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vendredi 31 décembre 2021

Sans plus attendre

 366 réels à prise rapide

Aujourd'hui ce qui demeure immobile


Ce sera le dernier petit exercice de l'année. C'est peut-être elle qui aura été immobile durant 365 jours. Une année d'immobilisme. En attente. De quoi ? De la disparition d'un virus ? Une sorte de vie  « en attendant le remède miracle » comme on attend toujours Godot.


VLADIMIR : Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

ESTRAGON : On attend.

VLADIMIR : Oui, mais en attendant ?

En attendant Godot  - S. Beckett


En attendant on discutaille, vaccin pas vaccin, masque pas masque, fermeture ou ouverture, debout ou assis, pass sanitaire ou pas pass sanitaire pour une passe à 100 €. Passe-moi le sel ou passe-moi la main dans le dos, moi je passe mon tour.

Gauche ou droite ? Monter ou descendre ? Laisser passer ou laisser tomber.


Polémiquer avec Paul et Mickey :

VLADIMIR. – Ça a fait passer le temps.

ESTRAGON. – Il serait passé sans ça.

VLADIMIR. – Oui. Mais moins vite.


ESTRAGON. – On trouve toujours quelque chose, hein, Didi, pour nous donner l’impression d’exister ?


Je vous souhaite de commencer l'année 2022 sans plus attendre quoi que ce soit. Il suffit de prendre la décision d'embrasser pleinement le jour qui brille et qui vous ouvre les bras.


jeudi 30 décembre 2021

Changement



Voilà un titre certainement annonciateur de bouleversements chez AlainX. Dans quelques instants le suspense sera probablement à son comble. Retenez votre souffle mes bons amis et surtout amies, la nouvelle ne va pas tarder à tomber sur vos téléscripteurs.

[Que voilà un nom totalement trépassé, ignoré des moins de 20 Smartphones et Minitels confondus].


Donc voilà, j'ai modifié mon blog. Il y a quelques jours, et je suis certain que vous l'avez tous remarqué en vous demandant : — « Tiens ! Mais qu'est-ce donc que ce changement ? Cela fait sens, n'en doutons pas. » Je ne doute pas non plus que vous en avez découvert la signification profonde.

Voilà, ça c'est dit !


Parlons d'autre chose. L'année se termine. Vous vous en êtes probablement aperçus en regardant par la fenêtre. Il faut l'ouvrir en grand : de l'air ! Qu'importe s'il est pollué, nous avons des masques pour démasquer ses turpitudes.

Il est d'usage, dans certains milieux et endroits précis, de faire un état des lieux en forme de bilan de l'année écoulée. Mon banquier me l'a proposé pour envisager l'avenir de mes petits placements qui ne rapportent rien. C'est probablement pour cela qu'il me dit rapportez-les-moi , j'en ferai bon usage. Il a oublié un terme « personnel » — j'en ferai un bon usage personnel.


Donc un bilan : — De quoi me suis-je enrichi en 2021 ?

De pas bien grand-chose. Une année blanche dans l'attente de l'heure bleue, qui probablement arrivera trop tard. Une année avec quelques nuits blanches durant lesquelles j'ai essayé d'éclairer ma lanterne rouge, que je n'arrive toujours pas à prendre pour une vessie. (Oui, je sais, j'écris n'importe quoi). J'espère toujours pouvoir me hisser jusqu'à quelques sommets pour déboucher l'horizon, mais ce fut la platitude d'une crêpe refroidie.

Photo AlainX


Et cependant.

Tout cela ce n'est que la surface des choses. L'immobilisme du paralytique qui ne remue plus ciel et terre pour soulever les poussières de l'attentisme et l'idée idiote que tout aille bien un jour ou l'autre.

Le volcan apparemment éteint bouillonne sans cesse d'une vie souterraine, avec une intensité qu'on ne soupçonne guère. « L'autre monde » recèle une énergie puissante. On ne la connaît que lorsque l'on y est résident permanent.

C'est là que je m'en vais Vivre. Devenir un permanent du lieu. Ne plus être un intermittent de la paix intérieure, toujours tenté de retourner en arrière nostalgique d'un « avant » que l'on ne cesse d'embellir de couleurs vives, alors qu'il n'était parfois que pastel noir et blanc.


