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dimanche 16 novembre 2025

Le XXIe siècle ne sera pas ...

… Malraux l'a dit : « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas »


Dans le Petit prince de Saint-Exupéry, notre héros apprivoisa le renard.
« ...si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde.Je serai pour toi unique au monde... »

L'apprivoisement suppose que chacun fasse sa part de chemin vers l'autre. Cela demande du temps, de la gratuité, une volonté, un désir d'altérité.
 C'est ce qu'explique le renard : chaque jour tu pourras t'asseoir un peu plus près, mais ne vient pas n'importe quand ni à n'importe quelle heure. Il faut des rites, explique-t-il en substance.
C'est une longue aventure l'apprivoisement, avec ses joies, ses bonheurs et ses écueils. Les larmes et les éclats de rire. La compassion dans l'épreuve, la réjouissance des joies partagées et du bonheur de l'autre.

Les temps ont changé. Le Petit Prince s'en est allé, et le renard se terre au fond de son trou.

Aujourd'hui prenons-nous encore le temps de s'apprivoiser ? Il convient d'aller de plus en plus vite, chacun est pressé d'accomplir son individualisme. Courons vers ce qui nous attire à chaque instant et nous flatte. La radio m'explique que de plus de en plus de gens visionnent les vidéos en accéléré. Ça fait gagner du temps.

Les générations montantes vivent  entourées d'écrans et branchées sur  les réseaux sociaux. Le Smartphone est devenu un partenaire qui accompagne la vie à chaque instant : à la maison, au travail, chez des amis, au restaurant, au cinéma, (qui, soit dit en passant,continue de passer le film à une vitesse normale : quelle erreur… ), dans la rue, partout, même en conduisant les yeux plus souvent sur  l'écran que sur la route, provoquant ainsi des accidents mortels.

Je ne fais pas exception, je m'adresse à vous devant un écran. Mais la différence est que j'utilise mon écran d'ordinateur  pour y être proactif, rédiger des textes, des articles, créer, composer, bref un outil parmi d'autres. Mon Smartphone est le plus souvent en veille, en mode silencieux que je consulte peu de fois dans la journée.
  

J'observe le développement de l'IA. J'ai testé la bestiole. On nous explique  que grâce à elle  il sera  prochainement très difficile de différencier ce qui existe réellement, de ce qui est fictif.  La génération qui vient affrontera ce qui n'a jamais existé dans les milliers d'années antérieures.  Tiendra-t-elle coup ?

Alors certes, l'IA permet de réels progrès dans des domaines qui servent l'être humain positivement, je pense à la santé en particulier et certains domaines scientifiques. En revanche, beaucoup d'emplois seront supprimés, des professions vont disparaître. Il faudra créer de nouveaux secteurs superflus et inutiles pour donner à des humains de quoi survivre avec un modeste salaire.

À quoi va bien pouvoir servir une démocratie dans les décennies qui viennent ? Les machines qui bourdonnent dans les Big Data (qui se développent d'une manière exponentielle sur toute la planète et accélèrent l'épuisement des ressources) volent et pillent 24H/24H tout ce qui passe par le net partout sur la planète Terre. L'objectif est de tout  engranger pour modéliser notre vie, décider  à notre place, tout en nous maintenant dans l'illusion  qu'on  choisit encore librement  par soi-même.  On se base sur un principe simple et avéré : les humains sont comme les moutons de Panurge !


 Big Brother qui nous faisait flipper dans notre jeunesse, c'était vraiment petit joueur par rapport à ce qui s'organise pour la suite du XXIe siècle.

Mais j'allais oublier mon propos liminaire… ce siècle ne sera pas !

Je crois que je vais aller me verser un petit verre de rhum arrangé, fait maison,  que ma fille ramène des îles lointaines…

vendredi 20 juin 2025

Les belles images d'antan

 

 Images anciennes de la vie quotidienne au XXIe siècle
série : les maximes.
(collection privée)

*

 

Montage AlainX avec l'aimable collaboration de l'IA
 


lundi 7 avril 2025

Le vivant présent.

Un certaine butinage de blogs ces derniers temps m'amène chez des gens qui évoquent leur passé d'une manière ou d'une autre (généalogie, souvenirs, évocations familiales révolues, etc.). 9 fois sur 10 ce sont des personnes « avancées en âge » expression édulcoré pour ne pas dire « des vieux ».

Je peux me mettre dedans, j'en fais partie.
J'appartiens à la race des boomers, donc vieux, et plus j'avance en âge, plus j'aime mon présent. Parce qu'au fond il contient mon existence passée, présente et supposée à-venir fantasmé. L'ensemble forme un écheveau qui me constitue. Il y a cependant « un petit truc en plus » qui est l'unicité de ma personnalité, aussi unique et singulière que mon ADN.

Tout cet ensemble est inscrit dans mon corps. Rien n'est découpable en tranches sauf à me faire disparaître.
Célestine commente chez un blogueur : — «… Cela m'amène à la recherche de nos racines... Elle est fondamentale pour notre construction personnelle, (...) Mais nos racines profondes sont en nous avant tout. Dans ce qui fait la profondeur de notre être. Dans notre ancrage à la terre, à l'environnement, à l'univers. Aux autres aussi.(...)  »
J'apprécie les propos.

