lundi 13 août 2018

la recherche du bonheur

Longtemps j'ai cru que le bonheur était une affaire solitaire. Quelque chose entre soi et soi.
Je m'en suis peut-être approché. Je crois même avoir cru l'apercevoir.
 Allait-t-il venir ?
Il n'est pas venu.

Longtemps j'ai cru que le bonheur était une affaire de couple. Il me fallait  donc l'attendre, elle.
Allait-elle venir ?
Celle qui est venue alors ne m' apporta que tourments d'un amour impossible.


Longtemps j'ai cru que le bonheur ne serait pas pour moi.

Chercher le bonheur c'est sans doute ne jamais le trouver.
Chercher à vivre l'intensité du moment qui passe c'est le faire arriver.

Mon bonheur a surgi à l'instant même où, définitivement, je ne l'attendais plus.



Photo AlainX




lundi 6 août 2018

Mystère et bonheur


Probablement que je garderai de cette première partie de vacances des souvenirs intenses.
Il est vrai que chaque année a sa particularité, Mais celle-ci semble posséder une surabondance.

Cela tient sans doute à la qualité des rencontres faites, À moins qu'il s'agisse de ma propre qualité de présence à autrui durant cette période, même si cette hypothèse à un arrière goût de prétention.

Quoi qu'il en soit l'époque fut marquée par un subtil bonheur qui n'a cessé de m'habiter. Quelque chose de doux avec une absence d’effervescence et de débordements. Cela n'a pas empêché les rires fous au cœur des échanges profonds.

Certaines conversations ont illuminé mon cerveau et mon cœur. À un âge avancé il est toujours possible de s'enrichir au-delà de ce que l'on croyait possible.

On pense toujours connaître ce que l'on ignore de la personne. On se trompe souvent. Tant mieux. Cela augmente l'humilité nécessaire. En même temps on plonge non sans crainte dans le mystère et la profondeur de l'autre, ainsi que l'inaccessible et insondable énigme de celui qui ne nous ressemble pas.


Être invité à visiter les paysages intérieurs que l'autre nous propose de rencontrer, vaut largement toute la beauté  des merveilles naturelles  qui s'offrent à nos yeux, quand bien même celles-ci méritent le déplacement.

Photo AlainX

jeudi 2 août 2018

Revenir— Repartir


Oui, ça va, je vous remercie… !

Mes vacances se déroulent dans d'excellentes conditions.
Enfin, quand je dis mes vacances, est-ce que je ne suis pas vacances toute l’année ?

Bon, je pourrais développer le concept de vacances en long et en travers, mais franchement, est-ce que cela en vaut la peine alors que vous lirez peut-être ce texte sous la canicule…

Cette escapade sur le net n’a pour objet que de vous faire un petit signe en passant, car je suis dans la situation indiquées dans le titre de ce billet.

Je me suis baladé dans divers endroits de notre beau pays. De la Nouvelle Aquitaine jusqu'aux greniers à blé du Grand Est, en passant par la Bretagne. Je ramène une flopée de photos Je vous en montrerai quelques-unes bientôt…

Je vous laisse provisoirement avec deux charmantes personnes donc j'ai surpris la conversation sur la plage de Chatelaillon (*)

Tiens, cela me rappelle une vieille histoire :
—Dis papa, c'est encore loin l'Amérique?
— Tais -toi, et nage ! 





(*) Mais non voyons, moi qui ai inventé le dialogue !

jeudi 12 juillet 2018

Vas-y Jonathan !

De passage chez moi, et non pas à Cajarc (comprenne qui peut), et avant de partir pour une rencontre de quelques jours qui me tient à cœur, je fais un petit signe à mes fidèles lectrices et  lecteurs… et même aux infidèles, quand bien même ils n'en sauront rien…

Je passe de belles vacances dont je vous reparlerai probablement.
Pour l'immédiat, je vous laisse avec une rencontre insolite, que mon appareil photo en pleine action m'a permis de saisir à vif.

Et que le couple dont il s'agit (birtanique, semble-t-il… ) me pardonne de l’avoir quelque peu brocardé… mais ce n'est quand même pas moi qui ai pris une telle pause !

À plus tard… et portez-vous bien…


Photo AlainX


jeudi 21 juin 2018

Voici venir le temps…



… Des rires et des chants
dans l’île aux enfants…

… Et aussi aux grands… y'a pas de raison…

L’été, c’est le temps des escapades

À bientôt !

(cliquez sur les photos pour les voir en plus grand)



Photo AlainX

Photo AlainX

Photo AlainX

mardi 12 juin 2018

La nature enseigne.

Ce matin, le support de ma méditation fut un arbuste.
Longuement je lai fixé, bien installé, en position relax, dans ma bécane à roulettes.

Il a été taillé il y a peu par le jardinier.
Celui-ci m'a expliqué que la taille sur les côtés favorisait la montée de la sève pour qu'ils fleurissent longuement à son sommet.
L'arbuste, qui se mit à fleurir quelques jours plus tard, me le confirme.

