Pages

jeudi 29 décembre 2022

Curieuse fin d'année


Le temps est suspendu.

Comme un flottement immobile sur une eau trop calme.


En haut, le ciel gris. 

Les grands arbres bougent lentement dans un balancement d'enfants psychotiques.

Tout n'est pas triste. Je ne suis pas gai. Je ne pagaye pas. Tangage dans mon langage.


Ce n'est pas l'ennui mais l'occupation à des choses dont l'intérêt est faible.

Urgence des pensées monochromes.

Le balancier oscille de droite à gauche :

— tic à droite : je devrais…

— tac à gauche : je devrais…

et quand c'est fini, ça recommence.


Il faudrait prendre un chemin. Choisir une route. Bifurquer. Ou pas.

Est-ce que ce sera toujours le même paysage ?

Un même point de vue, puis un autre identique ?



Composition AlainX


Il paraît que tout cela mène au même Trou Noir vers lequel nous courons

 à coups d'années-lumière qui nous éteignent..

Ce sera la fin de tout.

 Plouf !

Ce sera le début d'un nouveau tout.

 Pchiiit !

On me dit que c'est ce qui est écrit dans les cieux astronomiquement scientifiques.


Encore quelques jours et ce sera Champagne pour tout le monde, sauf les pauvres et les ukrainiens et quelques millions Chinois covidés et homicidés.


Positivons

S'il fait un froid de canard, je dégusterai le foie de l'un d'entre eux.

S'il fait doux, je lui volerai dans les plumes.

S'il fait rien, ce sera la même chose pour moi.


La quiétude doit-elle nous inquiéter ?




dimanche 25 décembre 2022

médianoche

 

" C'est Noël

il est grand temps de rallumer les étoiles "

(Guillaume Apollinaire)




Bricolage d'AlainX


samedi 24 décembre 2022

jeudi 22 décembre 2022

Intro à l'introspection

 

Pas grand monde dans le quartier en cette période

alors je continue avec d'autres bêtises

La période amène certains à réfléchir dans la nuit de Noël

et peut-être mieux se chercher sur les toits étoilés.








mardi 20 décembre 2022

Émoticônes de mer

 


Allez zou !


Quelques bêtises de fin d'année !


Les Émoticônes de mer


Bidouillage AlainX


 


lundi 19 décembre 2022

Visite au secrétaire.


147 ème Devoir de Lakevio du Goût



Mais non !
Je ne vous demande pas un devoir sur « Vacances romaines » !
Surtout au moment des vanaces de Noël.
Néanmoins, si vous aviez quelque chose à dire sur cette toile de Joseph Lorusso, ça me plairait de le savoir lundi.
Le mieux de votre récit serait évidemment qu’il finît par « Couple, adieu, je vais voir l’ombre que tu devins. »




Visite au secrétaire.


C'est une vieille habitude. Tous les ans, la deuxième quinzaine de décembre, je fais du rangement. Chaque année une pièce différente. Cette année, c'est le boudoir. Enfin, c'est ainsi que ma mère nommait la pièce où elle aimait se retirer, seule. Petite fille, je me souviens le nombre de fois où je me suis fait vertement réprimandée parce que j'avais entrouvert la porte.

— Va jouer dans ta chambre, tu n'as rien à faire ici !

 Que faisait-elle en ce lieu ? Enfin bref, c'est loin tout ça.


Je réalise que je fais comme elle. J'aime être seule. Lorsque je le peux, je vis en recluse au boudoir. Cette année je vais mettre de l'ordre dans le secrétaire en merisier massif dont ma mère avait fait l'acquisition et qu'enfant je rêvais de fouiller. Mais elle cachait trop bien la clé. Je ne l'ai retrouvée qu'après son décès et grande fut ma déception de n'y découvrir que des documents sans intérêt, des bricoles et vieux stylos sans valeur. Aucun trésor, pas de lettres rassemblées avec un ruban rose d'amoures secrètes.


