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jeudi 28 avril 2022

Des heures s'écoulent, parfois m'écroulent


11:26, indique l'heure depuis le coin de mon ordinateur, et puis pour bien montrer la fuite du temps, elle passe à 11:27. Prends ça dans l'œil ! Si tu me fixes encore tu verras j'afficherai 11:28 dans moins d'une minute.


Par la fenêtre je vois ma haie d'ifs. ifs font la haie ! (Mauvais jeu de mots). Le jardinier viendra prochainement les rabaisser, les mettre au pas. Les ramener à ce qu'ils sont censés être : une haie basse. Parce que c'est comme ça. Parce que c'est le règlement. Z'avaient qu'à aller se planter à la campagne tranquillou, en pays de liberté. Ici il y a un règlement collectif. Interdit de grimper au ciel. Décision des hommes. La vie libre en milieu surveillé.


Il faut savoir, chers amifs persistants, que vous concourez quand même à une certaine convivialité. On peut discuter avec le voisin par-dessus vous. Bon d'accord c'est pas si souvent. Ici huit mois de l'année il ne fait pas un temps à mettre le nez dehors, ni le reste d'ailleurs. Alors je parle par Internet à des gens qui sont à 1000 lieues de chez moi. Et même plus.

Toutefois, dès les beaux jours revenus, outre que vous reverdissez pour mon plaisir, je constate votre sens de l'accueil et votre amour des oisillons qui naissent entre vos branches ou vous savez accueillir les familles ailées sans leur demander leurs papiers. Ça remue à l'intérieur et hop ça s'envole et ça revient.


Que font les hommes pendant ce temps ? Ils vaquent, sont très occupés à des choses sérieuses, comme voter par exemple. Ou faire la guerre. Ou se demander si pour ce qui est des carottes ce sera rapé bientôt à cause des prix qui grimpent. Idem d'ailleurs pour le fromage. À moins qu'ils ne préparent dans le secret des conciliabules intestinaux et parisiens sur qui sera le Premier Calife du Calife en Chef. Beaucoup cherchent des alliances, alors qu'ils sont divorcés depuis longtemps. Ils mettent au point le programme des futures festivités. Ils disent à leurs coalisés potentiels : « Si tu veux pas de ce programme–là, je peux t'en proposer un autre, de toute façon toi comme moi on sait qu'on fera tout autre chose dans la réalité. » C'est comme ça qu'ils finissent par s'entendre sur le dos du peuple.



Et moi ? Je crois que je vais aller dehors. Le ciel est tout bleu. Mes yeux aussi. On pourrait s'entendre. Prendre de la hauteur pour éviter les bassesses. Et puis se dire que les emmerdements dans lesquels je surnage en ce moment finiront bien par glisser vers le tout-à-l'égout.


lundi 25 avril 2022

Une fin tragique

 


L'autre jour ce ne fut pas une journée particulièrement merveilleuse.

 Qui plus est le temps n'était pas clément.

Je me suis garé à un angle de rue. Un vrai courant d'air.

Pas question d'être moi-même victime du truc terrible qui lui était arrivé.


Ce jour-là, ma voiture m’a conduit au cimetière. 

C’était  l'enterrement d'un angle mort.


Je l'avais connu droit comme un "I". Un angle droit irréprochable.

On a tous croisé certains angles qui sont obtus pour ne pas dire bornés.

Là, ce n'était pas le cas.


La situation n'était guère facile pour ceux qui observaient tout cela sous un angle particulièrement aiguë parce qu'ils doutaient de la réalité du déroulement des événements. 

Et cependant l'enquête avait défini clairement les responsabilités de chacun.

L'auteur du drame avait certainement regardé dans le rétroviseur, mais c'est clair qu'il était placé sous le mauvais angle, et paf !

L'angle mort était décédé.


Telle est la tragique réalité à laquelle nul ne peut échapper. L'angle adjacent avait voulu virer à 180° sans signaler sa manœuvre. Ils s'étaient retrouvés opposés par le sommet.

