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dimanche 31 août 2014

Lettre à ma tante


Ma chère tante, vous qui êtes partie pour des contrées lointaines, je viens vous entretenir de la situation du Royaume de France.
Gouda 1er règne toujours et se montre régulièrement aux fenêtres cathodiques dans des positions avantageuses, montrant l'exemple d'un ventre arrondi, afin de convaincre le bon peuple qu'il est possible d'engraisser encore dans le Royaume. Il arbore ce sourire de totale satisfaction qu'on lui connaît de longue date. Il porte toujours à gauche, je parle de sa cravate, signe manifeste que les mauvaises langues qui le traitent  d'homme de droite se trompent. Il a toutefois modifié de manière significative l'élément essentiel de sa politique : Il a changé de lunettes, sur le conseil du chambellan Communicatus, qui trouve que cela lui confère un avantageuse allure se rapprochant de celle d'un régnant antérieur, savoir Jakou Le Chichi, qui malheureusement dépérit dans sa demeure, victime de la bière dans laquelle on finira par l'enfermer définitivement.

Ma chère tante, sachez que notre bon maître Gouda 1er à tout récemment limogé le Grand conseil du Roi, suite à une philippique navrante entre le premier Chambellan et sa seigneurie Montejetebourre, qui fut renvoyé en sa province, mais dont il n'est pas impossible de penser qu'il ourdit sa vengeance avec quelques marquis et barons locaux, fidèles à son panache tricolore et pétris de désirs vengeurs.

Gouda 1er a renouvelé sa confiance à Manolo de Vallsus, descendant d'un Grand d'Espagne, pour conduire une fois de plus le royaume vers le Graal de la Croissance, toujours rêvée, jamais réalisée… Pour tenter une ultime saillie fécondante aux fins de rajeunir la France et son avenir. Or donc et pour se faire, Manolo de Vallsus s'en est allé quérir un Grand Argentier, Manu Macrocon, aussitôt anobli et nommé  Prince du Trésor et protecteur des Riches Seigneurs qui tiennent le pays en asservissement librement consenti grâce à la passivité des bons sujets de Sa Majesté Gouda. Sujets éternellement franchouillards,  toujours râleurs pour la forme, mais amorphes et  résignés à la Décadence de notre Bon Royaume de France, où, ma chère tante, vous connûtes des jours heureux.

Il reste bien au Peuple un vague espoir du côté de la marine royale. La Maréchale Lapinne espère un coup d'urnes favorable pour rétablir en nos Provinces un Culte nouveau, et une épuration des souches malades qui gangrènent LA France de Toujours. Mais Napo de Sarko, - dit le bismuth agile - espère reconquérir l'Empire. Il veille dans l'ombre, préparant son retour de l'Ile au Trésor, où ses pirates et pilleurs en tout genre ont planqué les butins du Bigmac Lion et autres espèces sonnantes et trébuchantes. A moins qu'un Tribunal du prévôt royal ne l'envoie d'ici là au Bagne de Cayenne, spécialement réouvert pour lui. Car si on ne l'expédie pas très loin, il est capable de s'évader avec la complicité de son affidé le Duc de Copécolé.

Sachez enfin, ma chère tante, que lors d'un grand tournoi royal tenu en province ce week-end, Manolo de Vallsus a dû affronter en combat singulier des chevaliers félons décidés à organiser la Fronde, ou, pour employer un langage plus châtié, décidés à foutre le bordel partout, prêts à mourir au combat, ce qui, il faut bien le dire, débarrasserait le Royaume d'une bande d'incapables…

Vous voyez, ma chère tante, tout va bien. Enfin tout est comme il se doit d'être dans un Royaume où chacun attend avec impatience la visite du cousin d'amérique, Paul Emploi, venu des anciennes Contrées Glorieuses,  disposant encore  pour quelques mois de quelques piécettes qu'il laisse négligemment tomber de la table et chacun de se précipiter pour attraper ce qu'il peut, en espérant des jours pire encore. Car il n'est jamais interdit d'espérer….

jeudi 28 août 2014

tous ensemble..... Wé !




