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samedi 29 août 2026

Quand une photo inspire

 


La photo est de Jiru.
Tirée de son blog Dissonance (Avec son autorisation)



Quelques vers de militons
tontaine et tonton 



La flamme suspendue
la taverne dévêtue
de son superflu.

De la lumière nait la paroi
ambiance villageois gaulois
où le patron offre sa  joie

 Ra, râle le Dieu Égyptien
pour un rien
tel un désir orphelin.

Que la flamme soit ! 
non d'un poêle à bois !
Rien compris, ou quoi. 

Qui désire l'étreindre  ?
Qui ose l'éteindre ?
Jamais n'être pingre.

Lumière de la vie
porteuse de l'envie
chercheuse de magie.

** 

 

dimanche 19 juillet 2026

L'éclipse

 

L'éclipse
*

Le soleil n'était plus là
par décision ex cathedra
il remballa son falbala

On le trouvait trop ardent
trop chaud  trop brillant
il en devenait barbant

Fâché le soleil montra sa lune
renonçant à son rôle sans rancune
plus question de réchauffer les dunes

Soleil abandonné
 place à l'obscurité
les hommes enchaînés 
dans le noir se noyaient 

Dans la nuit le peuple se réunit 
 les débats furent éruptifs
les femmes désiraient aboutir
les hommes tout rétablir

De très loin le soleil regardait
déçu que tous se chamaillaient
il cherchait un possible aparté
face à un monde désormais lézardé

Il fallait un émissaire
tenir un séminaire
il pensa à la lumière
comme évident intermédiaire

En un éclair Lumière déchira la nuit
déclencha l'orage de génie
le peuple demanda aux érudits
d'inventer de nouvelles théories

Mais le soleil s'ennuyait 
il regrettait de s'être éclipsé
de la terre amoureux il était
le reconnaître le voilà obligé

Il revint
mine de rien
alors tous les terriens
chrétiens ou païens
jeunes ou anciens
prièrent ce dieu électricien

La vraie Dieue, qui était Déesse 
et aimait les caresses
mais avec délicatesse
se réjouit de tant de Sagesse.
 

-o0o- 

 

lundi 30 juin 2025

Le loup et l'agneau version 2025



Après, "le corbeau et le renard", voici "le loup et l'agneau"


« …Là-dessus, au fond des forêts
 Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès. »


C'était en effet son intention première
mais en chemin vers la forêt
une fine renarde douairière
spécialiste en conseils avisés
décida de les réconcilier
avec ferme intention de les pacifier

Le loup sortit son fiel accumulé
contre les bergers et toute la société
l'agneau l'écouta sans discontinuer
trop jeune de tout cela il ignorait

Le loup apaisé finit par renoncer
à un repas tant espéré. 
L'agneau promis d'en parler au berger
les voilà donc réconciliés.

lundi 5 décembre 2022

La destinée s'en est allée

 


145ème Devoir de Lakevio du Goût.


J’aime la façon dont Mark Keller use pour nous faire comprendre que les choses ne se passent pas toujours comme prévu…
Mais vous ?
Que pensez-vous qu’il nous dise là ?
On en saura peut-être plus lundi.
Du moins je l’espère…





Histoire de varier les plaisirs

je tente quelques vers de mirliton

désolé… mais il fait froid…



La destinée s'en est allée 


Ma guitare cessera de faire résonner ses accords

tes mots comme les banderilles du picador

sont entrés loin dans mon corps

pour la rupture tu sais planter le décor


J'avais écrit de nouvelles paroles

pourquoi pas en espagnol

et sur un air de flamenco

notre amour irait crescendo


Et toi le café au bord des lèvres

tu savoures tes propos de fièvre

tes mots trempés dans le fiel

 balancés comme des poutrelles



*


C'est avec une guitare que tu croyais m'avoir

me convaincre avec ton espèce de grattoir

me séduire par des vers de mirliton

espérant me mettre en ébullition


Ta sœur dehors c'est elle que je désire

pour elle mon cœur se déchire

parce qu'elle me croit de toi éprise

et ça crois-moi ça me défrise


*


De la table à côté je les regarde

d'heure en heure leur vie se retarde

dehors, la sœur en robe claire s'en est allée

de désespoir elle boit de l'eau salée.



mercredi 3 août 2022

Nouvel âge


 


Nouvel âge








Composition AlainX



Dans le tourbillon chaotique

des existences chimériques

les projections cathodiques

révèlent les points névralgiques.


Du fond des entrailles obscures

surgissent d'autres impostures

de dévorantes blessures

offertes aux chiens en pâture.



Bientôt le sabre salvateur

 de la vie nouveau manager

détruira les frayeurs

tel le libérateur.


