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dimanche 19 juillet 2026

L'éclipse

 

L'éclipse
*

Le soleil n'était plus là
par décision ex cathedra
il remballa son falbala

On le trouvait trop ardent
trop chaud  trop brillant
il en devenait barbant

Fâché le soleil montra sa lune
renonçant à son rôle sans rancune
plus question de réchauffer les dunes

Soleil abandonné
 place à l'obscurité
les hommes enchaînés 
dans le noir se noyaient 

Dans la nuit le peuple se réunit 
 les débats furent éruptifs
les femmes désiraient aboutir
les hommes tout rétablir

De très loin le soleil regardait
déçu que tous se chamaillaient
il cherchait un possible aparté
face à un monde désormais lézardé

Il fallait un émissaire
tenir un séminaire
il pensa à la lumière
comme évident intermédiaire

En un éclair Lumière déchira la nuit
déclencha l'orage de génie
le peuple demanda aux érudits
d'inventer de nouvelles théories

Mais le soleil s'ennuyait 
il regrettait de s'être éclipsé
de la terre amoureux il était
le reconnaître le voilà obligé

Il revint
mine de rien
alors tous les terriens
chrétiens ou païens
jeunes ou anciens
prièrent ce dieu électricien

La vraie Dieue, qui était Déesse 
et aimait les caresses
mais avec délicatesse
se réjouit de tant de Sagesse.
 

-o0o- 

 

samedi 11 juillet 2026

Existe en ciel de lit


Est-il raisonnable de publier un billet pour exprimer que l'on a rien à dire ?
J'ignore si ça l'est. Quoi qu'il en soit je le fais.
Comme Devos, je vous préviens, je vais écrire pour ne rien dire.
En effet, pourquoi faudrait-il renoncer à écrire et garder pour soi-même ce qui n'intéresse personne, alors que tant de gens n'expriment rien d'intéressant et qu'on le tolère, notamment dans le monde politique.
Alors !

Laissons son droit d'expression à une femme, condamné deux fois, pour avoir détourné des millions de pots de confiture européenne, pour nourrir ses enfants engendrés dans son parti politique par elle-même. Une sorte de bienfaitrice nourricière en quelque sorte. 
Faites le choix de faire du bien dans votre famille : vous voyez ce que ça donne ! Quoi que, en remerciement la justice, dans sa grande mansuétude lui offre quand même un beau bracelet de cheville, sertie de puces électroniques, particulièrement seyant ! Et ça râle quand même !  Ça proclame que ça n'en veut pas. Ingratitude quand tu nous tiens 

Au bar : — Alphonse, un blanc-cass' … c'est pour une cassation 
Mais bon, je m'égare sur une voie de recours sans issue.

N'empêche, la coupe du football mondial est pleine !
Tiens, en parlant de foot, 
— Alphonse, pour suivre , je prendrai bien un ballon de rouge.!

Au fait, est-ce que je vous rajoute une couche de canicule ?
Non, vous êtes déjà servi ?
 
Ah, juste une info au passage : ne confondez pas canicule et canule parce que se ventiler par ce genre de tube n'est pas d'une efficacité vraiment démontrée.

Bon, je vous laisse, j'ai la cervelle en feu, faut que je prévienne les pompiers.

mardi 23 juin 2026

La disparition (façon AlainX)

Petit amusement par temps chaud 

 Sur un site d'écriture, désormais devenu confidentiel, cette petite consigne :
« Racontez une histoire réelle ou inventée sur un objet disparu, du point de vue de celui qui cherche ou de celui de l’objet lui-même ou même des deux »

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Objet disparu
 (bien avant la canicule… et en espérant que celle-ci aille rapidement voir ailleurs si nous y sommes…)


Un matin, tu as disparu.
Moi j'étais perdu.
J'ai poussé un cri aigu
la lèvre me suis mordue.

Je t'emmenais partout
ne joue pas les voyous
où es-tu, avoue. 

Tu fus toujours poli
et même très poli
joli, anobli, une folie.

Pour moi la mer t'avait préparé
je n'avais plus qu'à te trouver
ça s'est réalisé
tu es mon petit galet

Fignolé par le temps pour mon bonheur
je t'ai saisi comme un voleur
sur la plage je fus cambrioleur
ton destin c'est mon cœur.

On dit que le bonheur tu portes
alors il a franchi ma porte
bienvenue dans ma bicoque. 

Ma poche est ta résidence
comme ma réjouissance
en toi nulle déficience
tu es ma providence

Galet plus que caillou
reviens, ne fais pas le fou
reviens au rendez-vous
d'avoir fui je t'absous.

**


Mon petit galet porte-bonheur a entendu. Il est revenu un beau matin.
 Il s'était égaré au fond d'un tiroir de ma table de nuit.
Nous voilà réconciliés
Il souhaite être présenté. Il ne dépasse pas 3 cm.



mercredi 17 juin 2026

Petite composition du jour

L'assoiffé n'atteint pas toujours la boisson 

 
Édit du 19 juin : 

Merci pour ces commentaires tous pertinents, évocateurs et nourrissants.
Je ne m'attendais absolument pas à ce que cette petite photo, prise quasiment à la volée, suscite autant vos propos et votre créativité…

jeudi 11 juin 2026

Une énergie basse, défaillante

 
Me voilà dans la distance, le retrait.
Je m'éloigne de moi-même.
Au début c'est imperceptible, on ne prête pas attention.
Et puis peu à peu, le constat s'impose : on a quitté.
Quitté la perception fondamentale, celle qui anime.
L'âme est mise en détention provisoire jusqu'à ce qu'elle se calme.
Mais se calmer de quoi ?

Je ne manque pas d'occupation au long de mes journées. Mais j'ai le sentiment que  « c'est du remplissage ». Je fais ce que j'ai à faire, respecter mes engagements, accomplir ce qui doit l'être. Mais sans élan et j'avoue  que cela commence à m'inquiéter.
Un certain péril.
Où donc s'est enfui mon dynamisme central ?

Un souvenir lointain surgit :
je travaille à un projet de formation avec le directeur d'un établissement accueillant  des personnes déficientes mentales adultes,
Le directeur s'exprime : « ici, on fait de "l'occupationnel"  tout au long de la journée, mais le personnel se démoralise, l'équipe s'épuise… Comment faire pour qu'elle retrouve un élan. C'est ce que j'attends votre proposition de formation »

Bah voilà ! C'est valable pour moi.
Je glisse lentement…
Parfois j'aimerais que tout se termine.

Chers lecteurs et lectrices, désolé de vous importuner avec mes tristes états d'âme…

vendredi 15 mai 2026

Désenchantement

 

 J'ai pris du retard du côté de la blogosphère (mot suranné que l'on n'entend plus guère…)
Dans ma vie, c'est un peu pareil, sentiment d'être en retard avec moi-même.
Me voilà un peu comme le Lapin blanc du pays des merveilles.
Obsession du temps qui file d'un côté, qui traîne à passer d'un autre.
Mais y a-t-il encore un pays des merveilles ?

Je n'ai pas l'intention de commenter l'actualité des temps troublés, commme il y a des années sur ce blog.
Trop vieux désormais. Désabusé ? Découragé ? Indifférent ?
Un cocktail d'un peu tout cela.
N'empêche que je me retrouve dans cette poisse.
Une terrible envie de fuir dans le repli.
Mon temps est terminé. Laissons la place.

