches chargé d'ordonner la création dans le bon sens. Ainsi fut fait.


Dieu étant parti en vacances dans une autre galaxie, sa femme décide de changer quelques trucs. Tiens justement elle remarque deux bipèdes, mâle et femelle en pleine balade déprimante dans  une forêt., chacun de part et d'autre d'une petite rivière délicieuse,   où Madame Dieu, si elle s'incarnait en nana, irait volontiers batifoler et tenter quelques trucs sexuels qui paraît-il emmènent au septième ciel (les pauvres, s'ils savaient ce qu'il en est vraiment  ici du septième ciel… enfin bref…). Mais repartons sur terre. Donc pense la femme de Dieu je vais intervenir dans le destin de ces deux-là.


Isabelle arrive près d'un petit pont qui enjambe une rivière. Elle s'arrête. Elle ne traverse pas. Comme un pressentiment. Elle ne fait pas demi-tour non plus, à quoi bon revenir sur ses pas et repasser par les mêmes tourments. Elle attend que ça passe.


Maximilien traîne son désespoir à pas lourds. Le sentier se fait plus étroit, la végétation plus touffue, comme un danger qui menace. Au loin il aperçoit une passerelle qu'il trouve du genre sympathique. Tout à coup ça le ragaillardit. Un semblant de moral meilleur. Il repense aux lendemains qui pourraient se remettre à chanter de manière guillerette. Lorsqu'il arrive, il voit le bois vermoulu qui franchit la petite rivière. Il s'arrête, puis lève les yeux, et là c'est la révélation. Une pure beauté lumineuse face à lui. Une femme ? Non ça doit être une fée ! Il y a des étincelles dans les yeux.  Où est donc la baguette magique ?.


Isabelle aperçoit l'homme, « enfin un  vrai, complet des pieds à la tête » pense-t-elle en sentant monter un désir au ventre  d'une intensité qu'elle n'a jamais connue. Elle fixe ses yeux dans le regard de l'homme  et tout à coup des éclairs  sortent de leurs  orbites et traversent  le pont avec fulgurance et intensité. Dans le même temps le pont fait entendre des craquements.


La femme de Dieu se demande si elle n’en fait pas un peu trop question mise en scène. Mais bon, son mari n'est pas là, faut en profiter pour sortir des sentiers battus. Et puis elle n'est pas peu fière du coup du lancé d'éclairs chargés de poudre magique d'amour instantané, à l'instar de la rapidité du café lyophilisé dans l'eau.  Madame Dieu se met à sourire, elle oserait presque rire si la dignité de sa place et de son rôle permettait un tel écart. La femme de Dieu venait d'inventer le « coup de foudre ».


Alors, subjugués et attirés l'un vers l'autre Maximilien de son côté, Isabelle de l'autre, tous deux s'avancent sur le pont passerelle, ne se quittant pas du regard. Ça ressemble à un film de Walt Disney pour adultes consentants, pense la femme de Dieu, matant la scène à travers ses jumelles célestes. Bientôt les deux corps sont  prêts à se toucher au centre de la passerelle.  À l'instant même, contre toute attente, la vieille passerelle cède sous leur poids et ils périssent  noyés dans la rivière qui les emporte vers la mer afin que les poissons se régalent. 


Là-haut, la femme de Dieu, qui adore Ubu, s'écrit : « Merdre ! Merdre ! J'ai encore fait une connerie ! Je vais subir la sainte colère de mon mari aussitôt qu'il rentre ! Et comme d'habitude il va se défouler en lançant des guerres sur la terre ! Et moi qui voulais bien faire en semant de l'amour à foison ! »



vendredi 18 mars 2022

Arthur & Amélie - 4ème épisode






La suite N°4 de l'histoire d'Arthur et Amélie

 vient d'être publiée


C'est ici


Bonne lecture !






