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Affichage des articles dont le libellé est La vie qui va. Afficher tous les articles
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lundi 21 septembre 2026

La télévision d'immersion

  Hier, en errant sur ma télé, jouant de la zapette (un mot qui ne se dit plus…), je cherchais une chaîne qui attirerait mes yeux et mes oreilles, tandis que le sang pulsait dans mes veines au rythme de ces épines que l'on enfonce dans mes pieds.
Je cherchais un divertissement récréatif, une attraction, un intermède, un spectacle qui mettrait fin au ballet infernal des pulsions peu sympathiques.

La fibre donne accès à des centaines de chaînes. À laquelle allais–je m'enchaîner ?
Je passais de l'une à l'autre jusqu'à ce que je découvre IMEARTH. Je voyais des images de torrents, agrémentés de chants d'oiseaux, de nature encore apparemment immaculée. Pas de commentaires et de baratineurs. Que les images et leurs sons en continu.

 

J'ai savouré des instants dont je ne me souviens plus combien ils ont duré. J'ai même augmenté le son pour qu'il m'enveloppe délicieusement. Petit à petit l'effet placebo a fait son œuvre. 
Il y eut des cascades. De l'eau qui courait vers son destin.
J'ai accepté que je ne verrai jamais plus ce genre de paysages « en vrai ». Je n'ai ressenti aucun regret, ni jalousie de malchance d'en être là à ce stade de ma vie. Je connais des gens que la douleur martyrise, notamment une amie qui a épuisé tout le spectre des tranquillisants, sans apaisement véritable.

Des souvenirs sont remontés de ce temps que je nomme à présent « où j'étais valide ». Je veux dire par là lorsque j'étais autonome quasiment pour tout. Pas de regrets, même si quelques larmes à peine naissantes ont brouillé un instant ma vue de l'écran.

Mieux vaut penser qu'il me reste encore « cela » et que si je n'ai plus beaucoup de liberté physique personnelle, ma liberté intérieure est intacte. Comme en filigrane j'ai revu la tapisserie de la chambre que j'occupais au centre de rééducation. J'étais tenu d'y faire la sieste, et parfois, « on m'y oubliait ». Alors je partais très loin dans mes rêves, très très loin. Certes ce centre était pionnier et venait d'ouvrir, mais toute l'organisation n'avait pas encore trouvé son rythme de croisière… le secteur de rééducation était à la pointe, le secteur hébergement et activité des jeunes que nous étions… était en organisation et développement… on était parfois un peu livré à nous-mêmes, à notre grande joie entre enfance et adolescence. Je veux dire qu'on savait parfaitement s'organiser… pour faire des bêtises.

Revenons aux images vidéo, désormais je ne voyage plus que par procuration. Certains dans ma famille le savent bien et me font la joie et le bonheur de m'envoyer parfois des vidéos régulièrement. Notamment un de mes neveux qui m'adresse des reportages commentés de ses balades à vélo. Il est des personnes qui savent les initiatives qui comblent.

J'ai pour elles une reconnaissance infinie.
 

lundi 14 septembre 2026

La montée de l'aube.

 C'est une petite phrase de Christiane Singer, extraite d'une conférence que j'ai écoutée récemment : « L'irrésistible montée de l'aube ».

C'est le mot « irrésistible » auquel je m'arrête. On ne peut pas résister à la montée de la lumière, celle de l'aube bien entendue, mais aussi au surgissement qui tout à coup vient nous éclairer et souvent nous déranger.

L'irrésistible montée. Ce à quoi rien ne peut résister et qui surgit tout à coup..
Et pourtant, parfois, on voudrait ne pas voir. Se boucher la vue. La crainte de l'aveuglement. Ces « trops » qui risquent de nous éblouir ou nous aveugler et nous font fermer les yeux ou détourner le regard.

A-t-on raison ? Parfois la nécessité commande : c'est presque contre notre gré. Mais peut-on longtemps ne pas regarder l'aube qui est là, à présent. ? Quand bien même la lumière nous donne à voir du « pas joli-joli ».

Mon autre blog (actuellement en stand-by ») s'intitule : le voyageur de l'aube. Et j'ai même eu l'audace de mettre des majuscules. Je cherchais à parvenir avant que celle-ci ne vienne inonder de sa lumière. Voilà plus d'un an que je n'ai pas écrit là-bas. Je mettais en exergue que les aurores nous tirent de nos nuits. J'ai longtemps fait le récit de mes nuits, et puis comment les lumières me sont venues. Est-ce qu'il n'y en aurait plus dans ma vie depuis lors ?

Que je le veuille ou non, l'aube est irrésistible, mais est-ce que je l'accueille, cette aube qui fait chaque journée nouvelle. Ou est-ce que je m'installe dans une sorte de paresse confortable, parce qu'à mon âge, avec mes temps grises, les dizaines d'années de mes expériences bien évidemment nombreuses et enrichissantes, font que désormais il me reste à être blasé du reste.

Je force le trait. Et cependant. Ne suis-je pas dans ce statut du vieux singe à qui on ne peut apprendre à faire des grimaces nouvelles.

Il faudrait que j'aille renouer avec la « jeunesse de l'aube ».

 



  

mardi 18 août 2026

La mort comme une vie.


 Un de mes voisins vient de décéder à 86 ans, après avoir passé bien des semaines hospitalisé et chacun savait qu’il ne reviendrait pas chez lui. Hier, c’était son enterrement. une cérémonie belle, intense, et sans pathos. 
Un retour à la terre, dont nous sommes tous issus.

