« Les fêtes de fin d'année » voilà l'expression ce que l'on entend désormais le plus souvent. Dans mon enfance on fêtait « la naissance de l'enfant Jésus », dont le sommet était la participation à la « messe de minuit », durant laquelle montait mon impatience, car je savais qu'à ce moment-là « le petit Jésus » viendrait déposer mes cadeaux au pied de la cheminée. On y laissait une carotte et un navet pour son âne. (Celui qui l'avait amené jusqu'à Jérusalem). Au retour chacun déballait son cadeau, un et un seul, puis on mangeait le « pain gâteau » confectionné par mon frère avec mon aide modeste. La seule nuit où on avait le droit de se coucher très tard.
Bien sûr la magie de tout cela a disparu l'année où on se moqua de moi à l'école parce que « je croyais encore au Père Noël ». Ma mère m'expliqua le pourquoi du comment, que j'étais devenu « un grand garçon ». C'était très bien. De ma déception naquit une fierté.
Me voilà septuagénaire, le souvenir de cette époque apparaît comme une bienfaisance de l'enfance. Quel terrible contraste face au spectacle affligeant de la consommation effrénée qui ne cesse de gonfler et finira un jour dans une explosion dévastatrice.
Noël, littéralement, signifie la naissance [dies natalis : jour de naissance]
25 décembre : fin de la nuit la plus longue. Retour progressif de la lumière.
Célébration de la naissance du Christ pour les chrétiens — célébration du retour de la lumière pour certains et fête de la grande bouffe pour d'autres. Bien souvent, l'alcool aidant,on s'engueule pour tout et pour rien, pour la poularde trop cuite, pour la politique en France, forcément déplorable, et vivement l'extrême droite au pouvoir. Faut bien essayer la dictature, pour voir ce que c'est ! Ou alors, vive la liberté de faire n'importe quoi et d'emmerder son voisin. Supprimons la police mais gardons la cocaïne. Enfin bref, on finira de toute façon par se quitter fâchés… et rendez-vous à Noël prochain !
Dans mon cabinet de consultation, en janvier je ramassais à la petite cuillère les dégâts des [soi-disant] fêtes qui avaient viré au cauchemar, et on ne savait même plus comment vraiment c'était arrivé, ni qui avait commencé… heureusement j'avais fait le renouvellement des boîtes de mouchoirs en papier !
Et pour moi ?
Ce sera exactement le renouvellement du sens premier : fêter le jour de naissance.
— La mienne d'abord, puisque je suis né un soir de 24 décembre ! Plus tard, après mes 12 ans, fêter le commencement d'une renaissance. Et là s'imposent des pensées pour celles et ceux qui y ont contribué. J'ai eu souvent l'occasion de les évoquer.
— Ensuite, la naissance de l'amour pour celle qui est devenue mon épouse pour toujours. Aujourd'hui nous pensons l'un et l'autre qu'une lumière nous fut donnée et qu'elle est comme celle de la flamme d'une bougie que l'on transmet à d'autres pour constituer une chaîne lumineuse dans la toute petite humanité où nous sommes en transit.
— Et encore le jour de naissance de chacun de nos enfants, reçus comme des promesses d'accomplissement. Maintenant qu'elles approchent de la cinquantaine, je me réjouis de la chaîne de transmission positive que je vois vivre à l'échelon de mes petits-enfants. Suis-je justifié de m'en réjouir ? En tout cas j'admire ce que ma descendance accomplit.
— Le cadeau de pouvoir nous réunir en famille plusieurs jours pour vivre et partager la joie d'être ensemble, car, ainsi en est-il de la génération d'aujourd'hui, chacun s'éparpille sur la planète. Certains feront plusieurs heures d'avion, de train ou de voiture pour être là.
J'en espère des jours lumineux. Que chacun apporte sa lumière intérieure, la laisse vivre. Le temps s'écoulera dans la joie simple, comme nous l'avons déjà vécu de précédentes années.
Enfin , je me tourne vers toutes celles et ceux, connus et inconnus, qui traversent des épreuves, des ténèbres personnels, et j'en connais dans mon entourage proche.
Les victimes de toutes sortes, des guerres, des violences physiques, les femmes particulièrement. Et puis toutes les autres crapuleries à travers le monde en particulier celles de l'ombre que l'on crée ou entretient, parce que c'est là, à l'abri des regards, que l'on peut agir impunément.
Mais la lumière rejaillira toujours jusqu'à ce que vienne « le jour de clarté »
celui que chantait Graeme Allwright en 1968
lundi 15 décembre 2025
Noël ? Pour vivre quoi ?
lundi 8 décembre 2025
Téléthon
L'autre soir, j'ai regardé le Téléthon. J'ai même appelé le 36 37.
Ma relation à ce « système AFM » a été fluctuante au fil des années. Je suis allé voir dans mes vieilles archives, ayant souvenance de l'avoir évoqué. Je retrouve un texte de 2006. 20 ans exactement. Rien n'a changé : toujours Miss France et le téléthon le même soir.
J'en publie quelques extraits. J'étais vachement plus virulent il y a 20 ans ! (Bien trop long aussi et parfois brouillon),
Est-ce que je me suis trop émoussé ? Est-ce que je ne m'indigne plus suffisamment ?
Synthétisons : suis-je devenu si vieux que ça ?
Cependant le fond de contestation demeure : la responsabilité de l'État dans ce système de purification génétique.
Extrait de mon blog de décembre 2006 :
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Miss France et le Téléthon
Une fois n'est pas coutume, il y aura ce soir à la télévision deux programmes très complémentaires et le choix sera difficile.
D'un côté l'élection de Miss France, le déballage d'ersatz de la beauté ; de l'autre le téléthon, le déballage d'ersatz de la compassion.
Étalage des corps (étalage décor)
Ce soir la télé va vous montrer des corps.
Vous y aurez droit des deux côtés. Vous pourrez admirer de belles plastiques où vous apitoyer sur des enfants déformés. Votre côté voyeur sera pleinement satisfait, avec un zeste de piquant en zappant d'une chaîne à l'autre. Jeunes corps quasi dénudés exhibés d'un côté ; jeunes corps déformés par la maladie, cachés au fond des fauteuils roulants, d'un autre.
L'objectif de ce voyeurisme est le même. Dans les deux cas, il s'agit de vous émoustiller, mais pas au même endroit ni de la même manière...
En regardant "les anormaux" du téléthon et en les comparant aux beautés répertoriées et interchangeables des Miss, vous allez être dérangés au beau milieu de vos neurones. Déstabilisés par ce contraste. Alors pour y mettre fin vous serez prêt à faire un don, afin de ne plus voir dans l'avenir "les anormaux", qui dérangent la quiétude lisse de l'élection de Miss France.
Car finalement c'est bien ce vers quoi il faut tendre. L'uniformisation de la race humaine. A peu de choses près, toutes les Miss ont sensiblement le même corps, la même plastique, la même taille, des mensurations contenues dans des normes précises. "Les anormaux" sont disparates, ils nous provoquent trop par leurs différences, par leur aspect "pas-comme-tout-le-monde". Or c'est vers cela qu'il faut tendre. Que chacun soit comme tout le monde et le bonheur devrait finir par apparaître.
Le monde merveilleux des Miss voilà un réel projet de société.
Le monde merveilleux sans les "anormaux" et les handicapés en voici un autre, plus intéressant encore.
Sélection des meilleurs
La recherche en vue de développer l'aptitude au bricolage dans les gènes humains, est l'essentiel des financements de l'AFM.
Soigner en vue de réparer les conséquences des loupés de la nature, est une chose ; intervenir sur l'origine de la vie (en bricolant le génome humain) pour tenter de supprimer la cause première, c'est tout autre chose... Sélectionner les embryons, en triant les bons des mauvais (diagnostic préimplantatoire), ouvre sur des perspectives qui devraient nous interroger quelque peu...
