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mardi 30 novembre 2021

Télé, ce soir et dérisoire


En parcourant le programme télé je m'aperçois que sur la 2, ce soir, ce sera un nouvel épisode de la grande saga « Élysée 2022 » ! Malheureusement je n'ai pas suivi la série.

Il semblerait que ce soir l'épisode s'appellerait « les pieds nickelés + » . Oui, parce qu'à Filochard, Ribouldingue et Croquignol, ils ont rajouté deux autres rigolos d'où le « + ».

Bon, je crois que je vais plutôt regarder le truc culturel de la 5 « Si le Comté m'était conté… » déjà le titre est Hachement bien trouvé, original et tout, avec un jeu de mots auquel personne n'avait jamais pensé. Et puis ça ressemble beaucoup à l'émission de la 2 où ils vont nous faire tout un fromage avec des promesses électorales que chacun aura évidemment à cœur de ne jamais appliquer, au grand jamais ! Faut quand même pas rigoler, ils doivent appliquer leur mission nationale : 

Prendre l'électeur pour un con !

Qu'est-ce qu'on se marre avec la télé de service public quand même !


lundi 29 novembre 2021

Le Renoncement au voyage

 106ème  devoir de Lakevio  du Goût 




Mais que diable fait cette barque vide au bord de l’eau ?
Au moins ça m’inspire…
Mais vous ?
J’espère que lundi vous aurez dit quelque chose sur cette embarcation mystérieuse.






Le Renoncement au voyage


*


Mon amie, ma sœur,

songe à la frayeur

de t'embarquer là-bas

aimer sans revenir

aimer et mourir

au pays qui n'est pas pour toi

les soleils sont éteints

les cieux sont brouillés

ne soit pas leurrée par les charmes

si douloureux

les traitres sont sous tes yeux

la barque n'a pas de rames.


Là-bas tout n'est qu'ordres et policiers

pauvretés, misères et malmenés.


Les meubles de crasse luisant

délabrés par les ans,

enlaidissent la masure

les rares fleurs

empestent fanées

perforés sont les plafonds

brisés les miroirs profonds.


La triste splendeur occidentale

gardera ses secrets

ils te seront cachés

là-bas rien n'est pour toi

ne pars pas garde ta foi.


Là-bas tout n'est qu'ordres et policiers

pauvretés, misères et malmenés.


Vois ces égouts

même les rats en ont le dégoût

la ville entière s'endort

en se foutant de ta mort


Mon frère, ma sœur,

songe à la frayeur

de t'embarquer là-bas

aimer sans revenir

aimer et mourir


*


Librement inspiré de « L'invitation au voyage » 

 Baudelaire (les fleurs du mal)



mercredi 24 novembre 2021

Évolution


366 réels à prise rapide


Aujourd’hui j’étais un animal quand



Souvent je fus un animal dans ma vie. Animal de cirque quand, à 13 ans, on m’a exposé face à un aéropage de médecins, parce que j’étais un polio atypique. J’ai longtemps attendu les cacahouètes qu’on ne m’a même pas lancées. Plus tard, animal je le fus, aux griffes acérées, quand je balançais à grands coups de pattes des mots qui blessent. Je protégeais ainsi ma carapace de crabe. Aujourd’hui, je fais plus souvent pattes de velours, pas toujours. Être intelligent, ce n’est pas bête : quoique ! En attendant je suis là, écrivant bêtement ces lignes, en attendant qu’arrive l’heure de la gamelle. J’aurais bien riz cette fois ?


lundi 22 novembre 2021

Problème de voisinage.

 


105ème devoir de Lakevio du Goût.

Si vous vouliez bien raconter une histoire pour lundi…
Une histoire dans laquelle on trouverait les mots :
Pourriture, amateur, jambon, ecchymoses, tangage, rideaux, équivoque, harceler, s’abstenir.
Ça ce serait bien.
Vivement lundi !



Problème de voisinage.