J'ai repensé à l’un de mes maîtres qui évoquait que pour aller dans le sens de ce pourquoi on se sent fait afin de donner toute sa mesure, il fallait élaguer parmi les actions et les engagements multiples que l'on pouvait avoir. Et il avait eu cette expression qui m'est profondément restée : « Élaguer ce n'est pas couper des branches mortes, c'est couper des branches vives ».

Ce que j'ai fait quelques années plus tard (il faut parfois du temps pour comprendre l'enseignement reçu…), et qui eut pour conséquence ce que je pense être une plus grande fécondité et un plus grand bonheur.



mercredi 6 juin 2018

Quelques questions existentielles


Est-ce que le savoir-vivre  permet à celui qui le pratique  régulièrement de  reculer l'âge de sa mort ?

À bon entendeur Salut : Est-ce que cela signifie que les sourds iront en enfer ?

Si on est certain que Malbrouck  s'en va en guerre, mironton-mirontaine, et reviendra à Pâques ou à la Trinité : alors à quoi donc sert Noël ?

Lorsqu'on appelle quelqu'un à cor et à cri, faut-il un cor de chasse, ou un cor d'harmonie ? Est-ce qu'à défaut, un trombone à coulisse peut pousser son cri ?

Avoir maille à partir avec quelqu'un entraîne-t-il l'obligation de rester ?

Peut-on briller par son absence, tout en restant dans l'ombre ?

Chercher midi à 14 heures peut-il remettre les pendules à l'heure ?

Lorsque l'on coupe l'herbe sous le pied à quelqu'un, peut-on prétendre défendre l'écologie ?

On dit que les écrits restent mais que les paroles s'envolent, et dans ce cas où vont-elles et qui est chargé de les ramener à la maison ?

La nuit porte conseil, mais que porte le jour ?

Pourrais-je faire des pieds et des mains si les bras m'en tombent ?

Qui vole un œuf vole un bœuf. L'adage peut-il s'appliquer à celui qui met la charrue avant les bœufs ?

Existe-t-il des moutons de Panurge qui puissent monter sur leurs grands chevaux ?

Lorsqu'on pêche en eau trouble, faut-il nager entre deux eaux ?

Celui qui parle français comme une vache espagnole, risque-il d'en perdre son latin ?

Lorsqu'une petite pluie abat grand vent, est-elle passible de la cour d'assises ?

De même : Tuer le temps justifie  des poursuites judiciaires. Mais est-ce un meurtre ou un assassinat ?

Est-ce moral de se faire de la bile ? N'est-ce pas égoïste de ne pas la partager avec ceux qui ne s'en font pas ?

Se monter le bourrichon est-il possible si on a perdu le mode d'emploi ?




mercredi 30 mai 2018

Le destin d’un CRS



Une consigne d'écriture de Kaléïdoplumes




Ecrivez un texte inspiré de cette photo et dont l'excipit sera cette phrase de Zola:

En mai, une végétation formidable crevait ce sol de cailloux

***



Le destin d’un CRS

***

Ce jour là, mon mari m’avait offert du muguet. D'habitude, pour le 1er mai, il n'agissait pas de la sorte. Faut dire que la plupart du temps il était de service. Mais pas cette année-là, exceptionnellement il avait congé. C'est deux jours plus tard que tout a commencé. Quand ils ont envahi la Sorbonne.
— Encore un truc de ces cons d’étudiants, s'était-il exclamé avant de rejoindre ses collègues.

Dès le 6 mai on vit apparaître le slogan CRS = SS. Ça n'a vraiment pas plu au gars de la CRS-5, que commandait mon mari. Cela lui a encore moins plu lorsqu'il apprit que notre fils Jean-Marie, en première année de droit, participait aux manifs. Ils se sont engueulés à la maison, et j'ai même cru, à un moment, que mon mari en viendrait aux mains. Ce soir-là, je crois que je n'avais jamais gueulé aussi fort de ma vie. Ça les a tellement surpris, qu'ils se sont calmés. Mes cris ne se sont pas calmés pour autant. Une véritable crise hystérique. Aujourd'hui j'y repense avec un sourire en forme de rictus, car mes deux hommes se sont réconciliés en me consolant. Ma crise se termina dans des profonds sanglots irrépressibles.

Comment oublier le coup de sonnette de ce 11 mai 1968, accompagné de tambourinement dans la porte, qui me firent accourir affolée, craignant le pire. Comment oublier les propos du commandant des pompiers, quand dans son jargon officiel, il parla de « blessé au front, d'enfoncement de la boîte crânienne, d'hospitalisation, de séquelles qui pourraient être graves » et d'autres termes de ce genre. Mon mari, Commandant de la CRS-5 avait été blessé, recevant en pleine face un pavé lancé par un étudiant manifestant. Ses jours étaient peut-être en danger. Et mon fils qui n'était pas rentré. Et la radio qui venait de parler d'affrontements terribles dans la nuit du 10 au 11 mai entre étudiants et forces de l'ordre.
Cela devait arriver : Quelle allure ils avaient tous ces CRS, avec leurs blousons de cuir qui ne les protégeaient de rien, leurs casques sans visière, de banales lunettes de motos pour protéger les yeux, mais rien pour être à l'abri de jets de gaz ou d'acide. Et cette obligation ridicule de porter cravate ! Et pour se défendre, une simple petite matraque ! Ah si ! : un pistolet Mac 50. Mais ils n'allaient quand même pas tirer sur des étudiants qui pourraient être leurs enfants !
Les étudiants se protégeaient mieux qu’eux ! De plus ils utilisaient des pavés comme projectiles qui venaient de fendre en deux la tête de mon mari !
D'accord, mon époux fut bien soigné, il eut droit à des remerciements chaleureux de sa hiérarchie. Même le Ministre se manifesta. Et puis… plus rien…