Alerte -----Alerte -----Alerte -----Alerte -----Alerte -----Alerte -----

Édit de 19 heures :




Urgent  signalé !



La nouvelle vient de tomber !

Star Wars a été en fait tourné sur terre


L'information a été vérifiée et confirmée par plusieurs agences de presse très sérieuse.


Dingue ! On nous a caché cela pendant des années !





mardi 15 mars 2022

lundi 14 mars 2022

les portes emportent

 


116ème devoir de Lakevio du Goût.


J’ai enfin réussi à savoir ce que cache cette porte.
En avez-vous une idée ?
Si j’osais, je vous demanderais de commencer votre découverte par :
« Ma songerie aimant à me martyriser s’enivrait savamment du parfum de tristesse »
Et plus encore, la clore sur :
« Ne t’imagine pas que je dis des folies. »
Si vous estimez être mal armé pour faire de la sorte, faites comme vous voulez.
Mais dites quelque chose lundi.





Une fois n'est pas coutume : j'ouvre la porte à deux textes pour le prix d'un seul. L'un ne vaut pas mieux que l'autre, heureusement que le troisième s'est abstenu.



les portes emportent 


Ma songerie aimant à me martyriser s’enivrait savamment du parfum de tristesse lorsque je découvris cet appartement qui sentait la mort. Une ultime résidence. As-tu déjà respiré l'odeur fade et triste de la mort ? Je ne parle pas de celle du cadavre. Je parle de la mort. Cette effluve subtile entre l'instant de vie et juste après où cette dernière n'est plus que l'ombre disparue d'un souvenir froid.


Je me souviens très bien du jour où je suis mort pour la première fois. Expérience intéressante qu'il faut avoir vécue. Je m'étais laissé asphyxier par une femme. Elle se nommait « Liberty », je l'appelais ma liberté chérie. Elle était mon étendard sur le lit des plaisirs. Elle est morte un soir de guerre totale contre je ne sais plus quel envahisseur intérieur.


Je suis revenu à la vie définitive par une porte dérobée dans un appartement d'une tristesse couleur de pierre tombale. Il était temps de changer de paradigme. D'ailleurs en ville on ne parlait que de cela : « le monde d'après ». D'après qui ? Ai-je osé demander à un péquin qui déambulait.

— D'après les augures : un sale temps de bonheur, m'affirma-t-il péremptoirement, un doigt pointé vers le ciel ou de gros nuages pleuraient encore les temps anciens.


Ma décision fut prise, je voulais respirer, partir à la plage, maintenant, tout de suite. Immédiatement j'ai choisi une plage musicale dont je me souvenais qu'elle était accessible par la porte de l'arrière-boutique d'un disquaire. Aussitôt que je suis arrivé j'ai compris que j'étais dans la note, si, si, un bon sol, je vous assure, là je n'en aurais plus plein le do.

— La musique adoucit les cœurs si elle n'est pas militaire, mais militante, c'est l'absolue vérité, prophétisa un plagiste-stagiaire, quand il vint percevoir ma cotisation du droit de m'entendre vivre. Et aussitôt il étala à mes pieds un nouveau son minéral  sur la plage musicale. Puis il reprit la parole :

— Ton dernier soupir sera symphonique, sans aucun bémol. Tu ne pourras pas partir en dièse et je te l'affirme, le délire au son des lyres, ça fait grand bien ! Et ne t'imagine pas que je dis des folies !



———o0o———


Le porte-hic


C'était un enfonceur de portes ouvertes. C'est la raison pour laquelle on avait fait appel à lui vu qu'on n'arrivait pas à les refermer. Il démarchait au porte-à-porte et c'est de cette manière qu'on l'avait connu, tandis que d'autres lui claquaient la porte au nez. Mais nous on l'avait accueilli sur le pas de la porte. Dans ses explications sur sa méthode tout porte à croire à sa compétence.

On ignorait encore qu'il nous ferait  faux bond par une porte dérobée.