C'est un peu comme l'élection des Miss. Le jury va sélectionner la meilleure. Le chercheur-appreti-sorcier, sous son microscope, va se comporter comme le jury et sélectionner aussi le meilleur embryon, puis congèlera les autres et un jour les détruira.
C'est comme avec les Miss. Les jeunes femmes "insuffisamment normalisées" sont renvoyées à la maison. mais, pour l'instant elles ne sont pas détruites comme les embryons ...
A quand l'élection de Miss France génétiquement purifiées ?
heureusement, le show du téléthon, les propos lénifiants des animateurs, tout comme l'extase d'un jury devant les Miss, sont là pour nous empêcher de trop réfléchir. Ce qui compte c'est de voter pour la plus belle d'un côté, de faire le 36.37 pour donner des sous de l'autre.
Ensuite, la bonne conscience en bandoulière, nous passerons à autre chose... Et il faudra bien se poser la terrible question cruciale :
— Qu'est-ce qu'on va donc bien manger à Noël cette année ?
mardi 2 décembre 2025
La personne abandonnée
Combien furent-elles/ils, les abandonné(e)s, à venir dans mon cabinet de consultation ?
Je n'ai pas décompté. De nombreuses personnes en tout cas. Sans vouloir catégorier on peut toutefois quelque peu distinguer :
— Les « abandons objectifs », à la naissance, « né sous X », ou la mère décédée dans la toute petite enfance, et autres cas particuliers comparables.
— Les gens qui vivent le « sentiment d'abandon » jusqu'au plus profond d'eux-mêmes par celles et ceux qui avaient en charge leur éducation, à commencer par les parents, et en premier la mère. Sentiment ressenti fréquemment dans bien des circonstances, à l'école, puis adulte et même plus tard jusque dans leurs relations amoureuses.
Ces accompagnements se déroulent fréquemment dans la durée et selon mon constat, celle-ci est plus longue avec les hommes. Je n'en fais pas une loi générale, c'est uniquement mon expérience. Je crois que l'homme, même s'il s'en défend généralement, est plus fragile dans la mesure où il cherche à s'en sortir par rebondissements successifs, suivis souvent d'échecs successifs.
Les femmes ont une capacité de résilience plus intense. Elles accèdent plus facilement à la profondeur de leur personne. Elles sont plus matricielles. Plus intériorisées.
Plus proche des aspects émotionnels, relationnels, sensoriels et spirituels.
On me dira que je schématise et simplifie. C'est partiellement vrai. Je n'écris pas ici un traité sur tous ces sujets…
Le sentiment d'abandon est souvent complexe. Les situations très différentes. L'enfant a été « bien éduqué », selon les principes reçus, la lignée familiale, le milieu, les théories éducatives de l'époque parfaitement appliquées. Bref, les parents ont fait comme ils pouvaient avec ce qu'ils étaient. Des parents ordinaires, pas plus mauvais ou meilleurs que d'autres… ou que moi-même…
Et pourtant l'adulte continue à se sentir comme ayant été abandonné. À 40 ans il/elle continue à en souffrir. Dans sa fratrie, la personne considère être celle dont on s'occupa bien mal. On préférait les autres frères ou sœurs. Parfois la jalousie s'installe et justifie des processus de vengeance plus ou moins subtils, moraux ou physiques. Cela n'arrange rien, développe fréquemment une forte culpabilité destructive. Autrement dit : l'impasse.
Dans le long travail que j'ai entrepris sur moi-même pendant plusieurs années, je fus confronté au « sentiment d'abandon » qui me fit remonter à ma petite enfance avec des spasmes d'étouffement devant ma thérapeute. Mais qui donc m'étouffait ainsi ?
La clé arrivera plus tard, par une amie de ma mère : Ma mère m'enfonçait le biberon dans la bouche. Elle le faisait tenir avec des coussins, puis allait s'occuper des clients dans la pièce à côté.
C'est passionnant de pouvoir vérifier certains ressentis en thérapie par une explication objective d'une tierce personne de l'époque. On se dit qu'on ne s'est pas leurré durant la séance sur la réalité objective, sur le factuel de l'époque.
Et en plus il paraît que Madame ma mère était fière de cette manière… de m'abandonner… pas étonnant que je déteste le lait depuis toujours…
Néanmoins le travail fut long… mais bénéfique…
Et aujourd'hui ? L'angoisse de l'abandon a disparu. Une crainte demeure quand je me sens en état de faiblesse, de grande dépendance. Je continue en ces cas-là à penser que tout le monde finira un jour ou l'autre par m'abandonner… et que j'y perdrais la vie.
Je m'en sors en revenant à cette certitude de mes liens intérieurs les plus profonds. Cette sorte de reliance fondamentale et fondatrice à ce « plus que moi en moi » qui fait mon identité d'être humain unique au milieu de mes semblables uniques. Nous tissons l'étrange toile de cette immense tapisserie planétaire dont je suis un fil. 
Cette confiance demeure chevillée au corps que la solidarité finira toujours par triompher de l'égocentrisme mortifère. J'en ai l'expérience. La lutte contre les séquelles de la polio était vouée à l'échec si elle avait dû se dérouler en solitaire. Je démontre cela le mieux possible dans mon livre « le passage se crée » : le passage de la mort à la vie. Je n'ai de cesse d'en remercier les vivants. Les vrais !
jeudi 20 novembre 2025
Novembre éparpillé en mots.
La terre est blanche.
Il neige.
Entre les deux, des flocons descendent en rythmes différenciés.
La fenêtre sépare le chaud et le froid.
Différence théâtrale.
Le spectacle se déroule sur la scène. Pas le spectateur.
Dans ma vie d'aujourd'hui.
Exit l'acteur ou metteur en scène de vie, comme je l'ai été [ou croyait l'être] dans mon parcours professionnel.
L'eau de l'existence débordait, jaillissait, bouillonnait. Elle me donnait raison d'exister et d'essayer de servir.
Je relis mes écrits publiés de 2005 à 2015
(« 120 pensées plongeantes » éditions TheBookEdition).
Je m'en étonne. Tout cela était-ce bien moi ? Comme si un autre avait vécu ce temps-là, puis s'était enfui.
Je suis désormais une eau à l'agitation calmée, au bouillonnement dormant, à la patience énervée, à la sagesse turbulente, la retenue explosive.
Où faut-il m'investir désormais ?
Sans doute aller au bout de mes engagements post-professionnels, là où on me sollicite encore. Est-ce suffisant ?
Comment être inutilement utile ?
La neige faiblit et s'arrête.
Reprendra-t-elle ?
Le flocon redeviendra de l'eau et la pelouse verte.
Rien n'est pérenne.
L'arbre n'a plus de feuilles mais il n'est pas mort. Il a le sommeil du juste.
La sève neuve reviendra. Il le sait et l'attend
Je me sens proche du sommeil
engourdi comme la nature.
Novembre, morne transition nécessaire.
dimanche 16 novembre 2025
Le XXIe siècle ne sera pas ...
… Malraux l'a dit : « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas »
Dans le Petit prince de Saint-Exupéry, notre héros apprivoisa le renard.
« ...si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde.Je serai pour toi unique au monde... »
L'apprivoisement suppose que chacun fasse sa part de chemin vers l'autre. Cela demande du temps, de la gratuité, une volonté, un désir d'altérité.
C'est ce qu'explique le renard : chaque jour tu pourras t'asseoir un peu plus près, mais ne vient pas n'importe quand ni à n'importe quelle heure. Il faut des rites, explique-t-il en substance.
C'est une longue aventure l'apprivoisement, avec ses joies, ses bonheurs et ses écueils. Les larmes et les éclats de rire. La compassion dans l'épreuve, la réjouissance des joies partagées et du bonheur de l'autre.
