Pages

Affichage des articles dont le libellé est Dieu et choses du genre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dieu et choses du genre. Afficher tous les articles

samedi 17 janvier 2026

L'interview de Dieu

 Petit exercice littéraire sur une proposition de Jobougon pour l'agenda ironique de janvier 2026, que l'on trouve ici
Voici des bouts de phrases imposées et il faut: en placer quatre dans le texte :
1 – Aujourd’hui à midi pile
2 – Ça ressemble presque à une blague
3 – Succession de bruits
4 – Comme un avis à la population
5 – Cherche toujours
6 – Sujet brûlant
7 – Profonde pensée philosophique
8 – Ça a l’air vieux mais
9 – Pas de place pour

---------------

En tant qu'envoyé spécial permanent pour tout ce qui est religieux ou ésotérique, la rédaction de Paris-Flash (le poids des vieux, le choc des gros mots) me demande de lui ramener une interview de Dieu, sujet brûlant s'il en est dans le contexte international actuel.
J'ai donc appelé le secrétariat du Grand-Saint-Pierre : Paradis 666 00. L'attente est interminable… on voit bien que le mec a l'éternité devant lui… ça a fini par décrocher :

— Allô ?  Ici le secrétariat à l'ambiance infernale, Cruella à l'appareil, c'est pourquoi ?
— Je souhaiterais obtenir un interview avec Dieu en personne, enfin, si toutefois Dieu est une personne, à défaut un membre de la Trinité pourrait faire l'affaire. Généralement ces gens ont une profonde pensée philosophique. Après je bidouillerai le truc de mon côté pour le rendre compréhensible par des terriens..

— Excusez-moi, mais je connais mal la procédure à respecter, vous savez je ne suis que stagiaire, je viens de l'enfer, je suis là pour une réduction de peine.
— Je croyais que l'enfer c'était pour l'éternité ! Que je me suis étonné

— Oui, mais ça c'était l'ancien Dieu ! Depuis il a été viré et renvoyé sur terre, comme vous vous en doutez c'est pire qu'un enfer cette planète…
— Alors, c'est qui son successeur ? Me suis-je enquis

— New-Jupiter ! Un dieu entièrement relooké. Une beauté à tomber. Quittez pas je consulte l'agenda… alors voilà, j'ai un créneau pour le 1er janvier terrien 2027. Z'avez de la chance le votre de Jupiter a décommandé sa visite hier soir, trop de problème avec son peuple.
— Mais je ne peux pas attendre jusque-là ! Je dois déposer mon article pour la fin de la semaine !

— Quittez pas, je vais voir, New-Jupiter m'a à la bonne, il adore les nanas dans mon genre, bien roulées et prêtes à tout.


Ça ressemble presque à une blague ce que je vous raconte, mais je vous assure, c'est la pure vérité divine du moment. Cruella m'a branché sur une musique d'attente : « les mésanges dans nos campagnes ont entonné un chant nouveau, celui des corbeaux. Glo...oooo...ooo...oooo.. ria ... à gorge déployée ».

 
Tout à coup, une succession de bruit dans l'appareil téléphonique, un vrai tintamarre, pire que la musique métal, sur fond de corne de brume et de bruits de chaînes du Père Noël.
Écrire ça dans mon article ça fera un bon début. et puis tout à coup une voix fluette : 

— Allô allô ? Ici New-Jupi en personne, que c'est moi la divinité qui te cause. Tout va comme  vous tu veux sur la terre ? Ici c'est pas du top de Dieu, mais au moins du top  de Moi. 
 Quoi c'est-y  qui y a pour ton service gamin ? Une interview ? Mais c'est impossible mon gars, je boude la terre et les français en particulier, car le hic c'est qu'ils sont laïques, pour ça ils méritent des cliques et des claques. D'ailleurs je lis dans tes pensées de petit journaleux (oui, Jupi-le-New est omnipotent, omniscient et omnivore) qui recherche du sensationnel pour sa revue au papier trop glacé qui me fait froid dans le dos.
Je vais raccrocher et sache, petite tête de stylo plume, que je déteste l'humanité sur cette planète minable, que j'ai bien l'intention de faire exploser un de ces quatre. Mais bon, j'attends encore, car avec toutes vos bombinettes atomiques vous allez bien arriver à faire le boulot à ma place. Grouillez-vous, car ma patience a des limites, elle n'est pas éternelle.