Ibrahim Aboubacar, Patricia Adam, Sylviane Alaux, Jean-Pierre Allossery, François André, Nathalie Appéré, Joël Aviragnet, Pierre Aylagas, Guillaume Bachelay, Jean-Paul Bacquet, Dominique Baert, Gérard Bapt, Frédéric Barbier, Ericka Bareigts, Claude Bartolone, Marie-Noëlle Battistel, Nicolas Bays, Catherine Beaubatie, Jean-Marie Beffara, Luc Belot, Chantal Berthelot, Gisèle Biémouret, Philippe Bies, Erwann Binet, Yves Blein, Jean-Luc Bleunven, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Pascale Boistard, Christophe Borgel, Florent Boudié, Christophe Bouillon, Brigitte Bourguignon, Emeric Bréhier, Jean-Louis Bricout, Jean-Jacques Bridey, François Brottes, Sabine Buis, Jean-Claude Buisine, Sylviane Bulteau, Vincent Burroni, Alain Calmette, Colette Capdevielle, Christophe Caresche, Marie-Arlette Carlotti, Martine Carrillon-Couvreur, Christophe Castaner, Laurent Cathala, Jean-Yves Caullet, Guy Chambefort, Jean-Paul Chanteguet, Marie-Anne Chapdelaine, Guy-Michel Chauveau, Jean-David Ciot, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Marie-Françoise Clergeau, Philip Cordery, Valérie Corre, Jacques Cresta, Carlos Da Silva, Seybah Dagoma, Yves Daniel, Pascal Deguilhem, Michèle Delaunay, Guy Delcourt, Sébastien Denaja, Françoise Descamps-Crosnier, Sophie Dessus, Michel Destot, Fanny Dombre-Coste, René Dosiere, Philippe Doucet, Sandrine Doucet, Françoise Dubois, Anne-Lise Dufour-Tonini, Françoise Dumas, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Jean-Paul Dupré, Yves Durand, Philippe Duron, Corinne Erhel, Sophie Errante, Marie-Hélène Fabre, Alain Faure, Martine Faure, Olivier Faure, Matthias Fekl, Hugues Fourage, Jean-Marc Fournel, Valérie Fourneyron, Michèle Fournier-Armand, Michel Francaix, Christian Franqueville, Jean-Claude Fruteau, Jean-Louis Gagnaire, Geneviève Gaillard, Guillaume Garot, Hélène Geoffroy, Jean Glavany, Yves Goasdoué, Geneviève Gosselin-Fleury, Pascale Got, Marc Goua, Laurent Grandguillaume, Estelle Grelier, Jean Grellier, Elisabeth Guigou, Thérèse Guilbert, David Habib, Razzy Hammadi, Joëlle Huillier, Sandrine Hurel, Monique Iborra, Françoise Imbert, Michel Issindou, Serge Janquin, Henri Jibrayel, Armand Jung, Marietta Karamanli, Bernadette Laclais, Anne-Christine Lang, Colette Langlade, Jean Launay, Pierre-Yves Le Borgn', Jean-Yves Le Bouillonnec, Patrick Lebreton, Anne-Yvonne Le Dain, Jean-Yves Le Déaut, Annie Le Houérou, Annick Le Loch, Jean-Pierre Le Roch, Bruno Le Roux, Michel Lefait, Dominique Lefebvre, Patrick Lemasle, Catherine Lemorton, Annick Lepetit, Bernard Lesterlin, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Martine Lignières-Cassou, François Loncle, Gabrielle Louis-Carabin, Victorin Lurel, Jean-Pierre Maggi, Jacqueline Maquet, Martine Martinel, Frédérique Massat, Sandrine Mazetier, Michel Ménard, Patrick Mennucci, Philippe Nauche, Nathalie Nieson, Robert Olive, Monique Orphe, Michel Pajon, Luce Pane, Rémi Pauvros, Germinal Peiro, Hervé Pellois, Jean-Claude Perez, Sébastien Pietrasanta, Martine Pinville, Christine Pirès-Beaune, Philippe Plisson, Elisabeth Pochon, Pascal Popelin, Emilienne Poumirol, Christophe Premat, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Catherine Quéré, Monique Rabin, Dominique Raimbourg, Marie Recalde, Eduardo Rihan-Cypel, Alain Rodet, Marcel Rogemont, Frédéric Roig, Bernard Roman, Gwendal Rouillard, René Rouquet, Alain Rousset, Boinali Said, Béatrice Santais, Odile Saugues, Gilbert Sauvan, Gilles Savary, Christophe Sirugue, Julie Sommaruga, Gérard Terrier, Thomas Thévenoud, Sylvie Tolmont, Jean-Louis Touraine, Catherine Troallic, Cécile Untermaier, Jean-Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, Jacques Valax, Clotilde Valter, Michel Vauzelle, Olivier Véran, Fabrice Verdier, Patrick Vignal, Jean-Michel Villaume, Jean-Jacques Vlody. 

mardi 26 août 2014

Stade 4 .....


