samedi 29 septembre 2018

Gaïa parle aux humains -(1)-


Cela fait quand même pas mal de millions d'années — et oui on ne rajeunit pas — que j'observe ma propre évolution et mon développement.


Je ne cacherai pas que ce fut réjouissant pendant très longtemps. D'autant que j'ai pour une grande partie, concouru moi-même à faire sortir de mes profondeurs un sacré paquet d'existences diversifiées. Ceci malgré tout ce qui gravite dans l'univers qui m'entoure et qui n'a pas fait que m'aider, loin de là.

Je suis née d'un gaz. Un pet de la nébuleuse solaire. On ne peut pas dire que je fus gâtée par la nature. Ce n'est pas comme d'autres systèmes qui se sont retrouvés le cul bordé de nouilles. Mais bon, avec mes petits bras musclés, j'ai réussi à rassembler pas mal de bricoles qui gravitaient autour. J'ai fini par compresser le tout sur moi-même en une sorte de boule, vu que des sculptures plus sophistiquées je ne savais pas faire en ce temps-là.

Comme j'avais rassemblé un peu tout et n'importe quoi, pas mal de trucs se sont bagarrés entre–eux, et je vous assure que ça a chauffé. J'ai mis du temps à refroidir l'atmosphère et apaiser les esprits. Mais bon, c'était il y a environ 4 milliards d'années. Péché de jeunesse !

Lorsqu'il y eut suffisamment de calme, on y vit plus clair. Alors apparurent des trucs bizarres dans la flotte qui  captaient l'énergie venue du soleil. Curieuse de nature, j'ai plongé un de mes bras de mer au fond des eaux et j'ai ramené des machins assez curieux qui ont commencé à respirer.

Franchement, si j'avais su, je serais peut-être restée peinarde et tranquille dans mon coin plutôt que remuer tout ça. Parce qu'alors, les ennuis ont commencé. Ces espèces de trucs ont tout colonisé, sont sortis de la flotte, pour voir si sur la terre ferme j'y étais. Et j'y étais.

Au début j'ai trouvé ça marrant, tant ils avaient de l'imagination pour inventer du vivant de toutes formes, de toutes tailles, qui gambadaient, volaient, plongeaient dans l'eau, en ressortaient, ça se chamaillait pas mal entre espèces, ça s'entretuait dans la joie et la bonne humeur.
Enfin bref, cela remuait de partout. J'ai été au spectacle pendant pas mal de millions d'années.

Quand sont apparus les primates, j'ai pressenti que ça n'allait pas être simple. C'est pas qu'ils se montraient foncièrement belliqueux, (pas les pires en tout cas, pas comme les dinosaures), mais ils avaient quelque chose de pas clair dans le regard. Ça sentait l'embrouille. Un côté sournois. Je me suis dit que ça passerait comme les autres espèces. Mais non. Ils se sont mis à évoluer. En pire. Les primates ont rallongé leurs jambes, raccourci leurs bras et se sont mis debout. Ils se mirent à penser, ce qui n'était pas prévu, et ont décidé de s'appeler : les humains !

C'est la première fois que je voyais une race de vivants aussi déterminée à dominer tout et  tous, à me dominer moi-même qui étais à l'origine de leur existence.
 Au début, c'était gérable, ils n'étaient pas trop nombreux. Ils avaient du mal à survivre, attaqués par des bestioles plus grosses qu'eux.
 Par la suite j'ai découvert que dans cette race nouvelle, les mâles comme les femelles avaient quelque chose que les autres n'avaient pas : l'intelligence. Au début j'ai trouvé ça intéressant à observer. Puis je me suis aperçu que c'était la pire des choses qui pouvait arriver. 

Avec l'intelligence, certes ils progressaient. Ils ont inventé les outils, puis le langage, l'écriture, la médecine (ça c'était pas mal) et d'autres choses pas si mauvaises il faut bien le reconnaître.

Mais surtout avec leur intelligence ils se sont mis à tout inventorier, tout transformer,  fabricant des trucs de plus en plus compliqués. Surtout des engins de domination. Ils ont appelé ça « les armes ». Dès lors, un jour, ils ont décrété que la planète appartenait  aux hommes. En conséquence, les autres espèces vivantes devaient se soumettre à l'homme en toutes circonstances.