Là dessus, New-Jupiter a raccroché.
Va falloir que j'appelle le rédacteur en chef et lui dire que s'il ne veut pas s'attirer toutes les foudres des religions, des plus gentilles aux plus virulentes, il faut qu'il renonce à un article dans Paris-Flash, car désormais, Dieu, c'est pas ce qu'on croyait. Mieux vaut maintenir les croyants de tous poils dans l'ignorance de ce qui les attend.

lundi 15 décembre 2025

Noël ? Pour vivre quoi ?



« Les fêtes de fin d'année » voilà l'expression ce que l'on entend désormais le plus souvent. Dans mon enfance on fêtait « la naissance de l'enfant Jésus », dont le sommet était la participation à la « messe de minuit », durant laquelle montait mon impatience, car je savais qu'à ce moment-là « le petit Jésus » viendrait déposer mes cadeaux au pied de la cheminée. On y laissait une carotte et un navet pour son âne. (Celui qui l'avait amené jusqu'à Jérusalem). Au retour chacun déballait son cadeau, un et un seul, puis on mangeait le « pain gâteau » confectionné par mon frère avec mon aide modeste. La seule nuit où on avait le droit de se coucher très tard.

Bien sûr la magie de tout cela a disparu l'année où on se moqua de moi à l'école parce que « je croyais encore au Père Noël ». Ma mère  m'expliqua le pourquoi du comment, que j'étais devenu « un grand garçon ». C'était très bien. De ma déception naquit une fierté.

Me voilà septuagénaire, le souvenir de cette époque apparaît comme une bienfaisance de l'enfance. Quel terrible contraste face au spectacle affligeant de la consommation effrénée qui ne cesse de gonfler et finira un jour dans une explosion dévastatrice.

Noël, littéralement, signifie la naissance [dies natalis : jour de naissance]
25 décembre : fin de la nuit la plus longue. Retour progressif de la lumière.
Célébration de la naissance du Christ pour les chrétiens — célébration du retour de la lumière pour certains et fête de la grande bouffe pour d'autres. Bien souvent, l'alcool aidant,on s'engueule pour tout et pour rien, pour la poularde trop cuite, pour la politique en France, forcément déplorable,  et vivement l'extrême droite au pouvoir. Faut bien essayer la dictature, pour voir ce que c'est ! Ou alors, vive la liberté de faire n'importe quoi et d'emmerder son voisin. Supprimons la police mais gardons la cocaïne. Enfin bref, on finira de toute façon par se quitter fâchés… et rendez-vous à Noël prochain !

Dans mon cabinet de consultation, en janvier je ramassais à la petite cuillère les dégâts des [soi-disant] fêtes qui avaient viré au cauchemar, et on ne savait même plus comment vraiment c'était arrivé, ni qui avait commencé… heureusement j'avais fait le renouvellement des boîtes de mouchoirs en papier !

Et pour moi ?
Ce sera exactement le renouvellement du sens premier : fêter le jour de naissance.
— La mienne d'abord, puisque je suis né un soir de 24 décembre ! Plus tard, après mes 12 ans, fêter le commencement d'une renaissance. Et là s'imposent des pensées pour celles et ceux qui y ont contribué. J'ai eu souvent l'occasion de les évoquer.

— Ensuite,  la naissance de l'amour pour celle qui est devenue mon épouse pour toujours. Aujourd'hui nous pensons l'un et l'autre qu'une lumière nous fut donnée et qu'elle est comme celle de la flamme d'une bougie que l'on transmet à d'autres pour constituer une chaîne lumineuse dans la toute petite humanité où nous sommes en transit.

— Et encore le jour de naissance de chacun de nos enfants, reçus comme des promesses d'accomplissement.  Maintenant qu'elles approchent de la cinquantaine, je me réjouis de la chaîne de transmission positive que je vois vivre à l'échelon de mes petits-enfants. Suis-je justifié de m'en réjouir ? En tout cas j'admire ce que ma descendance accomplit. 

— Le cadeau de pouvoir nous réunir en famille plusieurs jours pour vivre et partager la joie d'être ensemble, car, ainsi en est-il de la génération d'aujourd'hui, chacun s'éparpille sur la planète. Certains feront plusieurs heures d'avion, de train ou de voiture pour être là.
J'en espère des jours lumineux. Que chacun apporte sa lumière intérieure, la laisse vivre. Le temps s'écoulera dans la joie simple, comme nous l'avons déjà vécu  de précédentes années.

