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vendredi 29 septembre 2023

Mémoire, ma mémoire, es-tu encore fiable ?



Admettons que ce soit la fatigue du moment. Une sorte de post–covid.
« Les emmerdeuments défilent en escadrille », disait Chirac qui n'a pas inventé l'expression.
Constat du moment. Ça défile en effet.
Cela m'oblige à me plonger dans des actes de famille et de retrouver des situations anciennes, dont j'ai du mal à renouer le fil clairement. Enfin disons que ça me prend du temps. Est-ce normal docteur ? Je dois fournir les étapes du cheminement d'un bien immobilier. Je croyais que c'était simple. Pas du tout. Et là je me dis : mais bon sang est-ce que vraiment j'avais oublié tout ça ?

Quand on se plonge dans des vieilleries, on tombe inévitablement sur d'autres. Cette fois ce sont des écrits personnels qui ont l'âge des vins millésimés dont on ne se souvient plus quand on a pu acheter les bouteilles. Je relis des pages au hasard : — Comment ça ? C'est moi qui écris tout ça ? Putain c'est pas si mal écrit que ça ! J'étais jeune et peut-être audacieux en ce temps-là.

Mais voilà, là aussi j'avais tout oublié. Est-ce encore normal docteur ?

Est-ce que tout cela m'inquiète ? Pas vraiment !
C'est plutôt la nécessité d'accepter un certain échappement mémoriel. Il paraît qu'on ne supporterait pas de se souvenir de tout, sans rien oublier, c'est même une pathologie. Ouf ! Je ne suis pas en si mauvaise santé mentale que cela !

Alors par association d'idées on peut s'interroger : mes souvenirs sont-ils si fiables que ce que je crois ? Surtout quand on relate une situation ancienne vécue avec d'autres et que les autres en question n'ont pas du tout le même souvenir des choses. J'en connais même qui savent parfaitement s'étriper à ce propos. — C'est moi qui ai raison ! — Non c'est moi bordel je sais bien que c'est moi !
 Etc. etc. la grosse rigolade.

La fabrique des souvenirs !
Finalement chacun a la sienne dont il est persuadé qu'elle est parfaitement conforme à la réalité de ce qui fut.
Je me souviens de mes cours de droit pénal et de sciences criminelles sur la valeur des témoignages mêmes récents, et ne parlons pas de ce que l'on croit avoir vu il y a des années. Bien sûr que je jure de dire la vérité Monsieur le juge… mais quelle vérité ? Ce dont je crois me souvenir dur comme fer ? Et mon déni évident lorsque les éléments factuels viennent démontrer le contraire.
Comment oublier cette mise en scène organisée par le prof en TD et ensuite la série de questions qu'il posai sur « ce qu'on avait vu ». La confrontation des points de vue fut édifiante de ce qu'on était prêt à jurer « croix de bois croix de fer » ce qu'on avait vu de manière évidente. Alors qu'un certain nombre d'entre nous se sont fourvoyés sur plusieurs éléments. Entre ce qu'on a vu et ce qu'on a cru voir…

Pour en revenir à moi-même, le seul sujet qui vous intéresse, j'ai retrouvé il y a peu des bulletins scolaires avant la sixième. C'est fou, il y a des trucs quasiment élogieux. Un premier prix de mathématiques, de rédaction, de français, et de grammaire. Ça n'a rien changé au sentiment que j'ai que ma scolarité, avant de décider la polio lors de l'entrée en sixième, était un échec cuisant à tous les niveaux…
Sacrée fabrique ! Tu as plus d'un tour dans ton sac…

lundi 25 septembre 2023

Une aventure sur le net

 

172ème Devoir de Lakevio du Goût





J’aime beaucoup cette toile de Van Gogh.
Je pense que vous aussi vous l’aimez.
Je suis sûr que vous avez quelque chose à en dire.
Ce serait bien si, en le disant vous y placiez ces dix mots :
Désert -Retraite -Solitude. -Automne -Réaction

Fauteuil -Épouse -Chagrin -Froid -Chemise

Bon, ce n’est qu’une suggestion mais ce serait vraiment chouette.