Dans la rue en impasse où nous habitons, nous nous connaissons tous, certains plus que d'autres bien entendu. Ce voisin-là j’aimais échanger avec lui. il avait une histoire de vie passionnante et singulière ainsi qu'une grande culture.

Ce matin, je regardais les deux grands sapins de mon jardin. Il les voyait de chez lui, témoin comme moi de leur croissance au fil des ans.

 


 


Deux sapins, tel un couple dont l’un a besoin de l’autre pour sa croissance. L’autre a besoin de l’un pour son développement.
Ils ont une nécessaire solidarité.  Chacun a son originalité, ils ne sont pas de même essence, mais que seraient-ils devenus l’un sans l’autre ?

 Lorsqu'on  les observe de plus près,  par-delà  le vert  visible à l'extérieur, on peut apercevoir à l’intérieur des branches mortes en apparence, mais qui ont encore leurs rôles à jouer.
 La  présence de l'histoire du passé  est essentielle  à la vie aujourd'hui
 À travers ce qui semble mort de nouvelles lumières pénètrent dont le destin  est d'éclairer pour renouveler le regard.
 
On voit des branches qui ont terminé leur mission et que l’on croit mortes. Mais le sont-elles?
Jamais ne me vient à l’idée de les supprimer. Ce serait une faute. Elles sont indispensables à l’ensemble. Elles ont concouru à la réussite de l’aventure.
Le résultat en est une certaine harmonie.
Ce qui apparaît mort continue à susciter de la vie.
La mort, nourriture pour de nouvelles vies. 

Il y a des nids d’oiseaux dans les sapins, gage de naissances printanières, des insectes, tout un petit univers grouillant.

 Alors qu'est-ce donc que la mort ? Est-ce que mon voisin décédé a disparu ?
 N'est-il pas de retour quelque part en moi? D'ailleurs je crois entendre  sa voix.

  

vendredi 15 mai 2026

Désenchantement

 

 J'ai pris du retard du côté de la blogosphère (mot suranné que l'on n'entend plus guère…)
Dans ma vie, c'est un peu pareil, sentiment d'être en retard avec moi-même.
Me voilà un peu comme le Lapin blanc du pays des merveilles.
Obsession du temps qui file d'un côté, qui traîne à passer d'un autre.
Mais y a-t-il encore un pays des merveilles ?

Je n'ai pas l'intention de commenter l'actualité des temps troublés, commme il y a des années sur ce blog.
Trop vieux désormais. Désabusé ? Découragé ? Indifférent ?
Un cocktail d'un peu tout cela.
N'empêche que je me retrouve dans cette poisse.
Une terrible envie de fuir dans le repli.
Mon temps est terminé. Laissons la place.

Aujourd'hui, anniversaire de deux de mes petits-fils. 14 ans pour l'un, 18 ans pour l'autre. Ça nous donne 14/18… amusant quand une certaine presse nous indique que la nouvelle guerre européenne généralisée a déjà commencé avec l'Ukraine. Avenir sympa pour cette génération des petits-enfants.
 


Trop de choses en ce moment me prennent la tête (comme disent les djeun's)
il faudrait que je la vide…

lundi 27 avril 2026

Présence divine

 

Lu chez Avalon en réponse à un commentaire à propos des blogs :

« Nous veillons les uns sur les autres dans un soutien moral, une présence que je qualifierais de divine puisqu'elle ne s'impose pas physiquement. »

Plus d'une fois, sur mes blogs et dans d'autres écrits, j'ai eu l'occasion d'évoquer la parcelle de divin, sa trace, qui existe en nous. Et il me semble en chaque être humain, quel que soit ses croyances, ses références, ses paradigmes.

Je la ressens en moi, comme je la perçois chez d'autres, au-delà des mots, du discible, manifestation du mystère de la personne que nous sommes chacun et chacune.

Souvent le constat se fait : j'en sais plus sur mes relations via Internet que sur mon voisinage « en live » où cela se situe surtout dans  la convivialité et l'entraide ordinaire entre gens qui, comme on dit : « s'entendent bien ». Mais, sauf exception comme la traversée d'une épreuve, les échanges ne sont guère « en profondeur ». Il en va bien sûr autrement dans d'autres relations de ma vie passée et présente qui demeurent inscrites dans ma vie.

Concernant les blogs, les sites d'échanges, comme le dit avec justesse Avalon : non seulement la présence physique ne s'impose pas, mais elle n'est pas nécessaire à la relation et sa profondeur. Et en ce sens, en effet, la relation tient du divin, c'est-à-dire d'une réalité quasi impalpable, qui nous relie bien au-delà des apparences, des limites du face-à-face et de la présence physique. Nous sommes entraînés à nous rejoindre dans un « en deçà » de la surface des eaux relationnelles.

« Le divin en soi », il faut le rejoindre. C'est un choix d'aller vers lui, même si c'est un état qui nous constitue. C'est comme une aptitude ou une qualité, on peut la développer ou la laisser en friche. Elle ne disparaît pas, mais elle s'étiole.

Le divin permet d'approcher de ce « plus que soi en soi » qui nous amplifie, nous ouvre le corps et l'âme dans une dimension qui comporte toujours sa part inconnue, cet inconnu qui attire et ne fait pas peur. C'est là sa grande qualité.