Donc voilà : je prends le train pour l'Intense.


mardi 28 décembre 2021

Pour un peu de rêve…


Pour s'évader un peu de cette fin d'année 2021 quelque peu bizarre…

et si on se souvenait de ce « Pays Imaginaire »

 qui nous a sans doute fait rêver dans l'enfance ?


***



Photo AlainX


lundi 27 décembre 2021

L'idéal c'est de ne pas en avoir

 366 réels à prise rapide


Aujourd'hui un idéal de traverse



L'idéal de traverse serait l'abandon de celui-ci. Bien sûr une théorie de la perfection voilà l'idéal. Et d'ailleurs on ne cesse de nous la proposer puisque nous la réclamons en permanence. Un monde parfait, une société idéale. Bref, le commencement de la félicité éternelle. Rendez-vous compte : disposer du parfait, maîtriser le sublime, être le transcendant impeccable, le chimérique accompli, l'utopie à portée de main. Il n'y a pas à hésiter, d'ailleurs c'est en permanence la promesse du publicitaire d'une part, du politique d'autre part, qui ont bien compris que nous y aspirons « en vrai ». Toujours savoir promettre une solution à tout, surtout quand on n'en a aucune. Cela fait oublier que l'idéal n'est jamais qu'un concept vaporeux inventé pour faire patienter jusqu'à la mort.


Je préfère le concret, le prosaïque, relativement imparfait, relativement positif, infernal ou angélique à ses heures, divinement pénible, épouvantablement passionnant.

La vie en quelque sorte…


mardi 21 décembre 2021

Est-ce que tu le sais ?

366 réels à prise rapide

Aujourd'hui il paraît que.



Ah ! Cette petite phrase terrible : « Tu sais quoi ? Il paraît que… ». Le mieux est en général de ne pas écouter la suite, parce que celui qui s'exprime ainsi n'a en général qu'un seul but : se faire mousser auprès de son interlocuteur, fier, comme disait Coluche « d'appartenir aux milieux autorisés où on s'autorise à penser ». Évidemment il est bien entendu impératif de faire savoir rapidement ce dont on ignore tout effectivement.


« Aujourd'hui il paraît que nous serions vendredi », mais ce serait encore à confirmer, ce n'est pour l'instant qu'une rumeur, certes persistante ce qui ne lui confère pas pour autant une preuve irréfragable de réalité. Et quand on y réfléchit bien, pourquoi ne serions-nous pas lundi ou mercredi ? Voire, mais c'est moins sûr, dimanche.

Et pour vous ? Quel jour sommes-nous ? Je vous en prie, commencez par vérifier vos sources. Avouez que je vous laisse de la marge je n'ai pas dit : « quelle heure est-il ? » Car à peine me l'auriez-vous dite que ce serait déjà faux.


lundi 20 décembre 2021

Observations et poursuites

109ème Devoir de Lakevio du Goût




Cette lithographie de Maurice Utrillo, que j’ai vue il y a bien longtemps au « MOMA » et qui m’est revenue à l’esprit au musée de l’Orangerie il y a deux jours, me saute à la mémoire.
Et à vous ?
Bah ! On verra lundi…


-o0o-





Observations et poursuites


La première fois que nous les avons repérées, c'était rue d'Orchampt, probablement vers la rue Lepic, pas bien loin du Moulin de la Galette. Elles nous ont intriguées. Leurs attitudes avaient une apparence débonnaire. Des femmes banales, quelque peu passe muraille, déambulant avec des allures ordinaires. Manifestement elles cherchaient à ne pas se faire remarquer, à se fondre dans le paysage et l'ambiance de ces rues de Montmartre avec leurs particularismes. .  Que ces dames se comportent de manière naturelle, voilà qui était particulièrement louche pour nous. Rapport à notre fonction, nous devons avoir l'œil. La suite démontrera que nous avions parfaitement raison.





Quant au suiveur, jamais vraiment visible, c'était un solitaire qui habitait le quartier, quelque peu maniaque, vieux garçon, qui cherchait à s'occuper d'une manière ou d'une autre. Nous le savons, la plupart du temps les oisifs s'ennuient. Dans le quartier il n'avait pas mauvaise réputation, au contraire, on le trouvait gentil et timide. Il aurait presque inspiré de la compassion.