— Oui, c'est bien moi qui occupe l'appartement juste au-dessus. Comme vous avez pu le remarquer c'est un immeuble vétuste, en pleine rénovation, enfin, en pleine promesse de rénovation depuis déjà plusieurs années. Vous savez ce que c'est, les dossiers passent d'un endroit à un autre, d'un bureau à l'étage du dessus, de commission en commission, et c'est le tangage permanent des hésitations et absences de décisions.


— Connaissez-vous le couple en question ?

— Connaître, c'est beaucoup dire, ce que je veux dire c'est que je connaissais leur voix, ça oui. Il n'arrêtait pas de s'engueuler et comme ici les cloisons c'est du carton pâte, et pas d'isolation phonique, j'entendais tout. Alors, une fois j'ai eu envie de… mais bon, faut savoir retenir ses nerfs ! Mais je vous assure, parfois ça couinait comme des porcs à l'abattoir qu'on égorge pour faire du jambon.


— Donc vous aviez de sérieuses raisons de leur en vouloir !

— Ah non ! Moi je n'y suis pour rien, je ne les ai jamais harcelés, d'autant que je dois vous l'avouer parfois je prenais un certain plaisir à les entendre. Surtout elle. Je vous assure que lorsqu'elle grimpait aux rideaux, c'était une autre chanson, et puis ça durait, ça durait. Franchement son mec tenait la distance. Parfois j'ai même souri en pensant qu'il allait finir par avoir des ecchymoses à son bâton de berger.


— Oui, bon, pas de dérives scabreuses. Je note que vous aviez des raisons de leur en vouloir. Alors vous comprendrez, qu'en tant qu'inspecteur, il y a de quoi se poser des questions à votre encontre. Expliquez-moi pourquoi on vous a surpris à leur côté et pourquoi vous avez pris cette photo.

— Mais, comme je l'ai dit à votre collègue précédemment, c'était à cause de l'odeur de pourriture qui flottait dans les escaliers et les parties communes depuis un moment. Je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé que peut-être ça pouvait venir de chez eux. À force de s'engueuler, il y en a qui pue de la gueule. Donc je suis descendu frapper à leur porte. Mais ils n'ont pas ouvert.


— D'accord, ils n'ont pas ouvert, mais vous auriez pu quand même vous abstenir de défoncer celle-ci ! Qu'est-ce qui vous a pris ?

— OK, je me suis un tout petit peu énervé parce que ça a commencé à trop me chatouiller les narines. Et c'est en rentrant que je les ai trouvés comme ça. Ça schlinguait encore plus fort. J'ai tout de suite pensé que les cadavres commençaient à se décomposer.


— Et vous n'avez rien trouvé d'autre à faire que de prendre des photos ? Au lieu d'appeler les pompiers, la police…

—  Moi vous savez je suis un photographe amateur assez éclairé et je me suis dit que ça pourrait donner quelque chose d'intéressant, bien agrandi, bien encadré, je suis sûr que sur le marché parallèle ça aurait pu me rapporter un max de thunes. Mais voilà, maintenant vous me soupçonnez de les avoir trucidés. Franchement, on nage en plein équivoque ! Et en plus vous avez mis mon appareil photo sous scellés. Mais dans ces conditions,  comment je vais faire pour les vendre rapidement mes photos ? 





dimanche 21 novembre 2021

Faustine et le Bienheureux organiste

Ambre Neige, formulait vendredi dernier « une chaste proposition » :


Demain, je vous mets un texte érot.. sentimentique et romantal.

Et vous en faites autant sur votre blog, ok ?*

Ça vous dit ?


Parfois les désirs de cette excellente blogueuse sont des ordres. En ce dimanche au temps tristounet, j'ai donc commis le texte suivant :



Faustine et le Bienheureux organiste


Jean-Sébastien était titulaire des grandes orgues de la basilique Sainte-Marie-de-la-Virginité à Saint-Pierre-des-Corps-Au-Pieds. Il s'y rendait sur le coup de 22 heures au clocher, afin de profiter du calme et du silence de la nuit pour répéter les œuvres qu'il donnerait lors de son prochain Récital : «L'Orgue de barbe a ri », où il entend interpréter des œuvres guillerettes.


