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jeudi 20 août 2026

Dits vagues matinaux

 Aujourd'hui pourrait être une bonne journée, du moins c'est ce que j'espère.
Aujourd'hui pourrait être un nouveau commencement.
Je l'ai ressenti ainsi ce matin au réveil.
Mais qu'est-ce qu'un nouveau commencement ?
Je me sens quelque peu « autre ».

C'est diffus, mais pas imperceptible, de l'ordre d'une aube neuve.
 Ma nuit fut quasi-complète. Ce n'est pas étranger à mon état de l'instant .
Je me sens aéré, de la circulation en mon être.
Comme une brise douce après la chape de plomb des canicules.
Décidément nous sommes de la nature et  la subissons ou profitons de ses largesses, C'est selon.

Hier en fond musical j'écoutais un best de « Pink Martini », très agréable, varié, positif. La totalité de cette compilation dure plus de 11 heures ! De quoi se faire un nettoyage musical des oreilles.

« Autre » cela doit être aussi une écriture de nouveauté.
Qui dit nouveauté dit créativité.
C'est vital. Il faut que j'écrive un nouveau livre. Une amie envisage la même chose. On va se soutenir. 
Un « travail créatif » me manque. L'été fut trop écrasant. Moralement et physiquement. Mes douleurs furent difficiles à maîtriser. Ça use. Ça use terriblement. 

Voilà, il me fallait un peu d'élucubrations matinales.
C'est fait. 

 


 

jeudi 13 août 2026

Petites choses d'été

 

 


 Je retrouve par hasard une image évoquant les profondeurs marines. En la retournant, c'est comme un jaillissement de lumière qui viendrait de loin en moi, par l'intérieur.
Quelque chose que j'aurais tendance à quitter ces temps-ci. À ne plus me connecter.
Il est vrai que tout récemment l'ambiance était à la surface, du moins en apparence.


La réception de la famille (une dizaine de personnes) durant une semaine, avec les joies ordinaires, les rires et quelques échanges plus sérieux, mais fondamentalement une ambiance simple d'être ensemble rassemblés de divers points de l'horizon, convergent vers les vieux parents qui sont de plus en plus conscients d'appartenir à une génération en voie de disparition.
C'est sans regrets, tout en ayant l'espérance que les nouveautés sous-jacentes peuvent entraîner ailleurs que vers un avenir que d'aucuns disent sombre.

C'est quand même un choc générationnel. Répondant à quelques questions sur comment c'était dans mon enfance, je réalise certains étonnements des plus jeunes qui étaient présents. Une impression de leur parler du XIXe siècle ! Ça m'a foutu un coup derrière la nuque !
C'est tout juste s'ils ne se demandaient pas comment il était possible d'avoir pu vivre sans Smartphone ! — Quoi ? Vous n'aviez même pas le téléphone ?
Bon OK, ils savaient quand même : mais, leur grand-père avait connu ça !…
Et quand je leur ai monté ma machine à écrire portative mécanique des années 1960… — bah mince ! C'était même pas électrique ! Fallait frapper fort sur les touches !
Tout en admirant toutefois l'ingéniosité du système des barres qui frappaient le ruban.
Bah oui, on était pas si cons que ça en ce temps-là !

Ça m'a fait prendre conscience des énormes bonds technologiques et de tous ordres que ma génération a vu défiler et pour certains, naître, durer peu de temps puis disparaître comme le 78 tours, la cassette audio et le mange-disque.
Un de mes petits-fils déclara en substance : — Avec le tout numérique on touche de moins en moins d'objets…

Fin de la séquence « une certaine nostalgie ».

Et fin du billet parce qu'il commence à faire trop chaud.

samedi 11 juillet 2026

Existe en ciel de lit


Est-il raisonnable de publier un billet pour exprimer que l'on a rien à dire ?
J'ignore si ça l'est. Quoi qu'il en soit je le fais.
Comme Devos, je vous préviens, je vais écrire pour ne rien dire.
En effet, pourquoi faudrait-il renoncer à écrire et garder pour soi-même ce qui n'intéresse personne, alors que tant de gens n'expriment rien d'intéressant et qu'on le tolère, notamment dans le monde politique.
Alors !

