J'en rêve encore… parce que je suis réaliste…
"Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure." (Plutarque)
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, facile et cela n'engage à rien. Vous n'aurez plus à prouver que vous n'êtes pas un robot !


dimanche 30 décembre 2018

Adieu l'amie !


Dans trois jours tu auras disparu. Pendant quelque temps encore, je me souviendrai de toi. Des bons souvenirs que tu as laissés, et moins bon, et peut-être surtout de ce que tu m'as fait découvrir, comprendre de moi-même.
Tu m'as enrichi, à cause de tout ce que nous aurons partagé durant ces 365 jours.

Ma chère année 2018, tu auras marqué un tournant dans ma vie. Tu en fus témoin. Inutile que j'en rajoute. J'ai fait quelques prises de conscience sur la marche du monde et sur moi-même. Non pas au regard de tout ce que l'on raconte et qui nous attend comme catastrophes. Vu mon âge, les annonces catastrophiques j'en ai connues et entendues depuis ma jeunesse. Et jusqu'à présent tout c'est toujours plutôt bien passé pour moi et mon entourage. 

Je n'oublierai pas les belles rencontres, les échanges nourrissants entre amis, l'amour partagé, l'ambiance toujours un peu magique de mon atelier d'écriture « en live », la manière délicate dont ma compagne de vie prend soin de moi, le comité de rédaction auquel je collabore depuis tant d'années qui m'apporte de grandes satisfactions tant relationnelles qu'intellectuelles, et tant d'autres choses que je ne vais pas énumérer plus longuement puisque tu les connais, ma chère année 2018.

Qu'est-ce qui a pu s'incruster de négatif dans ma sensibilité, et qu'il me faudra dissoudre en 2019 ?
Dans l'actualité : probablement l'ampleur du machin appelé « gilets jaunes »
On croit innover dans les modes d'action « populistes », mais déserter la scène politique institutionnelle entretien des illusions. Opposer la « blancheur de la base » confrontée à la « noirceur des sommets », génère des effets pervers, nous apprend Karl Marx, qui avait déjà décliné tout cela en parlant de « l'indifférentisme politique » et des « apôtres de l'abstentionnisme politique » (De l'indifférentisme en matière politique — Marx-Engels, 1873)

Nous y sommes ! Pauvres ex- gilets jaunes, qui  seront les premières victimes de cette errance.
Si cela ne m'énervait pas, j'en pleurerais de  voir remplacer l'analyse politique par des gueulantes stériles sur des réseaux sociaux. Ces modes d'actions individualismes et catégoriels n peuvent  déboucher sur une commune humanité. Ils montrent  en réalité un enfermement autiste et violent, qui ne peut que faire le jeu d'une extrême-droite manipulatrice au sein des gilets-jaunes.
Miss Le Pen et ses sbires n'attendaient que cela pour reprendre du poil de la bête (vous verrez son triomphe aux européennes !) 
On semble avoir oublié la situation catastrophique il y a quelques années des villes aux mains du  Front National : marasme économique, suppression des services publics, mépris des plus démunis, restriction des libertés, etc. 

 Sans compter que cet épisode de révolte a déjà fait plus de 10 morts ! (Tout le monde se fout, soit dit en passant, que les gilets-jaunes soient rouge-sang…) .
Fermer le ban question politique.

Au plan personnel : 2018 m'a envoyé des signaux quant à ma fragilité physique qui s'est accentuée. Je n'y puis rien. Il ne fallait pas choisir Zhandi !
En revanche ma vulnérabilité émotionnelle qui s'en est suivie rend nécessaire un petit travail de réajustement pour intégrer cette nouvelle étape de ma réalité. J'ai un peu mieux compris ce que signifiait « personne vulnérable ». Certes, je ne suis pas encore un vieillard sur le déclin, quoi que… il est d'usage de dire que les polios de mon espèce doivent ajouter 10 ans à leur âge légal.
C'est un terrain sur lequel je travaille à la fois avec mon coach personnel et avec ma kiné.

Il y aura donc de quoi s'occuper en 2019, si toutefois ma modeste présence sur cette toute petite planète est encore souhaitable.

Adieu chère amie, ton temps est accompli.

Je te redis toute ma gratitude pour toutes les bonnes choses que tu m'auras apportées cette année. Elles furent précieuses. Je ne regrette aucun des instants que tu as bien voulu m'accorder.
Tu as été comme tes sœurs, porteuse de bonheur réaliste à qui veut bien t'accueillir pour qui tu es et ne pas attendre de toi autre chose que ce que tu peux donner, c'est-à-dire à la fois tout et bien peu…

 Tu en auras vu des choses passer en 365 lunes. Bonne dissolution dans les milliards d'années-lumière…



dimanche 23 décembre 2018

Noël universel


« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » (Luc)

Tout homme sur cette planète peut rejoindre en lui la paix profonde.
Le décider est possible à chacun.