La nouvelle est parvenue hier soir par mail :
« lymphome  non hodgkinien - le cancer est de stade 4. »
Comme un coup de poignard.
Un tel diagnostic signifie un pronostic des plus noirs… 

Elle a un an de plus que moi. Nous avons baroudé ensemble pendant près de 15 ans, au service de causes qui nous tenaient tellement à coeur que nous avons traversé toute la gamme des vécus que peuvent partager des « ardents ». On s'est beaucoup aimé, on s'est beaucoup engueulé, on s'est beaucoup réconcilié, mais surtout on a beaucoup oeuvré…
Il est des personnes avec lesquelles vous avez un lien profond qui traverse toutes les épreuves sans que le lien soit rompu. Comme s'il était véritablement indestructible quoiqu'il arrive.
Avec elle, c'était de cet ordre.
Elle « traversait la flaque » (comme on dit par chez elle) une fois par an pour un séjour d'un mois en France. En hiver. Elle s'étonnait que l'on fasse un JT-TV de 30 minutes de long parce qu'il était tombé un centimetre de neige ! 

Ayant changé de poste de responsabilité, on ne se voyait plus, on correspondait par mail, parfois par Skype, pour échanger quelques idées et s'entraider.
Elle a pris sa retraite. Moi aussi.

Au printemps dernier on a renoué un contact plus approfondi. À propos d'un projet de livre auquel elle me demandait de collaborer un peu comme co-auteur. (- Il n'y a qu'avec toi que je peux écrire ce livre ! , qu'elle a dit) J'avais dit oui avec enthousiasme. On devait se reparler au téléphone à la rentrée. Dans quelques jours donc.

Et voilà !
Elle est à l'hôpital. En soins intensifs. Certes, on peut croire au miracle… Mais alors, il faudrait qu'il arrive vite…

J'ai passé une mauvaise nuit.
Tournant des souvenirs dans ma tête.
Et puis, ce sentiment d'injustice. Combien sont-ils ceux que j'ai pu connaître, qui ont véritablement donné leur vie pour une cause, et qui ont fini de manière non paisible. Faut-il donc qu'il en soit ainsi ?
Faut-il que ceux qui « n'ont pas fait grand-chose », menant une vie dilettante aient le privilège de mourir « de leur belle mort » ?…
J'ai oscillé entre la rage et les larmes. 
Ou plutôt non. 
J'ai vécu les deux.

samedi 23 août 2014

l'Horrible dernière chronique estivale !


Chère Mamy !
Qui aviez l'air si gentille sur le green !
Je suis un horrible photographe !
Oser légender comme ça !
Bon - Vous inquiétez pas, personne ne va y croire ....
Mon côté sale gosse personnel rejaillit avec la sénilité....

Je vous embrasse !

vendredi 22 août 2014

mardi 19 août 2014

Une vie





Une vie

La terre avait surgi
des profondeurs de l'être
Elle ne s'y attendait pas
habituée aux radeaux de survie

La terre s'était mouillée de ses larmes
celles de la joie qui fait déborder les digues
celles des hiers du malheur 
Elle devait consentir à toutes les fécondités

La terre avait accueilli les germinations
Elle s'étonnait des montées croissantes
des impulsions inconnues
de l'abondance

La terre s'était étendue
asséchant les marécages 
les fleurs d'intuitions exhalaient des parfums de réussite
Elle gagnait en puissance douce

Elle cessa de douter
Elle cessa de se plaindre et réclamer
Elle offrit toutes les cueillettes

quand elle partit là-bas
définitivement
Elle sut que tout demeurerait

samedi 16 août 2014

vendredi 15 août 2014

Rêve…


Ordinairement mes chroniques estivales se veulent … estivales…. sans "prise de tête" même si la vie continue intérieurement et extérieurement et que la notion de "période d'été" n'est qu'une construction de l'esprit.
Mais j'ai fait un rêve cette nuit que je m'en vais vous narrer, qui ne m'a pas fait marrer, malgré la marée, et dont je tiens à me "débarrasser (provisoirement) en l'écrivant, avant que nos invités du 15 aout n'arrivent pour quelques heures sympathiques ensemble.

