mardi 22 novembre 2016

Il suffit de presque rien…

Bon, tant pis, ce n'est peut-être pas bien d'agir sans permission, mais je le fais. Je recopie ci-après le billet de Désirée Thomé

Et aussi le commentaire que j'ai laissé.

Et ensuite, je complète avec le ressenti que ce texte a fait naître en moi.

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Je te salue Marie
          *

Je te salue Marie, pleine de grâces,
toi qui a trouvé la force et le courage
parce que la mort était en retard 
de sacrifier ce qu'il y avait de plus grand en toi:
ton amour pour ton enfant.

2016

Ultime don de Soi.


Marie H. hante mes pensées chaque fois que les indices sont mauvais, chaque fois que les preuves de l'effondrement de notre monde sont là, chaque fois que ceux qui vont bien veulent "briser le système", chaque fois que je ne parviens plus à percevoir la palpitation légère de l'espoir.

Même mes rêves sont remplis de toi...

Mon commentaire :
Rhalala ! C'est prenant ton poème !… Tu me sidères sans cesse par cette qualité. Et je t'assure que je suis sincère en disant ça. Je ne te lis jamais sans émotion.
Le don de soi… c'est peut-être cela l'espoir palpable. Cela me prend du plus profonde de coup, en te lisant.
Et s'il n'y avait plus que cela : le don de soi.
Il n'y avait plus que cela véritablement salvateur.

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Il y a la difficulté du temps, la situation du monde, celle de la France qui ressemble quelque peu à un bateau à la dérive, le gouvernail fendu, et plus grand monde qui tienne la barre… Ceux et celles qui voudraient s'emparer du gouvernail ont dans l'idée que le meilleur cap sera de nous diriger vers le triangle des Bermudes. 
Il y a l'océan tempétueux où chacun tente de surnager dans sa propre barquette, désirant protéger les siens, et que les autres de débrouillent.
Dans le sauve-qui-peut, c'est forcément chacun pour soi. Comme si la solution égocentrique était non seulement la bonne, mais l'unique solution.

Il y a mes difficultés personnelles, les nuages blancs, gris ou noirs, qui passent au-dessus de ma tête et font de l'ombre à l'intérieur de moi.
Il y a mes amitiés qui partent vers les cimetières.

Il y a le texte de Désirée.
J’en mesure la force et la part de mystère. Je comprends sans comprendre.  Dès lors ma réaction s'étend aussi ailleurs. C'est sans doute pour cela que sont remués au fond de moi mes propres sensations. C'est cela le signe d'une oeuvre poétique de qualité (enfin selon moi).

L'espoir, sa palpitation, celle qui ne cesse d'être au fond de moi, mais je peux m'en éloigner au point de ne plus la ressentir.
Lorsque j’y reviens, c'est toujours parce que m'arrive une sorte de générosité tournée ailleurs que sur moi-même. Ce sur quoi je peux mettre cette formule complexe et simple du « don de soi ». Formule complexe parce qu'elle a souvent pour synonyme, dans l'esprit de beaucoup, un concept de sacrifice. Et dans la société contemporaine, il ne faut jamais faire le sacrifice de quoi que ce soit, au risque de mettre en péril son « petit moi » auquel on tient tellement…
Et celui qui prétend trouver un certain bonheur dans le don de soi, passe pour quelqu'un qui devrait rapidement consulter un psychanalyste ou un psychiatre. Son « moi » est en danger !

Alors je vais être concret.
Hier j'ai reçu une série de photos de quelqu'un qui m'est proche et qui m'est cher. Les photos illustrent son engagement nouveau pour « une cause qui en vaut la peine ». Pour la réussite naissante de celle-ci il a fait certains sacrifices. Comme je ne suis pas totalement étranger à cette aventure, par l’apport d’un certain soutien, il me dit qu’il est heureux de me les envoyer.
Et moi, bêtement, j'ai ressenti un grand bonheur intérieur, une réjouissance et cette sorte d'immense toute petite espérance que ce fameux « monde meilleur » et là, à côté de moi, à portée de main.

