J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
*

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, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


lundi 25 mars 2019

Spécialités

Mais oui ! C'est lundi ! Allez Zou ! La consigne c'est la consigne !

Luce appelle Francis.

Nous ne connaissons que les réponses de Francis.
A vous d'imaginer  et d'intercaler ce que raconte Luce,

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- Oui ?
- Non.
- Mais, comme tu veux !
- Ah bon !
- Mais non !
- Non
- Pas cette fois.
- Pourquoi pas.
- Ah, non !
- En effet.
- Peut-être.
- Fais pour le mieux.
- Oui.
- D'accord.
- C'est ça.
- A tout à l'heure.


Spécialités
----------------
- Oui ?
— Coucou ! C'est Luce, tu te souviens de moi ?
- Non.
— Mais si voyons, la petite brune, il n'y a pas bien longtemps, après la réception, tu veux que je te redise ce qu'on a fait ensemble ?
- Mais, comme tu veux !
— Tu ne vas pas me dire que tu as oublié ? Tu es quand même un sacré coquin !   
- Ah bon !
— Même que tu as voulu que Joséphine se joigne à nous !

- Mais non !
— Comment ça mais non ? Sois-tu es de très mauvaise foi, soit tu es Alzheimer. 
Ah ! Je crois comprendre, tu n'es pas seul ?
- Non
— Ben voilà, donc tu te souviens très bien des spécialités que tu as réclamées ! Et c'est pour ça que tu m'as laissé ton numéro de téléphone. Alors c'est OK, on remet ça la semaine prochaine ?
- Pas cette fois.
— Alors la semaine d'après. Avec Joséphine on a mis au point des trucs nouveaux, ça t'intéresse ?
- Pourquoi pas.
— Faudra que tu y mettes du tien quand même ! Parce que la dernière fois on peut pas dire que tu as vraiment assuré ! Tu étais malade ou quoi ?
- Ah, non !
— Pense à apporter tout le matériel nécessaire
- En effet.
— Est-ce que tu viendras avec le collier de chien et la laisse pour... ? Enfin, tu vois ce que je veux dire, Personnellement je trouve que c'est plus hygiénique d'arriver avec son propre matériel.
- Peut-être.
— De mon côté je serai là avec ma chatte ! Hihihi ! Si tu vois ce que je veux dire !
- Fais pour le mieux.
— Et Joséphine a promis de te faire une superbe démonstration !
- Oui.
— Et je t'assure que c'est une championne
- D'accord.
— Donc on se retrouve dans une quinzaine pour le concours de dressage d'animaux domestiques « Dog and cat Dancing » à la ferme bio « le Gai Pâturage » ?
- C'est ça.
— Je vais annoncer la bonne nouvelle à Joséphine, et je te rappelle ensuite pour confirmer.
- A tout à l'heure.




vendredi 22 mars 2019

forsythia (quoi encore ??)

Hier je vous ai mis une photo du forsythia prise avec mon téléphone.
Pour vous aider à franchir le week-end, voici deux petits gros plans 
avec un meilleur matériel…

J'espère que comme nous vous êtes sous le soleil…








jeudi 21 mars 2019

en fleur...

Vous vous souvenez peut-être de ce billet : « leçon d'un petit bâton »

Eh bien, le petit bâton devenu forsythia, est actuellement en fleurs.

Je ne résiste pas, en passant, à vous en faire partager la floraison.




mardi 19 mars 2019

Faire taire le mental ou écouter ses cheveux pousser ?


Me souvenant des bons vieux principes d'antan que me vantait la publicité lorsque j'avais encore du cerveau disponible, j'ai mis un tigre dans mon moteur de recherche, grâce auquel je n'ai pas tardé à trouver vingt astuces pour écouter ses cheveux pousser.