Chaque nuit, peu après 22 heures, Faustine se glissait dans la basilique par une porte dérobée et s'asseyait ostensiblement sur la chaise au bord de l'allée centrale à la septième rangée, là où l'organiste pouvait l'apercevoir, puisque le clavier du buffet d'orgue était perpendiculaire à la balustrade.


Jean-Sébastien s'était lancé dans une œuvre pénétrante dont l'auteur du Moyen Âge était inconnu et qui pouvait facilement vous atteindre jusqu'au plus profond de l'être. Faustine était une vibrante. Le son des tuyaux d'orgue lui donnait des vibrations dans les reins. Au son du souffle des tuyaux, elle ondulait de la Anche, quand la languette du son venait la titiller. Les Accouplements du clavier et toutes les Bouches des tubes s'ouvraient pour elle qui déjà sentait l'extase s'en venir comme une passacaille toute chaude. Alors, malgré la fraîcheur du lieu, elle commença à ouvrir son vêtement laissant apparaître les rondeurs d'une poitrine prometteuse.


Jean-Sébastien, tout en faisant mine de rien, avait plus souvent l'œil sur le rang des chaises que sur sa partition. Il pensa que c'était le moment de faire appel à son Flageolet, ce jeu de flûte avec les pieds, qui ne manquerait pas d'impressionner la belle. Certes il n'irait pas jusqu'à tirer sur son Frein qui se trouve à l'extrémité de son gros tuyau pour améliorer la réponse à l'attaque de la note. Mais quoi qu'il en soit, un moment ou un autre, il déclencherait son Grand Jeu.


Justine avait de plus en plus chaud, d'autant que Jean-Sébastien à présent utilisait les Jeux à Bouche, signe qu'il avait tiré Larigot et que la quinte  allait monter  d'une octave. Alors elle ne put s'empêcher de glisser sa main entre ses cuisses qu'en même temps elle écarta.


Le geste n'échappe pas à l'œil égrillard de Jean-Sébastien dont le Fifre fit entendre un son aigu. Il aurait bien sorti son Cornet faisant sonner cinq tuyaux par note, mais il ne voulait pas abuser. Il se contenta de pousser sur son Champignon ce gros bouton-poussoir qui donna aussitôt un effet de Piston.


C'est à cet instant qu'il entendit le cri suraigu, de jouissance de Justine qui résonna durant d'infinies secondes dans la basilique. Jean-Sébastien identifia un contre–contre–ré digne de Mado Robin. Ce qui ne manqua pas de déclencher son propre plaisir.


vendredi 19 novembre 2021

Jour de clarté


366 réels à prise rapide


Aujourd'hui une lumière


Ce n’était pas plus tard que ce matin, en lisant le blog de Magari! Il est question d’aimer cette vie, la seule possible. Que ce soit la seule possible :  une évidence. Quant à l’aimer, moins flagrant parfois. Est-elle toujours aussi aimable que cela avec nous ? 


Mais enfin ça demeure toujours une option, un choix offert. Il m’est bien souvent arrivé de l’aimer malgré les difficultés, l’épreuve ou la souffrance. Mais la lumière c’est cette simple phrase :

 « Et choisir chaque matin un nouvel angle pour la croquer. » 


Une lumière de simplicité. Choisir, c’est à portée de main.

mercredi 17 novembre 2021

effets inattendus











Ce que vous voyez là ne devez pas être.


Je « travaillais » avec Photoshop (plutôt je m'amusais…) à divers effets de graphismes. Mon unique objectif était l'acquisition de technicités nouvelles, en particulier sur des effets de relief et de volume, avec les innombrables outils qu'offre ce logiciel de retouche. Je pratique Photoshop depuis des années, en autodidacte. Les possibilités sont quasi infinies avec la version professionnelle dont je dispose.


J'aurais aimé savoir peindre et j'en suis totalement incapable en raison du peu de mobilité de mon bras droit fortement atteint par la polio, épaule comprise (sauf la main). Manier un pinceau relève plus de l'exercice de kinésithérapie que du plaisir de barbouiller, car il ne serait même pas question de créer quelque chose de montrable. Alors j'ai compensé avec les développements de l'informatique, essentiellement au début en photographie.