-o0o-





À l'automne dernier, Vincent s'inscrivit sur un site de rencontre « Disons après-demain » dont on vantait les mérites à la télévision. Compte tenu des images proposées où tout semblait moelleux comme dans un fauteuil club des années 1950, cela lui rappelait l'époque où il connut cette femme merveilleuse, pétillante de vie, svelte, sportive et primesautière qui allait devenir son épouse.


Ils s'étaient promis l'un l'autre un bonheur sans nuage, parce qu'à 20 ans à peine on n'est pas plus sérieux qu'à 17 ans et qu'alors on se met à rêver aux progrès éternels et sans limite que l'on promettait, d'autant que c'était bien décidé, il n'y aurait jamais plus la guerre. Le Phénix ne renaîtrait pas de ses cendres, les autorités mondiales nous l'avaient affirmé. En ce temps-là les peuples croyaient encore à la parole politique et son efficacité qui ne pouvait être que divine. Le pape lui-même soutenait les riches comme c'était la tradition depuis des siècles. Quant aux pauvres, le ciel et le bonheur éternel leur étant promis juste après la mort « À la porte de l'éternité » (*), inutile de les décevoir en les assistant bêtement, compromettant aussi la félicité de leur éternité Le pauvre n'a pas vocation à s'enrichir. Tout cela évidemment laissait sans réaction le bon chrétien qui avait acheté une chaise marquée à son nom au premier rang de l'église.


Vincent avait trouvé un bon métier de peintre en bâtiment. Comme il était courageux et persévérant il avait fini par fonder sa petite entreprise qui fructifia d'année en année. Et puis un jour arriva l'âge de la retraite, la vieillesse, le départ des enfants, l'arrivée de la solitude. Et puis l'inscription sur ce site de rencontre afin de sortir du désert dans lequel il s'enfonçait peu à peu.


C'est ainsi qu'il rencontra Sidonie, elle avait l'âge mûr mais était plus jeune que lui. Et franchement il faut bien le reconnaître le hasard fit bien les choses car elle avait d'étranges ressemblances avec sa défunte compagne emportée par une « longue maladie » comme on dit pudiquement. Et tout aussi franchement ils vécurent pendant quelques mois une passion amoureuse débordante de vitalité, de virilité, et d'abandon dans le plaisir réciproque que ni l'un ni l'autre n'avait connu jusqu'alors. « Vive la vieillesse » s'exclamaient-ils, avant de remettre ça avec une ardeur étonnante.


Malheureusement Vincent n'en demeurait pas moins quelque peu rustre dans ses manières et ses comportements quotidiens, ce qui  finit par déplaire à  sa nouvelle conquête, laquelle  pensa : 

— Vivement après-demain qu'on arrête tout ça ! Ce mec commence à me lasser ! Les plaisirs de la chair ça va un moment, mais je désire aussi goûter aux plaisirs intellectuels et c'est pas avec un peintre en bâtiment qu'on va disserter sur « la recherche » de la madeleine de Marcel Proust. C'est décidé je le plaque.


L'autre jour je suis allé voir Vincent qui avait repeint ma façade il y a bien des années. Il était affalé sur une chaise, les poings sur les yeux. Il me fit part de son chagrin à cause de la cataracte qui allait lui faire perdre la vue parce que c'était pas opérable. Et puis il m'a raconté toute son histoire, sans bouger, murmurant parfois de manière peu compréhensible. C'était vraiment ses yeux qui l'embêtaient. Pas vraiment cette histoire de site de rencontre et sa fin relativement tragique.


