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lundi 27 septembre 2021

Une femme déterminée.

 


98ème Devoir de Lakevio du Goût


Que diable Bazille est-il en train de dire à Camille ?
Cette toile de Monet, dite « Les promeneurs » me pousse à me demander pourquoi Camille semble se détourner de Bazille.
Et Bazille ? Pourquoi semble-t-il faire tant d’efforts pour être convaincant ?
Vous vous demandez ce qu’il dit et je me demande où il veut en venir mais lundi nous en saurons peut-être plus…


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Une femme déterminée.


Et voilà, Barnabé est encore en train de baratiner ma sœur Élisabeth. Quel lourdaud ! Cela fait des mois qu'il essaye. Cela fait des mois qu'il sait très bien ce qu'elle en pense. C'est pourtant simple : c'est non !

Certes, Barnabé est quelqu'un que j'apprécie. Enfin, encore, pour l'instant… Nous nous connaissons depuis bien des années. L'amitié se constitue au fil du temps, à mesure des échanges où grandit le respect qui finit par déboucher sur une certaine admiration. Et je crois que celle-ci est réciproque. J'admire surtout sa détermination, l'énergie dont il est capable pour arriver à ses fins, d'autant que ces dernières sont le plus souvent dirigées vers la réalisation de projets intéressants. Seulement voilà, il a des vues sur Élisabeth.

Chaque week-end il trouve un prétexte pour venir chez nous, et il en trouve un autre pour se balader seul dans le parc avec Élisabeth. Je me doute bien de quoi il s'agit, ces choses-là ça se devine pas besoin de faire un dessin. D'ailleurs je vois bien l'embarras d’Élisabeth quand ils reviennent d'autant que je les observe de loin, en faisant semblant de m'occuper de l'entretien des parterres de fleurs.


Il arrive toujours un moment où on sent venir la fin. D'une amitié par exemple. On peut le déplorer, mais trop de choses viennent embrouiller ce qui jusque-là semblait clair et établi.


Voilà il est parti. Je rejoins Élisabeth.

— Bon, je suppose qu'une fois de plus il a demandé ton consentement ? Une fois de plus il te demande de t'engager. J'espère que tu as refusé. De toute façon tu sais bien que je m'y opposerai.

— Évidemment, j'ai encore dit non. Mais je dois bien reconnaître qu'il a des arguments qui me plaisent, et même je suis séduite par les perspectives qu'il m'offre si je disais oui. Tu ne crois pas que cela pourrait concourir à mon bonheur ? Après tout il faut parfois donner un petit coup de pouce au destin !

— Et voilà tu vas finir par te faire embobiner par ses belles paroles et ses promesses mirifiques ! Mais moi je ne céderai pas. Et crois-moi c'est pour ton bien !


Barnabé voudrait que nous investissions une grande part de la fortune héritée de nos parents, hélas bien trop tôt décédés dans un accident. Paix à leurs âmes. En tant que fils aîné je me dois désormais de veiller à nos biens ainsi que sur ma sœur, qui comme toutes les femmes ne connaît rien aux affaires ! Ce n'est pas pour la dénigrer, elle excelle comme cuisinière et dans la couture. Mais c'est désormais moi le chef de famille même si nous sommes tous deux célibataires.


Mon ami Barnabé a un projet de trottoir roulant pour la prochaine exposition universelle de 1900. Et plus tard il entend améliorer la chose en créant un escalier mécanique qui permettrait de grimper aux étages sans avoir à monter  des marches. Il voudrait que nous investissions dans cette lubie. Vous pensez bien que je ne vais pas embarquer la fortune de papa reçue en héritage  dans un projet aussi ridicule et qui n'a strictement aucun avenir ! Je m'y connais quand même en affaires ! Je sais flairer les bons coups, mais ça c'est vraiment n'importe quoi. Un projet totalement farfelu, et pourquoi pas des ascenseurs automatiques pendant qu'on y est ! Ça ne peut que capoter et nous ruiner !


— Décidément Barnabé, tu es comme tous les hommes à dénigrer les femmes et les renvoyer dans leur cuisine. Mais cela ne durera pas, nous allons bien finir par nous révolter contre votre domination. Et je compte bien m'engager en ce sens que tu le veuilles ou non.