Laissons son droit d'expression à une femme, condamné deux fois, pour avoir détourné des millions de pots de confiture européenne, pour nourrir ses enfants engendrés dans son parti politique par elle-même. Une sorte de bienfaitrice nourricière en quelque sorte. 
Faites le choix de faire du bien dans votre famille : vous voyez ce que ça donne ! Quoi que, en remerciement la justice, dans sa grande mansuétude lui offre quand même un beau bracelet de cheville, sertie de puces électroniques, particulièrement seyant ! Et ça râle quand même !  Ça proclame que ça n'en veut pas. Ingratitude quand tu nous tiens 

Au bar : — Alphonse, un blanc-cass' … c'est pour une cassation 
Mais bon, je m'égare sur une voie de recours sans issue.

N'empêche, la coupe du football mondial est pleine !
Tiens, en parlant de foot, 
— Alphonse, pour suivre , je prendrai bien un ballon de rouge.!

Au fait, est-ce que je vous rajoute une couche de canicule ?
Non, vous êtes déjà servi ?
 
Ah, juste une info au passage : ne confondez pas canicule et canule parce que se ventiler par ce genre de tube n'est pas d'une efficacité vraiment démontrée.

Bon, je vous laisse, j'ai la cervelle en feu, faut que je prévienne les pompiers.

samedi 5 juillet 2025

La cigale et la fourmi — version 2025

 

Quelle n'est pas ma surprise de constater que mes petites parodies picturales inspirées des fables de La Fontaine provoquent pas mal de réactions et commentaires.
J'ai même vu un internaute publier chez lui un billet  concernant l'une d'elles.
Si ça amuse, tant mieux !

Alors donc, je continue, histoire de ne pas trop me focaliser sur mes douleurs qui, 
semble-t-il, ont décidé de s'installer durablement dans mon corps.

Je vous présente donc aujourd'hui : « La cigale et la fourmi. »


 



D'après les dernières informations qui me sont parvenues de source sûre, je confirme que Mesdames Fourmi et Cigale donneront un récital privé dans le cadre du « off » au festival d'Avignon qui vient de démarrer.
Pour plus de précisions, consultez le programme, disponible à l'office du tourisme.

jeudi 11 juillet 2024

Idiotie matinale


Idiotie matinale

C'est un matin comme les autres
et pourtant différent
la nuit finissante trop emplie de tourments
et les pensées sauvages assassinent
la douceur d'une nuit sous linceul.

Au matin éparpillement par lambeaux
au matin l'amour
au matin la vie ragaillardie
la chaussure à mon pied
l'eau fraîche à ma bouche.

Que faire d'une journée
qui veut vivre sans penser
écrire des mots
et voici qu'ils arrivent
désordonnés.

Allons Messieurs au pas
de charges trop lourdes
prêtez-moi votre attention
je vous la rendrai plus tard
confiance précède espoir.

Puisqu'il faut en finir
restons en place
à moins que nous n'allions
au champ à la ville au gué au guet épier
oh gai ! vive la rose ! et le lit là !


samedi 6 juillet 2024

Roméo et juillet : une aventure estivale.


Je ne sais pas si vous avez fait attention à ce truc : mais on est déjà début juillet !
Non, parce que moi, j'ai rien vu venir encore concernant quelque chose qui ressemblerait aux vacances. Roméo reste chez lui

— C'est normal, me dit l'autre moi, ça fait combien d'années que tu n'es pas parti en vacances ?
— Je  ne sais plus exactement combien, le plus loin ce furent des vacances dans mon petit appartement en bord de Manche hérité des parents, mais j'appelle pas ça vraiment des vacances. De toute façon il n'est même pas prévu d'y aller question pour l'instant d'impossibilité d''y transporter ma carcasse. Je passe ça à la génération suivante.