Enfin , je me tourne vers toutes celles et ceux, connus et inconnus, qui traversent des épreuves, des ténèbres personnels, et j'en connais dans mon entourage proche.
 Les victimes de toutes sortes, des guerres, des violences physiques, les femmes particulièrement. Et puis toutes les autres crapuleries à travers le monde en particulier celles de l'ombre que l'on crée ou entretient, parce que c'est là, à l'abri des regards, que l'on peut agir impunément.

Mais  la lumière rejaillira toujours jusqu'à ce que vienne « le jour de clarté »
celui que chantait Graeme Allwright en 1968



jeudi 30 mai 2024

Micro fiction


Préambule :


Depuis quelque temps je me dis qu'il faut que je me remette à une écriture de fiction de type « nouvelle » comme j'en ai déjà publié plusieurs, soit sous forme de livres, soit sur mon blog.
Envie de relancer ça !
Récemment je lisais un article un peu ésotérique pour ne pas dire farfelu sur « la rencontre de Dieu » ça m'a donné l'idée du texte qui suit.
Bonne lecture et merci pour vos commentaires éventuels.

-----------------------------------

Une rencontre tant attendue — micro fiction

 

Il y a longtemps que j'y pense, mais je ne fais rien pour agir. Passer à l'acte. C'est toujours un peu la même difficulté. Il faut se bouger les fesses ou se prendre par la main. C'est selon.
Mais là, je suis décidé. Il faut que je rencontre Dieu.
Lequel ? vont se demander certains.
Peu importe. Le premier qui répondra fera l'affaire.
Je me suis renseigné j'ai fini par décrocher un « 06 ». Une ligne privée, directe.
J'appelle. Après quelques instants d'attente, un message :
— « la ligne de votre correspondant a été suspendue… »
Voilà ! Pour une fois que je prends une décision importante.

Je contacte une autre source et là on me propose de passer par le Darknet. C'est pas compliqué, je peux le faire à partir de Firefox. Suffit de passer par un VPN pour, joindre Dieu en personne en toute sécurité. Puis on me dit : vous auriez tort de ne pas télécharger TOR ce navigateur qui vous ouvre les bonnes portes de la sainteté. Je m'exécute tout en craignant de l'être moi-même !

Après avoir fait les manœuvres nécessaires, j'obtiens un écran blanc quelque peu ondulant passant du blanc hyper blanc à du gris hyper clair et retour. C'est virginalement fascinant. Je me sens obligé de fixer l'écran. C'est assez hypnotique à la longue. On m'avait précisé qu'il fallait se montrer patient, Dieu étant beaucoup demandé par ailleurs. Les heures passent, je ne suis pas loin de m'endormir. Un moment je ressens des tiraillements dans mon corps. Une sorte de fébrilité. Dieu arrivait-t-il ? Il me semble que l'écran n'oscille plus du même blanc/gris. Le tiraillement corporel se fait plus fort, plus poignant et là je finis par comprendre que j'ai faim. Et soif aussi. Ça fait plus de 24 heures que je fixe l'écran.

Il s'agit certainement d'une première étape initiatique. Je commence à faire une sorte d'expérience de l'éternité pendant une journée. Ainsi, au moment du grand départ, je me sentirais prêt.  Mais bon pour l'instant je suis dans ma condition terrestre ordinaire et faut que je bouffe et que je boive ! Je me rends à la cuisine. Heureusement le frigo est bien garni. Je me rassasie et je bois jusqu'à plus soif. Me voilà apaisé. Je reviens m'asseoir face à l'écran.

Au bout d'un moment apparaît très progressivement, mais vraiment très lentement, un texte sur l'écran qui peu à peu finit par devenir déchiffrable bien qu'il soit écrit, dans une calligraphie assez mouvante et toujours hypnotique. J'arrive cependant à déchiffrer :
— Dommage pour vous. — Dieu est passé en votre absence. — Dommage pour vous —

Je veux aussitôt répondre en tapant sur mon clavier pour m'excuser d'avoir failli et savoir quand est-ce qu'il repassera par -là. Mais j'ai beau taper, rien ne s'écrit sur l'écran. Maudit Darknet !
Tout à coup ça m'énerve. Je vais chercher un marteau dans la remise et je bousille mon écran à grands coups. Il y a des morceaux partout. Ça provoque un court-circuit et un début d'incendie.