La planète Terre est notre habitation. Nous en avons quasiment chacun à disposition une minuscule petite parcelle. Et même nous sommes peut-être propriétaires d'un tout petit morceau minuscule, qui nous semble une immensité, [oui, oui, c'est à moi tout ça…]. Notre possession et horrible ou paradisiaque selon le cas. Nous aimons tellement posséder qu'on est prêt à se battre au fil des siècles, à travers la planète entière, pour ces acquisitions… qui nous possèdent… jusqu'à l'obsession. Le genre humain est un éternel festin de guerres recommencées, encore et encore. Et même à l'instant où j'écris à bien des endroits de la planète.

La recherche effective des traces visibles de notre passé personnel et de notre histoire, caractérise souvent le jeune retraité qui débute dans ce nouveau métier. On se met à farfouiller dans les archives, les sites généalogiques et autres ressources sur Internet. On interroge les « survivants », on recueille des contradictions, évidemment. Quand on fouille, on trouve. Quand on trouve on s'interroge.
 — Alors quoi ? Mince ! J'aurais jamais cru. « Ça » dans ma famille ?
Les « ça » sont positifs, négatifs, sans intérêts, décevants, incroyables, merveilleux, d'une banalité affligeante, etc. On parcourt toute la gamme selon les cas.

 



Et moi dans tout ça ?

— Question trace concrètes, tout ce qui concerne le factuel historique, je fus un passif consommateur. Mon frère aîné a fait tout le boulot pendant plus de 15 ans. J'apprécie, je rends hommage, même si à présent, à quelques années de ses 90 ans, il est complètement enfoncé jusqu'aux narines dans le passé qu'il n'a plus quitté, qu'il ne quittera plus. Je lui pose une question sur le présent, il me répond aussitôt du genre : « Tu te souviens, en 1959,… l'oncle Machin, hé bien… ». Je n'écoute pas la suite malheureusement. De toute façon il ne me parle pas, il se parle à lui-même tout au long du jour. J'éprouve de la compassion pour son épouse, une belle-sœur que j'aime beaucoup.

— Question trace et recherche de ma personnalité, ça va pas trop mal. J'y ai mis le temps et les années qu'il fallait. J'ai pas attendu la retraite, loin de là. La plupart de mes lecteurs/lectrices le savent. Je n'insiste pas.

— Question pour aujourd'hui. En ces temps où chacun est censé se préparer à la catastrophe qui nous attend, j'ai le sentiment d'avoir la tête ailleurs. Enfin je veux dire, la tête ici à cet instant, pas hier, pas demain. Ou du moins, tout est là maintenant. Je pense maintenant à demain. J'évoque maintenant hier. Je me fais du souci maintenant pour la semaine prochaine.
Cette nuit j'avais très mal aux pieds et aux jambes. Je pensais que demain matin ce serait la grosse galère pour la journée et que je serai dans l'impossibilité de sortir du lit et me mouvoir, vu la lourdeur de tout ça et la faiblesse croissante de mes muscles. Et là au moment où j'écris, je suis devant mon ordinateur dans mon bureau et les douleurs des pieds sont supportables. Cette nuit je fus vraiment une fois de plus le roi des cons !
 [ Zut ! Quand je parle de mes douleurs elles reviennent ]

Ce matin à la radio je n'ai entendu que du baratin sur le point de savoir si dans deux ans Marine la condamnée pour avoir piqué du fric dans la caisse commune, - dite depuis hier : Marine Luther King - sera présidente de la république dans deux ans… Dans deux ans ? Mais il y aura tellement de tempêtes et d'ouragan d'ici là !… Laissons là pour l'instant se débattre comme une belle diablesse dans un bénitier !

Ce sera tout pour aujourd'hui.

vendredi 14 mars 2025

Aujourd'hui peut-être… ou alors demain…

 


Il était une fois dans une galaxie lointaine, une planète habitée par des chiens. Des anciens racontent qu'à l'origine une fusée automatisée surgit de la nuit des temps, explora plusieurs galaxies, avec à son bord un couple de chiens dont la raison d'être était de trouver pour ces quadrupèdes une atmosphère vivable afin de survivre en autonomie.

 Un bicentenaire avancé, exhiba de son portefeuille d'un autre âge, une photo visant à prouver la réalité de cette aventure spatiale. Les anciens prétendent que les chiens réussirent à faire souche sur un astre.



Des centaines de siècles passèrent et l'astre en question fut peu à peu colonisé et aménagé par des chiens issus du couple initial dont on avait sans doute minimisé les capacités d'ingéniosité et de créativité. En effet, nul ne croyait que l'évolution génétique pouvait être aussi prolifique à des centaines d'années-lumière. Mais c'est ainsi que ça s'est passé. La race d'origine se transforma par mutations successives allant s'accélérant. À présent les chiens de la planète ressemblent à celui ci-dessous et font de plus en plus montre d'une agressivité massive.

 



 Devenu naturellement belliqueux, les chiens pensent que c'est la norme. Seul un regard extérieur aurait pu attirer l'attention sur les dangers potentiels concernant ces chiens mutants. Mais de regard extérieur il n'y en avait aucun.

