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vendredi 20 mars 2026

Maurice et Mélodie



Voilà !
Comme chaque année
elles sont revenues à Sarralbe, (Moselle),

les cigognes : 

Maurice et Mélodie, 

vedettes internationales.

 



 

Chaque année je viens les observer, sur le toit de la Mairie, jusqu'à ce que les œufs éclosent et que les petits  soient prêts pour le grand voyage… 

 Cette année, il n'y a que deux œufs: le conseil municipal s'inquiète !

 Si ça vous intéresse, ça se passe ici.

mercredi 4 février 2026

Vivre « après »

 


 Il était là, devant nous, de l'autre côté de la table. Il était venu pour nous demander un avis avant de signer quelques papiers officiels.
Il était là, un peu absent, un peu présent, balbutiant des mercis qui n'étaient pas nécessaires et encore moins utiles.
Il était là, avec de la tristesse au fond des yeux.
Il était là, et les larmes se sont mises à couler, et puis les sanglots qui s'en venaient de si loin.
Il était là, mon beau-frère, qui venait de perdre sa femme il y a quelques semaines. Elle est, partie en quelques jours d'un cancer foudroyant. Je les aime bien tous les deux, ensemble et chacun. Depuis quelques années ils vivaient une retraite heureuse. Elle toujours joyeuse, lui toujours prêt à rendre service.

Un abattement d'impuissance m'a envahi, auquel s'ajouta un profond sentiment d'injustice lorsqu'il prononça entre deux sanglots : « elle est partie bien trop tôt, bien trop vite… ».
Il avait tellement raison.

Ni mon épouse, ni moi, n'avons prononcé de ces mots inutiles qu'on entend parfois dans de tels moments. Être là, seulement là, recevoir sa détresse.
Et puis l'apaisement est venu, en lui, en nous aussi. Son cœur s'apaisait. Bien sûr il y en aura d'autres épisodes.

« Il faut faire son deuil », entend-on souvent. On en a fait une affaire psychologique de cette expression qui signifiait marquer et pratiquer l'ensemble des signes extérieurs de la période dite du deuil (vêtements notamment).
 Je crois surtout qu'il faut peu à peu passer à la suite de sa vie, dans un prolongement autre, sans le/la défunt/e, mais avec sa présence, manifestée autrement.
Une nouvelle aventure de vie en quelque sorte.
C'est ce que j'ai vu certains de mes ami(e)s et familles. C'est ce que j'ai vécu moi-même,parfois de manière étonnante, surprenante, du style « on n'aurait jamais pensé que… ».
La vie plus forte que la mort. En voilà une illustration.


 

lundi 18 août 2025

Bref passage.

 Bonjour à chacune et à chacun, 

Merci chaleureux aux personnes qui s'enquièrent de mon sort.

Depuis plusieurs semaines, je traverse des temps difficiles, ainsi que celle qui accompagne ma vie depuis tant d'années. À la suite de divers incidents malencontreux, notamment une mauvaise chute de ma part, entraînant des complications  physiques, j'ai perdu beaucoup de mon autonomie. 

Nous sommes devenus en 24 heures, des petits vieux douloureux, car mon épouse est victime d’une hernie inguinale en voulant m'aider. Elle se retrouve assez limitée pour m' assister au quotidien. Le soutien mutuel, quand il existe dans un couple, est une chance extraordinaire.

 En cette période de vacances, impossible de trouver des aides à domicile.  Mon médecin traitant comme ma kiné sont en vacances. Nos enfants sont loin, nos familles dispersées. Heureusement une voisine sympathique nous dépanne le mieux qu'elle peut. « Mais c'est bien naturel » dit-elle…

Dans le quartier, c'est le désert du mois d'août !

Donc voilà : la période est délicate à traverser…

D'autres jours viendront, on verra bien la couleur qu'ils auront… 

Portez-vous bien.

 J'ignore quand je pourrais revenir sur ce blog.

 

jeudi 6 juillet 2023

Un petit coin de paradis sans parapluie.


Alors voilà, hier je suis allé au paradis. Plus exactement le paradis est venu à moi, sous la forme d'un couple d'amis que nous n'avions pas vus depuis longtemps. Enfin disons que ça ressemblait à une ambiance paradisiaque, telle qu'on peut l'imaginer, quand bien même ledit paradis n'existe pas. Tout du moins sous la forme décrite par les religions ou croyances : « un petit quelque chose éternel après la mort ». Et moi je préfère le paradis des vivants.