Lorsque j'eus fini ma lecture, je suis passé à la pratique. Je me suis dit qu'il était temps, car les années s'écoulaient et je commençais à me dégarnir du bulbe. Fort heureusement, je disposais encore de cheveux en quantité largement suffisante pour être attentif à leur tintamarre.

L'article captivant que je venais de lire attirait mon attention sur l'impératif d'une écoute active susceptible de produire des bienfaits corporels inestimables. Meilleur sommeil, moins d'angoisse, amélioration de la peau, pleine conscience de soi, parfait substitut aux huiles essentielles, fin définitive des cheveux gras, secs, fourchus et poilus, perception des battements  binauraux (que je ne sais pas encore ce que c'est, mais ça viendra…), et bien d'autres bienfaits dont je ne veux pas vous infliger la longue liste qui risquerait de devenir soporifique.


Les apprentissages ne sont efficaces que si l'on rejoint un groupe de d'adeptes sous la houlette d'un Maître. J'ai donc rejoint l'association mondiale ETC bien connue : « Écoute Ton Cheveu ». 

Après six mois d'exercices et de pratiques quotidiennes, je fus assez fier de constater mes progrès indéniables. Le Maître fut même surpris, si bien qu'il me proposa d'aller plus loin au cours d'un stage dans la forêt tropicale en Amazonie du sud-est. Cette forêt étant le poumon de la terre et disposant d'un humus rare, je pourrais y fertiliser par l'intérieur du cerveau la pousse de mes cheveux et amplifier leurs ondes sonores.

Je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin et même s'il fallait verser 75 000 $ pour la semaine d'initiation, c'était quand même tout frais compris, même le voyage.
Une fois que notre petit groupe fut à bord du jet privé du Maître, ce dernier nous révéla qu'à l'issue de l'initiation totale, les meilleurs d'entre-nous pourraient accéder à l'écoute très spécifique de la pousse du poil pubien. Je vis alors le visage de certaines initiées se décomposer et j'en conclus qu'elles étaient adeptes de l'épilation totale.

Je garde de cette semaine amazonienne un souvenir inoubliable. Je fus de celles et ceux qui atteignirent le Graal. 
— « Tu es mon meilleur disciple » me confia le Maître, et mon émotion fut à son comble.

— « Tu es maintenant prêt pour l'initiation suivante : apprendre à faire taire ton mental » ajouta-t-il l'index gauche  levé vers le ciel, la main droite tendue vers moi, pour que j'y dépose le gros chèque que j'avais préparé.

lundi 18 mars 2019

Hors du commun (devoir du Lundi)





"Il est des hommes, lorsqu'on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu'exigent les règles de politesse, n'ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu'ils vous attirent aussitôt."
extrait de  Le Lion de Jodeph Kessel
Admiration, fascination, amour, amitié...
Vous inclurez la phrase citée dans le portrait de votre choix.





Hors du commun

Hors du commun. C'est sans doute ainsi que l'on pourrait le qualifier.
Encore faudrait-il définir ce qu'est le commun. 
Il s'appelle Pierre. Dieu sait si j'en ai connu avec ce prénom  d'une grande banalité.   Lorsque Albéric m'en parla je n'ai pas mis 12 secondes avant de prendre la décision dans ma tête. Il fallait que je le rencontre. Comme un impératif du passé simple pour l'avenir.

D'après Albéric, Pierre aurait trouvé sa voie en entendant un curé du catéchisme lui dire : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai… »
... et lui aurait aussitôt ajouté : «… une HLM des mille et une nuits ! ». 

— Ça, tu vois, Claude, c'est tout à fait lui ! Un homme grandiose et dérisoire à la fois, précisa Albéric

Je rêvais d'être bâtisseur. J'avais trouvé mon maître. Du moins je le croyais.

