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mardi 29 août 2023

37°2 à l'est


Alors donc si vous voulez quelques éléments du contenu de mon bonheur,  en voici un  :


Un temps de silence auquel je laisse la place, fauteuilroulanté (*) le matin sur ma terrasse face à la pelouse qui ressemble de plus en plus à une prairie. Et puis quand je suis bien rempli de celui-ci, durant une vingtaine de minutes j'en goûte la saveur, puis le laisse s'en aller. Et parfois j'écris quelques mots :

En voici, sans correction, dans le mystère de leur banalité.




Toute la lumière du monde dans une perle de rosée

Dans ses yeux toute la clarté  de l’amour

Dans son cœur toute la tendresse de l’univers

Sur le grain de sa peau la douceur de l’intemporel

Dans le ciel bleu quelques nuages blancs s’amusent à dessiner le bonheur

À défaut d’abeilles au loin la ville bourdonne

Une pie voleuse prend la clé des champs

Passent des cigognes en clappant leurs au-revoir

L’été fait de même

Et à l’année prochaine


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(*) fauteuilroulanté : confortablement installé dans mon fauteuil roulant électrique, position grand confort.



vendredi 25 août 2023

Esquisse du contentement



Offrir du bien aux gens c'est indirectement s'en donner à soi-même sans foncièrement en avoir l'objectif.

J'écris cela parce que c'est mon expérience consciente du jour.

— « Je suis content qu'il soit content ». C'est la phrase que j'ai dite à ma dulcinée ce matin, suite à un petit service rendu et qui je crois eut des effets positifs sur la personne.

Rien de bien extraordinaire, qui n'aurait pas agi comme je l'ai fait, sauf à être un balourd stupide.



Cette sensation de bien-être intérieur ne résulte pas d'avoir été le rechercher par soi-même, comme quand on s'interroge sur ce qui pourrait bien permettre de s'offrir un peu de bon temps. Cependant elle prit une certaine ampleur en moi sans que je n'y prenne garde. C'est presque devenu une petite joie. Elle pourrait être fugace, s'estomper et disparaître. Alors nous voilà repris dans un quotidien aussi terne que le ciel gris qui s'est installé ce matin dans le ciel chez moi.


Il fut un temps où mon éducation plutôt rigoriste avec ce fond de jansénisme qui habitait mon père élevé chez les frères maristes, j'aurais frisé la culpabilité d'être joyeux. Un enfant bien élevé doit savoir bien se tenir et réfréner ses pulsions quelles qu'elles soient. Je force un peu le trait. Parce que par ailleurs mon père aimait faire la fête et les organiser joyeusement sans débordements intempestifs. Mais je suis persuadé qu'ensuite il allait s'accuser à son confesseur pour avoir transgressé les lois divines.


Je connus aussi ces tentatives d'imprégnation par des imbéciles qui auraient voulu m'inculquer que tout acte de bonté, de gratuité, ne l'était jamais en aucune circonstance. L'homme mauvais par nature cherchait constamment en étant faussement généreux, son propre intérêt égoïste. C'est d'ailleurs pour cela qu'existait le péché et la confession hebdomadaire obligatoire. Fallait aller se laver et se faire absoudre. Il y avait cependant des avantages : tout propre, on pouvait recommencer à se salir… pendant une semaine durant. Certes on prenait « la ferme résolution de ne plus recommencer et de faire pénitence ». Mais il suffisait de croiser ses doigts dans le dos pour que ça vaille délivrance de la promesse. Un immense merci à celui qui a inventé ce truc très commode.


Quand j'aurai le temps j'écrirai un « Petit traité de la Joie ». Oui, je sais, ça a déjà été fait, mais pas par moi, donc ça n'aura rien à voir… (dit-il avec la modestie qu'on lui connaît). Lui il parle du consentement à l'existence. Moi je traiterai du consentement au bonheur.


dimanche 20 août 2023

Des recherches secrètes en arboriculture

 

Le pool arboriculture spécialisé dans l'observation de la vie intime des arbres en vue de la création de nouvelles espèces génétiquement modifiées, mène des travaux secrets auxquels nous avons cependant pu accéder il y a peu.


C'est ainsi que nous avons photographié en cachette les résultats d'une greffe bouleau/cerisier dont l'objectif est d'obtenir des cerises à coque, beaucoup plus résistante pour le transport à longue distance.


Un chercheur mondialement connu, dont nous tairons le nom, nous a déclaré :


— « Les premiers résultats sont encourageants. Nos essais donnent des perspectives inespérées. Dès à présent nous pouvons affirmer que c'est  la cerise sur le bouleau. Un vrai gâteau spéculatif qui fera notre fortune. C'est mérité, cela nous a demandé beaucoup de boulot ».


Voici la photo volée. Surtout ne la diffusez à personne. C'est top secret, d'après notre agent infiltré XAlain.







Dernière minute :

Nous sommes désolés, ceci serait une fake news.

Jugez vous-même..






lundi 14 août 2023

Des boîtes qui déboîtent


J'ai comme ça dans mon bureau plusieurs boîtes d'archives format XXL qui me furent remises il y a plusieurs années par mon frère. Elles contiennent des documents qui me concernent de près ou de loin, triés et classés par lui, provenant de la maison de mon père décédé il y a 30 ans. Je ne les ai jamais ouvertes. Plusieurs fois je me suis dit : ce sera pour l'hiver prochain. Et puis l'été suivant est arrivé.