Aujourd'hui, anniversaire de deux de mes petits-fils. 14 ans pour l'un, 18 ans pour l'autre. Ça nous donne 14/18… amusant quand une certaine presse nous indique que la nouvelle guerre européenne généralisée a déjà commencé avec l'Ukraine. Avenir sympa pour cette génération des petits-enfants.
 


Trop de choses en ce moment me prennent la tête (comme disent les djeun's)
il faudrait que je la vide…

samedi 2 mai 2026

Le puits

 

Elle s’était approchée du puits. à cause  de cette impression d’être appelée.
Elle se pencha. 
Au début, il n’y avait rien. Juste du noir
Elle plissa les yeux pour percer l’obscurité.
Une froide lumière s'éleva du fond, plutôt douce.
Puis elle distingua quelque chose.
Deux yeux.
Fixes. Immobiles. Trop nets pour appartenir à un simple reflet.

Elle voulut reculer, le cœur cognant contre ses côtes.
 Mais la curiosité la força à regarder à nouveau.
Les yeux étaient toujours là.
Et cette fois, ils étaient un peu plus proches.

lundi 27 avril 2026

Présence divine

 

Lu chez Avalon en réponse à un commentaire à propos des blogs :

« Nous veillons les uns sur les autres dans un soutien moral, une présence que je qualifierais de divine puisqu'elle ne s'impose pas physiquement. »

Plus d'une fois, sur mes blogs et dans d'autres écrits, j'ai eu l'occasion d'évoquer la parcelle de divin, sa trace, qui existe en nous. Et il me semble en chaque être humain, quel que soit ses croyances, ses références, ses paradigmes.

Je la ressens en moi, comme je la perçois chez d'autres, au-delà des mots, du discible, manifestation du mystère de la personne que nous sommes chacun et chacune.

Souvent le constat se fait : j'en sais plus sur mes relations via Internet que sur mon voisinage « en live » où cela se situe surtout dans  la convivialité et l'entraide ordinaire entre gens qui, comme on dit : « s'entendent bien ». Mais, sauf exception comme la traversée d'une épreuve, les échanges ne sont guère « en profondeur ». Il en va bien sûr autrement dans d'autres relations de ma vie passée et présente qui demeurent inscrites dans ma vie.

Concernant les blogs, les sites d'échanges, comme le dit avec justesse Avalon : non seulement la présence physique ne s'impose pas, mais elle n'est pas nécessaire à la relation et sa profondeur. Et en ce sens, en effet, la relation tient du divin, c'est-à-dire d'une réalité quasi impalpable, qui nous relie bien au-delà des apparences, des limites du face-à-face et de la présence physique. Nous sommes entraînés à nous rejoindre dans un « en deçà » de la surface des eaux relationnelles.

« Le divin en soi », il faut le rejoindre. C'est un choix d'aller vers lui, même si c'est un état qui nous constitue. C'est comme une aptitude ou une qualité, on peut la développer ou la laisser en friche. Elle ne disparaît pas, mais elle s'étiole.

Le divin permet d'approcher de ce « plus que soi en soi » qui nous amplifie, nous ouvre le corps et l'âme dans une dimension qui comporte toujours sa part inconnue, cet inconnu qui attire et ne fait pas peur. C'est là sa grande qualité.

Mais le début de la citation est très important aussi : veiller les uns sur les autres.
Avalon exprime ce que je vis. Ce qu'elle vit aussi bien entendu : « la veillance ». C'est-à-dire un regard de bienveillance active sur les autres. C'est au-delà du seul désir qui ne peut être qu'un point de départ, qui n'a d'effet que  lorsque le désir génère des actes.

Alors bien sûr il y a des errances et des ratés sur la route. Des abandons, des manques, des incompréhensions néfastes, des négligences regrettables, etc

 Il reste que la parcelle de divin déposée en nous demeure une permanence avec sa dimension d'éternité. Voilà pourquoi je dis souvent que les relations sont éternelles. Elles peuvent évidemment s'arrêter concrètement, mais leur valeur d'éternité est là et ne dépend même pas de nous. 

vendredi 24 avril 2026

L'œil intrusif


Petite création du vendredi à partir de ce petit texte :

L’œil s’attardait trop longtemps, effleurant sans toucher.
Un regard qui dévoilait, sans jamais demander la permission.

 







mardi 21 avril 2026

Peau lisse de caractère

 

La vie se rétrécit comme peau de cuir chagrin.
La lumière intérieure peut vaciller
quand la lumière extérieure s'obscurcit.
L'une dépend de l'autre. 
L'autre dépend de l'une.

Des jours ternes traversent.
Moins de raisons de vivre.
Trop de nuits interminable avant de voir le jour.

Et parfois, la joie, comme un retour du passé.
Une écriture que l'on reconnaît sur l'enveloppe.
Au temps où on s'écrivait via une boîte aux lettres
sur du papier tramé, parfois parfumé.

Dépendre d'une écriture, des mots
qui font beaucoup de bien.
Et pourtant ce n'est que l'alphabet assemblé.

Les mots d'amour rendent fou.
Les mots sales  dégradent.
Les mots doux guérissent.

Parler pour ne rien dire.
Parler pour tout dire.
Parler pour meubler le vide de la tristesse.
Parler  quand se taire fait trop mal.

Écrire ce billet qui ne sert à rien.
Parfois le rien occupe tout

-o0o- 

 


 

  

vendredi 17 avril 2026

Délire pour le week-end …

 

… Avec l'atelier « mil et une » sur une toile de Dali (sujet 182)
vu chez filigrane
 




Tentative de poème Dalien
Qu'on prenne qui peut 

  

Il était  gauche de ce côté-là
Le pinceau pinçait en jaune et bleu

Le pouce hier désastre 
Aujourd'hui la poussière des astres

l'oiseau s'envole
sans vol précis

Sa mer bleue broie du noir
Sa mère amère en amarre de tout 

À droite, c'est nu à jeux
le bras zéro froid n'est pas taupe
sombre héros en haut
pied noir en bas
va-t-on enfin réussir à le prendre


Dali ! Da !
Ça ira dit 
oui ça irradit ?

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mardi 14 avril 2026

Savoir aimer


Une compilation aléatoire sur YouTube amène la chanson à succès de Florent Pagny, dont par ailleurs je connais peu le répertoire :
 « Savoir aimer » (1997). Elle m'inspire quelques mots.

« Savoir aimer
Sans rien attendre en retour
Ni égard, ni grand amour
Pas même l'espoir d'être aimé ».


Sans retour
Réussir à y  parvenir un jour
Espérance nécessaire.

Quelques exceptions 
Parfois vérifiées a posteriori
L'attente d'un certain retour… mais rien
En éprouver regret, mais sans aigreur.

« Apprendre à vivre et s'en aller »
toute une vie pour essayer 
Un voyage d'amour sans retour.

  

jeudi 9 avril 2026

La patrouille.

  

Par je ne sais trop quel enchaînement, en faisant une recherche sur Internet, je tombe sur « La patrouille des Castors » et mieux encore la BD « Le Disparu de Ker-Aven » qui a marqué mon enfance.

De fait, j'ai oublié l'histoire, mais  à l'époque, la couverture du livre, je l'ai regardée bien souvent entretenant le mystère que j'aimais y voir. 