Je ne sais quoi dire dire aux pompiers qui sont venu éteindre, mais j'ai bien senti qu'ils ont des arrière-pensées, lorsqu'en partant ils m'ont dit de  « ne plus jamais recommencer ça ». Ils savent donc ce qu'il en est du « ça ». Ils en savent un rayon de lumière concernant le « feu éternel ».
J'ai alors compris que je n'étais pas le seul à tenter de joindre Dieu sur le Darknet. Aussitôt j'achète un nouvel ordinateur.

Dans les jours qui ont suivi, face à mon échec, rien ne s'est amélioré pour moi. Ma quête de Dieu devient de plus en plus prégnante. Il me faut absolument un contact. Je pressens que je sombre dans l'obsessionnel. Heureusement je reçois un mail de la part de « Voix Célestes ». On me précise avoir connaissance de mon souhait de rencontre. Il me suffit de cliquer sur le lien indiqué pour tout savoir du « comment faire ». Je m'empresse de m'exécuter. Le lien me demande préalablement de donner les coordonnées de ma carte bancaire pour un prélèvement minime de 25 € pour frais. Ensuite je pourrais télécharger la brochure « J'ai rendez-vous avec Dieu en cinq clics ». C'est pas bien cher à payer pour une rencontre qui va tout changer. Cela me confirme la générosité divine. De toute façon une telle opportunité n'a pas de prix.
Très vite arrive un nouveau mail : « vous allez recevoir très rapidement la brochure et de nouvelles indications divines à suivre ». J'attends dans une certaine impatience. Plusieurs jours se passent. Rien. Grosse déception. Et en plus j'ai perdu 25 € !

Un peu plus tard je reçois un appel téléphonique de mon banquier. Je crois bien que c'est la première fois. Il a pas l'air commode au téléphone : « vous savez Monsieur Dupuis que vous êtes carrément dans le rouge vif, avec un compte débiteur de 250 000 € ? Mais qu'est-ce que vous avez donc fait ! ».
Je comprends, par intuition immédiate, qu'il s'agit là d'une épreuve test envoyée par Dieu pour que je me détache des biens matériels de ce monde, afin de m'approcher de la félicité éternelle, mystique et surnaturelle promise par toutes les religions quelles qu'elles soient. Suffit de traverser l'épreuve en faisant montre d'un grand courage. Ce que je suis décidé à vivre.
Ce dont je suis persuadé c'est que Dieu en personne ne me laissera pas tomber et viendra à mon aide au premier appel de ma part.

Évidemment pas question de raconter la vérité au banquier quand à ma quête de Dieu sur le Darknet et qu'il avait bien fallu en payer un prix complémentaire pour la rencontre, sous forme d'un prélèvement divin qui me met certes à découvert, mais ce n'est pas grave j'avise le banquier je vais combler ce déficit rapidement. Il suffira que je vende ma maison et tout rentrera dans l'ordre. Voilà, c'est pas bien compliqué et je raccroche.

Seulement voilà, je finis par avoir un doute. Comment m'y prendre désormais pour avoir un contact concret avec Lui ? Au final Dieu serait-il un être mauvais qui ne pense que vengeance et châtiment ? Aussitôt je chasse cette idée idiote. Le doute est normal. Tous les grands spirituels ont douté. Je suis donc sur le bon chemin. Je viens de vaincre une première tentation : le doute sur l'amour de Dieu !

À peine cette terrible tentation surmontée, que mon téléphone sonne. Je décroche un peu fébrile. Est-ce encore ce fameux banquier pénible ? Mais non :
— « Ici le secrétariat des Voix Célestes, me susurre une voix féminine et délicieuse, nous avons bien reçu votre participation volontaire de 250 000 €. Dieu lui-même vous en remercie en sa personne divine. Il vous propose un entretien privé, si toutefois vous le souhaitez, à une date à déterminer ainsi que sa durée et son prix. Je dois vous dire, mais je vous demande expressément de garder le secret, que Dieu s'intéresse particulièrement à votre personnalité singulière et désire collaborer avec vous à l'amélioration de la condition des hommes. C'est un service qu'il va certainement vous demander avant de vous offrir la possibilité de le rejoindre là où il réside éternellement. Je peux vous le dire, je vous envie. Les personnes comme vous, spécialement élues, sont excessivement peu nombreuses « ici ». Mesurez votre chance et mesurer l'importance et l'ampleur de votre nouvelle participation financière à l'aune de votre chance extraordinaire. La nuit porte conseil, je vous rappelle demain. Elle raccroche aussitôt. Je suis tellement sous l'émotion que je n'ai pas prononcé un seul mot.

