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samedi 30 janvier 2021

Aujourd'hui, journée neuve


Le danger qui me guette est de reproduire l'identique d'un jour à l'autre. Faire toujours de la même chose en attendant que… que quoi ? Que la pandémie s'en aille ? Que le printemps arrive ? Que tout le monde soit vacciné ? Que les poules se décident enfin à avoir des dents ?


Le danger : attendre que ma vie passe et qu'un jour vienne de je ne sais où une sorte « d'autrement », sans que je ne fasse rien pour que cela arrive.


Dans mon parcours de vie d'adulte, je n'ai guère connu la routine, ni dans ma vie personnelle, et encore moins dans ma vie professionnelle. Chaque journée apportait son originalité. J'ai aimé prendre des risques avec l'adrénaline qui les accompagne.

Qu'en est-il aujourd'hui ?

Je vis dans une sorte d'attente latente, sans vraiment savoir ce que j'attends.

Et donc, comme chaque fois que l'on attend quelque chose d'ailleurs qui ne vient pas, on se retrouve à la merci des événements, presque comme pieds et poings liés. Je vois combien autour de moi cette sorte de glu envahit les esprits, les pensées et même les corps.


Reconquérir ma liberté intérieure et ses marges de manœuvre ne dépend de personne si ce n'est soi. Trop facile de dire toujours : « c'est à cause de… ». Ne pas subir les contraintes inévitables mais les intégrer comme composantes incontournables de l'existence.


Bon sang ! Comment ai-je pu oublier ça ! Moi qui a 12 ans ai dû reconsidérer toute ma vie avec d'énormes contraintes définitives. Alors, tout ce qui tourne autour de la pandémie avec tout ce qu'on sait, si ça finit par atteindre ma liberté, c'est bien parce que j'accepte de subir. Je ne parle que pour moi. De ma petite situation personnelle de retraité qui ne manque de rien. Alors demeurer dans une sorte de passivité d'attendre « des jours meilleurs » c'est une vraie connerie de ma part.


Aujourd'hui, journée neuve.

Aujourd'hui, journée sans principe routinier.

Aujourd'hui, journée sans ce terrible « occupationnel » qui caractérise les lieux de vieillards, qui pensent qu'il y a plus qu'une seule chose à faire : attendre la mort !

Eh bien, pour moi,  NON !


Cela fait plusieurs jours que je retrouve cette dynamique. Et je m'en porte mieux. L'énergie revient du fond de moi-même. Certes elle est en moindre quantité que quand j'avais 20 ans ! Et alors ? Elle est toujours là. À moi de choisir mes possibles dans la limite des stocks disponibles, plutôt que la laisser s'évaporer inutilement. ce n'est même pas une question d'effort de volonté. C'est une question de qualité d'état intérieur. Seulement ça, rien que ça, mais totalement ça.


lundi 25 janvier 2021



Chez « le goût », pour la consigne, celui-ci nous dit :




En voyant « Le pêcheur à la ligne » de Renoir, m’est venue une question. 
Mais que peuvent-ils bien penser, l’un et l’autre.
Ou l’un ou l’autre.
L’une ?
L’autre ?
Tentez donc de pénétrer leurs pensées d’ici lundi.
Je vais m’y efforcer aussi.
À lundi…




Un lundi au bord de l'eau : on pêche ou on pèche ?



Georges-Henri a toujours aimé la pêche.

Marie-Marcelle a toujours apprécié la lecture.

C'est pourquoi ils se rendent régulièrement sur le chemin de halage de ce cours d'eau paisible qu'ils appellent Petite Rivière Saint-François, en souvenir de l'idée d'un voyage qu'ils n'ont jamais fait. Il devait les conduire au Québec dans le petit village du même nom  du comté de Charlevoix où s'était exilé un grand-oncle de Monsieur. Celui-ci décédé, ils ont hérité de sa fortune que l'on peut qualifier de conséquente si ce n'est de colossale. Le nom de petite Rivière Saint-François, c'est en sa mémoire.


Le couple  Georges-Henri et Marie-Marcelle vit essentiellement de rêveries en bons amateurs de dilettantisme qu'ils sont. Ceci doit durer jusqu'à épuisement de la fortune héritée. C'est dire si ce n'est pas demain la veille.