C'est au cours de l'été 1969 que mon mari mourut dans un grave accident de voiture, sur une route toute droite, il finit contre un arbre. Ne croyez pas que l'enquête démontrera qu'il roulait trop vite, ou mal, les autres automobilistes témoins de l'accident déclarèrent que la voiture alla directement se planter dans l'arbre. Certains eurent l'outrecuidance de faire l'hypothèse qu'il se serait suicidé. En réalité il eut un malaise au volant. IL s'agissait des suites directes des séquelles irrémédiables qu'il gardera du pavé qu'il avait pris dans la gueule.
J'ai fait des pieds et des mains, je suis intervenue auprès du préfet de police Grimaud pour obtenir la reconnaissance des origines de l'accident. Rien à faire. Il me faudra attendre 15 ans pour enfin obtenir cette légitime reconnaissance de la part de l'État, grâce à Henri Emmanuelli secrétaire d'État. Je n’ai jamais reçu qu’une pension minime.
Voilà comment l'État montre sa reconnaissance à ses serviteurs qui défendent l'ordre public.

En ce 1er mai 1998, 30 ans après tous ces événements tragiques, je suis allé me promener en forêt, repensant à ces années tragiques et celles des galères qui ont suivi. Mon fils, Jean-Marc, ne s'est jamais remis de tout cela. J’irai le voir très bientôt dans son hôpital psychiatrique.
Je me suis dit : la vie doit continuer, quoi qu'il arrive, la vie est plus forte que tout, plus forte que moi-même, et elle me soutient. Je la voyais surgir devant moi. L'Espérance ferait un jour ma joie. En ce mois de mai, une végétation formidable crevait ce sol de cailloux.


—————————
Ce texte est librement inspiré et adapté à partir de  l'événement véritable concernant le Commandant Journiac de la CRS-5, qui eut un enfoncement de la boîte crânienne par un pavé lancé par un manifestant. Il décéda un an plus tard dans un accident de voiture. Sa veuve mena pendant 15 ans le combat brièvement évoqué dans ce texte.



vendredi 25 mai 2018

Offrir son bonheur où faire plaisir ?

« Quand je suis allé à l'école, ils m'ont demandé ce que je voulais être quand je serai grand. J'ai écrit « heureux ». Ils m'ont dit que je n'avais pas compris la question. J'ai répondu qu'ils n'avaient pas compris la vie »

Au hasard des clics, je suis tombé sur cette petite phrase attribuée à John Lennon. J'ignore si l'anecdote est vraie, peu importe, nous en resterons aux intentions de l'auteur.
En premier, je me suis dit que j'allais poser la question aux aînés de mes petits-enfants. En tout cas ceux suffisamment avancés en âge pour se projeter dans leur avenir.
Il m'est déjà arrivé de le faire bien sûr. Sauf que je posais la question :
— Qu'est-ce que tu aimerais FAIRE plus tard ?
Bon d'accord, je suis parfois un peu con…
Dans la citation il est question de vouloir ÊTRE quand on sera grand.

Plus tard je serai… est plus intéressant que plus tard je ferai
Dans la mesure où l'être engendrera naturellement le faire, alors que l'inverse n'est nullement la garantie d'une vie réussie. Combien de gens font ce pourquoi ils ne sont pas faits.

Je me suis demandé ce que j'aurais répondu à l'école, si on m'avait interrogé de la sorte. Je l'ignore. On ne m'a pas posé ce genre de questions. La seule valeur que je pouvais peut-être avoir était celle qui résultait de mon bulletin scolaire hebdomadaire. C'est dire si je ne valais pas grand-chose !

En me remémorant rapidement mon histoire, en repensant à un billet récent, plutôt que « heureux » j'aurais peut-être écrit « désirer les gens heureux », ce qui n'est finalement qu'un complément, une extension du simple mot « heureux ». Car on ne peut offrir à l'autre que le bonheur dont on dispose soi-même pour lui. J'en ai l'expérience avec ma compagne depuis plus de 40 années. Son bonheur d'être, qui est comme une permanence chez elle (et même dans les épreuves que nous avons traversées), j'en suis le premier bénéficiaire, à l'unique condition (mais elle est d'importance) d'accepter de le recevoir au jour le jour. Ce qui contrairement aux apparences n'est pas toujours de première évidence.

