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vendredi 26 juillet 2024

Une histoire un peu rock 'n' roll


Après réception de la family par morceaux successifs, reprise d'une activité de repos estival  de retraité . C'est alors que traînant du côté d'Arte-concert je tombe sans me faire mal sur un « live » (comme on dit maintenant) d'Elvis Presley de 1968. Je regarde un peu en me disant qu'Elvis ça n'a pas vieilli tant que ça, en revanche le public, l'orchestre, c'est vraiment super ringard et je me dis c'étais le temps de ma jeunesse ça ? Ben oui ! Les filles avec coiffure en choucroute et les mecs en costards. Et tout ça ne bouge pas ou à peine. On est loin de Patriiiiiiiiiiiick et autres glissades verbales dans les aigus qui viendront bien plus tard avec l'hystérie des foules.

C'est alors que ma mémoire, qui n'a pas son pareil pour ressortir quelques vieilleries d'un placard dont on croyait avoir perdu la clé, me balance un 45-tours qui revient de loin. Certes je ne l'ai pas oublié mais le voilà qui ressurgit un moment où je ne m'y attendais pas.

Bill Haley & His Comets - Rock Around The Clock . Je vais vous expliquer pourquoi dans un instant. Auparavant je me mets à une recherche et je trouve sur le net une version en public de 1968 du groupe en question. Le comportement de la jeunesse de ce temps n'est guère mieux que la version Elvis.





Je reviens à mon souvenir du 45-tours. Il m'a été remis par mon père vers 1960/61 qui le tenait d'un de ses clients, lequel avait relaté à sa fille que j'étais un jeune comme elle qui avait été terrassé par la polio. C'est vrai que la chose avait fait le tour de la clientèle de mes parents. Alors il paraît que la toute jeune fille avait décidé de « m'offrir » ce 45-tours à la mode. Je ne connaissais pas mais ça m'avait emballé. Je l'ai écouté encore et encore sur l'électrophone que j'avais aussi reçu en cadeau suite à la polio.
La paralysie ça a quand même ses bons côtés).
Mais quand même je ne pouvais guère remuer mon corps au rythme de l'enfance perdue. J'ai toujours le 45-tours, comme une sorte de relique bienfaisante.

Voici pourquoi :
J'ai appris bien plus tard, par mon père, que la fille du client en question avait choisi un 45-tours auquel elle tenait beaucoup et elle en faisait « le sacrifice » en espérant que ça me plairait et apaiserait mon malheur. Ça m'avait marqué. Mais c'est  bien plus tard encore que j'ai mesuré (ou supposé) ce que cela avait pu représenter pour elle.
Je n'ai jamais vu cette fille devenue femme âgée comme moi si elle vit encore. Je ne sais même pas son nom et mon père n'est plus là pour évoquer ce souvenir.

Alors ces quelques lignes c'est un peu pour lui rendre hommage et lui dire que c'est peut-être le souvenir le plus marquant de ce que j'ai pu recevoir à l'époque comme signe qui me reste tangible et palpable de ce temps-là.
« Madame la fille du client » vous ne lirez jamais ces lignes. Je les écris cependant pour vous à travers le temps et l'espace, parce que des personnes qui vous ressemblent avec générosité manifestée avec intensité, en ce temps de trouble des esprits, vous méritez bien que je vous évoque pour faire figure d'une certaine illustration de ce qui devrait être une ordinaire solidarité active et une générosité, fussent-ils un modeste 45-tours sans grande valeur, mais emblématique pour moi, dont je ne me séparerais jamais.
Puissiez-vous avoir eu une vie heureuse.

 

jeudi 11 juillet 2024

Idiotie matinale


Idiotie matinale

C'est un matin comme les autres
et pourtant différent
la nuit finissante trop emplie de tourments
et les pensées sauvages assassinent
la douceur d'une nuit sous linceul.

Au matin éparpillement par lambeaux
au matin l'amour
au matin la vie ragaillardie
la chaussure à mon pied
l'eau fraîche à ma bouche.

Que faire d'une journée
qui veut vivre sans penser
écrire des mots
et voici qu'ils arrivent
désordonnés.

Allons Messieurs au pas
de charges trop lourdes
prêtez-moi votre attention
je vous la rendrai plus tard
confiance précède espoir.

Puisqu'il faut en finir
restons en place
à moins que nous n'allions
au champ à la ville au gué au guet épier
oh gai ! vive la rose ! et le lit là !


samedi 6 juillet 2024

Roméo et juillet : une aventure estivale.


Je ne sais pas si vous avez fait attention à ce truc : mais on est déjà début juillet !
Non, parce que moi, j'ai rien vu venir encore concernant quelque chose qui ressemblerait aux vacances. Roméo reste chez lui

— C'est normal, me dit l'autre moi, ça fait combien d'années que tu n'es pas parti en vacances ?
— Je  ne sais plus exactement combien, le plus loin ce furent des vacances dans mon petit appartement en bord de Manche hérité des parents, mais j'appelle pas ça vraiment des vacances. De toute façon il n'est même pas prévu d'y aller question pour l'instant d'impossibilité d''y transporter ma carcasse. Je passe ça à la génération suivante.

— Alors qu'est-ce que tu vas faire de cet été ?
— J'envisage probablement de déprimer !

— C'est pas ton genre !
— T'as raison. Je vais traîner ma science défaillante dans mon quartier déserté pour raisons vacancières. Comme l'an dernier il n'y aura pas âme qui-vive. Je vais parler aux arbres du voisinage, ils m'apprennent beaucoup sur le voisinage. Dis-moi ce que tu plantes, je te dirai qui tu es.

— Tu devrais en profiter pour te remettre à tes écrits de « nouvelles » inachevées qui traînent dans ton disque dur. Ou écrire des poèmes, des fois tu écris des trucs sympas dans ce genre, même si tu n'arrives pas à la cheville d'un Rimbaud
— celui qui a écrit « Ma bohème » ?

— Non, la bohème c'est Charles Aznavour.
— Tu es vraiment inculte. Ou alors tu as tout oublié de l'école. On a décortiqué ce poème en long en large et en travers à vous dégoûter de la poésie. Ça n'empêche que moi je demandais à voir quand il dit « mon unique culotte avait un large trou » . Oui mais où ?

— Ben justement, ça te ferait du bien à l'âme de poétiser.
— C'est pas une mauvaise idée. Mais l'inspiration sera-t-elle au rendez-vous ?

—  Tu n'as qu'à t'y mettre et on verra bien ! Ce ne sont pas les muses qui te manquent.
— Est-ce que les muses m'amusent ou m'usent ?

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Vais-je publier ce truc sans intérêt ? De toute façon il n'y a personne pour lire.
La blogosphère est désertée l'été. Et moi je ne prends même pas de vacances par procuration. Je reste toutefois l'élu des personnes qui m'aiment. C'est bêtement ce que je pense.
Rendez-vous sur le tas de sable de nos espoirs enfouis !

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Ci-contre le recueil acheté quand j'étais jeune et que j'ai toujours.


Ci-dessous le poème de Rimbaud pour vous le remémorer. Et dire qu'il était si merveilleux et que cette prof imbécile le sabordait de propos pompeux d'un intellectualisme de bazar.



 

Ma Bohème

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud, Cahier de Douai (1870)