 

Des témoins attestent avoir vu clairement l'homme étrange suivre  les deux femmes de manière évidente rue Cortot, à proximité de locaux de « la commune libre de Montmartre ». Effectivement elles sont passées par là.  Nous en avons des traces picturales.





 Qu'est-ce donc qui se tramait derrière tout cela ? Il y avait de sérieuses raisons d'enquêter et de les suspecter, d'autant  que ces trois-là rôdaient du côté du de l'établissement  louche et surveillé «  le Lapin Agile » ainsi qu'en témoigne une autre source dont nous avons la trace en peinture.





 Ce sont toujours elles, et manifestement on devine l'homme étrange derrière tout cela. Des personnes dignes de confiance les ont vus dans cet établissement où se réunit ce groupe subversif des « antigrattecielistes ». Il convenait de se méfier de toute cette racaille d'artistes dangereux.


Les investigations approfondies que, nous gendarmes, avons menées subséquemment et conséquemment montrent des indices concordants recueillis par nos services compétents. Il appert de manière péremptoire, définitive et inattaquable que nous n'avons pas tort dans nos conclusions. À savoir :


Le suspect que nous suspectons avec suspicion est effectivement entré en contact rapproché avec lesdites personnes féminines figurant sur les documents colorés versés au dossier. Nous en avons pour preuve la pièce dénommée : « 18e arrondissement rue du Mont-Cenis » où on peut enfin apercevoir les visages des deux personnes considérées de sexe féminin. 




Effectivement force est de constater qu'elles ont des visages pas tibulaires, mais presque. Dans le langage courant nous dirions : « Elles ont de belles têtes de malhonnêtes ». (C'est dans un souci de compréhension que nous utilisons un vocabulaire  non professionnel digne d'une personne lambda).


Conséquemment, vu les conséquences qui découlent de partout, notamment des éléments complémentaires qui viennent compléter ce que nous avons  précédemment développé avant, il fut décidé, par nous-mêmes unanimement, de procéder à l'interpellation de l'homme suiveur et des deux personnes féminines selon la formule légale :


 — « Hep ! Vous là-bas ! », d'une voix forte conformément au règlement.


C'est alors  que les trois suspects se sont enfuis ensemble et de concert, d'une manière accélérée, avec vitesse et précipitation .

Constatant la chose, nous avons eu la démonstration irréfragable  que l'une, l'autre, et la troisième avaient quelque chose à se reprocher. Bien évidemment nous n'avons pas pu les rattraper, en raison de notre essoufflement rapide, mais les faits sont établis et feront l'objet d'un procès-verbal qui sera classé aux archives nationales.

Dont acte. Et ce sera justice.



À Montmartre, au temps des cerises et plus tard de la Patachou






jeudi 16 décembre 2021

tissus

 366 réels à prise rapide


Aujourd’hui tissus




Parfois je remonte l’un ou l’autre fil du tissu de mes relations parce qu’il est coloré de manière singulière. Unique. Quand donc est-il apparu ? Est-il un fils de chaîne ou un fils de trame ? Quelle importance ! 


Mais si justement : les fils de chaîne sont comme déjà là, avant. Il est des relations dont on sent bien « qu’elles devaient se faire » 


Et cependant rien n’est tissé à l’avance. Mais tout va dépendre des fils de trame, relations qui passent et repassent et repassent encore. Les deux sont nécessaires.


 Mais la trame nécessite un soin particulier car ses fils sont fondamentaux et irremplaçables, pour que ça se passe harmonieusement sur le métier à tisser notre vie.


mercredi 15 décembre 2021

Crier

366 réels à prise rapide


Aujourd’hui il faudrait crier


Alors, si c’est aujourd’hui, ce sera un petit cri de joie. Tout petit. Pas une explosion, mais plus qu’un soupir ou un balbutiement. Il y a quelques jours ç’aurait été un coup de gueule, parce que ça commence à bien faire ce truc. Mais les jours se suivent et sont différents.

