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lundi 25 mars 2024

En mai fais ce qu'il te plaît

 

189ème Devoir de Lakevio du Goût.



Ce vendredi nous sommes le 22 mars.
Ce fut un moment important pour moi.
Mais pas que pour moi.
Mais pour vous ?
Je suis sûr que nombre d’entre vous se rappelle quelque chose d’un 22 mars.



En mai fais ce qu'il te plaît


Lorsque j’ai pris connaissance de la consigne et de l’illustration j’ai eu immédiatement la sensation d’avoir des souvenirs de vieux soixante-huitards. Le gars qui raconte mai 68 à ses petits-enfants qui n’en ont rien à cirer ! Ils pensent sans le dire, pour pas froisser le vieux, qu’on s’est gavé pendant les 30 glorieuses et qu’à présent on leur laisse une planète en ruine et qui sent la pollution à plein nez.


Je n’ai plus grand-chose à dire sur cette époque là. J’ai passé le bac rien qu’en oral, j’ai frôlé la mention très bien, normal, j’ai toujours eu pas mal de bagout à l’oral. Ensuite on est parti en vacances dans le Cantal. Puis la rentrée universitaire où on organisa des chahuts remarquables, et certains déclenchaient de belles bagarres avec les types d’extrême droite. 


Mais le plus sympa fut la rencontre d’Éliane au Resto U. 

On a rapidement confronté nos points de vue révolutionnaires.

De plus Éliane était forte en révolution mathématique. Elle ne tarda pas à m'apprendre que 1 + 1 = 1 au cours de leçons très particulières dans sa piaule.

Moi je n'avais pas mauvaise mémoire pour retenir les slogans à la mode.

Nous n'avons pas tardé à mettre tout cela en pratique comme le recommandait Mao dans le "Petit livre rouge", du genre « Si tu veux prendre un bain commence par construire ta baignoire. »


Ensemble nous avons appliqué religieusement les slogans à la mode concernant les nouveaux jeux de l'amour :


— Jouissez ici et maintenant

— Plus je fais l'amour, plus j'ai envie de faire la révolution. Plus je fais la révolution, plus j'ai envie de faire l'amour.

— Je jouis dans les pavés.

— Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil.

— Vivez sans temps mort, jouissez sans entraves.


Hélas l'inspiration finit par se tarir et Éliane alla s'abreuver de grand air sur le Larzac.


Et vous savez le plus désespérant ?

J’ai appris quelques années plus tard qu’Eliane avait épousé … un CRS !








lundi 18 mars 2024

Souvenirs et délires

 

188ème devoir de Lakevio du Goût


Pourquoi cette salle est-elle aussi déserte ?

Pourtant on dirait bien qu’il y a peu quelqu’un était dans cette salle, Il a laissé des saletés par terre.

Que s’est-il passé au château. J’ai peut-être une idée, mais vous ?

On verra bien lundi

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Souvenirs et délires


En voyant la photo de cette salle, me sont revenus des souvenirs anciens, Du temps des premiers jeux vidéo avec mes filles il y avait « Alone in the Dark » c’était dans les années 80. Une découverte, un étonnement, on voyageait d’un endroit à un autre avec les flèches du clavier, passant d’un niveau à un autre. Il fallait résoudre des énigmes en fouillant partout. Enfin bref, les lecteurs de ma génération ont connu ces temps préhistoriques de l'Internet. J’étais dans un certain émerveillement, le mien bien sûr, mais surtout celui de mes filles en raison de la rapidité avec laquelle elles comprenaient les logiques et manières  de faire.

Quant à moi, je renouais avec mes difficultés de latéralisation issues  de mon éducation défaillante de gaucher contrarié.

— « Mais non, papa ,là il faut prendre à droite pour retrouver l’escalier vers l’étage ! ».

 Je me disais décidément les échecs éducatifs on les traîne partout pour toujours. Mais je me réjouissais de la qualité pédagogique qu’elles ont reçue, en particulier de leur mère qui à l’époque était institutrice. Je pense aux trésors d’ingéniosité dont elle faisait preuve pour toutes sortes d’apprentissage, Et moi j'étais étonné de voir ce qu'il en était des fruits d'une éducation « normale » celle que je n'avais pas eue… 


Mais revenons à la proposition de notre profémérite. Disons que ce château c'est tout ce qui ne m'attire pas. C'est froid, sale, ça devait puer. Alors bon, qu'est-ce qui a bien pu s'y passer ce jour là dans cette pièce mortelle dont on se dit qu'il faudrait la quitter rapidement. C'est d'ailleurs ce qui a dû se passer. Puisqu'on a laissé des saletés (mais c'était peut-être des gens malpropres !). Enfin bref tout le monde a foutu le camp et je dois dire que j'en aurais fait certainement autant pour ne pas mourir d'ennui.  Ce qui est pour l'instant ne m'attire pas particulièrement. 


