189ème Devoir de Lakevio du Goût.
Ce fut un moment important pour moi.
Mais pas que pour moi.
Mais pour vous ?
Je suis sûr que nombre d’entre vous se rappelle quelque chose d’un 22 mars.
Lorsque j’ai pris connaissance de la consigne et de l’illustration j’ai eu immédiatement la sensation d’avoir des souvenirs de vieux soixante-huitards. Le gars qui raconte mai 68 à ses petits-enfants qui n’en ont rien à cirer ! Ils pensent sans le dire, pour pas froisser le vieux, qu’on s’est gavé pendant les 30 glorieuses et qu’à présent on leur laisse une planète en ruine et qui sent la pollution à plein nez.
Je n’ai plus grand-chose à dire sur cette époque là. J’ai passé le bac rien qu’en oral, j’ai frôlé la mention très bien, normal, j’ai toujours eu pas mal de bagout à l’oral. Ensuite on est parti en vacances dans le Cantal. Puis la rentrée universitaire où on organisa des chahuts remarquables, et certains déclenchaient de belles bagarres avec les types d’extrême droite.
Mais le plus sympa fut la rencontre d’Éliane au Resto U.
On a rapidement confronté nos points de vue révolutionnaires.
De plus Éliane était forte en révolution mathématique. Elle ne tarda pas à m'apprendre que 1 + 1 = 1 au cours de leçons très particulières dans sa piaule.
Moi je n'avais pas mauvaise mémoire pour retenir les slogans à la mode.
Nous n'avons pas tardé à mettre tout cela en pratique comme le recommandait Mao dans le "Petit livre rouge", du genre « Si tu veux prendre un bain commence par construire ta baignoire. »
Ensemble nous avons appliqué religieusement les slogans à la mode concernant les nouveaux jeux de l'amour :
— Jouissez ici et maintenant
— Plus je fais l'amour, plus j'ai envie de faire la révolution. Plus je fais la révolution, plus j'ai envie de faire l'amour.
— Je jouis dans les pavés.
— Embrasse ton amour sans lâcher ton fusil.
— Vivez sans temps mort, jouissez sans entraves.
Hélas l'inspiration finit par se tarir et Éliane alla s'abreuver de grand air sur le Larzac.
Et vous savez le plus désespérant ?
J’ai appris quelques années plus tard qu’Eliane avait épousé … un CRS !






