Ce n'est pas toujours une décision délibérée. Cela relève parfois du constant de s'être éloigné sans s'en rendre compte, sans y prendre garde suffisamment. Les circonstances sont venues vous prendre par la main en vous susurant : — Viens par ici c'est important, c'est indispensable, incontournable.
Alors on y est allé.
Et puis « les circonstances » sont devenues maîtresses du jeu, et vous avez joué le jeu qui vous entraîne à droite, à gauche, en haut, en bas. Vous vous démenez. Vous investissez du temps, de l'énergie, vous constatez que vos forces s'enfuient peu à peu mais vous n'en prenez pas la juste mesure. Sachez que cela fait partie de la stratégie élaborée en dehors de vous. Plus vous vous épuiserez, mieux ce sera. Alors arrivera le moment où vous êtes à point, mûr pour l'estocade.
C'est là qu'on vous attend : au tournant. L'expression le dit d'ailleurs « je vous attends au tourment » sous-entendu c'est là que moi, la Circonstance, je serai vainqueur. J'aurais réussi à vous faire perdre par K.-O.
Fort heureusement, à un moment ou un autre, vous croisez en chemin une autre réalité : l'Opportunité. C'est à vous de la repérer et surtout de la saisir avant qu'elle ne parte plus loin sans possibilité de revenir. Soyez attentif, elle prend parfois des formes inattendues pour ne pas dire impensées.
Cette fois-là, Elle a surgi de l'intérieur sous forme d'une petite voix : — « Pourquoi es-tu parti là-bas, si loin, alors que je t'attends [*ICI*] où tout se passera ? Ça vous déclenche un arrêt intérieur. Vous ne l'écoutiez plus depuis trop longtemps cette petite voix, et même vous aviez l'audace de lui infliger un « fous-moi la paix ! Tu vois bien que j'ai plus important à faire ! ». Important « à faire ». C'est bien l'expression, alors qu'il s'agissait de « important à être ». La différence est colossale. Vous pensez aussitôt : « Mais c'est pas possible d'être aussi Con ! ».
Le mieux est de prendre la position la plus agréable pour votre corps. Celle qui vous procure un bien-être profond, de vous faire attentif à la présence « d'Elle, la petite ». Vous ressentez sa vibration ténue mais bien présente, son murmure sans mot au fond de votre être, et peu à peu le trouble brouillard qui vous embrumait se dissipe, les vapeurs néfastes de l'esprit ne vous entravent plus, votre respiration se fait plus ample et, comme après l'orage lourd qui avait tout assombri, la lumière réapparaît et se met à éclairer vos problématiques de manière nouvelle et des pistes sures permettant de vous extirper des difficultés apparaissent avec intensité, clarté, et forces nouvelles redonnées.
Il vous reste à remercier qui vous voulez (destin, bonne étoile, divin, ange gardien, et réalité subtile…) de vous avoir suggéré et même incité au « retour à l'intérieur ».










