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lundi 24 février 2025

Jacques Brel : sur la place

 

Ça s'est passé cette nuit.
Mes nuits sont difficiles en ce moment. Le corps refuse le sommeil. Dans ces moments-là il ne faut pas laisser les pensées délirantes, absurdes ou catastrophistes imposer leur loi au cerveau. Un de mes trucs pour fixer ailleurs son attention et d'aller rechercher des chansons de mes interprètes préférés. Reviennent : Brassens évidemment, Jean Ferrat, Brel et d'autres, y compris des peu connus. C'est assez surprenant comme les paroles remontent facilement comme au temps de ma jeunesse. La plupart du temps, au réveil, il me reste tout juste un refrain ou quelques vers. Mon psychisme ne cessera jamais de m'étonner, m'émerveiller, ou craindre ses effets indésirables, comme on dit dans les notices des médicaments.

Cette nuit, ce fut « Sur la place » de Brel. Une chanson prenante, surtout dans son interprétation originale vers 1954 alors qu'il était encore peu connu.

Cette nuit il chantait pour moi et je m'y retrouvais dans  cette sorte de terrible regard sur l'indifférence d'une humanité blasée de tout et qui préfère fermer portes et volets que de regarder cette fille qui s'est mise à danser puis à chanter. Et finalement la voilà rejetée en tant que femme symbole de notre humanité. « Les hommes ferment les carreaux, comme une porte entre morts et vivants ». Et pourtant elle n'avait qu'un désir c'est nous donner, se donner. Elle est un cadeau permanent qui s'offre depuis toujours : « son chant plane sur la ville, hymne d'amour et de bonté. »
Terrible rejet !
Pourquoi se fermer ainsi, se replier, se barricader, alors que le refrain ne cesse de nous inviter à laisser paraître « une flamme à nos yeux » dont Brel donne le sens.

Cette nuit, des larmes silencieuses ont coulé sur mes joues. Je me sentais à la fois l'homme du repli et l'homme aux bras ouverts. Les larmes de la double compassion en quelque sorte.


 




samedi 22 février 2025

Bidouillages et pâturages : la suite !

 
Vos commentaires sur mon billet précédent m'ont plutôt surpris !
Disons que je ne m'attendais pas à des réactions aussi nombreuses, fournies, développées et explicites et riches pour certaines.

Peut-être parce qu'il a été question de l'IA ? On se fait beaucoup de représentations de ce moyen qui n'a rien de nouveau. Il y a longtemps que Photoshop est bourré d'algorithmes sophistiqués… La nouveauté réside dans la génération d'images sur instructions. Encore faut-il avoir l'imaginaire suffisant et ne pas penser qu'une image générée n'a plus qu'à être publié comme telle. Cela n'a d'intérêt que si il y a post traitement qui améliore, transforme, ou n'utilise qu'une partie de ce qui est généré pour intégrer d'autres choses.
Et c'est là que ça devient un moyen créatif supplémentaire qu'il faut apprendre à manier. Alors je dois dire que ça risque de m'intéresser…

J'ajoute une dernière production qui m'a apporté hier une distraction, nécessaire et bienfaisante pour supporter certaines souffrances du corps.




Ce sera tout pour l'instant en ce domaine.
Bon week-end à chacun/e !

mardi 18 février 2025

Un peu d'étrange…

Petite distraction durant les vacances.

Quelques bidouillages avec Photoshop et en remerciant l'assistante IA pour sa collaboration bienveillante.


Dans le futur l'amour sera toujours l'amour en rose et bleu




Depuis son vaisseau spatial privé Elon Musk vous souhaite bonne chance 
sur sa planète personnelle 7OQVC




Méfiez-vous des eaux dormantes et paisibles,
  ce n'est qu'apparences


Tempête en haute mer, au cours du Vendée-Globe,
 compétition vintage.





samedi 8 février 2025

Savoir aimer

 

 J'aimais bien la chanson de Florent Pagny qui portait ce titre. J'évoque cette chanson car il y est beaucoup question d'apprendre. Apprendre à aimer, à sourire, à donner sans reprendre,…
J'aimerais. Mais voilà, bien souvent surgit un sentiment d'incapacité, ou d'insuffisance, ou de dosage. Comme s'il fallait me préserver. De quoi donc ?
 

Ma mère avait l'amour vorace. Aimer jusqu'à étouffer son fils. Un amour de possession compensatoire. J'étais, soit son rejet, soit son repas du moment.
Elle debout, moi aussi. Elle me serrait contre son ventre avec ses bras. Je ne sentais aucune affection dans cette manière de faire, mais du danger imminent qu'elle m'absorbe en elle comme un retour primitif.
Difficile à vivre quand on a une mère dont on doit supporter les graves dérangements mentaux à épisodes.  Des périodes où la mère était calme comme la mer dans la douceur de l'été, voisinaient avec des tempêtes dévastatrices qui surgissaient en quelques minutes.
Quand ai-je donc reçu la possibilité d'apprendre à aimer juste ?

Il aurait sûrement fallu, comme dans la chanson, « apprendre à vivre et s'en aller ».
M'en aller ? Ça oui ! Dès que ce fut possible. Mais apprendre ? Qu'apprend-t-on quand on est livré à la solitude de soi-même au long des jours. j'ai refusé d'être aimé par ma mère  « d'une manière inappropriée » comme on dirait aujourd'hui…

Tout a commencé à changer lorsque je me suis senti vraiment aimé par d'autres que ma famille. C'est un peu terrible à dire finalement. 
À 12 ans, arrivé au Centre de rééducation pour réparer les dégâts de la polio, je découvre qu'on s'intéresse  à ma personne en tant qu'être humain, et non plus comme un gosse débarqué d'on ne sait où, et qui encombre.
Dès mon arrivée je bénéficie de séances en balnéothérapie dans une  mini-piscine. Elle a la forme d'un énorme trèfle en pierre, dans lequel deux femmes aides-soignantes me baignent pour apaiser mes douleurs par la chaleur. Et puis parce qu'il faut bien sortir de l'eau et que je souffre toujours, elles entourent mes jambes dans des serviettes humides et chaudes, les renouvelant souvent. Je garde de cet épisode un souvenir intense à la fois douloureux et à la fois comme un immense cadeau que m'offrent ces femmes que je connais à peine puisque je viens de débarquer. J'ai ressenti un au-delà de leurs obligations professionnelles à cause de ces mots qu'elles échangeaient — « On ne peut pas laisser cet enfant souffrir comme ça ! ». Manifestement la séance durait bien plus que prévu.
Savoir aimer. Elles savaient.


Bien plus tard, adulte, j'ai souvent reçu de la gratitude venant de personnes que j'avais pu aider sur leur route, durant la traversée de périodes difficiles, voire insupportables. Ou des situations foncièrement injustes, individuelles ou collectives, contre lesquelles j'ai lutté dans mes engagements professionnels ou associatifs. Mais je n'arrive pas vraiment à penser que c'est ça aussi de l'amour. Bien sûr ce fut souvent au titre de mes activités professionnelles et donc pas totalement désintéressé. Mais peut-être quand même j'agissais un peu généreusement. Je veux bien me l'accorder. Essayant de ne pas trop me croire le sauveur, alors que l'on est modestement qu'un aidant de passage.

Je m'arrête là pour aujourd'hui. Mais je suis loin de là où j'aimerais parvenir. 
À suivre peut-être…