J'inventais une autre histoire.  
Pourquoi ce rocher en forme de tête? Pourquoi l'ombre de ce bras en bas à gauche, et surtout cette main tendue, comme une menace, ou un appel à l'aide..
Le jeune scout, évidemment, c'était moi, en danger. Mais j'allais m'en sortir, ce n'était pas possible autrement. J'avais la force de mon foulard scout.

 

 Alors je suis parti à la recherche de l'autre opus, le premier, « Le mystère de Grosbois ». Il n'y a que ces deux albums que l'on m'a offerts. À Noël sans doute, mais je ne sais plus qui. 

Ce furent les seules B.D. de cette série que j'ai pu lire.
Ils avaient de la chance les jeunes de cette « patrouille ». (Pas trouille ?) Ils étaient ensemble, solidaires, inséparables, et surtout jamais seuls !

C'était AVANT
avant que ma vie ne bascule dans la paralysie.

 **

Me voila alors passé dans l'APRÈS.
Il m'a permis d'accéder à un « être ensemble », en collectivité, pour quelque chose qui nous concerne tous  : apprendre à vivre « autrement », où j'ai passé trois années de  mon existence.
Avec quelques-uns,  je fonde un club. Avec ses codes et ses valeurs. Je vis sans en avoir conscience une dimension de leader qui rejaillira plus tard.

Remonter du fond  de  l'abîme : une aventure qui forge.

Et nous voilà ce jour. 

jeudi 2 avril 2026

Pâques

 
Une énorme fête annuelle pour célébrer la grande Prêtresse de la consommation. 
On va bouffer, des œufs, des lapins, des poules et déployer pour les enfants une énorme gabegie en permettant une indigestion de chocolat. Ensuite les  gosses trop voraces iront vomir dans les toilettes.
De leur côté « les grands » vont se bâfrer avec de l'agneau en gigot, ou une épaule confite, ou de la pintade suivant les régions. Mais l'agneau s'est quand même tradi !

Dans le temps c'était une fête chrétienne, on commémorait la résurrection de Jésus, en le faisant Christ et ainsi on était délivré du mal (les méchantes langues féministes disaient délivré du mâle !)

Pour ma part, pas besoin de chocolat ou de gueuleton pour célébrer la victoire de la vie sur la mort.

C'est juste l'histoire de bien des gens, et j'en connais un certain nombre, qui sont « revenus à la vie » après avoir sombré. Je crois en avoir aidé quelques-uns/unes.

J'ai un exemple très proche : moi ! Par deux fois j'ai sombré, mais vraiment sombré. Le fond de la détresse. Et puisqu'il est question de la Bible, le début psaume 130, je le fais mien quelque peu. « Du fond de ma détresse, je crie vers toi,.... ! »
À la place des «… », il est écrit « Seigneur ». 
Moi j'ai surtout crié et crié encore. Juste crié. Ce qui ne veut pas forcément dire appeler quelqu'un.

Je fais miens les propos d'Aragon :

« Il n’aurait fallu
Qu’un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne... »


Qui donc était cette main ?

Je  la vois à la fois humaine et divine.
C'est un peu ainsi que je l'ai vécu.

Un immense merci à celui qui sait faire revenir à la vie ce que l'on croyait mort.

https://jardinerlaville.fr/wp-content/uploads/2025/06/384-min.jpg 
 

mercredi 25 mars 2026

Une lettre….

 


Après bien des hésitations et avec l'accord de mon épouse (j'avais besoin de vérifier la justesse de mes propos), je publie cette lettre dont l'écriture a commencé il y a déjà quelques temps.

 


Mon cher papa,

Depuis plusieurs semaines une de tes photos est sur mon bureau, à portée de mes yeux. Je l'ai sortie de mes archives, en noir et blanc, développée par mes soins, du temps où j'étais fondu de photos argentiques et de labo de développement. 
Tu souris, tu me regardes avec de l'affection dans les yeux. 

Je me souviens parfaitement de ce jour-là. Les vacances de l'été 1968, dans un petit village de la Drôme, sur la terrasse d'une vieille bâtisse transformée en petit hôtel qu'on qualifierait de familial. Je ne sais comment tu as dégotté l'endroit, mais c'est tout ce que tu aimes : être loin de tout et surtout de la vie professionnelle trépidante qui est la tienne. Tu respires la paix, la tranquillité, dans un environnement sans touristes.
— « Ici c'est une belle nature » aimes-tu à dire dès que nous sommes loin de tout et surtout des trépidations de la grande ville.
Moi  j'apprécie la solitude. L'écriture. La chasse photographique. La lecture. Ne rien faire en écoutant le bourdonnement des abeilles.

En vacances, tu es un « autre papa », celui qui me manque un peu trop le reste de l'année.  J'ai une autre photo de toi dans ton bureau,  au travail, en costume-cravate, sérieux comme l'homme d'affaires que tu es, examinant un dossier avant de recevoir le client qui a besoin de conseils. C'est du sérieux, je tire la photo et m'éclipse rapidement. Là tu es mon père plus que mon papa. 
 D'un côté, un père que j'admire ; de l'autre,  un papa que j'aime et de qui je me sens aimé comme sur la première photo que j'évoque.
J'aurais apprécié à l'époque  d'être conscient  de tout ce que tu vivais et nous donnais silencieusement, mais efficacement. Il aurait fallu pour cela que toi ou quelqu'un d'autre exprime avec des mots ce qui se vivait. Le silence n'est pas toujours d'or…

— De toi, mon père, j'ai reçu des valeurs fortes et surtout je t'ai vu les mettre en pratique plus d'une fois comme : la droiture, l'honnêteté, la rigueur, la recherche de vérité, le sens du service, l'aversion pour la compromission et les magouilles, le courage, la ténacité, et aussi une sorte de grand respect de la personne quelle que soit son origine ou sa condition. Ce qui ne t'empêchait pas de porter une appréciation et un jugement sur les actes accomplis, surtout s'ils enfreignent les lois et règlements. Beaucoup de pudeur aussi dans le sens du respect. Jamais dans ta bouche je n'ai entendu de propos racistes, discriminatoires, ou définitifs. Ce n'est pas dans ta nature profonde

Sur tout cela et d'autres choses encore, sache que le jour de ton enterrement, Pierre, le chirurgien, professeur de faculté, qui était un de tes amis, m'a dit : — « Ton papa, c'était vraiment un grand Monsieur ! ». J'en fus énormément touché, parce que c'était juste et vrai.
 