Les années passent, je me fais vieille. Il est temps désormais de vider ce secrétaire, devenu mien. Comme je perds la mémoire je ne sais même plus s'il y a dedans mes propres secrets enfouis sous des piles de factures et autres déclarations d'impôts.


C'est ainsi que je viens de retrouver cette photo de Pierre-Louis sur sa belle Vespa rouge, et moi derrière le tenant par la taille, complètement amoureuse. J'avais même oublié que je me teignais en rousse en ce temps-là ! Et cette jupe longue complètement kitsch ! Est-ce que je fus « vraiment  » amoureuse de ce type ? Je me reconnais à peine. Quant à lui, il dois sucrer les fraises dans un EHPAD ou un machin du genre. À la réflexion, je me dis que j'aurais peut-être dû l'épouser. Après tout il était plutôt gentil Pierre-Louis. Seulement voilà, je me suis entiché de son cousin Rodolphe. À cause de l'odeur de son corps que je préférais, sa peau douce et basanée, et puis… comment dire… cette manière singulière qu'il avait de me faire monter le plaisir.

 Et voilà, avec Rodolphe on a fait trois lardons.

Avant qu'il ne s'en aille, avec une petite conne de l'usine.


C'est bête, d'avoir revu cette photo, ça m'a flanqué une crise de rhumatismes. Une méga. Aussi je l'ai déchirée. C'est pas permis de raviver du bonheur quand il n'y en a plus une seule once à l'horizon.


J'ai tout laissé en plan. Je suis revenue dans le grand salon. Encore plus grand depuis que je vis seule. Je me suis versé un triple whisky. Ça calme les rhumatismes. Sur la table basse il y avait un recueil de poèmes de Mallarmé. C'est curieux, il y avait un signet à la page de « L'Après-midi d'un faune ».Les débuts du poème m' arrêtèrent :

« Aimai-je un rêve ? »

Voilà ce qu'à dû être ma vie. L'amour d'un rêve qui était censé être le mien. Et je n'ai trouvé que la vacuité d'une vie insipide. Et pourtant j'ai longtemps cru à l'opulence de l'inutile.

Je me suis résumée dans la dernière phrase du poème :

« Couple, adieu, je vais voir l’ombre que tu devins. »

 

mercredi 14 décembre 2022

L'Écriture


Écrire est une drôle d'aventure. Une aventure de mots qui s'amusent, pour nous, avec nous, parfois contre nous. Des mots qui s'échappent de l'encre du stylo pour venir s'étaler sur une feuille dans un ordre que la plupart du temps on n'a pas prévu et qui s'impose toutefois.

Parfois je me demande si écrire n'aura pas été une des plus belles aventures de ma vie. Après tout j'ai commencé très tôt. Enfant, les mots furent les compagnons de jeu d'un jeune écolier, quand il n'était pas à l'école à s'ennuyer et à être puni pour cette raison de ne rien faire de bien.


À 12 ans je ne lisais pas le journal, je préférais écrire le mien. Plus tard on m'a dit que c'était les filles qui faisaient ça. Peut-être aurais-je dû être une fille ? Va falloir que j'y réfléchisse à notre époque de transgenre.


Écrire c'est un acte de libération. Libération des mots sous pression, emprisonnés en nous. Comme un échappement, un embarquement vers les terres lointaines qu'on ne peut que découvrir en soi au cœur de l'aventure de la plume inspiratrice et révélatrice.

Les mots sont libres si nous les libérons. Les mots pourrissent à nous faire mal si nous les gardons enfermés. Ils deviennent nauséabonds en se décomposant au lieu de se composer en merveilleuses phrases qui donnent le tournis et nous apportent l'ivresse de nous rendre vivants par eux.