 Ce fut moins difficile que je l'entrevoyais pour obtenir un rendez-vous. J'ai supposé qu'Albéric lui en avait touché deux mots. La salle d'attente était vaste aux allures de cathédrale. Une chaise unique, au dossier immense trônait  au milieu de celle-ci. Mes pas pour m'y rendre produirent un écho particulièrement sonore. J'attendis un temps qui me parut  particulièrement long. Cependant  l'attente m'offrait   la possibilité  de peaufiner  ce que je dirais.
Il est des hommes, lorsqu'on les aborde, avec lesquels les approches, les temps morts qu'exigent les règles de politesse, n'ont pas de sens, parce que ces hommes vivent en dehors de toute convention dans leur propre univers et qu'ils vous attirent aussitôt. Il devait en être ainsi pour  Pierre, certainement. il fallait savoir aller droit au but, à l'essentiel.

Je fus introduit par une sorte de serviteur silencieux. Pierre ne parla pas tout de suite. Il eut ces gestes ordinaires lorsqu'on accueille quelqu'un dans son bureau. Comment se fait-il qu'un homme puisse poser des actes ordinaires et que la manière dont il s'y prend apparaisse peu commune ?

Toujours en silence il fit un signe de la main me faisant comprendre qu'il attendait que je m'exprime. J'ai alors indiqué les raisons de ma visite. De temps à autre il opinait du chef. Il avait saisi un coupe-papier en forme de poignard antique et le faisait tourner entre ses doigts d'une manière quasi magique. Je n'arrivais plus à détacher mon regard de ses mains agiles.
Il toussota une ou deux fois, pour me faire comprendre que j'en avais assez dit. Alors il se leva, contourna le bureau, s'assit sur une fesse à l'angle de celui-ci, tourné vers moi qui demeurai sur le fauteuil. Il avait toujours le poignard à la main.
— Regardez, dit-il
Le poignard tenu verticalement, il étendit son bras gauche à l'horizontale et écarta les doigts. Le lourd poignard vint se ficher d'un bruit sec,  dans le bois du parquet qui datait certainement de plus d'un siècle. Mon regard fasciné fixait la lame enfoncée dans une latte. Je remarquais tout autour une série de trous. Il devait être coutumier de ce geste.
— Voilà ce que je pense de votre proposition continua-t-il. Merci de votre visite, mon secrétaire vous contactera. 

Il était déjà à la porte et l'avait ouverte. Le corps très droit, son regard bleu me transperçait du haut de ses 1m, 85 au moins. Il avait des lèvres épaisses qui ne manifestaient aucun sentiment. Il ne m'a pas serré la main. Tout juste esquissa-t-il un vague sourire lorsque je franchis le seuil de la porte. J'étais à la fois excité et fasciné.

Je racontai tout cela à Albéric. Il me dit :
 — « Voilà ! Tu vois c'est exactement lui. C'est tout à fait ça. C'est quelqu'un quand même ! On pourrait penser que… et puis en fait non. Mais crois-moi, tu ne seras pas déçu. Moi je travaille pour lui depuis cinq ans. Évidemment je dors peu. Mais c'est tellement passionnant. Ma femme est partie avec les enfants il y a deux ans. Je crois qu'ils sont à la campagne. C'est vrai qu'il faudrait que je prenne de leurs nouvelles, mais avec Pierre c'est difficile. Tant d'exigences, c'est exceptionnel. On ne peut pas se permettre de ne pas lui être entièrement dévoué. Il y a tant de personnes qui voudraient être à notre place. Je dis « notre » car je suis certain que tu feras bientôt partie de l'équipe. 

Tu remplaceras certainement Cédric. Il s'est suicidé la semaine dernière, ce con !

vendredi 15 mars 2019

Revisiter....


*
* *





J'aime assez les Shadoks revisités…
Avec Benoît Poelvoorde
Une manière ludique de nous interpeller sur la pollution 
et la dégradation de notre environnement

Allez !
Bon week-end à tous !
Profitons d'un printemps avec éclosion de bourgeons et petits oiseaux


… tant qu'il y en a encore !