Dès lors les deux droites qui filaient droit vers leurs destins respectifs se sont trouvées coupées  par une séquente et vlan : le sommet d'un des angles n'a pas résisté.

Il est mort sur le coup.


En rejoignant ma voiture j'ai aussitôt procédé à un nouveau réglage de mes rétroviseurs.

Pas question d'être responsable d'un angle mort.


*



Extrait du PV de Police


Oui je sais, c'est n'importe quoi ce texte…

j'essaye de me remettre du deuxième tour de piste électoral.


jeudi 21 avril 2022

Résistance



Autour de moi, que ce soit mon entourage de chair et d'os ou ce monde tout aussi réel  derrière mon écran, je perçois parfois comme une sorte de dessaisissement de soi-même, un relâchement, parfois une résignation, un détachement, une sorte « d'à quoi bon puisque… » et on n'est pas loin d'ajouter : «… puisque rien ne vaut ».


Il est probable que je sois sensible à cette perception, puisque moi-même je me sens par moment effleuré par un dessaisissement, qui, si je n'y prends garde finirait par la terrible tentation de jeter l'éponge et cesser le combat.

Quel combat ?


Le combat d'aimer, d'aimer la vie,  la désirer avec obstination, persévérance et foi en sa victoire permanente et ses reconquêtes sur l'adversité, le malheur, et le pire que l'on croit devenir définitif pour nous.  Et cependant nous avons bien souvent tout autant l'expérience que quoi qu'il arrive, la vie triomphe à la fin, à chaque fois.


Comment oublier ce qu'il en est de la mienne.

« Victorieux de l'impossible », mes lectrices et lecteurs fidèles de mes livres ou de mes écrits savent à quel point ce blason est gravé dans ma chair, pour des raisons que j'ai longuement explicitées dans le passé. J'ai planté cette maxime comme un étendard sur mes terres intérieures, représentatif de mon parcours de vie. Témoignage d'une existence qui n'a rien inventé. Reçue  de l'expérience où il arriva que, d'une infinie détresse désespérante, finit par rejaillir une force non pas invincible, bien au contraire, mais parce qu'elle est tressée avec ma vulnérabilité, elle me permet de traverser les périls de ma petite existence.


Alors il faut que je sois attentif, prudent et aux aguets, si ce n'est méfiant, face à ce terrible envahissement environnemental d'une forme de nihilisme destructeur, bien plus dangereux que le réchauffement climatique, dont on voudrait nous faire croire que la seule issue consiste à ouvrir la porte  à la destruction finale, qui adviendra par le désenchantement généralisé. 


Anne Deval - Antigone (terre cuite)


Face à cela il me faut redoubler d'attention, car la contamination est sournoise, organisée, programmée et nous en serons victime si on n'entre pas en résistance contre cette aberration dévastatrice et destructrice de l'humanité en son essence originelle.


Il s'agit d'une résistance par l'intérieur de soi-même en développant les antidotes qui sont là, tels que : la confiance, la foi en  l'être réactif et résiliant que nous sommes chacun. La foi en soi-même  et en ses possibles, rejoindre une zone de  solidarité active, en s'associant  avec les audacieux du bonheur pour construire tout autrement que les ersatz de pseudo-bonheur consumériste vendu en magasin à prix d'or. L'objectif étant de nous piller notre identité profonde et libre et nous enchaîner à leur système.



Si on ne fait rien ils y arriveront très bientôt.

Résistance et mise en œuvre de moyens neufs porteurs d'avenir et d'espérance.

À chacun de s'y engager. Rien ne viendra « d'ailleurs » que de nous-mêmes. 


lundi 18 avril 2022

La femme qui s'ennuyait

 

 121ème Devoir de Lakevio du Goût.


Ne dites rien, je sais...

Les rousses, les peaux claires, le Goût et gnagnagna « et patin et couffin » comme disait la mère de mon père.

Mais cette toile de Richard Miller me parle.

Et à vous ?

Vous dit-elle quelque chose ?