Va savoir pourquoi ça m'a ému jusqu'aux larmes alors que je ne connaissais Vincent que comme prestataire. Et puis j'ai pensé : « C'est fou quand même comme l'amour  rend aveugle ». Devant le cynisme d'une pensée qui m'avait échappée, j'ai eu froid dans le dos. Et sans que je ne sache vraiment pourquoi j'en ai trempé ma chemise de sueur qui me dégoulina dans le dos.  Je suis rentré me sécher, je n'avais pas l'intention d'attraper une fluxion de poitrine. 


(*) Titre de cette toile de Van Gogh


vendredi 22 septembre 2023

Chanson du jour

 

Quasiment chaque année, le 22 septembre je ne puis m'empêcher de penser

 à cette chanson de Brassens.

La fin me rejoint.


Les amoures anciennes finissent par se déliter.

 Un jour il n'en reste plus aucune trace même pas l'ombre de la tristesse.


 Et pour cette histoire ancienne, l'une d'entre elles, bien au contraire, je me dis que si elle ne s'était pas terminée dans un épisode que j'ai vécu tragiquement, je n'aurais jamais rencontré celle qui partage ma vie depuis tant d'années dans un bonheur partagé, dont on s'étonne encore chaque jour, malgré les embûches et épreuves de la vie.








mardi 19 septembre 2023

Comme un bois mort.




Un souvenir d'enfance me revient. J'allais à la pêche avec mon père au bord d'un grand étang dans la Somme. Il y avait un petit ponton pour s'installer avec les cannes à pêche. Des plantes  aquatiques, des roseaux. Une brise agitée l'eau d'ondulations donnant la sensation d'un courant. Et puis il y avait ce morceau de bois qui flottait, ballotté. Je l'observais quasiment plus que surveiller le bouchon qui devait s'enfoncer et signaler qu'on avait « une touche ». Ce morceau de bois qui semblait ne pas savoir où aller ou plutôt ne pas pouvoir naviguer quelque peu,  me fascinait. Cette incapacité de prendre une quelconque décision le concernant et son destin. Il n'avait sans doute d'autre choix que de pourrir sur place peu à peu. Je me demandais si je pouvais faire quelque chose pour lui.


Depuis que le covid a fait comme dégâts en moi de me donner un corps qui a la pesanteur d'un bois mort, ce souvenir a rejailli. Et me voilà avec la tentation de me  laisser glisser lentement dans la rivière.


Intense découragement. À quoi ont bien  pu servir tous ces efforts quotidiens pour maintenir le plus possible une autonomie défaillante ? Alors qu'un petit virus de merde vient tout anéantir en une nuit ? Que de combats dérisoires !


J'ai parfois pensé que je possédais la force des faibles.

Voilà que cette force m'abandonne, elle aussi…


lundi 18 septembre 2023

Porte-revues ? ou revue de portes ?

 

171ème Devoir de Lakevio du Goût.






Je connais bien ce genre de situation où un homme en caleçon cherche ou regarde quelque chose.
Et pour cause...
Mais vous ?
Qu’avez-vous à en dire ?
Cette toile de Madame Ambre Lia-Kloppel vous inspire-t-elle ?
Vous rappelle-t-elle quelque chose ?
À moi oui et je vous dirai quoi lundi.
Et j’espère bien que vous aurez quelque chose à raconter aussi…






1 — Gaétan est un homme à femmes. Dans les boudoirs confidentiels que celles-ci fréquentent on s'échange son numéro de téléphone, sous des regards complices. Chacune sait très bien ce qu'il adviendra et fera l'objet des prochains échanges croustillants que ces dames aiment partager. C'est ainsi que Sidonie narra ce jour-là à l'auditoire attentif, en montrant la photo, que l'étourdi Gaétan chercha en vain et trop longuement sa boîte de préservatifs dont l'usage se faisait obligatoire. Elle conclut :

— « j'ignore s'il finit par les trouver car je m'étais rhabillée et puis rapidement éclipsée ! ».