— J'ai reçu de toi, mon papa, une attention silencieuse, que j'ai mis du temps à ressentir. J'aurais aimé des mots affectueux… au moins de temps en temps… Mais, enfant, je ne réalisais pas les conséquences de te retrouver très jeune orphelin de mère, morte à la guerre. Recueilli par une tante bienveillante, te voilà cependant envoyé en pension chez les frères maristes. Je sais que tu en as des bons souvenirs, mais ça ne remplace pas l'amour d'une mère qui n'est plus.
Tu as rempli  auprès de tes deux fils ton rôle d'autorité ferme mais douce. De toute façon tu n'avais pas besoin ni de lever la main, ni vraiment de hausser le ton pour  que je sache à quoi s'en tenir, surtout quand j'avais fait une connerie ou ramené de l'école un bulletin lamentable. Mais là, si ta femme avait rempli son rôle d'ancienne institutrice pour m'apprendre le minimum… mais bon… c'est un autre sujet.
Néanmoins, durant les vacances, les week-ends, tu aimais les jeux, la rigolade, comme si tu t'autorisais à être l'enfant que tu ne n'avais pas pu être. Et puis on allait à la pêche, fréquemment. La veille  on préparait l'attirail dans le grenier. Arrivé au bord  de l'étang C'était le grand calme, l'apprentissage de la patience à surveiller le bouchon qui flottait. avec les reflets de lumière et les ondulations de l'eau, c'était hypnotique.  Parfois j'avais  une touche »: — tu en as une ! t'exclamais- tu. faut ferrer ! Et, bingo, au bout de la ligne, un petit poisson qu'on ramenait avec l'épuisette jusque dans la bourriche. J'étais près de toi,  papa, en silence ou avec peu de mots, comme toujours, mais c'étaient tellement de délicieux instants.

 Lors de mon accident de santé, tu as été un papa admirable, accomplissant tout, absolument tout ce qui était en ton pouvoir auprès du corps médical et au-delà. Tu as même contacté des sommités aux États-Unis où il y avait beaucoup de polios. J'ai retrouvé les échanges de correspondance. Mais hélas aussi, des espoirs déçus, outre-Atlantique on n'avait pas de solution miracle..

Tu sais, je regrette de n'en avoir rien su avant que tu ne quittes cette terre… mais tu ne te mettais jamais en avant. Tu accomplissais selon ta conscience.  Cela n'était que normal et n'avait besoin d'aucune publicité.

Voilà. J'aurais encore d'autres choses à dire. Ou plutôt, des questions à te poser sur ton intériorité, ce qu'on appelle parfois « le jardin secret » où il n'y a rien de répréhensible à cacher, mais un trésor à protéger. Tu étais un homme qui avait une foi profonde dans ce que ta femme appelait « la Providence ». Je sais que tu étais en accord avec elle là-dessus, mais ta pudeur silencieuse ne te permettait pas de mettre des mots sur « tout cela ». 
C'était une autre époque. Tu n'aurais sans doute pas apprécié les réseaux sociaux, et les déballages actuels tous azimuts. 

Voilà. Les lecteurs de mon blog  vont lire tout ça. (je t'expliquerai de quoi il s'agit plus tard…)  J'espère qu'ils ne se contenteront pas de penser : —  « Oui, il est mort, et on sait bien que les morts sont tous des braves types ! »
Non, tu n'étais pas un brave type, tu étais un homme admirable et admiré à juste titre. J'en ai vu tant de témoignages dans des écrits de tes archives.
Mon épouse, que tu appelais d'un petit mot affectueux, t'aimait beaucoup, mais ça tu l'as su ! Encore aujourd'hui elle parle de toi avec beaucoup de gratitude 

Enfin, comment oublier tes dernières paroles. Les temps fatidiques sont venus.  Cette année-là tu passes  les fêtes  de fin d'année chez nous. et transformer mon bureau professionnel en chambre avec lit médicalisé. Tu nous y réunis, mon frère, moi et  nos épouses. C'est un véritable  testament moral que tu exprimes, comme si tu savais…  que, de fait, début janvier, il serait impératif de devoir à nouveau t'hospitaliser. Ton état se dégrade rapidement.. Je viens seul, sur la pose du midi. Tu as encore « toute ta tête » une infirmière est près de toi.  je comprends que tu n'échapperas pas à l'amputation d'une jambe, car la gangrène  gagne rapidement. Nous échangeons assez brièvement, car ce n'était pas l'heure des visites comme le fait comprendre gentiment l'infirmière qui a des soins à te faire. Je dis que je reviendrai le soir. 
En sortant de la chambre tu lances  : — « Au revoir, mon fils ! ».
De fait, c'est un adieu.
 Le soir tu es dans le coma. 
Tu es mort la nuit suivante.

Les années ont passé.
 Peu à peu je t'ai  retrouvé au fond de moi. 
Désormais je ne te quitte plus.

Ton fils.
 

https://i.pinimg.com/originals/ae/ae/15/aeae15bbb4f9d5448c114af1da95e713.png
Arbre de Vie

  

vendredi 20 mars 2026

Maurice et Mélodie



Voilà !
Comme chaque année
elles sont revenues à Sarralbe, (Moselle),

les cigognes : 

Maurice et Mélodie, 

vedettes internationales.

 



 

Chaque année je viens les observer, sur le toit de la Mairie, jusqu'à ce que les œufs éclosent et que les petits  soient prêts pour le grand voyage… 

 Cette année, il n'y a que deux œufs: le conseil municipal s'inquiète !

 Si ça vous intéresse, ça se passe ici.

vendredi 13 mars 2026

Métamorphose ?

 

Une seconde nous sépare des poissons rouges.
Je lis ça sur le blog de Nicole Giroud

«… l’attention d’un poisson rouge dans son bocal est de huit secondes, alors que celle de tous les jeunes humains habitués à scroller ou à swiper sur leur écran serait de neuf secondes. »
L'auteure conteste quand même quelque peu cette affirmation…
En effet, tous les jeunes ne scrollent pas à s'en user les pouces. Certains préparent une nouvelle civilisation. Elle devrait, paraît-il, être de type « métamorphose », si j'en crois ce que j'en lis çà et là, de type prospectif.
Le mot suppose de profonds changements de nature, de structure, d'organisation, en sorte que demain devrait devenir méconnaissable au regard d'aujourd'hui.
Dont acte.

Cela dit j'en ai vu des métamorphoses chez un certain nombre de personnes. Des changements profonds, avec parfois des retours arrière, mais le plus fréquemment, celles-ci s'inscrivent dans la durée et la consolidation.
On le constate lorsqu'on les a perdus de vue pendant tout un temps.

Le monde des humains ne peut progresser que si chacun essaye de concourir à sa propre métamorphose. Elle ne tombe pas du ciel, ne vient jamais d'ailleurs, mais elle se tient disponible à notre porte.
. Elle est la résultante d'un combat joyeux contre l'adversité.
Aurais-je réussi ce combat-là à la fin de ma vie ?


Lorsque quelqu'un ne nous a pas vu depuis longtemps, on entend parfois :  « Tu n'as pas changé ! » Mensonge poli qu'il faudrait considérer comme un compliment. Néanmoins ça voudrait dire : tu es resté figé dans l'état où tu étais… pff… mais quelle tristesse ! Me voilà statufié ! Remarquez, il y a un peu de vrai, puisque ce genre de propos me laisse « de marbre » !

 C'est bien dommage une personne qui n'est pas en changement, en évolution, en tentative de progression, en désir de s'améliorer et de devenir plus heureux et d'en prendre les moyens, même s'il y a des retours arrière,
« Ne pas changer ? »… C'est triste  à mourir.

En revanche, vouloir  se forcer à changer, ne peux pas être le but du  jeu. Le but c'est l'accomplissement de sa personne par le don de soi. Et c'est cela qui rend heureux profondément. C'est uniquement mu par ce désir, qu'on fait ensuite le constat d'avoir changé.
 Il y a une sorte de paradoxe : on reste la même personne, mais on devient autre.