Lorsque les possibilités de se voir en chair et en os ont été limitées, un des signes d'une véritable amitié se repère au fait d'avoir le sentiment de s'être quitté la veille. Et ce fut le cas. Hier nous avions prévu un repas de midi ensemble. Mais ils sont restés jusqu'à 18 heures et on s'est quitté à regret même si on se reverra en septembre dans un cadre commun.


Nous nous sommes connus il y a plus de 30 ans dans le contexte d'un engagement associatif. On avait tout de suite sympathisé. Ils étaient jeunes mariés et 10 ans plus jeunes que nous. On ne s'est jamais vraiment quittés depuis et avons multiplié des engagements communs à vocation humaniste, (pour faire simple dans le propos). Y a-t-il d'ailleurs quelque chose qui soit plus fédérateur par le fond que le souci d'améliorer la condition de l'autre, des autres ? Puis les circonstances ont espacées nos rencontres, mais pas le type d'engagement.


Il est des liens profonds qui se tissent au-delà des attraits sensibles, intellectuels, artistiques, d'actions communes, etc. Un attachement par le fond qui ne peut pas se rompre. Ça ne s'explique pas vraiment, si ce n'est par le constat d' un certain sens de la vie partagé. Ça se vérifie principalement par la pérennité au fil des années. 


Je relate un événement simple, loin d'être unique dans nos vies à tous, presque banal, alors pourquoi ?

Peut-être à cause de cet instant de paradis. C'est au-delà d'un bien-être ensemble, au-delà du plaisir d'échanger, de retrouver, des convergences communes avec leur nuance bien entendu. Ce qui nous habitait sans qu'on l'évoque forcément m'a fait faire l'expérience renouvelée d'une paix tellement dense qu'on aurait pu la toucher du doigt, tellement joyeuse comme le sont les enfants, tellement ordinaire qu'on pourrait la laisser passer sans en mesurer l'intensité. Ce n'est pas un sentiment uniquement personnel. On se l'est dit à un moment avec des mots simples qui ont généré un silence qui eut la densité de l'éternité.




lundi 26 juin 2023

Le pissenlit

 

167ème Devoir de Lakevio du Goût





Il me semble que Lakevio avait déjà proposé cette toile de Harold Harvey mais j’aime beaucoup cette toile alors il ne me reste plus qu’à trouver une autre idée pour éviter de me faire taxer de « recyclage ».
Le moment étant à l’été et aux balades dans les prés, auriez-vous par hasard une idée de ce que pensent ces deux enfants pendant cette halte champêtre ?







Ce fut par un après-midi de printemps que tout commença pour Pierre. Il faisait encore un peu frais, le soleil allait tout réchauffer, ce ne pouvait être autrement. Déjà la prairie fleurissait, invitait à s'y étendre, et pourquoi pas compter fleurette. À moins qu'il ne soit encore un peu trop jeune pour cela.


C'était un jeudi, Pierre était allé chercher Pauline qui n'habitait pas bien loin dans le village et ils partirent ensemble à bicyclettes pour des aventures dont ils rêvaient sans trop oser les exprimer. Timidité juvénile ou ce sentiment confus du risque d'être moqué, pire encore d'être rejeté.


L'itinéraire était toujours un peu le même, on montait la côte à la sortie du village, et comme d'habitude Pierre poussait sur les pédales, jeune coq un peu prétentieux, lançant à Pauline : — « Dépasse -moi si tu y arrives ! ». Pauline riait de bon cœur, elle était un peu plus âgée que lui, d'allure sportive, elle n'aurait eu aucune difficulté à le dépasser, mais elle avait déjà compris qu'aux jeunes hommes il fallait laisser croire qu'ils étaient les plus forts.


Au sommet de la petite colline il y avait la prairie du père Mathieu, quelque peu à l'abandon jusqu'à ce que ce dernier vienne le faucher dans quelques semaines. Les bicyclettes abandonnées dans le fossé, Pierre s'allongea de tout son long dans l'herbe. Pauline resta assise par terre, quelque peu à distance, comme sa mère le lui avait conseillé d'agir avec les garçons. Il n'empêche, elle aimait beaucoup Pierre et même commençait à se demander si le terme « beaucoup » ne devenait pas peu à peu inutile. Serait-il possible qu'elle soit un petit peu amoureuse ? C'était tôt quand même !