Une petite suite de petites choses ou des personnes m’ont apporté quelques petits services simples qu’ils auraient pu très bien ne pas accomplir. De ces choses desquelles on dit « ben oui c’est normal, c’est un peu leur métier quand même ! ». Oui mais voilà quand s’y ajoute ce petit plus d’humanité ordinaire qui tend à disparaître tellement par moment, alors c’est de la joie de voir que tout n’est pas définitivement perdu, loin s’en faut.

Mais par ailleurs on pourrait gueuler un grand coup à propos de tous ces gens qui nous serinent que le monde est pourri, foutu et court au désastre.


lundi 13 décembre 2021

Les 12 coups de minuit

 

108ème Devoir de Lakevio du Goût



Cette porte de grange ou d’étable, va savoir, me rappelle quelque chose ces temps-ci.
Je profite après le début de l’Avent avant Noël, pour vous suggérer de fait un sujet en complément des fêtes.
Elle m’inspire évidemment une histoire.
Plus exactement un dévoiement.
Mais à vous ?
Vous lira-t-on lundi ?

 




Les 12 coups de minuit


L'ange Gabriel, de service cet hiver-là, essayait de comprendre ce qu'on attendait de lui. On lui avait suggéré « un sujet en complément des fêtes ». Parce qu'en plus il  allait y avoir une fête ? Et personne n'avait pris la peine de lui dire de quoi il s'agissait. À l'époque il n'était encore qu'un ange de troisième catégorie de la sous-classe des chérubins des travées gauchistes. C'est dire si c'était un subalterne. S'il avait su le bel avenir et la notoriété quasi éternelle qui l'attendait, il aurait probablement agi tout autrement. Mais, seul le Grand Patron connaît l'avenir.


N'ayant encore que de petites ailes il se percha sur le dos d'une oie blanche qui partait en vacances en bande. Notre ange voulait visiter les alentours et chercher une idée pour la Bamboula Céleste. Le ciel était gris paradis mal nettoyé. Gabriel fut attiré par une grange délabrée et un arbre mort. Aussitôt il sauta de l'oie. Hop ! Comme un enfant, il adorait ce jeu de l'oie.


— Voilà ce que je vais ramener ! se dit-il en son saint for intérieur d'ange et en même temps il pensa (grâce à un ingénieux système de double pensée simultanée à triple effet) qu'il allait transformer ce paysage triste à pleurer risquant de susciter des pendaisons. Ce qui, soit dit en passant,  ne présentait aucun intérêt pour un ange éternel. Cependant, il était persuadé que rien que l'idée ferait marrer ses potes gauchistes. Mais, la règle paradisiaque était que chaque fête devait justement l'être : paradisiaque. Ce qui signifie de bon aloi. Comme le jeu.


Il sortit sa baguette magique de l'endroit où elle se dissimulait encore et en 12 coups de minuit le miracle s'accomplit. Évidemment il fut le premier surpris. Il s'attendait à tout, sauf à ça. Voilà qu'il était sauvé ! Il en avait presque les boules de Noël frémissantes d'allégresse. Des cloches, qui n'étaient même pas encore inventées, sonnaient dans sa tête. Il se sentait bête à manger du foin de la grange, laquelle fort heureusement avait disparu au profit d'une superbe villa éclairée de partout avec des machins qui clignotaient, des guirlandes qui virevoltaient, et  plein de gens avec des bonnets rouges à pompons sur la tête, et des pulls horriblement multicolores que le moindre archange n'aurait pu tolérer. Il y avait même un âne et un bœuf qui dansaient la  carmagnole. L'ange Gabriel éclata d'un rire céleste qui fit un boucan des six cents diables jusqu'au fond de l'univers.


— Tout ce spectacle est tellement kitsch et ridicule que je vais avoir un succès du tonnerre de Dieu en le proposant à la sélection.

Il demanda aussitôt intérieurement pardon au Grand Patron : l'expression « tonnerre de Dieu » était totalement prohibée en haut lieu. Ouf ! La foudre céleste ne se déclencha pas. Il était bel et bien sauvé. 


Voilà, c'est le mot : sauvé. Il allait ramener un truc qui sauvera le monde :  « une Nouvelle Civilisation à base du Triomphe de la Grande Consommation Éternelle ».