En ces jours, je vous laisse avec Mehdi Aminian et ses amis,
qui fonda le concept de Roots Revival (renaissance des racines en quelque sorte…) un projet culturel international avec des musiciens de différents pays et cultures pour construire ensemble quelque chose d'authentique.


J'ai trouvé que ce n'était pas si mal de vous offrir un de ses concerts, si vous ne le connaissez pas. Laissez-vous faire et savourez.


vendredi 21 décembre 2018

Noël ? Quel esprit ?


C'est un commentaire que j'ai laissé sur un excellent texte de La Baladine, qui écrivait sur ce thème.


L'esprit de Noël c'est une brèche de lumière dans nos ténèbres ordinaires. Les nôtres, celles de ceux qui nous entourent, et de tous ces êtres que nous maintenons dans l'ombre quand on les croise.
L'esprit de Noël c'est la folie de croire que les ténèbres ne seront jamais vainqueurs et que la lumière du vivant traverse et pénètre tout.
L'esprit de Noël c'est de tendre la main pour emmener à la fête celles et ceux qui n'y sont jamais conviés.
L'esprit de Noël, ce sont ces soignant(e)s du centre de rééducation où je fus pendant plusieurs mois il y a quelques années, et qui sont venus « hors service » (c'est-à-dire non payés) la nuit de Noël pour ceux qui comme moi n'avaient pas la possibilité de retourner dans leur famille.
On garde à vie la trace de ce genre de fête parce qu'elles inscrivent définitivement en nous que l'Homme est largement capable du meilleur bien plus que du pire.
La fête des vivants et des espérants bien entendu, pas la fête frelatée proposée par les marchands du temple.

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Mais qu'en est-il pour moi aujourd'hui de cet esprit ?
J'y pensais ce matin au réveil. Qu'est-ce que cela devient face au monde chaotique que nous connaissons ?
Et bien là est peut-être la question : qu'est-ce que nous « connaissons » de ce monde, si ce n'est ce que l'on nous en présente à longueur d'année. C'est-à-dire tout ce qu'il peut y avoir de négatif dans les 197 pays officiellement reconnus par les Nations unies, plus un certain nombre d'autres possessions territoriales.

Par ailleurs, et si l'on en croit les médias qui gonflent toujours tout, la grande majorité des humains seraient, violents, violeurs, agressifs, malveillants envers les autres, destructeurs. Nous serions tous environnés d'êtres menaçants.( Surtout les étrangers d'ailleurs, selon l'algorithme : Migrants = grand danger)
La preuve : les malfaisants sont des millions sur les réseaux sociaux ! C'est donc parfaitement démontré : l'homme est mauvais ! Facebook et Twitter (les algorithmes informatiques qui pensent désormais à notre place) l'ont décidé une fois pour toutes.

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Chaque heure de ma vie que je perds écouter les oiseaux de malheur ou lire les prédicateurs de catastrophes,  c'est du temps  de Vie que je gaspille. Alors que je pourrais le consacrer à mon voisin d'en face qui lutte contre le cancer, à cette femme de mon atelier d'écriture qui s'est faite virer d'une manière abjecte et on a pleuré lors de la dernière séance ( bon c'est vrai, je lui écris un long mail), à cet autre voisin dont la femme vient de se suicider. Bref à tenter de faire un peu de bien autour de moi, avec les quelques forces qui me restent, malgré ma situation délicate et physiquement précaire.

« Aucun acte n'est neutre », déclarait un de mes maîtres. Il nous fait avancer, ou il nous fait reculer. J'ai pesté contre cette affirmation pendant des années. Aujourd'hui j'en mesure l'extraordinaire force vitale sous-jacente ainsi que l'extraordinaire responsabilité libre de mes actes.

*

Il y a juste un truc bizarre. Ce matin au réveil, je me sentais serein et en paix profonde. Je songeais qu'il m'arrivait d'agir selon ma conscience profonde qui m'invitait à poser des actes plutôt positifs, voire généreux, (pas toujours, bien évidemment) et que cela concourait  un petit peu à quelque chose de pas trop mauvais face au monde tel qu'il est.
Je me mettais à croire que d'autres agissaient de même. Dans l'ombre. Sans en faire des tonnes sur Twitter ou Facebook.