Car au fond, pour lui, autant que pour ma petite participation, c'est une aventure du don de soi à autrui dont il est question. Quelque chose qui procure du bonheur à un petit ensemble d'humanité. Évidemment l'objectif n'est pas le bonheur, c'est juste un petit fruit. L'objectif c'est l'engagement, la transpiration qui va avec, les soucis, la logistique et quelques autres choses encore. Dont l'argent, forcément…

L’intégralité du billet de Désirée me conduit à ce petit temps de retour sur expérience, et de me dire que rien n'est jamais perdu en ce monde et que tout peut concourir à sa réussite, même les échecs, même des situations aux allures désespérées. C'est lorsque ces situations sont considérés comme désespérantes et qu'on baisse les bras. Alors on est véritablement en péril.


Fort heureusement les sursauts salutaires restent toujours à portée de mains. 
À portée de cœur. À portée de transpiration.

dimanche 20 novembre 2016

À droite, ils sont primaires…

Une  Bien Belle Brochette !
Hier, et encore ce matin, j'ai fait mon devoir de bon citoyen.
J'ai examiné attentivement les programmes de ces messieurs et de la dame de droite qui se sélectionnent aujourd'hui. Oui je sais, c'est méritoire. J'espère que vous allez me manifester toute votre admiration !
J’ai étudié les programmes de nos sept loustics (supplément du Monde )
Je me suis attardé sur les trois du groupe de tête.
Évidemment,  c’est très droite de chez droite… Normal !
le problème c’est qu’en se fiant à leur seul programme,
je me demande si le moins pire n’est pas Sarkozy !
Juppé gouvernant par ordonnances sitôt élu, (Dictateur, me  voici !), supprimant les CDD, c’est pas vraiment le pied ! (font ch…. ces salariés qui veulent garder un boulot !), le CDD pourras être cassé pour « raison légitime de l’employeur »….. pas difficile à trouver ça : la raison légitime !
Quant à Fillion… C’est le très grand libéralisme triomphant avec des sacrifices énormes à faire… par les plus pauvres… évidemment !…
Le pauvre et le chômeur étant les 2 plaies françaises, qui coutent trop cher à la société, c’est donc  eux qui doivent payer. Le prix étant la forte diminution, voire la suppression de toutes les aides qui les engraissaient jusque là ! 
Puis, moins de cotisations patronales (les riches sont méritants !), et en échange 2 point de TVA en plus pour tous !!

Avec lui, la France sera dirigée par lui et par son Ministre de l’Intérieur…… dont on se demande s’il n’absorbera pas le pouvoir Judiciaire ! Adios la séparations des pouvoirs, c’était trop révolutionnaire ça ! Le chef doit avoir tous le pouvoirs ! Il  commencera par mettre l’Administration pénitentiaire sous la responsabilité de l’Intérieur… les petits délinquants incarcérés pour grand excès de vitesse, vont devoir se suicider en masse !!

Finalement Sarko, avec ses blabla de charretier inculte, et ses discours abjects et démago,  finit pas apparaitre « light » avec ses petites référendums sur l’accessoire !
Mais, comme, viscéralement, je ne peux pas voter Sarkozy…
je ne suis pas dans la merde !

— Et avec tous ça qu’est ce que je vous sers ?
— Ben des bulletins de vote. 
Je suis donc allé à la « votation » en bravant la tempête ! — Bon alors ? Les sifflets d'admiration, ça vient ! 

Il n’est pas d’usage de dévoiler son vote… je te dis cependant, lecteur vénéré en qui j'ai placé toute ma confiance, comment j’ai procédé.
Le vote « utile » est parmi le trio de tête…
j’ai donc éliminé Sarkozy, évidemment.
J’avais en main  les deux autres bulletins. Comme c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet,je les ai tripotés à l’envers… puis j’ai glissé au hasard l’un des deux dans l’enveloppe.
En consultant celui qui me restait en main, j’ai su pour qui j’avais voté ! …. Et finalement c’est celui pour lequel j’avais  peut être le moins d’envie de vomir !

