Accueil

vendredi 30 octobre 2015

Chair mer,



Me voici de retour en bord de mer. Deux mois sans elle et déjà elle me manque.
Quel que soit son état, je la trouve toujours belle, comme on apprécie l'amante quand l'amour chaque jour se renouvelle.


Elle a les yeux vert-de-gris et l’écume blanche de sa bouche dévorante m'attire irrésistiblement. Le ciel qui la regarde est d'un bleu appuyé, comme s'il allait découvrir sa nudité.

Le soleil se fait timide, lui qui tout l'été n'eut de cesse de la réchauffer. Ce soir, c'est pourtant lui qui ira l’embrasser. Nous assisterons au spectacle rouge et jaune, à moins qu'il ne préfère se dissimuler derrière un nuage, nous laissant à nos rêves jusqu'à demain matin.

Il y a peu de gens sur la plage. Quelques téméraires sont dans l’eau. Ici nous n'avons pas la peau tannée par le soleil, mais le cuir tanné et  tendre à la fois des gens du Nord qui ne craignent pas le vent frais. Et, c'est bien connu, on a dans le coeur le soleil qu'on n'a pas dehors (poncif : sortez des rangs !…)

T’aleur, nous avons arpenté la digue : 4 km. Ici j’aime. Pourtant le froid finit par pénétrer les couches successives de mes vêtements adaptés. Mes compagnons de balade avaient presque chaud. Mais en fauteuil roulant, même électrique, il n'y a pas encore de chauffage… Et quand en plus on n'a pas beaucoup de muscles… La chaleur s'enfuit rapidement… Et pourtant j'aime ça… ici ....

Cela pourra peut-être paraître curieux, mais les quelques expériences que j'ai de la mer Méditerranée, ont eu plutôt tendance à me déprimer. Respirer l'odeur des diesels plutôt que les senteurs du large, supporter la foule compacte, plutôt que les grands espaces de mes plages infinies, et d'autres choses du genre : je me suis enfui !…
Nous en parlions ce midi au restaurant, avec une amie en visite, qui partageait ce même type de sentiments. 
— « Le sud c'est pas pour nous », disait-elle… 
— « On revient toujours auprès de ses racines », ai-je répondu.

Loin de moi l'idée de comparer, je suis certain que des méridionaux nous diront qu’ils détestent ces plages froides, tristes et sans vie…  D'ailleurs, et fort heureusement, ils ne viennent pas jusqu'à chez nous, et les sketches de Dany Boon sur les plages du Nord  ont le mérite par les conforter dans leur non-projet. Ouf ! L’envahissement n’est pas pour demain…

photo perso

mardi 27 octobre 2015

On est en finale !

On est en finale ! ♫ 

On est en finale ! ♫ 

On est  .. on est ... On est en finale ! ♫ 



Ce jour-là, il n'y aura plus personne…
…. Disons, ce sera comme si plus personne n'était là

Ce jour-là, tout s’éparpillera par lambeaux…
… Disons, la cervelle flottera au vent tel un vieux drapeau qui s’effiloche.

Ce jour-là, tourneront dans le brouillard des yeux, des têtes inconnues   
… Disons, la vie sera déjà éloignée.

Ce jour-là, un spécialiste se penchera au-dessus du corps
… Disons, c'est son métier d'en finir avec les finissants.

Ce jour-là, elle se tiendra en silence, en retrait, encore proche mais déjà lointaine.
… Disons, on avait pensé que ce serait ainsi.

Ce jour-là, la perception sera infime, peut-être un léger frisson au creux du bras
… Disons,  désormais il n'y aura de suite nulle part.



jeudi 15 octobre 2015

on dirait que....

il y a aussi une consigne fondée sur le principe de 100 mots
Le thème était :
"On dirait que … mais Non"
j'ai pondu mon texte... (cot-cot)
Une amie qui a aimé, me dit que je devrais le publier sur mon blog.
Pourquoi pas…

-------------------------------------------



On dirait que ça ressemble à une déchéance, mais non, c’est pire. Passe encore la vieillesse, perdre la tête, qui n’est plus sur les épaules. Mais où est-elle ? Passe encore le nanti déchu, pris les pieds dans la magouille. Passe encore le politique, c’est son métier de déchoir une fois élu par un peuple infantile réclamant son biberon de prospérité. Mais, on n’offre rien au peuple, on l’achète à coup de promesses, et tout finit dans les poubelles de l’histoire.
Demander à vivre décemment, quelle erreur ! 
Entrez dans l’histoire par la porte de la déchéance. 
Délicieuse ironie des sans-plus-rien.