Mais le début de la citation est très important aussi : veiller les uns sur les autres.
Avalon exprime ce que je vis. Ce qu'elle vit aussi bien entendu : « la veillance ». C'est-à-dire un regard de bienveillance active sur les autres. C'est au-delà du seul désir qui ne peut être qu'un point de départ, qui n'a d'effet que  lorsque le désir génère des actes.

Alors bien sûr il y a des errances et des ratés sur la route. Des abandons, des manques, des incompréhensions néfastes, des négligences regrettables, etc

 Il reste que la parcelle de divin déposée en nous demeure une permanence avec sa dimension d'éternité. Voilà pourquoi je dis souvent que les relations sont éternelles. Elles peuvent évidemment s'arrêter concrètement, mais leur valeur d'éternité est là et ne dépend même pas de nous. 

mardi 21 avril 2026

Peau lisse de caractère

 

La vie se rétrécit comme peau de cuir chagrin.
La lumière intérieure peut vaciller
quand la lumière extérieure s'obscurcit.
L'une dépend de l'autre. 
L'autre dépend de l'une.

Des jours ternes traversent.
Moins de raisons de vivre.
Trop de nuits interminable avant de voir le jour.

Et parfois, la joie, comme un retour du passé.
Une écriture que l'on reconnaît sur l'enveloppe.
Au temps où on s'écrivait via une boîte aux lettres
sur du papier tramé, parfois parfumé.

Dépendre d'une écriture, des mots
qui font beaucoup de bien.
Et pourtant ce n'est que l'alphabet assemblé.

Les mots d'amour rendent fou.
Les mots sales  dégradent.
Les mots doux guérissent.

Parler pour ne rien dire.
Parler pour tout dire.
Parler pour meubler le vide de la tristesse.
Parler  quand se taire fait trop mal.

Écrire ce billet qui ne sert à rien.
Parfois le rien occupe tout

-o0o- 

 


 

  

vendredi 20 mars 2026

Maurice et Mélodie



Voilà !
Comme chaque année
elles sont revenues à Sarralbe, (Moselle),

les cigognes : 

Maurice et Mélodie, 

vedettes internationales.

 



 

Chaque année je viens les observer, sur le toit de la Mairie, jusqu'à ce que les œufs éclosent et que les petits  soient prêts pour le grand voyage… 

 Cette année, il n'y a que deux œufs: le conseil municipal s'inquiète !

 Si ça vous intéresse, ça se passe ici.

vendredi 13 mars 2026

Métamorphose ?

 

Une seconde nous sépare des poissons rouges.
Je lis ça sur le blog de Nicole Giroud

«… l’attention d’un poisson rouge dans son bocal est de huit secondes, alors que celle de tous les jeunes humains habitués à scroller ou à swiper sur leur écran serait de neuf secondes. »
L'auteure conteste quand même quelque peu cette affirmation…
En effet, tous les jeunes ne scrollent pas à s'en user les pouces. Certains préparent une nouvelle civilisation. Elle devrait, paraît-il, être de type « métamorphose », si j'en crois ce que j'en lis çà et là, de type prospectif.
Le mot suppose de profonds changements de nature, de structure, d'organisation, en sorte que demain devrait devenir méconnaissable au regard d'aujourd'hui.
Dont acte.

Cela dit j'en ai vu des métamorphoses chez un certain nombre de personnes. Des changements profonds, avec parfois des retours arrière, mais le plus fréquemment, celles-ci s'inscrivent dans la durée et la consolidation.
On le constate lorsqu'on les a perdus de vue pendant tout un temps.

Le monde des humains ne peut progresser que si chacun essaye de concourir à sa propre métamorphose. Elle ne tombe pas du ciel, ne vient jamais d'ailleurs, mais elle se tient disponible à notre porte.
. Elle est la résultante d'un combat joyeux contre l'adversité.
Aurais-je réussi ce combat-là à la fin de ma vie ?


Lorsque quelqu'un ne nous a pas vu depuis longtemps, on entend parfois :  « Tu n'as pas changé ! » Mensonge poli qu'il faudrait considérer comme un compliment. Néanmoins ça voudrait dire : tu es resté figé dans l'état où tu étais… pff… mais quelle tristesse ! Me voilà statufié ! Remarquez, il y a un peu de vrai, puisque ce genre de propos me laisse « de marbre » !

 C'est bien dommage une personne qui n'est pas en changement, en évolution, en tentative de progression, en désir de s'améliorer et de devenir plus heureux et d'en prendre les moyens, même s'il y a des retours arrière,
« Ne pas changer ? »… C'est triste  à mourir.

En revanche, vouloir  se forcer à changer, ne peux pas être le but du  jeu. Le but c'est l'accomplissement de sa personne par le don de soi. Et c'est cela qui rend heureux profondément. C'est uniquement mu par ce désir, qu'on fait ensuite le constat d'avoir changé.
 Il y a une sorte de paradoxe : on reste la même personne, mais on devient autre.