Il y est question d'un bébé, plutôt nouveau-né, de quelques semaines. Il m'a été confié, je ne sais ni par qui, ni pourquoi, ni dans quelles conditions. En tout cas il est là, dans mes bras. Est-ce que je suis le père ? Je n'en sais rien. Qui est la mère ? Je n'en sais pas plus. Ce bébé m'attendrit, il semble si prometteur. Je lui souris. En même temps je me sens malhabile avec ce sentiment de ne rien savoir de la manière dont il faut m'y prendre avec lui. Et puis… Il y a toute cette vaisselle qui attend. Il faut que je m'en occupe. C'est important. Impératif. Des dizaines d'assiettes sales, de casseroles, des ustensiles divers. Nettoyer tout cela est la priorité des priorités.
Alors, « j'abandonne » le bébé, le dépose par terre, et je m'attelle à cette vaisselle avec fébrilité à grands coups de détergents, de brosse à nettoyer, d'éponge, de robinet qui coule, de bac à laver à remplir, vider, remplir encore…. 
J'oublie totalement le bébé.

Tout à coup, il me traverse l'esprit, je me tourne vers lui. Il ne bouge plus. Il ne respire plus. On dirait qu'il à la tête entourée d'eau. Il est noyé. Une terrible angoisse m'envahit. Au lieu de chercher à faire quelque chose pour lui, le ranimer, pratiquer du bouche à bouche, appeler les secours, je ne sais quoi d'autre… Non… Je m'enfuis… Je m'enfuis, …. Loin, le plus loin possible… Avec cette angoisse irrépressible, cette impression d'être vraiment un sale type qui n'assume rien…

Et, je me réveille en sursaut.

*

Une interprétation première est de faire un lien avec l'actualité. J'ai lu dans le canard local une histoire d'enfant de 18 mois, marchant à 4 pattes, "qui avait échappé à la surveillance de ses parents", et s'est noyé dans une bassine d'eau… J'avais pensé aux parents et à la terrible épreuve de ce drame, dont on sait qu'on ne s'en remet jamais vraiment…

Une autre interprétation, plus intéressante à mes yeux, est que bien entendu le bébé et moi sont une seule et même personne, (puisque, selon ma petite théorie perso, on EST chaque personnage de ce genre de rêve, lorsque les autres que soi ne sont pas identifiables dans notre "histoire vraie").
Qu'est donc que je laisse mourir en moi ? Et que pourtant je chéris quelque part ? A quelles "promesses" je renonce, faute d'attention suffisante ?
Et pourquoi si peu de "signaux d'alertes" face à cette déviance personnelle ? Quand on démissionne d'un "important" au point de ne plus en ressentir le malaise (de cette démission) ça devient grave !

J'ai ma petite idée….
Qui plus est, je fais un lien d'une conversation avec ma compagne l'autre soir, à propos de nos "engagements communs" pour l'an prochain. J'ai  proposé un "projet" qui tourne en moi depuis quelques temps. Il la concernerait autant que moi. Elle a tout de suite adhéré, montrant un grand intérêt. J'en fus presque étonné… et puis non…. quelque part cela va dans le sens de notre identité de couple, de ce que nous portons d'ouverture et d'engagement à l'étape actuelle où bien des choses vont bouger…

Voila pourquoi ce genre de rêve je ne le qualifie pas de "cauchemar", même s'il en a les ingrédients. C'est plutôt comme un "rêve-guide". Et ce genre de rêve a rarement les caractéristiques de la trilogie "sea, sex and sun" !

jeudi 14 août 2014

encore une.....





Lorsque c'est clair à ce point,

on ne comprend guère,

 que certains transgressent....

mercredi 13 août 2014

vrac toujours

Les vacances, c'est le pied !


mardi 12 août 2014

Vrac de vacances (5)


Le cri de la muette le soir au fond des bois 



ou


Le prix de la mouette le soir au fond de Groix

(je sais, c'est n'importe quoi .....)



Vrac de vacances (4)


« Plonge ton âme dans un bain de silence ! »
(Tagore)


Vrac de vacances (3)


Nostalgie d'enfance ?