On me souffle à l'oreillette qu'il pourrait s'agir du château de la Belle au bois dormant. Hypothèse audacieuse me semble-t-il. Il n'y a pas de lit où la Belle attendrait tranquillement le jour J. Pas de ronflements intempestifs. En regardant par la fenêtre nous ne sommes pas au milieu des bois, et même avec des jumelles, je ne vois pas de Prince charmant à l'horizon sur un destrier galopant en excès de vitesse.


Tout à coup l'idée me vient de téléphoner au célèbre Inspecteur Bourrel, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, lequel a généralement l’idée de génie lorsqu'on arrive dans les cinq dernières minutes d'un texte, l'éclair en forme d'ampoule avec de beaux rayons juste au centre du dessus de sa tête et le bras levé déclarant dans un claquement de doigt : —« Bon sang ! Mais c'est bien sûr ! … » et nous donne la solution du pourquoi du comment de quoi qui s'est passé dans cette horrible pièce lugubre du manoir. 

Hélas quand le sort s'acharne, rien ne va. J'entends dans mon appareil téléphonique :

—« Il y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé ».

C’est bien ma veine!


À présent arrive le moment où il faut se rendre à l'évidence. On n'a aucune idée valable pour baver quelque chose qui puisse ressembler à une histoire quelconque que le lecteur aurait un minimum de plaisir à lire et peut-être à commenter sympathiquement.


C'est donc ici que j'arrête avant que la littérale catastrophe Littéraire ne prenne une ampleur démesurée et que votre écran  ne vous claque à la figure.

vendredi 15 mars 2024

Le monde, c'est fort en chocolat !


« Être le plus fort ! », c'est une option

Lorsqu'on s'habille de cette chimère on se met aussitôt en état de faiblesse, puisse  que c'est inatteignable et que si on arrive à s'en approcher, ce n'est que provisoire car un autre« plus fort » guette toujours dans l'ombre.


Et pourtant, être ou devenir le plus fort, c'est ce qu'on n'arrête pas de nous vendre de jour comme de nuit. À l'école être le premier demandent les parents, au sport être le champion réclame l'entraîneur, en entreprise être le plus performant, au-dessus de la mêlée, exige le patron, au lit être sexuellement endurant, (les dames aussi). Quant à l'amour il ne peut qu'être grand et fort, and so on…


« Être soi, pleinement soi, rien que soi », c'est une autre option

 Devenir soi, une proposition dès l'origine, mais en quelque sorte c'est livré en kit. Tout est là, mais tout est à faire. L'aventure d'une vie en quelque sorte, toutefois  sans garantie d'y parvenir totalement, car nous sommes constitués vulnérables, ontologiquement. Et ça c'est assez difficile à accepter. Enfin moi  ça m'a pris du temps.

Beaucoup de gens pensent que pour réussir il faut être le plus fort, si possible invincible, indéboulonnable. Sur la plus haute marche , là où personne ne pourra vous abattre.

Nous croyons que nous pouvons tout. Même si on prétend souvent le contraire. On en fait même les slogans du genre « c'était impossible c'est pourquoi ils l'ont fait ». Ce mode de pensée se rencontre à tous les niveaux, depuis l'enfance jusque tard dans la vie, du boulot jusqu'a la maison de retraite, des campagnes de pub jusqu'aux campagnes électorales. Et de plus et en général c'est souvent un mode normal de tromperie que là serait la normalité commune. 


La puissance de vie qui réside en nous,  nous ne l'avons pas fabriquée dans nos usines. Elle est tout simplement donnée par la Générosité de La Vie. Chacun peut la personnaliser, la personnifier, s'il le souhaite. Lui donner « un nom ». Fabriquer une divinité est le fonds de commerce des religions. Autrement dit la Vie on la  reçoit d'ailleurs que de nous-mêmes. Fort heureusement, car si c'était en notre pouvoir de la fabriquer, très vite on ne ferait que des horreurs déshumanisantes. Il n'y a qu'à voir tout le baratin délirant du « transhumanisme » supprimant le vieillissement et la mort. On nous promet le pouvoir de s'emmerder éternellement sur terre : quel merveilleux programme ! De la Vie généreuse nous recevons tout. Nos forces et nos possibles réels mais limités. Il nous faudra bien réaliser que la vulnérabilité est une caractéristique de notre condition humaine. Nous sommes tributaires de phénomènes qui nous échappent et à commencer par notre venue au monde. Ajoutons les événements, les autres, notre inconscient, les environnements non maîtrisables etc. etc.