Les facultés cognitives et physiques sont spécifiques chez les chiens. Elles accélérèrent leur développement à l'intérieur d'un cerveau qui cependant ne  grossit guère de volume. Le cerveau–chien n'a plus rien à voir avec la vieille photo exhibée jadis par le vieux. Leur musculature gagne en puissance et en prédation Certains chiens, sans doute plus aventureux et audacieux que d'autres se  mettent à  tuer certains de leurs congénères pour en explorer la substance intérieure. En se nourrissant des cerveaux ainsi dépecés, en les avalant après les avoir lentement mâchés,  bien des chiens constatent d'étranges transformations.
En outre, lorsqu'ils s'allongent sur le sol ferreux, leur pelage, leur peau, leur corps, s’imprègnent de ses poussières ferreuses. En quelques générations ils  sont devenus partiellement métallisés, sur la défensive, et de plus en plus agressifs entre eux. Autant les mâles que les femelles.

 



 Sans vraiment s'en rendre compte, ils  perdent même leur animalité et  commence à  se robotiser.  Ils restent néanmoins inconscients de ce qu'ils  deviennent faute de capacités à se penser par eux-mêmes. Ainsi la transformation définitive  s'opère. De chiens qu'on aurait qualifié de gentils et s'auto-apprivoisant à vivre harmonieusement  durant des siècles auparavant,  voilà qu'ils deviennent des machines autonomes, auto-engendrées et dont il  semble que leur seule programmation installée progressivement, soit plutôt  avec l'objectif de s'autodétruire les uns les autres.

 



On raconte qu'il existe une autre planète dont on ne sait préciser dans quelle galaxie elle se trouve, où vivent des bipèdes appelés « humains ». Des observateurs intuitifs présupposent qu'ils vont s'éliminer eux aussi comme  sur la planète des chiens-robots. Sauf que ces bipèdes ont la possibilité d'accélérer les processus. Ils disposent de tout un arsenal sophistiqué capable de faire disparaître toute trace de vie en quelques jours, et disent certains, de « vaporiser » la planète elle-même. Les bipèdes appellent cela « La GTT : Guerre Thermonucléaire Totale définitive ».  il suffit qu'un seul bipède appuie sur un bouton, et tout se passera automatiquement. Nous n'avons pas de précisions suffisantes pour comprendre, et encore moins expliquer comment ils sont arrivés à mettre collectivement au point ce genre de possibilités à la con,  mais c'est l'exacte réalité qui nous est parvenue.

Pour votre information nous avons simulé ce à quoi pourrait ressembler le résultat de cette Connerie Monumentale. Mais ce n'est qu'une hypothèse de travail.

 



mercredi 5 mars 2025

La fille et le dinosaure ( version 2)

 

Dans mon précédent billet La Licorne, commente  et dit ceci :

« Version bucolique à souhait...
et joli résultat sur le plan esthétique.

Pas très réaliste néanmoins...
car les animaux "à sang-froid" s'apprivoisent rarement.
Un animal plus "doux" aurait eu ma préférence...
Mais, bon...il est vrai que je ne suis pas "princesse" !

Maintenant si tu veux vraiment être "tendance"...et "moderne"...
pousse le bouchon un peu plus loin :
essaie une fille noire, obèse...et "trans",
avec un dinosaure non-genré.
Il se pourrait que ça plaise beaucoup ! ;-) »

N'écoutant que mon courage je suis allé de nouveau affronter l'IA sur PhotoShop, lui donnant à digérer la proposition de La Licorne :
— Un paysage préhistorique, avec une fille noire, obèse...et "trans",
et avec un dinosaure non-genré.

Voici le résultat que je vous laisse apprécier :
(Personnellement je trouve le dinosaure non genré très convaincant.)

 



vendredi 15 mars 2024

Le monde, c'est fort en chocolat !


« Être le plus fort ! », c'est une option

Lorsqu'on s'habille de cette chimère on se met aussitôt en état de faiblesse, puisse  que c'est inatteignable et que si on arrive à s'en approcher, ce n'est que provisoire car un autre« plus fort » guette toujours dans l'ombre.


Et pourtant, être ou devenir le plus fort, c'est ce qu'on n'arrête pas de nous vendre de jour comme de nuit. À l'école être le premier demandent les parents, au sport être le champion réclame l'entraîneur, en entreprise être le plus performant, au-dessus de la mêlée, exige le patron, au lit être sexuellement endurant, (les dames aussi). Quant à l'amour il ne peut qu'être grand et fort, and so on…


« Être soi, pleinement soi, rien que soi », c'est une autre option

 Devenir soi, une proposition dès l'origine, mais en quelque sorte c'est livré en kit. Tout est là, mais tout est à faire. L'aventure d'une vie en quelque sorte, toutefois  sans garantie d'y parvenir totalement, car nous sommes constitués vulnérables, ontologiquement. Et ça c'est assez difficile à accepter. Enfin moi  ça m'a pris du temps.

Beaucoup de gens pensent que pour réussir il faut être le plus fort, si possible invincible, indéboulonnable. Sur la plus haute marche , là où personne ne pourra vous abattre.

Nous croyons que nous pouvons tout. Même si on prétend souvent le contraire. On en fait même les slogans du genre « c'était impossible c'est pourquoi ils l'ont fait ». Ce mode de pensée se rencontre à tous les niveaux, depuis l'enfance jusque tard dans la vie, du boulot jusqu'a la maison de retraite, des campagnes de pub jusqu'aux campagnes électorales. Et de plus et en général c'est souvent un mode normal de tromperie que là serait la normalité commune. 