Vrac de vacances (2)



Tentation ? ou Regret ?



Vrac de vacances (1)

Vrac de vacances (1)  Photos


Blessure


jeudi 7 août 2014

Maitre à penser






Le mer étalée comme un infini, calme et offerte, favorise la méditation synthétique.
En voici les fruits cueillis avant-hier matin sur mon "petit journal de bord de mer"…
C'est partiel et issu de mon expérience de vie, mais aussi des souvenirs de témoignages de quelques autres…
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Maitre à penser

Je l'ai évoqué à plusieurs reprises au fil des années d'écriture ici (et ailleurs…)
L'expression a ses limites et ses faiblesses.
Penser évoque : que faut-il penser ? dites-le moi !
Maitre évoque : soumission du disciple ou adepte plus ou moins servile et mimétique.


Mon Maitre, je l'ai choisi librement, parce qu'il était un homme libre.
C'est pourquoi il a pu m'aider à me penser par moi-même.
Ce qui veut dire qu'il m'a montré le chemin étroit qui permet de rejoindre le "Maitre Intérieur", auquel on se soumet.

Cette soumission ne peut être servile, puisqu'elle est soumission à soi-même en tant qu' "Être". Elle se fait lorsque le "Je" se soumet à "l'Êtant" (ce qui "Est" par essence).

Cette soumission est un lent apprentissage sans aboutissement de type : "maintenant j'y suis". C'est une tension fondamentale qui mobilise toute l'existence.

L'apprentissage le plus long et subtil consiste en la différenciation intérieure entre le "Je" et l'Être", car l'imbrication des deux est forte et comporte de multiples pièges et chausse-trapes, d'autant qu'on a été éduqué dans la confusion des plans psychologiques de la personne (=98 % des pékins de ma génération…). Qui plus est, c'est essentiellement une question de "ressentis" qui ont parfois l'épaisseur d'un fil d'araignée et la consistance de l'air qu'on respire…. Ce ressenti est "présent dans le corps", et le "Je" apprend à le décoder et le transmuter en actes (choix, volonté, "décision intelligente" , …); Les énergies du corps sont alors libérées pour la mise en oeuvre.

Seule une discipline heureuse et vécue comme nécessite vitale (comme boire ou manger…) est le secret du chemin.

Ce n'est pas une ascèse au sens commun du mot, lorsqu'on lui associe les représentations de mortifications, privations, abstinences diverses, etc. dont les religions sont friandes par désir d'asservir, et non  de délivrer.
C'est l'apprentissage lent d'un "état intérieur" qui devient co-naturel, et donc s'impose de lui-même comme évidence à vivre. ensuite… reste à le vivre de fait… Ce qui n'est pas le plus facile … (toutes les résistances, justifications, raisonnements foireux, peurs multiples {des conséquences du changement et  des réactions des autres, notamment}, atermoiements, etc… vont oeuvrer à l'échec espéré par les forces passives qui cohabitent en nous…)

Rien n'est jamais acquis, là comme ailleurs.
D'ailleurs vouloir "acquérir" est antinomique avec la démarche.
Il s'agit plus de recevoir  et dès lors de se désencombrer du "reste", puisque ce reçu "fait sa place" et expulse (en quelque sorte) une part importante du "devenu inutile" (tels les compensations, besoins en creux, aliénations à autrui, peurs symboliques, etc….)

Cela ne débouche pas sur un "homme fort"… mais au contraire sur la vulnérabilité consentie comme force et non plus comme faiblesse.

Je suis toujours un "débutant sur le chemin"… Constatant chaque jour mes manques et défaillances. Même après toutes ces années….
Manquant d'humilité.
la nuque du "Je" encore raide.
La souplesse de "l'Être" autant que sa force à la fois fragile en même temps qu'indestructible (acquise définitivement) devant continuer à émaner des profondeurs.

Curieusement peut-être l'apparente faiblesse des résultats au regard du travail entrepris ne génère pas le découragement. Au contraire. Les fruits produits ont été inespérés si je regarde qui j'étais en parallèle avec qui je deviens. Poursuivre n'est pas par tyrannie de l'exploit, mais par constat du Bonheur fruité reçu en abondance.