101 mots

lundi 12 octobre 2015

où on se remet à Queneauter


---------------------------------------

Aujourd'hui pas bien rangé.

Est-ce que j’ai l’air de quelqu’un de bien rangé ? Ça viendra suffisamment vite d’être bien rangé dans l’allée du cimetière.
Ici je suis sans cesse dérangé. Je n’ai plus toute ma tête.
Mail, biniou, cheveux dépeignés.

 « Bien mal rangé ne profite jamais » dit l’adage véhiculé par les petits fonctionnaires à fichiers.
-- « Ce soir on a très mal rangé » chez les Durabielle-Cétromou. Repas d’un foutoir indescriptible. Et donc faudra vous dépatouiller pour l’imaginer.
Ils ont cependant bien rangé l’imagination au fond de la Bibliothèque à vertus, qu’elle ne puisse servir à personne.

100 mots


vendredi 9 octobre 2015

NASA versus nausée….

(La NASA publie des centaines de photos de la mission Apollo 17 - 1972 — La dernière Mission du programme spatial Apollo. —  Images en haute définition et en couleur.
Les regarder m'a inspiré ce qui suit).







Ils partirent quelques-uns, et il n'y eut point de prompt renfort en arrivant au port.
Le goût de tout connaître et de tout savoir tenait lieu de Graal contemporain.
Le sang du Christ coulait-il dans leurs vaisseaux spatiaux ?
Le Graal devait leur donner la vie éternelle. 
Eux, il cherchaient les origines éternelles de la vie.






Ils trouvèrent poussières et désolation.






Qu'importe, ils avaient niqués les ruskofs.




Ainsi, elle était là la réalité.
Nous venions d'une explosion de poussières grises.

Il était sans doute là le miracle.
Cette poussière d'où nous venions, un alchimiste avait réussi à en faire surgir la vie.
Et nous allions y retourner à cette poussière originelle.







Plus de 40 ans après la dernière visite lunaire, reconnaissons que nous avons bien  progressé pour ce qui est de saccager la planète. 
Nous sommes habiles et pressés !
Pressés d'en finir.
Pressés du retour vers le futur que nous avions tenté vainement de rendre présent.


Dans pas bien longtemps, les chefs d'État vont bavasser et bavasser encore à Paris.
Sûr qu’ils seront contents.
On sortira un magnifique rapport de synthèse avec des lettres d'or sur la couverture et des graphiques multicolores à intérieur.
C'est beau un rapport!
Ça ne se lit pas, ça se contemple… ça se montre aux cameras du monde entier, avec des sourires béats de contentement et des congratulations réciproques, à  coups de longues poignées de main et de tapes dans le dos. 

Et puis, quand on rentre dans son pays,  un beau rapport : ça se glisse au fond d'un tiroir.

— Bon alors ! On en construit combien cette année des centrales à charbon ?
On a bien le droit. On est un pays pauvre. C'est à notre tour à présent.





Elle était pourtant belle cette

 Planète 

Unique …


mercredi 7 octobre 2015

Arrivée...

Il est arrivé….
Enfin.
Depuis le temps qu’ils espéraient voir aboutir leurs démarches.
C’est tellement long, semé d’embuches.

Adopter un enfant.
L’amener jusqu’à sa vie d’adulte et au-delà.

La fille de nos voisins d’en face.
Celle qui fut copine d’enfance et de jeux de nos filles et qui, avec son mari, depuis de longues années, désespérait de ne pouvoir procréer, malgré les efforts de la médecine.

Je n’ai jamais vu ma voisine si heureuse d’être grand-mère, enfin…. Elle qui a parfois tendance à déprimer et dont le mari prend soin autant qu’il peut.

Grand évènement au milieu de nos petites vies….

Alors j’ai pensé à Cabrel….
chantant « Mademoiselle l’Aventure »
où il parle de la mère de sa fille, Thiu, qu’il a adoptée en 2004.