Et c'est là que ça a commencé à dégénérer… enfin pour moi…


(À suivre)

mardi 25 septembre 2018

Cesser d'y croire

Mon cœur se balade désormais en plein courant d’air depuis que tu es partie là-bas,
si loin que tu n'en reviendras pas. 
Je voyageais le long de ton corps, comme un pèlerin recherche la félicité définitive
Tu avais dit c'est pour toujours et il fallait te croire.

J'avais la foi en ce temps-là. 


Mon cœur se balade désormais dans l'errance grise sous la froide pluie de larmes qui ne cessera plus. 
Tu avais dit c'est beau la vie et il fallait te croire. C'est vrai qu'elle était belle. En apparence. 

J'avais la joie en ce temps-là.

Mon cœur se balade désormais une valise à la main le long des souvenirs qui envahissent le lit
où coula la rivière de nos amoures folles.
Tu avais dit c'est très beau nos corps emmêlés dans la chaleur de la nuit, et il fallait te croire.

J'avais tout toi en ce temps-là.

Mon cœur se balade désormais avec la cicatrice de ton absence au côté droit
tu avais dit je ferai de nous l'unique certitude qui apaisera ton âme à jamais, et il fallait te croire

J'avais l'émoi en ce temps-là.

Mon cœur se balade désormais sur le viaduc des regrets et je regarde le vide qui bientôt me prendra.
Vivre est une erreur.
Tu avais dit l'amour vaux tous les royaumes, et il fallait te croire.

J'étais ton roi en ce temps-là

Mon cœur se balade désormais entre ciel et terre. Il plane dans le vent. Son voyage n'aura pas de fin.
Tu avais dit… non, tu n'avais plus rien dit. Il ne fallait plus croire.

J'étais ta proie en ce temps-là.


*


Pour une consigne du site d'écriture Kaléïdoplumes


lundi 24 septembre 2018

Maison. à vendre


Chez Lakevio, on nous invite à jouer les agents immobiliers.








Rédigez une annonce originale at alléchante pour les futurs acquéreurs...
Le journal ne fait pas payer au nombre de mots, lâchez-vous !
La petite annonce paraîtra lundi !



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A vendre : château campagnard idéalement situé 
Spécial pour acquéreur ayant  pognon de dingue.


*

Situation :
À proximité (relative) d'une ancienne bourgade agricole à repeupler, cette charmante bâtisse du XVIIIe siècle, élégamment fissurée vous plaira au premier regard.
Ce sera le coup de foudre, tout comme  le jour où celle-ci est tombée sur  la façade ouest, permettant ce début d'incendie qui a donné un cachet supplémentaire à l'ouvrage.

Composition :
Grand séjour de nuit — grande cheminée du feu de Dieu dans chaque pièce où elle n'a pas été murée. — grand salon en large avec immenses baies non vitrées qui dispensent de tout entretien des carreaux  — grandes Chambres pour coucher et plus si affinités — immenses salles de bains de vapeur — piscine avec eau dedans — ascenseur manuel — bacs à fleurs avec fleurs — chiens de faïence avec niche — corde à linge avec épingles en bois des îles — parquet flottant suite aux inondations — mezzanine avec garde-fou pour grand-mère aliénée — petite chambre à coucher dehors en annexe — placard à dormir debout pour somnambule repenti. — WC au fond du jardin pour une meilleure hygiène. 
(Notre conseil du professionnel : prévoir un seau hygiénique les jours pluvieux)

Jardin abhorré à défaut d'être arboré.
Gazon recouvert de terre :  protégeant ainsi efficacement des gelées hivernales.

Environnement :
Pas d'écoles à proximité, pas de magasins non plus, ancien bistro fermé mais à la façade rustique. Vous ne serez donc dérangés, ni par les livreurs, ni par les ivrognes.
En revanche, la décharge n'est pas loin, on peut aller déposer ses ordures à pied.

Cas particulier :
Horticulteur cherchant du travail en traversant la rue, s'abstenir : l'endroit est en impasse. 

