J'ai lu chez « La Licorne » un article qui m'a bien plu, à propos des divers attitudes face à la covid 19. Qui plus est l'article ne manque pas d'humour
Il y est notamment écrit ceci :
(…) Nous avons d'abord, je crois,
à faire la paix en nous-même,
à trouver un "point d'équilibre",
entre panique et déni,
un point de "prudence lucide"...
ou de "lucidité apaisée"...
un point stable sur lequel nous appuyer...
Cela résume mon cheminement depuis quelques semaines. Quel est donc pour moi le point d'équilibre dont il est question. Je vais essayer d'en faire le tour.
— Constat : Le virus se propage planétairement ; un consensus s'installe sur les moyens de s'en protéger : « les gestes barrières » individuels, les choix collectifs suggérés ou imposés par les autorités.
— Selon les personnes qu'il contamine, covid se montre « gentil » (en apparence…) parce qu'il y a peu de symptômes ou d'effets dévastateurs ; ou « méchant » parce que l'épreuve est difficile, invalidante, avec des séquelles durables ; ou « très méchant » parce qu'il est la cause de milliers de morts.
— D'après des médecins qui concourent à ma bonne santé, il semblerait qu'avec moi il risque de se montrer « très méchant » ou, dans le meilleur des cas, avec des séquelles respiratoires très invalidantes. En raison de ma polio j'ai les muscles respiratoires affaiblis. Muscles respiratoires faibles + alvéoles pulmonaires détruites = grabataire sous oxygène en attendant la camarde.
— Première conclusion simple : prendre toutes précautions pour ne pas attraper cette cochonnerie. C'est fait. Autant que c'est possible bien entendu.
— Pour l'ordinaire des jours, je m'appuie sur ma « faculté d'adaptation » que j'ai développée enfant, suite aux graves séquelles laissées par le poliovirus. Tous les actes de ma vie sont devenus « à risques ». Tous. Ne me demandez pas comment j'ai fait, mais j'ai acquis la faculté de faire face à tous ces risques sans peur panique ou choses du genre. C'est peut-être la raison pour laquelle je n'ai aucune admiration particulière pour ceux qui « font des exploits » dont ils s'enorgueillissent devant les médias ou autrement. En plus si ce sont des risques inutiles (genre sportifs ou autres défis pour la gloriole), je déteste. Mes « exploits », c'est chaque jour !
Cette vigilance au quotidien ne m'a jamais empêché d'être heureux. Au contraire peut-être cela m'a probablement donné un goût de vivre particulièrement fort. Des gens de mon entourage me le soulignent parfois.
— Je prends l'option que covid 19 est installé pour longtemps, probablement quelques années. Je me rappelle que pour éradiquer le poliovirus de la planète il a fallu 50 ans après l'apparition du vaccin efficace ! Et je constate que compte tenu des incessants déplacements planétaires des humains, covid peut proliférer à loisir sans se faire trop de souci pour son avenir.
— Il me reste à adapter ma vie concrète avec cette option. C'est largement accessible pour moi. Et d'une certaine manière je pourrais dire : c'est intégré !
— Je comprends ainsi pourquoi je suis en paix intérieure face à la situation de la pandémie. J'ai mis une distance par rapport à tout ce qui est dit concernant son éradication éventuelle à brève échéance. Je me suis adapté sans attendre. Si les choses s'améliorent ce sera bon à prendre.
— Mon point stable est probablement cette confiance dans la possibilité qu'a l'être humain de se tirer des mauvais pas.… Difficilement parfois ou en payant le prix fort, mais enfin, l'humanité est toujours là…. Je fais le pari qu'elle y sera encore jusqu'à ma mort. Ensuite ça ne m'appartient plus. Je fais le pari que comme toutes les autres fois, une certaine « générosité divine » sera présente. Et puis je n'ai pas peur de la mort. J'ai déjà développé ce thème. Je ne vais pas me répéter. J'en ai encore eu confirmation il n'y a pas très longtemps.
Les humains vivent depuis toujours avec des milliers de problèmes. Les vrais, et ceux qu'ils se créent. Et puis, tout passe… et la vie continue. Toujours.
Il ne s'agit pas de relativiser, encore moins de nier. Tout ce qui « est » me constitue.
Un de mes maîtres disait, en substance :
une bonne façon de résoudre un problème et de commencer par le prendre avec soi. Comme cela on peut décider de ce que l'on va en faire.
Un autre avait une formule un peu comparable :
Si tu veux sortir de ton problème… entre dedans !