On pourrait résumer :. Fort et vulnérable voilà notre condition. On peut aussi affirmer qu'on dispose de « la force des vulnérables ». 


Cette puissance de la vie qui nous habite et nous fait entreprendre, ça fonctionne. Nous traversons les épreuves, on se remet debout, on poursuit la route. Cependant on peut être rattrapé par les illusions que ça va durer, qu'on s'en sortira en toutes circonstances, parce que la toute-puissance est un fantasme auquel on aime s'accrocher.

Sauf que c'est une bouée crevée.

Ma kiné me raconte que sa fille revient des sports d'hiver avec un genou en compote suite à une chute. Elle en aura pour plusieurs mois à s’en remettre. Elle dit à sa mère : — « Je comprends pas, je suis hyper performante en ski, donc je ne devais pas chuter ! »

Voilà, elle aussi se croit invulnérable…


Pour accueillir ce réel de notre vulnérabilité il faut tout autant accueillir et cultiver la force de vie qu'accepter de s'ouvrir à cette autre réalité : la vulnérabilité. Solide et vulnérable à la fois ça nous rend beaucoup plus humain. Empathiques envers les autres, vivants à leur égard plus de gratitude que de griefs et ressentiments. Parce que eux aussi sont semblables à nous-mêmes. Avec comme nous leurs possibles et leurs limites. Et la bonne intelligence relationnelle consiste à opter pour la complémentarité solidaire. Sinon on continuera à se faire la guerre à tous les niveaux pour vouloir être toujours les plus gagnants et les plus invincibles face à la toute-puissance de l'autre qu'il faut abattre.

En continuant ainsi, on finira forcément par disparaître tous !


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Document pédagogique dans une école

C'est moi le plus fort : Un loup évidemment !





Côté Version féminine

«Le plus fort c'est mon boss »…

... Bien entendu !


lundi 11 mars 2024

Condition humaine

187ème Devoir de Lakevio du Goût.

 

Aujourd’hui, nous sommes le 8 mars.
C’est la « Journée Internationale des droits des femmes ».
« Et alors ? » me direz-vous.
Eh bien, j’ai là une image qui montre que ce n’est pas gagné d’avance pour toutes.
Où qu’elles soient.
Il y a même des endroits où « c’est leur fête » tous les jours. 
Je me demande si tous se souviennent d’où ils viennent ?
Je me demande si tous se rappellent ce qu’ils doivent à celles qui les entourent ? 
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Bon, j’espère que nous nous lirons lundi…

Condition humaine


Que peut-on ressentir  devant une telle photo à part de la tristesse et peut-être encore plus pour la petite fille aux habits colorés, mais le corps déjà recouvert. Plus que quelques années (pas beaucoup) et elle ressemblera aux quatre adultes en noir et bleu dont on présume bien entendu qu'il s'agit d'êtres humains de sexe féminin.


« Journée internationale des droits des femmes ». En 2024 la femme a droit à quelque chose le temps d'une journée. C'est déjà pas mal. Et puis on parle « des droits ». Bien entendu ce serait encore mieux de les appliquer sur la planète, mais soyons réalistes, il ne faut pas rêver.


On octroie à la femme des droits théoriques. Lesquels ? On ne sait pas trop. Beaucoup de flou. Il n'y a pas si longtemps on entendait souvent dire que les femmes avaient surtout le droit de se taire. (On l'entend encore, quel que soit le niveau social).  Seuls les hommes et les maris avaient droit de parler, d'imposer, de diriger, de réglementer, de voter, et pour faire simple disons que les hommes avaient tous les droits, et la femme surtout celui d'être obéissante, puisque c'était sa nature profonde.


Ça a changé ? Oui, un petit peu, dans certains endroits, dans des parties du pays, dans des familles, quelques-unes. C'est énorme ! Non ? Les progrès sont faramineux !

Est-ce nécessaire que je continue ce discours d'un optimisme échevelé ? Chacun sait à quoi s'en tenir.