Conditions :
Visite sur place de 21 heures à 23 heures, tous les premiers vendredis du mois.

(En cas d'absence du négociateur, prière de revenir le mois suivant)

jeudi 20 septembre 2018

Délestage immédiat, débarquement différé

Suite à ce billet d'AmbreNeige, relatant une période de tri de ses affaires, celles qui encombrent, je rédigeais un commentaire. Comme il devenait un peu long, je me suis dit que je pouvais en faire un billet sur mon blog. Le voici :

Question délestage, j'en suis à ma saison quatre ou cinq, la première eut lieu il y a quelques années déjà.
À chaque fois je me suis dit pourquoi ai-je gardé ces choses si longtemps ? D'autant qu'elles étaient dans le fond d'une armoire, d'un tiroir, dans un débarras.
C'est drôle un débarras : cela devrait être pour se débarrasser, et c'est en réalité pour garder plus longtemps.

Pourquoi ai-je gardé si longtemps ?
Sans doute que l'heure n'était pas venue.
« Objets inanimés avez-vous donc une âme ? » comme disait Alphonse à La Martine ! Hé bien oui ! Cette âme c'est un prolongement de nous-mêmes, tout ce que nous avons projeté dans des objets, des documents, des supports (photos, vidéos, K7, et autres).
Il faut du temps pour couper ces liens. Que l'heure en soit arrivée, soit comme une nécessité, soit comme une évidence.
C'est un signe tangible de l'évolution personnelle.
Les tris successifs que j'ai effectués m'ont permis d'observer comment se hiérarchisaient en moi les choix de virer ou de garder. C'était à la fois physique et émotionnel. Pour chaque élément entre mes mains trois choix se faisaient, trois possibilités qui n'étaient pas intellectualisées, mais tenaient d'une alchimie intérieure que j'ai peu à peu appris à bien cerner.
— Premier choix : c'était clair, je gardais.
— Deuxième choix : c'était clair, je virais
enfin, quand je dis clair, il y avait parfois une hésitation mais qui ne durait pas vraiment longtemps.
— Troisième choix : qu'est-ce que j'en fais ? Il y avait trop d'affects dans l'instant, trop de choses remuées, de souvenirs surgissant, d'émotions à gérer. Alors je différais : on verra tout à l'heure…

Lorsque j'avais terminé cette séquence de tri, et fait le tour de cette grande armoire dont le contenu devait être passé au crible, je revenais au paquet des atermoiements. Et là la plupart du temps les choses s'éclairaient. Les surgissements émotionnels  de retrouver des lettres anciennes (par exemple) s'étaient apaisés. Au point qu'il devenait possible de discerner entre le premier et le deuxième choix évoqué ci-dessus.

Il y a des strates dans la séparation, la plupart liées à l'évolution personnelle. On est prêt ou pas !
Le nettoyage par le vide systématique, pas plus que systématiquement tout conserver, n'est une solution satisfaisante.
Faire le tri c'est une occasion fameuse d'observer là où l'on en est par rapport à sa propre histoire, mais aussi de voir tout ce qui reste à faire pour pouvoir rompre avec certains boulets qui nous retiennent encore.
Faire le tri, c'est mettre de la propreté à l'intérieur de soi.

Ensuite se pose la question : qu'est-ce que j'ai envie de garder en vue de transmettre ?
Mais il y a aussi qu'est-ce que mes descendants aimeraient trouver ou connaître de moi plus tard, et qui n'est pas nécessairement ce que moi j'ai envie de transmettre ?

Vaste champ de méditation.


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En parlant de vieilleries… :
un de mes premiers bidouillages avec Photoshop
il y a une quinzaine d'années
va falloir là aussi faire du tri
et virer toutes ces bêtises…

lundi 17 septembre 2018

La marchande de pommes







Chez Lakevio, cette semaine nous recevons la visite d'une belle dame.


Peinture en émotions - Maintenant, les mots pour les dire...
 Portrait de la Nouvelle Eve, lundi ! ...



... nous commande  la patronne.

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Au marché de Brive-la-Gaillarde, où je me rends régulièrement, en mémoire de Georges, un nouvel étal s'est ouvert. Une marchande de pommes.