Et puis, dans ce monde censé être totalement vérolé, irrécupérable et courant de plus en plus vite vers l'anéantissement, je lisais les écrits de certains d'entre vous et je n'ai pas foncièrement le sentiment que vous soyez agressifs, belliqueux, violents, acides, acerbes, destructeurs, et autres petites choses du genre. Mais je dois me tromper.Ne pas voir la vérité vraie ; la réalité vraiment vrai telle qu'elle est. Celle qui est sur BFMTV 24 heures sur 24
Bougez pas, je courge allumer le poste, et ouvrir le gaz …

Si je suis asphixié bientôt, un dernier message :

L'esprit de Noël c'est quand l'homme transcende l'Homme par adhésion et reliance avec sa communauté de destin.
Son destin passe par la certitude d'une Humanité en chemin, passant des ténèbres à la Lumière.

Qu'importe qu'elle soit ténue. Dans l'obscurité, la lueur de trou d'épingle dans la cloison, révèle que toute l'intensité de la Lumière est là, juste derrière.

lundi 17 décembre 2018

Helga et Andrew





Qui a envie de passer Noël sur une île déserte ou au bout du monde ?
Oui, non, peut-être ?... Pourquoi ?
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Helga et Andrew

Andrew se demandait s'il tiendrait jusqu'à Noël.
Il n'était plus tout jeune. Et cette toux persistante n'était pas bon signe.
Il s'était fait une promesse, avec Helga, passer Noël loin, très loin au-delà des mers. Helga c'était son phare dans la grisaille des jours enfuis. La brillance de ses yeux auréolait son corps tout blanc. Avec elle il serait parti.

Voilà des semaines, des mois, qu'il espérait son retour. Elle avait promis. Elle reviendrait dans cette maison de bois où leurs amours incandescentes près de la cheminée aux braises rouges avaient vu fleurir tant d'aurores, et s'endormir tant de soleils épuisés de lumières heureuses.

Il reprit ses crayons, ses pinceaux, et se remit à ses études. Helga, sommeillant sur le lit de leurs amours, nue, ou sous le drap, fesses recouvertes ou dévoilées, le bras sous la poitrine, ou une pose montrant son offrande, bras sous la tête ou l'oreiller. Encore et encore. Toujours recommencé. Jamais satisfait. Il y tenait à son projet qu'il avait appelé « Overflow ». Le trop-plein d'amour, débordement, éclatement des sens.






Peut-être qu'il ne resterait que cela d'Helga. Des touches de peinture sur des toiles, des aquarelles sur du papier, des crayonnés inachevés.
Inachevés comme leur amour.






Andrew rêvera encore à leur Noël magique tout là-bas au pied du phare, dans l'île désertée. Ce Noël dont il se souvient, puisqu'il n'a jamais existé. La mémoire de l'imaginaire peut toujours entretenir l'esprit de l'artiste..
Elle nourrit sa créativité.


Assurément, s'il est encore là, ce sera un beau Noël.
Helga sera dans ses bras, dans ses draps .
Ses œuvres témoigneront de ce Noël exceptionnel…

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Librement inspiré de la vie d'Andrew Wyeth, dont je ne sais absolument rien…

Toute ressemblance avec lui serait donc une vérité fausse.




samedi 15 décembre 2018

Ce soir, ne manquez rien…

Ce soir à la télé !
Avec les Miss !

Ce soir on vous met…
… ce soir on vous met le feu !

Et, c'est garanti par la production,
les Miss seront sans gilet jaune !
Sans rien du tout d'ailleurs !


Elle n'est pas belle la France de nos régions ?

Bidouille Alainx


Un Picard !
Un Ricard !
Sinon rien !

lundi 10 décembre 2018

Conte qui n'est pas du tout de Noël




"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie"

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Il était une fois, dans une contrée lointaine ignorée du commun des immortels, à 1000 milles de toute planète habitée, une divinité oubliée, répondant au doux nom de Ninmah.

Il n'est pas facile de vivre en errance lorsqu'on ressent au fond de soi la présence des  entrailles de l'univers et l'appel brûlant de la fécondité primaire.

Il n'est pas facile d'avoir l'unique solitude pour compagne. On a beau être d'origine divine, l'amertume envahit la bouche jusqu'à l'étouffement.

Il n'est pas facile d'entrevoir la grandeur de son destin, d'avoir l'intuition d'être l'actrice principale d'une aventure au déploiement considérable.

Il n'est pas facile de percevoir que l'ingratitude de ceux que l'on aura suscités ira jusqu'à vous bannir et vous renier.