 Les ouvrirai-je un jour ? Rien n'est moins certain. Je ne crains pas d'y découvrir je ne sais quel secret de famille ou histoires étranges. Dans ce cas mon frère m'en aurait parlé directement, j'en suis convaincu. Et puis toute l'histoire familiale je la connais par les volumineux, nombreux et épais cahiers reliés, explicatifs et plein de fac-similé, où le frangin a reconstitué ce qu'il pouvait de notre lignée. C'est là que j'ai appris un certain nombre de choses que j'ignorais et qui pour l'essentiel m'ont plutôt surpris positivement.


Alors pourquoi ?

Pourquoi je reste hésitant et même rétif à ouvrir ces boîtes-archives ?

À cette perspective monte en moi une sensation de pesanteur, d'« à quoi bon ». Tout cela appartient à l'histoire et toutes les traces nécessaires sont en moi. Relire ? Il y en aurait pour des heures et des heures. Pour ouvrir tout cela il me faudrait un but, un intérêt précis, une recherche excitante, et je ne ressens moi rien de tout cela.


Alors : autre question : pourquoi je ne vire pas  ces cartons à la benne ?

Peut-être pour la génération de mes petits-enfants et arrière-petits-enfants ? Mais est-ce que cela intéressera encore quelqu'un un jour… certes, ce n'est pas à moi d'y répondre.


Et donc ?

Donc rien. Ces boîtes resteront peut-être encore longtemps là où elles sont. Ma maison est bien grande pour deux désormais. Il y a de la place.


Et vous ?

Avez-vous des boîtes à mystères ? Des cadavres dans des placards ? Des non-dits qui vous grattouillent ? Et choses du genre ?


samedi 5 août 2023

Une tornade estivale


Expérience faite, il n'est pas nécessaire d'aller sous les tropiques pour se retrouver au cœur d'une tornade.

C'est ce qui fut vécu ces derniers jours chez les ch'tis, où ce phénomène n'est pas l'usage. Alors certes, un élément venait directement des tropiques,  en la personne d'une de mes filles qui arrivait de là-bas où elle réside depuis plusieurs années, mais je ne pense pas qu'à lui seul il fut déclencheur de l'ensemble. Les autres éléments constitutifs étaient l'ensemble de ma descendance, c'est-à-dire 13 personnes.


La tornade a lieu tous les ans durant la période estivale. On y vit à la fois la joie d'y participer, et, les années passant, une certaine conscience des effets sur nos organismes vieillissants, ma dulcinée et moi. Disons qu'il y a dans ces cas-là « l'effet Chicouf » bien connu de la gent grand-parentale : « chic ils arrivent… ouf ils s'en vont ! ». 

Qui plus est cette année est à marquer d'une pierre de lune, on a fêté deux anniversaires de petit-fils, par anticipation pour l'un d'eux qui part dans quelques jours pour le Canada anglophone, car il paraît que là-bas une université top niveau du coin est accueillante et réputée. Des petits-fils qui mériteraient une autre dénomination, vu qu'ils dépassent à présent de plusieurs centimètres la taille de leur grand-mère… ils ont certainement bu beaucoup trop de soupe dans leur enfance.


La tornade est de plus en plus polyglotte : anglais, allemand, suédois, espagnol, chinois, … et je ne suis pas sûr d'avoir fait le tour. Moi qui commence à peine à maîtriser à peu près le français courant…


J'ai assisté à de puissants coups de vent de neurones entre un cousin ingénieur informatique de 22 ans, et un autre cousin, élève de 14 ans, qui a déjà une tablette greffée à la main droite, et je ne sais trop quelle nouveau type d'écran à la main gauche. J'ai tenté d'écouter en silence, d'autant plus attentivement que je ne comprenais pas la moitié de ce qu'ils se disaient, enfin soyons honnête, je ne comprenais pas 80 %. Mais sincèrement je me réjouissais de l'ampleur de leurs connaissances et surtout de leur regard positivement réaliste sur l'avenir. Absolument pas désespérés quant au sort qui les attend. Je me suis dit que peut-être je leur avais transmis quelques parcelles de l'espérance fondamentale qui habite le fond des cœurs. Et puis l'un de mes gendres (agrégé de mathématiques) s'est mêlé à leur échange et j'ai alors eu le sentiment qu'on montait en gamme : de la tornade neuronale on n'allait pas tarder à passer à l'ouragan ! J'ai donc quitté cet endroit du salon pour aller faire une partie d'Abalone avec ma petite-fille. Et comme elle est finaude… elle m'a battu !


Je ne m'étendrai pas sur les tornades de rire qui ont jalonné chaque jour, les pluies de bonnes choses au long des repas, les déferlements de crèmes glacées qui ont fondu dans les estomacs, et des gâteaux faits maison qui ont gonflé dans les fours, envahissant subtilement les narines, prémices à des dégustations mémorables.


Aujourd'hui retour au calme, chacun est reparti poursuivre des vacances ailleurs et les grands-parents épuisés d'un trop-plein de bonheur ont quand même versé quelques larmes en voyant les véhicules automobiles s'éloigner…

Heureusement : Chic ! Ils vont bientôt revenir… !