Les temps ont changé. Le Petit Prince s'en est allé, et le renard se terre au fond de son trou.
Aujourd'hui prenons-nous encore le temps de s'apprivoiser ? Il convient d'aller de plus en plus vite, chacun est pressé d'accomplir son individualisme. Courons vers ce qui nous attire à chaque instant et nous flatte. La radio m'explique que de plus de en plus de gens visionnent les vidéos en accéléré. Ça fait gagner du temps.
Les générations montantes vivent entourées d'écrans et branchées sur les réseaux sociaux. Le Smartphone est devenu un partenaire qui accompagne la vie à chaque instant : à la maison, au travail, chez des amis, au restaurant, au cinéma, (qui, soit dit en passant,continue de passer le film à une vitesse normale : quelle erreur… ), dans la rue, partout, même en conduisant les yeux plus souvent sur l'écran que sur la route, provoquant ainsi des accidents mortels.
Je ne fais pas exception, je m'adresse à vous devant un écran. Mais la différence est que j'utilise mon écran d'ordinateur pour y être proactif, rédiger des textes, des articles, créer, composer, bref un outil parmi d'autres. Mon Smartphone est le plus souvent en veille, en mode silencieux que je consulte peu de fois dans la journée.
Alors certes, l'IA permet de réels progrès dans des domaines qui servent l'être humain positivement, je pense à la santé en particulier et certains domaines scientifiques. En revanche, beaucoup d'emplois seront supprimés, des professions vont disparaître. Il faudra créer de nouveaux secteurs superflus et inutiles pour donner à des humains de quoi survivre avec un modeste salaire.
À quoi va bien pouvoir servir une démocratie dans les décennies qui viennent ? Les machines qui bourdonnent dans les Big Data (qui se développent d'une manière exponentielle sur toute la planète et accélèrent l'épuisement des ressources) volent et pillent 24H/24H tout ce qui passe par le net partout sur la planète Terre. L'objectif est de tout engranger pour modéliser notre vie, décider à notre place, tout en nous maintenant dans l'illusion qu'on choisit encore librement par soi-même. On se base sur un principe simple et avéré : les humains sont comme les moutons de Panurge !
Big Brother qui nous faisait flipper dans notre jeunesse, c'était vraiment petit joueur par rapport à ce qui s'organise pour la suite du XXIe siècle.
Mais j'allais oublier mon propos liminaire… ce siècle ne sera pas !
Je crois que je vais aller me verser un petit verre de rhum arrangé, fait maison, que ma fille ramène des îles lointaines…
mercredi 12 novembre 2025
Le jour d'après
Hier, 11 novembre, le jour difficile de l'année. Je n'y ai pas vraiment échappé, mais au moins il ne m'est pas arrivé les aventures terribles de certaines années, qui se sont plus d'une fois terminées à l'hôpital !
« Le syndrome d'anniversaire » explique celles et ceux qui réfléchissent. Et quel anniversaire, penseront peut-être mes lectrices et lecteurs qui connaissent de quoi il s'agit.
J'ai lu en son temps les théories de Anne Ancelin Schützenberger, sur le transgénérationnel. Je n'ai pas été convaincu. D'autant que ces théories n'ont jamais été confirmées à ce jour par la psychologie moderne et les neurosciences.
Je crois beaucoup plus à la mémoire traumatique. À la date anniversaire le cerveau rejoue la réponse émotionnelle qui lui est associée. C'est quasiment scientifiquement démontré. J'aurais pu servir de cobaye. Il s'agit d'une réminiscence tant physiologique que psychologique. J'en ai l'expérience dans mon cerveau, dans mon corps et dans ma chair, pendant maintenant plus de 40 ans, car il a fallu que les années passent avant que la mémoire traumatique fasse son apparition. Je dois être un mec à effet retard !
Dans cet ordre d'idées, je visionne avec grand intérêt le feuilleton actuel à la TV qui montre les effets traumatiques dans la durée des victimes des attentats du 13 novembre.
Le 11 novembre : l'armistice du 14 18. Une guerre qui frappa ma famille (comme tant d'autres évidemment…), rendit mon père orphelin de mère, et d'autre de son village natal. Ce grand-père taiseux qui avait au fond des yeux quelque chose de terrible que je n'identifiais pas lorsque j'étais enfant. Mon frère confirma dans les écrits familiaux qu'il y avait une forme de terreur étouffée en lui.
J'ajoute pour la petite histoire qu'il est mort peu de temps avant le 11 novembre de cette année-là.
Voilà. Cette année encore je ne passe pas à côté, mais cette année, aucun malheur personnel supplémentaire. Je ne me suis pas cassé l'autre fémur, pas cassé un doigt de l'autre main, ni l'autre poignet, ni un grave incident cardiaque qui me donna aux urgences, etc. ni quelques autres bricoles dont je fus coutumier.
Non, rien de tout ça, alléluia !
Comme quoi, il peut encore y avoir des progrès personnels dans le grand âge !
Rendez-vous le 11 novembre 2026, si toutefois la nature, Dieu ou son fils (paraît qu'il n'aurait pas de fille, c'est la raison pour laquelle il nous envoya son garçon) me prêtent vie jusque-là.
En attendant, portez-vous bien, et continuer à me lire, j'ai besoin de vous, chères lectrices et chers lecteurs.
lundi 3 novembre 2025
Hommage.
Mon père est né un 3 novembre dans les premiers temps du siècle dernier. Comme beaucoup de nos ancêtres, il connut la première et la deuxième guerre mondiale. Cela marqua fortement et douloureusement l'existence de toute une génération.
Est-ce que je connaîtrais la troisième guerre mondiale et/ou atomique ?
Voilà bien des années qu'il nous a quitté. Il serait encore là, on fêterait ses 114 ans. Selon la tradition, parmi les cadeaux, il y aurait un 33 tours de chants Grégorien. Paradoxe apparent, pour un homme d'affaires, juriste, surbooké comme on dit aujourd'hui. Mais qui, dès qu'il a un peu de temps, va désherber le jardin, ouvre un livre dans son fauteuil club en cuir véritable, écoute les fameux chants religieux.
Voilà un homme qui ne s'exprime jamais pour ne rien dire. Non pas que ces mots soient rares et mesurés, mais il y a toujours une justesse dans le ton et les propos. Mais plus que les paroles, ses actes parlent pour lui, parlent de lui.
Mais moi trop souvent je ne vois rien. Jeune imbécile que je suis. Tout ce qu'il a pu faire pour moi dans la lumière de l'ombre, je ne le découvre et le comprends que bien plus tard. Et même après sa mort dans bien des documents.
Chez moi, comme dans beaucoup de familles de cette génération là, on ne parle quasiment jamais d'amour. Tout se dit autrement par les gestes et les actions directes. Les mots tendres sont excessivement rares, comme s'ils ne pouvaient être que des maladresses. Cependant la bienveillance est présente ou n'est jamais loin. Dans un silence réfléchi l'action se mène, se déroule et s'enchaîne. Il m'a accompagné de cette manière dans l'existence pas après pas. Mais je ressentais bien plus ses exigences éducatives que l'affection qui les accompagnait.
J'ai mis des années après sa mort à découvrir toute la richesse de sa personnalité d'homme intègre que je voyais insuffisamment, contrairement à d'autres qui le côtoyaient, travaillaient avec lui, ou ses côtés dans divers engagements caritatifs ou associatifs.
Le jour de son enterrement, un de ses amis, chirurgien, me déclara :
— « Ton père, c'était vraiment un grand Monsieur ! ».
Je n'ai pas su que répondre. J'ai découvert par la suite combien c'était vrai.