— Alors qu'est-ce que tu vas faire de cet été ?
— J'envisage probablement de déprimer !

— C'est pas ton genre !
— T'as raison. Je vais traîner ma science défaillante dans mon quartier déserté pour raisons vacancières. Comme l'an dernier il n'y aura pas âme qui-vive. Je vais parler aux arbres du voisinage, ils m'apprennent beaucoup sur le voisinage. Dis-moi ce que tu plantes, je te dirai qui tu es.

— Tu devrais en profiter pour te remettre à tes écrits de « nouvelles » inachevées qui traînent dans ton disque dur. Ou écrire des poèmes, des fois tu écris des trucs sympas dans ce genre, même si tu n'arrives pas à la cheville d'un Rimbaud
— celui qui a écrit « Ma bohème » ?

— Non, la bohème c'est Charles Aznavour.
— Tu es vraiment inculte. Ou alors tu as tout oublié de l'école. On a décortiqué ce poème en long en large et en travers à vous dégoûter de la poésie. Ça n'empêche que moi je demandais à voir quand il dit « mon unique culotte avait un large trou » . Oui mais où ?

— Ben justement, ça te ferait du bien à l'âme de poétiser.
— C'est pas une mauvaise idée. Mais l'inspiration sera-t-elle au rendez-vous ?

—  Tu n'as qu'à t'y mettre et on verra bien ! Ce ne sont pas les muses qui te manquent.
— Est-ce que les muses m'amusent ou m'usent ?

***********

Vais-je publier ce truc sans intérêt ? De toute façon il n'y a personne pour lire.
La blogosphère est désertée l'été. Et moi je ne prends même pas de vacances par procuration. Je reste toutefois l'élu des personnes qui m'aiment. C'est bêtement ce que je pense.
Rendez-vous sur le tas de sable de nos espoirs enfouis !

******************


Ci-contre le recueil acheté quand j'étais jeune et que j'ai toujours.


Ci-dessous le poème de Rimbaud pour vous le remémorer. Et dire qu'il était si merveilleux et que cette prof imbécile le sabordait de propos pompeux d'un intellectualisme de bazar.



 

Ma Bohème

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

Arthur Rimbaud, Cahier de Douai (1870)


samedi 5 août 2023

Une tornade estivale


Expérience faite, il n'est pas nécessaire d'aller sous les tropiques pour se retrouver au cœur d'une tornade.

C'est ce qui fut vécu ces derniers jours chez les ch'tis, où ce phénomène n'est pas l'usage. Alors certes, un élément venait directement des tropiques,  en la personne d'une de mes filles qui arrivait de là-bas où elle réside depuis plusieurs années, mais je ne pense pas qu'à lui seul il fut déclencheur de l'ensemble. Les autres éléments constitutifs étaient l'ensemble de ma descendance, c'est-à-dire 13 personnes.


La tornade a lieu tous les ans durant la période estivale. On y vit à la fois la joie d'y participer, et, les années passant, une certaine conscience des effets sur nos organismes vieillissants, ma dulcinée et moi. Disons qu'il y a dans ces cas-là « l'effet Chicouf » bien connu de la gent grand-parentale : « chic ils arrivent… ouf ils s'en vont ! ». 

Qui plus est cette année est à marquer d'une pierre de lune, on a fêté deux anniversaires de petit-fils, par anticipation pour l'un d'eux qui part dans quelques jours pour le Canada anglophone, car il paraît que là-bas une université top niveau du coin est accueillante et réputée. Des petits-fils qui mériteraient une autre dénomination, vu qu'ils dépassent à présent de plusieurs centimètres la taille de leur grand-mère… ils ont certainement bu beaucoup trop de soupe dans leur enfance.