*

Edit :
j'ai ouvert une nouvelle rubrique ICI



mardi 12 mars 2019

Des petites phrases


« Toutes ces petites phrases anodines qui font du bien à entendre ». C'était un commentaire sur un blog.

Me sont revenus des propos du temps de ma formation « psy » lors d'un échange de pratiques avec des superviseurs, sur les difficultés en relation d'aide. J'avais abordé le cas d'une personne où je sentais la nécessité d'attirer son attention sur un certain nombre de choses qui dysfonctionnaient fortement. J'anticipais que ce ne serait pas facile à entendre pour elle. Comment m'y prendre ?
— « Dites tout avec amour ! »
Bien sûr il y eut d'autres propos et suggestions, mais c'est cette petite phrase que j'ai gardée. C'était une parole juste, mais pas anodine. Aux apparences faciles. Mais d'une certaine manière tout était dit. Je suis reparti avec cela. La phrase m'a toujours habitée, comme fond de tableau, lors des entretiens.

# Il y a des petites phrases qui nous font un bien profond. Elles traversent notre sensibilité, avec des vibrations positives, mais vont bien au-delà, jusqu'à notre être, parfois jusqu'à l'essentiel. Il arrive que la lecture nous en soit donnée immédiatement. Il arrive que l'on garde mémoire de la vibration positive comme une bienfaisance, mais la germination profonde n'apparaîtra que plus tard. Question d'attention à la profondeur de soi.
Photo AlainX

# Il y a des petites phrases bienfaisantes qui accompagnent l'ordinaire des jours. Elles sont comme de l'huile dans les rouages relationnels. Il y en a qui savent mieux que d'autres utilisaient la burette d'huile. Au temps de ma jeunesse, je n'ai pas été super doué en la matière. Certaines de mes relations émettaient des bruits de grincements parfois sinistres. J'ai manié la causticité avec délice, sous couvert d'un humour noir et d'un sens de la répartie assez bien développé.
À ce petit jeu on met les rieurs de son côté. Mais c'est toujours au détriment de quelqu'un. Et ce quelqu'un était souvent une personne que j'aimais bien… paradoxe s'il en est. Paradoxe apparent, car c'était une manière imbécile et hyper détournée d'exprimer une affection plus profonde que je ne m'autorisais même pas moi-même à ressentir pour l'autre.
Quand on vous a quelque peu tordu dans tous les sens dans l'enfance, la méfiance envers autrui devient une nécessité de survie. Avant d'apprendre à vivre.

# Offrir des petites phrases bienfaisantes (parfois sans une volonté explicite) c'est venu peu à peu. Probablement le fruit d'avoir expurgé, grâce a mes phases thérapeutiques, les êtres maléfiques qui œuvraient en moi.
On ne lutte pas contre ses démons ; on invite des anges.

# Recevoir des petites phrases qui font du bien, cela suppose que je les accueille pour ce qu'elles sont. Ni en les minimisant, ni en les survalorisant. Pour ce qui est d'être attentif « aux fleurs artificielles » je n'ai pas trop de difficultés, je perçois très bien et très vite les petites phrases à la diplomatie calculée (pour rester correct), qui sentent mauvais à plein nez. Question d'odorat interne.


Je termine par un merci à la cantonade, car les petites phrases qui font du bien, j'en reçois ici et ailleurs. Et je confirme : elles font vraiment du bien ! Notamment parce qu'elles ouvrent des chemins intérieurs, des portes nouvelles, mais souvent des portes qui sont déjà là, mais on avait totalement égaré les clés…

lundi 11 mars 2019

Un lundi = une consigne


Lundi chez Lakavio : Une silhouette dans la rue qui attire votre oeil...