Nous devrions tous en savoir quelque chose lundi…


 

La femme qui s'ennuyait


Oisive et ennuyeuse, je ne vois guère comment il serait possible de qualifier ma vie autrement. Il m'aura fallu des années pour m'en rendre compte véritablement.

Ce n'est pas ce que j'avais rêvé enfant. Petite fille , pas de princesse ni de bois dormant à l'horizon. Non ! Je serai  la nouvelle Jeanne d'Arc, j'irai sauver  Dieu qui me semble mal parti avec sa création. Je le délivrerai de sa prison céleste. J'étais sûre qu'alors il me ferait la Reine des Neiges et des Cieux, où je régnerai jusqu'à la fin des temps. Voilà ! Rien de plus, rien de moins !



La réalité c'est qu'on m'a fait épouser un riche Marchand de tapis Persans percés. La nuit de noces il m'engrossa et les années qui ont suivi j'ai pondu une série de gosses avec nourrices. Heureusement qu'il y avait ces braves dames, car je déteste les chiards. Par exigence de mon conjugal marchand bourgeois, j'ai tout fait pour veiller à ce que je garde ma taille de guêpe de manière à ce qu'il puisse m'exposer un peu partout où il allait faire de l'argent dans les milieux politiques avec d'autres riches.


Le reste du temps, ma vie fut d'un ennui mortel. Je n'avais rien à faire. Vous n'imaginez pas la torture de l'ennui quand vient s'y ajouter celle du corset. On m'interdisait quasiment tout. Je ne devais pas m'abîmer les mains, ni perdre mon teint pâle. Il convenait de garder la chevelure impeccablement peignée, le visage poudré et le décolleté attirant mais dans une sobriété laissant simplement apercevoir le sillon mammaire. Voilà pourquoi je passais le clair de mon temps à me mirer, dans de longues pauses face à face avec un face-à-main. Bien souvent l'angoisse me prenait : serai-je suffisamment à la hauteur des désirs de mon vénéré mari aux exigences considérables et raffinées.



Ce détestable époux avait un hobby : la peinture. Il me portraiturait à poil, tandis que je grelottais. Il a aussi commis d'autres tableaux de ma personne. Ce qui les caractérise c'est l'ennui permanent qu'on y remarque. Et moi, gourdasse, je ne m'en suis rendu compte qu'après sa mort quand il a fallu tout inventorier pour la succession. La grande partie des toiles dont j'ai hérité, je les ai vendues. Très cher ! Et me voilà à la tête d'un magnifique magot.




Alors depuis, je fais la fête, puis la fête et la fête encore.  Conséquence : l'ennui s'est envolé. C'est comme ça que, dans une soirée où chacun appréciait l'anatomie de l'autre,  j'ai rencontré enfin mon Seigneur et Maître. Il n'est pas arrivé sur un magnifique destrier, mais dans une splendide BMW millésimée 1937, décapotable, d'un noir profond et d'un jaune éclatant. Il m'enleva la nuit même et nous nous sommes enfuis dans les lointains, au-delà des collines où nous avons vécu heureux, d'amour et d'eau fraîche pour moi et de grands crus pour lui.


Il est évident que dans cette version il ne fut pas question, ni de nous marier et encore moins d'avoir beaucoup d'enfants, parce que ça suffit comme ça désormais.


lundi 11 avril 2022

Les mémoires d'une rampe d'escalier.

 

120ème Devoir de Lakevio du Goût

120ème Devoir de Lakevio du Goût
Hopper prétend que cet escalier se trouve au 48 rue de Lille, à Paris.
Je n’en suis pas si sûr.
Je connais trop bien cet escalier pour croire Edward Hopper sur parole.
Mais vous, le croyez-vous ?
Qu’en dites-vous ?
J’espère en savoir plus lundi.





Les mémoires d'une rampe d'escalier.




Appelée à un autre destin, c'est du moins ce que j'espérais. Un truc qui tenait la rampe. Mais on m'a obligée à épouser un escalier. Pas le genre festival de Cannes avec tapis rouge. Pensez-vous. Un escalier quasi vieillard dans un immeuble décrépit. Et de plus un escalier qui tourne mal ça se voyait au premier coup d'œil. Moi qui rêvais des feux… de la rampe évidemment… imaginez ma déception.