Quand je regarde la globalité du déroulement de mon existence, je constate que les personnes qui ont le plus marqué mon existence de manière positive, aimante, dynamique, qui ont concouru à mon bonheur, sont en grande majorité des femmes. J'en ai évoqué bon nombre dans mon livre « Le passage se crée » j'ai consacré spécifiquement une lettre à une quinzaine d'entre elles, j'en ai évoqué bien d'autres. Et cet ouvrage ne relate que mes 17 premières années de vie. 


Maintenant que je suis septuagénaire, je pourrais écrire un nouvel ouvrage sur la place bienfaisante qu'elles ont eue par la suite. Place largement plus importante que celle des hommes. Autour de moi certaines épouses n'étaient pas des « femmes aux cuisines » comme le chantait Brel en évoquant sa propre enfance. Un certain nombre, à commencer par ma mère, furent des femmes entreprenantes, fondatrice d'entreprises ou de commerces.Des exceptions ? je ne sais, peut-être.


La condition de la femme sur la planète, c'est principalement l'absence de reconnaissance de la part des hommes, de sa juste place et valeur, accompagné parfois de mépris. Cet ostracisme ancestral est probablement la pire des choses qu'a instalé  l'homme masculin pour passer à côté de la complémentarité otologique de ces deux composantes de la race humaine. Pourquoi l'homme masculin, collectivement, prend-t-il le plus souvent, et un peu partout dans le monde, le chemin d'un certain malheur de l'humanité ?


samedi 9 mars 2024

Transmission

 

Il fut un temps où beaucoup d'enseignements, d'apprentissages, de savoir-faire et de savoir être se transmettaient par les parents, la famille, les proches et aussi l'école. Ça valait ce que ça valait, mais ça se vivait entre des personnes physiques, visibles, souvent aimantes, bienveillantes mais aussi ayant des exigences éducatives qui aidaient la structuration de la personne afin de lui donner des assises pour gérer sa liberté, c'est-à-dire ne pas se retrouver dépendant et à la merci des marchands d'addictions.

Certes je décris là une situation générale quand tout se passait à peu près correctement.. Bien entendu ce n'était pas toujours le cas et évidemment des « mauvaises éducations » existent.


Aujourd'hui si j'en crois une chercheuse spécialiste des impacts de la consommation numérique sur la population enfantine (Caroline Rouen-Mallet), vers 10/12 ans, globalement, une grande partie de l'éducation commence à échapper à la parentèle au profit du Smartphone, offrant sans contrôle une ouverture à Internet et principalement aux réseaux sociaux.

En France, 92 % des 12-17 ans sont connectés et ont les yeux rivés sur les écrans pendant des heures, six à huit heures par jour. La génération montante vit dans un monde virtuel. La plupart des parents ne sont jamais allés sur Tik-Tok, Instagram, Snapchat et autres et ne savent pas ce qui s'y passe. Ils se mettent en retrait et perdent ainsi toute autorité sur le territoire numérique. 

Le Smartphone cannibalisme tout : activités artistiques, sportives, la lecture, les jeux et la balade en famille, etc.


C'est un peu comme si l'enfant et l'adolescent vivait dehors dans des rues hostiles, sans surveillance ni contrôle parental, au contact permanent de toute une faune de gens qui ne lui veulent certainement pas du bien. Pour s'en convaincre il suffit de s'arrêter aux conséquences bien connues de la fréquentation du net sans contrôle : cyber-harcèlement, rackets, repliement sur soi, angoisses, dépression, isolement social, et autre joyeusetés. Et je n'ai pas cité les tentatives de suicide, ni les suicides réussis.


Ma fille aînée, (cinq enfants), m'avait raconté il y a déjà bien des années une anecdote. Une de ses voisines demandait comment elle faisait pour avoir des enfants si conviviaux, ouverts aux autres, et qui semblaient avoir une belle joie de vivre. 

Ma fille avait répondu : — « Oh c'est simple ! Pas de télévision, pas de jeu vidéo, pas de téléphone portable, et un unique ordinateur familial dans le salon. En revanche, beaucoup de jeux de société, d'activités sportives, culturelles, musicales, et autres choses ludiques où on utilise le corps, les mains et les pieds… »

Trois des cinq petits-enfants sont désormais adultes, l'un est dans une école polytechnique en Suisse, l'autre au Canada anglophone dans une école de haute technologie, le troisième dans une classe prépa en France. Ils ont tous les trois un Smartphone, ... le plus souvent éteint. (Pour les avoir faut laisser un message…). Je les trouve heureux et épanouis. Bien sûr ce sont mes petits-fils donc ils sont merveilleux… sauf que je ne suis pas le seul à le dire…


Fort heureusement, j'ai lu récemment un article où çà et là se fomentent chez les parents une révolution digitale. Aux États-Unis, en Irlande, en Espagne on signe des « pactes sans téléphone » avec les communes, les écoles etc.…

En France une commune de Seine-et-Marne vient de proposer un « code d'utilisation des mobiles dans les espaces publics ».