La tornade est de plus en plus polyglotte : anglais, allemand, suédois, espagnol, chinois, … et je ne suis pas sûr d'avoir fait le tour. Moi qui commence à peine à maîtriser à peu près le français courant…


J'ai assisté à de puissants coups de vent de neurones entre un cousin ingénieur informatique de 22 ans, et un autre cousin, élève de 14 ans, qui a déjà une tablette greffée à la main droite, et je ne sais trop quelle nouveau type d'écran à la main gauche. J'ai tenté d'écouter en silence, d'autant plus attentivement que je ne comprenais pas la moitié de ce qu'ils se disaient, enfin soyons honnête, je ne comprenais pas 80 %. Mais sincèrement je me réjouissais de l'ampleur de leurs connaissances et surtout de leur regard positivement réaliste sur l'avenir. Absolument pas désespérés quant au sort qui les attend. Je me suis dit que peut-être je leur avais transmis quelques parcelles de l'espérance fondamentale qui habite le fond des cœurs. Et puis l'un de mes gendres (agrégé de mathématiques) s'est mêlé à leur échange et j'ai alors eu le sentiment qu'on montait en gamme : de la tornade neuronale on n'allait pas tarder à passer à l'ouragan ! J'ai donc quitté cet endroit du salon pour aller faire une partie d'Abalone avec ma petite-fille. Et comme elle est finaude… elle m'a battu !


Je ne m'étendrai pas sur les tornades de rire qui ont jalonné chaque jour, les pluies de bonnes choses au long des repas, les déferlements de crèmes glacées qui ont fondu dans les estomacs, et des gâteaux faits maison qui ont gonflé dans les fours, envahissant subtilement les narines, prémices à des dégustations mémorables.


Aujourd'hui retour au calme, chacun est reparti poursuivre des vacances ailleurs et les grands-parents épuisés d'un trop-plein de bonheur ont quand même versé quelques larmes en voyant les véhicules automobiles s'éloigner…

Heureusement : Chic ! Ils vont bientôt revenir… !


lundi 30 janvier 2023

Les chaises des humains

 


151ème Devoir de Lakevio du Goût



Cette toile d’Adela Burdujanu montre l’allée d’un parc un jour de printemps.
Ce doit être l’approche du printemps qui me dit que cette toile ferait un chouette « Devoir de Lakevio du Goût ».
C’est du moins ce qui m’a poussé à vous le proposer.
Nous avons tous, j’en suis sûr, quelque chose à dire sur la fin de l’hiver ou les premiers soleils « efficaces ».
Nous avons tous un jardin ou un parc préféré, celui qui nous a vus, assis si ce n’est « avachis » sur une chaise.
Nous avons alors, soit un livre sur les cuisses, soit, comme disait Lakevio « L’œil balayant ».
Le regard attaché à un texte ou à l’affût d’un spectacle intéressant ou attendrissant.
Je le sais, vous avez toutes et tous quelque chose à dire sur une allée de parc à l’orée du printemps.
Alors à lundi, lectrices chéries et trop rares lecteurs chéris…



Les chaises des humains


Sidonie est revenue dans ce jardin public. Elle le fréquente depuis déjà pas mal d'années.

Elle s'assoit en retrait de l'autre côté de l'allée, à l'ombre, sur un banc et sous les arbres. Un peu comme par effraction, elle préfère se dissimuler le plus possible. Quelle faute aurait-elle donc commise ?


Sidonie a plus d'un amant, c'est une chose bien connue. Elle en attrape avec les dents, comme disait son amie Brigitte B. Du moins c'est ce qu'elle espère encore, même si les ans ont traversé ses ciels de lit et si les baldaquins sont défraîchis.


C'est dans ce jardin que tout a commencé, et c'est le même où tout finira par se terminer. Le premier amant fut blond comme cet homme en chaussures Adidas, le pull sur les épaules. Bien que le sien fut en ce temps-là non dégarni comme ce futur vieillard devant elle.


Mais ce n'est pas tellement lui qui fait ressurgir les souvenirs. C'est la chaise vide à ses côtés et qui lui tourne le dos. Un mauvais signe. D'ailleurs, déjà à l'époque, ce premier était indifférent quasiment à tout, sauf à Sidonie, ses yeux bleu lessive, ses joues trop maquillées, sa poitrine haute gentiment arrogante, et sa main qu'elle sait imperceptiblement glisser sur la cuisse des hommes.