J'espérais atteindre des hauteurs. Hélas je suis irrémédiablement réunie à un escalier qui démarre de la cave.


— « T'inquiète pas ! Avec moi ça marche, on ira jusqu'en haut ! », me marmonne l'escalier qui tente de me convaincre que l'on puisse vivre en bonne entente. 


Seulement voilà, ce que je constate surtout c'est qu'on s'accroche à moi comme une moule à son rocher.  (enfin c'est ce qu'on m'a raconté, je n'ai jamais vu de moules ni de rochers d'ailleurs). Je serais plutôt du bois dont on fait les flûtes parce que je connais la chanson des plaintes des vieux locataires qui s'agrippent à moi, marche après marche, espérant arriver en haut sans être trop essoufflés.


Le pire ce sont les mains moites. Je déteste l'humidité, ça va finir par me faire pourrir. Je préfère la main délicate et manucurée de la jeune femme du troisième, qui m'effleure quelque peu chaque jour. Elle m'ensorcelle et  à certains endroits je me mets à trembler dans une courbe qui se fait douce pour elle. Je suis prête à toutes les volutes qu'elle me demandera. Hélas elle finit toujours par me lâcher.


Je dois l'avouer, je garde un faible pour la concierge qui me bichonne comme c'est pas possible. Elle m'astique régulièrement. Un rituel. Avec un chiffon affolant qui sent l'encaustique de bonne qualité et me procure des frissons partout. Je ne dispose pas de la parole, sinon je m'écrirais : — « Arrête, s'il te plaît, trop c'est trop, je ne peux plus tenir, alors qu'il faut que je reste de bois. Tu devrais le comprendre ! »


En revanche, ce qui est difficile à supporter : ce sont les gosses ! Que des chenapans ! Ils montent quatre à quatre les escaliers, arrivés tout en haut, rigolards, ils se penchent sur la rambarde et me glissent dessus du haut en bas, sur ma rampe douloureuse à cause des vers qui me rongent. Moi j'essaye de tenir pour ne pas céder et créer un drame dont je ne me remettrais pas. Ils font cela des jeudis sans fin ! Croyez-vous que des êtres humains responsables les en empêcheraient ? Que nenni ! Cette cage d'escalier est un enfer !


L'autre jour des gens sont arrivés, ils avaient l'air très sérieux, habillés proprement, costumes trois pièces, chapeaux, serviettes de cuir véritable à la main. Des notables ai-je pensé. Ils ont frappé à toutes les portes. Il y eu des cris et des pleurs. Un genre branle-bas de combat. Dans les mois qui ont suivi il y eut plein de déménagements. C'était triste au final. J'ai commencé à regretter la vie dans l'escalier. Plus d'humains, plus de belle femme du troisième, plus de concierge affolante. Plus rien. J'essayais de prendre ma rampe en patience, mais au final c'était quand même l'ennui permanent.


Ce matin, des bruits curieux, des tremblements suspects. La porte d'entrée et son mur se sont abattus d'un coup. J'ai tremblé de toute ma rampe. J'ai vu des engins bizarres apparaître, on aurait dit d'énormes pelles effrayantes montées sur des roues énormes qui avançaient lentement mais inexorablement vers moi. D'autres murs tombaient.

 D'un seul coup ça m'a démoli.




dimanche 10 avril 2022

Vota, Vota, Votam , Votarum, votis, votis

Bon, va falloir que j'y vas faire mon devoir.


Ça ne peut pas être le cadet de mes Roussel. Je me suis levé Arhtaud , comme nous tous, avec vous. OK, ne Mélenchon pas tout, puisqu'un autre monde est possible dans le camp des travailleurs pour une France authentique qui reste la France ensemble changeons d'avenir pour une France en face avec courage de faire dans l'urgence le choix de la liberté capitaliste.


Enfin une France de la paix des services publics, de l'égalité démocratique des territoires laïcs qui refondent la souveraineté économique en développant la recherche pour répondre aux défis de demain dans le respect et la dignité des handicapés.