Georges Henri est un contemplatif pragmatique. Personnage haut en couleur et bas de réflexion. Il trempe son fil dans l'eau, à défaut de tremper son biscuit dans le thé, que de toute façon Madame refuse toujours de lui préparer. Depuis quelques temps il se demande s'il a raison de porter la barbe et n'arrive pas à se résoudre à trancher l'épineuse question de la raser ou, à l'inverse, de la laisser pousser et prendre du volume.

Elle n'est pas facile la vie d'un gourmet de l'oisiveté. On n'a pas grand-chose à faire, rien de spécial à penser, et cependant il faut meubler une vie. En parlant de meubler, Georges Henri se demande si leur mobilier actuel est suffisamment à la hauteur du train de vie auquel doit normalement s'astreindre quelqu'un qui a pignon sur rue par héritage. Question  épineuse. Il ne va quand même pas se séparer des meubles meublants qu'il a reçus. Garder un minimum de dignité est une composante des obligations des nouveaux riches. De plus, les actuels, ces trucs vieillots, auraient tendance à le dégoûter. Et s'il optait pour un peu plus de modernité ? Il faudrait qu'il en parle. Madame sera-t-elle ouverte à une telle discussion, c'est encore un autre problème non résolu à ce jour. C'est fou comme les pensées peuvent vous préoccuper parfois.


Marie Marcelle s'astreint à l'obéissance qui sied à son rang. Sa toilette est impeccable. À chaque instant elle est en capacité de rencontrer une personne de sa nouvelle catégorie sociale, sans rougir. Elle en est fière. Aujourd'hui elle s’est munie d’un journal réputé sérieux et le parcours des yeux. Cependant son cerveau est ailleurs. Elle s'est envolée sitôt que son mari a trempé son fil. Elle a laissé son esprit suivre le fil de l'eau et s’est éloignée de plus en plus loin. La voici timidement à la porte de la maison des délices supposés. Celle de Monsieur de Rubenprétaportez. Elle hésite. Se décidera-t-elle un jour à toquer et à espérer ?  Elle songe à cet homme à l'élégance raffinée, aux doigts fins, aux yeux brûlants qui furent les siens l'autre jour, chez les de Laperdeu. Elle se souvient combien il la déshabilla du regard. Elle en frissonne encore. Seulement voilà, même en rêve, elle ne secoue pas le marteau de porte. Elle ne secoue jamais rien d'ailleurs. Avoir la richesse et désespérer, normalement ce n'est pas compatible, se met-elle à penser. Observons que c'est quand même sensé.



— Avez-vous pris un quelconque poisson, mon ami ?


— Ce n'est pas un bon jour, répond George Henri, en levant les yeux au ciel qui n'en pense pas moins.


— Croyez-vous que nous dussions rester à cet endroit encore longtemps, mon ami ?

Elle a employé l'imparfait du subjonctif. Est-ce correct ? Le futur simple n'est-il pas préférable ? « Pensez-vous que nous devons »… elle opte pour le subjonctif qui lui semble plus conforme à son rang social. Elle ne va quand même pas lui dire : 

— « Bon, on y va ? Je commence à me geler les miches ici ! »


George Henri estime alors qu'il convient de mettre fin à la partie de pêche. Il remballe ses petites affaires, aide Marie Marcelle à délicatement se relever. Ils rebroussent sur le chemin de halage en adoptant une démarche bras dessus bras dessous. Pourvu qu'ils ne rencontrent personne, car Marie Marcelle n'est pas certaine de la position adoptée. Qui des deux doit avoir le bras dessus, et qui place son bras dessous. Ne voulant pas être ridicule la prochaine fois, elle se forge un impératif de consulter « le manuel des bonnes manières » dès qu'ils sont rentrés à la maison.


lundi 18 janvier 2021

Le choix de Gonzague


Chez "Le Gôut" 



Je vous propose de dire ce que vous inspire cette toile de Mr Vettriano.
Une histoire qui commencerait par :
« Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d’intelligence et plus d’emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador. »

Et qui finirait par :
« Elle en retira qu’il n’avait que l’aspect d’un brave, avec l’entrain facile d’un commis voyageur. »






Le choix de Gonzague



Un bel organe, un imperturbable aplomb, plus de tempérament que d’intelligence et plus d’emphase que de lyrisme, achevaient de rehausser cette admirable nature de charlatan, où il y avait du coiffeur et du toréador ; bref, cela promettait et une rencontre intéressante.l

Je commençais à comprendre, enfin, je croyais comprendre, pourquoi Gonzague avait tellement tenu à me le présenter.