On ne cherche pas, on  avance sur le chemin. S'il y a quelque chose à chercher c'est où se trouve notre  chemin, car on ne le découvre pas tout de suite. Et puis quels sont les autres qui empruntent le même parcours
Pour ma part, je dirais que je l'ai vraiment trouvé vers 35/40 ans. Avant, j'ai fait des essais. C'était intéressant, parfois passionnant, mais je sentais bien que ce n'était « pas vraiment ça ».
Le signe que c'était enfin « ça », vint lorsque j'ai eu ce sentiment profond d'être à ma place, de pouvoir donner toute ma mesure,  d'être heureux dans le travail et les responsabilités que j'assumais, avec d'autres, au sein d'un collectif de destin. Mais surtout, que cela produisait « de bons fruits » même si tous les fruits ne l'étaient pas, parce qu'on est sans cesse en apprentissage lorsque l'on veut innover.

Je ne suis plus dans ce qu'il est convenu d'appeler « la vie active »… comme si lorsqu'on quitte les activités professionnelles on entre dans une vie passive… on en dit des conneries !

Ces derniers temps, la métamorphose semble renvoyée à des temps ultérieurs.  L'époque est guerrière, par la volonté de quelques dirigeants planétaires avides de gloire morbide. Ils bâtissent celle-ci sur des cadavres entassés à coup de bombes puissantes. Eux, ils sont totalement à l'abri. Pavanant dans leurs immenses résidences ou enterrés dans leurs bunkers nauséabonds. Chaque despote oppresseur prend son fade plaisir comme il peut, à défaut de bonheur auquel il renonce. Être et vivre en paix est pour  le conquistador une aberration.
 
Mais les peuples et les victimes innocentes ne se sont jamais laissés asservir bien longtemps. Et la métamorphose que d'aucuns nous prédisent adviendra inéluctablement. C'est ma conviction.
Porter le regard plus loin, voilà une nécessité vitale 

Mais pour l'heure, c'est d'une tristesse à pleurer, ce spectacle mortifère que la planète nous donne à voir.
Dans cette tristesse, je suis.
 Pourvu qu'elle ne m'envahisse pas totalement. 
Pourvu qu'elle ne disparaisse pas totalement.
------------------
« Il est une tristesse si profonde qu'elle ne peut même pas prendre la forme des larmes » 
Murakami.
 


vendredi 13 février 2026

La nuit porte les mots



L'autre nuit il a fallu traverser des heures difficiles, à cause d'une douleur persistante.
Je tentais de laisser ma pensée se fixer ailleurs que sur le douloureux. Ce n'est pas très évident, mais ça peut fonctionner.

Je me remémorais les gens qui me sont précieux. Les personnes pour qui j'ai de la considération, de l'affection et de l'amour ; celles qui me font le cadeau de leur présence, de leur attention, de leur proximité et de leur compréhension ; enfin, des pensées de ce genre.

Et puis mon attention est revenue sur le mot lui-même « précieux ». J'avais les yeux fermés dans la nuit. J'entendais la respiration douce et régulière de mon épouse qui dormait à mes côtés. Comme une présence silencieuse, à la fois précieuse et bienfaisante. 

Précieux  c'est  parfois comme s'autoriser à prendre contre soi, avec soi, en soi, pas forcément pour signifier une possession [quoi que…] mais une présence.
C'est légitime, et même nécessaire. Sans présence on n'est pas grand-chose. Je ne crois pas au dépouillement de tout. Cela me semblerait un dessèchement, un squelette de soi-même.
Alors bien sûr, c'est centré sur soi, même si existe l'intention et la volonté de redonner ce que l'on a reçu.

Dans la nuit, on peut aussi écrire « pré-cieux », comme la projection d'une promesse qui nous attendrait quelque part… dans les cieux…
Cependant la Promesse nous est faite par la vie et toutes ses composantes d'aujourd'hui. Parmi elles : des religions,  nos enseignants, nos parents, les candidats aux élections  qui promettent le ciel, et bien d'autres aussi comme les arnaqueurs de tous poils (la publicité omniprésente par exemple… : « le bonheur est dans le dentifrice »).

 Me vint un extrait de la chanson de Brel, Orly : « ils vivront de promesses qui ne feront qu'attendre ». Il est question d'un couple, mais c'est bien plus large que cela. On ne cesse de nous dire qu'il faut attendre, que ça va venir. … Mais quand ?

Avouons-le, combien de fois nous voudrions quand même y croire quelque peu en déposant notre bulletin  dans l'urne. Combien de fois nous serons encore déçu(e)s. 

Comme si tout devait nous arriver d'un « ailleurs ». Mais le précieux est en nous, « ici-bas », dans cette extraordinaire  dynamique appelante du fond de notre être, un moteur intérieur, une pulsion centrale qui vient des tripes et qui nous entraîne dans l'existence. Notre accomplissement et peut-être notre bonheur ne sont ni dans les nuages, ni dans la conquête de l'espace ou de l'univers pour les plus entreprenants des Chino-américano-russes, ni dans l'extraction pétrolière, ni dans le transhumanisme, ni dans la folle croyance en une Supériorité quelconque. Et encore moins dans « de l'avoir plein nos armoires » comme le chantait Souchon 

Le précieux réside dans la confiance que nous faisons en notre propre potentiel, en celui des autres pour ensemble développer des réussites collectives, petites ou grandes. 
L'humanité vient tout juste de naître.

Je me suis endormi. La douleur avait décidé de me foutre la paix.

mardi 2 décembre 2025

La personne abandonnée



Combien furent-elles/ils, les abandonné(e)s, à venir dans mon cabinet de consultation ?
Je n'ai pas décompté. De nombreuses personnes en tout cas. Sans vouloir catégorier on peut toutefois quelque peu distinguer :

— Les « abandons objectifs », à la naissance, « né sous X », ou la mère décédée dans la toute petite enfance, et autres cas particuliers comparables.