Sidonie n'a jamais vraiment aimé. C'est une consommatrice, elle s'attache pour un temps. Puis elle quitte, se croyant libre. Cette chaise vide devant elle la trouble. Peut-être qu'elle lui ressemble. N'est-elle pas vide elle aussi, tournée vers nulle part. Elle aimerait être comme les autres là-bas plus loin, la femme en rouge qui parle avec l'homme, sûrement de leur amour invente-t-elle. Et d'autres encore qui devisent agréablement sous le soleil printanier.


Pourquoi le premier amant, rencontré ici, n'a pas su être l'unique, le comblant, le héros de sa vie, pourquoi ne lui fit-il pas quatre ou cinq enfants. Et même plus comme dans les contes de fées. N'est-ce pas cela qui fait dire au conteur « ils furent heureux » ?


Mais voilà, son destin était autre. Le blond s'en alla, les autres succédèrent. Jamais plus d'un à la fois. De la joie souvent, du bonheur rarement. Il faut savoir ne pas être trop exigeant.

Sidonie vit seule désormais, elle vient encore dans le jardin, marchant difficilement avec sa canne. Elle a perdu des cheveux et le cancer emporta ses seins. Ah la santé ! Il n'empêche, à l'EHPAD tout proche où elle réside, des résidents la regardent encore et elle sait bien qu'elle ne dira pas non.


Aussi jusqu'а ce qu'on la cloue 

Au sapin de l'enterrement 

Qu'on le lui reproche ou l'en loue 

Sidonie aura plus d'un amant


… c'est d'ailleurs ce que Brigitte disait déjà (ICI) de Sidonie il y a un certain temps…


lundi 29 août 2022

Dernière séquence


 


Une dernière pour la route.



Voilà, le rideau va tomber sur la dernière chroniquette estivale 2022.


Étrange été que cet été.



Ce sentiment qu'on a prie le temps pour nous manipuler afin de préparer nos esprits à suer encore plus après la canicule.

J'ai piqué sur le net cet assemblage d'écrans météorologiques qui en dit long sur l'art de la manipulation.

Je vous laisse juge !.





J'ajoute simplement un petit complément





Pour voir tout cela sous un autre angle, 

passons à un épisode de sagesse bouddhique.





Nous terminerons par une bonne nouvelle qui réjouira les têtes blondes qui vont rejoindre les bancs de l'école.

Le langage ancien obsolète vient d'être simplifié par l'Académie française qui a enfin compris combien l'intelligence est vocabulairement réductible au strict nécessaire à la survie.






Sur ce, je formule à l'égard de mes lectrices et de mes lecteurs mes vœux les plus sincères d'une rentrée dynamique sous le soleil du Cher connard. de Virginie. 

(En vente dans toutes les bonnes pharmacies).





jeudi 25 août 2022

Tant passe le temps

 



FIN DE SAISON







Il est des jours où il vaut mieux attendre

ce qui ne se passera pas.

Il en est d'autres à revisiter plus tard

quand les fleurs auront pris leurs quartiers d'hiver.


*


La fin de saison attend qu'on lui dise de s'en aller

elle pense tellement avoir déçu

mais trop timide la voilà qui reste là immobile

un soleil de lune n'arrange pas les choses.


*


Hier encore c'était avant

mais que sera demain

qui viendra croire en lui

courir le risque du bonheur


*   


dimanche 21 août 2022

Retour vers le présent

 


Après mon escapade caniculaire en bord de mer, me voici de retour « at home ». Ce petit séjour dans un lieu que j'aime me laissera un souvenir à géométrie variable et quelques traces de transpiration qui partiront à la machine à laver.

Je vous passe l'épisode d'œdème magnifique qui faillit faire doubler de volume mes pieds de sorte que je ne rentrais plus dans mes godasses orthopédiques sans une bonne demi-heure d'efforts pour y parvenir. Ce fut délicieusement douloureux.


