Expérience faite, il n'est pas nécessaire d'aller sous les tropiques pour se retrouver au cœur d'une tornade.
C'est ce qui fut vécu ces derniers jours chez les ch'tis, où ce phénomène n'est pas l'usage. Alors certes, un élément venait directement des tropiques, en la personne d'une de mes filles qui arrivait de là-bas où elle réside depuis plusieurs années, mais je ne pense pas qu'à lui seul il fut déclencheur de l'ensemble. Les autres éléments constitutifs étaient l'ensemble de ma descendance, c'est-à-dire 13 personnes.
La tornade a lieu tous les ans durant la période estivale. On y vit à la fois la joie d'y participer, et, les années passant, une certaine conscience des effets sur nos organismes vieillissants, ma dulcinée et moi. Disons qu'il y a dans ces cas-là « l'effet Chicouf » bien connu de la gent grand-parentale : « chic ils arrivent… ouf ils s'en vont ! ».
Qui plus est cette année est à marquer d'une pierre de lune, on a fêté deux anniversaires de petit-fils, par anticipation pour l'un d'eux qui part dans quelques jours pour le Canada anglophone, car il paraît que là-bas une université top niveau du coin est accueillante et réputée. Des petits-fils qui mériteraient une autre dénomination, vu qu'ils dépassent à présent de plusieurs centimètres la taille de leur grand-mère… ils ont certainement bu beaucoup trop de soupe dans leur enfance.
La tornade est de plus en plus polyglotte : anglais, allemand, suédois, espagnol, chinois, … et je ne suis pas sûr d'avoir fait le tour. Moi qui commence à peine à maîtriser à peu près le français courant…
J'ai assisté à de puissants coups de vent de neurones entre un cousin ingénieur informatique de 22 ans, et un autre cousin, élève de 14 ans, qui a déjà une tablette greffée à la main droite, et je ne sais trop quelle nouveau type d'écran à la main gauche. J'ai tenté d'écouter en silence, d'autant plus attentivement que je ne comprenais pas la moitié de ce qu'ils se disaient, enfin soyons honnête, je ne comprenais pas 80 %. Mais sincèrement je me réjouissais de l'ampleur de leurs connaissances et surtout de leur regard positivement réaliste sur l'avenir. Absolument pas désespérés quant au sort qui les attend. Je me suis dit que peut-être je leur avais transmis quelques parcelles de l'espérance fondamentale qui habite le fond des cœurs. Et puis l'un de mes gendres (agrégé de mathématiques) s'est mêlé à leur échange et j'ai alors eu le sentiment qu'on montait en gamme : de la tornade neuronale on n'allait pas tarder à passer à l'ouragan ! J'ai donc quitté cet endroit du salon pour aller faire une partie d'Abalone avec ma petite-fille. Et comme elle est finaude… elle m'a battu !
Je ne m'étendrai pas sur les tornades de rire qui ont jalonné chaque jour, les pluies de bonnes choses au long des repas, les déferlements de crèmes glacées qui ont fondu dans les estomacs, et des gâteaux faits maison qui ont gonflé dans les fours, envahissant subtilement les narines, prémices à des dégustations mémorables.
Aujourd'hui retour au calme, chacun est reparti poursuivre des vacances ailleurs et les grands-parents épuisés d'un trop-plein de bonheur ont quand même versé quelques larmes en voyant les véhicules automobiles s'éloigner…
Heureusement : Chic ! Ils vont bientôt revenir… !