— Les gens qui vivent le « sentiment d'abandon » jusqu'au plus profond d'eux-mêmes  par celles et ceux qui avaient en charge leur éducation, à commencer par les parents, et en premier la mère. Sentiment ressenti fréquemment dans bien des circonstances, à l'école, puis adulte et même plus tard jusque dans leurs relations amoureuses.

Ces accompagnements se déroulent fréquemment dans la durée et selon mon constat, celle-ci est plus longue avec les hommes. Je n'en fais pas une loi générale,  c'est uniquement mon expérience. Je crois que l'homme, même s'il s'en défend généralement, est plus fragile dans la mesure où il cherche à s'en sortir  par rebondissements successifs, suivis souvent d'échecs successifs.
Les femmes ont une capacité de résilience plus intense. Elles accèdent plus facilement à la profondeur de leur personne. Elles sont plus matricielles. Plus intériorisées.
Plus proche des aspects émotionnels, relationnels, sensoriels et spirituels.
On me dira que je schématise et simplifie. C'est partiellement vrai. Je n'écris pas ici un traité sur tous ces sujets…

Le sentiment d'abandon est souvent complexe. Les situations très différentes. L'enfant a été « bien éduqué », selon les principes reçus, la lignée familiale, le milieu, les théories éducatives de l'époque parfaitement appliquées.  Bref, les parents ont fait comme ils pouvaient avec ce qu'ils étaient.  Des parents ordinaires, pas plus mauvais  ou meilleurs que d'autres… ou que moi-même…

Et pourtant l'adulte continue à se sentir comme ayant été abandonné. À 40 ans il/elle continue à en souffrir. Dans sa fratrie,  la personne considère être celle dont on s'occupa bien mal. On préférait les autres frères ou sœurs. Parfois la jalousie s'installe et justifie des processus de vengeance plus ou moins subtils, moraux ou physiques. Cela n'arrange rien, développe fréquemment une forte culpabilité destructive. Autrement dit : l'impasse.

Dans le long travail que  j'ai  entrepris sur moi-même pendant plusieurs années, je fus confronté au « sentiment d'abandon » qui me  fit remonter  à ma petite enfance avec des spasmes d'étouffement devant ma thérapeute. Mais qui donc m'étouffait ainsi ? 
La clé arrivera plus tard, par une amie de ma mère : Ma mère m'enfonçait le biberon dans la bouche. Elle le faisait tenir avec des coussins, puis allait s'occuper des clients dans la pièce à côté.
C'est passionnant de pouvoir vérifier certains ressentis en thérapie par une explication objective d'une tierce personne de l'époque. On se dit qu'on ne s'est pas leurré durant la séance sur la réalité objective, sur le factuel de l'époque.
 Et en plus il paraît que Madame ma mère était fière de cette manière… de m'abandonner… pas étonnant que je déteste le lait depuis toujours…
Néanmoins le travail fut long… mais bénéfique…

Et aujourd'hui ? L'angoisse de l'abandon a disparu. Une crainte demeure quand je me sens en état de faiblesse, de grande dépendance. Je continue en ces cas-là à penser que tout  le monde finira un jour ou l'autre par m'abandonner… et que j'y perdrais la vie.

Je m'en sors en revenant à cette certitude de mes liens intérieurs les plus profonds. Cette sorte  de reliance fondamentale et fondatrice à ce « plus que moi en moi » qui fait mon identité d'être humain unique au milieu de mes semblables uniques. Nous tissons l'étrange toile de cette immense tapisserie planétaire  dont je suis un fil. 

Cette confiance demeure chevillée au corps que la solidarité finira toujours par triompher de l'égocentrisme mortifère. J'en ai  l'expérience. La lutte contre les séquelles de la polio était vouée à l'échec si elle avait dû se dérouler en solitaire. Je démontre cela le mieux possible dans mon livre « le passage se crée » : le passage de la mort à la vie. Je n'ai de cesse d'en remercier les vivants. Les vrais !

jeudi 20 novembre 2025

Novembre éparpillé en mots.



 

Le ciel est très gris.
La terre est blanche. 
Il neige.
Entre les deux, des flocons descendent en rythmes différenciés.

La fenêtre sépare le chaud et le froid.
Différence théâtrale.
Le spectacle se déroule sur la scène. Pas le spectateur.

Dans ma vie d'aujourd'hui.
Exit l'acteur ou metteur en scène de vie, comme je l'ai été [ou croyait l'être] dans mon parcours professionnel.
L'eau de l'existence débordait, jaillissait, bouillonnait. Elle me donnait raison d'exister et d'essayer de servir.

Je relis mes écrits publiés de 2005 à 2015 
 (« 120 pensées plongeantes » éditions TheBookEdition).
 Je  m'en étonne. Tout cela était-ce bien moi ? Comme si un autre avait vécu ce temps-là, puis s'était enfui. 

Je suis désormais une eau à l'agitation calmée, au bouillonnement dormant, à la patience énervée, à la sagesse turbulente, la retenue explosive.

Où faut-il m'investir désormais ?
Sans doute aller au bout de mes engagements post-professionnels, là où on me sollicite encore. Est-ce suffisant ? 
Comment être inutilement utile ?