Rencontre à risque

Vers avril, en fin d'après-midi, le soleil se place exactement dans l'axe du boulevard bordé de platanes.
Je remonte celui-ci vers l'ouest. Je n'ai pas pensé à prendre des lunettes de soleil. Il éblouit cet astre, qui a décidé d'aveugler tout le monde. Moi compris. Il fait chaud. Le soleil serait plus haut que l'on se croirait en été. Mais non, c'est juste qu'il va falloir s'habituer à commencer à transpirer dès avril. C'est L'Oréal qui va être content de pouvoir sortir son « Déodorant spécial mois d'avril, à la crème de caribou émasculé ». En vente dans les bonnes épiceries au tarif exceptionnel et promotionnel de 69,99 €, le flacon de 15 ml.

Il est à peine 16h30, et déjà le boulevard est quasiment désert. Les gens sont rentrés chez eux. Pourtant le spectacle n'est pas désagréable. Le brouillard de pollution qui est permanent depuis quelques années laisse quand même pénétrer les rayons du soleil qui projette l'ombre des arbres sur le sol, tels des projecteurs. Cela rappelle le temps des spectacles de grandes salles appelées Zenith. On voyait des effets de lumières colorées qui étaient assez bluffant, valorisés par un effet de brume. J'ai connu cette époque-là dans ma jeunesse. Au temps où l'amusement était encore toléré en public. Lorsque je l'évoque, mes gosses ne me croient même pas.

Tout à coup, au loin je vois surgir de derrière un platane une silhouette humaine, floue et ondulant, à cause du brouillard de pollution. S'agit-il d'une femme ? Elle en a la silhouette et l'allure qui m'en est restée dans mes souvenirs. Cette époque où les femmes déambulaient dans les rues, avec grâce et élégance, légèrement vêtues dès que la température était clémente. Un homme normalement constitué avait immanquable le regard attiré vers elle.
Malheureusement je risque de me trouver en présence d'un androïde de génération Erèbe IX, la plus redoutable. Celle qui porte le nom du dieu des ténèbres.
Je continue à marcher comme si de rien n'était. Après tout, ce n'est pas encore l'heure du couvre-feu. Si peu de personnes circulent, c'est qu'on est mieux chez soi : moins de pollution , grâce aux absorbeurs de particules ; moins de chaleur, grâce au climatiseur. Et puis traîner dans les rues après 16 heures n'est pas recommandé.


La silhouette se rapproche, sur le même trottoir que le mien. Je décide de passer de l'autre côté du boulevard, car le brouillard de pollution est plus épais de ce côté-là et avec un mouchoir sur le nez, je serai mieux protégé d'une éventuelle interpellation par l'androïde. Si c'en est un. Mon pouls commence à s'accélérer. J'aime courir des risques comme au temps de la Révolution des Coquelicots, quand nous luttions pour la protection des ultimes graines végétales naturelles.

Je me cache derrière un platane, laissant la silhouette s'approcher. La voici à même hauteur que moi de l'autre côté de l'avenue. Ce n'est pas un androïde. C'est un être humain. J'hésite sur le sexe. Alors je me décide à traverser la rue pour la rejoindre, car j'en suis quasiment persuadé c'est une berdache, une « femme aux deux esprits », survivante amérindienne. De près, elle en a la silhouette caractéristique. Une minorité qu'il est bien rare de croiser dans une rue. 

Utilisant le code international, je lève ma main à hauteur de mon épaule pour la saluer et lui dire que je n'ai aucune intention malveillante. Malheureusement, elle ne comprend pas se met à courir et à crier. Bêtement je me lance à sa poursuite, ce qui l'incite à accélèrer son allure. Elle crie de plus en plus fort. C'est alors que surgit de nulle part un androïde Erèbe IX qui pointe son PI et tire instantanément, me paralysant sur place.

Par la suite je passe quatre mois en centre de reprogrammation neuronale. Actuellement je vis cloîtré chez moi. Mes enfants ne me parlent plus. L'assistante androide femelleZh m'a été retirée pour leur éducation. J'ai perdu mon travail. Et je ne suis même pas sûr de ne pas avoir rêvé tout cela.

