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samedi 17 février 2024

Retour à l'intérieur

 


Ce n'est pas toujours une décision délibérée. Cela relève parfois  du constant de s'être éloigné sans s'en rendre compte, sans y prendre garde suffisamment. Les circonstances sont venues vous prendre par la main en vous susurant : — Viens par ici c'est important, c'est indispensable, incontournable.

 Alors on y est allé.


Et puis « les circonstances » sont devenues maîtresses du jeu, et vous avez joué le jeu qui vous entraîne à droite, à gauche, en haut, en bas. Vous vous démenez. Vous investissez du temps, de l'énergie, vous constatez que vos forces s'enfuient peu à peu mais vous n'en prenez pas la juste mesure. Sachez que cela fait  partie de la stratégie élaborée en dehors de vous. Plus vous vous épuiserez, mieux ce sera. Alors arrivera le moment où vous êtes à point, mûr pour l'estocade.

C'est là qu'on vous attend : au tournant. L'expression le dit d'ailleurs « je vous attends au tourment » sous-entendu c'est là que moi, la Circonstance, je serai vainqueur. J'aurais réussi à vous faire perdre par K.-O.


Fort heureusement, à un moment ou un autre, vous croisez en chemin une autre réalité :  l'Opportunité.  C'est à vous  de la repérer et surtout de la saisir avant qu'elle ne parte plus loin sans possibilité de revenir. Soyez attentif, elle prend parfois des formes inattendues pour ne pas dire impensées.


Cette fois-là, Elle a surgi de l'intérieur sous forme d'une petite voix :  — «  Pourquoi es-tu parti là-bas, si loin, alors que je t'attends [*ICI*] où tout se passera ? Ça vous déclenche un arrêt intérieur. Vous ne l'écoutiez plus depuis trop longtemps  cette petite voix, et même vous aviez l'audace de lui infliger un « fous-moi la paix ! Tu vois bien que j'ai plus important à faire ! ». Important « à faire ». C'est bien l'expression, alors qu'il s'agissait de « important à être ». La différence est colossale. Vous pensez aussitôt : « Mais c'est pas possible d'être aussi Con ! ».


Le mieux est de prendre la position la plus agréable pour votre corps. Celle qui vous procure un bien-être profond, de vous faire attentif à la présence « d'Elle, la petite ». Vous ressentez sa vibration ténue mais bien présente, son murmure sans mot au fond de votre être, et peu à peu le trouble brouillard qui vous embrumait se dissipe, les vapeurs néfastes de l'esprit ne vous entravent plus, votre respiration se fait plus ample et, comme après l'orage lourd qui avait tout assombri, la lumière réapparaît et se met à éclairer vos problématiques de manière nouvelle et des pistes sures permettant de vous extirper des difficultés apparaissent avec intensité, clarté, et forces nouvelles redonnées.


Il vous reste à remercier qui vous voulez (destin, bonne étoile, divin, ange gardien, et réalité subtile…) de vous avoir suggéré et même incité au « retour à l'intérieur ».






lundi 12 février 2024

Inspirations Rococo

 

185ème Devoir de Lakevio du Goût.

Avez-vous eu la chance mâtinée de curiosité de visiter la « Wallace Collection » à Londres ?

Non ?
Quel dommage !
Vous y ariez vu des tas de choses intéressantes, de celles qui auraient fait les choux gras de la « presse people » britannique si elle avait existé à l’époque où les œuvres exposées furent peintes, sculptées ou fabriquées.
Évidemment on y voit les atours dont se vêtaient les seigneurs pour montrer au peuple qui mourait sous leurs bannières, des armure enluminées de façon à glorifier la victoire en « attifant » le chef de vêtements de tôle pleine de dorures.
On y voit aussi les maîtresses qui occupaient souverains, ducs et marquis pendant les sombres après-midis d’hiver en leurs domaines.
J’y ai quant à moi repéré une œuvre française qui en dit long sur ce qui tracasse aussi bien l’aristocrate anglais que le journaliers français.
Cette toile dite « Les Hasards heureux de l’Escarpolette » de Mr Fragonard, le genre de hasard qui le conduira probablement à peindre quelques années plus tard « Le verrou » qui montre où peut mener l’escarpolette.
Mais vous ?
Un récit vous serait-il inspiré par ces « hasards de l’escarpolette » ?
Nous verrons bien lundi si une histoire ou une anecdote vous est venue…



Alors, puisqu'il est proposé de dire ce qui nous vient à propos de cette œuvre typiquement rococo de Fragonard, qui a bien vieilli depuis le pauvre, on va le faire ! Rappelons que le commanditaire de l’œuvre est le baron de Saint-Julien, François-David Bollioud des Granges (1713-1788), receveur général du Clergé. C'est en ces termes qu'il demandait expressément que l'œuvre soit réalisée :