La puissance de vie qui réside en nous,  nous ne l'avons pas fabriquée dans nos usines. Elle est tout simplement donnée par la Générosité de La Vie. Chacun peut la personnaliser, la personnifier, s'il le souhaite. Lui donner « un nom ». Fabriquer une divinité est le fonds de commerce des religions. Autrement dit la Vie on la  reçoit d'ailleurs que de nous-mêmes. Fort heureusement, car si c'était en notre pouvoir de la fabriquer, très vite on ne ferait que des horreurs déshumanisantes. Il n'y a qu'à voir tout le baratin délirant du « transhumanisme » supprimant le vieillissement et la mort. On nous promet le pouvoir de s'emmerder éternellement sur terre : quel merveilleux programme ! De la Vie généreuse nous recevons tout. Nos forces et nos possibles réels mais limités. Il nous faudra bien réaliser que la vulnérabilité est une caractéristique de notre condition humaine. Nous sommes tributaires de phénomènes qui nous échappent et à commencer par notre venue au monde. Ajoutons les événements, les autres, notre inconscient, les environnements non maîtrisables etc. etc.

On pourrait résumer :. Fort et vulnérable voilà notre condition. On peut aussi affirmer qu'on dispose de « la force des vulnérables ». 


Cette puissance de la vie qui nous habite et nous fait entreprendre, ça fonctionne. Nous traversons les épreuves, on se remet debout, on poursuit la route. Cependant on peut être rattrapé par les illusions que ça va durer, qu'on s'en sortira en toutes circonstances, parce que la toute-puissance est un fantasme auquel on aime s'accrocher.

Sauf que c'est une bouée crevée.

Ma kiné me raconte que sa fille revient des sports d'hiver avec un genou en compote suite à une chute. Elle en aura pour plusieurs mois à s’en remettre. Elle dit à sa mère : — « Je comprends pas, je suis hyper performante en ski, donc je ne devais pas chuter ! »

Voilà, elle aussi se croit invulnérable…


Pour accueillir ce réel de notre vulnérabilité il faut tout autant accueillir et cultiver la force de vie qu'accepter de s'ouvrir à cette autre réalité : la vulnérabilité. Solide et vulnérable à la fois ça nous rend beaucoup plus humain. Empathiques envers les autres, vivants à leur égard plus de gratitude que de griefs et ressentiments. Parce que eux aussi sont semblables à nous-mêmes. Avec comme nous leurs possibles et leurs limites. Et la bonne intelligence relationnelle consiste à opter pour la complémentarité solidaire. Sinon on continuera à se faire la guerre à tous les niveaux pour vouloir être toujours les plus gagnants et les plus invincibles face à la toute-puissance de l'autre qu'il faut abattre.

En continuant ainsi, on finira forcément par disparaître tous !


—————



Document pédagogique dans une école

C'est moi le plus fort : Un loup évidemment !





Côté Version féminine

«Le plus fort c'est mon boss »…

... Bien entendu !


samedi 9 mars 2024

Transmission

 

Il fut un temps où beaucoup d'enseignements, d'apprentissages, de savoir-faire et de savoir être se transmettaient par les parents, la famille, les proches et aussi l'école. Ça valait ce que ça valait, mais ça se vivait entre des personnes physiques, visibles, souvent aimantes, bienveillantes mais aussi ayant des exigences éducatives qui aidaient la structuration de la personne afin de lui donner des assises pour gérer sa liberté, c'est-à-dire ne pas se retrouver dépendant et à la merci des marchands d'addictions.

Certes je décris là une situation générale quand tout se passait à peu près correctement.. Bien entendu ce n'était pas toujours le cas et évidemment des « mauvaises éducations » existent.


Aujourd'hui si j'en crois une chercheuse spécialiste des impacts de la consommation numérique sur la population enfantine (Caroline Rouen-Mallet), vers 10/12 ans, globalement, une grande partie de l'éducation commence à échapper à la parentèle au profit du Smartphone, offrant sans contrôle une ouverture à Internet et principalement aux réseaux sociaux.

En France, 92 % des 12-17 ans sont connectés et ont les yeux rivés sur les écrans pendant des heures, six à huit heures par jour. La génération montante vit dans un monde virtuel. La plupart des parents ne sont jamais allés sur Tik-Tok, Instagram, Snapchat et autres et ne savent pas ce qui s'y passe. Ils se mettent en retrait et perdent ainsi toute autorité sur le territoire numérique. 

Le Smartphone cannibalisme tout : activités artistiques, sportives, la lecture, les jeux et la balade en famille, etc.


C'est un peu comme si l'enfant et l'adolescent vivait dehors dans des rues hostiles, sans surveillance ni contrôle parental, au contact permanent de toute une faune de gens qui ne lui veulent certainement pas du bien. Pour s'en convaincre il suffit de s'arrêter aux conséquences bien connues de la fréquentation du net sans contrôle : cyber-harcèlement, rackets, repliement sur soi, angoisses, dépression, isolement social, et autre joyeusetés. Et je n'ai pas cité les tentatives de suicide, ni les suicides réussis.


Ma fille aînée, (cinq enfants), m'avait raconté il y a déjà bien des années une anecdote. Une de ses voisines demandait comment elle faisait pour avoir des enfants si conviviaux, ouverts aux autres, et qui semblaient avoir une belle joie de vivre. 