*


lundi 12 avril 2021

Pour l'anniversaire du poète

 La consigne du lundi et la mémoire de Baudelaire


Lectrices chéries, vous rappelez vous qu’aujourd’hui, ça fait deux cents ans que Baudelaire est mort ?
Il est parti se coucher au cimetière Montparnasse, squatter la tombe d’un beau-père détesté.
Il n’a pas eu le loisir d’y faire apposer l’épitaphe qui lui allait si bien :

« Ci-git qui pour avoir par trop aimé les gaupes
Descendit jeune encore au royaume des taupes »

(...)
Il habita cet hôtel sur l’île Saint-Louis. Ce lieu me rappelle évidemment quelque chose. Mais à vous ?
Beaucoup d’entre vous ont vu un jour Notre Dame ou l’île Saint Louis.
Avez-vous erré dans les rues qui l’entourent ?
Qu’y avez-vous vu, qu’est-ce qui vous frappé, une des « petites choses de peu » qui vous frappent et vous émeuvent pour des raisons qui vous échappent jusqu’au moment où vous découvrez pourquoi elles ont remué votre âme. (...)




Pour l'anniversaire du poète



J'ai bien connu Baudelaire, au temps de ma jeunesse.

À Paris,  le rencontrer était jour de liesse.

Il logeait rue Vercingétorix au temps de sa détresse.

Sur des chaises bancales s'invitaient nos ivresses 



Tout là-bas au fond des Pyrénées

le hasard nous fit se rencontrer

je ne puis oublier toutes ces années.

50 ans, si j'ai bien compté.


À chaque visite il m'apprenait Paris.

Il en avait fait sa patrie

de sa province il n'avait nulle nostalgie

à la capitale il bâtissait sa vie.


Ce jour-là il me mena dans l'île Saint-Louis

y avait-il là-bas une nouvelle boîte de nuit ?

Irions-nous boire un coup

quelque part sur le quai d'Anjou ?


Le 15 de la rue fut la destination

un hôtel particulier plein de prétentions

« je voulais que tu vois

ce fut ici chez moi »


L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient (*)

Mais ce jour-là je n'ai rien pressenti

j'ignorais que bientôt, loin, il serait parti.

On croit tellement être de tout garanti.


Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! (*)

Bien souvent tu es mon visiteur du soir

ma vie a basculé dans le provisoire.


C'est moi qui parfois t'appelais Baudelaire

parce que vraiment certains jours tu en avais bien l'air

des traits de ressemblance manifestes

pas besoin de faire le modeste


J'aimerais redevenir de ton cœur le cambrioleur

d'une vie nouvelle je serais le bailleur

Quand partons-nous pour le bonheur ? (*)


*



(*) Vers tirés de l'œuvre de Baudelaire.



Ce texte est évidemment une fiction. Mais je me suis inspiré d'un ami de jeunesse avec lequel je suis toujours en relation, et qui avait quelques traits de ressemblance avec Baudelaire, tel qu'il figure sur la célèbre photo d'Étienne Carjat.


dimanche 6 décembre 2020

Au point du jour





Jean Ferrat, Au point du jour (Barclay 1967)



Au point du jour

elle vint au secours

d'un pauvre amour


Mon bonheur ne me fait pas honte

voilà pourquoi il se montre

il nait de la rencontre


Et cette chanson

chaque fois même émotion

sans aucune érosion

juste ma libération



lundi 11 septembre 2017

Mauvaise fortune


Il arriva là où il aurait fallu partir.
On quitte  toujours nulle part, pour aboutir ailleurs.
Il n'en reviendra pas
trop loin, c’est trop loin.

En chemin, les pertes sont intenses
mieux faudrait embarquer sans rien
pour revenir chargé de tout
Tout ce qu'il faudra déposer
trop de fardeaux, c'est trop de poids.

Le destin lui remplit le ventre
bedaine que l'on traîne.
Surcharge pondérale
qu'il ne peut pondérer.

Pour regagner le port
Les passes sont étroites
pour qui navigue à l'estime
sur le frêle esquif
d’une existence incertaine.

Il accosta cependant
pensant s'établir
s’installer
demeurer
pénétrer le sens des choses.

Il ignorait être parvenu à la fin
la vie riche qu'il espérait
était en cessation de paiement.



vendredi 2 décembre 2016

Relation humaine

image du net


RELATION HUMAINE ENFANTINE

*


Dans les ordures 
Je cherche ma nourriture 
Vos déchets je triture 
Infâme pourriture 

C’est ma déconfiture 

Un cœur pur 
était ma vraie nature 
Désormais je suis dur 
Jugé sur mes blessures 

C’est ma fracture 


Roulez dans vos voitures 
Vos regards d’imposture 
Sont une vraie torture 

C’est ma devanture 

Le jour est nuit obscure
où j’offre ma fêlure
corps en bariolures
salissez ma figure

C’est ma désinvolture 


Demain je fais ceinture 
Ou  prendre une biture 
Un jour vous payerez la facture 


Ce sera ma signature

*