On ne cherche pas, on  avance sur le chemin. S'il y a quelque chose à chercher c'est où se trouve notre  chemin, car on ne le découvre pas tout de suite. Et puis quels sont les autres qui empruntent le même parcours
Pour ma part, je dirais que je l'ai vraiment trouvé vers 35/40 ans. Avant, j'ai fait des essais. C'était intéressant, parfois passionnant, mais je sentais bien que ce n'était « pas vraiment ça ».
Le signe que c'était enfin « ça », vint lorsque j'ai eu ce sentiment profond d'être à ma place, de pouvoir donner toute ma mesure,  d'être heureux dans le travail et les responsabilités que j'assumais, avec d'autres, au sein d'un collectif de destin. Mais surtout, que cela produisait « de bons fruits » même si tous les fruits ne l'étaient pas, parce qu'on est sans cesse en apprentissage lorsque l'on veut innover.

Je ne suis plus dans ce qu'il est convenu d'appeler « la vie active »… comme si lorsqu'on quitte les activités professionnelles on entre dans une vie passive… on en dit des conneries !

Ces derniers temps, la métamorphose semble renvoyée à des temps ultérieurs.  L'époque est guerrière, par la volonté de quelques dirigeants planétaires avides de gloire morbide. Ils bâtissent celle-ci sur des cadavres entassés à coup de bombes puissantes. Eux, ils sont totalement à l'abri. Pavanant dans leurs immenses résidences ou enterrés dans leurs bunkers nauséabonds. Chaque despote oppresseur prend son fade plaisir comme il peut, à défaut de bonheur auquel il renonce. Être et vivre en paix est pour  le conquistador une aberration.
 
Mais les peuples et les victimes innocentes ne se sont jamais laissés asservir bien longtemps. Et la métamorphose que d'aucuns nous prédisent adviendra inéluctablement. C'est ma conviction.
Porter le regard plus loin, voilà une nécessité vitale 

Mais pour l'heure, c'est d'une tristesse à pleurer, ce spectacle mortifère que la planète nous donne à voir.
Dans cette tristesse, je suis.
 Pourvu qu'elle ne m'envahisse pas totalement. 
Pourvu qu'elle ne disparaisse pas totalement.
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« Il est une tristesse si profonde qu'elle ne peut même pas prendre la forme des larmes » 
Murakami.
 


samedi 7 mars 2026

Petit défoulement du week-end


Après mes divers proverbes illustrés, voici que je tombe (sans me faire mal) sur des propositions d'écriture ou d'illustration de « l'agenda ironique » qui semble sauter de blog en blog. La proposition pour mars se trouve ici

Il est question des Émoji ou émoticônes que nous utilisons tous. Malheureusement il en manque, selon l'auteure de la consigne : comme la framboise, le pangolin, l'entonnoir, le rein, et bien d'autres choses qui ne sont pas nommées.

Voulant contribuer à l'amélioration du système, voici quelques propositions, qui j'espère vous amuseront un brin en ce week-end de brouillard, du moins là où je suis.

 

La tête d'ail qui rigole : 

 

 


 

Jean,  l'entonnoir qui rit et qui pleure :

 

 


  


des reins tout tristes !


 

 la framboise :


 le pangolin :


 Et voilà !

Fin de mes élucubrations du week-end 

samedi 28 février 2026

L'escalier — écrit pour un atelier d'écriture

 

Un texte sur une proposition que j'ai faite pour l'atelier d'écriture Kalïdoplumes.

 



Regardez cette image…
 Laissez votre imaginaire vagabonder…
… en descendant l'escalier
.
Où cela va-t-il vous mener ?
Racontez…


Voici ce que j'ai pondu :

Ce n'est pas la première fois que je passe devant cette descente d'escalier, hésitant, n'osant pas m'aventurer. Et puis, aujourd'hui, je me sens pris de hardiesse. Il n'est plus temps de tergiverser. Alors, assez timidement, me tenant à la rampe, j'y vais.

Évidemment, je ne suis ni très malin, ni prévoyant, je ne me suis même pas muni d'une lampe de poche. J'aurais dû. Car il y a beaucoup plus de marches que je ne le pensais. Tant que la lumière du jour m'éclaire, ça va. Mais peu à peu le sombre gagne du terrain. Je décide de remonter et d'abandonner. Mais, mystérieusement, mon corps est d'un autre avis, mes jambes continuent à descendre les marches, presque contre mon gré. Ce n'est pas raisonnable me dit ma raison, continue se murmure-t-il au fond de moi.

Et puis tout à coup : plus aucune marche, juste une porte et sous celle-ci un rai de lumière. J'empoigne la clenche, je baisse un peu les paupières et j'ouvre.
Le sol est plat à présent. Une lumière douce, venue de je ne sais où, baigne un long corridor qui semble  n'en plus finir. De chaque côté il y a des rayonnages et des livres, des livres, des livres à perte de vue. De quoi lire pour toute une éternité.

J'avance lentement, étonné, mais sans peur ni crainte. Comme si j'étais conduit vers je ne sais quel destin. À mesure que je marche, les livres sont des éditions plus anciennes. Le corridor continue en forme de courbes si bien que je n'en vois pas le bout.. Et puis tout à coup j'aperçois au loin une silhouette comme assise derrière une grande table qui fait la largeur du corridor. Je marche plus lentement, par prudence. Mais qui donc peut bien vivre là ? Tout du moins s'il s'agit d'un être humain… car la silhouette est assez curieuse, on dirait qu'elle porte sur la tête un long chapeau conique de clown, aussitôt je pense : «  turlututu ! Chapeau pointu ! » en me mordant la lèvre.

Me voilà devant la table où il y a une chaise. C'est bien un être humain, un genre de mage pour histoires d'enfants (tiens, il doit sûrement y avoir des livres pour enfants dans tous ces rayonnages…). Une voix grave mais douce s'adresse à moi :
— Assieds-toi, mon enfant. !
Mon enfant… il me fait sourire… je viens d'avoir 30 ans, je suis prof de littérature ancienne à l'université, avec ma compagne nous avons deux enfants.
— Comment t'appelles-tu, mon petit, ? Est-ce que tu es sage avec papa et maman ? Est-ce que tu travailles bien à l'école ?
Mais qu'est-ce que c'est que ces questions idiotes ! Je vais me réveiller, je suis en plein rêve. Mais voilà que je lui réponds avec assurance, que je suis « tête de classe » et que j'aime l'école et ma jolie maîtresse.

Alors il me parle de mon avenir, que je deviendrai prof de littérature (mais ça je le sais, banane !), Mais il ajoute que je publierai des livres qui marqueront mon époque, ce pourquoi j'aurais le prix Nobel de littérature vers ma soixantaine.
Bon, il serait temps que je me réveille.

Le type se lève, derrière lui il y a une bibliothèque classique en bois précieux, que d'ailleurs j'aimerais posséder, il ouvre, prend un livre à la couverture ancienne de cuir précieux. Il se rassied, il tourne vers moi le livre, le tenant à deux mains, sur lequel il est écrit : « Ceci est le Livre de ta Vie ». 
J'observe alors qu'il y a un fermoir et un petit cadenas. L'homme a sur son index une petite chaîne en or avec une petite clé. Je m'avance pour la saisir. Il retire sa main d'un « chut ! » : — Pas aujourd'hui ! Tu reviendras en temps voulu ! Alors tu connaîtras tout de toi, de ta vie jusqu'à ton dernier souffle !… Mais le désires-tu ? Ouvriras-tu le petit cadenas ? Ça peut être merveilleux ou très dangereux ! Rentre chez toi maintenant, Reviens dans une semaine.

