109ème Devoir de Lakevio du Goût
Cette lithographie de Maurice Utrillo, que j’ai vue il y a bien longtemps au « MOMA » et qui m’est revenue à l’esprit au musée de l’Orangerie il y a deux jours, me saute à la mémoire.
Et à vous ?
Bah ! On verra lundi…
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Observations et poursuites
La première fois que nous les avons repérées, c'était rue d'Orchampt, probablement vers la rue Lepic, pas bien loin du Moulin de la Galette. Elles nous ont intriguées. Leurs attitudes avaient une apparence débonnaire. Des femmes banales, quelque peu passe muraille, déambulant avec des allures ordinaires. Manifestement elles cherchaient à ne pas se faire remarquer, à se fondre dans le paysage et l'ambiance de ces rues de Montmartre avec leurs particularismes. . Que ces dames se comportent de manière naturelle, voilà qui était particulièrement louche pour nous. Rapport à notre fonction, nous devons avoir l'œil. La suite démontrera que nous avions parfaitement raison.

Quant au suiveur, jamais vraiment visible, c'était un solitaire qui habitait le quartier, quelque peu maniaque, vieux garçon, qui cherchait à s'occuper d'une manière ou d'une autre. Nous le savons, la plupart du temps les oisifs s'ennuient. Dans le quartier il n'avait pas mauvaise réputation, au contraire, on le trouvait gentil et timide. Il aurait presque inspiré de la compassion.
Des témoins attestent avoir vu clairement l'homme étrange suivre les deux femmes de manière évidente rue Cortot, à proximité de locaux de « la commune libre de Montmartre ». Effectivement elles sont passées par là. Nous en avons des traces picturales.
Qu'est-ce donc qui se tramait derrière tout cela ? Il y avait de sérieuses raisons d'enquêter et de les suspecter, d'autant que ces trois-là rôdaient du côté du de l'établissement louche et surveillé « le Lapin Agile » ainsi qu'en témoigne une autre source dont nous avons la trace en peinture.
Ce sont toujours elles, et manifestement on devine l'homme étrange derrière tout cela. Des personnes dignes de confiance les ont vus dans cet établissement où se réunit ce groupe subversif des « antigrattecielistes ». Il convenait de se méfier de toute cette racaille d'artistes dangereux.
Les investigations approfondies que, nous gendarmes, avons menées subséquemment et conséquemment montrent des indices concordants recueillis par nos services compétents. Il appert de manière péremptoire, définitive et inattaquable que nous n'avons pas tort dans nos conclusions. À savoir :
Le suspect que nous suspectons avec suspicion est effectivement entré en contact rapproché avec lesdites personnes féminines figurant sur les documents colorés versés au dossier. Nous en avons pour preuve la pièce dénommée : « 18e arrondissement rue du Mont-Cenis » où on peut enfin apercevoir les visages des deux personnes considérées de sexe féminin.
Effectivement force est de constater qu'elles ont des visages pas tibulaires, mais presque. Dans le langage courant nous dirions : « Elles ont de belles têtes de malhonnêtes ». (C'est dans un souci de compréhension que nous utilisons un vocabulaire non professionnel digne d'une personne lambda).
Conséquemment, vu les conséquences qui découlent de partout, notamment des éléments complémentaires qui viennent compléter ce que nous avons précédemment développé avant, il fut décidé, par nous-mêmes unanimement, de procéder à l'interpellation de l'homme suiveur et des deux personnes féminines selon la formule légale :
— « Hep ! Vous là-bas ! », d'une voix forte conformément au règlement.
C'est alors que les trois suspects se sont enfuis ensemble et de concert, d'une manière accélérée, avec vitesse et précipitation .
Constatant la chose, nous avons eu la démonstration irréfragable que l'une, l'autre, et la troisième avaient quelque chose à se reprocher. Bien évidemment nous n'avons pas pu les rattraper, en raison de notre essoufflement rapide, mais les faits sont établis et feront l'objet d'un procès-verbal qui sera classé aux archives nationales.
Dont acte. Et ce sera justice.
À Montmartre, au temps des cerises et plus tard de la Patachou