Aujourd'hui, bien sûr je pense à lui, avec une reconnaissance infinie.
Et notamment je sais que sans lui je ne serai plus en vie, mort prématurément à l'âge de 12 ans.
(Je dois ma vie continuée à sa clairvoyance inspirée dans les jours qui ont suivi l'attaque de polio)
jeudi 30 octobre 2025
La joie d'être
La nuit ne fut pas facile. C'est un peu un euphémisme.
La nuit certains souvenirs sont encore plus gris que les souris.
Et puis le jour à travers le volet qui se lève.
Et puis le ciel d'un bleu immaculé.
Pas le moindre petit nuage et beaucoup de lumière.
Nous sommes de la nature.
Et ce matin la nature est en joie.
Elle dissout les souvenirs nocturnes
Pour parfaire ce bel ensemble, large sourire de ma compagne de vie.
Petit déjeuner en regardant le jardin dont la vie offre son espérance.
En rouge et blanc, la sauge arbustive ne cesse de fleurir,
parce que c'est sa mission.
Je m'accorde un peu de confiture sur la tartine.
Au diable la consigne du « sans sucre, sinon… ».
Petit écart pour grande joie.
*
![]() |
| Un jardin de mes rêves, mais pas le mien ! |
lundi 27 octobre 2025
Un rêve
J'ai rêvé de mon frère.
À cause sans doute de ce billet
Je crois bien que c'est la première fois.
Il était élégant dans son costume impeccable.
Il était comme au temps où je l'admirais, soigné, méticuleux.
Lui au moins il tirait des traits droits avec sa règle, alors que je m'embrouillai avec la mienne qui glissait et le crayon qui dérapait.
Il arrivait du lointain et marchait vers moi
il marchait mais n'avançait guère.
Le paysage était désertique un peu comme dans ces films de l'Ouest américain, ces westerns ou le héros s'approche le regard droit devant. Il n'y a ni danger ni joie, ni crainte ni espoir. Il n'y a que l'image qui s'anime lentement
Je restais immobile
je ne sais si je l'attendais vraiment.
Une surprise un peu froide.
Pourquoi donc ?
Qu'est-ce que cela voulait dire ?
J'ai rêvé de mon frère.
Et puis ce fut terminé.
Il disparut comme il était venu.
Il ne reste rien,
si ce n'est cette tentative de bidouillage-photo pour tenter de rendre compte très maladroitement de l'événement nocturne.
mardi 21 octobre 2025
Narcisse et autre bulbe à Rachid
![]() |
Narcsse - Michelangelo Caravaggio |
Il paraît que Narcisse était tombé amoureux de sa propre image qu'il estimait d'une grande beauté. D'aucuns critiquent ce mythe en disant qu'il faut plutôt s'oublier. Mais si on s'oublie quelque part, on risque d'avoir de la difficulté à se retrouver. Il y a des gens qui ont cherché après eux-mêmes toute la durée de leur existence, sans vraiment trouver.
Plutôt que torturer le bulbe d'un narcisse, mis vaut allez en planter en nombre dans son jardin, ça fera fleurir de l'intelligence au printemps.
Mais là n'est pas vraiment ce dont je veux vous entretenir. (Sans pour autant subvenir à vos besoins matériels ou spirituels).
Ce que je me demande : ne suis-je pas devenu jaloux de moi-même ?
Disons plutôt, jaloux de celui que je fus.
Il se fait que cherchant à retrouver un de mes vieux billets, j'ai fouillé et farfouillé dans les archives de mon blog. Et donc j'ai relu un certain nombre de mes billets d'il y a une dizaine d'années et plus loin encore.
J'en ai bien oublié les trois quarts.
Mais qu'est-ce que certains étaient écrits d'une bonne écriture ! (À mes yeux bien sûr…). D'autres étaient d'une audace que je ne m'autorise plus. Suis-je en train de devenir un vieux con ?
« Cons caducs ou cons débutants, quand on est con on est con » chantait Brassens. Eh bien non ! Jeune, je n'étais pas si con que ça. Vieux je le deviens.
Donc me voilà jaloux de mon écriture d'antan. Disons partiellement. Parce qu'il y a quand même du déchet.
Arrête de te flageller, me souffle mon petit doigt, qui a toujours quelque chose à dire, c'est tout simplement un peu plus de maturité. Moins de déconnade mais plus de profondeur (mais, fais gaffe, on peut s'y noyer).
Bon, je vais continuer tant bien que mal, selon ce que l'air du temps m'inspire ou m'expire, selon le raz des jonquilles ou l'altitude de la montgolfière.
Mais, il n'empêche, l'espace de quelques instants, j'ai eu vraiment le sentiment de n'être plus ce que je suis et que je ne le serai jamais plus.
— C'est grave docteur ?
— Oui, me répond-il, cet imbécile !
dimanche 19 octobre 2025
À la recherche d'un monde autre
Fait à la main, sans IA
Bon d'accord, c'est pas terrible.
Il faut bien occuper un dimanche après-midi nuageux, pour ne pas trop ressentir les douleurs de la vieillesse !
Mais je suis confiant, on va y arriver !
C'est juste une question de des décennies à traverser.
jeudi 9 octobre 2025
Bruegel… et mon frère…
Il est parfois des souvenirs qui surgissent quand on ne s'y attend pas.
C'est en lisant un billet chez Adrienne à propos de Bruegel, qu'un autre tableau est venu investir ma mémoire.
Celui que je publie.
Mon frère en avait une reproduction chez lui, il y a très longtemps. J'étais jeune encore, il m'avait parlé de Bruegel et son œuvre.Je ne me souviens plus de ses propos, c'est trop loin, mais là n'est pas l'important.
Ce fut qu'il me parla qui était singulier. Qu'il porte un intérêt sur le petit frère que je suis, qu'il a toujours considéré comme en trop. J'avais cru qu'on pouvait avoir une relation de proximité avec un frère, comme je le voyais chez des copains d'école. Avec lui, ce ne fut qu'exceptionnel, y compris aujourd'hui où il approche des 88 ans. À Noël cela fera un an de silence entre nous. Je ne lui manque pas (du moins c'est ce que je crois). Je ne sais même pas dire s'il me manque ou non.
J'entends parfois qu'il ne tarit pas d'éloges à mon propos. Il y a une douzaine d'années, il m'a vertement critiqué pour mon récit de vie « Le passage se crée ». Peu après, j'ai eu bien des échos qu'il en faisait l'éloge autour de lui. Il en retirait probablement un orgueil personnel. Peu de temps après le décès de notre père, en mal de confidences, il m'avait dit : « J'ai un énorme complexe de supériorité ». Je n'ai rien répondu, je le pensais autant que lui.
J'admire son parcours de vie, sa probité, son intelligence vive, sa notoriété professionnelle reconnue nationalement. Ses enfants sont épanouis. Avec ma belle-sœur j'ai toujours entretenu une sorte de complicité partagée et conciliatrice. Plusieurs fois elle m'a dit :
— Tu sais [son prénom], c'est difficile pour lui.
Désormais, le silence est installé Pourtant on eut des échanges passionnants quand il a écrit l'histoire de la famille, il y bien des d'années. À présent, il est enfermé sur lui-même et c'est triste de le savoir vieillissant si mal. Parfois je tente de le joindre au téléphone. C'est toujours ma belle-sœur qui décroche. Il a un Smartphone… mais toujours éteint.
Pourquoi aimait-t-il ce tableau de Bruegel ? Pour son côté à la fois sombre avec ce ciel triste, ces arbres noirs, sans feuilles et ces corbeaux lugubres ? Pour la neige blanche qui seule éclaire l'ensemble ? Ou alors les chasseurs et leur meute de chiens qu'on n'aimerait pas croiser au coin d'un bois ?