Beaucoup de gens aiment « faire plaisir ». Moi pas. Je ne crois pas avoir jamais dit à quelqu'un : 
— j’ai fait cela pour te faire plaisir. Pas plus que je n'ai demandé : — Si tu pouvais faire ceci, ça me ferait plaisir. » Je pense à une femme dans mon entourage qui sans cesse « cherche à faire plaisir ». Le problème est qu'avec nous elle n'y arrive pas ! Le nombre de bricoles qu'elle nous a offert quand on l’invite et qui sont remisées dans le garage en attendant qu'on s'en débarrasse… Ce qu'on n’ose même pas faire… Difficile, sans doute pour elle, de réaliser qu'on aime sa présence, ça oui, mais que ses bricoles ne nous font pas plaisir ! C’est comme si, avec ses petits présents, elle achetait une sorte de droit d'être avec nous. Croyant à tord que sa seule personnalité humaine ne peut suffire à nous combler. Un peu comme s'excuser d'être en apportant un objet.

Il y a plus de 30 ans que nous la connaissons. Un jour j'ai abordé gentiment la question de ces petits « cadeaux », cherchant à aller  plus loin que le « — mais non il ne fallait pas… ». Le petit échange  s'est terminé par :
— Mais ça me fait tellement plaisir !
Voilà, elle était là la réponse. Son plaisir à elle, nécessaire à se faire accepter. Sans doute faut-il parfois passer par des codes sociaux que l'on a inventés pour fluidifier certaines situations relationnelles. Toutefois il me semble regrettable que l’on reste accroché à cette codification. Elle apparaît alors comme un frein à une certaine vérité.

Pour en revenir au bonheur d'être, pour ma part, j'aimerais tant parvenir à le manifester d'une manière de plus en plus ajustée vis-à-vis d'autrui. Je connais son effet d'osmose pour en avoir été le réceptacle. J'ai parfois constaté ma capacité à « faire du bien » sans chercher à en faire… Simplement parce que j'étais là, et pourtant je ne rendait pas de service particulier.
 Rendre un service précis mais « ordinaire », plusieurs personnes sont capables de le faire en aboutissant à un résultat de qualité comparable. Mais rendre le service d'offrir sa présence. C'est unique. Personne d'autre que nous n'est à même de le faire… puisque c'est de nous que l'on attend cela…
Il est des personnes que j'ai du bonheur à rencontrer, simplement parce que ce sont elles. Je n’attends rien d'autre que cela : qu'elles soient. Difficile à expliquer. Ce n'est pas un phénomène de rationalité démontrable. Ce n'est même pas ce que d'aucuns appellent des atomes crochus. Une sorte d'émanation qui se dégage de la personne. Comme les effluves d'un parfum qui nous comble et nous réjouit.
Pas besoin que la personne nous fasse plaisir, puisque ce n'est pas de l'ordre faire…

lundi 21 mai 2018

Toujours la même chose



"Il est six heures du soir, l'été." 



Exercice où il s'agit d'étoffer votre texte autour de la phrase tirée du premier roman de Jean Giono - Colline - 1929.


-o0o-



Il est six heures du soir, l'été. Je l'ai attendu toute la journée. Il ne viendra plus désormais. Demain peut-être.  Mon mari m'a promis de revenir. Je n'ai pas de raison d'en douter. Il ne pourra pas se passer de moi plus longtemps. Les hommes ont toujours besoin de revenir vers la femme. Ils font leurs fanfarons devant leurs potes au bistrot, parce qu'ils en sont au sixième pastis et que le jaune commence à leur mettre le rouge à la figure. C'est l'instant où ils disent n'importe quoi sur nous, leurs femmes, sans lesquelles ils ne seraient pas grand-chose, mais de cela il ne saurait être question de le reconnaître.

Il a promis qu'il aiderait à retaper la maison qui en a bien besoin. Cela fait deux ans qu'il a commencé. Il faut bien reconnaître que cela n'avance pas beaucoup. C'était la maison de mes parents. Pas des siens. C'est peut-être pour cela qu'il traîne. Il n'a jamais beaucoup aimé ma mère.
— Les belles-mères ! Toutes les mêmes !…
C'est ce qu'il répétait souvent. Qu'est-ce que cela voulait dire. Les mêmes que quoi ? Quand je posais la question il répondait systématiquement :
— Les mêmes ! Toutes les mêmes ! Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus !

Il a promis qu'il s'occuperait mieux de l'éducation des enfants. Surtout l'aîné. On a quand même pas mal de problèmes avec l'aîné. Faut voir ses résultats scolaires. Moi, je fais ce que je peux, mais quand même, l'autorité paternelle, ça doit être lui ! Quand je lui en parle il répond :
— Les gosses ! Tous les mêmes !
C’est pas une réponse. Je lui ai dit. Les mêmes que quoi ? Que  qui ? Parfois j'ai l'impression qu’il cherche à fuir ses responsabilités.

Il a promis qu'il chercherait un travail valable. Parce que faire des bricoles, des « brocantes » ça et là moyennant quelques billets, c'est pas une vie professionnelle, ça ! C'est pas les emplois qui manquent ni les propositions dans la région où nous sommes. Il devrait trouver. Quand je lui en parle il répond :
— Les patrons ! Tous les mêmes !