Je m'approche, pensant trouver quelques goldens, des granny Smith, et pourquoi pas des Reinette de Caux arrivées en droite ligne de Normandie.
Quelle n'est pas ma surprise de découvrir des Ahanes du Japon, des Colapuy de Crimée, des Fameuses du Canada, des Gala de Nouvelle-Zélande des Red-Topaz de Tchéquie des Spartan, et même des Venda arrivées directement de Strizovice. Et bien d'autres encore.

La vendeuse, le regard bleu des mers du Sud, la courte chevelure brune aux allures de bataille de chiffonniers et aux ongles manucurés qui dénotent avec la fonction vendeuse de pommes, me laisse à penser qu'il s'agit probablement d'une sorte de flash mob, et que je ne vais pas tarder à voir débouler quelques douzaine de gaillardes qui vont se crêper le chignon mais nous faire bien rigoler, comme le faisait si bien l'ami Georges

Près de l'étal je balbutie un bonjour ému,  car la belle vendeuse me fait de l'effet. Je manque d'en avaler ma pomme d'Adam, quand elle me répond avec une voix rauque qui me fait m'interroger sur son genre. Devant un tel spectacle, le brave Georges en aurait avalé son bulletin de naissance, si ce n'était déjà fait.

Elle me déclare s'appeler Eve, et avoir l'Adam, parce qu'il est bientôt 13 heures et qu'elle ne n'a rien mangé depuis Le Paradis, sa résidence, tout là-haut sur la Colline.

En même temps qu'elle prononce ces paroles, elle laisse tomber le grand peignoir rouge dans lequel  elle s'enveloppait jusque-là. Celui-ci glisse lentement sur le sol et chacun peut admirer   combien elle a la beauté des pommes de son étal en étalant ses charmes.

Je pense que le maréchal des logis de la chanson de Georges n'aurait pas subi un massacre à grands coups de mamelles vu que Eve, a des petits seins tout  ronds, et la douceur légendaire  des «Héla decio »

À la vue de ce spectacle, j'entends  dans mon oreille la voix de Georges crier hip hip hip hourra. Et je ne peux m'empêcher de m'esbaudir à mon tour.

Surprise par mon éclat,  la divine vendeuse a un mouvement brusque et renverse son étal de pommes.

Elles tombent, tombent, tombent, tombent, 
Et, s'lon les avis compétents, 
Il paraît que cette hécatombe 
Fut la plus belle de tous les temps. 

*


Ainsi je fis la connaissance d'Ève.
Plus tard elle m'expliqua ses déboires avec un homme, une sorte de serpent à sornettes qui la laissa complètement paumée.

J'en ai pleuré des bottes d'oignons.




Première version d'Hécatombe . Georges n'arrête pas de se tromper !! (1953)

vendredi 7 septembre 2018

Le temps de l'instant favorable

Photo AlainX



Il est des soirs où le désir de prendre le large se fait sentir plus intensément.
Il faudrait embarquer, à l'instant même.
Canot à moteur ou voilier silencieux
qu'importe.

Faire comme l'on voudrait, suivre son désir,
 là, 
maintenant, 
de suite.

Mais la mer est basse.

L'embarcation ensablée
sur le flanc.

L'horizon promettait pourtant une vie en rose, là-bas.

Bientôt la nuit se fera sombre.
Ce sera le moment d'écouter le silence des vagues.

Voyons, soyons sérieux
c'est à l'aube que le voyageur lucide monte à bord.

Il ne peut qu'attendre que la mer soit prête à le porter.


Seul l'inconscient rame dans le sable.

mardi 4 septembre 2018


Jour mémorable, remarquable, unique, immortel, important entre tous.

Jour tenu en liesse.

Jour calligraphié avec un crayon de couleur arc-en-ciel.

Jour de transport en aéronef à pédales.

Jour de délire à coups de lyre

Jour de déballement des emballements.

Jour de banquet sur la banquette.

Jour d'agapes et de riz paille.

Enfin bref…

… Pour ceux qui connaissaient, une sorte de 11 novembre inversé.