— Tu verras, un être d'exception !

Le terme n'était pas outré. Exceptionnel dans la détestation que j'ai immédiatement ressenti par une sorte d'écœurement dans l'estomac. Et puis ce costume vieillot, cette cravate démodée, cette veste d'un autre temps. Probablement qu'il n'avait pas l'odorat fin. Ça sentait la naphtaline. Pouah !

Il avait manifestement l'intention de me fourrer dans son pieu avant minuit. On le voyait dans son regard, on le reniflait dans son haleine. Pour lui faire comprendre que je n'étais pas dupe, régulièrement je regardais ostensiblement du côté de sa braguette à boutons, moi qui avais une nette préférence pour les zips. On atteint plus vite le cœur du sujet.


J'ignorais ce que Gonzague avait pu lui dire à mon sujet. Je suppose qu'il avait évoqué mon goût des hommes et des aventures courtes.  Chacun occupe ses loisirs comme bon lui semble, pour ma part j'apprécie et je me délecte surtout du plaisir de les choisir et de les rejeter. Surtout s'ils sont tombés amoureux, les imbéciles !

Oui, voilà, femme fatale dit-on ! Je dirais plutôt femme avide des montées de  plaisir, en évitant par la suite la descente aux enfers de la routine. L'amour plan-plan je déteste.

Une belle bataille pour conquérir le lit pouvait s'enclencher. Je savais d'avance qui serait le vainqueur.

Gonzague, en retrait, lui laisse la place sur le devant du bar. Il observe comment je vais m'y prendre, comment ça va tourner.  Gonzague aime beaucoup car après je lui raconte le tout. C'est notre complicité.


 Assise sur mon tabouret, je me demande si je ne commence pas déjà à m'ennuyer. Mauvais choix mon cher Gonzague. Ce type n'est pas mon style. Quoique je n'ai pas vraiment de style. Et puis, une aventure avec ce mec  dont je commence à voir les failles, me permettrait de le dominer  pour mieux l'humilier. Je suis certain que  sous ses airs conquérants, c'est une petite bite. J’ai lancé :

— Avez-vous récemment relu Flaubert ? Que pensez-vous d'Emma ?

Avec ma bouche pulpeuse et une voix doucereuse, j'ai insisté sur le RE de RElu ! J'ai pensé que ça valait  l'équivalent de glisser ma chaussure rouge dans son entrejambe en remontant lentement.

Bingo ! J'ai marqué cinq points. Il eut l'air troublé et rosit légèrement. Il balbutia qu'il ne connaissait pas bien ce monsieur, ni sa femme Emma. J'ai donc enfoncé ma chaussure rouge plus haut :

— ah bon ? Vous n'êtes pas allés récemment à sa dernière signature chez Gallimard ?

Il répondit qu'il n'avait guère le temps à cause de ses affaires. Le coup du occupé par ses affaires, on me l'avait déjà fait. Encore cinq points pour moi : manque d'originalité du mec ! Et puis question littérature, ce n'est pas de l'aplomb qu'il a, mais des chaussures de plomb qui valent leur poids d'inculture.


***


Alors, ça s'est terminé comment,  ça t'a plu ? C'était bien ? que je demande à Sidonie

— Ben tu vois Gonzague, à l'avenir, faudra éviter de me ramener ce genre de produit.

— Mais, Sidonie, au départ je ne pensais pas qu'il se comporterait de cette manière. Il me semblait simple, presque un peu benêt. Certes une certaine prestance apparente, un côté sûr de soi, mais de la timidité au fond. Tu aurais pu aimer ce modèle. Pour une fois ce n'était pas un dandy.


Quant à Sidonie, de cette histoire inaboutie, réfléchissant aux propos de Gonzague, Elle en retira qu’il n’avait que l’aspect d’un brave, avec l’entrain facile d’un commis voyageur. 


mercredi 13 janvier 2021

Bulle de refuge versus ouverture au monde

 — Alors, qu'est-ce que tu lis en ce moment ?