Dieu m'a élu ! Il faut imaginer la joie intense qui me tient éveillé toute la nuit. Au réveil j'appelle une agence immobilière pour savoir quelle pourrais être le prix de vente de la belle maison que j'occupe. Un demi-million d'euros au moins me laisse-t-on entendre. Merveilleux ! Dans la foulée j'appelle mon banquier pour lui annoncer la nouvelle que je vais vendre mon habitation, rembourser mon découvert et les intérêts dus   ainsi que les frais. Il  ne montre pas un enthousiasme particulier, mais il  me promet  de monter le dossier dès que je lui apporterai les éléments concrets nécessaires. Deux heures plus tard je  signe un mandat de vente avec l'agence immobilière. Tout  va pour  le mieux.

Dans les jours qui suivent j'ai la preuve que Dieu  est avec moi et me protège . L'agence a trouvé  un acquéreur prêt à investir en cash. Elle s'occupe de tout avec le banquier et les notaires. Tout cela se ferait très vite. Je n'aurais qu'à signer les documents et recevoir mon dû.

Peu de temps avant le jour fixé pour la signature je reçois à nouveau un appel du « secrétariat des voix célestes » qui semblait être au courant des transactions en cours. Je ne sais par quel biais. Mais ce que je trouve amusant comme coïncidence, c'est que la personne au bout du fil à une voix qui ressemble à celle de la négociatrice de l'agence immobilière. C'est fou, non ! Je pense sincèrement qu'il s'agit là tout simplement de la preuve de l'existence des signes divins.

À présent, tout est terminé, les papiers signés, tout est en ordre. Je suis très heureux et même j'ose dire : je suis aux anges ! Déjà !
J'avoue que ce n'est pas sans impatience que j'attends un nouvel appel téléphonique et le rendez-vous avec Dieu en personne. Est-ce que j'entendrai sa voix céleste ? Est-ce que je pourrais le voir en vidéo ? Comment ça va se passer…
Au courrier ce matin je reçois mon dernier relevé bancaire. Mon compte est crédité du prix de la vente, puis débité de mes dettes, les intérêts, des frais et de tout le tralala. Le solde positif ressort quand même à 472 816,32 €. Enfin ça c'était avant que je retourne l'extrait de compte, car au verso il y a un débit de 470 000 € au profit des Voix Célestes. Et finalement je me dis que c'est quand même pas donné la rencontre avec Dieu en personne !

Pas mal de jours ont passé depuis. J'attends toujours l'appel du secrétariat des Voix Célestes. Quand j'appelle par moi-même pour avoir des nouvelles, je tombe sur un répondeur qui m'invite à laisser un message. Mais ça ne rappelle jamais. Je sais bien que Dieu a devant lui l'éternité. Mais quand même je suis un mortel, pour l'instant, et faudrait quand même que ça s'organise un peu mieux là-haut pour ma visio avec lui.

-o0o- 

 



mercredi 15 février 2023

la Parole du Silence.

 Ce texte est également publié sur « le Voyageur de l'Aube »

*


Évidemment ce titre peut sembler paradoxal, et de plus l'auteur met des majuscules à deux mots. Voyez la prétention ! 

L'expression m'est venue au cours de la nuit, tandis que je guettais l'aube dans mes obscurités. Évidemment je cherchais à faire taire le moulin à bavardages intérieurs ,qui dans ma tête, profite de ces moments-là pour déchaîner les tempêtes d'inquiétudes de toutes sortes, les chimères imbéciles qui prennent un malin plaisir à descendre jusqu'au ventre.

Le retour à la respiration consciente est un antidote qui fonctionne pas trop mal. Alors, « la tempête apaisée » (c'est évangélique) procure son bienfait, parce qu'elle est toujours suivie d'un silence paisible, avec le murmure du clapot rassurant contre la barque de ma vie qui, progressant sous le vent redevenu favorable, regagne son port d'attache.