En rentrant chez moi, je me suis dit que tout cela était quand même bizarre. Voilà un scrutin non officiel, au sens qu'il n'est prévu dans aucun statut électoral national, et cependant il présente une importance majeure.
Ce qui me paraît évident, c’est que celui qui sera en tête ce soir sera le prochain Président de la république.
 Je suis assez d’accord avec l'article du Monde sur ce point.
Vers 22 heures ce soir, ce sera plié pour 2017 ! (celui qui sera en tête sera confirmé la semaine prochaine)

En effet, on n’échappera pas au scénario du pire en 2017 : Droite de chez droite / Droite extrême de chez extrême…. Vu la débandade lamentable de la gaaôôôche ! et leur extrême division, il est impensable qu’ils soient au 2° tour !!
Et comme tout le monde se rabattra vers le victorieux de ce soir, parce que globalement la France ne veut pas  une Présidence Marine  La Pine, … d'une certaine manière tout se décide aujourd'hui !
On n’est pas sorti de marasme français !


Merci Hollande de nous avoir trahi !

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Edit : lundi matin :
J'ai très bien dormi ! Pas vous ?
C'est bizarre, c'est un peu comme quand il a été éliminé la dernière fois notre bling-bling : j'ai ressenti un soulagement physique…
je remercie mes potes de gauche, que j'ai réussi à convaincre d'aller voter à cette primaire pour évincer définitivement celui qui faisait honte à la France.
Peut-être faut-il aussi remercier les bonnes grand-mères catholiques de droite qui ne voulaient pas non plus de notre futur repris de justice…
je me dis enfin que les juges peuvent se réjouir : ils vont enfin pouvoir passer à l'action judiciaire, sans avoir Sarko se défendant en criant au complot politique !
Carla en visiteuse de prison : ça va nous faire des souvenirs !

lundi 14 novembre 2016

Le Bataclan, après la musique...

Autant le dire, hier soir, lorsque ma compagne de vie a proposé que l'on regarde le documentaire d’Antoine Leiris suite aux attentats du 13 novembre, j'étais réticent. Encore un reportage sur ce drame… depuis quelques jours, et à juste titre, je le reconnais volontiers, l'actualité mémorielle nous abreuvait sur les horreurs de ce jour-là. Mais j’avais ce sentiment : trop, c'est trop !
Et puis, nous avons regardé.

Et là,, j'ai reçu en plein cœur une grande leçon d'humanité. La sobriété et la pudeur de ce reportage, tourné par Antoine qui fut victime indirecte, (le décès de son épouse), est d'une grande dignité. il donne à voir l'extraordinaire force humaine qui habite le cœur des femmes et des hommes. Sans occulter l'ampleur du malheur qui s'est abattu, ni le chemin difficile long et douloureux d'une reconstruction. Mais, était présente et manifestée la grandeur des êtres. Elle s'enracinait évidemment dans le texte qu’Antoine Leiris avait posté sur Facebook.

Le débat qui a suivi eut aussi son intérêt, même si l'animatrice ne fut pas suffisamment à la hauteur.
On a vu à la fois l'humain s'exprimer chez les « personnalités » invitées. Et aussi cette permanence de la « parole officielle » toujours à la limite de la langue de bois. Seule Christiane Taubira (mais je suis peut-être mauvais juge, appréciant beaucoup cette femme), fit relativement bien une synthèse avec justesse de ces deux dimensions : chaleur de l'humain, froideur de l'administration.

Mais ce qui restera majeur, ce sont les dialogues entre Antoine Leiris et les autres victimes qu'il a souhaité rencontrer pour dialoguer de leur vécu et de leurs évolutions, et aussi du processus de résilience en cours ou encore à venir. Sa lenteur et la nécessaire participation active de la victime.

