Ce matin j'ai quitté l'espace sommeil (taupe) pour me rendre à l'espace collation matinale (gris souris), en passant par l'espace de circulation (vert lézard). J'ai levé les volets électriques Somfy (position hiver lamelles semi-dégagées), découvrant avec délectation mon espace privatif naturel engazonné (vert anglais), élégamment arboré, offrant les subtilités automnales (pourpre éclatant) qui favorise la zénitude, seyante au repos de l'âme dès potron-minet.
Je me suis sustanté (et non pas j'ai tenté de me sucer) de brioches et de croissants de mon pâtissier attitré, agrémentant ce délice d'un thé vert indo-chino-japonais à la bergamote et à la papaye citronnée, tout en méditant sur l'effrayante avancée perpétuelle du temps et sur l'immensité galactique, dont il est à se demander qui en est l'origine, pour aller où, faire quoi, revenir comment, dans quel sens et avec qui. J'ai alors ressenti au fond de mon ventre les douleurs existentielles que peut provoquer cette affolante occupation de l'esprit, juste avant de réaliser qu'il s'agissait de gargouillis significatifs me montrant qu'il était temps de me rendre à l'EEDDHN (Espace d'Evacuation Des Déchets Naturels Humains), que le bas peuple appelle les chiottes. (pouah !).
Après cette activité soulageante, mes pas se sont dirigés vers l'espace sanito-cosmétique, bio-opérationnel. Là, j'ai profité du jet multidirectionnel, à bulles de jojoba, que je me suis fait installer sur les conseils de ma relaxologue personnelle.
Ainsi requinqué, il était temps de passer à l'espace travail (jaune courge) dizagné par Philippe Starck : fauteuil framboise bien mure, étagères en bois des Iles-Luzions, table flamants roses, lampe à pétrole à gaz.
Devant mon ordinateur Macintosh customisé par Ernest Dupneu (dont l'oeuvre visionnaire est encore inconnue du grand public), j'ai pu composer une ode au service public de la télévision française, toujours prête à instruire le bon peuple, en présentant dans son émission « la maison de France 5 », les immenses baraques froides à frémir des gens pétés de thunes, pour l'édification et l'acquisition du bon goût de ceux qui vivent en HLM ou dans une caravane.
Merci encore pour toutes ces merveilleuses idées dont nous pourrons bientôt équiper nos 150 m² de pièce à vivre.