Il était désormais convaincu de son succès planétaire pour les siècles des siècles.


jeudi 9 décembre 2021

La paix profonde


Suite à mon billet d'hier et aussi à cette longue méditation qui mijote en moi depuis tellement longtemps, à l'image de ces plats mijotés pendant de longues heures sur le coin du la cuisinière à charbon de mon enfance.


La paix profonde est une solidité fragile.

La paix profonde est une intranquillité sereine.

La paix profonde est un ressenti éphémère et stable.

La paix profonde est une puissance faible


Voilà quelques-unes des manières dont on peut la pressentir et l'approcher au fond de soi. Parfois comme un diamant précieux, une perle rare, que l'on tient dans sa main et qui tout à coup coule entre nos doigts comme du sable.

Cela se produit quand on cherche à la garder pour soi-même. Elle se délite alors et impossible de la retenir. D'ailleurs on ne peut jamais la retenir.

C'est l'erreur souvent, celle que j'ai faite trop fréquemment. C'est un « donné continué en mouvement qui pousse à être » que l'on perd quand on veut le retenir. Ça ne s'achète dans nul magasin, et les marchands de bonheur, présents notamment dans toutes tromperies publicitaires, ne sont que des charlatans.


Il faut sans doute une longue fréquentation des profondeurs de l'être et quelques maîtres pour nous guider à la fois à nos côtés et au-devant de nous. Pas des gourous. Pas les grands chefs des grandes sagesses devenus des dieux. Ces maîtres là sont souvent à notre porte, où nous les croisons sans les voir, tellement indifférents et centrés sur nos petits problèmes.


J'en ai rencontré des grands maîtres, hommes et femmes de l'ordinaire, qui n'écrivent pas de bouquins, ne ressemblent en rien à cette nouvelle sous-espèce qu'on appelle : « influenceurs ». Ils ne bavessent pas des mots et des arguments. C'est seulement leur vie qui témoigne de l'être intense qu'ils sont, et de la grandeur de l'humilité qui les caractérise. Il nous transforment par osmose consentie. On perçoit en eux/elles ces caractéristiques de la paix profonde que je citais en commençant.


mercredi 8 décembre 2021

La paix du calme plat

366 réels à prise rapide


Aujourd’hui foule


Bah non justement, aujourd’hui pas foule du tout. Ce serait même l’inverse. Aujourd’hui solitude. Mais cependant on pourrait dire que dans cet état arrive parfois une foule d’idées. Tout ce qu’il faudrait faire (ou ne pas faire). Parfois la foule de pensées parasite. Ou alors c’est le foisonnement d’idées. Mais enfin, aujourd’hui, ce fut un peu le calme plat, celui que l’on ressent en bord de mer où tout baigne dans l’huile et qu’on laisse aller sa pensée visiter l’improbable des voluptés, les senteurs subtiles des émanations du bonheur. Alors on se croit compétent comme cultivateur dans l’art de la Paix.


(101 mots)

lundi 6 décembre 2021

L'amour en mer

 107ème devoir de Lakevio du Goût


J’aime cette toile de Valloton dite « Intimité ».
Elle m’inspire des tas de choses.
J’espère qu’à vous aussi.
Ce qui serait vraiment bien c’est que votre histoire, car j’espère que ce sera une histoire, c’est qu’elle commençât par « Flotte très lentement couchée en ses longs voiles » et qu’elle finît par « C’est qu’un matin d’avril ».
Je sais, c’est tiré de quelque chose de connu mais que j’espère, vous aimez autant que moi.
À lundi…





L'amour en mer


Elle flotte, très lentement couchée en ses longs voiles, tel un navire à la dérive,

 avec ce sentiment triste d'une noyade en eaux vives.


Hier encore elle pensait retrouver ses bras bouées qui l'enlaçaient.

 Ne l'avait-il pas repêchée lorsqu'elle sombrait sous la lune ?

Sauveteur des amours perdues dans les brumes.


Il offrait la douceur d'un port d'attache,

 le clapotis amoureux du doux ressac potache 

qui ne cesse d'aller et venir jusqu'au désir vorace.


Ensemble, ils lovaient les torons des amarres de l'attachement galère

dans l'épais fauteuil de la dunette du gaillard arrière.


