mercredi 28 janvier 2015

Pour ceux que le périple du voyageur intéresse




lundi 26 janvier 2015

Saison du dépouillement

Ne plus rien être d’autre qu'un dépouillement
Prémices d'une dépouille
Chez lui, c'était ainsi.
La sobriété de sa table de travail, son pot à crayons, sa corbeille de courrier à répondre, son paquet de feuilles blanches, quelques dossiers en attente de travail.
Le buffet en bois brut, quelques beaux objets ramenés de ses voyages dont il parlait avec autant de sobriété que de ferveur.
Les deux fauteuils confortables de chaque côté de la table basse qui accueillait 3 à 4 livres empilés. Ses lectures du soir.
La cheminée qui attendait l'allumette pour l'embrasement nocturne.
Il fallait connaître l'adresse pour arriver jusqu'à chez lui. Il fallait surtout être invité.
Mais lorsqu'on était là il donnait tout son temps, Sans compter.
Tout respirait la paix, la chaleur, l'intime.

Je rêvais de ressemblance quand l’âge viendrait.
Je rêvais de cet ordre extérieur signe de l'ordre intérieur où chaque chose occupe la place qui lui revient, comme il en va de l'intériorité, lorsque la tête ne domine plus l’ensemble, lorsque le cœur a trouvé sa place et exerce son rôle, que la sensibilité a cessé ses effervescences intempestives, lorsque l’âme a trouvé l'endroit où se poser.

Aujourd'hui m’y voici, non pas à cet état que je décris, mais à l'âge qui était le sien à l’époque.
Plus j'avance, plus le dépouillement me devient nécessité.
Je constate, sans effarement ni précipitation, que mettre de l'ordre dans mes affaires prend des années. Ce n'est pas seulement un exercice de rangement et d'élimination de l'inutile, c'est aussi tout un travail intérieur qui s'accomplit dans le mouvement même, dans le geste physique.
Et puis, il n'y a pas que l'inutile dont il faut se débarrasser. Il y a aussi tout ce qui a pu avoir du prix de la valeur à ses propres yeux mais auquel il n'est plus nécessaire de demeurer attaché.

Demeurer attaché : Il peut s'agir d'un lien fondamental dont on garde la trace physique parce qu'elle demeure une nourriture. Ainsi de la photo de mon maître à penser. Ainsi de la photo de mon père. Ainsi de ces objets offerts ou achetés parce qu'ils faisaient sens et que cela demeure.

Demeurer attaché : il peut s'agir à l'inverse d'entraves qui freinent la marche en avant, qui tirent vers le passé, qui entretiennent des souvenirs morts, des relations défuntes, des joies affadies, tous ces éléments qui font naître la nostalgie de temps révolus où, soi disant, c'était « le bon temps». Quand il n'y à pas cette sorte de perversion de garder la trace de ce qui a fait souffrir, comme s'il fallait encore pouvoir en rendre compte matériellement. Comme s'il fallait sans cesse bercer sa peine, comme on berce un enfant et pleure avec lui.

Longtemps j'ai cru qu'il fallait « Garder tout ça » comme autant de biens précieux.
Trop souvent j'ai oublié les feux salvateurs allumés au milieu des larme et que je n'ai jamais regrettés par la suite.
Certes, comme tout un chacun je suppose, des effluves de nostalgie me montent à la tête parfois, peuvent mouiller mes yeux un instant, faire naître des regards complices, entonner de vieilles chansons, ranimer des souvenirs émus, Mais ce n'est que l'espace de quelques instants, d'une soirée, d'un lieu, d’un geste. Dans l'ordinaire, le présent impose… sa présence.

C'est pourquoi ce blog n'a quasiment plus d'archives.
C'est pourquoi je revisite tous les textes écrits au long de ces années, afin d'en éliminer 80 % au moins, De ne garder que ceux qui à mes yeux peuvent avoir une valeur pérenne pour moi-même et peut-être, qui sait, pour d'autres qui en trouveront la trace.
C'est pourquoi j'ai cessé de faire toute publicité pour le livre que j'ai écrit, parce que désormais je le considère comme appartenant à un histoire, qu'il n'est plus nécessaire de la mettre sous les yeux de quiconque.