Alors vient s'installer le Silence, comme une nourriture, une bienfaisance nocturne qui détend le corps, le console et l'apaise.



« Je t'attirerai au désert et je parlerai à ton cœur » (c'est biblique).

. Qu'est-ce donc qui attire ?

. Quel désert ?

. Qu'est-ce donc qui parle ? Ou qui ?



Le Désert n'est pas un lieu aride empli de pièges destinés à nous faire mourir de soif. Les nomades qui vivent dans les déserts savent bien ce qu'il en est. C'est un lieu d'attention, de recueillement, de respect de la nature qui entoure, de sobriété et de lenteur efficace, de perception de la « vie secrète » et à tout le moins cachée aux yeux de ceux qui passent sans voir. On ne fait pas du tourisme désert, on y a demeure intérieure permanente.


— Ce qui attire… attire… Pourquoi une personne amoureuse est attirée, et même parfois irrésistiblement ? Peut-être parce que l'on sait que l'autre est l'oasis ? Sa luxuriance inattendue.


Alors s'en vient la Parole du silence, imperceptiblement, comme une douce chaleur enveloppante, une félicité espérée. La caresse délicieuse d'une parole sans mot, un propos qui se ressent au plus intime des profondeurs de l'être. Une expérience rare ? Je ne sais. Simplement pour ce qui me concerne je la connais.


Ce serait perdre son temps que de spéculer pour tenter de répondre à la question « mais c'est qui donc qui émet du silence signifiant ? ». Là encore il faut demander au moulin à baratin de fermer sa bouche. Un peu comme devant le paysage splendide on dit « chut ! » aux bavards qui empêchent d'écouter le murmure mélodieux de la vie profonde qui pénètre jusqu'au cœur.

On risque de rater un essentiel qui ne repassera pas par-là de la même manière. 


Et cependant, je m'éloigne si souvent. Comme si ce qui comble était encore insatisfaisant. Comme si le « plus-que-soi-en-soi » pourrait finir par se transformer en tyrannie de l'exploit.


lundi 30 novembre 2020

Dialogue improbable




Ce lundi, chez « le goût »,

cette fois c'est du sérieux 

de chez sérieux.




Qu’arrive-t-il à cet homme ?
Que subit-il pour être aussi triste ?
Que vous raconte cette toile d’Arielle Lange.
J’espère que nous en saurons plus lundi.




Dialogue improbable


L'être — Ciel ! Vous ne semblez pas aller très bien ! Vous êtes d'une tristesse infinie…


L'entité — Exact c'est difficile d'être Moi après tant d'efforts et d'abnégation depuis… au moins une éternité ! Certains envient ma situation et ce qu'ils pensent être mes privilèges. D'autres aimeraient prendre ma place pour la même raison. Comme si être l'Être-Moi était une sinécure. Les imbéciles !


L'être — Vous devriez nous informer de ce qu'il en est. Où allons-nous ? Quels sont vos projets ?  Qu'est-ce qu'on mange ? Y aura-t-il pénurie ou abondance ? Bref ce qui préoccupe les humains.


L'entité — Je reste silencieux en effet. C'est ma nature. Que voulez-vous on ne se refait pas.… Il faudrait tout reprendre à zéro, et ce n'est guère possible pour la Divinité que je suis.


L'être — Vous disposez de la Toute-Puissance Absolue. Rien ne vous est impossible. Si rien ne fonctionne comme vous le souhaitiez : changez ! Après tout l'erreur est humaine ! Mais elle peut être aussi divine, non ?


L'entité — Les mortels ont l'inconvénient d'avoir des idées mortelles. L’Absolu ne peut être dans l'erreur, puisque c'est absolument impossible. Un projet aussi vaste que la Création des univers ne peut s'abolir d'un coup de baguette divine. C’est d’une ampleur inconcevable pour un mortel.


L'être — Dites tout de suite que nous sommes des imbéciles ! Le supposer c'est vous faire tort à vous-même, puisque vous prétendez nous avoir créé à votre image.


L'entité — Tort ou raison : ce sont des concepts humains. Des trucs pour vous étriper les uns les autres au cours des millénaires.  À mon grand désespoir il faut bien le dire. Parfois j'ai envie de pleurer sur ce que vous êtes devenus, alors que dans mon projet il devait en être tout autrement.