Petite question qui revient parfois, en particulier par des gens de l'atelier d'écriture ou d'autres connaissances qui imaginent que je dévore de la littérature, parce qu'ils connaissent quelques-uns de mes écrits et disent : « toi qui écris bien ! Les grands auteurs doivent t'inspirer… »


La question me dérange. Je me sentirais presque coupable de répondre : — « pas grand-chose ! ». Il paraît que « Lire, c'est essentiel ! ». Surtout en ce moment. Dans certains milieux existe ce ce clivage entre ceux qui lisent des bouquins, les bons en quelque sorte ; et ceux qui ne lisent pas de bouquins, les incultes évidemment.

Chacun devrait avoir lu ou relu  tout Marcel Prout, Simone d'Abreuvoir, Jean-Jacques Trousseau, Mahomet, Sénèque, Confucius, Lamartine et les Martine, Dostoïevski de fond, et surtout Albert Cabus, ça c'est le must.

Bon, je me moque. D'autant que j'ai lu certains. Ça me défoule.



J'ai lu tout récemment un billet de blog où il était question de livres, comme des bulles de refuges dans l'enfance. Alors j'ai pensé à la mienne et à mon adolescence, parce qu'il en fut ainsi. La lecture comme refuge parce que la vie était bien trop insupportable et dangereuse. Enfant je lisais ce qui me tombait sous la main, c'est-à-dire pas grand-chose. Il n'y a jamais eu une bibliothèque à la maison.

Ma première vraie bibliothèque ce fut celle du centre de rééducation. Il y avait des centaines de livres, je passais tout mon temps disponible à lire, y compris la nuit dans la chambre des quatre, lampe de poche sous les couvertures. Rentré chez moi j'ai continué puisque j'étais toujours seul en dehors des heures d'école. J'ai lu des centaines de livres. Des trucs intéressants, et l'inverse aussi. C'était alors une lecture occupationnelle comme d'autres fabriquaient des scoubidous. Occuper la tête pour ne pas penser. Ne pas penser à l'absurdité de vivre dans un corps quasiment inerte. En tout cas qui ne pouvait plus servir grand-chose.


Tout changea lorsque j'ai pu retrouver une autonomie, à 18 ans, avec l'obtention du permis de conduire une voiture adaptée. 

J'ai alors cessé de lire pour vivre.

Je n'ai cependant pas cessé d'écrire mon journal dit intime.


Plus tard j'ai repris la lecture, mais bien peu de romans ou fictions. J'ai lu des livres thématiques sur : l'histoire, la sociologie, la psychologie, les sciences humaines, la spiritualité, des biographies, autobiographie, récits de vie. Bref ce qui existait dans la vraie vie. En dehors de l'imaginaire.


Je ne regrette rien. Bien au contraire. Mon attirance pour la lecture dans les années que j'évoque, j'en suis heureux. J'ai appris beaucoup. Cela me donnait à réfléchir, à découvrir, à former ma pensée, à confronter, à m'enrichir sur le plan vocabulaire. Je me souviens quand j'ai commencé à écrire des articles pour des revues, on me demandait de reprendre ma copie pour simplifier mon vocabulaire jugé « trop riche ». J'obtempérais mais je trouvais aussi qu'on prenait un peu trop les lecteurs pour des incapables.


Aujourd'hui je m'interroge. Ne faudrait-il pas augmenter mes temps de lectures que je vais qualifier de « nourrissantes par le haut ». J'ai des livres commencés et puis rien, d'autres achetés qui attendent, certains téléchargés sur ma liseuse et qui attendent tout autant. Peut-être que je m'appauvris. Je devrais sans doute plutôt écrire que je ne m'enrichis plus assez. Parce que quand même ce qui est acquis est acquis. (Du moins je l'espère).


Ce qui me gêne c'est le sentiment que j'évoque au début. Cette sorte de mini-culpabilité, qui fait sans doute obstacle. Elle ne se transforme pas suffisamment en attirance positive, comme cela m'arrivait plus jeune, allant dans une des plus grandes librairies de France en ayant hâte de rentrer à la maison pour commencer à lire les bouquins que je venais d'acheter.