Je n'ai pu alors m'empêcher de penser à toutes les personnes qui ont séjourné quelques heures, quelques longues heures parfois, souvent réitérées, dans le fauteuil du patient de mon cabinet de consultation. J'ai repensé à vous : V… ; J… ; R… ; S… ; L…, A… ; … et tant d'autres…
Personnes ordinaires ou quelque peu connues, victimes d'accidents de la vie, d’enfances dévastées, de traumatismes profonds, de viols, incestes et d'autres choses plus ou moins nommables. 
 J'ai repensé à vous que j'ai vu ressurgir des enfers intérieurs.
J'ai repensé à vous qui avez patiemment reconstruit, réparé ce que d'autres avaient cassé.
Je repensais à vous, à vos larmes, vos sanglots, la morve qui coulait du nez, les rimmels qui dessinaient sur vos joues les rigoles du désespoir.
J'ai repensé à vous, vos éclats de rire, vos espoirs retrouvés, vos renaissances inespérées, dont moi-même, je l'avoue, j'avais parfois douté qu'elles s'en viennent.
J’ai repensé à vous, vos merci chaleureux, mais c'est à vous-même qu'il faut que vous vous les adressiez en premier. Et c'était aussi à moi de vous remercier d'être témoin de la générosité fondamentale de l'existence envers chacun, bien au-delà des traumatismes ; pour ce surgissement des trésors intérieurs qui habitaient vos âmes.

J'ai repensé à moi, à tout ce chemin de ma propre reconstruction, de ce corps délabré qui pourtant continue à me porter voire me supporter. De mon psychisme au bord de l’implosion, de ma tendance subsidiaire à 20 ans.
J'ai repensé à moi, et à la gratitude dont je suis redevable envers toutes celles et ceux qui ont accompagné et accompagnent toujours ce chemin d'existence. 

Alors m'est revenu ce texte de mes « 120 pensées plongeantes »

*

75. Libération

Je viens de très loin. — J'arrive de ces contrées lointaines de l'enfance. J'ai traversé des brumes épaisses, de celles qui font peur, parce que l'on se souvient des jours de perdition dans l'épais brouillard. Je suis là, au creux de la paupière, prête à m'écouler. Je suis une larme du souvenir qui surgit tout à coup. Quand on ne s'y attend pas.

Ah ! Vous aussi vous me reconnaissez ?
Cela vous est arrivé de me voir surgir au détour d'une scène banale, sur un écran de télévision, alors que vous regardiez distraitement, tout à coup, vous voilà saisi, sans comprendre, parce que je suis apparue. — Les larmes aux yeux. Vous avez les larmes aux yeux. — Je suis celle qui témoigne de vos souvenirs enfouis, gardienne de votre mémoire défaillante.
Vous clignez de l'œil. Et je commence à m'écouler sur votre joue, pour une lente descente que vous pourriez interrompre d'un revers de main. — Mais voilà, votre visage s'emplit de l'émotion qui vous saisit. Il vous faut me laisser couler jusqu'au bout si vous désirez vous libérer.
Tapie au fond de vos ventres, et de vos cœurs, vous m'ignoriez encore il y a un instant. Mais désormais je suis là, et d'autres larmes derrière moi n'attendent que votre permission pour surgir à leur tour. 
Laissez-moi vous libérer de ce nœud qui vous serre.
Laissez votre visage s'envahir de pleurs,
laissez vos rides naissantes devenir rivière d'une eau de vos profondeurs insoupçonnées.
Je viens de très loin.
Je suis un chagrin qui s'écoule.
N'allez pas mettre votre visage ainsi devant le miroir, regardez plutôt à l'intérieur de vous-même, derrière ce masque que vous portiez jusque-là — Mes larmes sont là pour ôter la peinture de vos déguisements inutiles.
Je viens de très loin.
Je suis une larme qui vous sauve.


jeudi 10 novembre 2016

Possession et confiance

« en ce temps-là », comme disait alainx à ses disciples…
… j’étais crédule
Un mot m'était promission
Et je prenais les campanules
Pour les fleurs de la passion

Non, ça c’est Aragon.

En ce temps-là, j'étais possessif comme il n'est pas permis de l'être. Une vraie sangsue affective. Le pire, sans doute, était que je n'en avais nulle conscience. Mon avidité dévorait tellement ma capacité à prendre un recul… que je n’en avais donc aucun.