Heureusement qu'il y eut quelques restaurants et visites d'amis sympathiques. Rien de tel que se marrer un peu avec des gens pour se sentir moins mal.

Parfois j'étais comme Brassens :


je passais mon temps à contempler les cieux

à guetter les stratus, à lorgner les nimbus

à faire les yeux doux au moindre  cumulus


Mais l'orage n'est jamais vraiment venu ou alors juste quelques minutes où la pluie n'a même pas réussi à mouiller toute la baie vitrée qui donne sur la mer.

Un ciel d'un bleu invariable, une mer d'un calme éprouvant, une chaleur accablante, des couchers de soleil réguliers et répétitifs donnant une dégradation uniforme du bleu à l'orange, c'est quasiment désespérant.

Mais où étaient donc les passages de nuages poussés par le vent (« prudence prend garde à ton chapeau) »), les moutons sur la mer, les passionnés de kitesurf, qui décollent comme des oiseaux de mer, les catamarans en délire, les champions du char à voile et leurs dérapages contrôlés  sur le sable et autres spectacles délicieux du bord de Côte d'Opale.

Enfin bref, on s'est perfectionné au Scrabble.




Heureusement il y eut les nuits à la chaleur tolérable à regarder la mer, ou « se faire une digue », les lumières des bateaux au large, et celles des côtes anglaises qu'on continue à apercevoir au loin malgré le Brexit ! Il est vrai que je garde de ces instants une forme d'apaisement et de paix douce, au son du clapot répétitif des petites vagues qui venaient mourir sur le sable à la marée montante. Comme il n'y avait pas un souffle, elles produisaient curieusement un son amplifié, qui engourdissait nos esprits. Même pas besoin de fermer les yeux, l'obscurité ambiante permettait de s'embarquer pour un voyage chamanique.




dimanche 7 août 2022

Pas de froid de canard !


 

Création AlainX


Le changement climatique a provoqué un dérèglement chez ce canard migrateur

 ainsi qu'en atteste une image transmise par le nouveau télescope James Webb. 

On le voit ici perdu et recherchant son chemin.


*

mercredi 20 juillet 2022

L'envie de vivre



L'envie de vivre est-elle toujours en vie ?



La question tombe dans un silence de mort.

Depuis les incendies de forêts, plus personne n'a le feu sacré.

Bien des projets sont partis en fumée.


Il faut cependant regarder froidement la situation.

Se mettre à l'eau pour que ça change.

Les plus ardents acceptent de mouiller la chemise.


Chacun a envie que tout change

Tous s'engagent à ne plus se planter.

les coupeurs de feu comme les autres.


On repart avec l'art d'heures nécessaires


La nuit la lune pleure la dune


*



Construction AlainX


dimanche 17 juillet 2022

Trop sérieux !


 

Non, ce n'est pas que je me prenne trop au sérieux.

D'ailleurs je ne me con-prends pas moi-même.

Ça c'est du sérieux.






J'essaye plutôt de me prendre par la main.

Mais j'abandonne car je ne sais pas laquelle choisir.


Pourtant les Inconnus me l'avaient dit :

Prends, prends toi en main,

 c'est ton destin.


« Est-ce que ce monde est sérieux ? » 

se demande toujours le taureau.

Francis, as-tu enfin la réponse ?



Je vais essayer de ne pas être trop sérieux.

Mais, y arriverai-je ?






mercredi 13 juillet 2022

Les deux sapins (2)


 

Des  signes de l'incessante fécondité



Il y a à l’intérieur des deux sapins, des branches mortes parce qu’elles ont rempli leur rôle, et il convient de voir les traces du passé qui leur ont permis de croître.

On voit les branches qui ont terminé leur mission et que l’on dit morte. Mais le sont t’elles ?

 Les supprimer serait une faute. Elles sont indispensables à l’ensemble. Elles ont concouru à la réussite de l’aventure du développement.


Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie. L'intérieur des arbres est un abri accueillant.

Il y a des nid d’oiseau, des insectes, tout un petit univers grouillant.