Je suis peut-être moins ouvert qu'avant. Ou plus paresseux.

Je m'en va chercher la réponse dans un bouquin !


lundi 11 janvier 2021

Smith et Johnson, la robe verte et le feu tricolore.



Le 63e devoir du « Goût » nous amène dans l'univers d'Hooper


Que pouvait-il imaginer en peignant ce carrefour vide ?
En avez-vous une idée ?
D’ici lundi vous l’aurez écrit j’espère.



Smith et Johnson, la robe verte et le feu tricolore


Plus d'une fois je me suis demandé pourquoi la voiture de Mister Smith était aussi mal garée. Et d'ailleurs il semblerait qu'elle soit abandonnée. L'Autorité nous avait bien dit de garer correctement les véhicules avant de partir définitivement pour la destination assignée.

Il me semble que Miss Pauwels, avec son éternelle robe verte vient également vérifier la chose, comme elle le fait tous les jours. Aurait-elle une réponse que je n'ai pas ? Je devrais me décider à parler à cette personne d'autant plus que le feu tricolore est vert lui aussi. Mais j'hésite beaucoup trop longtemps. Alors il passe au rouge. Et il faut attendre demain. Je ne sais pas pourquoi il n'y a qu'un seul cycle du feu tricolore par 24 heures. Souvent je me demande depuis quand le temps est ainsi étiré . À moins qu'il ne se soit raccourci. Finalement tout est relatif.


En revanche, avant qu'il ne disparaisse, je bavardais souvent avec Mister Smith, sans m'aventurer jusqu'à m'approcher de lui, en raison des distances imposées. Nous élevions la voix tout en faisant des signes.

— La journée a été bonne Mister Smith ? que je lançais les mains en porte-voix.

— Excellente Mister Johnson ! me répondait-t-il à chaque fois d'une voix forte. Excellente !

Et puis c'est tout.

J'estimais qu'il convenait de garder des rapports cordiaux tant que c'était encore autorisé. Je pense que les phrases courtes échappaient au contrôle.


Ce qui m'étonne ce sont les arbres. Ils sont encore verts. Certainement par mimétisme au regard de la robe de Miss Pauwels. Avec ce ciel bleu permanent et le fait qu'aucune goutte de pluie ne soit tombée depuis des temps immémoriaux, je ne me souviens même plus à quoi peut bien ressembler une averse. C'était agréable lorsque le temps variait. Il y avait une sorte de mouvement. Nous avions le sentiment d'une vie conviviale et variée.


Miss Pauwels a disparu du paysage. Je suppose qu'elle est rentrée chez elle. Probablement qu'elle ne réside pas chez nous. Dans notre ville  c'est excessivement rare que les femmes s'habillent en vert. Chez nous cette couleur est réservée à la nature et aux volets des maisons. Normalement personne ne déroge à cette règle. Dès lors Miss Pauwels me semble une personne suspecte.


À partir de quand vais-je commencer à m'ennuyer ? Cette question me préoccupe depuis un certain temps. Je ne saurais préciser la première fois où je me la suis posée, c'était sûrement il y a longtemps, à moins que ce ne soit hier soir. Il faudra que je trouve un moyen de vérifier. D'autant que la pendule du fast-food abandonné est arrêtée désespérément sur 19 heures.


Mes pensées sont intenses depuis sept ou huit cycles du feu tricolore. Comment le processus pourrait-il s'arrêter d'arrêter ce qui ne doit pas être arrêté ? Dois je faire quelque chose pour qu'il en soit ainsi ? De quoi suis-je responsable ? Y a-t-il une action à accomplir, ou faut-il rester dans l'attente ?


Mon regard ne se détache pas du paysage fixe. Là est le problème sans doute. Je devrais regarder ailleurs. Jusque-là l'idée ne m'en été pas venue. La voilà qui apparaît brusquement : Regarder ailleurs.


Après le temps d'attente nécessaire pour que cette pensée rejoigne mes yeux, je me suis décidé à laisser glisser mon regard sur la droite . C'est alors que j'ai découvert l'existence d'une table à mes côtés avec un briquet posé dessus.

 Aussitôt j'ai compris.