Je lui ai promis de rester avec lui, parce que je l'aime. Sauf que depuis que j'ai croisé Alfonso, avec sa carrure d'athlète, ses cheveux noirs gominés et tirés en arrière, son si bel accent italien, ses mains fines, et cette bouche qui m'a fait un petit choc électrique. Si j'ajoute ses beaux yeux bleus délavés qui éclairent son visage basané, je dois dire que je me pose des questions…
Il n'y a que quelques semaines qu'il s'est installé dans la maison voisine. Quand mon mari l'a entendu parler avec son accent et quand il l’a vu, il s'est exclamé :
— les italiens ! Tous les mêmes !

Il est 6h30 du soir. Je vais dépendre le linge. Je mangerai seule un morceau de fromage. Et puis je me mettrai au repassage, devant la télé. Ils passent « Regain » de Marcel Pagnol, avec Fernandel. Paraît que c'est tiré d'un bouquin de Giono.
— Mes soirées  en solitaire ! Toutes les mêmes !


jeudi 10 mai 2018

Hors du monde.

Ce furent des journées infiniment agréables que je viens de passer sous un soleil bienveillant et  une petite bise  charmante en bord de mer.
Nous avions décidé de vivre ces jours hors du monde, si ce n'est hors du temps. Cela veut dire : ni radio, ni musique, ni Smartphone, ni journaux, ni TV, ni évidemment Internet. Uniquement le silence, le clapotis des vagues.

C'est fou comme cela me fait du bien. Je l’avais presque oublié. Comment se fait-il que durant l'hiver je me sois laissé aller à cette sorte d'addiction aux écrans. À ce tourbillon incessant d'une actualité envahissante, contre laquelle je ne peux rien. L’impuissance à agir fatigue et déstructure le psychisme. Je n'ai plus l’âge des chimères qui consistaient à penser que des mots déposés ici ou là dans un article, une revue, sur le net ou ailleurs, pouvaient  influer d'une quelconque façon la marche de la planète… 

En quoi cela sert-il de faire du bruit avec d'autres qui en font déjà des tonnes ! (du buzz comme on dit maintenant…)
Je sais bien que tout un chacun dispose d’un fond de mégalomanie depuis l'aube de l'humanité, mais cela ne justifie pas d'en rajouter des doses inutiles… 

Le silence conduit irrémédiablement au réel, c'est-à-dire une autre écoute, celle qui vient de l'intérieur. Bien sûr, on peut alors entendre le tumulte, le tintamarre et le tohu-bohu de nos agitations  psychologies envahissantes, que l'on n'a pas encore réussi à maîtriser, calmer ou extirper de nous. Mais cela n'est pas encore le réel de notre personnalité profonde. Ce ne sont que des agitations dont nous croyons qu’elles nous constituent, alors que ce n'est jamais que nous qui les agitons comme le  bébé agite son hochet, qui alors fait du bruit, jusqu'à ce qu'il arrête de le remuer. Et là, c'est le calme….

Lorsque nos marasmes et nos chaos internes se calment, s’en vient le réel qui nous constitue, c’est à dire la paix intérieure, bienfaisante et salvatrice, comme une permanence de Présence, qui semble nous placer hors du temps.

Mais pour cela, je ne sais pas faire autrement que vivre une coupure nette avec ce bourdonnement incessant, fatigant et nuisible du « bruit social » qui ne cesse de crier à mes oreilles, ses inepties, ses rumeurs alarmistes, ses interprétations perverses, ou ses analyses d’un futur catastrophique qui mettra fin à l’humanité rapidement. Si cela est vrai, je me demande pourquoi les gens ne se suicident pas par millions. Il faut croire qu'ils aiment envisager la catastrophe, mais n'y croient pas pour eux-mêmes. D'ailleurs, c'est un fait, les gosses aiment  jouer à se faire peur…

Hors du monde ?
Personne ne peut vivre hors du monde…
Il s'agit plutôt de passer dans l'autre monde.
L'autre monde n'est pas ailleurs qu'ici, mais il est « Autre »
La paix permanente qu'offre l'intériorité profonde, celle que je connais, est déposée dans un être humain, moi !, qui n'est pas hors de la planète… Et qui n’est pas non plus débarqué d'un engin spatial venu d'une autre galaxie…

 « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse à la manière de ce monde, mais je vous promets de vous rendre heureuse à la manière de l’autre monde ».
Telle fut la promesse reçue par ma copine Bernadette Soubirous, dans le fond de son coeur de jeune fille, par une certaine Dame. J’étais alors un jeune garçon de 10 ans lorsque je lus ce récit. Il me marqua pour toujours. La suite me démontrera combien l’intuition que cette femme aura une grande importance pour ma vie

Tout regarder et tout vivre depuis cet « autre monde » pacifié en moi, c'est peut-être cela mon désir le plus cher, pour la réalisation duquel j’aimerais plus  me mobiliser  que je ne le fais.

vendredi 4 mai 2018

Et donc....

... Puisqu'il va faire beau...
j'irai là-bas !