Remettre la France en ordre pour le pouvoir au peuple, sa puissance et sa résistance pour une justice sociale de 200 € par mois en moyenne aux familles françaises. Face au déclin de l'islam et à la peur de notre indépendance et la paix pour changer de camp face aux racailles nous mettrons fin à l'assistanat en portant le SMIC à 1500 €, non : 1600 €, non : 1700 €, et le prix de l'essence sera ramené à 1,40 euros pour la retraite à 60 ans. Dans le cadre de 100 % d'énergie renouvelable, comme le général De Gaulle et François Mitterrand.

Il faut investir pour la jeunesse et pour son avenir pour préserver l'autonomie de la santé pour tous et profiter de sa retraite dans la dignité du droit de mourir de manière écologique.


Pour tout cela il faut du concret dans le climat dans le cadre d'une écologie du plaisir et du bien vive durable et riche. Et donc priorité au français et aux mathématiques. Les polices municipales armées d'un minimum de quotas d'immigration pour des allocations logement sans port du voile, offriront à tous une véritable taxe carbone. Ce sera la fin de la semaine de 32 heures par développement et gratuité des transports. Ainsi nous mettront fin au monopole public bancaire grâce au vaccin et au traitement généralisé de la santé avec un désarmement de la police du cannabis.


Voilà ! J'ai tout lu des 12 programmes que j'ai reçus. Qu'est-ce que c'est long pour tout bien comprendre dans le détail ! Bon il est vrai que ça se mélange un peu dans ma tête de vieux citoyen décati et que j'ai de la difficulté à voir la subtilité du pourquoi dans le comment des métastases à rayonnement cosmique, stomacal et à interférences.


Je vais quand même aller voter de ce pas perplexe. Enfin quand je dis de ce pas… c'est plutôt à la vitesse des roues de mon chariot à pédales électriques qui n'en est pas moins un magnifique fauteuil à multi réglages et positions variées.


Si vous ne revoyez pas, c'est que je me serai perdu dans l'urne !

Vive la France !

Vive moi !


Je jure devant le Grand Sachem que tous les mots et expressions ci-dessus sont directement issus de la propagande électorale reçue par la poste. Bon d'accord, j'ai un peu tout mis dans un shaker, sans connaître le résultat pour l'apéritif. 


mardi 5 avril 2022

Avril 2002 — Avril 2022

Voilà, ça fait 20 ans !

20 ans que j'écris sur cette plate-forme Blogger. Il faudrait ajouter au moins 2/3 ans de balbutiements précédents sur divers hébergeurs, tous disparus. Des temps pionniers dont je garde la nostalgie. Des petits groupes  « d'initiés » qui avions le sentiment d'aller à la découverte d'un autre monde. Rien d'instantané comme aujourd'hui. Chaque heure de connexion était payante et ça ramait la plupart du temps.… Alors on préparait ses textes à l'avance pour ne se connecter que quelque minutes, le temps de publier. On revenait des heures plus tard voir si d'autres avaient fait de même, ce qui supposait qu'on était arrivé à choper le réseau sans coupure ou écran bleu. Alors on était aux anges ! J'ai le souvenir d'échanges passionnants entre gens passionnés. Il fallait trouver les bons forums pour soi-même. Il y avait de tout. Le plus facile à trouver étaient les forums pour plans Q. Suis allé voir et mon opinion se fit assez rapidement : « triste, triste et morne plaine… » et puis il y eut ce forum de dingues avec quelques accros à la recherche d'une condition qui soit autre que la leur actuellement. Nous allions satisfaire l'éternelle quête d'un ailleurs que le monde dit virtuel allait  immanquablement nous apporter. J'étais dans l'âge mûr, comme on dit, et je me prenais à refaire le monde comme à 18 ans !