L'être — C'est bien ce que je dis ! Vous vous êtes planté ! Toute divinité que vous soyez vous êtes lamentablement vautré dans vos erreurs. Alors maintenant, il faudrait quand même penser à réparer. Vous ne croyez pas ?


L'entité — Réparer ? Quelle inconscience ! Comme si c'était possible.


L'être — Bien sûr que c'est possible, puisque pour vous tout est possible à tout instant. Ne rien faire c'est montrer un orgueil démesuré, une incapacité à se remettre en cause. Lamentable !


L'entité — Que voulez-vous, je ne suis pas parfait !


L'être — Quoi ? Une divinité imparfaite ? Cela dépasse l'entendement. Vous êtes ontologiquement parfait depuis avant l'éternité jusqu'après elle.


L'entité — les mortels sont décevants ! J'en pleure. Théoriquement je suis excessivement positif, proactif, fondateur de l'espoir, pourvoyeur de la chance, distributeur du bonheur, garant de la félicité, du nirvana absolu, du paradis paradisiaque, et de tout ce que vous espérez de siècle en siècle. Forcément, je vous ai fabriqués comme ça.


L'être — Voilà bien la démonstration de vos échecs. C'est raté. Nous, les mortels, on est dans la panade la plus complète dans tous les domaines. Et apparemment, vous vous en foutez complètement. Monsieur le Divin est un grand égoïste.


L'entité — Hélas je suis devenu impuissant !


L'être — Impuissant ? C'est la meilleure celle-là ! Vous en avez une autre du même genre à nous raconter ?


L'entité — En effet, impuissant à cause de ce pouvoir que vous m'avez arraché. C'est l'unique fois où j'aurais dû n'écouter que Ma Divinité, Ma Perfection. Je vous ai malencontreusement concédé la totale liberté de choisir ce que bon vous semble. J'ai cru que vous sauriez en faire bon usage de cette liberté, en choisissant à chaque fois le meilleur pour vous et pour les autres. Ça me semblait d'une logique divine imparable. À quoi bon se détruire quand on peut construire. À quoi bon choisir le malheur quand je vous propose le bonheur. Ça m'a semblé tellement idiot que j'ai pensé cela ne se produirait jamais, au grand jamais. Puisque vous étiez normalement intelligents, sensés, disposant de l'amour, de la fraternité, des joies et des plaisirs dans tous les domaines, et toutes ces choses que je n'énumère même pas, ce serait bien trop long.


L'être — Elle est forte celle-là ! Maintenant vos conneries ça va être de notre faute ! Il va falloir vous faire disparaître. Sans vous on se débrouillerait bien mieux. On mettrait en place tout ce que vous dîtes sur la bonté, l'amour, les choses et les machins. On ferait mieux, absolument mieux et infiniment mieux sans vous !


L'entité — Pas de problème éliminez-moi  D'ailleurs je crois que c'est déjà fait. J'ai aperçu des affiches « Dieu est mort ! » J’ignore la date de l'enterrement, mais peu importe. Je n'ai pas l'intention d'y assister.


L'être —  Malheureusement il faut avouer que depuis votre mort, ça ne va pas beaucoup mieux. Je crois même que c'est pire encore. Pardonnez-moi d'avoir dit tant de mauvaises choses à votre endroit. Mais je vous en supplie, je crois que vous feriez mieux de revenir. Après tout j'ai lu dans des bouquins que vous êtes capables de ressusciter. C'est le moment ou jamais.


L'entité — Un monde sans Dieu c'est comme un repas sans sel, un whisky sans alcool, une séance de cinéma sans écran, une pandémie sans vaccin, un imbécile heureux sans joie.


L'être — Revenez ! Je vous en prie !…


L'entité —… un stylo sans encre, un ordinateur sans Internet, un pénis sans bandaisons, un clitoris sans plaisir, un clair de lune sans Maubeuge, une queue de billard sans boule, un match de foot sans trucage, un bout de plastique sans Bertrand…


L'être — Revenez vous dis-je ! Vous êtes têtu quand même !


L'entité —… un couscous sans merguez… un tambour sans baguette… une baguette sans mie de pain… un pain sans fromage… je m'éloigne…je m'éloigne… je m'éloigne… à Dieu....à Moi... à Jamais… … je prends mon Alpha, c'est l'heure à ma montre Oméga.