À bientôt !

Prenez soin de vous !

Photo AlainX (clic dessus)

mercredi 25 avril 2018

Mettre au monde du bonheur

Lorsque l’homme grimpait à la corde à noeuds dans les greniers de sa mémoire, ou même lorsqu'il descendait en rappel dans les abysses de celle-ci, il retrouvait des souvenirs de l'enfance baignés dans les lueurs arc-en-ciel de son bonheur de gosse qu'il n'avait cessé de répandre autour de lui, malgré les corbeaux noircissant ses cieux, et bien qu'il ait lui-même vécu par ailleurs des désespérances, tels des trous noirs où tout est appelé à disparaître éternellement. 

Les bonheurs indigo, le bonheur arc-en-ciel, créaient des ponts entre les horizons contrastés des adultes préoccupés par des problèmes d'adultes. L'arc-en-ciel n'est jamais éphémère dans l'univers de l'enfance.

 Les joies jaunes, les plaisirs violets, l'allégresse verte, la jubilation orangée, l’enchantement rouge, la volupté bleue, que l'on pouvait apercevoir dans les irisations des gouttelettes d'étoiles de rosée, n'arrivaient pas jusqu'à la rétine des adultes, trop occupés à chercher sous la table de travail, dans l'obscurité, avec une et lampe de poche,  les petites miettes de griserie temporaire qu'ils avaient malencontreusement balayées d'un revers de main. Ils tentaient de les saisir  au bout de leurs doigts mouillés de la sueur des travailleurs. Il fallait sur ces terres arides de l'incessant labeur, ramasser les miettes de ce qu'ils croyaient être le sommet de la félicité accordée aux gens sérieux.

Lorsque l’homme ouvrit le quatrième tiroir à gauche du semainier oublié dans le grenier des souvenirs pénibles, rejaillit ce jour où le père avait plaqué sur sa joue cinq doigts dans un bruit sec auquel s'était ajouté un commentaire explicatif : —  « Tu l’as bien méritée ! » Son mérite fut d'avoir tenté, vainement, de dérider le front de ce père que des années de vaines préoccupations pour l'avenir allaient finalement amener à la tombe. Cet acharné du travail s'était certainement évertué au long de la sainte journée à creuser un peu plus sa ride du lion, en sorte qu'il lui fallait rugir. Tandis qu'il parlait avec sa femme de cet insoluble problème, qui était certainement celui du siècle ; pour les distraire tous deux de leur préoccupation majeure, et qu'après tout le soir il faut savoir penser à autre chose, le fils se mit à chanter l’air célèbre de l’opérette Dédé, vue en famille  : « Dans la vie faut pas s'en faire, moi je ne m’en fais pas, ces petites misères seront passagères…. » Le gamin ne poursuivit pas plus loin sa chanson. La main du père avait donné le coup de cymbale final.
Les jeunes comiques sont de grands incompris dans leur art de la dérision. Dérider par dérision, c'était pourtant une chouette idée.

Maintenant que l’homme approchait du commencement de la fin, il s'autorisa à penser qu'il avait toujours détenu en lui la capacité de mettre au monde un certain bonheur. L'accoucheur n'est pas l'accouchée, mais son aide peut-être précieuse. Mais en ce temps-là il n'avait pas l'art et la manière. Simplement quelques balbutiements inacceptables et d'ailleurs largement inadaptés, ce que lui confirma la douleur sur la joue. Il n'empêche, l'intention y était. Offrir un peu de bonheur par amour juvénile.

Plus tard il apprendra le chemin étroit, parfois escarpé, toujours passionnant, tantôt entouré de petites fleurs odorantes et multicolores, tantôt boueux et nauséabond, au point d'en être décourageant. Le chemin qui mène au bonheur et au partage du bonheur. Ce chemin rempli de petits bonheurs, de petites victoires, de grandes batailles, d'armistices renouvelés, et d’un traité de paix au final.

Plus tard encore, il apprendra que le père en question avait toujours regretté son geste. Il l’apprendra de sa bouche du père retraité, qui avait vu des milliers et des milliers d'hectolitres d'eau passer sous les ponts de son existence, dont il pouvait être fier. L'homme découvrira alors qu'il avait depuis longtemps pardonné ce geste, l'avait rangé dans sa mémoire, dans cette grande armoire étiquetée : « à ne jamais reproduire en tant qu'adulte ».

L'étonnement est une chose étonnante. L’homme avait cru que ses semblables étaient inlassablement et très concrètement en quête de bonheur. Mais non. C'est incroyable le nombre de personnes choisissant délibérément de ne pas emprunter le chemin, pourtant généreusement offert, et même balisé comme il se devait. 
—  Quoi ? Un chemin de bonheur ? Mais vous n'y pensez pas ! Ce n'est pas cela la vie. Soyez réaliste que diable ! Regardez donc autour de vous les malheurs du monde ne cessent de croître. Moi, Monsieur, je suis quelqu'un de pragmatique. Je ne crois que ce que je vois. Et je ne vois pas le bonheur autour de moi.  Et d'ailleurs ceux qui se disent être heureux,  sont soit des menteurs, soit des illuminés. Quant à moi je n'aurai pas l'outrecuidance de chercher à être heureux dans un monde voué au malheur à tout jamais. Question de solidarité avec les morts vivants de la planète.