Ninmah était une méditative éclairée. Et puis il lui fallait prendre son temps. Elle avait encore quelques millénaires devant elle, avant de voir ses entrailles s'ouvrir et déverser la pulpe fécondante qui germait lentement en elle.
Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie, pensait-t-elle souvent. Mais pourquoi ma divinité devrait-elle supporter la peur ? Il est temps que cela change. Pourquoi n'utiliserais-je pas mes pouvoirs dès maintenant ? Et pourquoi serais-je seule dans cet univers ?
Ainsi elle se mit en chemin.

Des lustres plus tard, elle arriva dans les parages d'une boule sympathique qu'elle nomma aussitôt : Terre Divine. À l'instant-même ses entrailles furent saisies de tremblements irrépressibles. Dans un cri strident et infini que l'on peut encore entendre jusqu'aux confins de l'univers, elle expulsa sa semence en une pluie de 40 jours sur toute la surface de Terre Divine.

*

Ninmah, Enki, et leurs potes
C'est ainsi que les choses se sont passées raconta Enki, le mésopotamien, à sa descendance. Sa semence fit lentement son œuvre et quelques millions d'années plus tard, l'homme apparut sur terre.
Tout le monde avait oublié Ninmah, bien entendu. Les êtres de la terre ont préféré vivre dans l'ignorance de leur origine divine. Toute perte de sens est dramatique.
Les voici donc condamnés à l'errance, ou à se battre entre eux pour faire triompher la dernière théogonie à la mode qu'ils inventent et veulent imposer. Il semblerait, qu'actuellement, tout là-bas sur Terre Divine, la mythologie à la mode soit la possession maximale de richesses au détriment d'autrui. Cela peut paraître étrange, mais c'est ainsi.

L'un où l'autre de ces bipèdes mortels, parfois, un peu plus lucide, se retire au désert et pense : « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie ».
Mais cette peur l'incite à rentrer chez lui. 
Hélas.

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Cette histoire s'inspire de mythes mésopotamiens. Toutefois, toute ressemblance avec une divinité ayant existé serait tout à fait fortuite et indépendant de notre volonté. C'est la raison pour laquelle nous demandons aux dieux du ciel et des enfers de ne pas nous condamner mais plutôt de s'en prendre à Lakevio qui nous a forcé à la composer.

jeudi 6 décembre 2018

Une intéressante rencontre.


Elles sont venues. — Le groupe de lecteurs lectrice que j'évoquais dans mon billet précédent. — Neuf femmes de 40 à plus de 60 ans. Un groupe quelque peu hétéroclite que la passion de la lecture rassemble depuis plus de 20 ans !
Il y a les historiques, les plus âgées, et puis des « nouvelles » qui sont quand même là depuis plusieurs années.
C'est la première fois que l'occasion leur a été donnée de rencontrer toutes ensemble l'auteur d'un livre qui avait profondément marqué la responsable du groupe. Je me suis présenté simplement. Aucune intention de leur raconter ma vie. Puis la responsable a parlé du livre en des termes plutôt justes et qui m'ont touché.
Dès lors cela suscitait des questions qui ont animé l'échange qui s'en est suivi. Ainsi je n'ai pas raconté ma vie, mais sans doute donner quelque peu à voir qui je suis. C'est-à-dire un être qui va le chemin de sa vie, et a pris cette option d'en rendre compte par écrit et de partager cela.
Rien de plus. Rien de moins.

J'ai été intéressé par certaines réactions de ses « grandes liseuses » !
D'abord cela m'a fait du bien d'entendre que mon écriture semblait en valoir bien d'autres… et je n'ai pas ressenti cela comme flatterie.
Ensuite, et c'est plus important à mes yeux, l'expérientiel que j'évoque est aussi analysé au regard de ce que peut être une personne fondamentalement humaine.
C'est ce que je tente de donner, peut-être par ce que j'ai  l'expérience que partager à plusieurs ainsi profondément nourrie et construit.  Donne des matériaux qui permettent d'édifier sa propre personne.

Un peu comme l'apprenti qui regarde le maître faire. Puis tente de faire comme lui. Puis peu à peu  fait « à sa manière ». Alors l'apprentissage est achevé et on peut aller sa propre route.
S'il est intelligent, l'apprenti garde une pleine reconnaissance envers son maître, car sans lui il n'aurait jamais réussi « à sa manière propre ».
Le maître enseigne par qui il EST, par sa personnalité et ses actes. Il a aussi l'humilité du pédagogue.
 C'est en cela qu'il n'est pas un professeur qui bavarde.
(J'évoque un seul le maître, mais dans nos vies il y en est plusieurs, voire un certain nombre.)

Au cours de l'échange, j'observais néanmoins les moments où j'étais en train de dériver vers le professeur qui bavarde. Comme si j'avais quelque chose à inculquer. Il m'a fallu revenir consciemment à ce que les personnes du groupe puissent exprimer leur propre ressenti. Et cela supposait que je fasse état du mien.

