Longue conversation téléphonique ce matin avec une amie qui souffre beaucoup dans son corps depuis bien des années. Elle voulait me parler avant de partir pour l'hôpital dans un service d'algologie réputé. Je l'ai écouté longuement. Elle avait la voix terne, presque désespérée. Elle était cependant reconnaissante envers L'Algologue/anesthésiste qui avait réussi à la sortir en quelques mois de 10 années de morphine. Moi aussi j'étais reconnaissant envers cette personne. Le traitement s'orientait désormais vers d'autres thérapeutiques.
Ensuite, je me suis exprimé en laissant venir les mots de l'intérieur. Une réponse se construisait à mesure que je l'exprimais. Aucune phrase élaborée pendant son expression, où je me serais dit : à retenir pour quand je parlerai… tous ses propos étaient descendu au fond de moi et avaient ensemencé ma réponse. Mes mots fleurissaient, je n'avais qu'à cueillir. Alors certes, la souffrance dans le corps je sais aussi ce que c'est, comme bien des gens d'ailleurs.

Lorsqu'elle a repris la parole, sa voix était plus claire, plus affirmée, presque quelque peu ensoleillée. Elle a dit , en substance, cette phrase : — « Tu portes de l'espérance pour moi » je n'ai pas identifié très bien s'il fallait mettre un « ! » Ou un « ? ». J'ai répondu que son espérance était en elle et que je l'entendais s'exprimer par sa voix.
Il y eut un long silence.
Puis elle a repris : — « Tu as raison, je crois ».
Je l'ai invitée à aller à son rendez-vous avec cette espérance au cœur et qu'elle serait active dans le traitement.
Un petite audace à dire ces mots, laquelle s'enracine quelque peu dans mon expérience personnelle.
Il y a en nous un couple efficace qui s'appelle « espérance-confiance ».
Essayez… vous verrez…