Et puis tout à coup Pierre cueillit une fleur de pissenlit et la tendit à Pauline : — « Tiens, c'est pour toi, tu n'as qu'à souffler dessus et tu entendras tous les mots gentils qui sont dans les petits poils de soie de la fleur. C'est un peu comme si je les semaient à tout vent rien que pour toi ».


Plus tard, devant le regard fasciné de Pauline qui s'était rapprochée, il ajouta :

— « Tu sais Pauline, j'aime les mots comme je t'aime toi. Je voudrais tous les rassembler dans un livre pour te les offrir ».


— « Eh bien, Pierre je te lance un défi : Fais-le ! », rétorqua aussitôt Pauline. Et tu sais, moi aussi je t'aime.


Pierre Larousse était un homme de parole. Il rassembla tous les mots pour Pauline dans un livre auquel il donna son nom.C'est en pensant à ce souvenir que naquit la couverture de l'ouvrage célèbre entre tous, où l'on voit Pauline souffler sur le pissenlit 


Pierre Larousse vécut pendant 25 ans avec Pauline Caubel qu'il finit par épouser en 1872.

Sans les bicyclettes et le pré du père Mathieu, le fameux Petit Larousse Illustré aurait-il vu le jour ?






lundi 22 novembre 2021

Problème de voisinage.

 


105ème devoir de Lakevio du Goût.

Si vous vouliez bien raconter une histoire pour lundi…
Une histoire dans laquelle on trouverait les mots :
Pourriture, amateur, jambon, ecchymoses, tangage, rideaux, équivoque, harceler, s’abstenir.
Ça ce serait bien.
Vivement lundi !



Problème de voisinage.


— Oui, c'est bien moi qui occupe l'appartement juste au-dessus. Comme vous avez pu le remarquer c'est un immeuble vétuste, en pleine rénovation, enfin, en pleine promesse de rénovation depuis déjà plusieurs années. Vous savez ce que c'est, les dossiers passent d'un endroit à un autre, d'un bureau à l'étage du dessus, de commission en commission, et c'est le tangage permanent des hésitations et absences de décisions.


— Connaissez-vous le couple en question ?

— Connaître, c'est beaucoup dire, ce que je veux dire c'est que je connaissais leur voix, ça oui. Il n'arrêtait pas de s'engueuler et comme ici les cloisons c'est du carton pâte, et pas d'isolation phonique, j'entendais tout. Alors, une fois j'ai eu envie de… mais bon, faut savoir retenir ses nerfs ! Mais je vous assure, parfois ça couinait comme des porcs à l'abattoir qu'on égorge pour faire du jambon.


— Donc vous aviez de sérieuses raisons de leur en vouloir !

— Ah non ! Moi je n'y suis pour rien, je ne les ai jamais harcelés, d'autant que je dois vous l'avouer parfois je prenais un certain plaisir à les entendre. Surtout elle. Je vous assure que lorsqu'elle grimpait aux rideaux, c'était une autre chanson, et puis ça durait, ça durait. Franchement son mec tenait la distance. Parfois j'ai même souri en pensant qu'il allait finir par avoir des ecchymoses à son bâton de berger.


— Oui, bon, pas de dérives scabreuses. Je note que vous aviez des raisons de leur en vouloir. Alors vous comprendrez, qu'en tant qu'inspecteur, il y a de quoi se poser des questions à votre encontre. Expliquez-moi pourquoi on vous a surpris à leur côté et pourquoi vous avez pris cette photo.

— Mais, comme je l'ai dit à votre collègue précédemment, c'était à cause de l'odeur de pourriture qui flottait dans les escaliers et les parties communes depuis un moment. Je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé que peut-être ça pouvait venir de chez eux. À force de s'engueuler, il y en a qui pue de la gueule. Donc je suis descendu frapper à leur porte. Mais ils n'ont pas ouvert.


— D'accord, ils n'ont pas ouvert, mais vous auriez pu quand même vous abstenir de défoncer celle-ci ! Qu'est-ce qui vous a pris ?

— OK, je me suis un tout petit peu énervé parce que ça a commencé à trop me chatouiller les narines. Et c'est en rentrant que je les ai trouvés comme ça. Ça schlinguait encore plus fort. J'ai tout de suite pensé que les cadavres commençaient à se décomposer.