La neige faiblit et s'arrête.
Reprendra-t-elle ?
Le flocon redeviendra de l'eau et la pelouse verte.
Rien n'est pérenne.

L'arbre n'a plus de feuilles mais il n'est pas mort. Il a le sommeil du juste.
La sève neuve reviendra. Il le sait et l'attend

Je me sens proche du sommeil
engourdi comme la nature.

Novembre, morne transition nécessaire. 

mercredi 12 novembre 2025

Le jour d'après

 Hier, 11 novembre, le jour difficile de l'année. Je n'y ai pas vraiment échappé, mais au moins il ne m'est pas arrivé les aventures terribles de certaines années, qui se sont plus d'une fois terminées à l'hôpital !
« Le syndrome d'anniversaire » explique celles et ceux qui réfléchissent. Et quel anniversaire, penseront peut-être mes lectrices et lecteurs qui connaissent de quoi il s'agit.
J'ai lu en son temps les théories de Anne Ancelin Schützenberger, sur le transgénérationnel. Je n'ai pas été convaincu. D'autant que ces théories n'ont jamais été confirmées à ce jour par la psychologie moderne et les neurosciences.

Je crois beaucoup plus à la mémoire traumatique. À la date anniversaire le cerveau rejoue la réponse émotionnelle qui lui est associée. C'est quasiment scientifiquement démontré. J'aurais pu servir de cobaye. Il s'agit d'une réminiscence tant physiologique que psychologique. J'en ai l'expérience dans mon cerveau, dans mon corps et dans ma chair, pendant maintenant plus de 40 ans, car il a fallu que les années passent avant que la mémoire traumatique fasse son apparition. Je dois être un mec à effet retard !

Dans cet ordre d'idées, je visionne avec grand intérêt le feuilleton actuel à la TV qui montre les effets traumatiques dans la durée des victimes des attentats du 13 novembre.
 

Et cependant le transgénérationnel évoqué plus haut ne me laisse pas non plus totalement indifférent.
Le 11 novembre : l'armistice du 14 18. Une guerre qui frappa ma famille (comme tant d'autres évidemment…), rendit mon père orphelin de mère, et d'autre de son village natal. Ce grand-père taiseux qui avait au fond des yeux quelque chose de terrible que je n'identifiais pas lorsque j'étais enfant. Mon frère confirma dans les écrits familiaux qu'il y avait une forme de terreur étouffée en lui.
J'ajoute pour la petite histoire qu'il est mort peu de temps avant le 11 novembre de cette année-là.

Voilà. Cette année encore je ne passe pas à côté, mais cette année, aucun malheur personnel supplémentaire. Je ne me suis pas cassé l'autre fémur, pas cassé un doigt de l'autre main, ni l'autre poignet, ni un grave incident cardiaque qui me donna aux urgences, etc. ni quelques autres bricoles dont je fus coutumier.
Non, rien de tout ça, alléluia !
Comme quoi, il peut encore y avoir des progrès personnels dans le grand âge !

Rendez-vous le 11 novembre 2026, si toutefois la nature, Dieu ou son fils (paraît qu'il n'aurait pas de fille, c'est la raison pour laquelle il nous envoya son garçon) me prêtent vie jusque-là.
En attendant, portez-vous bien, et continuer à me lire, j'ai besoin de vous, chères lectrices et chers lecteurs.
 

jeudi 30 octobre 2025

La joie d'être


La nuit ne fut pas facile. C'est un peu un euphémisme.
La nuit certains souvenirs sont encore plus gris que les souris.

Et puis le jour à travers le volet qui se lève.
Et puis le ciel d'un bleu immaculé.
Pas le moindre petit nuage et beaucoup de lumière.

Nous sommes de la nature.
Et ce matin la nature est en joie.
Elle dissout les souvenirs nocturnes

Pour parfaire ce bel ensemble, large sourire de ma compagne de vie.

Petit déjeuner en regardant le jardin dont la vie offre son espérance.
En rouge et blanc, la  sauge arbustive ne cesse de fleurir, 
parce que c'est sa mission.

 
Je m'accorde un peu de confiture sur la tartine.
Au diable la consigne du « sans sucre, sinon… ».
Petit écart pour grande joie.
 

*

Un jardin de mes rêves, mais pas le mien !


 

mardi 21 octobre 2025

Narcisse et autre bulbe à Rachid

 

Narcsse - Michelangelo Caravaggio


Il paraît que Narcisse était tombé amoureux de sa propre image qu'il estimait d'une grande beauté. D'aucuns critiquent ce mythe en disant qu'il faut plutôt s'oublier. Mais si on s'oublie quelque part, on risque d'avoir de la difficulté à se retrouver. Il y a des gens qui ont cherché après eux-mêmes toute la durée de leur existence, sans vraiment trouver.

Plutôt que torturer le bulbe d'un narcisse, mis vaut allez en planter en nombre dans son jardin, ça fera fleurir de l'intelligence au printemps.

Mais là n'est pas vraiment ce dont je veux vous entretenir. (Sans pour autant subvenir à vos besoins matériels ou spirituels).
Ce que je me demande : ne suis-je pas devenu jaloux de moi-même ?
Disons plutôt, jaloux de celui que je fus.

Il se fait que cherchant à retrouver un de mes vieux billets, j'ai fouillé et farfouillé dans les archives de mon blog. Et donc j'ai relu un certain nombre de mes billets d'il y a une dizaine d'années et plus loin encore.