Peu à peu tout cela s'est standardisé. Des plates-formes en français sont apparues ! Même blogspot s'y est mis ! Et nous voilà aujourd'hui :  une société où quasiment plus personne ne peut vivre sans une connexion Internet et un Smartphone. Et moi comme les autres. « Que serais-je sans toi » réseau Internet… ? Peut-être que je continuerai à écrire avec un stylo plume haut-de-gamme comme j'en ai plusieurs, tout en espérant qu'un jour ou l'autre mes petites conneries seraient lues par je ne sais qui, je ne sais quand. Jamais probablement. Depuis j'ai brûlé des cahiers et des cahiers de mes journaux personnels d'années d'écriture papier. Même des archives de ce blog ont disparu, par volonté de le faire. Celles qui subsistent ici sont à partir de 2014.


En revanche je devrais reprendre la phrase d'Aragon qui figurait sur la première version du blog d'AlainX :

« Tous les mots que l'on peut écrire

Sont des dentelles déchirées »


Ou ces autres du même auteur qui figurèrent à une certaine époque :


"Les mots m'ont pris par la main

Où suis-je ?

(...) Les mots vous mènent

On perd de vue les toits

On suit

Inexplicablement

le chemin des oiseaux"


Voilà ! Une sorte de billet en hommage à mon écriture ! J'ose car j'ai la prétention ne pas avoir écrit que des conneries. Et pas que sur ce blog évidemment.


Je pense aux bouquins publiés et traduits dans diverses langues dans les domaines professionnels où j'ai collaboré. Je les revoyais il y a peu sur des sites de vente. Je n'imaginais pas cela il y a 30 ans. Les suites de ce que l'on a commis nous échappent. 


 Je suis un homme qui creuse la terre intérieure à la recherche des terreaux nourriciers. Ma quête n'est pas solitaire, ce serait mission impossible. Je rejoins les chercheurs d'humanité et de justice qui humblement grattent la terre  dont je parle. C'est un travail passionnant qui occupe  une vie, et j'espère jusqu'au bout. Pour l'instant un nouveau gros ouvrage s'élabore. Nous sommes une petite dizaine à y travailler, de plusieurs pays différents. Vive Internet et les rencontres en Visio ! (Quoique plusieurs heures à faire tourner nos neurones ça commence à fatiguer le vieillard que je deviens). Ce sera l'ultime collaboration en ce qui me concerne parce qu'après je serais gâteux !


 Reste ce blog, ses rencontres, ses amitiés. Quelque chose qui me demeure précieux. Comme une ouverture, une fenêtre, alors que je constate de plus en plus  que mes entraves physiques gagnent du terrain. Je vais finir immobile. Mais j'espère quand même demeurer un petit moment encore comme dans ce livre d'un Zhandi, croisé il y a des années : « L'Homme qui marchait dans sa tête ». 

Et même là je cours et je vole…




lundi 4 avril 2022

Pique-nique et séduction

 


119ème Devoir de Lakevio du Goût

Qu’est-ce qui les met de si joyeuse humeur ?
Je vous dirai lundi ce que j’en pense.
J’espère surtout lire ce que vous en pensez…

À lundi donc…



Pique-nique et séduction


Comment séduire une femme avec un sandwich, une citrouille et quelques autres cucurbitacées, au cours d'un pique-nique naturaliste, dans l'herbe, à proximité d'un champ de blé, et avec au premier plan des roses de Corps Fou.

Tel était le challenge.




ENIO releva le défi. D'autant qu'il avait déjà peint des citrouilles mortes dans la nature, c'est dire s'il connaissait la cucurbite. En outre il s'était déjà aussi exercé dans les fruits et légumes à l'humanité évoluée, descendant en ligne directe d'Arcimboldo, son ancêtre et Maître.  Il avait marché sur ses traces. (voir le témoignage en marge).




Donc, concernant la question des fruits et légumes, c'était plié, tel le drap immaculé d'un lit nuptial pour soir de noces.

Restait à trouver la femme fraîche, la baguette appétissante, et le litre de pinard qui donne l'ivresse printanière et le désir de l'épi de blé faisant son office.