L'homme se  serait bien lancé à leur dire que si, autour de soi, des gens heureux de leur vie quelque soit la condition qui leur est faite, on en connaissait, on en voyait. Il n'osait pas dire : — « Regardez, moi, par exemple… j'en ai traversé des épreuves que je ne souhaite à personne, et cependant… »
 S'il avait été audacieux, il aurait même ajouté que le bonheur est un devoir  social.

Mais non il ne disait rien. 
Faut dire qu'il n'avait pas envie de cinq doigts sur sa joue.

À moins que le début d’une sagesse consiste peut-être être heureux soi-même, sans chercher à convaincre quiconque préfère décider d'y renoncer ….

dimanche 22 avril 2018

L'arbre et la tête

Photo et transformation alainx (CLIC sur la photo )


“… A peine achève-elle sa prière que Daphné sent ses membres s’engourdir ; une fine écorce enveloppe sa poitrine délicate ; ses cheveux se changent en feuillage, ses bras s’allongent en rameaux ; ses pieds, tout à l’heure si rapides, prennent racine et s’attachent à la terre ; la cime d’un arbre couronne sa tête ; il ne reste plus d’elle-même que l’éclat de sa beauté passée.”


“….Apollon cependant l’aime toujours. Sa main posée sur le tronc, il sent encore le cœur palpiter sous l’écorce nouvelle et couvre le bois de ses baisers.

Il dit alors : « Eh bien, puisque tu ne peux pas être mon épouse, du moins tu seras mon arbre. À tout jamais tu orneras, ma chevelure, mes cithares et mes carquois et ton feuillage restera toujours vert. » L’[arbre] inclina ses branches nouvelles et Apollon vit sa cime remuer comme une tête.”


 Ovide : « Les Métamorphoses »

mardi 17 avril 2018

La photo de l'année ???



Ceci est la photo  prise par Ronaldo Schemidt qui a reçu le prix du World Press Photo.
Au cours d'une manifestation avec affrontements violents, et suite à l'explosion  du réservoir d’essence d’une moto de la Garde nationale, le jeune manifestant se transforme en torche humaine. 

Coup de bol magistral : le photographe est là pour fixer la scène !
C’est la photo de l’année !

La présidente du jury, Magdalena Herrera, a justifié son choix en déclarant que « la photo de l’année doit raconter un événement. Elle doit aussi soulever des questions… Elle doit nous parler et montrer un point de vue sur ce qui s’est passé dans le monde cette année. C’est une photo classique, mais elle a une énergie et une dynamique instantanées, des couleurs, du mouvement et elle est très bien composée. Elle a de la force. »

Voilà, voilà ! Si, si, elle a déclaré exactement cela… mais oui je vous l'assure !
Étonnant, non ?

Voici deux autres images que le jury avait sélectionnées.




C'est vrai que ces deux images inspirent de la compassion. C'est un peu ringard, et puis ce n'est pas une image « assez forte » a estimé Madame la présidente.
C'est statique et banal, ça manque de nouveauté, et pas des belles couleurs ni des mouvements artistiques… 
C'est vrai qu'un type  en feu qui court, ça en jette. On dirait presque de la photographie de plateau de tournage d'Apocalypse now de Francis Ford Coppola ! Franchement, il y a de la couleur, c'est même assez esthétique finalement. Le ton rouge domine, comme le feu, le mur de briques rouges aussi
c'est quasiment meilleur qu'une photo posée en studio. Celui qui a réalisé ce chef-d’oeuvre photographique  est un véritable artiste ! Il faut s'incliner devant lui. Respect, mec !

Évidemment, mec de mes deux, tu aurais pu déposer ton appareil photo, courir au secours de ce manifestant victime, tenter de le secourir, mais non, tu justifies parfaitement la manière dont tu t'es comporté :
«J’ai été guidé par l’instinct, c’était très rapide. Je n’ai pas arrêté de déclencher avant de réaliser ce qui se passait »
ah bon ? Tu réalisais pas ?

Ah ! L'instinct de Ronaldo Schemidt Quelle bête !
 Tu as raison, tu fus très animal en quelque sorte…Peut-être as-tu pensé  ou ton inconscient a pensé pour toi :  « Putain ! Je vais faire la photo du Siècle ! Succès assuré ! »

C'est sans doute pour cela que tu as déclenché instinctivement, parce que dans ton cerveau conditionné depuis des années par ton fulgurant désir de célébrité, tu ne fais que rêver à une situation comme celle-là, à la perspective d’être publié et d'avoir le premier prix d'un jury. Ne me raconte pas d'histoire on sait bien que tous les photographes de reportages en rêvent… Faire LA photo. Alors Putain ! Quelle belle occasion ! Pas question de secourir ce pauvre type ! Déclencher, déclencher, déclencher… et surtout envoyer très vite la photo à tous les médias… Fallait vraiment pas faire le con à ce moment-là et surtout ne pas se comporter en humain qui tente de secourir son semblable  ! Surtout pas !! Professionnel ! Vas-y  ! à l'instinct Coco, à l’instinct !
Putain !  Quel succès !