Ce qui m'a touché, c'est lorsque des passages de mon livre a été lus à haute voix. Les intonations que la lectrice y mettait. C'était moi, sans être moi, tout en étant si proche. Curieux effet. Je n'en avais pas eu l'occasion jusque-là autrement que dans quelques autres groupes où j'étais venu présenter mes livres. Ces fois-là c'était bien préparé, et ma compagne de vie lisait quelques passages. Mais je n'en ressentais pas d'émotion particulière. Là, comme je l'ai dit, je fus profondément touché.
Je réalisais un peu plus combien ce qu'un auteur écrit lui échappe.
Définitivement.


dimanche 2 décembre 2018

Il y a d'autres choix pour vivre





Ainsi donc ainsi donc
Il n'y aurait plus rien à faire
Qu'à mettre la clé sous la porte
De ce château sombre et désert
Où gisent nos illusions mortes
Ainsi donc ainsi donc
Vite fait serait l'inventaire
De ces chambres abandonnées
Aux lits recouverts de poussière
Aux parquets noirs de sang séché
Et sur les carreaux des fenêtres
On pourrait écrire à la craie :
"Tout demain devra disparaître
Des choses que l'on a cru vraies"
Et dans ce monde à la dérive
Pareils aux autres animaux
Nous n'aurions d'autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Il n'y aurait plus rien à voir
Circulez mais circulez donc
Ainsi finirait notre histoire
Sous le poids des malédictions
Ainsi donc ainsi donc
Faudrait faire amende honorable
Raser les murs courber le dos
Se résigner au pitoyable
Errer de goulags en ghettos
Tout ne serait que simulacre
Toute espérance sans lendemain
Rien ne servirait de se battre
Pour un monde à visage humain
Il faudrait brûler tous les livres
Redevenir des animaux
Sans avoir d'autre choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Ainsi donc ainsi donc
Contre la faim contre la haine
Contre le froid la cruauté
De la longue quête incertaine
Pour affirmer sa dignité
Ainsi donc ainsi donc
Il nous faudrait tout renier
De la bataille surhumaine
Que depuis l'âge des cavernes
L'homme à lui-même s'est livré
Ne tirez pas sur le pianiste
Qui joue d'un seul doigt de la main
Vous avez déchiffré trop vite
"La musique de l'être humain"
Et dans ce monde à la dérive
Son chant demeure et dit tout haut
Qu'il y a d'autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo
Qu'il y aura d'autres choix pour vivre
Que dans la jungle ou dans le zoo

Jean Ferrat (1991) 

vendredi 30 novembre 2018

Déconnexion

« Votre vie profonde a rencontré un problème et s'est fermée ».

Le message était apparu quelque part en lui. Seulement voilà, il ne l'avait pas vu. Cela faisait plusieurs jours que la bécane de son intériorité avait des ratés. Habituellement cela finissait par se résoudre de soi-même. Pas de panique !

Mais cela perdurait.
Pire. La bécane intérieure recevait des virus, et son logiciel de protection appelé « présence à soi-même » se montrait défaillant. Impossible d'éradiquer un malware qui s'était introduit nommé « invasion extérieure néfaste ». Vous connaissez peut-être ce genre de truc qui s'étale sur vos terres intérieures, comme une pollution au fioul lourd sur une plage jusque-là préservée. C'est visqueux, poisseux, et cela vient se coller sur vos neurones qui finissent par s'en trouver fragilisés.

Ce qui est ennuyeux c'est que lorsque vous voulez contacter l'assistance, vous obtenez ce message : « Toutes nos lignes sont occupées, veuillez rappeler plus tard ». Et plus tard, c'est encore plus tard. Alors vous commencez à craindre le « trop tard ».

Dans cette grisaille intérieure, pire que le ciel si bas qu'un canal s'est pendu, comme chantait le grand Jacques, il pensait à ce « groupe de lecteurs/trices » qui allait venir chez lui dans 48 heures, parce que les participants voulaient rencontrer « l'auteur qu'il était ». Alors il s'était dit : il vaudrait mieux dire l'auteur qu'il AVAIT peut-être été.…

C'est alors qu'il se mit à relire ses « 120 pensées plongeantes ». Au bout de quelques pages, il il vit clairement, écrit entre les lignes, et dans une grande émotion, ce message :
« Vous avez été déconnecté de vous-même ».
Ce fut comme une fulgurance. À effet immédiat. Le malware qu'il avait laissé s'infiltrer fut instantanément éradiqué. Comme par miracle.
Peut-être que cela en fut un d'ailleurs.  