« De la même manière que l’on apprend à ses enfants à nager ou à faire du vélo, le rôle du parent d’aujourd’hui est d’éduquer son enfant à bien utiliser son téléphone », estime Caroline Rouen-Mallet.


Et aussi : Macu Cristófol. :

« Les enfants ne sont pas des adultes et des consommateurs comme les autres. À quel moment avons-nous perdu le fil de toute éthique ? En tant que parents et citoyens, nous devons refuser ce rapt de leur attention et nous assurer que les futures générations navigueront dans un monde digital sécurisé dont ils maîtrisent les clés. » (ICI) 


Comme quoi il y a encore des raisons d'espérer…

Enfin, pour l'instant.



lundi 4 mars 2024

Ça ira mieux demain


 

186ème Devoir de Lakevio du Goût

Mais que peuvent bien se raconter ces deux femmes arpentant la plage ?
Si dans votre récit il y avait les mots 
- Ventripotent.
- Curiosité.
- Indiscrétion.
- Sable.
- Vent.
- Attention.
- Surprise.
- Cri.
- Maillot.
- Découverte.
Ce serait, j’en suis sûr vraiment chouette.
Alors à lundi j’espère.


Ça ira mieux demain


M — Est-ce que tu te souviens de la fin des années 2030, Ginette ?

G — Tu penses bien que je m'en souviens, Micheline ! Personne n'a oublié ! Ça allait mal partout sur terre et les écologiens n'arrêtaient pas d'attirer notre attention à cor et à cri sur la méga catastrophe planétaire qui se préparait.


— Mais oui, et les Russkofs avaient même lancé trois ou quatre mini-bombes atomiques pour foutre la trouille aux populaces mais, surprise, Trumpette-3 avait dévié les machins dans la stratosphère. Pour l'instant les martiens n'ont pas encore engagé des représailles.

— Y'a pas à dire, c'était quand même le bon temps. Je me souviens de mon vieux père ventripotent qui aimait la bonne chair, le pinard, la vie quoi ! Tu sais qu'il a connu les deux Gérard, D & M, quand ils furent incarcérés à la Santé à cause de trop de tirlipotages de femmes, avant de mourir d'une overdose de piments rouges.


— Ça a bien changé depuis ce temps-là Ginette. À défaut de guerre totale on a désormais les pollutions totales. Fort heureusement on a quand même fait des découvertes extraordinaires quant aux immense facultés d'adaptation de l'humain à l'horrible. Finalement toi et moi on vit très bien sur cette planète déglinguée et même sur cette plage pourrie, polluée et qui pue. Le sable  est crasseux, la mer gluante comme une marée noire, la baignade dans les hydrocarbures. Il y a juste un truc qui m'embête c'est que  ça me gratte au niveau du maillot à cause des eczémas  qui montent maintenant plus haut sur mes jambes.

— Moi c'est pareil, Micheline, mais fort heureusement chez les grands couturiers c'est désormais très tendance les jambes moches.


 — Remarque que malgré tous ces inconvénients on se marre  quand même. D'accord, c'est grâce aux pilules euphorisantes, des laboratoires ServierVous (sont toujours là ces fripouilles), mais ça pourrait être pire.

— Dis-moi, sans indiscrétion, les hommes ? Ça t'intéresse encore ? Je veux dire comme curiosité exotique.


— Pff ! Les hommes ! On n'est pas bien uniquement entre nous les femmes ? Maintenant que pour procréer ils ne sont plus opérationnels, faute de spermatozoïdes, rapport aux effets à long terme des pesticides du XXe siècle. Alors le sexe hétéro : du vent, ma chère Ginette ! 

— Ah non ! Moi je préfère encore et toujours l'amour en mer, c'est juste une question de tempo… c'est ce que chantait mon arrière arrière grand-mère qui aimait un certain Philippe Lavil, chanteur, au temps des mini-cassettes, une technologie balbutiante et éphémère qu'on n'a pas connue.