« Je désirerais que vous peignissiez Madame sur une escarpolette qu’un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant, [sa maîtresse] et mieux même si vous voulez égayer davantage votre tableau ».  (« peignissiez » : mais qui parle encore cette belle langue du bon vieux temps…)


Mais j'en viens à ce qui me vient :


— En premier c'est le souvenir de l'opérette Véronique avec cet air célèbre à l'époque « Poussez, poussez l'escarpolette », par Marcel Merkes et Paulette Nerval, parce que mes parents chantaient ce truc en duo dans les fêtes de famille avec un franc succès et quelques balancements significatifs…





— Ensuite, je tiens de source sûre, c'est-à-dire de la concierge de la tour Bertrand démolie depuis, qu'Alain Souchon s'est grandement inspiré de l'œuvre pour sa chanson « Voir sous les jupes des filles »




— Continuons par le dessin animé La Reine des neiges qui nous inclue un passage parodique du tableau.

Bien entendu on ne peut résister à la célèbre chanson rengaine que tonitruait ma petite-fille en son temps : « Libéréééée, délivréééée ! »

D'abord la photo, après la chanson :






— Enfin et pour conclure, ci-après quelques parodies de l'œuvre qui lui donne quand même un petit coup de boost que n'aurait peut-être pas renié le Baron commanditaire, un sacré gaillard !









vendredi 9 février 2024

Un grand homme d'État


 Robert Badinter
hommage à Un grand homme d'État
mort ce jour à 95 ans


J'ai choisi cette photo parce qu'elle correspond à l'époque où il était garde des Sceaux. J'ai eu l'honneur de le rencontrer dans son bureau. Je participais alors à une mission concernant une importante réforme judiciaire.
Il fait partie de ces personnes qu'on ne peut oublier. Une acuité, une présence, une droiture, un sens du service de l'État, une grande exigence. En même temps beaucoup d'humour une forme de bonté humaine qui s'allie à une exigence forte. C'est un souvenir gravé dans ma mémoire. J'ai constamment suivi son parcours et j'ai lu tous ses ouvrages. Je crois que je vais les relire.


Sombre histoire de lumière

 

Il se plaignait : elle lui faisait de l'ombre

celle qui se disait la lumière de sa vie

pas question cependant de rompre

ce n'était pas dans sa philosophie.


Elle se projetait sans cesse sur lui

il commençait à en avoir plein le buffet

elle finissait par l'étouffer 

celle qui prétendait être sa belle qui luit


Elle s'appuyait au montant métallique

et prenait des pauses séraphiques

le buffet impassible restait de cire

n'entendant pas se laisser éblouir


Il décida de prendre la porte

pensa : tu vas voir de quel bois je me chauffe

hé bien dit-elle que le vent t'emporte

que plus jamais mes rayons ne te réchauffent


mercredi 7 février 2024

Ce matin, les écrits

 

Ce matin j'ai poursuivi un travail de longue haleine. Un travail d'hiver, commencé à même époque l'an dernier, et peut-être même encore avant. Une forme d'élagage des kilos de documents dans les armoires de mon bureau, et ailleurs. Tout ce qui est professionnel est déjà parti à la benne. Hormis quelques « documents souvenirs emblématiques » qui gardent une valeur sentimentale et affective, que je ne relirai sans doute jamais. Mais bon. J'y ai mis tellement de transpiration…

Et puis il y a mes écrits personnels. J'ai peut-être déjà dit ici que j'ai viré tous mes journaux intimes, et mes notes thérapeutiques. Mais il reste encore bien des écrits, des correspondances anciennes. Il y a peu je suis retombé sur des lettres datant de 30 à 40 ans, et j'ai oublié le visage de bien des expéditeurs. La mémoire ayant fait le tri, je confirme par la poubelle.


Il y a peu je lisais ça et là des débats sur la transmission des lettres, documents et autres de génération en génération. J'ai beaucoup apprécié l'œuvre historique échelonnée sur 10 ans que mon frère a fait concernant la famille et qui ont abouti à quatre tomes de plus de 300 pages chacun, format A4 et comportant de nombreux documents et fac-similés ainsi que les explications des contextes, le replacement dans l'histoire. Très intéressant. Beaucoup diffusé dans la famille proche et lointaine. Je rends hommage à l'auteur.