Il ouvre un tiroir sous le bureau, saisit une petite lampe torche et me la tend : « tu vas en avoir besoin ». Puis il se lève, s'éloigne, et disparaît par je ne sais quelle porte dérobée… à l'instant même la douce lumière disparaît. L'obscurité s'installe.
Je comprends alors ce qu'est la bonté : une petite lampe torche…

Tout se brouille dans ma tête en rebroussant chemin, en remontant l'escalier vers la lumière du jour. C'est infiniment curieux, j'ai vécu un rêve éveillé en marchant.
Je fais quelques pas, malhabile, hésitant, puis je me retourne.
Le livre est toujours là, mais c'est un monument de pierre en hommage à la littérature, sur lequel il est écrit « la littérature ouvre sur le Grand mystère ».
 Aucun escalier à descendre. 

Est-ce que j'aurai l'audace de revenir ? D'espérer l'escalier pour revoir l'homme ?
Et puis, de terribles mots s'imposent : 

— Vivement la semaine prochaine !


lundi 23 février 2026

Les conneries ça défoule

 Or donc, j'ai reçu récemment une invitation pour une visite privée de l'exposition « Kandinsky face aux images » au musée d'Art moderne « LaM » de ma région, avant qu'elle ne soit ouverte à la populace…
Oui, j'ai des relations mondaines !

Malheureusement, je ne m'y suis pas rendu, pour des raisons que je n'ai aucune obligation à vous exprimer. Donc, je vous laisse élucubrer toutes les supputations qui vous feront plaisir, sur la raison du pourquoi, que comment, que quoi, mais qu'est-ce donc ?
N'hésitez pas à supputer. C'est offert.

D'abord, Vassily, il est pas de ma famille, je n'ai pas pour habitude de fréquenter n'importe quel étranger du dehors, fut-il un maître de la peinturlure abstraite. Ensuite, il faut savoir qu'il est né à Moscou et chacun connaît parfaitement ce qu'il faut penser de cette bourgade, par les temps qui courent et ne sont pas là de s'arrêter.
 
Comme disait Fernand Raynaud : « j'aime pas les étrangers, parce qu'ils ne sont pas français ». Ce qui est parfaitement frappé au coin du bon sens. (Qui, lui, d'ailleurs en a marre qu'on le frappe ainsi, mais ce serait une autre histoire).

Néanmoins, il faut observer que le Vassily en question, a quand même commis des œuvres pas piquées des hannetons. Mais c'est certainement à la suite du fait qu'il fut naturalisé français. De ce fait il s'est mis à avoir du talent.
C'est bien connu : la nationalité fait l'artiste !

Bon, après ce tissu de conneries qui n'engage que moi, et parce que je m'enmerde en cette fin d'hiver qui traînaille, voici quelques œuvrettes de Kandinsky, réalisées avant sa mort en 1944. (Hé oui, banane, après sa mort il a laissé tomber ses pinceaux).

 Elles  valent désormais sur le marché pas loin de deux bras, deux jambes et quasiment la tête.
J'espère que vous après cirez. (… moi les pompes).


 

 

 

Improvisation 35 (1914) painting in high resolution by Wassily ... 

Circles in a Circle, 1923 (painting) by Artist Kandinsky, Wassily (1866 ... 

 

vendredi 13 février 2026

La nuit porte les mots



L'autre nuit il a fallu traverser des heures difficiles, à cause d'une douleur persistante.
Je tentais de laisser ma pensée se fixer ailleurs que sur le douloureux. Ce n'est pas très évident, mais ça peut fonctionner.

Je me remémorais les gens qui me sont précieux. Les personnes pour qui j'ai de la considération, de l'affection et de l'amour ; celles qui me font le cadeau de leur présence, de leur attention, de leur proximité et de leur compréhension ; enfin, des pensées de ce genre.

Et puis mon attention est revenue sur le mot lui-même « précieux ». J'avais les yeux fermés dans la nuit. J'entendais la respiration douce et régulière de mon épouse qui dormait à mes côtés. Comme une présence silencieuse, à la fois précieuse et bienfaisante. 

Précieux  c'est  parfois comme s'autoriser à prendre contre soi, avec soi, en soi, pas forcément pour signifier une possession [quoi que…] mais une présence.
C'est légitime, et même nécessaire. Sans présence on n'est pas grand-chose. Je ne crois pas au dépouillement de tout. Cela me semblerait un dessèchement, un squelette de soi-même.
Alors bien sûr, c'est centré sur soi, même si existe l'intention et la volonté de redonner ce que l'on a reçu.

Dans la nuit, on peut aussi écrire « pré-cieux », comme la projection d'une promesse qui nous attendrait quelque part… dans les cieux…
Cependant la Promesse nous est faite par la vie et toutes ses composantes d'aujourd'hui. Parmi elles : des religions,  nos enseignants, nos parents, les candidats aux élections  qui promettent le ciel, et bien d'autres aussi comme les arnaqueurs de tous poils (la publicité omniprésente par exemple… : « le bonheur est dans le dentifrice »).

 Me vint un extrait de la chanson de Brel, Orly : « ils vivront de promesses qui ne feront qu'attendre ». Il est question d'un couple, mais c'est bien plus large que cela. On ne cesse de nous dire qu'il faut attendre, que ça va venir. … Mais quand ?

Avouons-le, combien de fois nous voudrions quand même y croire quelque peu en déposant notre bulletin  dans l'urne. Combien de fois nous serons encore déçu(e)s. 

Comme si tout devait nous arriver d'un « ailleurs ». Mais le précieux est en nous, « ici-bas », dans cette extraordinaire  dynamique appelante du fond de notre être, un moteur intérieur, une pulsion centrale qui vient des tripes et qui nous entraîne dans l'existence. Notre accomplissement et peut-être notre bonheur ne sont ni dans les nuages, ni dans la conquête de l'espace ou de l'univers pour les plus entreprenants des Chino-américano-russes, ni dans l'extraction pétrolière, ni dans le transhumanisme, ni dans la folle croyance en une Supériorité quelconque. Et encore moins dans « de l'avoir plein nos armoires » comme le chantait Souchon 

Le précieux réside dans la confiance que nous faisons en notre propre potentiel, en celui des autres pour ensemble développer des réussites collectives, petites ou grandes. 
L'humanité vient tout juste de naître.

Je me suis endormi. La douleur avait décidé de me foutre la paix.

samedi 7 février 2026

Proverbe illustré (4)


J'ai grand besoin d'aérer mes neurones et mes poumons.

Je ne peux m'empêcher d'aller  titiller mon nouveau pote IA qui accepte de se soumettre à mes ordres pour agrémenter mes élucubrations.