Moi qui rejetais le plus loin possible une mère avide et possessive à l'extrême, qui me serrait contre son corps adipeux et qui sentait mauvais, jusqu'à m'en étouffer ; voilà que je vivais la même avidité envers « Elle » sans même m'en apercevoir. Elle n'avait pas de bourrelets superfétatoires et sentait bon. Non, ce ne fut pas ma première petite copine, ni la deuxième, ni la troisième.
« Elle » c'était Mademoiselle Sanbont, une aide-soignante du Centre. On n’avait pas encore cette terminologie. En ce temps-là, c'était : « une Demoiselle du Centre », chargée de nous aider à la toilette, nous habiller, nous préparer, et accessoirement vider les pots de chambre, éventuellement nous faire manger dans une assiette ordinaire, mais non, pas dans un pot de chambre. Lorsqu’on a 11 ans, et qu'une Demoiselle du Centre, qui en a sans doute environ 25, vous assiste dans un corps redevenu proche de celui d'un nourrisson, vous ne devez pas avoir de difficultés à imaginer l'intense intimité que cela représente.

« Elle, je ne veux qu'elle » comme ne chantait pas encore Ringo, qui avait alors tout juste mon âge à l'époque. C'était chez moi obsessionnel. Je désirais le monopole de Mademoiselle Sanbont, pour habillage, déshabillage et pâturage… Lorsque c’était une autre, ou pire, un autre, je crisais. Je faisais tout pour que l'autre andouille soit obligé(e) de passer deux fois plus de temps que nécessaire. Et quand un handicapé veut faire chier sa race avec ce genre de choses, il a des ruses de Sioux. J'étais pas mal en indien à plumes ! 

Passer sa puberté au Centre de rééducation, c'est un peu comme franchir le mur que Donald va nous construire entre Mexique et les Staites .  Il y a d'un côté, indigence relationnelle entre les jeunes que nous étions et qui rêvaient que leurs bandaisons puissent servir à l’extérieur; et de l’autre côté, au-delà du mur du centre, sont les jeunes filles ordinaires et valides qui ne nous attendent pas à bras ouverts… du moins c'est ce que nous croyions. 
Pour ma part j'ai franchi ce mur en emportant les mêmes désirs de possession dans ma valise, sauf que j'ignorais qu'ils s'y étaient glissés.

Je vous passe les épisodes ou certaines jeunes filles avaient saisi tout l'intérêt de vérifier si un certain handicapé, qui marchait avec les jambes raides, était en capacité de raideur, ailleurs. Je les ai déjà racontés dans le passé.

Ce n’est pas véritablement de « posséder » ces demoiselles, au sens sexuel du mot, qui m'intéressait en premier, après que j'eus vérifié la possibilité qui en était offerte. Ce que je désirais le plus, c'était une exclusivité : « de l'amour, de l'amour, de l'amour, » comme nous serine encore le vieux Johnny. Je veux dire en recevoir, en recevoir, encore et encore. Et comme j'étais toujours relativement con, je pensais que j'en donnais encore et encore.
Il me semble bien que c’est dans ce contexte que mon premier soi-disant grand amour capota lamentablement.

C'est évidemment au cours de l'aide individuelle, que j'ai sérieusement commencée à la suite de cet épisode lamentable, que les prises de conscience naquirent. J'ai évidemment transféré à mort sur la femme que j'avais choisie comme aide. Et, tout aussi évidemment, elle engagea le processus de frustration, qui me fit beaucoup souffrir, et dont je ne cesserai de lui rendre hommage. Aujourd'hui, paix à son âme… c'est ainsi que je suis sorti de mon merdier de la possessivité. La frustration faisant apparaître la souffrance primale qu'il faut expurger dans les cris et dans les larmes.