 Et puisque tu te montres hostile à tout ça je crois que je vais revoir ma position. Pourquoi n'épouserai-je pas Barnabé, et avoir l'audace de croire à son projet et peut-être  lui et moi nous faire notre propre fortune  personnelle !

Après tout son histoire d'escalier roulant qu'il nomme « escalator » peut-être que ça intéressera des gens à l'avenir, dans les grands magasins par exemple  ! Sait-on jamais ! Je suis peut-être une femme, mais je suis très intuitive et je sais inventer l'avenir !


*


Explication de texte.

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Je n'estime pas le narrateur de cette histoire que j'ai inventée. Mais je la situe à l'époque où l'œuvre proposée fut peinte. Époque où la femme avait surtout le droit de se taire et les hommes de décider de tout. Alors certes, je valorise Élisabeth autant que faire se peut en restant dans le contexte d'une mentalité ancienne et espérons le révolue. Peut-être que j'arrive à montrer à quel point Barnabé est un infatué prétentieux et orgueilleux, se croyant dominateur de droit divin. Alors que s'il y a une personne potentiellement novatrice, c'est Élisabeth

C'est curieux et amusant d'écrire un texte qui va à l'encontre de ses convictions les plus profondes quant aux rapports des hommes et des femmes dont la complémentarité devrait être une dynamique merveilleuse de construction de l'humanité.


Aussi je compléterai par une chanson d'Anne Sylvestre, « une sorcière comme les autres » merveilleusement interprétée par Laetitia Isambert, Nathalie d'Oummars et Yves Morin. Chanson qui me percuta il y a bien longtemps.








mercredi 22 septembre 2021

Il aurait 100 ans


Cette année, je ne laisserai pas passer la date.

D'autant qu'il y a 100 ans il voyait le jour à Sète.

Et puis, je ne sais pourquoi, cette chanson m'a toujours fait vibrer

et sa finale plus fortement encore.




Edit, 25 septembre,

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Dans les commentaires j'évoque de jeunes artistes qui reprennent des chansons « de mon temps » (dit le vieux…). Le hasard faisant bien les choses, je suis tombé sans me faire mal sur le « collectif haut les mots » qui reprend de belle manière deux succès de Ferré et de Brassens.






mardi 21 septembre 2021

Né en 1621 ... C'est ?


Un site d'écriture auquel je participe (Kaléïdoplumes) propose de s'associer au 400ème anniversaires de Jean de La Fontaine, en inventant une fable terminant par une moralité.

Et donc voilà :




Le paon et le charretier


*


un charretier venait de livrer les sœurs du couvent

tout à coup la pluie s'abattit et il fit grand vent

téméraire et courageux il n’est cependant pas imprudent

asile il réclama chez les femmes de Dieu

jusqu'au retour d'un temps plus radieux.


 — Point question d'homme ici ! Tonna orageusement la supérieure

rentrez chez vous ou aller voir ailleurs

appréciant à sa juste valeur le refus de l'hospitalité

l'homme poussa sa charrette le dos déjà détrempé


Harassé sur le chemin

lui qui avait le cœur sur la main

clama que pas plus tard que demain

à l'évêque il enverrait parchemin





La pluie redoublait et il devait encore oeuvrer

bientôt hélas sur le sol détrempé

la charrette s'embourba une roue cassa

et tout le chargement tomba


Un paon qui aimait par tous les temps pavaner

un peu plus loin prenait plaisir à l'observer

il se mit à brailler en direction du charretier

— alors ami imprévoyant vous voici bien embarrassé

le péril vous guette et moi j'ai l'immortalité (*)


Chacun le sait le paon est orgueilleux

 il se croit merveilleux

et être le préféré des dieux

grâce à sa chair réputée imputrescible

de tous les volatiles il s'estime l'illustrissime


— Je puis vous aider mon pouvoir est immense

reconnaissez simplement ma dominance

— tu ne sais rien sur pas grand-chose, oiseau de malheur

tu mérites tout juste de finir chez l'empailleur

mais je suis dans la panade alors qu'a-t-il à dire ce Monseigneur ?


— Bon prince, je vous porte secours

sans trompettes ni tambours

pour vous et votre charrette je ferai la roue

et vous sortirai de la boue.



Moralité : les orgueilleux princes qui croient détenir des pouvoirs extraordinaires, dans l'adversité vous feront toujours des promesses chimériques ou totalement, idiotes.



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(*) au Moyen Âge, on croyait que la chair du paon était imputrescible. 