Ce frère demeurera un mystère épais. Je suis sûr qu'il regrette l'époque où il était fils unique. Il explique, dans les mémoires familiales, qu'on lui dit tout de go qu'il avait un petit frère qu'on venait d'apporter le matin même à la maternité. J'imagine le choc, il avait 10 ans.
Je ne sais pas trop pourquoi j'écris ce billet. Un besoin de partager sans doute. Certes, avec mon épouse, je peux évoquer « librement » ma relation à lui. Elle sait ce qu'il en est. Elle a tendance à me dire que je n'ai qu'une solution : accepter cette réalité pour ce qu'elle est. Évidemment, elle a raison. Hélas, elle a vraiment raison.
Je vais quand même de nouveau tenter de lui téléphoner.
[La publication de ce billet restera provisoire]
mardi 30 septembre 2025
Un petit poème tout récent
Petit poème à la mer
-o0o-
Celle qui m'a mis au monde fut-elle mère
je la perçois plutôt comme une mer
Tantôt le calme plat
plutôt dans le genre cinéma
trop beau ce seul regard sépia
Tantôt mer démontée et tempête
intérêt à prendre la poudre d'escampette
dans ta petite chambrette
rêver de temps plus champêtres
Pauvre mère dans les flots des chagrins
pour la sauver y aura-t-il un marin
lui chantant des quatrains
l'emmenant au bal Tabarin
il n'en sera rien
J'aurais dû offrir de l'écume à la mer
j'aurais dû envoyer une bouteille à la mère
dans le ventre de celle-ci un rouleau de papier
une feuille détachée d'un cahier d'écolier
quelques lettres d'alphabet entremêlées
avec des M et des A entrecroisées
Formant un mot que je n'ai jamais prononcé.
AlainX
***
vendredi 26 septembre 2025
Le dernier livre d'AlainX
Alain Rohand (mon nom de plume) publie un petit roman qui s'inspire d'une nouvelle écrite précédemment, mais tout a été entièrement remanié et complété grâce à l'aide d'une amie écrivaine, Marie-Dominique Chaisemartin, qui a toute ma reconnaissance et sans qui ce livre n'aurait jamais vu le jour.
Le livre est à la vente ici : (voir aussi en marge)
https://www.thebookedition.com/fr/la-femme-a-l-arbre-portrait-p-418936.html
lundi 22 septembre 2025
mardi 16 septembre 2025
Vaincre la douleur
Longue conversation téléphonique ce matin avec une amie qui souffre beaucoup dans son corps depuis bien des années. Elle voulait me parler avant de partir pour l'hôpital dans un service d'algologie réputé. Je l'ai écouté longuement. Elle avait la voix terne, presque désespérée. Elle était cependant reconnaissante envers L'Algologue/anesthésiste qui avait réussi à la sortir en quelques mois de 10 années de morphine. Moi aussi j'étais reconnaissant envers cette personne. Le traitement s'orientait désormais vers d'autres thérapeutiques.
Ensuite, je me suis exprimé en laissant venir les mots de l'intérieur. Une réponse se construisait à mesure que je l'exprimais. Aucune phrase élaborée pendant son expression, où je me serais dit : à retenir pour quand je parlerai… tous ses propos étaient descendu au fond de moi et avaient ensemencé ma réponse. Mes mots fleurissaient, je n'avais qu'à cueillir. Alors certes, la souffrance dans le corps je sais aussi ce que c'est, comme bien des gens d'ailleurs.
Il y eut un long silence.
Puis elle a repris : — « Tu as raison, je crois ».
Je l'ai invitée à aller à son rendez-vous avec cette espérance au cœur et qu'elle serait active dans le traitement.
Un petite audace à dire ces mots, laquelle s'enracine quelque peu dans mon expérience personnelle.
Il y a en nous un couple efficace qui s'appelle « espérance-confiance ».
Essayez… vous verrez…
mercredi 10 septembre 2025
Sac de vracs
— L'autre jour on a regardé un concert de Souchon à la télé. Ma dulcinée et moi on a beaucoup apprécié. Ça nous a rappelé de beaux souvenirs qu'on a évoqués après… dans le lit… et c'est ainsi qu'on s'est endormi…
— J'ai vécu les derniers instants du décès politique de François Bayrou. C'était pathétique. C'est un peu comme quand meurt quelqu'un qu'on n'aimait pas beaucoup, mais que, quand même, on assiste à l'enterrement. Il y a un moment où on se dit qu'il a fait ce qu'il pouvait avec ce qu'il était.
Et là on se surprend à penser :… c'est-à-dire, pas grand-chose !…
— Les séances d'un comité de lecture dont je fais partie, ont repris après la pause estivale. Ça m'a fait grand bien. Je ne sais plus beaucoup bouger mes jambes, mais j'arrive encore à bien faire gigoter mes neurones. Tant mieux ! Paraît que j'ai fait des propositions pertinentes. Tant mieux, bis !
— Le nouveau premier ministre s'appelle Lecornu, et non pas le corps nu. Bon j'arrête de faire des jeux de mots avec son nom, d'autres sont en embuscade, certains disent déjà qu'avec un nom pareil, il va se faire baiser ! C'est pas gentil…
— Bonne nouvelle : les pies de mon jardin se délectent des mirabelles gâtées que nous leur offrons. Faut dire que c'était des fins de série pas terribles. C'est la rançon des commandes par téléphone pour être livré à domicile, à cause des difficultés actuelles de mon épouse. On ne va quand même pas vider tout de suite le stock de boîtes de sardines, qu'on a constitué, en prévision de la chienlit nationale !
— Le vieux russe Poutine a commencé à bombarder la Pologne. Chouette ! La troisième guerre mondiale nucléaire approche à grands pas. Et comme j'ai plus tellement envie de vivre trop longtemps…
— Alors je profite quand même des derniers soubresauts de la démocratie et de la consommation, pour me payer de délicieux croissants. Faut vivre quand même !
jeudi 28 août 2025
La joie
Voilà un mot qui ne fait pas beaucoup partie de mon vocabulaire. Et pourtant force est de constater qu'elle est en moi, plus que je ne le crois ou ne la perçois. Et depuis bien longtemps.
C'est curieux comme parfois on ne met pas le mot qu'il faudrait sur ce que l'on vit.
La joie comme un jaillissement soudain, quelque peu inattendu, alors que rien ne semble être un terrain favorable pour qu'elle apparaisse.
Je repense à ma jeunesse, aux épisodes de joie, personnels ou partagés, que je n'identifiais pas suffisamment ni clairement dans la grisaille ambiante et triste qui m'environnait. C'est dommage à posteriori, ce manque de conscientisation. Il y aurait tout un pan de mon enfance à réhabiliter.
Et puis, ces trois années en centre de rééducation, plusieurs fois évoquées dans « Le passage se crée », où on ne rigolait pas tous les jours. J'ai beaucoup souffert dans mon corps. S'ajoutait le sentiment d'abandon définitif qui me serrait le cœur et la gorge. Et pourtant, ces instants de joie que j'ai pu vivre et auxquels je m'accrochais comme le naufragé à un débris du bateau qui a coulé. Mon erreur était de ne pas savoir les identifier suffisamment pour les savourer. Je parlais plutôt de petits plaisirs éphémères et somme toute sans intérêt, voire comme de vaines tentatives d'échapper au Destin vengeur. Car il fallait bien payer pour tant d'errance.
Jeune adulte, je me suis mis en quête du bonheur. Comme si j'allais pouvoir le découvrir au détour d'une rue. — « Ah, c'est toi enfin, j'arrive, je te suis ! »
Enfin bref, des bêtises.
À l'époque, j'ai lu « Propos sur le bonheur », de l'auteur Alain, avec espérance d'un changement radical. Des années plus tard j'ai choisi le pseudonyme de AlainX, à cause du nom de l'auteur de ce livre. Comme quoi ça me poursuit.