En revanche, tout est sédimenté en moi. Toute a concouru et concourt à la construction de ma personne. Mais seule la vie d'aujourd'hui compte. Il faut cette sédimentation pour faire un humus fertile sur lequel aujourd'hui ma vie peut pousser et continuer. Il faut que le passé s’enfouisse après avoir ressurgit pour être traité lucidement, afin que le présent soit pleinement vivant. 
Nécessité me semble-t-il.





samedi 17 janvier 2015

Saison Avenir

Il est beaucoup question ces temps-ci de religions, de croyances, de spiritualité, de laïcité, de démocratie, de l’Islam, des islamistes, des musulmans, cathos, juifs, athées, mécréants, impies et élus, chacun y allant de ses déclarations, officielles, anonymes, sérieuses ou délirantes, enfin bref « Ça » discute…(comme aurait dit tonton Freud).

Que pourrais je dire moi-même sur chacun de ces mots ?
Bien des choses assurément, mais autour de quoi vais-je pouvoir rassembler un minimum mes pensées confuses de ces derniers jours ? Quel est l'axe vertical qui me remet dans mon essentiel ?

La première chose qui me vient c'est un double constat :
— l'exercice du mal (ce qui déshumanise) qui est en l'homme et dans l'humanité  À savoir la barbarie, L'horreur et l'horrible dont nous avons été témoin télévisuellement.

— l'exercice du bien (Ce qui humanise) qui est dans l'homme et dans l'humanité, et dont nous avons vu l'exercice dans le rassemblement d'un peuple, même si ce n'est que l'espace de quelques temps, même si l'émotionnel a favorisé le soulèvement de conscience. 

C'est deux composantes sont en nous, en moi, en chaque être humain. C'est là que tout commence, C'est là que tout prend racine, C'est là l'origine. Nous ! Moi !
Je ne développerai pas ici tout ce qui concerne l'éducation, Depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, et jusqu'à un âge avancé, car l'éducation est une affaire de toute la vie. Et puis, l’éducation est loin d'être la clé explicative à tout…
Simplement, où en suis-je, moi, petit humain de la planète, au regard de ces deux choses citées ci-dessus.

— L’exercice du mal, je connais, ce sont tous  ces actes, grands petits, exceptionnels ou quotidiens, que je pose tout au long de ma vie. Tous ces actes qui ne vont pas dans le sens de ma propre humanisation et qui ont donc des rejaillissements négatifs sur autrui ou sur moi. Par « l'effet papillon » bien connu, selon les endroits où je suis situé, ces enchaînements mortifères aboutissent lentement, de proche en proche, petit à petit, au terme d’échevaux complexes emmêlés d’interactions humaines subtiles, aux scènes dramatiques de ces derniers jours. 
Alors certes il est commode de dire que je n'y suis pour rien. C'est exact. Je n'y suis pour rien directement, mais où est ma petite part de responsabilité globale ? Si je ne m'interroge pas de cette manière, alors quelle peut être la valeur de mes propos sur ma confiance dans l'humanisation de la société. Chaque fois que je regarde de travers un musulman en djellaba, une femme voilée, un curé en soutane, un militaire avec tout son attirail, un type patibulaire (mais presque), que je traite de journaleux un journaliste qui émet des propos qui ne me plaisent pas, que j’enc… la police tout en pronant un état de droit policé…  Etc. etc. Je suis une gouttelette d’eau dans l'océan de ce qui n'apporte rien de bon à ce qui m'environne. Et rien de bon à moi-même nous plus. C'est évident.

—  L’exercice du bien je connais aussi. Je crois avoir accompli des choses bonnes. Mais je ne vais pas m'étendre là-dessus. Ils sont nombreux ceux/celles qui oeuvrent à une humanité  un peu meilleure que ce qu'elle est. Il y a parfois de l'héroïsme ordinaire. Il y a l'échange de sourires dans la rue, la chanson d'amour que l'on fredonne, l'honnêteté dans les actes que l'on pose, le don de soi-même parce que c'est comme ça, parce que c'est un naturel de l'homme. Et bien des choses encore qu'il faudrait écrire.

