De convention expresse, il est précisé que les chroniques estivales sont en roue libre. Aucune dérogation à ce principe ne sera tolérée.
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vous avez dit bonheur ? Demanda Rosa.
(On remarquera un titre dans le pur style « le goût des autres ».)
Estival et bonheur, ça devrait aller ensemble.
Estival et lecture, il convient qu'il en soit de même.
Cédant à la pression de ces principes je me suis mis en quête de retrouver le bouquin de Alain (pas moi) : « Propos sur le bonheur ». Je pensais l'avoir égaré, non pas le bonheur, mais le livre d'Émile Chartier. Les seuls tout un chacun qui me suivent avec une régularité de coucou suisse, savent parfaitement que dans le nom de plume de cet homme s'origine mon pseudo. Cherchez par vous-même et vous trouverez l'endroit où j'explique la chose en large et surtout en travers.
V'là-t-y pas que j'retrouva l'objet livresque avec joie, telle que j'en ai fait l'acquisition en 1962, comme un bon adolescent qui cherche sa route vers icelui. À cet âge là on croit encore que tout se trouve au bout du chemin. Bonheur d'un livre qui sent la bonne moisissure ! Surprise pour moi qui n'est pas le fétichisme des bouquins.
(Les historiens de la graphie livresque ne manqueront pas de souligner que le titre est tout en minuscules : c'était la grande mode à l'époque)
Je feuillette par le début et m'arrête page 13, où j'ai souligné :
« (…) il y a plus de volonté qu'on ne croit dans le bonheur ».
Et voilà !
C'est l'ado déglingué que j'étais qui a souligné ça il y a 60 ans. Ça fait 60 ans que je déroule cette phrase sans en avoir conscience.
La couverture dans l'édition de 1962 explose de rouge.
Ma vie est un jaillissement rouge.
On n'y trouve toutes les symboliques de cette couleur. La vie et le sang. La souffrance et la vie renaissant. Le bonheur blanc coloré.
Le bonheur comme le fruit de la volonté d'exister pleinement.
C'est encore plus simple que je ne le pensais.
Un jour à savourer.
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«On dit communément que tous les hommes poursuivent le bonheur. Je dirais plutôt qu'ils le désirent. Car le bonheur n'est pas quelque chose que l'on poursuit, mais quelque chose que l' on a. Hors de cette possession il n'est qu'un mot. » (Émile Chartier dit Alain)