Ma fille avait répondu : — « Oh c'est simple ! Pas de télévision, pas de jeu vidéo, pas de téléphone portable, et un unique ordinateur familial dans le salon. En revanche, beaucoup de jeux de société, d'activités sportives, culturelles, musicales, et autres choses ludiques où on utilise le corps, les mains et les pieds… »

Trois des cinq petits-enfants sont désormais adultes, l'un est dans une école polytechnique en Suisse, l'autre au Canada anglophone dans une école de haute technologie, le troisième dans une classe prépa en France. Ils ont tous les trois un Smartphone, ... le plus souvent éteint. (Pour les avoir faut laisser un message…). Je les trouve heureux et épanouis. Bien sûr ce sont mes petits-fils donc ils sont merveilleux… sauf que je ne suis pas le seul à le dire…


Fort heureusement, j'ai lu récemment un article où çà et là se fomentent chez les parents une révolution digitale. Aux États-Unis, en Irlande, en Espagne on signe des « pactes sans téléphone » avec les communes, les écoles etc.…

En France une commune de Seine-et-Marne vient de proposer un « code d'utilisation des mobiles dans les espaces publics ».


« De la même manière que l’on apprend à ses enfants à nager ou à faire du vélo, le rôle du parent d’aujourd’hui est d’éduquer son enfant à bien utiliser son téléphone », estime Caroline Rouen-Mallet.


Et aussi : Macu Cristófol. :

« Les enfants ne sont pas des adultes et des consommateurs comme les autres. À quel moment avons-nous perdu le fil de toute éthique ? En tant que parents et citoyens, nous devons refuser ce rapt de leur attention et nous assurer que les futures générations navigueront dans un monde digital sécurisé dont ils maîtrisent les clés. » (ICI) 


Comme quoi il y a encore des raisons d'espérer…

Enfin, pour l'instant.



samedi 6 mai 2023

Un petit délire pour un long week-end

 

Dans un monde où les flibustiers de toutes obédiences cherchent à nous envahir la cervelle

la chasse à cette engeance  s'accélère

 (… enfin va s'accélérer … bientôt ?… Peut-être ?… Sûrement… ! ... si, si ...)



Délire : AlainX 

[- La frégate L'Hermione à Rochefort pour entretien -]


jeudi 20 avril 2023

Et le prix de la meilleure photo est attribué à…

 


Au photographe allemand Boris  Eldagsen. Il a remporté le prestigieux prix international du « Sony World Photography Award 2023 » avec la photo suivante intitulée   «Pseudomnesia: The Electrician » ("Pseudomnésie : l'électricienne) 





Toutefois, il a refusé le prix en indiquant que la photo n'était pas de lui, mais résultait d'une fabrication par une intelligence artificielle. Ce sont deux femmes de générations différentes, sans doute la mère et la fille, qui a priori ont une trouille monstre.


. Dans la réalité, je veux dire dans la vie réelle, ces deux femmes n'ont aucune existence, elles ne sont jamais nées, et a fortiori n'ont pas pu mourir. Elles sont juste le produit d'un assemblage d'octets puisés dans des milliers d'autres photos réelles ou déjà artificielles, on ne sait pas.


Aucun membre du jury n'a remarqué que la fausse vieille à gauche, artificiellement fabriquée, avait l'auriculaire particulièrement long… trop long…


Pour ma part j'ai ma petite idée : ce sont deux personnes que nous avons croisés à la télévision il y a pas mal d'années dans « Les envahisseurs » avec le célèbre David Vincent qui les avait vus débarquer une nuit, avec leurs drôles de petits doigts !

 Hé bien, ils sont toujours là ! En voici la preuve !


Nous allons vivre l'aventure extraordinaire de l'envahissement du tout artificiel toujours et partout. C'est génial !





jeudi 13 avril 2023

Ces dessins me parlent

 




Le mistral s'était levé tôt ce jour-là.

Elle aussi.

En robe bleue et ombrelle rouge,

 elle avait rendez-vous

avec l'imaginaire qui soufflait dans sa tête.

Elle se laissa emporter.


*




Changer d'environnement, c'était l'objectif.

Et aussi prendre de la hauteur.

Mais pas de clinquant.

Elle opta pour une maison cubique, sympathique,

sur pilotis, c'était pile son choix.

Elle l'installa juste sous un arbre qui aurait souffert

comme elle

d'une amputation.


*




Tu rêves trop petit, pensa-t-elle,

où donc est passée ton ambition de vivre.

Il faut rêver grand, surtout par grand vent.

Il convient de changer de rêve et d'environnement.

Elle agrandit la bâtisse, une élévation sympathique,

écologique toutefois,

avec un grand réservoir aquatique

plus d'arbres et de verdure

un truc qui dure


*





*






















Deux autres arbres elle ajouta

l'un triple et l'autre double

tout vert et traces de rouge 

et puis du jaune pourquoi pas

dans la tête on ne compte pas.

De la tête tout entière 

s'empare l'imaginaire

de la première pensée jusqu'à la dernière


*




Le vent s'en est allé.

Le réel est resté.

Il a fallu rentrer.

Rejoindre le futur où l'on est désormais.


*


Les dessins sont de l'artiste peintre autodidacte marseillais : GIER

« Dès sa plus tendre enfance que Gier est attiré irrésistiblement par les arts graphiques, les crayons, les couleurs et le trait. »

Je fréquente cet artiste depuis un certain temps. En particulier :

— Son blog que l'on trouve ici

— Son site généraliste sur son œuvre, ses exploits etc. que l'on trouve ici

— les dessins que j'ai retenus sont tous dans une série « Paysages en vrac » ICI


J'ai fait également l'acquisition de certaines de ses œuvres.




lundi 20 mars 2023

L'Énigme




156ème Devoir de Lakevio du Goût




Cette promenade aux champs de Mr Carl Spitzweg vous inspire-t-elle ?