Je suis irrémédiablement dépositaire en moi de ces deux forces là. Une positive l'autre pas. Alors bien entendu, ce n'est pas l’une ou l'autre, ce n'est pas manichéen, blanc ou noir, les deux composantes se mêlent, s’entremèlent, aucun acte n’atteint la pureté que je voudrais lui donner.
Ainsi en est-il de ma réalité humaine.
Ainsi en est-il de l'imperfection de ce que nous sommes aujourd’hui, à peine encore sortis de l’animalité barbare. Combien faudra-t-il encore de millénaire pour une humanisation digne de ce nom?

Alors, reste la dimension collective, communautaire, sociale, économique, à laquelle je ne peux échapper. Celui qui vit seul a besoin de l'autre. Celui qui s'isole finit par perdre son âme. Parce que personne ne détient l'origine de lui-même, Et que lorsque  se pose sérieusement la question« qui suis-je? » nécessairement vient la découverte que : « autre(s) » m’habite(nt).

Pour ce qui concerne les horreurs des jours derniers, celles qui continuent, celles qui viendront nécessairement, je pense souvent au début du Préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, dont j'avais imprimé un extrait, longtemps placardé dans mon bureau.

Eleanor Roosevelt tenant la version espagnole
 de la DUDH en novembre 1949.

"Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme.

Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression."


On sait très bien les conditions historiques dans lesquelles ce préambule a été écrit. Je souligne le membre de phrase qui m'a toujours habité. Les actes qui révoltent la conscience de l'humanité.
N'est-ce pas ce côté révolté qui a fait descendre les gens dans la rue !? Quelqu'un a eu le trait de génie d'un slogan « Je suis Charlie », Expression valise dans laquelle chacun peut mette ce qui lui convient, comme on pourrait écrire : «je suis qui je suis ». Sans doute est-ce nécessaire dans l'instant. Manière de manifester cette révolte de la conscience. À ce niveau de la personne, la révolte ne s'exprime pas par des mots tonitruants, des revendications et choses du genre. Elle s'exprime par une présence, Une force de présence, quelque chose qui s'accommode très bien du silence qui fait autorité.

Ainsi donc, il y aurait une conscience de l'humanité… quelque chose qui transcende chacun des individus, un fond commun de conscience inscrit au cœur même de chaque personne et qu’il serait peut-être possible de rejoindre à l'intérieur de soi.
Ma modeste expérience personnelle me fait adhérer à cela. La vie m'a amené à aider des personnes Issues de bien des endroits, cultures et religions différentes, mode de pensée diversifiées. Pas toujours facile de comprendre l’autre qui vient d’ailleurs lointains que ma petite sphère.  J'ai toujours constaté qu'au-delà des déterminismes sociaux, des us et coutumes, des croyances, des idéologies, des appartenances religieuses, apparaissait un fond commun, une sorte de potentiel originel, souvent enfouis bien loin dans la personne, souvent recouvert de couches culturelles et sociales issues du milieu où l'on est inséré, fond originel que la personne retrouve dans une démarche introspective qui lui fait percevoir la dimension communautaire et universelle de son être profond.
Moment souvent intense.
Moment que j'ai pu vivre moi-même en son temps et cherché à rejoindre souvent.
Moment dont il faut cultiver l'émergence sans cesse, parce que « tout le reste » de la personne n'a de cesse de nous faire oublier cet aspect essentiel de nous-mêmes.

