Ambre Neige, formulait vendredi dernier « une chaste proposition » :
Demain, je vous mets un texte érot.. sentimentique et romantal.
Et vous en faites autant sur votre blog, ok ?*
Ça vous dit ?
Parfois les désirs de cette excellente blogueuse sont des ordres. En ce dimanche au temps tristounet, j'ai donc commis le texte suivant :
Faustine et le Bienheureux organiste
Jean-Sébastien était titulaire des grandes orgues de la basilique Sainte-Marie-de-la-Virginité à Saint-Pierre-des-Corps-Au-Pieds. Il s'y rendait sur le coup de 22 heures au clocher, afin de profiter du calme et du silence de la nuit pour répéter les œuvres qu'il donnerait lors de son prochain Récital : «L'Orgue de barbe a ri », où il entend interpréter des œuvres guillerettes.
Chaque nuit, peu après 22 heures, Faustine se glissait dans la basilique par une porte dérobée et s'asseyait ostensiblement sur la chaise au bord de l'allée centrale à la septième rangée, là où l'organiste pouvait l'apercevoir, puisque le clavier du buffet d'orgue était perpendiculaire à la balustrade.
Jean-Sébastien s'était lancé dans une œuvre pénétrante dont l'auteur du Moyen Âge était inconnu et qui pouvait facilement vous atteindre jusqu'au plus profond de l'être. Faustine était une vibrante. Le son des tuyaux d'orgue lui donnait des vibrations dans les reins. Au son du souffle des tuyaux, elle ondulait de la Anche, quand la languette du son venait la titiller. Les Accouplements du clavier et toutes les Bouches des tubes s'ouvraient pour elle qui déjà sentait l'extase s'en venir comme une passacaille toute chaude. Alors, malgré la fraîcheur du lieu, elle commença à ouvrir son vêtement laissant apparaître les rondeurs d'une poitrine prometteuse.
Jean-Sébastien, tout en faisant mine de rien, avait plus souvent l'œil sur le rang des chaises que sur sa partition. Il pensa que c'était le moment de faire appel à son Flageolet, ce jeu de flûte avec les pieds, qui ne manquerait pas d'impressionner la belle. Certes il n'irait pas jusqu'à tirer sur son Frein qui se trouve à l'extrémité de son gros tuyau pour améliorer la réponse à l'attaque de la note. Mais quoi qu'il en soit, un moment ou un autre, il déclencherait son Grand Jeu.
Justine avait de plus en plus chaud, d'autant que Jean-Sébastien à présent utilisait les Jeux à Bouche, signe qu'il avait tiré Larigot et que la quinte allait monter d'une octave. Alors elle ne put s'empêcher de glisser sa main entre ses cuisses qu'en même temps elle écarta.
Le geste n'échappe pas à l'œil égrillard de Jean-Sébastien dont le Fifre fit entendre un son aigu. Il aurait bien sorti son Cornet faisant sonner cinq tuyaux par note, mais il ne voulait pas abuser. Il se contenta de pousser sur son Champignon ce gros bouton-poussoir qui donna aussitôt un effet de Piston.
C'est à cet instant qu'il entendit le cri suraigu, de jouissance de Justine qui résonna durant d'infinies secondes dans la basilique. Jean-Sébastien identifia un contre–contre–ré digne de Mado Robin. Ce qui ne manqua pas de déclencher son propre plaisir.