— Et vous n'avez rien trouvé d'autre à faire que de prendre des photos ? Au lieu d'appeler les pompiers, la police…

—  Moi vous savez je suis un photographe amateur assez éclairé et je me suis dit que ça pourrait donner quelque chose d'intéressant, bien agrandi, bien encadré, je suis sûr que sur le marché parallèle ça aurait pu me rapporter un max de thunes. Mais voilà, maintenant vous me soupçonnez de les avoir trucidés. Franchement, on nage en plein équivoque ! Et en plus vous avez mis mon appareil photo sous scellés. Mais dans ces conditions,  comment je vais faire pour les vendre rapidement mes photos ? 





lundi 25 janvier 2021



Chez « le goût », pour la consigne, celui-ci nous dit :




En voyant « Le pêcheur à la ligne » de Renoir, m’est venue une question. 
Mais que peuvent-ils bien penser, l’un et l’autre.
Ou l’un ou l’autre.
L’une ?
L’autre ?
Tentez donc de pénétrer leurs pensées d’ici lundi.
Je vais m’y efforcer aussi.
À lundi…




Un lundi au bord de l'eau : on pêche ou on pèche ?



Georges-Henri a toujours aimé la pêche.

Marie-Marcelle a toujours apprécié la lecture.

C'est pourquoi ils se rendent régulièrement sur le chemin de halage de ce cours d'eau paisible qu'ils appellent Petite Rivière Saint-François, en souvenir de l'idée d'un voyage qu'ils n'ont jamais fait. Il devait les conduire au Québec dans le petit village du même nom  du comté de Charlevoix où s'était exilé un grand-oncle de Monsieur. Celui-ci décédé, ils ont hérité de sa fortune que l'on peut qualifier de conséquente si ce n'est de colossale. Le nom de petite Rivière Saint-François, c'est en sa mémoire.


Le couple  Georges-Henri et Marie-Marcelle vit essentiellement de rêveries en bons amateurs de dilettantisme qu'ils sont. Ceci doit durer jusqu'à épuisement de la fortune héritée. C'est dire si ce n'est pas demain la veille.


Georges Henri est un contemplatif pragmatique. Personnage haut en couleur et bas de réflexion. Il trempe son fil dans l'eau, à défaut de tremper son biscuit dans le thé, que de toute façon Madame refuse toujours de lui préparer. Depuis quelques temps il se demande s'il a raison de porter la barbe et n'arrive pas à se résoudre à trancher l'épineuse question de la raser ou, à l'inverse, de la laisser pousser et prendre du volume.

Elle n'est pas facile la vie d'un gourmet de l'oisiveté. On n'a pas grand-chose à faire, rien de spécial à penser, et cependant il faut meubler une vie. En parlant de meubler, Georges Henri se demande si leur mobilier actuel est suffisamment à la hauteur du train de vie auquel doit normalement s'astreindre quelqu'un qui a pignon sur rue par héritage. Question  épineuse. Il ne va quand même pas se séparer des meubles meublants qu'il a reçus. Garder un minimum de dignité est une composante des obligations des nouveaux riches. De plus, les actuels, ces trucs vieillots, auraient tendance à le dégoûter. Et s'il optait pour un peu plus de modernité ? Il faudrait qu'il en parle. Madame sera-t-elle ouverte à une telle discussion, c'est encore un autre problème non résolu à ce jour. C'est fou comme les pensées peuvent vous préoccuper parfois.


Marie Marcelle s'astreint à l'obéissance qui sied à son rang. Sa toilette est impeccable. À chaque instant elle est en capacité de rencontrer une personne de sa nouvelle catégorie sociale, sans rougir. Elle en est fière. Aujourd'hui elle s’est munie d’un journal réputé sérieux et le parcours des yeux. Cependant son cerveau est ailleurs. Elle s'est envolée sitôt que son mari a trempé son fil. Elle a laissé son esprit suivre le fil de l'eau et s’est éloignée de plus en plus loin. La voici timidement à la porte de la maison des délices supposés. Celle de Monsieur de Rubenprétaportez. Elle hésite. Se décidera-t-elle un jour à toquer et à espérer ?  Elle songe à cet homme à l'élégance raffinée, aux doigts fins, aux yeux brûlants qui furent les siens l'autre jour, chez les de Laperdeu. Elle se souvient combien il la déshabilla du regard. Elle en frissonne encore. Seulement voilà, même en rêve, elle ne secoue pas le marteau de porte. Elle ne secoue jamais rien d'ailleurs. Avoir la richesse et désespérer, normalement ce n'est pas compatible, se met-elle à penser. Observons que c'est quand même sensé.