J'ai mis le feu à la toile qui était auparavant devant mes yeux.

Depuis, je brûle de savoir ce qui va se passer maintenant.


mardi 5 janvier 2021

Marathon d'écriture

Périodoqiement j'organise un marathon d'écriture ouvert à tous.

Certains d'entre vous ont déjà participé, dans ce cas les inscriptions des années précédentes sont toujours valables.

Si de nouvelles personnes veulent tenter l'aventure


pour s'inscrire c'est ici


-o0o-

Le 15 ème Marathon d'écriture se déroulera
du samedi 16 janvier au samedi 23 janvier 2021

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Un marathon d'écriture consiste à s'engager à écrire en continu durant plusieurs heures, et à publier sur le forum toutes les heures.
Ecriture LIBRE (pas de thèmes pré-définis, ni consignes...)

Chacun choisit librement le jour qui lui convient pour son marathon 

au cours de la semaine proposée.


le minimum d'écriture est de 3 heures d'affilée, 
on peut écrire pendant 5, 8, 10 heures...
pas de limite maximale de durée...

Chacun choisit librement le jour qui lui convient pour son marathon au cours de la semaine proposée. Des fanatiques viennent écrire plusieurs marathons sur plusieurs jours !

Le marathon d'écriture peut être addictif !

Ce forum d'écriture est privé. Seuls les participants qui écrivent effectivement sont admis.

On ne peut donc pas s'inscrire uniquement pour lire les autres.

Lorsque le marathon est terminé, tous les textes sont supprimés.




lundi 4 janvier 2021

Premier devoir pour l'an nouveau.



Chez le goût des autres le premier vendredi de l'année sera le 60e devoir



C’est la rentrée…
Eh oui ! Alors, pour commencer « le deuxième trimestre » si important, celui qui décide de la classe que vous rejoindrez l’an prochain je vous propose cette aquarelle.
Alors, que diriez-vous lectrices chéries qui ne vieillirez pas plus cette année que les précédentes, d’écrire un récit sur ce tableau de John Salminen ?
Parlez-moi de ce lieu, de cet homme, de ce que vous pensez.
À lundi…







Où va ce personnage ? Qui est-il et que fait-il ?

Il marche ! Sous les arbres qui ont sans doute été plantés avant son existence à lui. Et qui demeureront après, sauf si une tronçonneuse passe par là, quelque peu égarée dans un monde qui a perdu la boule de Noël.





On peut l'imaginer, au même endroit, dans un autre contexte, une autre saison, aux apparences plus claires et plus clémentes. Là on demandera au personnage de virer ce truc à capuche et de profiter de la douceur du temps. Seulement il s'imagine toujours qu'il continue à pleuvoir. Tout est dans l'imagination. On se fabrique ce que l'on veut, quand on veut. La tête est libre.





N'empêche que par moment, tout devient flou. Aveugle de nous-mêmes on ne distingue plus la réalité pour ce qu'elle est. La vue à travers des lunettes fabriquées pour nous leurrer sur le réel. On scrute, on ne voit plus, on distingue à peine. Plissez les yeux pour une meilleure mise au point. Vous n'y arrivez pas ? Pas grave, il suffira de regarder la télé ce soir : le comité gouvernemental fera la vraie mise au point.







Comme d'habitude, on enveloppera le tout dans un sac plastique qui tiendra lieu de vérité faussée, de clarté trouble, de limpidité huileuse, de circonvolutions droites, et de solutions simples impossibles.








Il restera à s'installer tranquillement dans la mélasse sucrée des bonbons anesthésiants de l'enfance trompée. On nous proposera une vie guimauve, un travail sucre d'orge, des caramels roses, des chamallows pour étouffer nos libertés.







Alors quelques-uns inventeront un autrement, un autre chose, un par ailleurs, un bien plus que, ou alors des  incomparablement changeant, un certes mais d'un autre côté..., ou bien un par surcroît qui tiendra compte du pour le reste, et même le  d'ailleurs pourrait se montrer compatible avec le de plus.


Il ne restera plus que ôter nos capuches, vêtements, slips caleçons et petites culottes. En ce temps qui approche sans venir, le soleil brillera de tous ses feux et le pisse vinaigre comme d'habitude criera à l'incendie…