Bien sûr on peut aussi parler, mais tout s'envole, se sépare et se délite. Mieux vaudrait que les mots restent ensemble, en cohérence, comme ces nuées d'oiseaux qui forment un tourbillon  harmonieux et nous illuminent l'âme et le cœur de chorégraphies fascinantes. Mais voilà, en les laissant s'échapper les mots prononcés dans l'éther ils deviennent irrattrapebables à tout jamais : — « Mais qu'est-ce que je disais déjà ? »


L'écriture c'est une aventure de cueillette dans le silence. Le silence parle par la plume. Certes, désormais il y a le clavier à mots, mais le tapotement des doigts ne vaut pas le mouvement de la main qui écrit. Dans l'écriture manuscrite il se produit une l'alchimie corporelle singulière, c'est-à-dire  qui fait sortir les mots d'une certaine manière et pas d'une autre. L'art des mots justes passe par la graphie.


Se tenir en silence devant la feuille, stylo à la main, c'est comme une position de yoga, ça génère une réceptivité et une attention au ressenti qui autrement échappe. Dans une telle écriture il y a un souffle vital qui s'exhale et vient se poser sur la feuille, délicatement ou intensément parfois, à en casser la plume, tant les mots enfermés explosent alors au grand jour.

Quelqu'un un jour m'a dit : « tu es une plume ! »

J'imagine qu'il voulait dire que j'écrivais pas trop mal. En fait je ne suis que celle d'un oiseau prisonnier qui tente depuis si longtemps de s'échapper, jusqu'à ce qu'il devienne pleinement lui-même.

lundi 12 décembre 2022

Dilemme de moisson

 

146ème Devoir de Lakevio du Goût.




La multiplicité des interprétations possible de cette toile de Léon Augustin Lhermitte m’a amusé.
Elle devrait vous inspirer autant qu’elle m’a inspiré en la voyant.
Même mieux encore j’espère.
À lundi.




Dilemme de moisson


— Bon, Joseph et Rosalie, vous croyez pas qu'il serait temps de se remettre au travail ?

Elle n'a pas l'air contente la Louise. Joseph fait semblant de roupiller, et la Rosalie n'a même pas correctement reboutonné son corsage. Je ne suis pas une jeune poulette,  débarquant dans le poulailler, pensa-t-elle, pour deviner ce qu'a fait le coq avec ma sœur, tandis que j'allais remplir la cruche à la fontaine.


Louise n'a jamais apprécié Joseph, ce journalier qui n'a pas ses yeux dans les poches et reluque tout ce qui porte jupon avec des idées précises dans la tête. Louise est lasse de devoir tout diriger dans cette ferme depuis que la mère est morte et que le père a sombré dans un alcoolisme pénible. Elle en  a trop sur les épaules.


— Écoute Louise, il fait lourd et chaud et on a bien le droit de se reposer un moment. On a déjà fauché les trois quarts et on a été bien plus vite que l'an dernier. Qu'est-ce que tu nous reproches encore ? Tu crois que j'en ai pas marre autant que toi ? Tu ferais mieux d'aller raisonner le père, tu es l'aînée. Fais lui comprendre qu'on en a marre de le voir puer la vinasse, tituber dans la cour de ferme, et parler aux canards comme si c'étaient ses ouvriers.


Joseph ne moufte toujours pas. Les yeux fermés, il pense aux gros seins de Rosalie et se dit que le temps rapproche où il pourra la rejoindre la nuit dans sa chambre pour aller plus loin dans l'exploration. Au prix où on le paye, il considère cela comme un complément réglé en nature.


— De toute façon, reprend Rosalie, forte de ses arguments qui viennent lui monter à la tête, on ne peut pas continuer à faucher tant que  Monsieur Vincent n'a pas terminé sa toile. (*) Ce ne serait pas correct. Lui aussi il travaille à sa peinture, et il a bien du courage sous cette chaleur.  L'autre jour au village on m'a dit qu'il faisait une série sur les moissons. À mon avis on ferait mieux de rentrer à la ferme et de prendre un peu de bon temps, ça nous arrive pas souvent, ajouta Rosalie en regardant Joseph qui venait d'ouvrir un œil et qui se mit à sourire quand elle lui fit un clin d'œil .