— Avez-vous pris un quelconque poisson, mon ami ?


— Ce n'est pas un bon jour, répond George Henri, en levant les yeux au ciel qui n'en pense pas moins.


— Croyez-vous que nous dussions rester à cet endroit encore longtemps, mon ami ?

Elle a employé l'imparfait du subjonctif. Est-ce correct ? Le futur simple n'est-il pas préférable ? « Pensez-vous que nous devons »… elle opte pour le subjonctif qui lui semble plus conforme à son rang social. Elle ne va quand même pas lui dire : 

— « Bon, on y va ? Je commence à me geler les miches ici ! »


George Henri estime alors qu'il convient de mettre fin à la partie de pêche. Il remballe ses petites affaires, aide Marie Marcelle à délicatement se relever. Ils rebroussent sur le chemin de halage en adoptant une démarche bras dessus bras dessous. Pourvu qu'ils ne rencontrent personne, car Marie Marcelle n'est pas certaine de la position adoptée. Qui des deux doit avoir le bras dessus, et qui place son bras dessous. Ne voulant pas être ridicule la prochaine fois, elle se forge un impératif de consulter « le manuel des bonnes manières » dès qu'ils sont rentrés à la maison.


lundi 16 mars 2020

La consigne c'est la consigne












Ces deux là font quand même une drôle de tête, même s’ils nous tournent le dos, ça se voit, ça se sent, ça se sait.
Que diable arrive-t-il ?
Faites nous part de ce que vous en pensez lundi.





La consigne c'est la consigne

Ce n'était pas gai de les voir assis au sommet de la dune à regarder les flots. Faut dire que les raisons d'être triste ne manquaient pas. Déjà il y a quelques mois, ils assistèrent à l'enduro du Touquet, où comme chaque année, on avait massacré les dunes, les ajoncs, avec ces motocyclettes pétaradant au point que les mouettes préférèrent déserter. On peut quand même se demander pourquoi ils y étaient allés, étant donné  leur fibre écologique. Mais bon, les humains sont parfois particulièrement surprenants.

Rien ne s'était arrangé sur la route du retour, puisqu'ils furent acteurs et victimes d'un  accident de voiture sur les petites routes encombrées de la région, envahies par les engins motorisés à deux roues, de retour de l'événement et  qui slalomaient entre les véhicules, se croyant au 24 heures moto. Oui, je sais, c'est une phrase longue, mais parfois il en faut.
 L'enquête avait démontré que le mari n'était pour rien dans le fait qu'il avait écrasé un motocycliste. Il l'avait vu mourir sous ses yeux dans d'atroces gémissements. Quoique non responsable, il s'ensuivit une longue et grave dépression dont il ne se remettait toujours pas.

Durant l'arrêt de travail du mari, le couple avait quand même repris une activité sexuelle que l'on qualifiera d'abondante. Madame pensait que faire preuve d'ardeur pour la chose serait bon pour le mari et amènerait la fin de la dépression. C'est ainsi qu'elle se retrouva enceinte, alors que ni lui ni elle ne désirait d'enfants. L'avortement ne s'est pas bien déroulé. Il y a eu des complications inattendues que même le médecin avorteur cherche encore à comprendre. Ce qui est certain, c'est qu'à la suite de l'intervention il fut établi qu'elle ne pourrait jamais avoir d'autres enfants, si tant est que le désir leur en vint un jour. La conséquence de tout cela et qu'ils se retrouvèrent tous les deux totalement déprimés, malgré une médication de choc, censées remettre leur moral en direction du beau fixe. Au contraire, les nuages s'accumulaient.

C'est ainsi qu'ils perdirent tous leurs amis, qui, comme chacun le sait, prennent la fuite, dès lors qu'il n'est plus question de rigoler en buvant des coups ensemble le week-end. D'ailleurs, les ex-amis venaient de trouver la parade la meilleure pour refuser toute rencontre et invitation : le coronavirus !