Quand je regarde un dico, j'observe combien j'ai privilégié des synonymes du vocable « joie ». Le mot a longtemps conservé une froideur. La joie ne pouvait être qu'éphémère et inconsistante, une sorte d'ersatz auquel il valait mieux renoncer.
Et aujourd'hui ?
Une conversation téléphonique avec un ami important et que j'apprécie énormément dans une fraternité ancienne, claire, sans nuage et sans ombre entre nous. J'évoquais mes difficultés. Il m'a dit quelque chose du genre : « Tu me parles de [cette difficulté] et cependant tu as une voix joyeuse ! ».
Comment ça ? Ai-je pensé aussitôt, sans le dire. Et en même temps je percevais qu'il y avait au cœur de mes propos et la manière dont je les disais un élan vital qui ne me quittait pas malgré l'adversité. Et à l'entrevoir à travers ses propos, je ressentais une animation intérieure jubilatoire, oh ! Pas très forte bien entendue… mais réellement présente comme une douceur en liesse.
J'ai pensé au bonheur durable d'une amitié indéfectible. Il fallait en remercier cette réalité de l'être humain en partage, en solidarité et en entraide qui fait sa valeur première.
Balayant ainsi mon existence, j'en viens à penser que la Joie a toujours habité au fond de moi, mais que je ne prêtais guère attention à elle. Négligence dommageable. Il est temps que je revienne à cette réalité qui est mienne.
Durant toute une période de ma vie, je fus facilement invité çà et là, parce que je faisais « rire la galerie ». Moi je me vivais comme le clown triste de service qui devait se réduire à ce rôle…
J'étais con quand même !
lundi 18 août 2025
Bref passage.
Bonjour à chacune et à chacun,
Merci chaleureux aux personnes qui s'enquièrent de mon sort.
Depuis plusieurs semaines, je traverse des temps difficiles, ainsi que celle qui accompagne ma vie depuis tant d'années. À la suite de divers incidents malencontreux, notamment une mauvaise chute de ma part, entraînant des complications physiques, j'ai perdu beaucoup de mon autonomie.
Nous sommes devenus en 24 heures, des petits vieux douloureux, car mon épouse est victime d’une hernie inguinale en voulant m'aider. Elle se retrouve assez limitée pour m' assister au quotidien. Le soutien mutuel, quand il existe dans un couple, est une chance extraordinaire.
En cette période de vacances, impossible de trouver des aides à domicile. Mon médecin traitant comme ma kiné sont en vacances. Nos enfants sont loin, nos familles dispersées. Heureusement une voisine sympathique nous dépanne le mieux qu'elle peut. « Mais c'est bien naturel » dit-elle…
Dans le quartier, c'est le désert du mois d'août !
Donc voilà : la période est délicate à traverser…
D'autres jours viendront, on verra bien la couleur qu'ils auront…
Portez-vous bien.
J'ignore quand je pourrais revenir sur ce blog.
lundi 21 juillet 2025
Créativité échevelée
Tandis que les vacanciers s'ébaudissent sur les plages, à la campagne, la montagne ou ailleurs, je reste au frais chez moi, reclus dans mon bureau, volets à demi fermés pour ne pas faire entrer la chaleur, et je m'amuse avec Photoshop à quelques collages électroniques pour passer le temps et en écoutant de la musique. (Notamment des œuvres de Luigi Rossi, compositeur italien baroque du début des années 1600).
Je pense aux « immobiles » dans mon genre à qui j'envoie par les airs de sympathiques saluts, et en particulier à une amoureuse des oiseaux qui se reconnaîtra.
Cela me convient et je me sens bien ainsi. Je sais que le renoncement à quelque chose est une réussite quand on a la possibilité d'une autre chose qui nous apporte des satisfactions suffisantes, à condition, parfois, de ne pas être trop exigeant. J'ai appris, il y a bien longtemps, à me contenter des possibles limités qui s'offrent à moi, dans le domaine de la mobilité.
Voici le résultat de mon après-midi, studieuse techniquement, autant que délurée dans la réalisation effective.
Mon épouse pense que je devrais montrer cela à un analyste.…
jeudi 17 juillet 2025
Prends soin de toi
Parfois on me dit cette petite phrase, en partant, on me l'écrit.
Peut-être un peu plus souvent ces temps-ci, à cause des douleurs dans mon corps qui ont décidé de s'installer durablement depuis trop longtemps maintenant. Je me suis mis à les évoquer sur ce blog. Je ne regrette pas, mais j'aurais mieux fait de m'abstenir. Plus compliqué parfois « en live » parce qu'elles se voient à un moment ou un autre.
Moi-même j'écris cette petite phrase, avec sans doute les mêmes intentions de bienveillance et de protection envers la personne considérée.
Et d'ailleurs je remercie celles et ceux qui ont manifesté leur sympathie à cette occasion.
Mais qu'en est-il au final ? Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire. Prendre soin ?
Le « care » comme on dit à présent dans la branchitude professionnelle. (Bien que ce mot tend à devenir obsolète, c'est fou comme les nouveaux mots ont une vie courte).
Mazette ! Rien que ça ! Alors, quand on dit prends soin de toi, ça fait quand même un sacré boulot par derrière… mais fort heureusement on dit « de toi », au sens de : le boulot de te soigner t'appartient mon gars, ma fille… ! On ne dit pas je vais prendre soin de toi, non, non, c'est pas mon taf, je suis pas médecin. Tu te démerdes !
OK, c'est pas l'intention quand on dit ça, mais c'est le résultat. Et là, pas possible d'en être fier.
Je préfère les propos de ma chère et tendre qui partage mes misères :
— « Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »
Ça au moins ça comporte une dynamique, c'est une intention réelle, car si j'exprime quelque chose de concret, elle l'accomplit si c'est dans ses possibilités et ses cordes.
Et sinon, vous, ça va ?
mardi 15 juillet 2025
Le chêne et le roseau en 2025
Ce jour-là, ce roseau poussa avec audace,
au milieu des siens il lança un discours tenace,
s'adressant au chêne hautain et arrogant
il lui tint des propos provoquants
Vous n'en avez pas marre de la domination
de vous croire le maître de l'érection
de nous mépriser avec ostentation,
certains de vos semblables en perdirent la raison
Je suis pourtant votre protection dit le chêne
afin que les vents puissants jamais ne vous gênent
vous et vos semblables ne vous croyez pas trop forts
moi seul tiens tête à Éole et vous assure le confort.
mardi 8 juillet 2025
La poule aux œufs d'or — version 2025
Un brave fermier
à l'honnêteté avérée
vivait aussi simplement que modestement
point de rêve que ses poules aient des dents
de tout le reste il était abstinent
Sa fortune : ses gallinacés et ses champs
si besoin, tout viendrait en son temps
Un jour, une poule mal emplumée
décida de déroger
elle pondit des œufs en métal trop précieux
et le fermier lui fit de gros yeux
Jamais elle n'osa recommencer
pas question de le courroucer.
Car « l'or est jaune, mais noircit le cœur »
proclame le proverbe chinois, fin connaisseur.
samedi 5 juillet 2025
La cigale et la fourmi — version 2025
Quelle n'est pas ma surprise de constater que mes petites parodies picturales inspirées des fables de La Fontaine provoquent pas mal de réactions et commentaires.
J'ai même vu un internaute publier chez lui un billet concernant l'une d'elles.
Si ça amuse, tant mieux !
Alors donc, je continue, histoire de ne pas trop me focaliser sur mes douleurs qui, semble-t-il, ont décidé de s'installer durablement dans mon corps.