Lorsqu'il tentait d'enseigner, combien de fois avait-il souligné à qui voulait bien l'entendre, à quel point « les relations vitalisantes », c'est-à-dire celles qui réveillent la vie profonde, étaient tout aussi indispensables pour l'intériorité que de respirer et de boire.

Ce dont il faisait à cet instant l'expérience, c'est qu'on pouvait être soi-même sa propre relation vitalisante. Parce que ce qu'il venait de relire , écrit il y a bien des années par lui-même, avait trait à de l'essentiel de sa propre personnalité profonde.
Il s'en était coupé, l'espace de quelques temps, se laissant envahir par une extériorité, qui, si elle existait pour ce qu'elle est, nécessitait d'être remise à la bonne distance à l'intérieur de lui.

Il se demanda même s'il allait remercier ce groupe de lecteurs de lui avoir permis de renouer avec ses assises les plus essentielles.
Il existe des périls invisibles.
Un peu comme dans ces films où le héros s'apprête à être attaqué par derrière et où le spectateur se demande :
 « — Mais bon sang ! Va-t-il enfin se retourner et voir le danger qui le menace ? ».

lundi 26 novembre 2018

La légende de Roberta










"J'écoute pas… j'entends…

collez votre oreille ! Et à lundi…"




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La légende de Roberta

Roberta aurait eu bien de la difficulté à dire depuis quand elle écoutait aux portes. Il lui semblait que cela pouvait remonter au temps où elle flottait dans un ventre inconnu. Dès que ce cartilage apparut, elle avait tendu l'oreille en direction de la paroi translucide. Ne lui parvenaient que des bruits sourds et des borborygmes curieux. Parfois une mélopée lui était agréable. Roberta se demandait si entrer en contact avec l'autre côté de la paroi utérine pouvait se révéler une chose agréable ou dangereuse. C'est dire si sa curiosité auditive ne date pas d'hier.

Roberta répétait souvent à ses amies : — « je peux tout entendre ! »
À ses collègues de bureau,  laissant tomber un sucre dans son gobelet de thé à la cafétéria, elle affirmait : — « Ici se passent de drôles de choses, j'ai déjà tout entendu ! »
Cela n'étonnait personne. Chacun savait qu'elle laissait traîner son oreille un peu partout. De méchantes langues disaient même, qu'à force, ses esgourdes étaient pleines de poussière.

Roberta avait une devise de Léonard de Vinci, écrite à l'italienne sur un papier Canson "C" à grain® 224 g/m²   , face à son lit :
« Savoir écouter, c'est posséder, outre le sien, le cerveau des autres. »
Elle était donc persuadée qu'en écoutant aux portes, sa masse cérébrale se développerait et s'enrichirait de neurones de toutes ces voix entendues.

Roberta fut victime de la modernité. À mesure que se développait l'usage du Smartphone, des réseaux sociaux, de moins en moins de gens se parlaient. La communication était de plus en plus écrite. En tendant l'oreille au maximum, en la collant, telle une ventouse, sur bien des portes, tout au plus entendait-t-elle quelques cliquetis de clavier.
Sa masse cérébrale se mit à s'effondrer sur elle-même. Écouter était aussi vital à ses yeux que  respirer.
Hélas, il faut bien le dire, elle ne respirait plus la bonne santé.

Roberta ne voulut plus écouter personne. Elle se réfugia dans un caisson d'insonorisation disposant d'une épaisseur de cloison de 60 mm en fibre de verre. Elle commit cependant l'erreur de boucher la ventilation intégrée.

Les pompiers ne purent rien faire pour la réanimer.




mardi 20 novembre 2018

Respire Alain ! Respire !…


S'il fallait se laisser aller à la « vox populi » des réseaux, médias divers, et autres colériques en jaune ;
 s'il fallait se laisser contaminer par toutes les théories déclinistes, qui nous prédisent la fin du monde dans pas bien longtemps, vers demain soir ou dimanche matin ; 
s'il fallait rentrer quasiment de force dans la volière étouffante de tous les oiseaux de mauvais augure ;…
… alors c'est certain, nous choisirions nous-mêmes par suivisme consenti la descente dans les enfers primitifs des anciens mondes.


À moins d'une vie autarcique, ce qui ne serait pas mieux, nous sommes inévitablement sous l'influence de l'environnement de pensée dominante qui s'infiltre par les pores de notre peau.

Or, l'environnement mortifère qu'on nous sert matin midi et soir, contribue insidieusement au « succès » de ces théories apocalyptiques. À force de les lire partout on va finir par y croire et donc par y concourir.