Il pensa à sa cousine Anastasia dont il se souvenait qu'elle possédait un chapeau de paille à ruban rouge qui serait du plus bel effet au premier plan. Mais voilà, était-elle disposée à l'opération sandwiches et cucurbitacées rien que pour ses beaux yeux et sa chemise blanche. Il craignait qu'elle l'envoya balader sur les pâquerettes. Et à propos de pâquerettes, il eut l'idée d'en rajouter çà et là pour compléter le tableau mirifique.

Finalement la cousine accepta le projet en partant d'un grand rire à gorge déployée ce qui lui permit de lorgner sur celle-ci avec un appétit à dévorer le sandwich en quelques secondes.


Pour ce qui est de la baguette, il avait la sienne, craquante à souhait. Il n'aurait qu'à s'en saisir à pleine main le moment venu, ce qu'il fit comme on le voit sur le tableau.


Le  problème du litron de pinard demeurait l'ultime objet non résolu.

 ENIO ne buvait qu'aux lèvres des femmes des liqueurs enchanteresses qui lui dégoulinaient partout. Ne connaissant aucun caviste digne de ce nom, il dut se rabattre sur la boutique de l'arabe du coin qui reste ouvert la nuit et qui lui conseilla un Sidi Brahim 12,5° à 4,50 €  « Sy pas cher monzami, mon cousin li fit soi-même dans la casbah ».


Tout était donc parfaitement prêt pour la mise en scène géniale. ENIO était convaincu qu'il arriverait en tête du classement et gagnerait une journée entière à Disneyland pour trois personnes. 

Lorsqu'Anastasia arriva, belle comme le jour du premier printemps de l'univers, ENIO en tomba le cul dans l'herbe. Ce qu'elle fit également, pour être à la bonne hauteur de la préparation au plaisir gustatif.

C'est juste après qu'ils eurent partagé et savouré le fameux pique-nique que les témoins ont compris à quel usage étaient destinés les cucurbitacées présentes. Il ne serait pas correct d'expliciter plus avant leurs destins. Mais je vous assure que les personnes présentes en ont gardé le souvenir pendant de longues  années, parce que…


(... Non, je me vois obligé de stopper mon récit à cet endroit, d'ailleurs il est l'heure, ça me fait de la peine mais il faut que je m'en aille, comme dit la chanson …)


samedi 2 avril 2022

Revenir à l'essentiel ? ?



Elle m'a bien plu cette image, trouvée au détour d'un article dans une revue psy où il est question de revenir à l'essentiel…

C'était au temps du confinement, lorsqu'on parlait des « produits non essentiels » par opposition à ceux qui sont censés l'être. À l'époque on se battait dans les magasins pour un rouleau de PQ parce que c'était totalement nécessaire à raison de tous ces gens qui nous font chier à longueur d'année. Surtout ne pas en manquer !

C'est sûr qu'il convient d'avoir de quoi évacuer tout ce qui doit l'être.


Aujourd'hui c'est l'essence l'essentiel  et du gaz, et non pas des gaz dans l'intestin. C'est la condition pour que ça gaze ! Je sais, c'est nul, mais c'est le week-end ! D'autant que je suis capable de dire des choses presque intelligentes sur le sujet. Parce qu'en matière de qualité du papier, j'ai des connaissances approfondies.


Quant à l'essentiel, qui est censé, d'après l'article, apporter une révolution, je cherche encore de quoi il s'agit. Parce qu'il a été surtout question de réduire sa consommation en particulier par rapport aux nouvelles technologies. 

Ça, c'est véritablement une marche en avant vers l'essentiel !


Quelle indigence de pensée ! L'invention du téléphone — une nouvelle technologie complètement absurde vers 1850  — fut considérée comme absolument sans intérêt d'aucune sorte. Au pire ça servirait à une femme pour appeler sa voisine sans se rendre chez elle pour dire du mal des hommes et plus généralement de leur prochain (prochain homme ?). Incroyable perte de temps plutôt que  faire le ménage, la cuisine, laver par terre  et la lessive.


Parfois je me demande si Terminator ne devrait pas revenir pour éradiquer la connerie, en particulier chez certains psys  !