2 — Jean-Louis est d'un naturel gentil et dévoué, aux apparences confiantes. En réalité il est quelque peu suspicieux pour ne pas dire jaloux. J'hésite même à savoir s'il est soupçonneux ou soucieux, créatifs ou exclusifs. Tiens, par exemple, l'autre jour on était au lit par cette belle et chaude nuit prometteuse. J'étais prête à tout lui offrir, je t'assure, absolument tout. Il commençait à me couvrir de ses baisers et moi de m'ouvrir quasiment dégoulinante. Et voilà que mon Jean Louis se lève toutes les 10 minutes pour aller ouvrir la porte, voir s'il n'y a pas un truc qui se passe dehors et pourrait nous déranger à tout instant. Je t'assure ça m'a complètement refroidie. Alors je me suis tournée de l'autre côté et j'ai fait semblant de dormir. Bien fait pour lui. Tu aurais fait quoi toi ?



3 — Romain, je le découvre sous un autre jour depuis qu'il est papa. Il est encore plus attentif à moi et au bébé. Tu m'avais dit que les hommes n'aimaient pas les nourrissons qui sentaient le lait caillé et la couche trop pleine. Et bien quand mon mec entend notre petit Grégoire chouiner dans la pièce à côté, aussitôt il se lève pour aller voir ce qui se passe et je l'entends lui dire des mots si gentils que s'en est trop mignon. Finalement je crois que je vais lui demander de le reconnaître !


4 — Colin et Chloé


— Colin : Viens voir , mais viens voir je te dis !

— Chloé : j'ai sommeil Colin ! Qu'est-ce qu'il y a encore à voir !


— Colin : Mais viens, il y a de l'amour dans l'air, ça chauffe. Regarde.

— Chloé : Je veux penser à autre chose. Supposons que je me casse la gueule dans l'escalier.


— Colin : Ce qui m'intéresse ce n'est pas le bonheur de tous les hommes c'est celui de chacun.

— Chloé : Embrasse-moi. Je suis ta femme oui ou non ?


— Colin : Viens voir, il est en train de la prendre sur ses genoux.

— Chloé : Alors détaille, mon Colin, et viens dans mes bras câlins


— Colin : Je t'assure, ma Chloé, tu vas rater une scène superbe !

 — Chloé : Bah ! C'est juste l'écume des jours…


(Plusieurs phrases sont directement tirées du livre de Vian)


lundi 11 septembre 2023

J'ai eu chaud.

 

170ème Devoir de Lakevio du Goût.



Aujourd’hui, histoire de rester dans « l’air du temps » comme disait Nina Ricci, la température me semble un bon sujet de conversation.
J’ai donc repris « Le crabe aux pinces d’or » d’Hergé et en ai tiré cette image pour en faire le sujet du devoir.
Canicule donc il y a.
Comme vous vous en doutez, Heure-Bleue hésite entre la mort et la fusion.
Mais vous ?
Comment vivez-vous, comment survivez-vous à ces températures qui donnent une idée des conditions de travail des ouvriers de la sidérurgie.
Vous serez lues et lus lundi sans aucun doute, et avec intérêt…





J'aime autant vous le dire, et croyez-moi, j'ai vraiment eu chaud.

Je vous assure, quand ça vous tombe comme ça sur les épaules alors qu'on ne s'y attendait pas, même s'il y avait des signes avant-coureurs et si d'autres vous avaient prévenu, au risque de me répéter, croyez-moi, ça vous fait un effet dont vous vous souviendrez longtemps.


Au départ, tout allait bien, on était content de s'y rendre. C'était même joyeux d'y aller tous ensemble. Mais à mesure que le temps passait ça devenait de plus en plus pesant. En fait, c'est très insidieux, ça s'infiltre un peu partout petit à petit.

Et puis tout à coup, on ne peut plus faire « comme si ». Vous vous mettez à transpirer et au bout d'un moment c'est tellement insupportable que ça en devient des sueurs froides.


La trouille ! Voilà ce qui vous saisit et que vous n'osez pas reconnaître : la trouille !

Parce que ce que vous apercevez, c'est franchement hallucinant !

C'est là, devant vos yeux. Et en même temps ça vous dégouline dans le dos.