J'en ai bien oublié les trois quarts.
Mais qu'est-ce que certains étaient écrits d'une bonne écriture ! (À mes yeux bien sûr…). D'autres étaient d'une audace que je ne m'autorise plus. Suis-je en train de devenir un vieux con ?
« Cons caducs ou cons débutants, quand on est con on est con » chantait Brassens. Eh bien non ! Jeune, je n'étais pas si con que ça. Vieux je le deviens.
Donc me voilà jaloux de mon écriture d'antan. Disons partiellement. Parce qu'il y a quand même du déchet.

Arrête de te flageller, me souffle mon petit doigt, qui a toujours quelque chose à dire, c'est tout simplement un peu plus de maturité. Moins de déconnade mais plus de profondeur (mais, fais gaffe, on peut s'y noyer).

Bon, je vais continuer tant bien que mal, selon ce que l'air du temps m'inspire ou m'expire, selon le raz des jonquilles ou l'altitude de la montgolfière.

Mais, il n'empêche, l'espace de quelques instants, j'ai eu vraiment le sentiment de n'être plus ce que je suis et que je ne le serai jamais plus.
— C'est grave docteur ?
— Oui, me répond-il, cet imbécile ! 

jeudi 28 août 2025

La joie

 


Sur le blog FABULO, blog de La Licorne, il est question de « Joie ».

Voilà un mot qui ne fait pas beaucoup partie de mon vocabulaire. Et pourtant force est de constater qu'elle est en moi, plus que je ne le crois ou ne la perçois. Et depuis bien longtemps.
C'est curieux comme parfois on ne met pas le mot qu'il faudrait sur ce que l'on vit.
La joie comme un jaillissement soudain, quelque peu inattendu, alors que rien ne semble être un terrain favorable pour qu'elle apparaisse.

Je repense à ma jeunesse, aux épisodes de joie, personnels ou partagés, que je n'identifiais pas suffisamment ni clairement dans la grisaille ambiante et triste qui m'environnait. C'est dommage à posteriori, ce manque de conscientisation. Il y aurait tout un pan de mon enfance à réhabiliter.

Et puis, ces trois années en centre de rééducation, plusieurs fois évoquées dans « Le passage se crée », où on ne rigolait pas tous les jours. J'ai beaucoup souffert dans mon corps. S'ajoutait le sentiment d'abandon définitif qui me serrait le cœur et la gorge. Et pourtant, ces instants de joie que j'ai pu vivre et auxquels je m'accrochais comme le naufragé à un débris du bateau qui a coulé. Mon erreur était de ne pas savoir les identifier suffisamment pour les savourer. Je parlais plutôt de petits plaisirs éphémères et somme toute sans intérêt, voire comme de vaines tentatives d'échapper au Destin vengeur. Car il fallait bien payer pour tant d'errance.
 
Jeune adulte, je me suis mis en quête du bonheur. Comme si j'allais pouvoir le découvrir au détour d'une rue. — « Ah, c'est toi enfin, j'arrive, je te suis ! »
Enfin bref, des bêtises.

À l'époque, j'ai lu « Propos sur le bonheur », de l'auteur Alain, avec espérance d'un changement radical. Des années plus tard j'ai choisi le pseudonyme de AlainX, à cause du nom de l'auteur de ce livre. Comme quoi ça me poursuit.

Quand je regarde un dico, j'observe combien j'ai privilégié des synonymes du vocable « joie ». Le mot a longtemps conservé une froideur. La joie ne pouvait être qu'éphémère et inconsistante, une sorte d'ersatz auquel il valait mieux renoncer.

Et aujourd'hui ?
Une conversation téléphonique avec un ami important et que j'apprécie énormément dans une fraternité ancienne, claire, sans nuage et sans ombre entre nous. J'évoquais mes difficultés. Il m'a dit quelque chose du genre : « Tu me parles de [cette difficulté] et cependant tu as une voix joyeuse ! ».
Comment ça ? Ai-je pensé aussitôt, sans le dire. Et en même temps je percevais qu'il y avait au cœur de mes propos et la manière dont je les disais un élan vital qui ne me quittait pas malgré l'adversité. Et à l'entrevoir à travers ses propos, je ressentais une animation intérieure jubilatoire, oh ! Pas très forte bien entendue… mais réellement présente comme une douceur en liesse.
J'ai pensé au bonheur durable d'une amitié indéfectible. Il fallait en remercier cette réalité de l'être humain en partage, en solidarité et en entraide qui fait sa valeur première.

Balayant ainsi mon existence, j'en viens à penser que la Joie a toujours habité au fond de moi, mais que je ne prêtais guère attention à elle. Négligence dommageable. Il est temps que je revienne à cette réalité qui est mienne.
Durant toute une période de ma vie, je fus facilement invité çà et là, parce que je faisais « rire la galerie ». Moi je me vivais comme le clown triste de service qui devait se réduire à ce rôle…

 J'étais con quand même ! 
 

lundi 18 août 2025

Bref passage.

 Bonjour à chacune et à chacun, 

Merci chaleureux aux personnes qui s'enquièrent de mon sort.

Depuis plusieurs semaines, je traverse des temps difficiles, ainsi que celle qui accompagne ma vie depuis tant d'années. À la suite de divers incidents malencontreux, notamment une mauvaise chute de ma part, entraînant des complications  physiques, j'ai perdu beaucoup de mon autonomie. 