J'ai alors compris que tout était une question de relation de confiance. Enfin pour moi en tout cas. Je ne veux pas en faire une généralité. Quand on désire posséder, c'est qu'on n'a pas confiance dans la générosité de l'amour de l'autre. Les est-ce que tu m'aimes ? répétés jusqu'à plus soif, et l'affection sans cesse revendiquée en sont les signes. 
S’ajoute évidemment le fait évident qu’on n’a pas non plus confiance dans sa propre aptitude à aimer.
Le désir de plaire, c'est-à-dire d'attirer l'attention, le désir de paraître bien sous tous rapports, et accessoirement pour tout rapport, c'est-à-dire faire croire qu'on est un miel qui attire l'abeille, et toutes ces sortes de forfaitures pour acquérir de l'amour, c'est une erreur magistrale et totale. J'en pris conscience avec toute l'amertume en bouche.

Il est probable qu’ainsi j'ai payé le prix de ma libération intérieure. Certes, elle ne peut jamais être totale, ce serait idiot de le croire. Mais elle a pris une ampleur suffisante au fond de moi, qu'il devient impossible de la déloger. En tout cas, c'est ainsi pour moi jusqu'à ce jour. Et je veux bien admettre que j'ignore de quoi demain sera fait.

Demain ce sera le 11 novembre. Anniversaire du jour où je ne me suis plus relevé valide.  Il y a un certain nombre de décennies en arrière, je fis la connaissance des « Demoiselles du Centre ».
Les prémices d'une libération des emprises néfastes… 

Comme quoi ce n'était pas si bête de choisir un jour d'armistice.

mardi 8 novembre 2016

nuit de chine....

Aujourd'hui ça a l'air vieux mais…
 (Le Queneau du jour, sans les contraintes qu’il impose…)

« Nuit de Chine, nuit câline »
C’est ce que chantait sa mère au temps de sa jeunesse. C'est dire si ce n'était pas d'hier.
Mais elle préférait nettement les nuits de chine, dans ces quartiers cosmopolites, où elle venait courir quelques risques à lampe de poche. Il y avait là le monde interlope qui l’avait toujours fascinée, avec ses petits trafics et ses magouilles à la petite semaine. 

Lui savait que dans la pénombre il n'était pas difficile d'alpaguer la bourgeoise avec des pâles vessies vendues pour des lanternes.
Elle s'était arrêtée devant une encoignure, qu'évidemment elle avait lorgné en coin. Dès que le regard est porté plus que quelque secondes,  lui, le brocanteur, le considère comme insistant. Il s'approcha qu'elle :

— C’est en marqueterie d'époque Napoléon.
— Ah ! Si ancien que ça ! s’exclama la bourgeoise.
— Mais oui madame ! Voyez d'ailleurs le prix. Pour un meuble de ce style, 5000 €, c'est donné ! Vous devriez vous décider tout de suite, il va partir dans les minutes qui viennent. C'est certain. Je viens juste de le déballer.
— C’est quand même cher ! argumenta la bourgeoise.
— Bon, c'est bien parce que c'est vous, je vous le laisse à 4 600 €. Croyez-moi vous fait une excellente affaire.

La bourgeoise, au bras de son amant du moment qui regardait ailleurs continuait d'hésiter.
C'est alors qu'une autre lampe de poche éclaira l'encoignure. La bourgeoise remonta le bras depuis la lampe de poche jusqu'au visage qu'elle découvrit comme étant celui d'un homme entre deux âges et d'une grande beauté élégante, vêtu d'un pardessus des années 50 et d'un feutre du plus bel effet. L'homme s'accroupit avec autant d'élégance et scruta le petit meuble d'encoignure attentivement dans tous ses détails. Puis il se releva et murmura à l'oreille de la bourgeoise.
— Ne vous faites pas arnaquer chère Madame, c'est une vulgaire copie récente. Pas très bien réalisée d’ailleurs. Je ne serais pas étonné que l'on trouve quelque part au dos d'un tiroir une estampille du genre « Made in china. »

La bourgeoise, qui n'était pas bête, loin de là lui rétorqua aussitôt dans un grand sourire enjôleur : 
— Ah oui, je vois. C'est donc ça la Chine…


samedi 5 novembre 2016

Clitoris, mon amour…

Madame la Sous-directrice des Établissements Scolaires de la Ville de Paris, n'aime pas le petit bouton de la porte d'entrée des plaisirs féminins, vulgairement appelé « clitoris ».