Les romances sont-elles vouées au destin 

des barques abandonnées dans les cimetières marins ?


Elle avait pourtant frissonné au son de l'appel de sa corne de brume, 

appel de l'espérance, résurrection des amours posthumes.


Hélas se délita le filin de la bouée de sauvetage

l'amour une fois encore était pris en otage

les sentiments sont toujours volatils

tant pis, pensa-t-elle, c'est qu'un matin d'avril.


*

dimanche 5 décembre 2021

De la profondeur, parfois

 366 réels à prise rapide


Aujourd'hui masques et attitudes.


Lorsque Queneau a écrit cette proposition, il n'imaginait certainement pas que nous serions tous masqués un peu partout dans le monde, et que les attitudes face à cela seraient aussi variables que le nombre d'avis sur la date de la naissance de Dieu.


Porter le masque ce n'est pas se voiler la face inconnue de nous-mêmes mais au contraire laisser voir que le regard de l'autre peut-être pénétrant jusqu'au fond de notre pensée. Cela peut être source d'ambiguïté, tant les pénétrations sont sujettes à interprétations. Bien évidemment, là comme ailleurs, c'est toujours une question d'attitude.


mardi 30 novembre 2021

Télé, ce soir et dérisoire


En parcourant le programme télé je m'aperçois que sur la 2, ce soir, ce sera un nouvel épisode de la grande saga « Élysée 2022 » ! Malheureusement je n'ai pas suivi la série.

Il semblerait que ce soir l'épisode s'appellerait « les pieds nickelés + » . Oui, parce qu'à Filochard, Ribouldingue et Croquignol, ils ont rajouté deux autres rigolos d'où le « + ».

Bon, je crois que je vais plutôt regarder le truc culturel de la 5 « Si le Comté m'était conté… » déjà le titre est Hachement bien trouvé, original et tout, avec un jeu de mots auquel personne n'avait jamais pensé. Et puis ça ressemble beaucoup à l'émission de la 2 où ils vont nous faire tout un fromage avec des promesses électorales que chacun aura évidemment à cœur de ne jamais appliquer, au grand jamais ! Faut quand même pas rigoler, ils doivent appliquer leur mission nationale : 

Prendre l'électeur pour un con !

Qu'est-ce qu'on se marre avec la télé de service public quand même !


lundi 29 novembre 2021

Le Renoncement au voyage

 106ème  devoir de Lakevio  du Goût 




Mais que diable fait cette barque vide au bord de l’eau ?
Au moins ça m’inspire…
Mais vous ?
J’espère que lundi vous aurez dit quelque chose sur cette embarcation mystérieuse.






Le Renoncement au voyage


*


Mon amie, ma sœur,

songe à la frayeur

de t'embarquer là-bas

aimer sans revenir

aimer et mourir

au pays qui n'est pas pour toi

les soleils sont éteints

les cieux sont brouillés

ne soit pas leurrée par les charmes

si douloureux

les traitres sont sous tes yeux

la barque n'a pas de rames.


Là-bas tout n'est qu'ordres et policiers

pauvretés, misères et malmenés.


Les meubles de crasse luisant

délabrés par les ans,

enlaidissent la masure

les rares fleurs

empestent fanées

perforés sont les plafonds

brisés les miroirs profonds.


La triste splendeur occidentale

gardera ses secrets

ils te seront cachés

là-bas rien n'est pour toi

ne pars pas garde ta foi.


Là-bas tout n'est qu'ordres et policiers

pauvretés, misères et malmenés.


Vois ces égouts

même les rats en ont le dégoût

la ville entière s'endort

en se foutant de ta mort


Mon frère, ma sœur,

songe à la frayeur

de t'embarquer là-bas

aimer sans revenir

aimer et mourir


*


Librement inspiré de « L'invitation au voyage » 

 Baudelaire (les fleurs du mal)



mercredi 24 novembre 2021

Évolution


366 réels à prise rapide


Aujourd’hui j’étais un animal quand



Souvent je fus un animal dans ma vie. Animal de cirque quand, à 13 ans, on m’a exposé face à un aéropage de médecins, parce que j’étais un polio atypique. J’ai longtemps attendu les cacahouètes qu’on ne m’a même pas lancées. Plus tard, animal je le fus, aux griffes acérées, quand je balançais à grands coups de pattes des mots qui blessent. Je protégeais ainsi ma carapace de crabe. Aujourd’hui, je fais plus souvent pattes de velours, pas toujours. Être intelligent, ce n’est pas bête : quoique ! En attendant je suis là, écrivant bêtement ces lignes, en attendant qu’arrive l’heure de la gamelle. J’aurais bien riz cette fois ?


lundi 22 novembre 2021

Problème de voisinage.