L'histoire se déroule à l'époque évoquée ICI :


mercredi 6 mars 2019

Une nuit sur le mont Chauve



Au hasard d'une promenade sur le net, de clic en clic, je tombe sur un texte évoquant des souvenirs intenses ou à partir de « une nuit sur le mont Chauve » de Moussorgski.
Alors mon propre souvenir m'est remonté comme un jaillissement de sensations, d'abord ténues puis de plus en plus puissantes. J'avais aussi mon histoire avec « La nuit sur le mont Chauve »…

Comment avais-je pu oublier ? Plus exactement, comment le souvenir avait-il pu devenir si ténu, dans un brouillard épais de ces épisodes de vie que l'on finit par ranger dans une arrière-cour de la mémoire.

C'était au Centre de rééducation, dans ma jeunesse, après mon accident de santé. J'étais là sans doute depuis un an ou un an et demi. On préparait des spectacles ou des animations.
L'éducateur chef (quel privilège quand on était choisi par lui), m'avait déjà repéré pour la chorale dont j'étais devenu le soliste. Je n'étais pas peu fier. Sans pour autant en tirer vanité. Après tout, à l'école où j'étais avant je faisais partie de la chorale de l'établissement, après une sélection serrée.

Mais ce n'est pas de cela dont je vais parler.
Cette fois il s'agissait d'un enregistrement magnétophone, sous forme d'un montage un peu du genre pièce de théâtre enregistré. Le but était de raconter aux autres enfants du Centre, une sorte d'histoire fantastique sur la base de « Une nuit sur le mont Chauve ». Dans l'histoire l'éducateur chef s'appelait « Monsieur Jean », c'était son vrai prénom. Mais nous ne l'appelions que par son nom de famille. Privilège de chef !
 Il m'avait choisi à la fois parce que ma voix « passait bien au magnétophone » et pour élaborer avec lui histoire, même s'il en avait écrit les quatre cinquièmes ! Il voulait mon avis, que je construise moi-même mes répliques.J'étais « Petit Pierre » qui allait faire des découvertes étonnantes et fantastiques avec « Monsieur Jean », en allant jusqu'au sommet du mont Chauve.
Les séances d'enregistrement s'étalaient environ sur deux mois, par petites séquences, parce que, dans le Centre, on n'a pas que cela à faire… ! D'ailleurs on appelait parfois l'éducateur chef en plein enregistrement. Il pestait.
— Je reviens vite me disait-il…
Nous ne devions pas avoir la même notion de « vite »…

Finalement, l'enregistrement ne fut jamais diffusé à personne. C'était en attente de le « caser » dans une fête du Centre… cela ne se fit pas. Tant pis.  Aujourd'hui je regrette de ne pas avoir osé demander une copie de la bande magnétique. Enfin, je crois même que je n'y ai pas pensé…

Mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel est tout ce que j'ai vécu avec cet homme, que j'aimais beaucoup d'ailleurs, même s'il était très exigeant et pas tous les jours très commode. Mais bon, il faut dire que nous étions une bande d'ados, pas forcément très faciles à manager…

L'essentiel fut la considération qu'il eut pour moi. Bien sûr j'étais un jeune garçonnet, mais il me considérait « en futur adulte », il a concouru à ce que je grandisse intérieurement, sans que j'en ai conscience à l'époque bien évidemment. J'étais surtout heureux de ce que nous faisions et que je prenais très au sérieux. Lui aussi. Combien de fois avons-nous repris l'enregistrement parce que mon ton n'était pas assez ceci, ou trop cela. Mais c'était toujours une manière positive de dire les choses. Ça me changeait des parents qui sans cesse m'engueulaient pour des bricoles ! Ils ne me considéraient que comme un « gosse » dans le meilleur des cas, et plus généralement comme un « sale gosse » !