Voici donc un nouveau proverbe illustré.
Crapaud qui s'en dédie et Christophe qui s'en réjouit (comprenne qui peut…)

 


 

 

vendredi 6 février 2026

Vendredi 13 et Saint-Valentin (atelier d'écriture)


Changement de registre, après le billet précédent.
Un petit tour du côté des ateliers d'écriture.
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Texte pour « l'agenda ironique » de février, avec une proposition d'écriture que l'on trouve ici.

résumé de la proposition :Comme en 2015, cette année-là Saint-Valentin tombe un samedi qui succède pile à un vendredi 13. Il s'agit là d'un accident calendaire. Il faut traiter le sujet de cette manière. En plus il convient d'évoquer Francis Cabrel et, qui plus est, ne pas oublier la photo jointe, d'une soirée littéraire chez Flammarion en 1926.
Donc, y'a plus qu'à !…

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Ce jour-là, de février, je roule tranquillement sur la route de ma vie, jetant de temps à autre un œil dans le rétroviseur, sans pour autant abîmer ma rétine, afin de vérifier que dans le passé je n'y suis plus, car, on ne sait jamais. Je l'avoue, je n'aurais pas dû et pas aussi longtemps.

Évidemment, arrive ce qui doit arriver : un terrible accident calendaire, juste là, devant moi, sous mes yeux. Ça ne se produit pas tous les jours, ni tous les ans. Le vendredi 13 février, cet imbécile, n'a pas pris la déviation pourtant parfaitement indiquée en amont. Et voilà, ce gros cul entre en collision frontale avec le samedi 14 jour de la Saint-Valentin ! Imaginez un instant l'hécatombe de tous ces amoureux qui viennent d'être victimes de cette horreur.

On lui avait pourtant dit à ce poids-lourd de vendredi 13, cet énorme bahut, de passer par la déviation. Seuls les vendredis 12 sont autorisées à circuler, à l'instar des 12 lunes de l'année, des 12 heures du jour,  des 12 tribus d'Israël, 12 dieux de l'Olympe, 12 travaux d'Hercule, 12 signes du zodiaque, et j'en passe… (sa sœur aussi).

Heureusement, on fait rapidement appel aux 12 mercenaires. Ils ont quitté le film aussitôt, pour venir donner un coup de main aux policiers à coups de revolvers. Mais déjà le SAMU arrive, pour secourir les cœurs blessés des amoureux amochés. 

Personnellement, j'aurais pu moi-même aider. Puisque je suis écrivain, je suis capable de me transformer en urgentiste en à peine quelques  lignes rapidement écrites. Mais j'ai rendez-vous.

Je suis attendu à la librairie « Flamme à Rion » pour préparer la remise des prix littéraires aux lauréats du certificat d'études.


  

Soirée littéraire à la librairie Flammarion, 4 rue Rotrou, Paris,  1926.

 
Sont en lice :
— Riri, Fifi, et Loulou vont à la pêche aux moules frites
— Le Secret de La Bignole
— Le Trésor de Raclette la Courge

Les débats sont houleux comme la photo ne le montre pas.
Certains n'aiment pas la raclette, d'autres n'ont pas la frite, Aristide Buanderie n'a jamais touché une moule, Simone d'Abreuvoir s'abstient parce que Riri est son amant. Léon Foucault dit qu'il choisira selon ce que son fameux pendule lui indiquera. Cette méthode est refusée par Justin Panthéon qui espère y entrer.
Pour mettre fin à cette philippique les trois dames au chapeau-cloche le font tinter : digue, dingue, donc. Il faut voter maintenant.

Le calme revient, l'homme qui prend des notes se dirige vers le gramophone pour hisser le pavillon et poser sur le plateau tournant le dernier 78 tours de Cabrel :


 le moteur que j’allume
M’aide à prendre lentement
À prendre ma place dans le trafic
(...)
 Et quoi que je fasse
Il faut que passent les voitures noires
Je suis un mutant, un nouvel homme
Je ne possède même pas mes désirs
Je me parfume aux oxydes de carbone
(...)
déjà mes enfants savent
Qu’il faudra qu’ils s’habituent
À prendre ma place dans le trafic
Ma place dans le trafic 
*
— Francis Cabrel — 1981



mercredi 4 février 2026

Vivre « après »

 


 Il était là, devant nous, de l'autre côté de la table. Il était venu pour nous demander un avis avant de signer quelques papiers officiels.
Il était là, un peu absent, un peu présent, balbutiant des mercis qui n'étaient pas nécessaires et encore moins utiles.
Il était là, avec de la tristesse au fond des yeux.
Il était là, et les larmes se sont mises à couler, et puis les sanglots qui s'en venaient de si loin.
Il était là, mon beau-frère, qui venait de perdre sa femme il y a quelques semaines. Elle est, partie en quelques jours d'un cancer foudroyant. Je les aime bien tous les deux, ensemble et chacun. Depuis quelques années ils vivaient une retraite heureuse. Elle toujours joyeuse, lui toujours prêt à rendre service.

Un abattement d'impuissance m'a envahi, auquel s'ajouta un profond sentiment d'injustice lorsqu'il prononça entre deux sanglots : « elle est partie bien trop tôt, bien trop vite… ».
Il avait tellement raison.

Ni mon épouse, ni moi, n'avons prononcé de ces mots inutiles qu'on entend parfois dans de tels moments. Être là, seulement là, recevoir sa détresse.
Et puis l'apaisement est venu, en lui, en nous aussi. Son cœur s'apaisait. Bien sûr il y en aura d'autres épisodes.

« Il faut faire son deuil », entend-on souvent. On en a fait une affaire psychologique de cette expression qui signifiait marquer et pratiquer l'ensemble des signes extérieurs de la période dite du deuil (vêtements notamment).
 Je crois surtout qu'il faut peu à peu passer à la suite de sa vie, dans un prolongement autre, sans le/la défunt/e, mais avec sa présence, manifestée autrement.
Une nouvelle aventure de vie en quelque sorte.
C'est ce que j'ai vu certains de mes ami(e)s et familles. C'est ce que j'ai vécu moi-même,parfois de manière étonnante, surprenante, du style « on n'aurait jamais pensé que… ».
La vie plus forte que la mort. En voilà une illustration.


 

dimanche 1 février 2026

Proverbe illustré (3)

 

                                                                     bidouillage AlainX

 

… c'est pareil à chaque époque… 

samedi 31 janvier 2026

Proverbe illustré (2)

 

                                                                        bidouillage AlainX

 

… le plus longtemps possible

vendredi 30 janvier 2026

Proverbe illustré (1)

 

                                                                         bidouillage AlainX

 

Petit amusement d'avant week-end 

mercredi 28 janvier 2026

Cet enfant que je ne connais pas




Tu l'ignores, mais j'ai quasi tout oublié de toi, petit garçon.

L'original de cette photo est tout petit. Grâce à l'IA, j'ai pu l'agrandir et l'améliorer grandement. Je ne sais pas où elle a été prise, ni par qui, ni comment elle est atterrie un jour dans mes archives photographiques. Au dos,  juste ton/mon prénom, pas de date. Probablement une photo de vacances. En tout cas assez loin de chez nous. Il y a un chat. On n'a pas eu de chat à la maison.

Je sais, petit garçon, que tu as marché « normalement », que tu aimais courir à perdre haleine, que tu faisais du cross-country et que tu étais fier d'être arrivé dans les premiers de ta catégorie, lors d'une épreuve organisée par l'école. Que tu faisais de grandes balades à pied, en ville, et à la montagne durant les vacances, tenant la main de ton/notre papa De cela je me souviens, c'était quelques semaines, quelques mois, avant la paralysie complète.