Ça me lave la tête, ça fait prendre un bain de jouvence à mes neurones. L'usage du TrackPad ou de la tablette graphique nécessite principalement la main.


Donc voilà je testais des outils sans aucune volonté créative, les résultats obtenus étant destinés à rejoindre la corbeille ! Au plan progression technique j'étais assez satisfait. Je m'apprêtais à tout virer. C'est alors que j'ai effectué un basculement à 90°, pour vérifier un truc. Et ce faisant, voilà ce qui est apparu.

Je me suis dit : ben mince alors ! Je ne m'attendais pas du tout à ça !


Donc voilà !


mardi 16 novembre 2021

Un voyage

366 réels à prise rapide selon Queneau



Aujourd’hui comme un fil d’Ariane


Je connais un voyageur qui s’est embarqué il y a une dizaine d’années pour parcourir le monde qui l’habitait. Lors du départ il avait indiqué qu’il voulait avancer en authenticité vis-à-vis de lui-même. Qui dira s’il a réussi jusqu’à présent ? On ne sait pas. Des gens ont suivi son voyage. Plus nombreux qu’il ne croyait, car la grande majorité d’entre eux se montrait silencieux. Le silence enseigne.

Le voyageur cherchait le sens et la direction de sa vie. À l’inverse du fil d’Ariane il n’y aurait pas de retour. C’est toujours vers l’avant que l’on trouve une aube nouvelle.


(100 mots)


lundi 15 novembre 2021

Un parcours, un destin.


104ème devoir de Lakevio du Goût





« À quoi rêvent les jeunes filles » se demandait Alfred de Musset.
Je me demande à quoi rêve celle-ci, dessinée par Norman Rockwell.
Et vous ?
À quoi pensez-vous en voyant son air inquiet ?
Dites-le lundi… 




Un parcours, un destin.


 J'aurais aimé être de marbre, insensible, froid, ne penser à rien ni à personne, mais il n'en fut pas ainsi.

J'aurais aimé être pierre obsidienne noire. Je promets que j'aurais été polie en toutes circonstances et que par mes vibrations chacun aurait pu ressentir les bienfaits que je lui apporte en énergies positives.

Plus tard il m'a semblé que de bronze ou d'argent, j'aurais pu rendre les services pour lesquels je me sentais destiné.

Mais on me fit comprendre que je me laissais aller à la corrosion, ce qui n'était pas de mise.


Dès lors je me suis tourné vers Mercure en réclamant ses bons offices qu'il ne pouvait me refuser. J'ai exigé la perfection dont je me sentais capable. Celui-ci m'indiqua le chemin de la Vénétie et c'est là-bas que j'ai compris ce qu'il pouvait en être de la perfection.

Je me suis livré à eux sans crainte, docilement et avec naïveté il faut le reconnaître. Je me suis fait transparent comme du verre, bien trop confiant. J'ignorais à quel point Mercure savait fomenter sa vengeance. Je faillis y perdre la vie et il en fut ainsi pour certains de mes camarades.


Survivant, tout en me demandant si c'était une bonne chose, j'ai émigré aux Amériques, dans une riche famille new-yorkaise où on m'a posé n'importe où, parce qu’à priori on ne savait pas trop quoi faire de moi. J'étais une sorte d'héritage. En attendant un placement source de profit, on ne savait  où me placer. On m'a foutu par terre contre une chaise.


C'est là que j'ai fait la connaissance d'une fillette boudeuse et triste comme la plupart des filles de riches. Je tentais de lui refléter que ce n'est pas parce qu'elle avait cassé sa poupée qu'il fallait en faire le drame du siècle. Elle ferait mieux d'aller s'habiller parce que son père ne sera pas content et lui filera son pied aux fesses  comme à chaque fois. Mais elle ne m'écoute pas. Je suis habitué, à cet âge-là on ne pense qu'à soi, rien qu'à soi, on commence à devenir le nombril de l'univers, pour plus tard faire comme papa, ses usines et ses milliards.

