Bon, tant pis, ce n'est peut-être pas bien d'agir sans permission, mais je le fais. Je recopie ci-après le billet de Désirée Thomé
Et aussi le commentaire que j'ai laissé.
Et ensuite, je complète avec le ressenti que ce texte a fait naître en moi.
—————————————
Je te salue Marie
*
Je te salue Marie, pleine de grâces,
toi qui a trouvé la force et le courage
parce que la mort était en retard
de sacrifier ce qu'il y avait de plus grand en toi:
ton amour pour ton enfant.
2016
Ultime don de Soi.
Marie H. hante mes pensées chaque fois que les indices sont mauvais, chaque fois que les preuves de l'effondrement de notre monde sont là, chaque fois que ceux qui vont bien veulent "briser le système", chaque fois que je ne parviens plus à percevoir la palpitation légère de l'espoir.
Même mes rêves sont remplis de toi...
Mon commentaire :
Rhalala ! C'est prenant ton poème !… Tu me sidères sans cesse par cette qualité. Et je t'assure que je suis sincère en disant ça. Je ne te lis jamais sans émotion.
Le don de soi… c'est peut-être cela l'espoir palpable. Cela me prend du plus profonde de coup, en te lisant.
Et s'il n'y avait plus que cela : le don de soi.
Il n'y avait plus que cela véritablement salvateur.
———————————————
Il y a la difficulté du temps, la situation du monde, celle de la France qui ressemble quelque peu à un bateau à la dérive, le gouvernail fendu, et plus grand monde qui tienne la barre… Ceux et celles qui voudraient s'emparer du gouvernail ont dans l'idée que le meilleur cap sera de nous diriger vers le triangle des Bermudes.
Il y a l'océan tempétueux où chacun tente de surnager dans sa propre barquette, désirant protéger les siens, et que les autres de débrouillent.
Dans le sauve-qui-peut, c'est forcément chacun pour soi. Comme si la solution égocentrique était non seulement la bonne, mais l'unique solution.
Il y a mes difficultés personnelles, les nuages blancs, gris ou noirs, qui passent au-dessus de ma tête et font de l'ombre à l'intérieur de moi.
Il y a mes amitiés qui partent vers les cimetières.
Il y a le texte de Désirée.
J’en mesure la force et la part de mystère. Je comprends sans comprendre. Dès lors ma réaction s'étend aussi ailleurs. C'est sans doute pour cela que sont remués au fond de moi mes propres sensations. C'est cela le signe d'une oeuvre poétique de qualité (enfin selon moi).
L'espoir, sa palpitation, celle qui ne cesse d'être au fond de moi, mais je peux m'en éloigner au point de ne plus la ressentir.
Lorsque j’y reviens, c'est toujours parce que m'arrive une sorte de générosité tournée ailleurs que sur moi-même. Ce sur quoi je peux mettre cette formule complexe et simple du « don de soi ». Formule complexe parce qu'elle a souvent pour synonyme, dans l'esprit de beaucoup, un concept de sacrifice. Et dans la société contemporaine, il ne faut jamais faire le sacrifice de quoi que ce soit, au risque de mettre en péril son « petit moi » auquel on tient tellement…
Et celui qui prétend trouver un certain bonheur dans le don de soi, passe pour quelqu'un qui devrait rapidement consulter un psychanalyste ou un psychiatre. Son « moi » est en danger !
Alors je vais être concret.
Hier j'ai reçu une série de photos de quelqu'un qui m'est proche et qui m'est cher. Les photos illustrent son engagement nouveau pour « une cause qui en vaut la peine ». Pour la réussite naissante de celle-ci il a fait certains sacrifices. Comme je ne suis pas totalement étranger à cette aventure, par l’apport d’un certain soutien, il me dit qu’il est heureux de me les envoyer.
Et moi, bêtement, j'ai ressenti un grand bonheur intérieur, une réjouissance et cette sorte d'immense toute petite espérance que ce fameux « monde meilleur » et là, à côté de moi, à portée de main.
Car au fond, pour lui, autant que pour ma petite participation, c'est une aventure du don de soi à autrui dont il est question. Quelque chose qui procure du bonheur à un petit ensemble d'humanité. Évidemment l'objectif n'est pas le bonheur, c'est juste un petit fruit. L'objectif c'est l'engagement, la transpiration qui va avec, les soucis, la logistique et quelques autres choses encore. Dont l'argent, forcément…
L’intégralité du billet de Désirée me conduit à ce petit temps de retour sur expérience, et de me dire que rien n'est jamais perdu en ce monde et que tout peut concourir à sa réussite, même les échecs, même des situations aux allures désespérées. C'est lorsque ces situations sont considérés comme désespérantes et qu'on baisse les bras. Alors on est véritablement en péril.
Fort heureusement les sursauts salutaires restent toujours à portée de mains.
À portée de cœur. À portée de transpiration.