Je vous présente donc aujourd'hui : « La cigale et la fourmi. »
D'après les dernières informations qui me sont parvenues de source sûre, je confirme que Mesdames Fourmi et Cigale donneront un récital privé dans le cadre du « off » au festival d'Avignon qui vient de démarrer.
Pour plus de précisions, consultez le programme, disponible à l'office du tourisme.
lundi 30 juin 2025
Le loup et l'agneau version 2025
Après, "le corbeau et le renard", voici "le loup et l'agneau"
« …Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès. »
C'était en effet son intention première
mais en chemin vers la forêt
une fine renarde douairière
spécialiste en conseils avisés
décida de les réconcilier
avec ferme intention de les pacifier
Le loup sortit son fiel accumulé
contre les bergers et toute la société
l'agneau l'écouta sans discontinuer
trop jeune de tout cela il ignorait
Le loup apaisé finit par renoncer
à un repas tant espéré.
L'agneau promis d'en parler au berger
les voilà donc réconciliés.
vendredi 20 juin 2025
Les belles images d'antan
Images anciennes de la vie quotidienne au XXIe siècle
série : les maximes.
(collection privée)
*
Montage AlainX avec l'aimable collaboration de l'IA
jeudi 12 juin 2025
Narcissisme, quand tu nous tiens !
En quête d'un texte, écrit il y a bien longtemps, et que je souhaitais retrouver (ce qui ne fut pas le cas…) je fouillais dans les archives de mon ordinateur. Je m'étonne du nombre de pages que j'ai pu écrire depuis l'an 2000 ! (Avant j'ai perdu la trace de beaucoup de choses).
Je ne compte pas ici tous les textes professionnels dont j'ai pu être l'auteur, travaux de recherche personnelles, diffusées ou pas, articles divers, rapports officiels, conférences etc. je ne compte pas non plus le plaisir que j'ai eu à écrire de multiples lettres avant le temps des écrans.
Incroyable comme je suis un terrible bavard par la plume ou le clavier !
À quoi tout cela a-t-il vraiment servi ?
J'ose à peine ce constat : à pas grand-chose !
Je ne dis pas : à rien, mais franchement c'est juste quelque gouttes dans un océan de productions diverses et variées.
Et pourtant cela occupa des milliers d'heures de mon existence et plus encore.
« Vanité des vanités » aurait dit mon père !
Ce n'est pas que je doute de moi ou que je me renie à posteriori.
Non, c'est juste le constat du pas grand-chose qu'est notre passage sur cette petite planète perdue dans l'univers.
Ça relativise, en même temps que ça rend très précieux des instants d'une intensité peu commune qui passent alors dans une dimension éternelle.
J'aurais laissé la trace d'une étoile filante.
Peut-être que l'un ou l'autre qui aura aperçu cet instant d'éternité s'exclamera : « Oooh ! ».
Et finalement, ce sera déjà pas si mal…
mercredi 4 juin 2025
Folie ou nécessité ?
Bidouillage AlainX, avec la complicité de l'IA
Contempler, c’est suspendre le faire pour revenir à l’être.
C’est peut-être une déraison aux yeux du monde,
mais une nécessité pour l’âme.
mardi 27 mai 2025
Le corbeau et le renard version 2025
— Alors comme ça, espèce de vieux renard
tu as cherché à rouler mon ancêtre !
C'est quoi cette histoire, je veux tout savoir
et pas d'effet de manchettes, je m'appelle pas Blanchette.
— Ce n'était pas moi voyons, c'était mon oncle Léon
il n'est plus temps d'en faire un fromage
arrêtons une bonne fois ces vieilles obsessions.
De se chamailler encore ce serait bien dommage.
Le renard n'en menait pas large
le temps n'était pas à son avantage
il ne pratiquait plus le chapardage
de l'histoire ancienne pas question d'être l'otage.
Le corbeau voulait sa revanche
montrer qu'il n'était pas un manche
ni la semaine ni le dimanche.
Désormais ce sera l'alternance
Cependant le renard reste toujours rusé
pas question bien sûr de s'excuser
au corbeau il proposa de lui payer une tournée
ce dernier accepta il était bien luné.
Le corbeau d'élégant noir vêtu se croit le plus fort
pas besoin d'aller chercher du renfort
ce soir j'amènerai du roquefort
croyez-moi ça va être du sport
Chacun était persuadé qu'il allait rouler l'adversaire
et qu'il serait le plus pervers
une fois encore on frôlera la guerre
est-ce donc toujours si nécessaire ?
jeudi 15 mai 2025
Bref passage.
Cela fait plusieurs semaines que je n'ai rien publié sur mon blog. Mon activité dans la blogosphère s'amenuise.
Je tiens d'abord à remercier les quelques personnes qui ont la gentillesse de prendre de mes nouvelles. Ça fait chaud au cœur, surtout quand on traverse des périodes compliquées à vivre et des événements difficiles à supporter ou à comprendre.
Rassurez-vous (si tant est que ce soit utile…) rien de dramatique qui mettrait mon existence en péril à brève échéance.
Et puis je vois autour de moi des choses bien pires ou dramatiques, tant dans mon environnement proche que sur la planète qui cultive le délire et la folie. Et je fais quand même face aux tâches qui me sont assignées ou que je décide. (Tout du moins j'essaye).
J'aimerais du calme et de la tranquillité.… On peut toujours rêver !
On sait très bien que c'est totalement faux, mais on adore se laisser avoir !
Alors on se force à y croire. Ce serait tellement bien si…, si…, et si…
C'est la grande arnaque de la société de consommation.
Mais toutes les tentatives pour fuir le réel difficile sont veines et inefficaces.
le Réel c'est l'Être au fond de nous et non pas le paraître que l'on nous montre, ou celui que l'on se fabrique.
On préfère passer à côté d'une belle aventure de l'intériorité, qui pourtant nous est offerte gratuitement par notre condition humaine. Dommage!
Alors je vais aller me remettre devant le réel et l'affronter.
Courage, Alain ! Tu peux y arriver…
lundi 21 avril 2025
Le retour des devoirs de « Lakevio du Goût » : numéro 201.
On ne peut que se réjouir de voir « le Goût des Autres » nous proposer à nouveau des consignes d'écriture, signe qu'il est revenu à meilleure santé !
Histoire de nous remettre dans le bain, je vous propose de dire ce que vous ressentez à la vue de la Dame de Shalott, ce tableau de John William Waterhouse censé traduire la pensée de lord Tennyson lorsqu’il écrivit le poème éponyme.
Même si lundi est le lundi de Pâques qui vit sortir à la surprise générale le Christ sortir de sa tombe, et dire bêtement à Marie-Madeleine qui ne demandais que ça « Noli me tangere », je compte sur vous pour donner à ce lundi toute la sensibilité nécessaire.
Madame, Monsieur,
Si nous étions à l'époque décadente du XXIe siècle, des âmes incultes déclareraient certainement d'un air hautain « qu'elle fait la gueule… ». Voilà qui serait inapproprié, qui plus est hautement contestable et non conforme à la réalité, nonobstant que celle-ci soit le plus souvent alternative à cette époque qu'il faudra très vite oublier.
Non, ce qu'elle déplore, c'est à quel point l'endroit est dégueulasse, la flotte pue littéralement, que s'en est une infection. C'est glauque, sale, poisseux, très mal entretenu par le Seigneur du lieu, qui soit dit en passant n'a strictement rien à voir avec le Dieu que fêtent les adorateurs du Graal chaque année en bouffant du chocolat à s'en rendre malade. Il est des civilisations d'une étrangeté particulièrement étonnante.
Mais revenons à la Dame dont s'agit. Elle a fauté ! Elle est tombée en amour comme on dit ailleurs. Un amour chevaleresque avec un chevalier, ça va de soi . Un nommé Lancelot qui n'en a rien à foutre d'elle, soit dit en passant par la Lorraine avec des sabots . Elle le voyait dans un miroir. (miroir ! Mon beau miroir !…).