Ce qui est mort devient nourriture pour de nouvelles vies.


Plus les années passent plus la nature m'enseigne sur qui nous sommes en son sein. L'homme s'est toujours pensé comme le centre de tout. Tout devait graviter autour de lui. Une petite planète comme la nôtre centre de tout l'univers…


Malgré tous les progrès de la science et les connaissances nouvelles, nous continuons à nous espérer le centre et en tout cas, au quotidien, nous ne cessons de nous comporter comme s'il en était ainsi effectivement.



C'est tellement plus simple quand on s'abandonne en confiance à l'immensité et que l'on consent en être une parcelle infime et vivante d'éternité. Une parcelle du bonheur éternel en quelque sorte. 

Le reste est prise de tête !


mardi 12 juillet 2022

Les deux sapins (1)



Ce matin, mon temps de méditation/contemplation se déroule dans mon jardin, en présence de mes deux sapins, dans une douce fraîcheur enveloppante. (Pas de canicule chez nous).







Deux essences différentes (j'ignore les noms). Celui de gauche est un sapin de Noël, replanté là il y a plus de 30 ans. À l'époque, j'avoue avoir eu peu d'espérance qu'il reprenne. Il est resté tout petit pendant plusieurs années, jusqu'à ce que mon jardinier me dise que c'était normal. Mais bientôt il allait certainement  se mettre à pousser comme une asperge ! Ce qui fut le cas. Les voici tous les deux à présent dans une forme d'unité étonnante. Ils finissent par se ressembler. Ils composent un ensemble, une symbiose et en même temps une différenciation par essence. Un développement par don réciproque.


L’un sans l'autre ne serait pas ce ce qu'il est devenu, et réciproquement. De la fécondité par complémentarité.

Les arbres ne se font pas la guerre, ils coopèrent pour le bien de la Vie.

C'est différent des hommes… en quelque sorte…


(La suite demain… je ne suis pas au bout de ma méditation)


dimanche 10 juillet 2022

Le souffle gardien

 




Le souffle gardien


Le commentaire de Kéa sur la chronique précédente fut une sorte de cadeau de bienfaisance inattendue.

Comme un vent frais et salutaire augmente l'intensité du bien-être dans la chaleur enveloppante d'un été délicieux.

— Mais oui, bien sûr, cette fraîcheur douce, je l'attends tellement,

 alors qu'elle est là.


 Le vent frais, gardien de mon existence, venu de si loin, de tout là-bas, 

quand tout commençait à peine. 

Cet impalpable qui enveloppe discrètement, dont le secret est d'être présent 

dans le silence d'un effleurement.


Comme un entourement de présence. Une forme de garde–vie, de garde–l'âme.


Il n'y a plus d'étouffement du vivre, de suffocation sous l'épreuve, d'asphyxie qui étrangle. 

Et cependant tout ce néfaste au développement ne cesse de  tenter de tout gâcher.


Mais le souffle frais, venu d'ailleurs, n'a jamais cessé de manifester sa  Présence.





vendredi 8 juillet 2022

Où il sera question de l'âme.


 

Hier nous sommes allés dans une sorte de havre de paix. Pas le genre  dont je vous parlais le 1er juillet. Un endroit concret, pas bien loin de chez nous. Entre ville et campagne. Pas vraiment village mais presque. Allez on va dire une sorte de village dans la ville à la campagne… comme ça ce sera clair.


Il y avait des poules et de très beaux coqs multicolores en liberté qui faisaient savoir à coups de cocorico que c'étaient eux les patrons ici. Et puis les arbres exotiques et de jolies plantes qui enchanteraient un amateur de botanique.

Photo du net


Ça grouille de monde le week-end, c'est plutôt désert en semaine.

On s'est arrêté devant une boutique d'artisans qui avaient tout sorti à l'extérieur et travaillaient sous le soleil. Des tapissiers réparateurs de fauteuils et de sièges divers.

Celle qui semblait la patronne changeait le rembourrage du haut de dossier d'un prie-Dieu.