Force est de constater qu'on avait frappé à la mauvaise porte.

On aurait dû se méfier, laisser passer une nuit qui porte conseil.


Ce genre de personnes c'est la porte ouverte à tous les ennuis.

Plus tard on a su qu'il avait acheté un pas-de-porte pour une boutique de prêt-à-porter. Malheureusement il s'était mis en porte-à-faux au moment du règlement, qu'il pensait comme ça, escamoter et signer entre deux portes.

Vous pensez bien qu'ils ont fini par le flanquer à la porte.

On aurait mieux fait de lancer une opération porte ouvertes pour sélectionner le bon interlocuteur avant qu'il ne mette la clé sous la porte.


Finalement c'est nous qui avons dû remettre le sésame sur le porte-clés.

La prochaine fois que vous visitez un appartement, faites gaffe aux portes ouvertes. Vaut mieux dans ce cas refuser sa porte aux importuns.


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jeudi 10 mars 2022

 L'histoire d'Arthur et Amélie


Voilà plusieurs mois que j'ai terminé une trilogie de nouvelles avec comme base l'histoire d'une œuvre picturale énigmatique et mystérieuse, mais surtout aux effets sur les personnes qui la possèdent. Ce tableau fera à la fois leur tourment, leur félicité, leur affliction, jusqu'à peut-être leur bonheur dans un « Ailleurs ».

Il arrive que le destin se mette à l'œuvre par l'intermédiaire d'une peinture, de portraits, auxquels des êtres se trouvent confrontés parce qu'ils ont un jour décidé, sous une impulsion irrépressible, que l'œuvre picturale devait leur appartenir.

Ce choix aux apparences libres était-il meilleur ?


Tout a commencé avec : — « Portrait de femme à l'arbre » — que j'ai inclu dans mon recueil de nouvelles édité chez thebookéditions sont mon nom de plume Alain Rohand. Puis ce fut : — « Histoire de Camille et Jade »  , paru uniquement sur ce blog il y a pas mal de temps, où l'étonnant tableau aura raison des personnages.

Enfin j'ai terminé : — « Histoire d'Arthur et Amélie » — il y a quelques mois. Non publiée à ce jour


J'avais l'impression d'avoir achevé ce que je voulais mener à bien. La dernière histoire me semblait « rien que pour moi », comme un petit défi personnel et un exercice de style. Une tentative aussi de portraits psychologiques. Enfin bref, nourrir mon plaisir d'écrire puisque mon atelier d'écriture était en rade depuis deux ans, covid oblige. Et puis ma compagne de vie a lu ce machin et ne comprend pas que je ne publie pas parce qu'elle trouve cette troisième histoire intéressante et fouillée. Elle est trop bienveillante !

C'était il y a quelques semaines. Finalement je me dis allons-y, rien qu'ici, sur ce petit blog parcouru par quelques personnes.


Vous pourrez vous faire une opinion en lisant ce troisième volet en plusieurs épisodes, afin de ne pas lasser votre lecture sur écran.

La suite viendra si vous avez de l'intérêt ou non.


Pour lire la nouvelle, CLIC ici.


jeudi 3 mars 2022

Évocation d'un homme.


Taras Chevtchenko (1814-1861)  est une figure autour de laquelle se fédèrent les Ukrainiens aujourd’hui comme hier. Peintre et poète, patriote et démocrate, ennemi acharné du tsarisme et du servage, il ne cessa pas d'être  porte-parole de son peuple opprimé. Né serf, il vécut pour l'indépendance d'une Ukraine démocratique, et pour cette cause il ne cessa de peindre, d'écrire et d'agir. Il connut la prison, l'exil, la surveillance policière et même l'interdiction de peindre et d'écrire. Il fut un prophète de l'Ukraine, luttant contre l'empire russe au XIXe siècle.