(Source : France Inter, libération, actualité du livre, etc.)

Elle vient de faire connaître à tous les établissements sous sa responsabilité, que l'abominable livre sulfureux dénommé : « Dictionnaire fou du corps »  de Katy Couprie aux éditions Thierry Magnier, devait immédiatement être  censuré et soustrait à la vue des enfants, qui sont la pureté même, et ne peuvent bien évidemment avoir connaissance de toutes ces turpitudes sexuelles que rend possible ce petit bouton de la porte d'entrée.

Observons toutefois que ce Dictionnaire (sorti en 2012)  a été largement salué par la presse, récompensé par la pépite du livre OVNI du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, et par le prix international Bologna Ragazzi Awards à la foire de Bologne. L’auteur a également reçu une bourse du CNL pour la création de ce livre. 

Madame la Sous-directrice des Établissements Scolaires de la Ville de Paris a réfléchi durant quatre longues, longues, années, de 2012 à 2016, avant de prendre position sur le sujet … position sur le sujet… je ne sais si l’expression est la mieux choisie en l'occurrence… peut-être devait-elle expérimenter longuement la chose au préalable.

Est-ce que vous vous rendez compte de l’horreur absolue de tout ça ? Je veux dire de tous ces prix absolument illégitimement obtenus. On suppose que l'auteur et son éditeur ont dû magouiller en coulisse pendant des semaines et des semaines pour faire accepter ce bouquin qui parle de clitoris !
Mais quelle horreur, mon Dieu quelle horreur !
Et s’il ne s’agissait que du clitoris… mais on y trouve aussi vulve, pénis, vagin, spasme, sperme, et autres mots d’une vulgarité absolue.

L’éditeur a tellement été surpris qu'il a cru qu'il s'agissait d'un gag, d'une farce, d'un truc comique, d’un mail envoyé par un de ses potes pour faire rigoler toutes la maison d'édition. Mais non ! L'éditeur a vérifié auprès de la mairie. Ce mail est une réalité, il a effectivement été envoyé partout.
Il semblerait que Madame la Maire de Paris n’ait pas réagi. Sauf à s’emmêler les pinceaux en disant qu'il ne s'agissait pas d'une censure, mais d’un simple vague conseil.

On peut donc se rassurer sur l’absence de risques de constats des plaisirs de la chair dans les couloirs et/ou bureaux, de la Mairie de Paris, sans oser nommer les toilettes. Vous me direz que ce n'est que normal, le lieu de travail n’étant pas l’endroit idoine pour la chose, je veux bien vous le concéder, car seul le lit conjugal permet d'ouvrir la porte.
On suppose donc que dans les bureaux et couloirs de la mairie de Paris,  tout est calme, normal, sans petits cris sulfureux, et sans rien qui puisse laisser entendre que ce petit bouton de porte aurait pu servir à l'occasion à ouvrir des  endroits secrets.

Nous savons désormais que les petits enfants parisiens sont à l'abri de toutes ces choses horribles et sulfureuses concernant le corps, la chair, et j'en passe. Certes, on ne fait pas grand-chose pour les protéger des attentats terroristes… mais cela ne peut pas être une priorité au regard des bonnes mœurs à protéger en toutes circonstances.

Mais je vous laisse avec François Morel qui a parlé de tout cela bien mieux que moi :


jeudi 3 novembre 2016

Aujourd'hui, ma vie est un roman.

Comme je vous le disais il y a peu j'avais reçu la visite subreptice n'a nommé Charles, pénétrant dans mon cerveau, pour me raconter qu'il n'avait pas vraiment de maison de son enfance, et que cela avait marqué son existence jusqu'à présent. Allez lire là-bas si vous voulez savoir tout ce qu'il avait commencé à me raconter.
Le problème avec les personnages, c'est que ça va ça vient, et mon fameux Charles, je me demande s'il n'est pas en train de s'enliser dans sa propre vie.

Il faut dire que je suis allé visiter une « fabrique un personnage » il y a peu de temps. Un atelier en réalité. Que certains appellent « d'écriture ». Là, on m'a montré une batterie d'outils genre crayons, stylos, feutres, et autres choses du genre, destinée à sculpter l'ébauche d'un personnage qui pourrait être le principal de la construction romanesque à envisager..