 


105ème devoir de Lakevio du Goût.

Si vous vouliez bien raconter une histoire pour lundi…
Une histoire dans laquelle on trouverait les mots :
Pourriture, amateur, jambon, ecchymoses, tangage, rideaux, équivoque, harceler, s’abstenir.
Ça ce serait bien.
Vivement lundi !



Problème de voisinage.


— Oui, c'est bien moi qui occupe l'appartement juste au-dessus. Comme vous avez pu le remarquer c'est un immeuble vétuste, en pleine rénovation, enfin, en pleine promesse de rénovation depuis déjà plusieurs années. Vous savez ce que c'est, les dossiers passent d'un endroit à un autre, d'un bureau à l'étage du dessus, de commission en commission, et c'est le tangage permanent des hésitations et absences de décisions.


— Connaissez-vous le couple en question ?

— Connaître, c'est beaucoup dire, ce que je veux dire c'est que je connaissais leur voix, ça oui. Il n'arrêtait pas de s'engueuler et comme ici les cloisons c'est du carton pâte, et pas d'isolation phonique, j'entendais tout. Alors, une fois j'ai eu envie de… mais bon, faut savoir retenir ses nerfs ! Mais je vous assure, parfois ça couinait comme des porcs à l'abattoir qu'on égorge pour faire du jambon.


— Donc vous aviez de sérieuses raisons de leur en vouloir !

— Ah non ! Moi je n'y suis pour rien, je ne les ai jamais harcelés, d'autant que je dois vous l'avouer parfois je prenais un certain plaisir à les entendre. Surtout elle. Je vous assure que lorsqu'elle grimpait aux rideaux, c'était une autre chanson, et puis ça durait, ça durait. Franchement son mec tenait la distance. Parfois j'ai même souri en pensant qu'il allait finir par avoir des ecchymoses à son bâton de berger.


— Oui, bon, pas de dérives scabreuses. Je note que vous aviez des raisons de leur en vouloir. Alors vous comprendrez, qu'en tant qu'inspecteur, il y a de quoi se poser des questions à votre encontre. Expliquez-moi pourquoi on vous a surpris à leur côté et pourquoi vous avez pris cette photo.

— Mais, comme je l'ai dit à votre collègue précédemment, c'était à cause de l'odeur de pourriture qui flottait dans les escaliers et les parties communes depuis un moment. Je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé que peut-être ça pouvait venir de chez eux. À force de s'engueuler, il y en a qui pue de la gueule. Donc je suis descendu frapper à leur porte. Mais ils n'ont pas ouvert.


— D'accord, ils n'ont pas ouvert, mais vous auriez pu quand même vous abstenir de défoncer celle-ci ! Qu'est-ce qui vous a pris ?

— OK, je me suis un tout petit peu énervé parce que ça a commencé à trop me chatouiller les narines. Et c'est en rentrant que je les ai trouvés comme ça. Ça schlinguait encore plus fort. J'ai tout de suite pensé que les cadavres commençaient à se décomposer.


— Et vous n'avez rien trouvé d'autre à faire que de prendre des photos ? Au lieu d'appeler les pompiers, la police…

—  Moi vous savez je suis un photographe amateur assez éclairé et je me suis dit que ça pourrait donner quelque chose d'intéressant, bien agrandi, bien encadré, je suis sûr que sur le marché parallèle ça aurait pu me rapporter un max de thunes. Mais voilà, maintenant vous me soupçonnez de les avoir trucidés. Franchement, on nage en plein équivoque ! Et en plus vous avez mis mon appareil photo sous scellés. Mais dans ces conditions,  comment je vais faire pour les vendre rapidement mes photos ? 





dimanche 21 novembre 2021

Faustine et le Bienheureux organiste

Ambre Neige, formulait vendredi dernier « une chaste proposition » :


Demain, je vous mets un texte érot.. sentimentique et romantal.