Mais pour ma part je n'entends pas procéder de la sorte. Je suis pour l'épure et le détachement. Beaucoup plus partisan d'une transmission orale. J'ai souvent parlé avec mes enfants, petits-enfants, et autres de la famille. Ils retiendront ce qu'ils veulent. Je leur ai exprimé mes ressentis, sentiments, et le sens que je donne à tout cela. En quelque sorte le sens de ma vie. Ils se débrouilleront avec ça. Les souvenirs sont dans les cœurs, pas dans des bouts de papier, des photographies et autres. Ce dont je veux laisser trace par écrit, je l'ai fait dans des ouvrages publiés, des correspondances à ce sujet. Le reste ne regarde que moi.


Je crois avoir fait de belles et bonnes choses dans ma vie et également quelques conneries. Sur tout cela je me suis expliqué avec ma conscience. Pour le reste, je ne suis qu'un gars « ben ordinaire » comme chantait Charlebois.  Une goutte d'eau dans les océans planétaires qui s'évapora après ma mort. Incinéré, je serai cendres  qui s'envolent. Ça relativise et ça calme !


Lecteurs et lectrices ne croyez pas que je sois désabusé. Bien au contraire. Je bouillonne encore de désir d'un vivre intense. Je me bats sur plusieurs fronts. Je n'attends pas la mort, j'embrasse la vie à à plein bras, je fais l'amour avec elle. Du passé je ne fais pas table rase, je le transcende dans tout ce que fut ma vie, mon cheminement, mon labeur. Cela m'a permis d'être et de goûter  tellement souvent au bonheur de l'existence en accomplissement.

C'est pour cela que ce matin je n'avais pas le sentiment de perdre mon temps, mais de faire un nettoyage en vue du printemps. Le renouveau ne supporte pas les vieilleries qui sentent le rance.


 « La matinée se lève (…)

 Le monde sera beau

je l'affirme et je signe »


Jean Ferrat, La matinée.




lundi 5 février 2024

Une montée merveilleuse

 

184ème devoir de Lakvio du Goût





Ne vous fiez pas à cette ambiance de roman d’espionnage des années cinquante.

Il s’agit de tout autre chose, Mark Keller a plutôt orienté son œuvre vers un autre domaine.

Cette toile me fait penser à quelque chose.

Et à vous ?

On en saura plus lundi du moins je l’espère…





Une montée merveilleuse


Évidemment il a fallu y mettre le prix. Cependant ce n'est pas tous les jours que s'offre une telle opportunité et croyez-moi, je n'ai pas laissé passer le truc. J'en rêvais depuis si longtemps, sans oser jusqu'à présent aller jusqu'au bout. Je craignais de défaillir avant l'accomplissement de l'apothéose. Il faut dire qu'à mon âge ce n'est plus comme dans la jeunesse où ça peut partir dans tous les sens et sans crainte du ridicule.


En plus j'ai de la chance. Elle est devant moi dans l'escalier. Déjà je peux admirer la perfection vers laquelle je me dirige en sa compagnie. Elle me parle tandis que nous grimpons et franchement ces mots commencent déjà à me donner des sensations assez excitantes à l'idée de ce qu'elle va me faire découvrir là-haut. C'est à peine si je crois à tout ce qu'elle me fait entrevoir. En affirmant que ce sera encore mieux que tout ce que je peux imaginer. Alors je continue la grimpette allègrement.


C'est un peu plus tard dans la montée que je commence à ressentir une forme d'oppression dans la poitrine. Je ne vais quand même pas devoir abandonner en si bon chemin pour je ne sais trop quel malaise cardiaque. Mon premier infarctus remonte maintenant à bien des années. Ce n'est pas le moment de remettre ça aujourd'hui.  D'autres projets immédiats sont dans ma tête et bien plus intéressants. Je fais un stop et reprend mon souffle. Ne me sentant plus derrière, elle se retourne avec un grand sourire : « Oui, je sais ! C'est assez haut avec beaucoup de marches, mais on arrive bientôt ! ».


Je me dis qu'en réalité mon cœur palpite de trop de désir intense de ce qui nous attend et que mon souffle s'en ressent à raison de mes pensées quant aux délices à venir. « Vas y mon gars ! », que je me dis en reprenant l'ascension marche après marche. Et puis, enfin, voilà le sommet, la porte qu'elle va ouvrir, et tout va vraiment commencer. Et la suite, je ne sais avec quels mots vous la raconter, tant ce fut merveilleux, inattendu, je dirais même inespéré. Mes émotions et explosions furent à leur comble.


 Car en effet, enfin, nous débouchons au sommet de l'un des plus grands phares du monde. La vue est merveilleuse à 360° je n'ai jamais rien vu d'aussi beau. Nous sommes à Plouguerneau sur l'îlot dénommée « île vierge ». C'est alors que je me suis demandé si ma guide si sympathique l'était aussi. La suite me prouva que non.