Et Madame la présidente du jury Magdalena Herrera,  qui a l'audace d’oser justifier son choix par les propos  cités plus haut. ( « une énergie et une dynamique instantanées, des couleurs, du mouvement »). Je vous rappelle, madame la présidente, que le type est en train de cramer, souffrir, qu'il fuit en panique, et qu'il va peut-être mourir …. Et pour vous : c'est magnifiquement photographié !

Moi, madame la présidente, j'aurais honte de tenir de tels propos… inhumains… Comment pouvez-vous être tombée aussi bas ! ?
Vous avez quoi dans le cerveau ? un Polaroïd ?

Mais que voulez-vous, la fonction crée l'organe… la fonction crée la connerie…
Plus c'est horrible, plus il faut montrer.
et Madame la présidente a une devise qui a le mérite de la simplicité idiote :
 plus c'est horrible… plus  c’est artistique…Plus ça mérite le 1er prix !

On vit dans une époque merveilleuse.

N’est-il pas ?

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EDIT : Grâce à un commentaire, je m'aperçois que j'ai commis une coquille à propos des noms. Confondant le nom de la victime et  celui du photographe. J'ai donc bien évidemment rectifié mon texte et je m'en excuse auprès  des lecteurs.
(ma source : Télérama — mais c'est bien moi qui avais commis l'erreur…) 

lundi 16 avril 2018

Histoire d'une bergère



Cette semaine, chez Lakevio, deux histoires pour le prix d'une seule.

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Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?... (Lamartine)

Thèse, antithèse ou j'aime/je n'aime pas. Pour ET contre, noir ET blanc.

Ce fauteuil doit vous inspirer deux (courts) textes, avec des points de vue différents : un positif, un négatif. 



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TEXTE 1

Le fauteuil jaune de Madame  Etsuko 悦子 (dans le patronyme, comme chacun sait, signifie délicieuse enfant du plaisir), avaient longtemps fait la réputation de «la lande aux roseaux»  (吉原), petit établissement aux spécialités très prisées par ces messieurs. Un jeu de mot avec le kanji yoshi donnait à la maison le sens de "lande de la bonne fortune", et chacun comprenait de quoi il s'agissait.

Les courtisanes les plus expérimentées connaissaient parfaitement la manière de prodiguer des fausses preuves d'amour au client. L'offrande se faisait toujours dans le fauteuil jaune. Il s'agissait, selon la coutume, de s'arracher un ongle pour l'offrir au client exigeant. Souffrir physiquement pour prouver son amour répondait à la tradition. Pour pallier à cette offrande extrêmement douloureuse,  les courtisanes, qui n'avaient jamais que 10 ongles à offrir,…  découpaient un faux ongle dans une plume de corbeau qu'elles enduisaient de sang, avant de maquiller leur doigt de manière à ce que le client n'y voit que du feu. (*)
En partant, les clients les plus satisfaits, laissaient sur le fauteuil jaune leur portrait en photo, et inscrivaient au verso un haïku, généralement érotique.

(*) Historiquement authentique
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TEXTE 2


Mgr Dupanloup-de-Garenne, archevêque de son état, officiait dans l'archidiocèse de Tours les Dijon. Le prélat avait le plus grand attachement à la bergère jaune qui lui fut offerte par la révérende mère Alma de Pastagas de Jésus, supérieure de la Congrégation du Saint Prépuce.(**)

C’était un fauteuil du XVIIè siècle, en acajou massif, recouvert d'une soierie délicate, spécialement tissée pour l'archevêque par les moniales les plus expertes et les plus priantes, de manière à être en parfaite harmonie avec les chaussettes de Monseigneur. C'est dire si l'archevêque était reconnaissant de cette délicatesse à son endroit.


En outre, et selon une légende canonique, ledit fauteuil avait été témoin de plusieurs miracles. Dès lors, notre archevêque, chaque fois qu'il posait son séant sur la soierie délicate du coussin,  se laissait emporter vers les plaisirs les plus subtils que peut procurer une bergère à ce point généreuse et sanctifiée. Proche de l’extase mystique, il se considérait déjà l’Élu Divin, qui bientôt dirigerait   « Le Saint-Siège »… à miracles.

(**)  PAS historiquement authentique

mardi 10 avril 2018

Espoir

Espoir

Dans les champs trop minés
sous un soleil explosé
un chien abandonné
Cherche un maître à aimer

Dans la ville déglinguée
des hommes exténués
à la vie détaxée
cherchent  l’oiseau à apprivoiser

Dans la maison abandonnée
sous une baignoire noyée
une  vieux parquet fendu
cherche une planche de salut

Dans la chambre bleue de prusse
une jolie rousse russe
aux cheveux emmêlés
cherche à dénouer un amour embrouillé

dans le lit blanc linceul
un homme désormais seul
savourant le dernier instant
cherche un nouveau printemps.