C'est de ta petite enfance dont je n'ai quasiment aucun souvenir. Et même le « quasiment » est en trop. Mais je n'ose écrire « absolument aucun ». Mes filles (oui je te le dis, je me suis marié j'ai eu des enfants) qui approchent la cinquantaine racontent des souvenirs de leur 4/6 ans. Moi jamais, faute de mémoire.

Je revois cependant par cette photo, l'enfant solitaire que tu as été. Qui découvre que l'on peut jouer avec un chat. Je crois que je t'aurais bien aimé si nous avions pu être deux. Enfin je veux dire que si j'avais été « un grand frère », sûrement que je t'aurais aimé. Mais pourquoi donc mon frère, ce « grand », lui, ne m'a jamais aimé vraiment. Je débarque 10 ans après et il perd son statut de fils unique. La tuile !

Je vais faire comme dans cette émission télé : en te voyant sur cette photo qu'est-ce que j'aurais envie de te dire aujourd'hui, moi qui connais la suite de l'histoire ?
— J'aime autant te prévenir, tu vas avoir une vie d'une richesse incroyable. Alors bien sûr tu vas traverser une épreuve difficile, très difficile, mais je peux te dire (croix de bois, croix de fer, si je meurs j'vais en enfer) que tu vas ressortir grand vainqueur, avec une force de vie et une détermination que tu ne pouvais imaginer avant. Tu le comprendras bien plus tard, mais frôler la mort, ça t'a sauvé la vie !

N'empêche, petit garçon, mes souvenirs de cette époque-là demeurent très peu nombreux et dans un flou non artistique. J'ai souvenance néanmoins que tu parlais à ton ours, ton seul confident, et qu'il te répondait, même si les adultes ne comprennent jamais rien à ce genre de dialogues indispensables.
Tu traînais l'image d'un mauvais élève, d'un incapable et bon à rien. D'autant qu'on te le répétait. Mais moi j'ai retrouvé des vieux bulletins, et leurs mentions remarquables. Tu fus au tableau d'honneur en raison de ton prix en rédaction, et petites choses de ce genre. Je suis pas sûr que tu ne t'en réjouissais pas vraiment, d'autant que tu te persuadais qu'il pourrait y avoir que des erreurs à ce niveau te concernant. Les adultes appellent ça « le syndrome de l'imposteur »

Bon, je vais te remettre dans la boîte à souvenirs.
Toutefois une dernière chose : à propos de tes cheveux, tu te souviens sûrement des propos de ton père chez le coiffeur  : 
— « Bien dégagé derrière les oreilles ! ».
Ça se voit sur la photo ! 
Tu ne disais rien… mais n'en pensais pas moins… 

samedi 17 janvier 2026

L'interview de Dieu

 Petit exercice littéraire sur une proposition de Jobougon pour l'agenda ironique de janvier 2026, que l'on trouve ici
Voici des bouts de phrases imposées et il faut: en placer quatre dans le texte :
1 – Aujourd’hui à midi pile
2 – Ça ressemble presque à une blague
3 – Succession de bruits
4 – Comme un avis à la population
5 – Cherche toujours
6 – Sujet brûlant
7 – Profonde pensée philosophique
8 – Ça a l’air vieux mais
9 – Pas de place pour

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En tant qu'envoyé spécial permanent pour tout ce qui est religieux ou ésotérique, la rédaction de Paris-Flash (le poids des vieux, le choc des gros mots) me demande de lui ramener une interview de Dieu, sujet brûlant s'il en est dans le contexte international actuel.
J'ai donc appelé le secrétariat du Grand-Saint-Pierre : Paradis 666 00. L'attente est interminable… on voit bien que le mec a l'éternité devant lui… ça a fini par décrocher :

— Allô ?  Ici le secrétariat à l'ambiance infernale, Cruella à l'appareil, c'est pourquoi ?
— Je souhaiterais obtenir un interview avec Dieu en personne, enfin, si toutefois Dieu est une personne, à défaut un membre de la Trinité pourrait faire l'affaire. Généralement ces gens ont une profonde pensée philosophique. Après je bidouillerai le truc de mon côté pour le rendre compréhensible par des terriens..

— Excusez-moi, mais je connais mal la procédure à respecter, vous savez je ne suis que stagiaire, je viens de l'enfer, je suis là pour une réduction de peine.
— Je croyais que l'enfer c'était pour l'éternité ! Que je me suis étonné

— Oui, mais ça c'était l'ancien Dieu ! Depuis il a été viré et renvoyé sur terre, comme vous vous en doutez c'est pire qu'un enfer cette planète…
— Alors, c'est qui son successeur ? Me suis-je enquis

— New-Jupiter ! Un dieu entièrement relooké. Une beauté à tomber. Quittez pas je consulte l'agenda… alors voilà, j'ai un créneau pour le 1er janvier terrien 2027. Z'avez de la chance le votre de Jupiter a décommandé sa visite hier soir, trop de problème avec son peuple.
— Mais je ne peux pas attendre jusque-là ! Je dois déposer mon article pour la fin de la semaine !

— Quittez pas, je vais voir, New-Jupiter m'a à la bonne, il adore les nanas dans mon genre, bien roulées et prêtes à tout.


Ça ressemble presque à une blague ce que je vous raconte, mais je vous assure, c'est la pure vérité divine du moment. Cruella m'a branché sur une musique d'attente : « les mésanges dans nos campagnes ont entonné un chant nouveau, celui des corbeaux. Glo...oooo...ooo...oooo.. ria ... à gorge déployée ».

 
Tout à coup, une succession de bruit dans l'appareil téléphonique, un vrai tintamarre, pire que la musique métal, sur fond de corne de brume et de bruits de chaînes du Père Noël.
Écrire ça dans mon article ça fera un bon début. et puis tout à coup une voix fluette : 

— Allô allô ? Ici New-Jupi en personne, que c'est moi la divinité qui te cause. Tout va comme  vous tu veux sur la terre ? Ici c'est pas du top de Dieu, mais au moins du top  de Moi. 
 Quoi c'est-y  qui y a pour ton service gamin ? Une interview ? Mais c'est impossible mon gars, je boude la terre et les français en particulier, car le hic c'est qu'ils sont laïques, pour ça ils méritent des cliques et des claques. D'ailleurs je lis dans tes pensées de petit journaleux (oui, Jupi-le-New est omnipotent, omniscient et omnivore) qui recherche du sensationnel pour sa revue au papier trop glacé qui me fait froid dans le dos.
Je vais raccrocher et sache, petite tête de stylo plume, que je déteste l'humanité sur cette planète minable, que j'ai bien l'intention de faire exploser un de ces quatre. Mais bon, j'attends encore, car avec toutes vos bombinettes atomiques vous allez bien arriver à faire le boulot à ma place. Grouillez-vous, car ma patience a des limites, elle n'est pas éternelle.

Là dessus, New-Jupiter a raccroché.
Va falloir que j'appelle le rédacteur en chef et lui dire que s'il ne veut pas s'attirer toutes les foudres des religions, des plus gentilles aux plus virulentes, il faut qu'il renonce à un article dans Paris-Flash, car désormais, Dieu, c'est pas ce qu'on croyait. Mieux vaut maintenir les croyants de tous poils dans l'ignorance de ce qui les attend.