J'aurais préféré être le miroir des âmes. Mais ça, c'est réservé à l'élite de ma corporation…


dimanche 14 novembre 2021

Problématique décisionnelle.

366 réels à prise rapide


Aujourd’hui un engagement


C’était quand la dernière fois où j’ai pris un engagement ? La semaine dernière ? À vrai dire je ne m’en souviens plus très bien. Peut-être que c’était il y a bien plus longtemps.

Je me souviens à présent, c’était hier soir, ou plus précisément cette nuit. À moins que ce ne soit au réveil. Oui c’est ça, dès mon réveil. Je me suis dit, je vais me lever et là… c’est certain… je vais le prendre cet engagement. Ça s’est passé ainsi. Et à présent qu’il est pris, qu’est-ce que je vais bien pouvoir en faire ?


(100 mots)


samedi 13 novembre 2021

Quelle place ?

366 réels à prise rapide (R. Queneau)


Aujourd’hui pas de place pour


Ce n’est guère facile d’occuper la bonne place, ce jour-là, à cet instant-là. Être à la bonne place, celle qui offre le meilleur point de vue. La place que l’on doit occuper, ou celle dont on croit que c’est la sienne.

Et ce sentiment qu’il n’y a pas de place pour soi. 

On n’est tellement pas dans son assiette qu’on ne tient pas en place. Arrive l’importun : « Tire-toi de là, c’est ma place ! »

Brel chantait : « Si vous voulez que je cède la place… j’avais apporté des bonbons ! » 

Éternelle tragédie : où est ma place ?


(103 mots)

vendredi 12 novembre 2021

L’attente


366 réels à prise rapide selon Raymond Queneau


Aujourd'hui derrière une porte



L’oreille collée l’enfant tentait de savoir ce qui se passait derrière la porte. Ce n’était pas de la curiosité malsaine. C’était pour conjurer l’angoisse. Il était évident qu’on lui cachait tout depuis toujours. Il était trop petit. Hors de question de le mettre dans la confidence des grands.

— « Va te coucher ! Tout cela n’est pas pour toi ! »

Il redescendait les deux étages par l’escalier froid, à peine éclairé par le lampadaire de la rue. Il aurait bien aimé que la porte lui explique, savoir enfin ce qui se tramait contre lui. Depuis des années il est derrière cette porte.


(103 mots)

mercredi 10 novembre 2021

Lanceur

 









À propos de ma bidouille du 8 novembre, GIER évoque le discobole qui aurait oublié son matos après une séance d'entraînement !

La sculpture en question ça m'a donné une idée d'un autre délire.

Oui, je sais, ça vaut rien, mais ça me lave la tête !



mardi 9 novembre 2021

Hommes et femmes

 336 réels à prise rapide (selon Queneau)

Aujourd’hui hommes et femmes 


Il y a quelques jours on parlait d’inégalité de salaire entre les hommes et femmes. Depuis le 3 novembre à 9h22, les femmes, en France, travaillent bénévolement. S’il était encore possible de faire de l’humour, je dirais que c’est vraiment généreux de leur part. Mais ce serait oublier que sur la plupart des sujets qui peuvent exister, il est désormais strictement interdit de faire de l’humour. On ne rigole plus sur quoi que ce soit en France et surtout pas concernant le rapport entre les hommes et les femmes. Donc, si vous le voulez bien, je vous invite à ne pas lire ce texte qui a effleuré un sujet excessivement sensible avec une légèreté intolérable.


(115 mots)


lundi 8 novembre 2021

Le goût de la campagne









Oui je sais, en ce moment

c'est un peu ma période n'importe quoi

les connaisseurs le savent

on est en novembre


 


Au four, évitons de fourrer


 



102ème devoir de Lakevio du Gout

Millet a peint cette boulangère avec le génie qu’on lui connaît.
Mais que fait réellement cette boulangère ?
Où est donc le boulanger ?
Je me demande si…
Mais d’ici lundi, les idées foisonneront peut-être.
Je l’espère…






Au four, évitons de fourrer


« Elle a tout d'une grande ! » s'exclamait la voix. C'était le slogan d'un spot de pub pour une petite bagnole, je ne sais plus la marque, ni quand, mais c'est ce ton d'exclamation intérieure qui m'est venu en l'apercevant près du four, j'ai aussitôt pensé : « Elle a tout d'un homme ! ».