Monsieur Jean M. vous auriez mérité une lettre dans mon livre « Le passage se crée » parce que vous avez fait émerger en moi des aptitudes que vous perceviez, dans le jeune que j'étais. 
Il faut en effet ajouter que, par ailleurs, nous étions quelques-uns dans le « Club photo » que vous aviez fondé au Centre : prise de vues, développement, théorie, cours de chimie aussi, recherche artistique et  technique. C'est vous qui m'avez donné la passion de la photo, qui m'anime encore quelque peu, même si c'est devenu plus secondaire à présent.
Vous n'êtes certainement plus de ce monde. Sinon vous seriez largement centenaire.

J'avais quasiment oublié ce projet d'histoire fantastique sur une musique… et en tout cas ce souvenir n'avait pas l'intensité de surgissement ressenti  il y a quelques heures.


Ils sont si nombreux tous ces gens que j'aurais dû mieux gratifier…



lundi 4 mars 2019

Une partie de......





Doublez le texte (au moins !) grâce à l'ajout d'adjectifs, adverbes, conjonctions, propositions conjonctives, relatives, etc...
Bref, noyez le poisson !

Une partie de pêche.
Un jeudi, de bon matin, debout sur une roche, je laissai flotter ma ligne dans le tourbillon des belles eaux claires. Ah, quel bonheur, quand au bout de quinze à vingt minutes, en allongeant et retirant lentement l'amorce sur l'eau agitée, tout à coup une secousse répétée m'avertit que le poisson avait mordu et qu'ensuite le bouchon descendit comme une flèche habilement lancée.
C'était un gros ! Je le laissai filer, et puis, relevant la gaule à la force du poignet, une truite colorée fila dans les airs et se mit à sauter au milieu des ronces coupées et des herbes pleines de rosée.
(d'après Erckmann-Chatrian)

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Comme indiqué, j'ai largement noyé le poisson… si je puis dire…

Ce que j'ai ajouté au texte d'origine est en gras
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Une partie de pêche à la ligne du corps

Un jeudi, où nous nous étions à l'hôtel depuis la veille, de bon matin,  car elle aimait beaucoup que nous entreprenions nos ébats de bon matin, debout sur une roche de son mont de Vénus, je laissai flotter ma ligne dans le tourbillon des belles eaux claires de ses humidités matinales. 
— Ah, quel bonheur, soupira-t-elle
 au bord de l'extase, quand au bout de quinze à vingt minutes, de mouvements lascifs d'ondulation de ses hanches, en allongeant et retirant lentement l'amorce de mon explosion sur l'eau agitée des sueurs chaudes de sa peau, tout à coup une secousse répétée de son corps convulsif,  m'avertit que le petit poisson du désir sublime  avait mordu et qu'ensuite le bouchon (elle appelait ainsi ma virilité)descendit comme une flèche habilement lancée, jusqu'au plus profond d'elle-même. 
— C'était un gros ! S'exclama-t-elle presque étonnée de cette puissance orgasmique qui s'échappait de nos ébats.

 Je le laissai filer, cet orgasme magiquetrop heureux de contempler ce corps alangui qui revenait lentement à une respiration normale, et que les soubresauts de son corps s'apaisaient. 

Et puis, relevant la gaule à la force du poignet,  tant celle-ci s'était enfouie jusqu'à l'extrémité, je vis ses jambes s'agiter, et l'une d'elles, telle une truite colorée fila dans les airs et  cela m'étonna intensément.
C'est alors qu'elle se mit à sauter du lit avec une vivacité extrême. On aurait pu croire qu'elle se trouvait au milieu des ronces coupées et des herbes pleines de rosée.

Elle se précipita vers le cabinet de toilette, et  quelques minutes plus tard en ressortit habillée et maquillée, plus belle que jamais. 

Ensuite on s'est quitté jusqu'à la semaine prochaine. Elle rentra chez son mari, et moi je rejoignis le domicile conjugal.