Je vais quant à moi tenter de vous écrire un petit quelque chose pour lundi.

Et j’espère que vous aurez vous aussi ce courage.






L'Énigme



Disons-le tout net, la scène à laquelle nous assistons en direct est des plus étranges. De là où nous sommes on aperçoit un homme traînant une selle qui proviendrait d'une sorte de cheval d'arçon d'enfant. Cependant, grâce à des jumelles qui viennent de m'être prêtées, il semblerait qu'au final ce soit un chapeau ! A-t-il une signification singulière et spéciale ?


Certains observateurs laissent entendre la présence d'un inspecteur de la police ventru, qui a déposé son chapeau dans sa canne, afin d'aérer son cerveau lui permettant ainsi de brasser diverses hypothèses à propos de ce crime campagnard dont on recherche toujours l'auteur. La dame qui suit serait un autre inspecteur déguisé en personne féminine coiffée d'œillères de réflexion sous lesquelles régne une fièvre de cheval. Ce déguisement lui permet d'une part de ne pas se faire repérer, d'autre part de regarder droit devant vers la solution de cette énigme que toute la France suit avec un intérêt énorme. Cependant nous attendons confirmation du sexe de ladite personne.


Selon les dernières indications qui viennent de nous parvenir, entre Monsieur et Monsieur/Madame il y aurait une fillette qui se dissimule dans les herbes hautes et dont on aperçoit quand même un vêtement bleuté. Elle porte un chapeau ressemblant fortement à l'autre, mais en version mini qui cependant l'oblige elle aussi à regarder droit devant elle. D'ailleurs le prétendu inspecteur à l'avant lui répète sans cesse : — « Bon sang de bonsoir ! Mais regarde devant toi !… ». Or, ainsi placée, elle ne peut voir que les fesses de l'homme. De source locale à confirmer ce serait en réalité un père, sa fille, et sa femme qui marcheraient l'un derrière l'autre, et seraient connus dans la région en tant que promeneurs du dimanche. Mais ce n'est dans l'état actuel qu'une hypothèse.


Ici tout le monde se questionne : mais qu'est-ce qui peut pousser ce possible inspecteur à mettre un gilet vert caca de poule, sur un pantalon salopette caca d'oie. Alors certes, il revêt une chemise blanche, mais quand même quel abominable manque de goût. L'autre personne supposée chargée de l'enquête, que pense-t-il (ou elle) de tout cela ? S'agit-il d'une opération discrète et secrète dont nous ne devrions pas avoir connaissance ? Cherche-t-on à bâillonner l'information en France ?


Nous avons pu nous entretenir avec le chef de la police locale dans le grade le plus élevé. Il nous a fait observer qu'il ne fallait pas perdre de vue le cordon de l'ombrelle qui se termine par un anneau jaune. Ce détail aurait une grande importance et les autorités s'interrogent : pourquoi jaune ?


Décidément l'affaire baigne dans des mystères insondables qui, chers téléspectateurs, je le suppose, vous tiennent inévitablement en haleine, autant que nous.

À vous les studios.


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Merci Bruno Jesérien, notre envoyé spécial sur place, n'hésitez pas à reprendre l'antenne dès que vous aurez de nouveaux éléments sans intérêt à nous faire connaître, en particulier sur des questions sur lesquelles nos téléspectateurs attendent des éclaircissements avec impatience telles que : — pourquoi un chapeau claque ? — Pourquoi une canne à bout ferré ? — Pourquoi le pré n'est-il pas fauché ? — Quel messager subliminal y a-t-il dans le ruban vert du chapeau  ? — L'enfant que l'on devine ne serait-il pas en réalité un autre inspecteur, mais nain… (pardon toutes mes excuses « une personne humaine de  taille inférieure à la moyenne généralement constatée ») ou autre chose ?


Dans quelques instants la suite de l'actualité… 

Vous êtes toujours sur BFMTVnulle    —   PUB —




vendredi 10 février 2023

ChatGPT


J'ai décidé de mettre à la disposition de la planète ma contribution délibérée, entière et désintéressée au développement de ChatGPT (que les contributeurs appellent dans l'intimité « la Chatte j'ai pété »).

J'offre donc gratuitement des informations sûres et certaines, puisque ce sont les miennes qui ont été vérifiées par moi-même dans le dedans de moi et qui constituent des convictions irréfutables.



Voici une première liste :


— La terre est plate le jour, cubique la nuit, je répète la terre est plate le jour, cubique la nuit.

(La nécessité de répéter est pour que le la Chatte qui a pété du texte, puisse avoir la certitude par cette répétition de l'authenticité des éléments fournis par un humain. Deux répétitions successives suffisent à établir une vérité.



— Ma grand-mère fait du vélo à quatre pattes sur un tonneau, je répète, ma grand-mère fait du vélo à quatre pattes sur un tonneau.

La Chatte ayant compris que la répétition valait certitude, je m'en dispenserai désormais étant donné que la femelle du Matou est intelligente artificiellement, et désormais me croira sur parole puisque je suis un humain.