C'est dire si on est imprégné de publicité. D'ailleurs, voyant que ce personnage enfournait du pain, j'ai aussi pensé que c'était peut-être de ces petits petits pains infâmes qu'on trouve chez McDo, bourrés de saloperies immangeables.

Si, si, j'ai tenté une seule fois chez McDo et j'ai dégueulé dans l'heure qui suit.


— Je t'assure, c'est une femme, a déclaré avec conviction mon pote qui m'accompagnait.

— M'enfin ! Elle a des mains et des bras d'hommes, et les cuisses je te raconte pas. Même qu'on pourrait se poser la question si… mais je n'ose pas y penser !

— Et pourquoi tu ne lui proposerais pas de vérifier ? S'exclama-t-il sarcastique.

— Je n'ai pas l'intention de me rouler dans la farine, conclue-je


On ne va quand même pas se disputer sur le sort d'une boulangère ou d'un boulanger… et puis c'est clair : normalement, la boulangère c'est la femme du boulanger, comme la servante c'est la femme du curé. Et puis je me suis souvenu que ces derniers ne pratiquaient « les manquements à l'obligation de chasteté » (comme disent suavement les évêques…) qu'avec de jeunes mâles non pubères. Il n'y avait donc pas de problème.


C'est alors que le patron est arrivé :

— Alors, Monsieur Millet, qu'est-ce que je vous sers aujourd'hui ? Vous vous intéressez toujours à mon grand mitron ? Vous êtes toujours décidé à faire son portrait ? Vous savez que je suis d'accord, à condition qu'il ne soit chez vous que quelques heures et qu'il prenne celles-ci sur son repos ou son sommeil. Parce que moi j'ai besoin du gaillard pour bosser. C'est pas le travail qui manque ici ! D'autant que c'est l'un des meilleurs pour manier la pelle à enfourner.


mardi 2 novembre 2021

Forêts mutantes





(c)AlainX, 2O21




Forêts mutantes


Lorsque les quelques rescapés de l'expédition revinrent, peu de personnes donnèrent du crédit à leur récit, d'autant que les Sommités décrétèrent qu'ils avaient absorbés des substances contaminées ayant pour conséquence  ce genre de délire.

Il convenait de garder son calme. On en avait vu d'autres.


Bien plus tard, et disons le clairement, trop tard, les Sommités admirent que certaines de leurs évaluations étaient peut-être sujettes à caution. Au final un consensus se faisait sur une mutation génétique globale accélérée. Les Sommités déclarèrent qu'ils ne tarderaient pas à trouver un moyen pour enrayer le phénomène et qu'il n'existait aucune raison de s'inquiéter. Tout ne pouvait que rentrer dans l'ordre préalable immuable. Ce que les rescapés avaient observé ne changeait strictement rien au cours normal des choses.


C'était il n'y a pas très longtemps. Quelques années tout au plus. Les sommités avaient disparu, les ultimes survivants ne purent que constater que plus rien dans la nature n'était comestible et que le stock de surgelés encore consommables s'amenuisait. Les quelques intellectuels encore en vie déclarèrent l'entrée dans « la Mutation Finale ». Il n'y avait donc pas à paniquer puisque chacun connaissait l'existence de l'échéance terminale dont on parlait depuis bientôt un siècle. Nous y étions enfin. Tout cela était codifié depuis longtemps.


Alors les femmes se mirent à prier, bientôt rejointes par les enfants.

Les derniers hommes se tournèrent résolument vers le Grand Calculateur dont l'intelligence artificielle était surdéveloppée.   C'est là qu'il convenait de  placer la confiance ultime. L'Intelligence Suprême ne tarderait pas à annoncer le temps du  Sauvetage définitif.