Seule une terre irriguées de vie qui l'abreuve et la rend souple (terre meuble…) est féconde et porte des fruits.
 La sécheresse des déserts intérieurs génère la désolation personnelle des terres arides.
Je l'ai connue, elle m'a quittée. J'en rends hommage éternel à mon Maître.

Montage AlainX




lundi 4 août 2014

Qui sommes-nous ?


Photo faite lors de la promenade évoquée dans le billet précédent.
Comme quoi, l'observation permet les découvertes....

vendredi 1 août 2014

Lente promenade...



Sur la Manche, une petite station balnéaire, avec ses contrastes de grandes maisons anciennes, reflets de splendeurs industrielles passées, de petites maisons des années 50 en béton et au toit à une seule pente (qui me font toujours penser aux BDs de Spirou de cette époque là), et quelques immeubles contemporains donnant sur la mer et/ou les Dunes…

Et justement à propos du cordon de dunes local, celui-ci doit être protégé. Il existe un sentier sur pilotis, très accessible pour les mal-foutus de mon genre, qui permet de dominer la dune (la zone est "protégée" et inaccessible autrement que sur ce parcours). Nous l'avons fait. environ 1 km 1/2, pour observer la nature, la beauté des dunes, les diverses espèces de plantes :
 argousiers, aubépines, oyats, panicaut maritime, les pelouses à mousses, et autres plantes dont j'ignore le nom…., les dunes en voie de "reconstruction" parce que la végétation y revient, les "pannes" (petites mares dans les dunes montrant le retour des zones humides), les "dunes paraboliques" (appelées comme ça parce qu'elles prennent la forme d'une parabole), issues du vent qui les modèle  quand un entaille dans le cordon dunaire apparait, formant "pourrière" (sable très mou dans lequel on s'enfonce).
Enfin bref, plein de choses à découvrir, admirer, méditer, dans le calme de ces vastes étendues protégées… Respirer, écouter, sentir ….

Sauf que… On n'est pas seul sur le chemin… Et même si on a croisé peu de monde en ce 1° aout du "chassé-croisé", nous étions quand même surpris de la précipitation des gens… qui, au final, ne regardent quasi rien….quand ils ne conversent pas à voix forte. Dans le calme la voix porte loin… et on est quasi obligé d'entendre les conversations… : les uns "sur la Japon !!?? — D'autres : sur le fait que la belle-soeur dépense à tort et à travers pour des futilités… — D'autres encore : … qui parlent peu… mais avancent à grandes enjambées comme s'ils étaient dans un exercice de marche forcée…

Je pensais à un truc entendu le matin : — Les gens qui se précipitent et freinent ainsi leur déploiement de vie — les gens qui prennent le temps, est donc en gagnent beaucoup…. (enfin qqch comme ça….)

Le comble fut cette femme solitaire, plutôt jeune, la tête penchée sur son smartphone, pianotant des pouces, pour faire sans doute connaitre le merveilleux parcours qu'elle faisait dans la nature…sans rien regarder….  on pour demander "ça va toi ? té où ? T'arrive quand ?" et qui, tête baissée, a failli finir dans mes bras  ou sur mes genoux,  sur mon engin électrique qui ne fait aucun bruit en roulant…. 
— Oh pardon ! 
Elle a surement loupé deux mots qu'elle tapait frénétiquement…

Je n'ai vu PERSONNE prendre le temps de s'arrêter pour REGARDER !

On en a plaisanté avec ma compagne, nous qui avons passé 2 H à faire ce petit parcours…. On a évoqué cet épisode du temps de notre "voyage de noces" : Une famille surgissant comme des fusées de leur voiture. — Vite les enfants, on est en retard ! Pas le temps de visiter ! On va acheter des cartes postales….!

Plus tard, sur le chemin du retour…. je m'interrogeais sur le décalage croissant que je ressens entre les autres… et moi… enfin certains autres : toutes ces personnes sans cesse pressées de tout (et/où pressées de partout)… qui courent vers…. vers quoi au fond ?
Aller vite ! … plus vite… encore plus vite… gagner du temps… de la productivité… 
Même en vacances : vite un jogging, vite à la plage, vite au bain,  vite rentrer, vite bouffer, vite se coucher, car demain on ira vite pour être les premiers au Super U !

Vite mourir aussi ?
Ben oui ; quand ce sera l'heure : — Pourvu que ça aille vite ! ….