Je n’atteins cette zone intérieure que par le chemin des ressentis, c’est-à-dire par une attention aux profondeurs de moi-même, ce qui suppose d'aller au-delà de l'émotionnel de surface qui forcément arrive en premier, à l’instar des manifestations de ces derniers jours. Vient ensuite le temps de la descente plus profonde, non pas en expurgeant l'émotionnel au profit de la seule raison, mais dans un mouvement intérieur vers cet aspect essentiel et universel évoqué ci-dessus.
Ensuite, présent à cette zone de moi, ma raison peut agir, intervenir, élaborer, décliner des modalités d'action. Ceci parce que je suis alors relié à autre chose que ma pensée qui se boucle toujours sur elle-même, à autre chose que mon petit moi émotionnel, relié alors à la dimension collective et communautaire de ma personne, c’est-à-dire ouvert. C'est ma seule manière de sortir de mon égocentrisme, toujours séduisant, hélas…

Je continue à espérer que notre classe politique sorte de ses ornières, aille au-delà de son niveau de conscience adolescent, (être toujours contre ce que dit et propose l'autre camp, quitte à se contredire en permanence lorsque la majorité devient opposition et l'opposition majorité)… pour rentrer dans des comportements plus adultes, humanisés, collaboratifs, brefs… normaux….
A défaut la dégringolade se poursuivra et les choix extrémistes et liberticides triompheront. L’Histoire est remplie de ce genre d’épisodes…

Voilà pourquoi, entre autres, ce blog s'intitule : J’en rêve encore…
Mais les années passent….

mardi 13 janvier 2015

saison du manque

Ce qui finit (va finir ?) par manquer


mercredi 7 janvier 2015

Saisons d'antan



Puisque je n'ai aucune inspiration…. Je vous repasse de vieux plats…
Texte écrit en 2005 ou 2006 

*
Passe-moi le sel !


La compréhension est le fruit d'un long cheminement. Elle n'est pas d'emblée réalisée. Et même si je dis :
 —  "Passe-moi le sel ! " 
Il y aura toujours des interprétations ! :

—  Quel homme déterminé, il sait ce qu'il veut ! Le sel ! Pas le poivre !

—  Quel homme autoritaire ! Quel despote domestique !

—  Quel malpoli, ni STP, ni merci !

—  Quelle confiance dans cette demande, pas besoin de rajouter des STP de convenance, et des merci inutiles... il a confiance dans la relation... C'est évident ! L'autre va lui passer le sel !

—  Il a compris le sens profond de la vie ! Sans sel pas de saveur ! Et il ne peut se saisir lui-même de la salière... il faut savoir recevoir d'un autre.... apprendre à demander, avec rigueur, détermination et sans détour. Mais quel bel exemple simultané d'humilité et de grandeur d'âme, dans cette demande, somme toute banale et ordinaire.

—  Cet homme prend les autres pour ses esclaves, tout juste bons à exécuter ses ordres et ses caprices. C'est lamentable ! En plus je suis certain qu'il s'adresse à une femme ! Tant d'années de luttes féministes pour en arriver là ! Quelle déception amère !

—  Voila un parfait mystique, un visionnaire, un disciple du Christ qui déclarait "vous êtes le sel de la terre !".

Nous ne savons rien faire d'autre qu'interpréter… mal !

samedi 3 janvier 2015

Saison 2015


Bonjour à toutes et tous,

Selon l'usage : Tous mes voeux pour une année vivante et vibrante de vie.
Merci à celles et ceux qui ont commenté sur mes derniers billets. J'ai lu chacun(e) avec grand intérêt, .




Au titre des infos, je vous indique que j'animerai


Un marathon d'écriture consiste à s'engager à écrire en continu durant plusieurs heures, et à publier sur le forum toutes les heures.
le minimum d'écriture est de 3 heures d'affilée, 
on peut écrire pendant 5, 8, 10 heures...
pas de limite maximale de durée...

si le coeur vous en dit, inscrivez-vous ICI et participez… 
SEULS les inscrits participants effectivement peuvent lire les textes qui seront publiés.



Et sinon….
Comme déjà mentionné, je n'ai actuellement "rien à dire" qui mériterait un billet….

Autrement dit, ce blog est en jachère. 
Nul ne sait quand il redeviendra suffisamment fertile pour y voir pousser de nouveaux textes…