Pour cette raison, il est devenu symbole d’immortalité




lundi 20 septembre 2021




97ème devoir de Lakevio du Goût 

Cette toile de Nigel Van Wieck qu’on dirait tirée du cerveau de Hopper me paraît traduire plus que de la peine.
D’après vous ?
Que nous dit cette toile ?
On le saura lundi j’espère…

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France


Je connais France depuis bien longtemps. Et même il me semble l'avoir toujours connue. Elle accompagne ma vie et j'oserais dire que l'on a quasiment tout partagé. Certes, je n'ai pas son exclusivité, mais c'est bien normal. Elle a un grand cœur et se donne généreusement à qui sait la comprendre et l'accueillir pour ce qu'elle est.


France se montre généreuse et en même temps sélective dans ses amours et ses préférences. Il faut savoir y faire avec elle, lui donner des gages, accepter de s'engager à ses côtés et partager les projets et les espérances qu'elle propose. À défaut, il vaut mieux passer son chemin et aller se chercher un ailleurs plus favorable.


France, comme d'autres, se montre versatile. Un jour il faut que ce soit « comme si » et plus tard elle propose que ça devienne « comme ça ». L'inconstance l'habite lorsqu'elle se laisse bonimenter par des courtisans avides de la dominer. Il lui est alors difficile de savoir prendre suffisamment de recul et tirer les leçons de son passé.


Il faut bien reconnaître qu'actuellement une certaine déception se fait jour. Non seulement elle n'est plus pareille, mais elle déprime de plus en plus. Elle s'est embarquée dans un wagon du train de l'histoire et la rame accélère sa vitesse. Elle a gardé le bleu et le rouge qui la caractérise, mais c'est insuffisant. Il lui manque son vêtement blanc, celui de la pureté, de l'équilibre des valeurs, la paix, la sagesse, la lumière, la conscience de la vérité.


Pauvre France, la voici à la dérive, ballottée par ses contradictions internes qu'elle n'a pas su résoudre comme il faudrait. Ses démons intérieurs la tourmente. Ses mauvais génies voudraient qu'elle succombe. Des tentations l'envahissent l'incitant sournoisement à perdre sa nature profonde, son identité foncière, l'admiration que bien d'autres ont à son égard, à juste titre. Ici comme ailleurs.


Je l'observe. Est-ce que j'oserai m'approcher d'elle, lui murmurer à l'oreille toute la gratitude que j'ai à son égard pour ce qu'elle m'apporte et pour sa générosité ?

Il faudrait peut-être que je me décide avant qu'elle ne sombre définitivement dans le renoncement à son destin. Peut-être qu'il y a urgence.

Je vais aller m'asseoir à côté d'elle.


lundi 13 septembre 2021

Rentrée des classes


96ème devoir de Lakevio du Goût

Ce matin, j’ai été distrait par les piaillements des enfants qui entraient au collège en face de chez nous.
Je les ai regardés.
Des souvenirs sont revenus.
Et vous ?
Une rentrée des classes vous a-t-elle particulièrement marqué.
J’espère qu’on en saura plus lundi.

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Mes rentrées des classes furent plus foireuses les unes que les autres, tout le long de mon enfance. Alors je les prendrai dans leur globalité.


 Quelques parodies de titres de films peut-être :


Requiem pour une enfance, ça dirait bien la globalité.

Le salaire des profs de la peur, rémunérés pour me foutre la trouille.

20 000 lieues sous les punitions à pratiquer en soirée ou les week-ends.

Voyage au bout de l'enfer. Là, pas besoin de parodier le titre.

La 25ème heure… de colle… du mois…

Les moissons de mauvaises notes.. à faire signer par les parents avec les engueulades afférentes.

Le Con, la Brute et le Truand dont le sous-titre est : le directeur, le préfet et le prof.

Rencontres du troisième type : le prof de musique complètement déjanté, mais qui avait l'avantage d'être le plus ennuyeux en nous dégoûtant des œuvres les plus intéressantes.

Mes nuits sont plus belles que vos jours, dans cette école de m....

Dans la chaleur de la soutane, du frère des écoles chrétiennes qui sentait l'urine.

L'insoutenable légèreté de l'être exécrable qui trônait derrière le bureau professoral et n'avait pas conscience de ses incompétences.

Voilà pour ma filmographie scolaire.


