Il fut un temps où beaucoup d'enseignements, d'apprentissages, de savoir-faire et de savoir être se transmettaient par les parents, la famille, les proches et aussi l'école. Ça valait ce que ça valait, mais ça se vivait entre des personnes physiques, visibles, souvent aimantes, bienveillantes mais aussi ayant des exigences éducatives qui aidaient la structuration de la personne afin de lui donner des assises pour gérer sa liberté, c'est-à-dire ne pas se retrouver dépendant et à la merci des marchands d'addictions.
Certes je décris là une situation générale quand tout se passait à peu près correctement.. Bien entendu ce n'était pas toujours le cas et évidemment des « mauvaises éducations » existent.
Aujourd'hui si j'en crois une chercheuse spécialiste des impacts de la consommation numérique sur la population enfantine (Caroline Rouen-Mallet), vers 10/12 ans, globalement, une grande partie de l'éducation commence à échapper à la parentèle au profit du Smartphone, offrant sans contrôle une ouverture à Internet et principalement aux réseaux sociaux.
En France, 92 % des 12-17 ans sont connectés et ont les yeux rivés sur les écrans pendant des heures, six à huit heures par jour. La génération montante vit dans un monde virtuel. La plupart des parents ne sont jamais allés sur Tik-Tok, Instagram, Snapchat et autres et ne savent pas ce qui s'y passe. Ils se mettent en retrait et perdent ainsi toute autorité sur le territoire numérique.
Le Smartphone cannibalisme tout : activités artistiques, sportives, la lecture, les jeux et la balade en famille, etc.
C'est un peu comme si l'enfant et l'adolescent vivait dehors dans des rues hostiles, sans surveillance ni contrôle parental, au contact permanent de toute une faune de gens qui ne lui veulent certainement pas du bien. Pour s'en convaincre il suffit de s'arrêter aux conséquences bien connues de la fréquentation du net sans contrôle : cyber-harcèlement, rackets, repliement sur soi, angoisses, dépression, isolement social, et autre joyeusetés. Et je n'ai pas cité les tentatives de suicide, ni les suicides réussis.
Ma fille aînée, (cinq enfants), m'avait raconté il y a déjà bien des années une anecdote. Une de ses voisines demandait comment elle faisait pour avoir des enfants si conviviaux, ouverts aux autres, et qui semblaient avoir une belle joie de vivre.
Ma fille avait répondu : — « Oh c'est simple ! Pas de télévision, pas de jeu vidéo, pas de téléphone portable, et un unique ordinateur familial dans le salon. En revanche, beaucoup de jeux de société, d'activités sportives, culturelles, musicales, et autres choses ludiques où on utilise le corps, les mains et les pieds… »
Trois des cinq petits-enfants sont désormais adultes, l'un est dans une école polytechnique en Suisse, l'autre au Canada anglophone dans une école de haute technologie, le troisième dans une classe prépa en France. Ils ont tous les trois un Smartphone, ... le plus souvent éteint. (Pour les avoir faut laisser un message…). Je les trouve heureux et épanouis. Bien sûr ce sont mes petits-fils donc ils sont merveilleux… sauf que je ne suis pas le seul à le dire…
Fort heureusement, j'ai lu récemment un article où çà et là se fomentent chez les parents une révolution digitale. Aux États-Unis, en Irlande, en Espagne on signe des « pactes sans téléphone » avec les communes, les écoles etc.…
En France une commune de Seine-et-Marne vient de proposer un « code d'utilisation des mobiles dans les espaces publics ».
« De la même manière que l’on apprend à ses enfants à nager ou à faire du vélo, le rôle du parent d’aujourd’hui est d’éduquer son enfant à bien utiliser son téléphone », estime Caroline Rouen-Mallet.
Et aussi : Macu Cristófol. :
« Les enfants ne sont pas des adultes et des consommateurs comme les autres. À quel moment avons-nous perdu le fil de toute éthique ? En tant que parents et citoyens, nous devons refuser ce rapt de leur attention et nous assurer que les futures générations navigueront dans un monde digital sécurisé dont ils maîtrisent les clés. » (ICI)
Comme quoi il y a encore des raisons d'espérer…
Enfin, pour l'instant.