Et vous en faites autant sur votre blog, ok ?*

Ça vous dit ?


Parfois les désirs de cette excellente blogueuse sont des ordres. En ce dimanche au temps tristounet, j'ai donc commis le texte suivant :



Faustine et le Bienheureux organiste


Jean-Sébastien était titulaire des grandes orgues de la basilique Sainte-Marie-de-la-Virginité à Saint-Pierre-des-Corps-Au-Pieds. Il s'y rendait sur le coup de 22 heures au clocher, afin de profiter du calme et du silence de la nuit pour répéter les œuvres qu'il donnerait lors de son prochain Récital : «L'Orgue de barbe a ri », où il entend interpréter des œuvres guillerettes.


Chaque nuit, peu après 22 heures, Faustine se glissait dans la basilique par une porte dérobée et s'asseyait ostensiblement sur la chaise au bord de l'allée centrale à la septième rangée, là où l'organiste pouvait l'apercevoir, puisque le clavier du buffet d'orgue était perpendiculaire à la balustrade.


Jean-Sébastien s'était lancé dans une œuvre pénétrante dont l'auteur du Moyen Âge était inconnu et qui pouvait facilement vous atteindre jusqu'au plus profond de l'être. Faustine était une vibrante. Le son des tuyaux d'orgue lui donnait des vibrations dans les reins. Au son du souffle des tuyaux, elle ondulait de la Anche, quand la languette du son venait la titiller. Les Accouplements du clavier et toutes les Bouches des tubes s'ouvraient pour elle qui déjà sentait l'extase s'en venir comme une passacaille toute chaude. Alors, malgré la fraîcheur du lieu, elle commença à ouvrir son vêtement laissant apparaître les rondeurs d'une poitrine prometteuse.


Jean-Sébastien, tout en faisant mine de rien, avait plus souvent l'œil sur le rang des chaises que sur sa partition. Il pensa que c'était le moment de faire appel à son Flageolet, ce jeu de flûte avec les pieds, qui ne manquerait pas d'impressionner la belle. Certes il n'irait pas jusqu'à tirer sur son Frein qui se trouve à l'extrémité de son gros tuyau pour améliorer la réponse à l'attaque de la note. Mais quoi qu'il en soit, un moment ou un autre, il déclencherait son Grand Jeu.


Justine avait de plus en plus chaud, d'autant que Jean-Sébastien à présent utilisait les Jeux à Bouche, signe qu'il avait tiré Larigot et que la quinte  allait monter  d'une octave. Alors elle ne put s'empêcher de glisser sa main entre ses cuisses qu'en même temps elle écarta.


Le geste n'échappe pas à l'œil égrillard de Jean-Sébastien dont le Fifre fit entendre un son aigu. Il aurait bien sorti son Cornet faisant sonner cinq tuyaux par note, mais il ne voulait pas abuser. Il se contenta de pousser sur son Champignon ce gros bouton-poussoir qui donna aussitôt un effet de Piston.


C'est à cet instant qu'il entendit le cri suraigu, de jouissance de Justine qui résonna durant d'infinies secondes dans la basilique. Jean-Sébastien identifia un contre–contre–ré digne de Mado Robin. Ce qui ne manqua pas de déclencher son propre plaisir.


vendredi 19 novembre 2021

Jour de clarté


366 réels à prise rapide


Aujourd'hui une lumière


Ce n’était pas plus tard que ce matin, en lisant le blog de Magari! Il est question d’aimer cette vie, la seule possible. Que ce soit la seule possible :  une évidence. Quant à l’aimer, moins flagrant parfois. Est-elle toujours aussi aimable que cela avec nous ? 


Mais enfin ça demeure toujours une option, un choix offert. Il m’est bien souvent arrivé de l’aimer malgré les difficultés, l’épreuve ou la souffrance. Mais la lumière c’est cette simple phrase :

 « Et choisir chaque matin un nouvel angle pour la croquer. » 


Une lumière de simplicité. Choisir, c’est à portée de main.