La preuve, l'item suivant :


— Le point final se retrouve systématiquement en tête de la phrase suivante. (Alors Hein ! Personne n'y avait pensé à celle-là !…) C'est ce qu'on appelle « le Paradoxe de l'académicien », qui a été découvert entre les années 2814 et 1789 dans le calendrier grégoire Dutamp élaboré ultérieurement c'est-à-dire « avant J.-C. IV Le Retour »).


— Toutes les Anglaises sont rousses à l'exception des blondes qui ne sont pas teintes en châtain et bien évidemment à l'exception des personnes de sexe féminin non Anglaises quoique britanniques ou exceptionnellement ayant épousé un écossais des petits pois de la région des shetland qui ne sont quand même pas des moutons.


— Les moulins à vent se placent après l'accord du participe passé dans le cadre de l'usage de l'auxiliaire avoir toujours raison.


Jean a de longues moustaches, je répète Jean à de longues moustaches. Ici la répétition est historique dans le cadre du débarquement en projection orthogonale du « Jour le plus long » d'un point à un autre, qui manifestement fut trop court. Je parle du film et non pas du jour en question qui fut moins long qu'il n'y paraît en raison du passage d'une dépression nerveuse qui a excité tout le monde. En particulier les tas majors.


 — l'aphorisme bien connu « les chiens ne font pas des chats », vient de bénéficier de la réalité augmentée propre à la Chatte susnommée, ce qui donne : « les canards ne font pas des poules ; les hérissons ne font pas des escargots ; la loutre de mer ne fait pas un océan à boire ; la pie voleuse ne fait pas de prison ; l'armoire à glace de la grand-mère ne reflète pas l'avenir »…

Affaire à suivre lors de la prochaine fournée de la bêtise artificielle.


Cher.e.s Tacherons.ronnes* ronronnant de la ligne de code et en conséquence ont les doigts.pattes* usé.e.s* par le clavier QWERTY, je vous exprime ici toute ma compassion pour le travail sans intérêt que vous effectuez.

Fort heureusement une actrice célèbre et hélas disparue,  du côté du père.mère.Noël.le* va vous confectionner  au Ciel des moufles pour soulager les moignons de vos mains. Ne la remerciez pas, c'est cadeau !


DERNIÈRE MINUTE :

* = Il s'agit là de la dernière nouveauté  : chatGPT devient désormais Chat.te.ton.neGPT


samedi 24 décembre 2022

lundi 24 octobre 2022

Fichue courroie !

 



140ème devoir de Lakevio du Goût


J’ai été un poil effrayé par cette toile d’Edward Hopper.

Mais vous ?
Qu’en direz-vous lundi ?





Fichue courroie !



Hier, j'ai commis une bêtise. Que dis-je, une vraie connerie. Il suffit parfois de l'inattention d'un instant. Parfois on peut réparer, parfois non. Là, c'est irrémédiablement non. Dans ma tête c'était clair, il fallait veiller à bien mettre la courroie autour du cou. Seulement j'étais pressé de regarder au loin, car il m'avait semblé que… Alors j'ai saisi les jumelles posées sur la commode sans me mettre autour du cou cette fichue courroie. Et c'est arrivé. Une sensation de vertige peut être à cause du léger tangage et j'ai perdu l'équilibre. J'ai voulu me rattraper au chambranle par réflexe et j'ai lâché les jumelles. J'ai entendu distinctement le « plouf » et elles furent englouties par les flots.


J'en ai pleuré toute la nuit. C'était comme si tout espoir avait définitivement disparu. Cet espoir qu'enfin à l'horizon je verrai quelque chose surgir tout à coup de l'au-delà. Quelque chose qui ne pourrait porter une espérance faisant renaître une joie disparue depuis longtemps. Mais voilà, l'horizon s'était éloigné d'année en année et sans jumelles il devenait impossible de distinguer tout là-bas si une nouveauté s'en viendrait pour raviver la flamme de la vie.


Cela fait plusieurs années que je vis sur cette maison flottante au milieu de nulle part. Au départ, d'autres identiques  m'environnaient mais peu à peu elles se sont tragiquement éloignées. C'est vers les années 2090 qu'on avait commencé à construire les maisons flottantes. À cause de la montée des océans. Il fallut s'habituer au tangage et au roulis. Chacun finissait par acquérir le pied marin. Au moins on pouvait surnager. Les ingénieurs avaient conçu les trucs assez savamment. On était relié les unes aux autres, un peu comme des barges. Ainsi se présentaient les nouvelles villes. Certains bateaux classiques nous ravitaillaient grâce aux cultures qui se poursuivaient sur les terres émergées qui existaient encore çà et là. De toute façon la population mondiale s'était réduite drastiquement. Épidémies, noyades, suicides, sans compter les guerres fratricides, les émeutes sanglantes, et l'extermination décidée par L'Armée Suprême Internationale qui avait pris le pouvoir de la planète. Je me demande combien d'humains restaient encore sur terre ? Quelques centaines de millions sans doute guère plus.


Cela fait deux ans que je suis seul sur ma maison flottante. Toute ma famille a disparu la plupart de maladie, les autres se sont entre-tués. Moi j'ai survécu grâce à ma kalachnikov que fort heureusement je n'avais pas remise aux autorités.