Armé de cela, chacun est parti en voyage dans son imaginaire à la recherche dudit personnage. Pas si facile que cela à fabriquer, il faut bien le reconnaître. Il faut passer chez le visagiste, le coiffeur, le tailleur, la manucure si c'est une Madame, et, dans ce cas là, au moins trois fois chez le coiffeur, cinq fois dans une boutique de vêtements, et au mois douze fois dans une boutique de chaussures. Ensuite, on l'emmène chez le psy, histoire de voir à quoi ressemble son psychisme, s'il a des déviances, des manies, s'il est borderline ou rangé des voitures, s'il ressemble à Monsieur ou Madame tout le monde ou s'il a une tête à claque, ou à faire tomber n'importe qui de l'autre sexe qui passe à sa portée. Et croyez-moi, chez le psy c'est assez compliqué. Ensuite il a fallu contrôler ses études, vérifier son CV, savoir où il travaillait, dans quel environnement, avec qui. S'il était marié, veuf, célibataire, coureur de jupon, homosexuel, bi ou tri sexuel, ce qu'il préférait chez l'autre sexe ou chez le même, s'il avait fait des gosses ou pas, si on entendait le faire mourir rapidement, ou faire des vieux os, si c'était un sage, un érudit, ou un type qui sait à peine compter sur ses 10 doigts et signe ses courriers avec une croix.
Par ailleurs, il faut passer voir la police. Et ça, ça demande quand même des relations. Est-ce qu'il a un casier judiciaire ? Est-ce qu'il a fait de la tôle ? Bref ! La galère…

Moi, vous me connaissez, toujours sage et obéissant, j'ai commencé à construire le truc après m'être demandé s'il valait mieux choisir un monsieur ou une madame. Finalement j'ai opté pour le masculin. Je me suis dit que c'était plus facile à mettre en scène s'il avait un service trois pièces plutôt qu'une fente au bon endroit. Bon ! Parait que faut pas faire trop dans le trivial dans ce genre de mise en scène… donc considérer la phrase précédente comme retirée.
Dont acte.

Puis, évidemment donnons-lui un environnement.
Le mien vivait à la campagne. Il m'a raconté qu'il était le fils d'un pauvre paysan. En réalité, après ma petite enquête, j'ai découvert qu'il n'en était rien. Son père exploitatait je ne sais plus combien d'hectares du côté de la Champagne. Il m’avait caché ça le bougre.
Je lui ai passé la savonnette où il fallait, disant : il ne faut jamais mentir à son auteur !
Re–dont acte, qu’il m’a dit.
Du coup je me méfie du personnage. Et ça c'est gênant.
Parce qu'il va falloir faire bon ménage avec ce dernier. Je dirais même qu'il me faudra de la sympathie pour lui, sinon, comment voulez-vous que je le pénètre. Enfin… c'est une manière de dire… n'allez pas imaginer je ne sais quoi. J'ai dit que je ne ferai pas dans le trivial !

D'après ce qu'il m'a dit, mais je n'ai pas encore vérifié auprès de l'État civil : il s'appellerait Aurélien Martin. Un type assez ordinaire probablement. Quoi que, si on pense à feu Jacques Martin, l'animateur bien connu, qu'on plongea tout de suite dans l'oubli après sa mort, il ne serait pas si couleur de murailles que ça.
En revanche, Aurélien, ça vous a quand même un petit côté empereur romain pas désagréable.
Faudra voir !
Il m'a aussi indiqué qu'il avait fait des études supérieures : supérieures à quoi ?

Je suis en train de me demander si je ne vais pas avoir aussi des difficultés avec cet Aurélien, comme j’en ai eu avec Charles.
Je me demande dans quel bazar cette bande de personnage va m’embarquer.
Et je ne vous ai pas encore parlé de Gonzague, Gaétan, Malik, Julie et Amandine.
Ça promet !

Il y a du monde qui est débarqué chez moi.