— Tu te moques du monde, Rosalie, tu as vu le ciel, ça sent l'orage et ça va finir par craquer et on a encore du boulot pour lier les épis et faire la meule. Et faut pas compter sur le père. Ni sur d'autres journaliers qui sont partis faute d'être payés.


C'est alors que Joseph se releva d'un coup :

— Comment ça, pas payés ? Et moi ? Je vais l'être au moins ?

Il a des réflexes quand il faut le Joseph.


— Ne t'inquiète pas mon Joseph, rétorqua Rosalie tu seras payé, crois-moi, il n'y aura pas de problème. J'y veillerai.

MON Joseph, ne manqua pas de retenir Louise, ma sœur a dit MON Joseph. Incroyable, je m'en doutais. Ils forniquent !.


C'est alors qu'il arriva et demanda :

— Désolé d'interrompre votre travail, mais vous n'auriez pas un peu d'eau, j'ai soif, je n'ai plus rien.

C'était la première fois que Vincent Van Gogh venait vers eux. Tous les trois furent surpris d'entendre sa voix quelque peu timide et éraillée. Bien sûr ils le servirent plus que nécessaire. Aussitôt désaltéré Vincent s'en retourna à ses travaux sans même dire merci. On le sentait préoccupé.

— Et voilà comment ils sont ces soi-disant artistes venus de la ville. En fait, ils n'ont aucune éducation ! grommela Joseph.


Rosalie qui ne voulait pas d'ennuis avec personne et qui de toute façon avait quelque chose de précis en tête, se leva d'un coup, se tourne vers Joseph et dit :

— Tu viens, Joseph, on rentre…


Louise ne se faisait plus aucune illusion sur la soirée solitaire qui l'attendait.


------------------

(*) : influencé par un commentaire chez « le goût » lors de la présentation de la consigne, qui voyait l'homme en haut à gauche du tableau, comme étant un peintre, cela explique la présence de Van Gogh dans mon histoire. En réalité il s'agit d'un faucheur. Mais l'idée du peintre m'a plu.


lundi 5 décembre 2022

La destinée s'en est allée

 


145ème Devoir de Lakevio du Goût.


J’aime la façon dont Mark Keller use pour nous faire comprendre que les choses ne se passent pas toujours comme prévu…
Mais vous ?
Que pensez-vous qu’il nous dise là ?
On en saura peut-être plus lundi.
Du moins je l’espère…





Histoire de varier les plaisirs

je tente quelques vers de mirliton

désolé… mais il fait froid…



La destinée s'en est allée 


Ma guitare cessera de faire résonner ses accords

tes mots comme les banderilles du picador

sont entrés loin dans mon corps

pour la rupture tu sais planter le décor


J'avais écrit de nouvelles paroles

pourquoi pas en espagnol

et sur un air de flamenco

notre amour irait crescendo


Et toi le café au bord des lèvres

tu savoures tes propos de fièvre

tes mots trempés dans le fiel

 balancés comme des poutrelles



*


C'est avec une guitare que tu croyais m'avoir

me convaincre avec ton espèce de grattoir

me séduire par des vers de mirliton

espérant me mettre en ébullition


Ta sœur dehors c'est elle que je désire

pour elle mon cœur se déchire

parce qu'elle me croit de toi éprise

et ça crois-moi ça me défrise


*


De la table à côté je les regarde

d'heure en heure leur vie se retarde

dehors, la sœur en robe claire s'en est allée

de désespoir elle boit de l'eau salée.



samedi 3 décembre 2022

En attendant l'été.

 


Petite élucubration d'un samedi bien froid où il faut rester au chaud.

Rencontre improbable entre les restes d'un bâtiment industriel en destruction 

et un bord de mer à 200 km de là.





J'avais, il y a pas loin de 10 ans, filmé la destructions en question puis bidouillé une petite vidéo avec une musique apocalyptique et un commentaire de fin du monde… !

Mais aujourd'hui avec le froid qui arrive je préfère rêver à l'été prochain…