Je l'ai interpellée : — c'est rare quand même de restaurer un prie-Dieu !

Elle m'a répondu qu'il fallait me détromper. Elle avait goût à bavarder tout en travaillant. Autour d'elle de jeunes femmes s'affairaient et j'ai rapidement compris aux conseils qu'elle leur prodiguait qu'il s'agissait de « ses élèves ».


Photo du net

Ces dames plutôt jeunes venaient avec un vieux fauteuil ou une chaise de famille. Elles étaient très attachées à l'objet des souvenirs et voulaient apprendre à le restaurer elles-mêmes. Il y en avait pour des dizaines et des dizaines d'heures de travail. Chacune venait quand elle pouvait.

L'échange fut passionnant. Instructif. J'avais la réponse à la question de Lamartine « Objets inanimés avez-vous donc une  âme ? »

Et la réponse était assurément oui .

 Ces dames étaient là pour redonner consistance vigueur et brillance à l'âme de l'objet abîmé par l'outrage des ans. Une « élève » me dit : — Je pense à grand-mère Germaine chaque fois que je viens ici, c'était SON fauteuil.

Tandis qu'elle enfonçait des clous sur la carcasse, tout autour de l'assise revêtue de son nouvel assemblage de crins et de couches de divers tissus.


Des instants très émouvants.

Photo du net

Sur le chemin du retour j'ai pensé au vieux fauteuil club en cuir de mon père. Quand il n'était pas là je m'autorisais à chevaucher un accoudoir.

Tel Zorro.


jeudi 7 juillet 2022

Bonheur ?


De convention expresse, il est précisé que les chroniques estivales sont en roue libre. Aucune dérogation à ce principe ne sera tolérée.

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vous avez dit bonheur ? Demanda Rosa.


(On remarquera un titre dans le pur style « le goût des autres ».)



Estival et bonheur, ça devrait aller ensemble.

Estival et lecture, il convient qu'il en soit de même.


Cédant à la pression de ces principes je me suis mis en quête de retrouver le bouquin de Alain (pas moi) : « Propos sur le bonheur ». Je pensais l'avoir égaré, non pas le bonheur, mais le livre d'Émile Chartier. Les seuls tout un chacun qui me suivent avec une régularité de coucou suisse, savent parfaitement que dans le nom de plume de cet homme s'origine mon pseudo. Cherchez par vous-même et vous trouverez l'endroit où j'explique la chose en large et surtout en travers.



V'là-t-y pas que j'retrouva l'objet livresque avec joie, telle que j'en ai fait l'acquisition en 1962, comme un bon adolescent qui cherche sa route vers icelui. À cet âge là on croit encore que tout se trouve au bout du chemin. Bonheur d'un livre qui sent la bonne moisissure ! Surprise pour moi qui n'est pas le fétichisme des bouquins.

(Les historiens de la graphie livresque ne manqueront pas de souligner que le titre est tout en minuscules : c'était la grande mode à l'époque)


Je feuillette par le début et  m'arrête page 13, où j'ai souligné :

« (…) il y a plus de volonté qu'on ne croit dans le bonheur ».

Et voilà !

C'est l'ado déglingué que j'étais qui a souligné ça il y a 60 ans. Ça fait 60 ans que je déroule cette phrase sans en avoir conscience.


La couverture dans l'édition de 1962 explose de rouge.

Ma vie est un jaillissement rouge.

On n'y trouve toutes les symboliques de cette couleur. La vie et le sang. La souffrance et la vie renaissant. Le bonheur blanc coloré.

Le bonheur comme le fruit de la volonté d'exister pleinement.

C'est encore plus simple que je ne le pensais.

Un jour à savourer.


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«On dit communément que tous les hommes poursuivent le bonheur. Je dirais plutôt qu'ils le désirent. Car le bonheur n'est pas quelque chose que l'on poursuit, mais quelque chose que l' on a. Hors de cette possession il n'est qu'un mot. » (Émile Chartier dit Alain)