Après mon escapade caniculaire en bord de mer, me voici de retour « at home ». Ce petit séjour dans un lieu que j'aime me laissera un souvenir à géométrie variable et quelques traces de transpiration qui partiront à la machine à laver.
Je vous passe l'épisode d'œdème magnifique qui faillit faire doubler de volume mes pieds de sorte que je ne rentrais plus dans mes godasses orthopédiques sans une bonne demi-heure d'efforts pour y parvenir. Ce fut délicieusement douloureux.
Heureusement qu'il y eut quelques restaurants et visites d'amis sympathiques. Rien de tel que se marrer un peu avec des gens pour se sentir moins mal.
Parfois j'étais comme Brassens :
je passais mon temps à contempler les cieux
à guetter les stratus, à lorgner les nimbus
à faire les yeux doux au moindre cumulus
Mais l'orage n'est jamais vraiment venu ou alors juste quelques minutes où la pluie n'a même pas réussi à mouiller toute la baie vitrée qui donne sur la mer.
Un ciel d'un bleu invariable, une mer d'un calme éprouvant, une chaleur accablante, des couchers de soleil réguliers et répétitifs donnant une dégradation uniforme du bleu à l'orange, c'est quasiment désespérant.
Mais où étaient donc les passages de nuages poussés par le vent (« prudence prend garde à ton chapeau) »), les moutons sur la mer, les passionnés de kitesurf, qui décollent comme des oiseaux de mer, les catamarans en délire, les champions du char à voile et leurs dérapages contrôlés sur le sable et autres spectacles délicieux du bord de Côte d'Opale.
Enfin bref, on s'est perfectionné au Scrabble.
Heureusement il y eut les nuits à la chaleur tolérable à regarder la mer, ou « se faire une digue », les lumières des bateaux au large, et celles des côtes anglaises qu'on continue à apercevoir au loin malgré le Brexit ! Il est vrai que je garde de ces instants une forme d'apaisement et de paix douce, au son du clapot répétitif des petites vagues qui venaient mourir sur le sable à la marée montante. Comme il n'y avait pas un souffle, elles produisaient curieusement un son amplifié, qui engourdissait nos esprits. Même pas besoin de fermer les yeux, l'obscurité ambiante permettait de s'embarquer pour un voyage chamanique.