La femme s'était mise à tousser. Lui aussi. Leur conviction était nette : ils étaient contaminés. C'est dans cet état d'esprit qu'on les retrouve assis au sommet de la dune à regarder les flots.
Est-ce que le suicide par noyade ne serait pas la meilleure solution ? D'autant que ni l'un et l'autre ne savait nager et qu'il n'y avait personne à des kilomètres alentours.

Pour ma part, témoin de la scène sans qu'ils s'en aperçoivent, je me disais que j'avais rempli mon contrat. J'avais fait ce que la consigne demandait : plomber l'ambiance au maximum !
Remarquez, c'est toujours une bonne chose de pouvoir se dire : il y a pire que moi !

Ce sont ces propos que je vous souhaite de retenir : c'est pire ailleurs.
Ainsi vous passerez une bonne semaine, le masque sur le nez, le désinfectant à la main, et vous vous tiendrez à 3 m de tout être humain jusqu'à l'été prochain.

Bon courage quand même !



samedi 8 juillet 2017

Sans chemise, sans pantalon…

… Enfin presque…
ce qui est certain c'est que je viens de passer 15 jours que je pourrais qualifier de merveilleusement heureux, sans Smartphone, sans radio, sans télé, sans journaux, mais avec… tout le reste !
La beauté des paysages, la variété des lieux où nous avons séjourné ou visité : de la mer à la montagne en passant par la campagne féconde.
La joie des rencontres toutes simples.
Le calme extraordinaire de la montagne le soir.
Le chant des cigales  dans les environs d'Aix-en-Provence.

Parait que là c'est encore très calme....
Une sortie privée en mer, par chance et privilège, avec la découverte des calanques.
Ce fut à la fois un plaisir et une déception. le plaisir de la mer et la déception d'un tourisme côtier  envahissant. En longeant la cote, des bateaux partout, et il a fallu entendre tonitruer de la musique de rap depuis un voilier investi par des fêtards… et encore, me dit le marin chevronné… Il faut considérer qu’il n’y a encore personne d’arrivé… 
Dans 15 jours la mer sera aussi encombrée que les autoroutes…

Les Alpes majestueuses qui invitent à l'humilité. Les torrents de montagnes qui promettent la vie éternelle. Les fontaines qui racontent des histoires du temps jadis. Nous logions au bout du bout, par un chemin caillouteux.  La gentillesse d'une personne m’indiqua les chemins accessibles à ma bécane à roulettes sans trop de risques… quoique… j'ai réussi quand même à me mettre 2 à 3 fois en difficulté dans des ornières…



Mais le plus essentiel est probablement ce que nous avons vécu en couple. Des heures délicieuses. Par je ne sais quelle magie tout  fut particulièrement harmonieux. Ma compagne a eu ces mots : 
— « c'est encore bien mieux que notre voyage de noces ! », dont nous avons cependant gardé des souvenirs forts. Si j'avais pu imaginer alors que nous allions vers de plus en plus d'intensité d’amour, j’aurais eu sans doute le sentiment de me leurrer sur l'avenir. Comme quoi, il faut mettre à bas bien des représentations. Enfin j'essaye de le faire, au moins pour ce qui est des miennes.


De retour chez moi, ce matin, j'ai agi par réflexe : j'ai allumé la radio !
Instantanément, j’ai eu le sentiment d’une terrible agression.
Tout ce flot de paroles des « informations »…
informations sur quoi ? Et bien comme d'habitude : sur tout ce qui va mal !
Et donc immédiatement : j'ai éteint la radio !

C’est alors que j’ai entendu le chant des oiseaux dehors…


Enfin, une bonne nouvelle !

mercredi 31 mai 2017

Soleil de vie

Soleil de vie
(tentative pour elle)

*

Photo AlainX


Quand j'évoquerai les moissons
de notre amour à foison
ne pensez pas que ma raison s’égare
dans les chimères et les couloirs



un matin d'automne je cueillis sa lumière
mon cœur sortit du morne hiver
elle surgit comme printemps
j’ignorais qu'il durerait longtemps

le soleil jamais ne s’éteint
la nuit a comme destin
une aube de satin


par elle tout m’est venu
dans mes bras je l’ai tenue
au fond de ses yeux ma source
m'entraîna dans sa course

jamais le bonheur ne se fait vieux
à ceux qui ont au fond des yeux
le don d'aimer si merveilleux


*