Niveau évocations, on pourrait référer à l'univers carcéral, les salles de tortures mentales, les humiliations genre Guantánamo, les sévices physiques de type à genoux sur une règle métallique, mains sur la tête, sans bouger. Il y avait aussi certaines subtilités aussi dégueulasses que nulles à chier, comme les tours de cour pendant une heure, durée de la leçon, et ensuite une interrogation par le prof sur : qu'est-ce qui s'est passé durant cette leçon à laquelle tu n'a pas assisté ? Tu ne sais pas ? Et bien tu demanderas à tes petits camarades.

 Si, si, ils étaient cons à ce point là, je vous jure.


Chaque jour, chaque mois, chaque trimestre, chaque année scolaire, la peur rodait, s'infiltrait dans le corps, par tous mes pores, et remontait peu à peu au cerveau pour l'anesthésier.

— Tu le fais exprès, c'est pas possible autrement !



C'est lors de l'entrée en sixième que je me suis enfui pour longtemps. Un heureux hasard fit que le poliovirus envahit l'école. Heureusement, je n'étais pas vacciné. Je me suis donc dépêché de le chopper au passage et pas qu'un peu. La paralysie totale fut ma porte de sortie.

Ça va donner du grain à moudre aux antivax !


Le texte est rédigé ce samedi en fin de matinée. 

Je crois que je vais aller me verser un petit whisky…


mercredi 8 septembre 2021

Bataclan

Aujourd'hui s'ouvre un procès monstre à cause de monstres.

 Alain Bashung chantait au Bataclan en 2003 :

« Faites monter »

Ils ont prévu neuf mois pour accoucher de la vérité

et peut-être faire monter un peu d'amour dans l'humanité. 





*


Dans ma cornue

J'y ai versé

Six gouttes de ciguë

Un peu d'espoir

Ça d'épaisseur

Et j'ai touillé


Du fond de ma boutique

Monte un cantique

Un hymne à l'amour aurifère

Ébullition, réaction


Faites monter l'arsenic

Faites monter le mercure

Faites monter l'aventure

Au-dessus de la ceinture

Et les pépites

Jetez-les aux ordures


Dans ma cornue

J'y ai versé

Une pincée d'orgueil mal placé

Un peu de gâchis

En souvenir de ton corps

Dans ma cornue

J'y ai coulé

Une poignée d'orage

Dans ma cornue

J'y suis tombé

Quelle autre solution

Que de se dissoudre


Faites monter l'arsenic

Faites monter le mercure

Faites monter l'aventure

Au-dessus de la ceinture

Et les pépites

Jetez-les aux ordures


Dans les faubourgs

Je décante

Le soir à la lune montante

Au matin je reprends connaissance

Ébullition

Réaction


Faites monter l'adrénaline

Faites monter l'arsenic

Faites monter l'aventure

Au-dessus de la ceinture

Et les pépites

Jetez-les aux ordures


Faites monter

Faites monter

Faites monter l'adrénaline

Faites monter l'arsenic

Faites monter l'aventure

Au-dessus de la ceinture

Faites monter

Faites monter


*


mardi 7 septembre 2021

La rosée

Photo du Net


Matin dans mon jardin
*

Dans l’herbe
 Quelques perles de rosée
Dans chacune d’elles 
l’embryon d’un arc-en-ciel

Certaines clignotent au gré d’une brise légère
qui fait trembloter le brin d’herbe 
Comme un appel pour appeler l'attention sur la bienfaisance
À mesure que le regard se fait plus vif 
bien plus de petits boutons lumineux
des dizaines puis d’autres centaines encore

Le soleil leur donne de vivre 
peut-être même qu’il ordonne la beauté

Regardons mieux 
chaque brin d’herbe possède sa perle
Elles sont des milliers à donner leur brillance 
pour nourrir le plaisir.

Bientôt Les perles voleront dans l’azur
vaporisées devenues invisibles
 pour enrichir l’air de nos poumons
 Nous n’en saurons rien
 ignorants que nous sommes

Ainsi s’infiltrera en nous la trace de milliers d’arc-en-ciel

Penser à s’en rappeler pour chasser la grisaille
 des nuages intérieurs

*

Cette petite ode à la nature, 

par contraste avec mon œuvrette sur mon blog photo (CLIC)

"les Dryades inquiètes" des déforestations ravageuses.