Alors vous prenez votre courage à deux mains et vous le serrez dans vos bras. Et vous pensez fortement en vous-même : je vais faire face, je le regarderai en face !


Et voilà qu'il est là, agressif au possible, vous savez bien que la mort rode.

Il est là véritablement lui : le Soleil dans un ciel bleu et il vous nargue, nous fait peur et vous transpirez doublement.


Vous saisissez péniblement votre Smartphone trop lourd tout à coup, et sur l'écran :


CANICULE - DANGER

DANGER - CANICULE

CANICULE- DANGER

DANGER - CANICULE


Et pour la suite, je vous le jure, je ne me souviens de rien.


On prétend que je suis encore en vie !

  — Vous avez des preuves ?



lundi 4 septembre 2023

Sonate d'automne


169ème devoir de Lakevio du Goût.


Je sais bien, lectrices chéries et lecteurs chéris aussi mais pas pareil, que l’automne arrive et que vous n’êtes pas tous des Parisiens forcenés.

Il m’a semblé judicieux de vous rappeler combien cette saison est belle.
Je suis persuadé que vous saurez l’écrire bien mieux que je ne saurais le faire.
Même si je suis sûr que l’automne n’est nulle part aussi beau que sur le Quai des Orfèvres, oui là où on poursuit si activement le criminel et l’assassin.
J’admets qu’il est aussi merveilleux assis sur un banc du Jardin des Plantes ou le Jardin du Sacré Cœur.
Il l’est sûrement ailleurs mais dites-moi lundi comme il est beau chez vous.


Sonate d'automne


Si j'étais « le Goût des Autres », grand faiseur de jeux de mots devant l'Éternel, j'aurais pu titrer : « Sonate d'eau tonne » en évoquant les orages de fin de saison, mais je ne suis qu'un écrivaillon invité par lui en bord de Seine, sur le Quai des Orfèvres en la matière.

La photo en offre beaucoup (de matières à méditer) :


— L'Arbre en premier plan qui a pris profondément racine au long des années et auquel personne, espérons-le n'aimerait toucher sans péril tant pour lui-même que pour la planète. Arbre pilier du temps qui se penche sur les humains au bord de l'eau et en particulier celui du premier plan qui ignore qu'ils viennent de se mettre sous sa protection séculaire.


— Hé bien parlons de lui, ce couple que Brassens envisageait sur le banc public


Ils se voient déjа, doucement, 

Elle cousant, lui fumant, 

Dans un bien-être sûr, 

Et choisissent les prénoms de leur premier bébé...


Georges, il est bien loin ce temps-là, l'arbre avait alors un siècle de moins. Aujourd'hui ils pensent qu'ils n'auront pas de bébé, le monde est bien trop pourri. Il faut profiter du présent, et la question est désormais comme la jeune dame la formule : 

— « Comment faire fortune en quelques semaines en étant influenceuse ? ». 

— « T'inquiète, répond-il je suis un pro des réseaux sociaux. »


— Pendant ce temps-là coule la Seine, sous le pont Mirabeau et tous les autres. Certes elle est un peu plus sale que lorsqu'Apollinaire la contemplait, mais enfin, par le miracle des JO qui se préparent 365 jours après 365 jours, elle sera pure comme la source qui jaillira du cœur des vainqueurs. Il n'y aura que les perdants pour aller cracher dedans car l'important c'est de participer à la pollution.


J'en reviens à l'arbre, qui se permet avec ses feuilles d'aller épousseter les immeubles de l'autre rive, tel un plumeau. Il est vrai que les façades parisiennes sont généralement dégueulasses et qu'il faut ravaler sa salive pour les transformer en beautés architecturales. 

Hausse Manien, hausse !


C'est tout cela qui fait la saison belle, la houle du fleuve odorante, le clapotis clopin-clopant, et la vedette sur l'eau qu'on applaudira comme un Claude François qui ressusciterait dans sa baignoire.