Histoire de vérifier si celui-ci n'était pas déformant, elle voulut l'admirer par la fenêtre pour du vrai de vrai comme dit un gosse que je connais. Pas de bol ! C'était une très mauvaise idée… l'inventeur de l'histoire l'avait assortie d'un sortilège de derrière les bouteilles de vin de messe. Malheur à elle si elle regardait par la fenêtre : la mort ! La pauvre, qui n'en a cure (de jouvence), jeta un œil dehors, espérant qu'il y déambula. Que nenni ! Lancelot était déjà parti pour tenter de retrouver le sang du cadavre du fameux dieu mort, mais pour trois jours seulement , tout là-bas, en terre dite saine et Sainte.
Bon, vous me direz, voilà une histoire foireuse d'amour sans intérêt. Vous auriez raison, mais attendez la fin, si toutefois vous aimez les trucs bien crades. Parce que pour tout vous dire, elle a pris la barque pour aller vers la mort. C'est comme je vous le dis. C'est pourquoi il y a trois bougies dont deux sont déjà éteintes. C'est un signe non ?
La barque où elle s'embarque est celle du célèbre Charon qui l'a revendue à cette brave Dame de Shalott, parce que sa coque était toute pourrie. Notre héroïne peinte avec ses longs cheveux et son vêtement blanc fait donc une tête d'enterrement car de mourir bientôt elle en a pleine conscience. (Elle pratique la méditation de pleine conscience depuis lurette). Pour se sauver de ce péril il fallait qu'elle se rende à Camelot (le repère où habite Lancelot et son équipe de chevaliers des tables rondes comme des queues de pelles), histoire de trouver la Cassette qui contenait la camelote dont elle avait besoin pour traverser l'Achéron sans péril et ne pas être engloutie dans l'empire des morts.
C'est là qu'on voit combien les légendes se télescopent et s'entrecroisent pour le plus grand bonheur des complotistes de tous poils et de toutes époques.
Et c'est là aussi qu'on se dit que ce texte est totalement dénué d'intérêt.
Pour ma part je préfère et de loin rejoindre la barque pour Cythère qui offre des perspectives bien plus exaltantes et voluptueuses.
jeudi 17 avril 2025
Et si le ciel était vide
Et si le ciel était vide
Je le remplirais de toi.
Tu serais voûte céleste et mon éternité
On inventerait une nouvelle création
J’accrocherais un soleil tout au milieu
Tu aurais le pouvoir de l'éteindre ou de l'allumer.
Dans la tendresse la nuit tu écrirais des chansons
On verrait les notes s'envoler vers les cieux nouveaux
Puis éclater comme des bulles, en arias, duos, cavatines, cantates, gospels ou R'n'B, et raps chantés.
Des enfants viendraient d’un univers voisin
— « Bonjour la compagnie ! Du neuf par ici ? »
Le ciel était vide
Mais plein de toi à présent
-o0o-
(100 mots)
Un texte d'atelier d'écriture de type « les 100 mots » et dont la première phrase devait être le titre de ce billet.
lundi 7 avril 2025
Le vivant présent.
Je peux me mettre dedans, j'en fais partie.
J'appartiens à la race des boomers, donc vieux, et plus j'avance en âge, plus j'aime mon présent. Parce qu'au fond il contient mon existence passée, présente et supposée à-venir fantasmé. L'ensemble forme un écheveau qui me constitue. Il y a cependant « un petit truc en plus » qui est l'unicité de ma personnalité, aussi unique et singulière que mon ADN.
Tout cet ensemble est inscrit dans mon corps. Rien n'est découpable en tranches sauf à me faire disparaître.
Célestine commente chez un blogueur : — «… Cela m'amène à la recherche de nos racines... Elle est fondamentale pour notre construction personnelle, (...) Mais nos racines profondes sont en nous avant tout. Dans ce qui fait la profondeur de notre être. Dans notre ancrage à la terre, à l'environnement, à l'univers. Aux autres aussi.(...) »
J'apprécie les propos.
La planète Terre est notre habitation. Nous en avons quasiment chacun à disposition une minuscule petite parcelle. Et même nous sommes peut-être propriétaires d'un tout petit morceau minuscule, qui nous semble une immensité, [oui, oui, c'est à moi tout ça…]. Notre possession et horrible ou paradisiaque selon le cas. Nous aimons tellement posséder qu'on est prêt à se battre au fil des siècles, à travers la planète entière, pour ces acquisitions… qui nous possèdent… jusqu'à l'obsession. Le genre humain est un éternel festin de guerres recommencées, encore et encore. Et même à l'instant où j'écris à bien des endroits de la planète.
La recherche effective des traces visibles de notre passé personnel et de notre histoire, caractérise souvent le jeune retraité qui débute dans ce nouveau métier. On se met à farfouiller dans les archives, les sites généalogiques et autres ressources sur Internet. On interroge les « survivants », on recueille des contradictions, évidemment. Quand on fouille, on trouve. Quand on trouve on s'interroge.
— Alors quoi ? Mince ! J'aurais jamais cru. « Ça » dans ma famille ?
Les « ça » sont positifs, négatifs, sans intérêts, décevants, incroyables, merveilleux, d'une banalité affligeante, etc. On parcourt toute la gamme selon les cas.
Et moi dans tout ça ?
— Question trace concrètes, tout ce qui concerne le factuel historique, je fus un passif consommateur. Mon frère aîné a fait tout le boulot pendant plus de 15 ans. J'apprécie, je rends hommage, même si à présent, à quelques années de ses 90 ans, il est complètement enfoncé jusqu'aux narines dans le passé qu'il n'a plus quitté, qu'il ne quittera plus. Je lui pose une question sur le présent, il me répond aussitôt du genre : « Tu te souviens, en 1959,… l'oncle Machin, hé bien… ». Je n'écoute pas la suite malheureusement. De toute façon il ne me parle pas, il se parle à lui-même tout au long du jour. J'éprouve de la compassion pour son épouse, une belle-sœur que j'aime beaucoup.
— Question trace et recherche de ma personnalité, ça va pas trop mal. J'y ai mis le temps et les années qu'il fallait. J'ai pas attendu la retraite, loin de là. La plupart de mes lecteurs/lectrices le savent. Je n'insiste pas.
— Question pour aujourd'hui. En ces temps où chacun est censé se préparer à la catastrophe qui nous attend, j'ai le sentiment d'avoir la tête ailleurs. Enfin je veux dire, la tête ici à cet instant, pas hier, pas demain. Ou du moins, tout est là maintenant. Je pense maintenant à demain. J'évoque maintenant hier. Je me fais du souci maintenant pour la semaine prochaine.
Cette nuit j'avais très mal aux pieds et aux jambes. Je pensais que demain matin ce serait la grosse galère pour la journée et que je serai dans l'impossibilité de sortir du lit et me mouvoir, vu la lourdeur de tout ça et la faiblesse croissante de mes muscles. Et là au moment où j'écris, je suis devant mon ordinateur dans mon bureau et les douleurs des pieds sont supportables. Cette nuit je fus vraiment une fois de plus le roi des cons !
[ Zut ! Quand je parle de mes douleurs elles reviennent ]
Ce matin à la radio je n'ai entendu que du baratin sur le point de savoir si dans deux ans Marine la condamnée pour avoir piqué du fric dans la caisse commune, - dite depuis hier : Marine Luther King - sera présidente de la république dans deux ans… Dans deux ans ? Mais il y aura tellement de tempêtes et d'ouragan d'ici là !… Laissons là pour l'instant se débattre comme une belle diablesse dans un bénitier !
Ce sera tout pour aujourd'hui.
