Je suis devenu un vrai salaud. J'assume. On est prêt à tout pour survivre. Je pourrais en raconter des saloperies que j'ai vues se perpétrer pour un bout de viande, un poisson qui pue, un légume pourri, ou un verre d'eau saumâtre. Moi-même j'ai trucidé. C'est rigolo, parce que dans ma jeunesse j'étais un humaniste dans l'âme, un pacifiste convaincu. Avec le bazar mondial et le triomphe du chacun pour soi, je suis devenu un animal comme les autres obéissant désormais uniquement à mon instinct de survie, guidé par mon cerveau reptilien.


Pourtant ma maison flottante ressemble à un havre de paix. En apparence. Je l'entretiens correctement. J'ai dans la cave étanche de la nourriture pour encore très longtemps. Mon dessalinateur d'eau de mer fonctionne à la perfection grâce aux piles atomiques. Je n'ai rien d'autre à faire qu'attendre. Curieusement, je garde une sorte d'espérance que je ne sais quelle entité venue d'ailleurs amènera aux survivants dont je suis la félicité éternelle dont chacun rêve encore la nuit dans des songes prémonitoires. Je n'ai pas oublié que tout cela était inscrit dans les cieux. C'est inéluctable : un Sauveur se radinera un jour ou l'autre.


lundi 19 septembre 2022

Vie nouvelle

 



137ème devoir de Lakevio du Goût.


Ce monsieur, peint par Jackie Knott semble…
Semble quoi ?
Il est d’un sérieux papal, soit.
Mais encore ?
J’espère qu’on en saura plus lundi, grâce à nos efforts communs pour lire sa pensée.



Vie nouvelle


Nous avons fini par le retrouver assis dans le jardin de l'établissement. C'est tout juste si on l'a reconnu. Certes, ça faisait longtemps, mais on n'avait pas totalement oublié et même il arrivait qu'on se souvienne du temps de sa splendeur du temps où il faisait la une des journaux people et même de certains hebdomadaires politiques. Incroyable ! Ainsi la rumeur était vraie : l'épuration n'était pas encore terminée. Des parasites sociaux de l'ancien monde étaient encore en rééducation dans ce genre d'établissement.


On s'est dit qu'au fond, quelles que soient les personnes, ça faisait toujours des dégâts ce système nouveau.

— Quand je pense que c'est lui qui avait lancé une campagne de prévention comme quoi il fallait se méfier de ce qui allait nous arriver.

— C'est fou quand même ! Ai-je dit à mon ancienne secrétaire ma compagne dans le « Nouvel Ordre ». Elle a haussé les épaules. J'ai bien compris qu'elle s'en tapait comme de sa première dose de morphine.


J'ai ajouté :

— Tiens, et si on tentait de lui parler, les gardes ont l'air absent ! T'en penses quoi ?

Elle pensait de moins en moins. Réfléchir demandait trop d'efforts d'autant qu'il y avait maintenant les Nouvelles Sommités qui le faisaient à notre place dans tous les domaines. Disons-le clairement, ça repose de ne pas avoir à penser. Toutefois, obsédé par l'allure de ce type qui ressemblait de plus en plus à une sorte de mannequin déglingué qu'on aurait abandonné en espérant le passage des encombrants, j'ai cru utile d'ajouter :

— Est-ce que tu crois qu'il est encore capable, à l'occasion bien sûr, d'élaborer une idée personnelle dans sa tête et ensuite de l'exprimer avec des mots ?

Elle haussa de nouveau les épaules et  lacha :

— « Tu sais bien que ça ne sert plus à rien, puisque désormais on pense pour nous et que tout va bien. » Décidément elle aussi elle devait à présent être reprogrammée à plus de 85 %. Grave !


Je me suis dit qu'il faudrait de toute urgence que je trouve un miroir. Que je puisse me regarder dans son reflet. Je sais que c'était désormais interdit d'en posséder un et que les brigades XWK avaient ratissé toutes les villes et brisé tous les miroirs. Mais je voulais voir si je commençais à ressembler à ce type que j'admirais en son temps. On  disait qu'au MS (Marché Souterrain), on pouvait encore en trouver mais bien évidemment il fallait payer le prix fort. J'avais bien essayé de me regarder dans une cuillère, mais c'est tellement déformant que j'ai renoncé à persévérer.


Je me suis approché de la vieille célébrité sur le banc, avant que les Gardes de la pensée ne viennent le chercher. Il n'a pas bougé. Il gardait les yeux fixés sur la feuille cartonnée qu'il tenait en mains. J'ai contourné le banc pour voir ce qu'il lisait. Il y avait un titre : « Mode d'Emploi De Votre Nouvelle Vie Heureuse » puis suivait une série d'items :


N°1 : Répétez constamment dans votre esprit, le mantra : « ici je suis bien, ici je suis heureux »

N°2 : À chaque surgissement d'une pensée personnelle non encore éradiquée, prenez le pilulier dans la poche droite de votre uniforme noir. Choisissez un comprimé rose et laissez-le fondre sous la langue.

N°3 : Imprégnez-vous de la réalité nouvelle : Avant n'existe pas. Aujourd'hui vous êtes heureux grâce à nous. Demain ne sera pas là. »

N°4 :...........


C'est alors que j'ai vu à l'autre bout du parc arriver les gardiens.  Plus le temps de lire la suite. Nous nous sommes enfuis à toutes jambes. Ils ont crié de nous arrêter. Évidemment, nous avons continué à courir sans nous retourner.