Agir ainsi pour faire peur ? Croire que cette manière amènera un sursaut salvateur ?
Mais enfin, c'est méconnaître la psychologie humaine, même celle d'un pilier de bar du café du commerce !
La peur d'un châtiment n'a jamais empêché quiconque de faire des bêtises.
Seule une attitude positive et proactive peut susciter l'engagement vers un changement dont on attend personnellement et légitimement d'en retirer au moins quelques bénéfices.
Sinon on se contente de rejoindre le clan des râleurs professionnels.


Il ne faut jamais négliger les forces d'attraction et de coagulation des pensées insidieuses. Surtout lorsqu'elles sont sans cesse relayées par des collectifs protéiformes et poisseux.
C'est d'ailleurs une méthode dite « de rééducation » que tous les régimes totalitaires ont mis au point parfaitement et appliquent allègrement.

Chacun fait le choix qu'il veut. Personnellement je dirige mes pas à l'opposé de ces théories là. Pour une raison simple : je crois à l'avancée de l'homme et de l'humanité, y compris, et surtout peut-être, lorsqu'on essaye de le faire respirer dans le brouillard des gaz asphyxiants.
Photo du net

Pour ce faire, voilà 40 ans que j'appartiens à un collectif :
— de celles et ceux qui croient au potentiel de transformation positive inscrit dans l'être humain ;
— de celles et ceux qui ont choisi les moyens concrets pour y arriver ;
— de celles et ceux présent et avenir qui sauront mettre la priorité sur la formation humaine à partir de l'être profond, l'éducation et l'apprentissage de la fidélité à sa conscience profonde
— de celles et ceux qui ont assaini un passé difficile fait de blessures et de traumatismes, et ont ainsi leurs énergies disponibles pour l'action constructive ; 
— De celles et ceux qui à partir de là se sont engagés pour des actions positives, efficaces   et génératrices de « mieux vivre » pour leurs semblables, parce que l'être profond et fondamentalement fraternel.
— De celles et ceux…
Je pourrais continuer ma liste en ce sens.

Je forme le vœu que quelques-uns de celles et ceux qui liront ces lignes, sont en capacité de rejoindre ce collectif.

C'est un impératif pour que quelque chose change effectivement dans le bon sens.
Il ne s'agit pas de descendre dans la rue pour le proclamer
il s'agit humblement, très humblement, très très humblement, d'en vivre autour de soi chaque jour que la vie nous offre… comme un cadeau…

Alors nous respirerons mieux, nous aurons les poumons moins pollués de scories délétères.

J'ai dit ci-dessus humblement : parce que cela va prendre des années et des siècles. Et que nous n'aurons apporté qu'un millième de mg dans tout cela. 

Mais nous l'aurons apporté…

Il ne s'agit pas de faire la part du colibri (pour reprendre cette légende).

Non il ne s'agit pas de faire comme  ; il s'agit D'ÊTRE colibri... et l'accomplissement se développera.

lundi 19 novembre 2018

La consigne du lundi




1) Commencez impérativement votre devoir par la phrase suivante : "Voici l'heure où commence l'histoire de Germaine Malorthy, du bourg de Terninques, en Artois."(emprunt à Georges, sous le soleil de Satan).

2) Terminez impérativement par la phrase suivante : "La nuit noire et le bruit assourdissant des criquets s'étendent de nouveau, maintenant, sur le jardin et la terrasse, tout autour de la maison." (emprunt à Alain et sa jalousie).
Entre les deux, casez ce que vous voulez.



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une étrange famille.

Voici l'heure où commence l'histoire de Germaine Malorthy, du bourg de Terninques, en Artois. Avant ce n'était qu'une jeune fille ordinaire, menant une vie ordinaire, dans un milieu ordinaire.
L'heure dont il s'agit fut celle de son 18e anniversaire. Lorsque son père lui offrit une petite voiture électrique pour marquer l'obtention de son permis de conduire. Et aussi lorsque sa mère lui offrit en cadeau « Sous le soleil de Satan » de Georges Bernanos, qu'elle avait acquis la semaine précédente sur Amazon.
— Lis ce livre, tu comprendras bien les choses, déclara la mère d'un air aussi solennel que mystérieux, en lui remettant l'ouvrage.

Ce soir-là elle en lira les premières pages du fonds de ses draps chauds. Elle réalisa qu'elle portait le même nom de famille que l'héroïne du roman. De plus elle était née en Artois, mais pas dans la même bourgade que la Germaine. Elle mit longtemps à s'endormir à raison de cette coïncidence troublante.