 Le peuple ukrainien force l'admiration depuis très longtemps. Courage et volonté permirent l'obtention enfin de la république d'Ukraine, libre et indépendante, dans les années 1990. C'était hier…

Soutenons ce pays démocratique et souverain, qu'actuellement la mégalomanie d'un nouveau Dictateur russe décide de massacrer pour qu'il revienne en esclavage. 

 

Voici un des poèmes de cet homme d'exception :



Peu m’importe



Peu importe 
De vivre ou non en Ukraine. 
Que l’on se souvienne de moi ou que l’on m’oublie,
De moi dans ces neiges étrangères.
Cela m’importe peu.
En captivité, j’ai grandi avec des étrangers,
Sans que les miens ne me pleurent,
En captivité, en pleurant, je mourrai
Et j’emporterai tout avec toi
Ne laissant même pas une seule petite trace
Dans notre glorieuse Ukraine,
La nôtre – qui n’est plus notre propre terre.
Et le père dans ses souvenirs,
Le père ne dira pas à son fils : « Prie,
Prie, mon fils : pour l’Ukraine
Il fut torturé jadis. »
Peu m’importe, si demain,
Si ce fils priera, ou non…
Mais ce qui m’importe réellement
C’est de constater qu’un ennemi ignoble
Endort, dérobe et consume l’Ukraine
La volant et la violant …
Ô, comme cela m’importe ! 

Taras Chevtchenko
extrait de Jan Hus l’hérétique 


mardi 1 mars 2022

Mais qui donc sommes-nous ?

En ces temps troublés par une pandémie mondiale et une guerre en Europe, nous ne pouvons que nous poser des questions centrales sur l'identité profonde d'une humanité face à des périls qui ne sont pas de la rêverie ou de la simple spéculation, puisque les voilà installés dans nos vies.


Force est de constater qu' Être c'est appartenir ontologiquement à toute la collectivité humaine, ou choisir de résider dans le Rien.

En quelque sorte « être ou ne pas être ».


On ne peut pas être sans appartenir. Les humains se sont toujours rassemblés autour de la perspective d'un destin commun, estimé meilleur demain qu'aujourd'hui. Y a-t-il quelque part une définition du « meilleur pour tous » ? Cela fait pas mal de siècles qu'on cherche désespérément en  s'entre-déchirant pour savoir quel  est le « meilleur parmi les meilleurs dans le but forcément altruiste de l'imposer aux autre. Toutes les tentatives hégémoniques ont échoué. Mais on préfère occulter ce réel et continuer à s'étriper  pour s'imposer.

 Des individualités ne cessent d'affirmer : « le meilleur pour tous, c'est moi ». Un russe  fait la vedette à ce sujet actuellement.


Un type d'une autre trempe a proposé il y a plus de 2000 ans un programme pratique pour découvrir le chemin d'un Ailleurs-Autre, qui commence par une révolution intérieure personnelle. On découvre alors un Ailleurs--Présent immédiatement si on le choisit. Pas besoin d'attendre que demain on rase gratis. C'est là, au fond du cœur de l'homme, une Présence permanente, qui existe à travers les âges. Elle  réside en moi, à l'instant où j'écris, comme elle peut l'être en quiconque. Je la ressens à la fois vivante et silencieusement parlante.


Cette Présence est une puissance transformatrice et bénéfique, en même temps que vulnérable, mais la vulnérabilité est aussi sa force. 

Ce programme pratique est universel et de nombreuses personnes — souvent dans l'ombre —  ne cessent de s'en inspirer de mille et une manières.


 Il est vrai qu'à l'inverse des démolisseurs sont toujours à l'œuvre. Faudra-t-il les laisser nous proposer de mourir dans leurs décombres ? Ou les inviter à la table de négociations pour traiter d'une mutation bien plus intéressante et féconde, que sans cesse guerroyer ?

Seulement voilà : vont-ils s'y présenter ? Entêtés qu'ils sont dans leur errance !