Nous sommes devenus en 24 heures, des petits vieux douloureux, car mon épouse est victime d’une hernie inguinale en voulant m'aider. Elle se retrouve assez limitée pour m' assister au quotidien. Le soutien mutuel, quand il existe dans un couple, est une chance extraordinaire.

 En cette période de vacances, impossible de trouver des aides à domicile.  Mon médecin traitant comme ma kiné sont en vacances. Nos enfants sont loin, nos familles dispersées. Heureusement une voisine sympathique nous dépanne le mieux qu'elle peut. « Mais c'est bien naturel » dit-elle…

Dans le quartier, c'est le désert du mois d'août !

Donc voilà : la période est délicate à traverser…

D'autres jours viendront, on verra bien la couleur qu'ils auront… 

Portez-vous bien.

 J'ignore quand je pourrais revenir sur ce blog.

 

jeudi 17 juillet 2025

Prends soin de toi

Parfois on me dit cette petite phrase, en partant, on me l'écrit.
Peut-être un peu plus souvent ces temps-ci, à cause des douleurs dans mon corps qui ont décidé de s'installer durablement depuis trop longtemps maintenant. Je me suis mis à les évoquer sur ce blog. Je ne regrette pas, mais j'aurais mieux fait de m'abstenir. Plus compliqué parfois « en live » parce qu'elles se voient à un moment ou un autre.
Moi-même j'écris cette petite phrase, avec sans doute les mêmes intentions de bienveillance et de protection envers la personne considérée.

Et d'ailleurs je remercie celles et ceux qui ont manifesté leur sympathie à cette occasion.

Mais qu'en est-il au final ? Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire. Prendre soin ?
Le « care » comme on dit à présent dans la branchitude professionnelle. (Bien que ce mot tend à devenir obsolète, c'est fou comme les nouveaux mots ont une vie courte).
 

Dans le dictionnaire de l’Académie de Médecine 2015, il est défini le care : « ensemble des mesures et actes visant à faire bénéficier une personne des moyens de diagnostic et de traitement lui permettant d’améliorer et de maintenir sa santé physique et mentale ». 
Mazette ! Rien que ça ! Alors, quand on dit prends soin de toi, ça fait quand même un sacré boulot par derrière… mais fort heureusement on dit « de toi », au sens de : le boulot de te soigner t'appartient mon gars, ma fille… ! On ne dit pas je vais prendre soin de toi, non, non, c'est pas mon taf, je suis pas médecin. Tu te démerdes !
OK, c'est pas l'intention quand on dit ça, mais c'est le résultat. Et là, pas possible d'en être fier.

Je préfère les propos de ma chère et tendre qui partage mes misères :
— « Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »
Ça au moins ça comporte une dynamique, c'est une intention réelle, car si j'exprime quelque chose de concret, elle l'accomplit si c'est dans ses possibilités et ses cordes.

Et sinon, vous, ça va ?


jeudi 12 juin 2025

Narcissisme, quand tu nous tiens !


En quête d'un texte, écrit il y a bien longtemps, et que je souhaitais retrouver (ce qui ne fut pas le cas…) je fouillais dans les archives de mon ordinateur. Je m'étonne du nombre de pages que j'ai pu écrire depuis l'an 2000 ! (Avant j'ai perdu la trace de beaucoup de choses).
Je ne compte pas ici tous les textes professionnels dont j'ai pu être l'auteur, travaux de recherche personnelles, diffusées ou pas, articles divers, rapports officiels, conférences etc. je ne compte pas non plus le plaisir que j'ai eu à écrire de multiples lettres avant le temps des écrans.
Incroyable comme je suis un terrible bavard par la plume ou le clavier !

À quoi tout cela a-t-il vraiment servi ?
J'ose à peine ce constat : à pas grand-chose !
Je ne dis pas : à rien, mais franchement c'est juste quelque gouttes dans un océan de productions diverses et variées.
Et pourtant cela occupa des milliers d'heures de mon existence et plus encore.
« Vanité des vanités » aurait dit mon père !

Ce n'est pas que je doute de moi ou que je me renie à posteriori.
 Non, c'est juste le constat du pas grand-chose qu'est notre passage  sur cette petite planète perdue dans l'univers.
Ça relativise, en même temps que ça rend très précieux des instants d'une intensité peu commune qui passent alors dans une dimension éternelle.


J'aurais laissé la trace d'une étoile filante.
Peut-être que l'un ou l'autre qui aura aperçu cet instant d'éternité s'exclamera : « Oooh ! ».
Et finalement, ce sera déjà pas si mal…

mercredi 4 juin 2025

Folie ou nécessité ?


 

Bidouillage AlainX, avec la complicité de l'IA

 

 Contempler, c’est suspendre le faire pour revenir à l’être. 

C’est peut-être une déraison aux yeux du monde, 

mais une nécessité pour l’âme.

 

samedi 29 mars 2025

Hommage


Hommage à une jeune femme et un amour de la fin des années 1960 qui demeurent comme une traînée de lumière qui ne s'éteint pas. Voilà bien des années qu'elle est dans la tombe, quelque part, là-bas, je ne sais où exactement.

Cette chanson de Hugues Aufray me l'évoque toujours. Sa mélodie produit en moi ses effets comme une douce nostalgie. Hélas je ne suis pas étonné qu'elle soit partie bien trop tôt… il est des destins tragiques face auxquels nul ne peut s'interposer.