Le lendemain elle interrogea sa mère qui lui expliqua que leur famille, les Malorthy,  étaient directement issus d'une lignée étrange qui remontait probablement à l'origine de l'imprimerie. Il convenait à présent qu'elle apprenne la vérité. Leur existence dépendait directement d'un certain nombre d'auteurs littéraires.
— Mais alors, mon destin est tout tracé, et je ne peux pas faire ce que je veux, se désola la fille Malorthy. Pourquoi faut-il que je dépende du bon vouloir des auteurs ?
— Tu sais, répliqua la mère, chez les véritables humains c'est un peu pareil. Ils sont menés par des fils invisibles, mais se refusent à le reconnaître. L'avantage que nous avons sur eux, c'est que, sans être éternels, nous vivons très longtemps, aussi longtemps que les auteurs voudront bien s'intéresser à notre sort et nous faire poursuivre une existence qui, surtout en ce qui concerne notre famille, n'est pas prêt de s'arrêter, si j'en crois le succès que remporte notre auteur à travers les années et peut-être les siècles.
Même le cinématographe s'est intéressé à nous, c'est dire si nous avons encore une ou deux éternités devant nous.

Réfléchissant à tout cela, la fille Malorthy, partit faire une promenade dans la campagne environnante, tentant d'apaiser les battements de son cœur, suite aux révélations étonnantes qui venaient de lui être faites.
Dans un éclair nocturne elle comprit tout à coup pourquoi il avait fallu déménager du jour au lendemain pour aller vivre dans le midi.
— C'est à cause d'Alain, lui avait dit sa mère. Elle ne connaissait pas de Alain, mais, trop jeune, ne posa pas de questions.
À présent c'était clair, c'est cet auteur (une sorte d'écrivain philosophe) qui en avait décidé.

Elle  rentra lorsque le crépuscule s'était éteint. Après tout ce n'était pas un destin si tragique d'être à la merci de ces personnes, bien au contraire.

Elle se mit à penser en regardant les étoiles :

— Quelle Aventure extraordinaire, je vis à l'instant exactement ce qu'il a écrit "La nuit noire et le bruit assourdissant des criquets s'étendent de nouveau, maintenant, sur le jardin et la terrasse, tout autour de la maison.


jeudi 15 novembre 2018

Une importante découverte


Vous n'êtes pas sans ignorer que Clytemnestre accoucha de quadruplés, (trois filles et un garçon) fruits de ses amours avec le roi Agamemnon.
Elle envoya ces derniers à son mari par Chronopost, — enfin celui de l'époque, bref le dieu Hermès. 

Afin qu'ils ne s'abîment pas en chemin, elle enveloppa les filles de pétales de roses. En revanche, le garçon fut emballé dans des feuilles de chou de peur qu'il ne devienne efféminé.
Il fut donc décidé pour l'éternité moins un siècle que les garçons naîtraient dans les choux.

C'était faire fi des travaux de Tancrède de Labourriche, ethnobiologiste ; ainsi que de ceux de Maximilien de Robespiaigle, ethnobotaniste, qui découvrirent tout récemment (en octobre 2018), au fond de la forêt amazonienne, que  l'Helicolaoidolinonia à bourgeon cyclique était capable, lui aussi, de produire des bébés mâles par cycles de quatre ans.


En avant-première mondiale je suis autorisé à publier la photo qu'ils ont ramenée de ces contrées lointaines.


Cliquez sur le BB pour le faire grandir

et sinon, l'original est ICI

lundi 5 novembre 2018

Retour vers l'après







Les sourires peuvent cacher bien des choses
ou révéler d'heureux ou surprenants moments...
A quoi (à qui) pense donc Anna ?
A qui  (à quoi) pense donc Edmond ?

Je suis sûre que vous savez.



*****




Edmond — Tu te souviens quand je te contais fleurette ?

Anna — Tu penses bien, même que tu t'intéressais déjà à ma boutonnière.

Edmond — Alors là, je te tire mon chapeau ! Tu as vraiment bonne mémoire.

Anna — Depuis l'eau a coulé dans ma rivière et j'ai perdu mon diamant.

Edmond — Il fallait bien enrichir la génération.

Anna — Tu as  beaucoup aimé mon vison.

Edmond — Tu le sais bien, d'ailleurs je le caressais toujours dans le sens du poil.

Anna — Je m'en souviens, autour du poêle, surtout l'hiver tu y mettais tes mains au chaud.

Edmond — C'est loin tout ça ! Maintenant tu es vieille et moche.

Anna — Et toi, au lit, tu ne tiens plus tes promesses.

Edmond — Il il y a longtemps que je n'exploite plus mon précieux bien.

Anna — Maintenant c'est l'heure, le juge nous attend pour le prononcé du divorce.

Edmond — Allons y, débarrassons nous de cette corvée.