Petit exercice littéraire sur une proposition de Jobougon pour l'agenda ironique de janvier 2026, que l'on trouve ici
Voici des bouts de phrases imposées et il faut: en placer quatre dans le texte :
1 – Aujourd’hui à midi pile
2 – Ça ressemble presque à une blague
3 – Succession de bruits
4 – Comme un avis à la population
5 – Cherche toujours
6 – Sujet brûlant
7 – Profonde pensée philosophique
8 – Ça a l’air vieux mais
9 – Pas de place pour
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En tant qu'envoyé spécial permanent pour tout ce qui est religieux ou ésotérique, la rédaction de Paris-Flash (le poids des vieux, le choc des gros mots) me demande de lui ramener une interview de Dieu, sujet brûlant s'il en est dans le contexte international actuel.
J'ai donc appelé le secrétariat du Grand-Saint-Pierre : Paradis 666 00. L'attente est interminable… on voit bien que le mec a l'éternité devant lui… ça a fini par décrocher :
— Allô ? Ici le secrétariat à l'ambiance infernale, Cruella à l'appareil, c'est pourquoi ?
— Je souhaiterais obtenir un interview avec Dieu en personne, enfin, si toutefois Dieu est une personne, à défaut un membre de la Trinité pourrait faire l'affaire. Généralement ces gens ont une profonde pensée philosophique. Après je bidouillerai le truc de mon côté pour le rendre compréhensible par des terriens..
— Excusez-moi, mais je connais mal la procédure à respecter, vous savez je ne suis que stagiaire, je viens de l'enfer, je suis là pour une réduction de peine.
— Je croyais que l'enfer c'était pour l'éternité ! Que je me suis étonné
— Oui, mais ça c'était l'ancien Dieu ! Depuis il a été viré et renvoyé sur terre, comme vous vous en doutez c'est pire qu'un enfer cette planète…
— Alors, c'est qui son successeur ? Me suis-je enquis
— New-Jupiter ! Un dieu entièrement relooké. Une beauté à tomber. Quittez pas je consulte l'agenda… alors voilà, j'ai un créneau pour le 1er janvier terrien 2027. Z'avez de la chance le votre de Jupiter a décommandé sa visite hier soir, trop de problème avec son peuple.
— Mais je ne peux pas attendre jusque-là ! Je dois déposer mon article pour la fin de la semaine !
— Quittez pas, je vais voir, New-Jupiter m'a à la bonne, il adore les nanas dans mon genre, bien roulées et prêtes à tout.
Ça ressemble presque à une blague ce que je vous raconte, mais je vous assure, c'est la pure vérité divine du moment. Cruella m'a branché sur une musique d'attente : « les mésanges dans nos campagnes ont entonné un chant nouveau, celui des corbeaux. Glo...oooo...ooo...oooo.. ria ... à gorge déployée ».
Tout à coup, une succession de bruit dans l'appareil téléphonique, un vrai tintamarre, pire que la musique métal, sur fond de corne de brume et de bruits de chaînes du Père Noël.
Écrire ça dans mon article ça fera un bon début. et puis tout à coup une voix fluette :
— Allô allô ? Ici New-Jupi en personne, que c'est moi la divinité qui te cause. Tout va comme vous tu veux sur la terre ? Ici c'est pas du top de Dieu, mais au moins du top de Moi.
Quoi c'est-y qui y a pour ton service gamin ? Une interview ? Mais c'est impossible mon gars, je boude la terre et les français en particulier, car le hic c'est qu'ils sont laïques, pour ça ils méritent des cliques et des claques. D'ailleurs je lis dans tes pensées de petit journaleux (oui, Jupi-le-New est omnipotent, omniscient et omnivore) qui recherche du sensationnel pour sa revue au papier trop glacé qui me fait froid dans le dos.
Je vais raccrocher et sache, petite tête de stylo plume, que je déteste l'humanité sur cette planète minable, que j'ai bien l'intention de faire exploser un de ces quatre. Mais bon, j'attends encore, car avec toutes vos bombinettes atomiques vous allez bien arriver à faire le boulot à ma place. Grouillez-vous, car ma patience a des limites, elle n'est pas éternelle.
Là dessus, New-Jupiter a raccroché.
Va falloir que j'appelle le rédacteur en chef et lui dire que s'il ne veut pas s'attirer toutes les foudres des religions, des plus gentilles aux plus virulentes, il faut qu'il renonce à un article dans Paris-Flash, car désormais, Dieu, c'est pas ce qu'on croyait. Mieux vaut maintenir les croyants de tous poils dans l'ignorance de ce qui les attend.


